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Feu vert pour les téléphériques français

Toulouse, Saint-Denis de la Réunion, Orléans, Créteil – Villeneuve-Saint-Georges, les quatre projets enclenchés ont maintenant tous franchi avec succès les étapes des enquêtes publiques. La phase des travaux s’annonce pour des projets très sensiblement différents.
Toulouse maintient le cap sur 2020
L’enquête publique a eu lieu du 11 février au 18 mars et la commission a rendu le 18 avril un avis favorable au Téléphérique urbain du sud de Toulouse. Avis assorti d’une réserve, demandant au maître d’ouvrage de mettre en œuvre des mesures de traitement adaptées de protection acoustique, en fonction des résultats constatés lors des mesures qui seront réalisées après la mise en service. Le 3 juillet, devait avoir lieu une réunion du comité syndical de Tisséo Collectivités. Au cours de laquelle, une fois le projet mis en conformité avec le PLU, devait être prise la déclaration de projet, dans laquelle le SMTC allait s’engager à répondre à la réserve de la commission d’enquête.
Francis Grass, PDG de Tisséo Ingénierie, le maître d’ouvrage délégué de Tisséo Collectivités, se félicite de l’image « innovante et écologique » du projet auprès des Toulousains. Le projet a reçu près de 400 avis lors de l’enquête publique : 66 % sont favorables, 12 % défavorables, les 22 % restant ayant posé des questions sans se prononcer sur le projet.
L’enquête ayant eu lieu dans les délais prévus, le calendrier de réalisation à la fin 2020 est maintenu. Les 14 cabines du téléphérique (35 places chacune) relieront alors l’université Paul-Sabatier à l’Oncopole, en passant par l’hôpital de Rangueil. Soit une distance de 3 km avec trois stations. 8 000 voyageurs sont attendus chaque jour avec une cabine toutes les 1 minute 30 à l’heure de pointe. Toulouse a retenu pour le téléphérique la technologie 3S (deux câbles tracteurs et un porteur). Le projet a été attribué en décembre 2016 par le SMTC Tisséo Collectivités au groupement Poma (mandataire), Altiservice, Bouygues TP Régions France, Systra, Séquances et Seti. Montant du contrat : 111,40 millions d’euros TTC, en conception-construction, avec la maintenance sur 20 ans.
Saint-Denis de la Réunion prêt pour le lancement des travaux

Le téléphérique de Saint-Denis de la Réunion est un projet de la Cinor (Communauté intercommunale du nord de la Réunion) devant relier, d’une part, les quartiers du Chaudron, du Moufia et de Bois des Nèfles (première ligne) et, d’autre part les quartiers de Bellepierre/La Source et La Montagne (deuxième ligne). Soit 2,7 km et cinq points d’arrêt.
La concession pour construire et exploiter la première ligne a été attribuée le 2 novembre 2017 à Poma. La Cinor prévoit de financer cette ligne à hauteur de 45 millions d’euros, pour une mise en service qui était d’abord annoncée fin 2019 et qui va se trouver décalée d’au moins un an. Les cabines du téléphérique pourront alors transporter jusqu’à 6 000 passagers par jour sur le tronçon le plus chargé. Ses 46 cabines (10 places par cabine) relieront le Chaudron au Bois de Nèfles en 13 minutes.
La seconde ligne, qui reliera les quartiers de Bellepierre et de La Montagne, longue de 1,3 km est officiellement prévue pour fin 2020.
L’enquête publique lancée le 3 décembre 2018 sur le premier projet s’est achevée un moins plus tard, le 3 janvier, et le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable le 4 février.
Les travaux préparatoires ont commencé sur différentes zones. Chez Poma, on attend maintenant que soit pris l’arrêté de servitude permettant la maîtrise du foncier. Puis estime, Christian Bouvier, vice-président du conseil de surveillance et directeur commercial France Transport urbain de Poma, « il faudra bien 15 mois de travaux avant les marches à blanc ».
Orléans Finalement, on arrivera à Interives en 2022

Les cabines du téléphérique d’Orléans Métropole devaient initialement s’élancer en 2019. Mais le projet, attribué pour 15 millions d’euros à un groupement GTM, Sogea, Poma, Systra, Duthilleul a été attaqué devant le tribunal administratif par un concurrent, ainsi que par un collectif de citoyens. Ce qui l’a retardé. Certes, les deux recours ont été rejetés, et il n’y a plus d’obstacles donc pour ce téléphérique de 360 mètres reliant en trois minutes le futur quartier d’affaires Interives, au nord, à la gare de Fleury-les-Aubrais. Mais, comme le disait en février à la presse Marie Agnès Linguet, maire de Fleury-les-Aubrais et vice-présidente de la métropole chargée du Logement et de l’Habitat : « Il faut lisser avec les travaux en cours et finalement, sur le téléphérique, on n’est pas à deux ou trois mois près sur un projet comme ça. »
Car le développement du quartier Interives prend plus de temps que prévu. Le nouveau siège de la CCI du Loiret est achevé, Orange et Vinci Immobilier vont installer leur siège dans le nouveau quartier. Mais le tram, qui devait au départ faire démarrer le quartier d’affaires, va plutôt accompagner son développement. De plus, la période électorale qui s’ouvre n’est pas propice aux travaux dans une zone dense, comme la gare des Aubrais où aboutit aussi le tramway A. A Orléans Métropole, on précise : « Les élus ont confirmé la volonté de mener ce projet à son terme et acté le principe d’un planning qui prévoit un début des travaux au second semestre 2020. Il est important pour eux que cet équipement soit livré dans la même temporalité que les immeubles du cœur de quartier de la ZAC 1 Interives, aussi l’objectif serait une mise en service début 2022. » A cette date, après 15 millions d’euros de travaux, les deux cabines de 56 places chacune relieront en 2 minutes 14 les cylindres identiques des deux nouvelles stations.
Val-de-Marne Pas de plan B pour le Câble A

Le 11 mai, l’enquête publique du futur câble A d’Ile-de-France a pris fin, et la commission devrait remettre son rapport à la mi-juillet. Un projet de 4,5 km, reliant Créteil à Villeneuve-Saint-Georges, évalué à 132 millions d’euros, permettant de franchir à moindres frais deux grandes coupures urbaines : RN 406 et faisceau ferroviaire.
Le département du Val-de-Marne « soutient bec et ongles ce projet, car il n’y a pas de plan B ». Et espère bien que l’association Téléval rencontrera le même succès avec le Câble A que sa grande sœur Orbival avec la ligne 15 du Grand Paris Express. On compte sur une DUP avant la fin de l’année. En espérant bien que l’approche des municipales de 2020 ne va rien retarder. A l’étude depuis 11 ans, le projet a déjà été repoussé. « Aujourd’hui, il est inscrit au CPER, fait l’objet d’un consensus politique », estime-t-on auprès de Christian Favier. Il ne faut plus tarder.
Le projet, qui a recueilli plus de 75 % d’avis favorable lors de l’enquête publique (voir article « La commission d’enquête pour le Câble A »), suscite cependant le rejet de certains habitants de Créteil, et le département reconnaît que cette opposition, « autour d’un symdrome Nimby, se manifeste avec une certaine virulence ».
Pour le réaliser, on s’achemine vers un marché en conception-réalisation-maintenance, avec un appel d’offres dissocié pour l’exploitation. Le département espère une mise en service fin 2022-début 2023. IDFM a une estimation beaucoup plus prudente, que rapportait l’AFP en mars : le contrat pourrait être signé mi-2021, et il faudrait trois à cinq ans pour construire le téléphérique.
Une fois réalisé, le Câble A reliera Créteil à Villeneuve-Saint-Geroges en 17 minutes. Les 60 cabines (15 personnes chacune) pourront transporter 10 000 personnes par jour. Le budget est estimé à 132 millions d’euros.
La liste francilienne ne s’arrête pas au futur Câble A. Mais, quand on pensait en un premier temps à une bonne douzaine de lignes permettant de s’affranchir de coupures urbaines ou de se jouer de dénivellations, Laurent Probst, le directeur général d’IDFM, a donné une indication en retrait, disant en mars : « Je pense qu’on aura un Câble B, mais on n’ira sûrement pas jusqu’au Câble F. » IDFM a vu l’ensemble des maires ayant un projet, mais aucun ne semble abouti. S’il n’y a pas de pas de point final après le Câble A, pour l’instant, même pour arriver au B, il faut s’en tenir aux points de suspension.
F. D.