Fret ferroviaire. L’espoir vert

Naviland Fret

Le gouvernement devrait présenter cet été un plan de relance pour le fret ferroviaire conformément à ce que prévoit la LOM. 170 millions pourraient être accordés. Un premier pas selon la profession qui plaide pour des aides pérennes en faveur d’un secteur utile à la collectivité.

Pas un mot sur le ferroviaire dans le projet de loi Climat et Résilience… Pourtant les promoteurs du fret ferroviaire disent avoir quelques raisons d’espérer : Bruxelles a décidé que 2021 serait l’année du ferroviaire, la pression climatique pousse dans ce sens. Visant la neutralité carbone en Europe d’ici 2050, le Green Deal doit aussi se traduire par une aide en faveur des modes les plus vertueux. Enfin, le gouvernement doit annoncer un plan de relance pour le fret ferroviaire, en application de la loi d’orientation des mobilités (LOM). D’après Frédéric Delorme, le président de Rail Logistics Europe, il pourrait atteindre 170 millions d’euros. Le secteur demandait 200 millions mais c’est un premier pas.

Un pas qu’il faudra poursuivre pour aller plus loin et, surtout, pour maintenir l’effort. Sur le modèle de ce que font nos voisins européens comme la Suisse ou l’Autriche, où les aides en faveur du fret ferroviaires sont pérennes. « Il faut que les aides qui seront accordées soient renouvelées », insiste Frédéric Delorme. « Cette intention nous est confirmée par la DGITM », veut croire le patron de Rail Logistics Europe.

L’alliance 4F, qui s’est constituée pour rassembler l’ensemble de la filière, y compris l’industrie et les chargeurs, travaille depuis plusieurs mois sur un programme de développement à moyen et long terme. Avec l’objectif de doubler à l’horizon 2030 la part modale du fret ferroviaire en la faisant passer de 9 % actuellement à 18 % en 2030. C’est ce que réalisait Fret SNCF dans le passé et ce qui correspond à la part modale actuelle moyenne en Europe.

L’ALLIANCE 4F TRAVAILLE SUR UN PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT À MOYEN ET LONG TERME

L’objectif n’est pas nouveau en France, où on a souvent entendu les pouvoirs publics tenir de tels discours. Mais aujourd’hui, sous la pression environnementale, il y a encore une chance de passer du discours aux actes, plaident les professionnels qui ont calculé précisément le montant des efforts à fournir : un peu plus de 12 milliards d’euros sur les 10 ans à venir.

Il faut commencer par améliorer le réseau ferré actuel, expliquent-ils, avant d’adapter l’infrastructure par la création de nouvelles plateformes de transport combiné, le dégagement des gabarits, la possibilité de faire circuler des trains plus longs que 750 m ou la lutte contre l’engorgement des nœuds ferroviaires. Car si on parvient à faire revenir des trafics sur le rail, il faut que l’infrastructure soit capable de les absorber.

Du côté des coups de pouce, évalués à 200 millions annuels, l’Etat est sollicité pour réduire les péages (c’est acquis pour cette année avec une baisse de moitié), aider le wagon isolé, ou encore doubler, voire tripler l’aide à la pince afin de rendre le combiné compétitif.

« Il faut prendre des décisions maintenant car il faudra du temps pour lancer des études, regarder les sillons, demander des subventions à l’Europe pour de grands corridors européens… Nous défendons une vision à long terme », soulignent les promoteurs du fret ferroviaire. La profession attend désormais de connaître les choix de l’Etat, conformément à ce que demande la LOM. C’était prévu en décembre dernier, c’est décalé vers cet été. En attendant, le conseil d’orientation des infrastructures a été chargé par le gouvernement de réflechir sur le sujet. Présidé par David Valence (vice-président de la région Grand Est, chargé des transports) il multiplie les auditions. « C’est entre maintenant et l’été 2021 que ça se discute », souligne un transporteur. Les professionnels croisent les doigts.

Marie-Hélène Poingt


La SNCF cèderait ses wagons de fret pour plus de 3 milliards

Le groupe ferroviaire national serait sur le point de céder sa filiale à 100 % Ermewa, spécialiste de la location de wagons, pour 3,3 milliards d’euros, selon Les Echos du 21 avril. Un conseil d’administration de la SNCF devrait en effet approuver cette vente en l’accordant au tandem formé par la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CDPQ) et par DWS, la société de gestion d’actifs de Deutsche Bank, qui a été le plus généreux des six candidats au rachat présélectionnés, précise le quotidien économique. Depuis plusieurs mois, la SNCF, malmenée par la crise, réfléchit à des cessions de filiales pour rétablir ses comptes et financer sa dette. Le groupe a pour objectif de parvenir à l’équilibre financier à l’horizon 2024, conformément à la loi de réforme ferroviaire de 2018.


Un lobbying élargi

Pour relancer le fret ferroviaire utile à la collectivité, tous les modes ont leur place. D’où la large alliance bâtie par 4F pour faire entendre ses revendications : l’association regroupe les principales entreprises de transport ferroviaire de marchandises (Fret SNCF, DB Euro Cargo Rail, VFLI, Europorte, Lineas, RegioRail, Millet Rail), les principaux opérateurs de combiné multimodal en France (Novatrans, Naviland Cargo, T3M, Froidcombi), l’opérateur d’autoroutes ferroviaires VIIA, le commissionnaire Forwardis, les opérateurs ferroviaires de proximité (réunis au sein de l’association Objectif OFP), l’Association française du rail (Afra), le Groupement national des transports combinés (GNTC), l’Association française des détenteurs de wagons (AFWP), l’Association des utilisateurs de transports de fret (AUTF), la Fédération des industries ferroviaires (FIF), l’Union des entreprises de transport et logistique de France (TLF), le Syndicat des entrepreneurs de travaux de voies ferrées de France (VFF), l’Association française des gestionnaires d’infrastructures ferroviaires indépendants (AFGIFI), le Comité pour la liaison européenne transalpine et l’association France Logistique 2025. SNCF Réseau y coopère également.