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Kiloutou s’attaque à l’outillage ferroviaire

Le loueur d’outils et de matériels professionnels Kiloutou qui ne réalise qu’une faible partie de son chiffre d’affaires avec les particuliers, renforce sa présence auprès des acteurs des travaux publics et étend son activité au secteur ferroviaire.
Avec ses ponceuses, perceuses, scies circulaires, pulvérisateurs électriques et autres Karcher, le loueur de machines et d’outils de bricolage s’est taillé une réputation auprès du grand public.
Mais ce n’est pas auprès des particuliers que Kiloutou réalise la plus grande partie de son chiffre d’affaires, loin s’en faut. Comme l’explique son directeur général France, Pierre Knoché, la location en B to C ne représente en réalité que 5 % de l’activité du loueur. Kiloutou travaille pour l’essentiel avec des professionnels, à commencer par les entreprises du BTP, avec une gamme de 1000 références.
Quatre grandes catégories de matériels sont proposées, le terrassement, l’élévation (avec des nacelles), les véhicules (en particulier des camions), et enfin l’outillage, petit et gros.
Plutôt bien implanté sur les territoires, Kiloutou dispose d’un réseau de 470 agences en France et des antennes en Europe comme en Pologne, Espagne, Danemark, Italie, Allemagne, ou encore au Portugal. Pour Pierre Knoché, l’objectif est d’être présent sur des marchés porteurs à fort potentiel : « On cherche à peser là où nous sommes présents. Notre objectif est d’être un acteur majeur dans la location ».
Kiloutou ne s’implante que là où il est assuré de prendre d’importantes parts de marché. Une stratégie payante, qui a fait de la marque jaune et noire un poids lourd de la location. Elle occupe la deuxième place en France et la troisième au niveau européen. Ses ambitions ne s’arrêtent pas là.
En mai 2024, Kiloutou a créé la surprise en annonçant son arrivée sur le marché du ferroviaire, un secteur pourtant très spécialisé. « Ce sont les grands noms des travaux ferroviaires qui nous ont sollicités. Les acteurs du secteur, ETF, TSO, Colas et Eiffage, ont des besoins spécifiques pour des outillages qu’ils ne vont utiliser qu’une brève période, le temps d’un chantier », commente Pierre Knoché. Avec près de 30 000 km de voies ferrées à entretenir, un millier de kilomètres à régénérer chaque année, les besoins sont énormes. Les opérations engagées, en particulier depuis la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, n’empêchent pas le réseau d’afficher un âge moyen d’une trentaine d’années.
« On travaillait déjà avec ces quatre majors pour des travaux de terrassement et de travaux publics, poursuit le dirigeant. En investissant le domaine ferroviaire, on va sur des métiers de spécialistes. On veut donc se différencier avec une efficacité et une proximité avec nos clients, tout en leur offrant une grande sécurité ». Les outillages proposés au catalogue de location ont été spécifiquement demandés par ces quatre entreprises et sont homologués par la SNCF. Une stratégie d’offre limitée qui s’inscrit dans un modèle économique.
Deux fabricants travaillent en exclusivité avec Kiloutou, Geismar et Sambre & Meuse. De son côté, le loueur dispose de centres d’essais, et assure l’entretien et la maintenance des matériels de travaux ferroviaires.
Louer, c’est plus écolo
L’autre enjeu derrière la location, c’est la décarbonation. D’autant que SNCF Réseau, dans ses appels d’offres, veut désormais choisir des acteurs « engagés » dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Emprunter plutôt qu’acheter (ce qui revient en fait à mutualiser) s’avère beaucoup plus vertueux que d’acquérir un outillage pour le laisser dormir dans un atelier l’essentiel du temps. D’autant que « l’impact carbone de la location n’est pas négligeable, avec 50 % d’émissions de Co2 en moins », selon Pierre Knoché.
« Autrefois, les entreprises achetaient le matériel et n’en avaient qu’une très faible traçabilité, ne sachant pas toujours où le trouver en cas de besoin. Nous, on sait exactement, en temps réel, où se trouvent nos matériels » argumente-t-il.
Dans les faits, les entreprises de maintenance n’ont besoin d’un outillage précis que le temps d’une opération dans le cadre d’un chantier. A l’inverse, une autre entreprise peut en avoir besoin sur un autre chantier, dans la même région ou à l’autre bout du pays. Kiloutou dispose ainsi de sept à huit grosses agences à sur l’Hexagone, dotées des matériels et des outillages les plus demandés. Quand les entreprises ont besoin d’un outillage, elles le réservent auprès de leur agence régionale. S’il est déjà en location, le réseau le fait acheminer dans une agence proche du client qui dispose d’un matériel « de dernière génération », vérifié et maintenu régulièrement, assure Kiloutou. Qui amortit ses outils plus vite. Les boulonneuses et les perceuses de rail existent en thermique et en électrique. Les louer permet directement de passer à l’électrique.
Pas de grues sur rail chez Kiloutou
Aujourd’hui, la dizaine de références proposée par le loueur concerne essentiellement de l’outillage. L’objectif est de se concentrer sur les besoins identifiés des entreprises. Pas question de se lancer dans les grosses machines de maintenance et de RVB comme les bourreuses et autres grues sur rail. « C’est un autre métier » explique le directeur général France. « On ne se l’interdit pas, mais pas pour le moment. D’autant que d’autres acteurs sont déjà présents sur ce marché, à la différence de la location d’outillage où nous sommes novateurs. Ce segment n’existait pas, on a un coup d’avance ».
Kiloutou étudie les perspectives de marché avec l’ambition de dupliquer la location de matériel destiné au ferroviaire dans d’autres pays européens.