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La technologie « mobile » à l’épreuve du terrain
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L’expérimentation la plus ancienne ? Celle de Nice, déjà. En 2005, sur un téléphone proto Siemens, la boutique en ligne de Lignes d’Azur avait obtenu un certain succès (voir page 25). En 2007, Veolia Transport a également organisé un test auprès de 50 utilisateurs des transports urbains d’Aubagne et de la navette autocars entre Aubagne et Marseille. Originalité : « Le test était multi-opérateur, multimodal et, surtout, l’application transport était logée dans le téléphone, pas dans la SIM », précise Dominique Descolas, directeur du programme billettique et services mobiles du groupe. Son troisième test devait se dérouler à Bordeaux avec Orange. Tout était calé depuis juin 2008. Hélas ! la délégation de service public a finalement échu à Keolis. Veolia est actuellement le seul groupe à mettre l’accent sur la technologie NFC sur téléphone mobile, « parce qu’on n’a pas son PC dans sa poche ! », mais ça ne l’empêche pas de projeter à très court terme de tester la clé USB sans contact. Dans quelle ville ? Il en réserve la surprise !
Chez Keolis, c’est principalement à Rennes avec la Star qu’une expérimentation a eu lieu durant 3 mois, fin 2007. « Dans la lignée du groupe Ulysse et avec les équipes de SNCF Proximités, nous avons choisi ce site car avec la carte Korrigo il y avait déjà interopérabilité en Bretagne », précise Christophe Badesco, chargé de mission billettique chez Keolis. Le test a touché une quarantaine de personnes, équipées d’un téléphone Sagem My700 pour acheter leurs billets, les valider et recevoir de l’info-voyageurs temps réel sur le trafic SNCF via des “tags”, ces étiquettes avec antenne NFC collées aux arrêts de bus ou de tram. Une technologie qui avait aussi été éprouvée à Caen en 2006. Ses conclusions ? En demi-teinte. Si bien que la filiale de la SNCF ne souhaite pas lancer de pilote ni de déploiement sur téléphone.
Il y a d’abord la complexité de la chaîne technique, qui ne semble pas mûre du point de vue du parcours client. Il y a ensuite le point de vue des usagers. « Le concept de rechargement à distance est extra, c’est un gain de temps, on le fait de chez soi… Un bémol : les utilisateurs demandent immédiatement combien ça va leur coûter et on ne sait pas répondre à ce jour, poursuit Christophe Badesco. Les testeurs, même “technophiles”, craignent aussi de tout regrouper sur un seul support, de le perdre ou qu’il ne fonctionne pas et d’être pris en fraude malgré eux. » Enfin, quand on se place du point de vue de l’exploitant, un gros souci : il n’y a pas de photo, aucun moyen d’identifier l’ayant droit d’un abonnement. Insérer la photo dans la puce ? La validation prendrait alors deux secondes, trop long ! Finalement, Keolis se contentera de la clé USB et du lecteur de cartes à puce à brancher sur le port USB d’un PC. A Rennes, toujours, il testera la première, à Tours (réseau Fil Bleu), au 3e trimestre, le second. Tout en restant en éveil, bien sûr…
C’est presque le même son de cloche chez Transdev, qui, après avoir évalué Mobitag, un service très poussé sur téléphone sur le réseau Semitag de Grenoble – deux mois durant auprès de cent abonnés de Bouygues Telecom –, se focalise sur la vente à distance via Internet. « Le bouquet de services comprenait la carte transport, la recharge à distance et la lecture de plans de quartier en s’approchant des tags. Le tout couplé à notre service d’information WAP, Mobitrans. L’accueil a été favorable à plus de 90 % », raconte Hugues Deleu, responsable filière métiers systèmes à la direction de l’innovation et du développement de Transdev. Mais, une fois encore, surgissent les sempiternelles questions sur le modèle économique. « Avant d’envisager un déploiement, il faut d’abord que tous les partenaires se mettent d’accord financièrement », ajoute-t-il. Finalement, c’est donc la formule USB de la clé titre de transport et du lecteur de carte à puce, au choix du client, que le groupe s’apprête à distribuer « à 500 volontaires à Grenoble et à 300 Montpelliérains dès octobre prochain. Nous prévoyons une généralisation auprès de dizaines de milliers de clients dès janvier 2010 ».
Une solution qui pourrait également débarquer en Ile-de-France, qui reste le cœur du marché du sans-contact : 65 % des cartes de télébillettique en France sont des Navigo. On y attend une décision du Stif en ce sens. A la mi-2006 et à la mi-2007, les deux transporteurs franciliens avaient déjà mené des tests avec chacun des trois opérateurs de téléphonie. 300 utilisateurs ont ensuite été interrogés par la Sofres. Là encore, vente à distance et horaires du prochain bus délivré par tag sont plébiscités. « Les transactions sont moins rapides qu’avec une carte, mais cela reste acceptable », note le responsable du projet à la RATP. Selon lui, le point d’achoppement reste le SAV : que faire si le mobile est HS, l’agent le plus proche, celui de la RATP, n’étant pas techniquement compétent ?
En accord avec Visa et MasterCard, la Régie réalise aussi, auprès de ses agents, un test technique de franchissement des portillons avec des CB dotées de la NFC. A terme, « ce pourrait être une très bonne solution pour le voyageur occasionnel, le taux d’équipement en cartes de paiement est supérieur à 100 % », estime-t-on à la RATP. Les résultats, comme les précédents, iront directement au Stif, seul décisionnaire, est-il besoin de le rappeler ? Finalement, un seul des cinq grands transporteurs Français mise déjà sur l’avenir du mobile, le groupe Veolia. Il souhaite inscrire son offre dans l’univers des services complémentaires et même de l’infotainment pour occuper le temps de parcours « avec du contenu qui fasse vibrer », précise Dominique Descolas. Tout un programme…
Cécile NANGERONI