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Equipementiers & services. Latitude-Cartagène, l’information voyageurs « à valeur ajoutée »

Spécialisée dans l’édition de cartes et de plans touristiques, l’entreprise a élargi son activité aux transports et mise de plus en plus sur l’information voyageurs. Sa référence, c’est la carte annuelle du réseau ferré national de SNCF Réseau, et tous les supports d’informations au moment du big bang des bus parisiens en 2019. Mais pas que…

Traditionnellement accrochée ou simplement épinglée dans les bureaux des professionnels du secteur ferroviaire, elle a longtemps trôné dans celui du président de l’Autorité des transports : la carte géante du réseau ferré national. Fruit du contrat emblématique qui lie Latitude-Cartagène avec SNCF Réseau depuis 2013 et, avant cela, avec RFF. Ce document, qui fait référence, donne le détail, ligne par ligne, des infrastructures ferroviaires et de leur état de circulation. Mais il serait inexact de résumer l’activité de l’entreprise lyonnaise à ce seul client. Latitude-Cartagène est une petite structure d’environ 45 salariés. Née de la fusion de deux entreprises, elle doit son nom à la contraction du mot « carte » et d’IGN, l’Institut national de l’information géographique et forestière où travaillait l’un des collaborateurs. Dès sa création en 1988, ses fondateurs, quatre anciens étudiants, avaient opté pour un modèle original de « scop », société coopérative et participative. Ce sont les salariés qui détiennent le capital. Une philosophie entrepreneuriale que tient à faire perdurer la dirigeante actuelle, Amandine Gallice, successeure en 2024 de l’un des quatre cofondateurs.
Une clientèle centrée sur le transport public
L’avènement du numérique a profondément modifié l’activité de l’entreprise de cartographie, qui s’est réorientée depuis une quinzaine d’années vers l’information voyageurs. « On a revu la gamme de nos produits pour s’adapter aux pratiques », explique Amandine Gallice. Logiquement, la clientèle s’est davantage recentrée pour l’essentiel sur le transport public. Aujourd’hui, et malgré le contrat avec SNCF Réseau, le rail ne représente plus que 10 % du chiffre d’affaires, largement supplanté par les bus, trams et métros. C’est auprès des autorités organisatrices de mobilité et des grands opérateurs, Keolis, Transdev et RATP Dev, que Latitude-Cartagène bâtit aujourd’hui sa réputation. Parmi ses 250 clients, Île-de-France Mobilités, le Sytral à Lyon, Tisséo à Toulouse, Lignes d’Azur à Nice, le Syndicat mixte des transports en commun à Clermont-Ferrand. Et des réseaux plus modestes comme ceux d’Annecy ou de Cannes.
« On leur offre des outils pratiques. À la base, nous sommes des créateurs, mais on évolue désormais vers le conseil et le diagnostic avec des offres et des solutions adaptées aux nouvelles pratiques. On vend de la prestation intellectuelle. Il y a un lien fort avec nos clients qui se sentent bien avec nous. On travaille la relation proche », insiste la dirigeante.
Accompagner les voyageurs vers d’autres pratiques
Nouvelles attentes de ses clients oblige, Latitude-Cartagène s’adapte aux nouvelles tendances, l’intermodalité, le covoiturage ou les mobilités douces. Ces paramètres sont désormais intégrés (si le client le souhaite) aux informations fournies sur les réseaux. Une évolution qui implique de mettre à disposition des réseaux des ressources diversifiées. Et c’est sur ce créneau que Latitude-Cartagène entend s’imposer. « Aujourd’hui, nous sommes reconnus dans notre périmètre d’expertise. On est présent sur les salons comme EuroMobility Expo (qui s’est tenu à Strasbourg en octobre), et les prochains événements comme les journées AGIR à Reims en juin, ou les RNTP à Orléans en novembre ».
Si l’entreprise est bien implantée sur ses marchés, elle n’est paradoxalement que peu concurrencée, une particularité liée à son activité pluridisciplinaire. « On est confronté à la concurrence par type de segments, pas sur l’ensemble de l’activité », précise Amandine Gallice. C’est justement sur ses offres globales qu’elle entend faire la différence. La gamme de services va du diagnostic au conseil jusqu’à l’élaboration des produits déploiement.

© Latitude-Cartagène
Fiches horaires, plans de ligne, bornes interactives
Les outils se déclinent en supports imprimés ou numériques, et le voyageur les retrouve aux arrêts ou à l’intérieur des véhicules sous forme de cartes ou de plans de ligne, appelés « thermomètres ». Mais se limiter aux plans serait réducteur puisque Latitude-Cartagène produit tous les documents et supports relatifs aux trajets des voyageurs, sous toutes leurs formes : plan de poche disponible en agence, guide tarifaire, fiche horaire, borne d’information, panneaux des abribus, documents de travail, guides touristiques, etc… « On travaille en cascade, ajoute Amandine Gallice. On déploie la gamme de nos produits là où les gens les consultent. On fournit aux exploitants des réseaux tout ce que doit trouver un voyageur pour son trajet et lui donner l’envie d’utiliser le service ».
Et comme la cartographie est une science, rendre les cartes et les plans lisibles n’est pas donné à tout le monde. Cartagène-Latitude propose des modèles basés sur la géographie en 2D, ou plus riches avec des éléments d’architectures emblématiques (cathédrale, mairie, gare…) représentés en 3D. La 3D est également utilisée pour figurer des arrêts comme pour le métro de Toulouse. Le document dépend aussi de son usage et de ses utilisateurs. « Un seul type de plan ne suffit pas. On peut aussi produire des modèles destinés aux élus qui préparent une délégation de service public, ou un ingénieur pour ses travaux. À chaque fois, le contenu et l’apparence changent », ajoute la dirigeante.
Des plans automatisés
Son savoir-faire ne s’arrête pas ici, l’entreprise a développé des plans et des documents « automatisés ». L’objectif est de réaliser les mises à jour sans faire de saisie manuelle, une facilité utile pour les fiches horaires notamment. L’outil permet également de personnaliser l’information. Dans le cas d’une perturbation sur un réseau, Latitude pourra produire tous les documents d’information à apposer sur un poteau, un abribus ou une station de tramway, différents pour tous les points d’arrêts. « Cette mise à jour automatisée, c’est notre valeur ajoutée », commente Amandine Gallice.

L’entreprise produit également les supports d’information sur les évolutions des réseaux. En 2019, quand Île-de-France Mobilités a revu de fond en comble la carte des lignes de bus de la RATP, c’est Latitude-Cartagène qui a été chargé d’éditer les documents d’information et les nouveaux plans destinés au public. Sur le site internet d’informations, le voyageur pouvait faire glisser sa souris pour passer, sur le même fond de carte, de l’ancien au nouveau réseau.