Le funiculaire de retour en Grasse

Original au milieu d’une liste de TCSP « classiques », tram ou BHNS, le projet grassois de funiculaire bénéficie d’une aide de 5,5 millions d’euros, dont 700 000 euros au titre du programme Dynamique Espoir banlieue. Un siècle après son inauguration à Grasse, le funiculaire y fera donc son retour. Il permettra de relier la gare excentrée, au centre-ville, sur 570 m, en viaduc, au sol et en souterrain (sur 350 m), avec 4 stations intermédiaires. Le temps de parcours serait de 3 minutes. Porté par le syndicat mixte des transports Sillages, le projet a recueilli l’assentiment du public fin 2008, lors de la concertation préalable. Il faut dire que c’était un axe déjà identifié comme prioritaire dans le PDU de 2000 et que la réouverture, en 2005, de la ligne Cannes – Grasse au trafic voyageur l’a remis sur le devant de la scène.
« Il ne faut pas négliger les transports par câble, funiculaire ou téléphérique urbain qui présentent des avantages en termes de coûts d’investissements et d’exploitation, analyse Réginald Babin, responsable du pôle systèmes de transports au Gart. Ils sont adaptés à certaines situations, topographiques, mais pas seulement. » L’appel à projets du Grenelle de l’environnement est toutefois un coup de pouce non négligeable à ce projet qui devrait coûter 49 millions d’euros, puisque l’aide obtenue représente plus de 20 % du montant des travaux (les seuls à être pris en compte pour le calcul de la subvention).
C’est avec un ou deux véhicules de 40 places, soit une capacité de 600 voyageurs par heure et par sens, que Sillages espère transporter 2 700 voyageurs chaque jour et environ 900 000 par an. D’après ses études – les premières avaient été confiées à Egis Rail – le coût d’exploitation annuel du funiculaire serait de 600 000 euros HT annuels, moins cher qu’un monorail ou qu’un téléphérique, scénarios qui avaient été également envisagés, au même titre qu’un… escalier roulant. Les 20 % de pente à gravir ne facilitent pas le développement des transports en commun dans la ville.
La création de cette liaison performante entre le centre de Grasse et sa gare permet d’envisager un pôle d’échanges avec les bus près de la gare. Des bus dont le réseau serait, pour l’occasion, restructuré. Par ailleurs, selon le bilan de la concertation préalable, « la création du funiculaire s’accompagnera d’aménagements annexes (amélioration des trottoirs, des travers, création de cheminements piétons…) qui auront aussi pour objectif de faciliter la desserte des quartiers plus élevés ». Les études d’avant-projet sont en cours, l’enquête publique devrait se dérouler cette année et Sillages espère un démarrage des travaux au plus tard en juillet 2010 pour une mise en service en 2012.
Le funiculaire aura aussi pour mission de constituer un lien fort entre deux quartiers sociaux. Une chose est sûre, il pourrait inspirer d’autres villes – Issy-les-Moulineaux, par exemple, a elle aussi un projet. Ne serait-ce que par ses coûts de construction et d’exploitation moins élevés que pour tout autre TCSP. Hypothèse de Julien Allaire, responsable du pôle économique du Gart : « Grasse sera un test, et peut-être assisterons-nous au retour d’un mode de transport d’avenir… »
 

Cécile NANGERONI