Les nouveaux visages du transport régional

Sur 22 responsables des transports en région, 14 sont nouveaux. On ne peut pas dire que cela se traduise par une féminisation. Il n’y avait qu’une seule vice-présidente chargée des transports, la socialiste Janine Marquaille, en Nord-Pas-de-Calais. Elles ne sont aujourd’hui que deux, l’écologiste Françoise Coutant en Poitou-Charentes, la socialiste Bernadette Laclais en Rhône-Alpes. Le monde politique français est très masculin, celui des transports aussi. De ce point de vue, malgré le renouvellement des personnes, c’est la stabilité.
À première vue, ce qui est très stable, aussi, c’est le poids des formations politiques. L’UMP avait deux représentants, elle a perdu la Corse et n’a plus que l’Alsace. Les communistes aussi ont perdu un représentant, mais leur influence est tout aussi forte. Ils étaient 12 communistes à gérer les transports régionaux sur 22. Ils sont 11 maintenant aux manettes dans les 20 régions sur les 22 métropolitaines qui sont responsables des TER. Ils s’étaient souvent imposés à ces postes, du fait de la proximité entre le PCF et la CGT Cheminots. On espérait ainsi qu’ils pourraient mettre en musique, et sans couac, la régionalisation des TER, voulue notamment par un communiste, Jean-Claude Gayssot, mais devant laquelle les cheminots renâclaient plutôt. Ce pari a été remporté, la régionalisation étant un succès.
L’étape suivante, voulue par l’Europe, s’annonce moins évidente. Ces 11 responsables, à peine élus, ont d’ailleurs tenu à marquer, par un communiqué commun, leur soutien à la récente grève de cheminots. Comme nous le rappelle tout de suite l’un d’eux, ils vont batailler pour s’opposer à la « casse du service public et à la privatisation des TER ». Ce rapport de force politique n’est pas pour rien dans le report à septembre de la publication du rapport Grignon, portant sur l’ouverture progressive à la concurrence des TER.
Mais, plus que cette stabilité, ce qui marque, c’est l’arrivée d’écologistes aux commandes. Aucun d’entre eux n’occupait de telle vice-présidence dans les précédents conseils régionaux. Ils sont quatre. Françoise Coutant en Poitou-Charentes, Alain Fousseret en Franche-Comté, Jean-Yves Petit en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et Jean-Vincent Placé en Île-de-France. Des écologistes qui, à l’exception de Jean-Yves Petit, écolo, cégétiste et cheminot, n’ont pas les mêmes affinités que les communistes avec les cheminots. Des écologistes qui ne sont pas hostiles par principe à la concurrence, et seront peut-être des partenaires plus difficiles que les communistes pour les présidents socialistes.
Des figures bien connues s’effacent, pour assumer d’autres fonctions. C’est le cas des deux « pères » de la régionalisation des TER, Jean-Claude Gayssot en Languedoc-Roussillon, Hubert Haenel en Alsace. C’est aussi le cas de Bernard Soulage en Rhône-Alpes, pourtant vice-président du Gart et secrétaire national aux transports du Parti socialiste. Au bout du compte, dans les plus grandes régions françaises, avec Jean-Vincent Placé en Île-de-France, Bernadette Laclais en Rhône-Alpes, Jean-Yves Petit en Paca, Alain Wacheux en Nord-Pas-de-Calais, le transport régional présente bel et bien de nouveaux visages.

ALSACE
Antoine Herth : De l’alimentaire au transport

Antoine Herth, député (UMP) du Bas-Rhin depuis 2002 et nouvel élu régional, a été nommé président de la commission transports à la région Alsace. Cet agriculteur d’Artolsheim (Bas-Rhin) se voit de surcroît confier l’animation d’un des deux pôles transversaux dans l’action de la collectivité, qui regroupe les transports, le développement des territoires, l’environnement et l’habitat, et le tourisme. Ancien syndicaliste agricole, rapporteur en juin 2008 de la loi sur les organismes génétiquement modifiés, il a concentré son expertise politique sur des questions agroalimentaires. Depuis quelques années, il relayait à l’Assemblée nationale des sujets relatifs aux transports, chers à l’ancien président Adrien Zeller, tels que l’ouverture à la concurrence de la SNCF sur les TER. « Je ne défends pas une position idéologique, mais une ouverture pragmatique à des opérateurs alternatifs », explique Antoine Herth, qui attend les conclusions de la mission confiée au sénateur Francis Grignon, son voisin en Alsace centrale, pour soumettre la question au débat à l’Assemblée régionale. Au Palais-Bourbon, il envisage de migrer de la commission des affaires économiques, où il siège actuellement, à celle du développement durable et de l’aménagement du territoire, où il estime pouvoir valoriser davantage ses nouvelles compétences dans le transport.
En Alsace, ses dossiers prioritaires concernent le tram-train de Mulhouse, mis en service en décembre 2010, et le cadencement des horaires des TER dans le sud de la région, promis en 2011 avec l’arrivée du TGV Rhin-Rhône. En guise de desserte ferroviaire de l’Euroairport, promesse électorale chiffrée à 171 millions d’euros pendant la campagne, Antoine Herth propose une première étape avec des bus à haut niveau de service cadencés toutes les 15 minutes depuis la gare de Saint-Louis.

AUVERGNE
Luc Bourduge : beaucoup de projets de remise à niveau

Avec ce portefeuille, le plus important de la région en termes de budget, Luc Bourduge, conseiller municipal de Montluçon, récupère un dossier qu’il connaît bien : il était membre de la commission transports lors du précédent mandat. « Je me suis frotté à quelques dossiers chauds : le plan rail, le CPER, la convention SNCF en 2009 », rappelle-t-il.
Objectif principal en Auvergne ? Renforcer l’attractivité du train. « C’est compliqué, on a la gestion du transport régional, pas celle de l’entretien des lignes, et elles sont en piteux état », indique celui qui était farouchement opposé à une dépense hors compétence régionale, car « c’est comme si le propriétaire demandait au locataire de refaire la toiture de la maison » ! Mais, devant l’urgence, il s’est rendu, « deux lignes ont dû fermer dans l’Allier », la région a mis 107 millions d’euros dans un plan rail. Depuis 2004, elle a aussi entièrement renouvelé le parc de matériel roulant pour 86 millions d’euros.
Les TER enregistrent une légère hausse de fréquentation dans la périphérie clermontoise. « On a développé l’attractivité », en déduit Luc Bourduge, tout en reconnaissant que ce n’est pas « proportionnel aux investissements ». Ce conseiller régional sortant, technicien chez ERDF, était, dans l’Allier, la tête de liste du Front de gauche mené par André Chassaigne. Il promettait alors la gratuité aux moins de 25 ans.
Le projet socialiste est différent, il s’incline : « Nous étudions la possibilité de proposer les trajets domicile – travail ou lieu d’études à un euro. »
Ses autres objectifs : le cadencement en 2012, une centrale de mobilité et « une billetterie commune » à tous les transporteurs du territoire. Du pain sur la planche…

AQUITAINE
Bernard Uthurry : contre l’asphyxie routière, le projet de LGV

Pour la première fois élu au conseil régional, Bernard Uthurry, qui a brillamment conduit la liste des Pyrénées-Atlantiques – il obtient 52 % au second tour malgré une triangulaire –, occupe une place de choix dans l’équipe renouvelée d’Alain Rousset, qui débute son 3e mandat. Le maire d’Oloron-Sainte-Marie (12 000 habitants) depuis mars 2008 et président de la communauté de communes du Piémont Oloronais est jeune en politique, mais il a acquis la confiance du président. Ce natif de la vallée de Barétous, dans le Béarn, dont il a gardé l’accent prononcé, sait se sortir de la mêlée. Et pour cause, dans les années 70 et 80, il était 3e ligne au FCO-Rugby, le club oloronais. Il devient ensuite prof de gym, entraîneur, président de l’office municipal des sports, puis directeur du service départemental du sport scolaire. De sa carrière sportive il a gardé l’esprit d’équipe. Et des qualités de rassembleur. Si on est venu le chercher pour animer une liste régionale, c’est parce qu’il a « gagné Oloron de manière collective ». Il s’est déjà bien imprégné du dossier transports. Au programme : poursuite de la modernisation du matériel roulant – 400 millions d’euros ont été engagés pour les rames neuves à réceptionner de 2013 à 2020 et la rénovation – et de la mise en œuvre du cadencement. Sur le projet controversé de LGV, Bernard Uthurry, sur la même longueur d’onde qu’Alain Rousset, rappelle que le projet est « européen », « nécessaire au désenclavement » et « indispensable pour dégager des sillons fret et TER alors que la région subit l’asphyxie routière ». Il promet de traiter « les possibles dégâts » entre Bayonne et Hendaye « de manière chirurgicale ».

 

BOURGOGNE

Jean-Paul Pinaud défendra les intérêts de Nevers
En Bourgogne, un communiste succède à un communiste, et c’est un nouvel élu, Jean-Paul Pinaud, (58 ans), « tout neuf dans la maison », dit-il, qui succède à Jean-Claude Lebrun. Technicien agricole retraité, Jean-Paul Pinaud n’est pas un spécialiste du chemin de fer. Certes, il a « pas mal échangé » avec son prédécesseur, mais pour l’instant le nouveau responsable du transport ferroviaire s’en tient plutôt une approche programmatique : prendre appui sur ce qui a été fait depuis 2004, poursuivre les aménagements qui vont permettre de répondre aux besoins de façon « moderne, confortable, rapide », préserver le maillage ferroviaire et l’accès équitable au service public de transport, assurer son accessibilité au plus grand nombre grâce à des tarifs attractifs. Batailler aussi, ou surtout, contre « la politique libérale impulsée par le gouvernement sous couvert de politique européenne », qui a pour effet « de casser le service public, de privatiser le TER ».
Le nouvel élu a sur son agenda quelques projets importants : terminer l’électrification de Nevers -Dijon, faire avancer le projet de ligne Centre Europe Atlantique, rouvrir de part en part Nevers -Clamecy – Auxerre – Troyes, poursuivre la modernisation de l’existant. Et, même si on sort de la stricte compétence régionale, faire en sorte que la future LGV Paris – Orléans – Lyon passe par Nevers. Un dossier sans doute cher à ce maire adjoint de Garchizy, petite ville de 3 800 habitants de la banlieue de Nevers.


BRETAGNE

Gérard Lahellec : didactique, pragmatique et visionnaire
Quand on lui demande ce qu’il pense de son prestataire SNCF, Gérard Lahellec y va de sa sentence d’instituteur : « Bons résultats, mais peut mieux faire. » Ceux qui l’ont pratiqué vous le diront, le vice – président transports de la région Bretagne est connu pour s’exprimer comme un prof de lettres, de manière châtiée et construite. Le natif de Plufur (Côtes-d’Armor) a bien été auxiliaire de l’Education nationale au collège de Bégard, mais c’était entre 1973 et 1975. De formation, Gérard Lahellec est technicien des installations des télécommunications. Sa première vie professionnelle, il l’a d’ailleurs passée à France Télécom entre 1978 et 2004. Elu communiste au conseil régional de Bretagne depuis 1994, Lahellec s’est présenté en 2004 sur la liste d’union conduite par Jean-Yves Le Drian. Il obtient à cette occasion son premier portefeuille aux Transports dont le bilan est salué de toutes parts. « Gérard Lahellec s’est bien débrouillé avec le dossier du TER », estime le quotidien Ouest France. Les collectivités renchérissent : « c’est un partenaire agréable et compétent, qui habite sa fonction. Il a une vraie vision des transports », souligne Guy Jouhier, son homologue de Rennes Métropole. Ses objectifs pour le mandat rétréci qui s’ouvre ? Déployer dans toute la Bretagne la carte intermodale Korrigo, préparer le doublement, voire le triplement de la fréquentation sur les lignes TER, mettre en place le plan ferroviaire breton et déjà préparer l’arrivée du TGV, avec le difficile arbitrage sur les dessertes. Bon négociateur, Lahellec est connu pour son pragmatisme : « Je n’attends pas le grand soir, j’œuvre au quotidien pour améliorer la qualité de la vie de gens », résume-t-il.


CENTRE


Jean-Michel Bodin : l’homme des dossiers de longue haleine
Il est de toutes les inaugurations, nombreuses dans sa région, touchant au domaine des transports. En particulier sur rails : gares rénovées et rendues accessibles aux handicapés, nouveaux espaces voyageurs, nouveaux trains… Consensuel et subtil lors de ces événements, son discours prend des accents plus politiques sur son blog, sa déclaration contre le rapport de la Cour des comptes sur le TER ou sa signature au bas de la déclaration des vice-présidents communistes délégués aux transports au sujet de la récente grève à la SNCF.
Car c’est sous la bannière du PCF que Jean-Michel Bodin est élu au conseil régional du Centre depuis 1986, comme représentant de l’Indre-et-Loire. Il affiche également une belle longévité comme vice-président délégué aux transports, poste qu’il occupe depuis le basculement à gauche du conseil régional en 1998, sous trois différents présidents socialistes (Michel Sapin, Alain Rafesthain et François Bonneau). Devenu un acteur-clé du transport régional français, il préside depuis 2005 les Rencontres nationales du transport régional de Tours.
En une douzaine d’années, Jean-Michel Bodin a poursuivi la modernisation du parc TER dans sa région, pionnière des nouveaux matériels roulants. Le Centre se retrouve ainsi avec un des parcs TER les plus modernes de France, y compris sur le réseau métrique du Blanc-Argent, doté d’un nouvel atelier sur mesures. En temps que président de l’association Raco (association pour la modernisation de l’axe Rhône-Centre-Océan) depuis maintenant dix ans, Jean-Michel Bodin suit de près la modernisation de l’axe Nantes – Lyon, sur lequel il a inauguré l’électrification Tours – Vierzon en 2008. Son volontarisme s’est heurté à de nombreux obstacles sur un autre projet de longue haleine : la ligne Orléans – Chartres, où la desserte voyageurs n’est pas encore restaurée.


CHAMPAGNE-ARDENNE

Pierre Mathieu : faire entendre sa petite musique
Pierre Mathieu n’est pas mécontent du bilan de son premier mandat, qui a valu à Champagne-Ardenne notre dernier Prix des régions. Le plan de transport du TER a été recomposé, le nouveau contrat avec la SNCF finalisé, la première phase de l’électrification de Paris – Troyes contractualisée. En reprenant une délégation à laquelle s’ajoute la mobilité durable, il veut « faire vivre tous ces dispositifs ». La région va faire passer d’un aller-retour à deux la relation Troyes – Dijon et améliorer l’étoile ferroviaire de Reims. Elle va développer Vitici, sa centrale de mobilité, pour en faire un outil d’aide à la mise au point de plans de déplacements d’entreprise ou de développement du covoiturage. Elle va s’attacher aux territoires ou populations mal desservis en organisant des rabattements, par forcément par le ferroviaire, sur le réseau structurant des TER. De grands sujets s’annoncent sur les pôles d’échanges, dont la région veut être un « acteur actif ». Sur la tarification, Pierre Mathieu a le sentiment de ne pas entonner « la même petite musique » qu’on peut entendre ailleurs sur la quasi-gratuité : ce qui ne l’empêche pas de proposer avec le Pass’Solidaire des gammes tarifaires qui tiennent compte des revenus des utilisateurs. Autre sujet : la billettique transports publics-TER. « On aimerait bien être un peu opérationnel avec la mise en service du tramway de Reims », avance-t-il prudemment.
Communiste depuis ses 18 ans, Pierre Mathieu a été conseiller municipal de Troyes, a exercé des responsabilités nationales au PCF, est aujourd’hui vice-président du Gart. Aux dernières élections régionales, il a fait partie dès le premier tour de la liste d’union de la gauche emmenée par Jean-Paul Bachy, option qui s’est « faite sans drame » dans les quatre départements, même si elle n’était pas celle du PCF au niveau national.


CORSE

Paul-Marie Bartoli : gérer la panade
Se voir confier la présidence de l’office des transports de la Corse (OTC), l’équivalent d’une vice-présidence aux transports dans les autres régions françaises, est une lourde charge dans le contexte politique et social qui règne en Corse. Paul-Marie Bartoli, maire de Propriano et président de la communauté de communes du Sartenais-Valinco, hérite de plusieurs dossiers explosifs : dans les proches semaines, la suppression de l’aide sociale dans les transports maritimes et la reconduction – ou pas – de la convention pour l’exploitation des Chemins de fer de la Corse. Ce proche d’Emile Zuccarelli devra également gérer les relations très tendues entre la SNCF (les Chemins de fer de la Corse – CFC) et la collectivité territoriale de Corse (CTC), et dénouer la crise née de la mise en service des nouveaux trains AMG 800, qui semblent incapables de rouler sur le réseau corse.
Les premiers de ces trains mis en service sur le réseau corse ont été retirés précipitamment de la circulation, fin avril, par la SNCF, suite à des problèmes techniques, supprimant du même coup sans préavis l’une des deux rotations quotidiennes entre Bastia et Ajaccio.


FRANCHE-COMTÉ

Alain Fousseret : le TER?mais pas la LGV Rhin-Rhône
Alain Fousseret entame sa deuxième mandature comme vice-président de la région Franche-Comté, mais change de délégation. En 2004, il avait pris la vice-présidence du conseil régional en charge de l’éducation, des lycées et des TIC. Désormais en charge des transports, Alain Fousseret voit toutefois lui échapper les questions liées à la LGV Rhin-Rhône, dont Marie-Guite Dufay, présidente de région depuis 2008, est directement responsable. Ce partage des rôles découle des prises de position respectives du PS et d’Europe Ecologie pendant la récente campagne des régionales, le désaccord étant total entre les deux composantes de la majorité régionale sur les futurs prolongements de la ligne nouvelle. Elu depuis 1998 au conseil régional de Franche-Comté, pour le Territoire-de-Belfort, Alain Fousseret, ingénieur écologue, a mené une carrière politique qui se confond avec celle des Verts, parti au sein duquel il occupe de nombreuses fonctions au niveau national depuis plus d’un quart de siècle. Il occupe en outre plusieurs postes à responsabilités dans son département d’élection (vice-président de l’aéroparc Belfort-Fontaine, directeur du service des eaux et président d’une association d’insertion), ainsi qu’à l’échelle régionale (président du pôle énergie de Franche-Comté) et nationale (président de la Palme, association nationale de développement durable dans les parcs d’activités et industriels).


ÎLE-DE-FRANCE

Jean-Vincent Placé : Un Vert aux commandes des transports IDF
Né à Séoul, en Corée du Sud, adopté à sept ans par une famille normande, Jean-Vincent Placé est né en politique avec son second père d’adoption, Michel Crépeau, radical de gauche et maire de La Rochelle, écolo avant l’heure. Depuis, celui qui a étudié à la fac de Caen l’économie et le droit bancaire a rejoint les Verts, dont il est secrétaire national adjoint délégué, en particulier aux régions. Au sein d’Europe Ecologie, on le présente volontiers comme « le meilleur ennemi de Daniel Cohn-Bendit », auquel il s’oppose notamment sur le projet de ne pas proposer de candidat écolo en 2012.
Conseiller régional d’Ile-de-France depuis 2004, président du groupe Verts durant la précédente mandature, il franchit un véritable palier en accédant à ce poste, très stratégique et convoité, de vice-président chargé des transports. Il succède à Serge Méry, en charge des transports de 1998 à 2010, personne-clé de l’exécutif régional et du Syndicat des transports d’Ile-de-France. Une succession qui s’est faite dans la douleur. Ce dernier, qui n’a pas été représenté par le PS aux élections régionales de 2010, en a démissionné en décembre dernier.
Depuis 2005, Jean-Vincent Placé représente la région Ile-de-France au Comité des régions de l’Union européenne. Depuis juin 2008, il préside également Natureparif, l’agence régionale de la nature et de la biodiversité en Ile-de-France, première structure de ce type en Europe.


LANGUEDOC-ROUSSILLON

Christian Bourquin : Le TER à 1 € en 2011
La nouvelle assemblée régionale est dépourvue de hiérarchie officielle. Le fidèle lieutenant de Georges Frêche, parfois désigné comme le « petit frère », Christian Bourquin, n’est donc plus le premier vice-président – il avait la charge de la commission finances –, mais il hérite tout de même d’un portefeuille stratégique. Entré à 23 ans comme cadre territorial à la mairie, il avait été rapidement repéré par le maire de l’époque. Président du conseil général des Pyrénées-Orientales depuis 1998, Christian Bourquin est un ami de… 33 ans de l’homme fort de Montpellier. Ce que ce dernier n’a pas manqué de relever : « II aurait dû me trahir. Il ne l’a pas fait, c’est louche ! », a-t-il lancé.
En juin 1992, il prend la direction départementale du PS ; en mars 1993, il obtient 46 % au second tour des législatives ; en 1995, il décroche la mairie de Millas et en 1997 enlève un siège de député. Il y a deux ans, il est élu pour la 4e fois à la présidence du conseil général. Membre du bureau national du PS depuis 2005, Christian Bourquin en a été exclu pour deux ans en raison de sa fidélité à Georges Frêche. Pour ce quatrième enfant d’une famille d’agriculteurs catalans, ingénieur en topographie, l’important, c’est de « réaliser des choses qui touchent à la vie quotidienne ». Ainsi, l’une de ses propositions phare, « le train à 1 euro, c’est du concret ! » Objectif : janvier 2011. Dans « son » département, déjà, le car à 1 euro a fait bondir le trafic de 400 % en un an et demi. Les 20 000 voyageurs quotidiens du TER devraient devenir 80 000 en deux ans et demi, estime-t-il. Et une fois le TGV arrivé à Montpellier, il prédit que la voie ferrée dégagée permettra de transformer le TER en « tramway régional ».    


LIMOUSIN

Gilles Pallier : un socialiste prend les transports
Seul vice-président parmi les nouveaux élus du conseil régional, Gilles Pallier, professeur de biologie et ornithologue reconnu, admet ne pas être un spécialiste du transport et ne pas maîtriser encore tous les dossiers. Des dossiers dans lesquels, soulignent ceux qui l’épaulent à la région, il s’est intensément plongé depuis sa nomination. Ses amis et adversaires politiques, notamment d’Aubusson où il est élu depuis 1989 et maire-adjoint en charge du développement économique et du tourisme depuis 2001, le qualifient de volontaire et tenace. Gilles Pallier définit quatre enjeux prioritaires : « la poursuite de la modernisation des dessertes TER, que ce soit par train ou par route ; la remise à plat du conventionnement pour son renouvellement en 2012 ; l’amélioration des lignes Paris – Limoges – Toulouse et Bordeaux – Lyon et l’ouverture de la région au réseau européen LGV, via le barreau Limoges – Poitiers ». Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si c’est un élu de la Creuse qui a reçu la charge de la commission transports, alors que le projet de LGV inquiète beaucoup dans ce département. En revanche, le fait que le poste revienne à un socialiste et non, comme lors des précédentes mandatures, à un communiste, réputé proche des cheminots, est consécutif au refus du Front de gauche de participer à l’exécutif suite à la campagne des régionales, au cours de laquelle la majorité limousine s’est divisée, notamment au sujet de la LGV.


LORRAINE


Patrick Hatzig : De la marge pour le covoiturageLorrain, sidérurgiste d’origine, même si, précise-t-il, il était « plutôt du côté administratif et comptable », Patrick Hatzig a été, à 25 ans, à la CGT, le premier responsable syndical de la Société nouvelle des aciéries de Pompey, qui comptait alors 4 000 salariés et qui a fermé ses portes en 1986. Inscrit au parti communiste dès l’âge de 22 ans, il poursuit au conseil régional de Lorraine la même tâche qu’au cours des six précédentes années. Mais « le périmètre a un peu changé », reconnaît-il, en devenant totalement centré sur la question de la mobilité.
Pour le TER, c’est la continuité, mais la région va s’intéresser aux infrastructures : rétablissement de la relation directe entre Verdun et Reims, via Saint-Hilaire-au-Temple, avec Champagne-Ardenne ; développement de dessertes pour les transfrontaliers vers l’Allemagne et le Luxembourg : ils sont aujourd’hui 65 000 chaque jour, dont 15 % captés par le TER – l’objectif étant d’en prendre 25 % sur plus de 100 000 attendus les prochaines années ; augmentation de la desserte nouvelle Thionville – Belval-Université – Longwy, testée jusqu’à présent avec un aller-retour ; amélioration du temps de parcours Verdun – Nancy ; réouverture de la ligne Laveline – Gérardmer.
Priorité d’un autre ordre, la création d’un partenariat nouveau avec les AOT départementales et les agglomérations débouchant, « pourquoi pas, sur la création d’un syndicat mixte des transports lorrains » : sujet que pratique cet élu du Grand Nancy depuis 1995. Cette « nouvelle gouvernance » pourrait permettre une généralisation du versement transport.
Enfin, la Lorraine va s’intéresser de très près au covoiturage. A l’heure de pointe, du domicile au travail, 97 % des déplacements se font avec une seule personne par automobile : il y a de la marge.


MIDI-PYRÉNÉES

Charles Marziani : un communiste consensuel
Charles Marziani entame son deuxième mandat de vice-président aux transports de Midi-Pyrénées, malgré un cavalier seul au premier tour des élections en tant que tête de liste du Front de gauche en Haute-Garonne. « Face à la politique libérale de Sarkozy, nous voulions faire des propositions de gauche qui manquaient au PS national, pas forcément chez Malvy », explique l’élu. Avec ses 6,91 %, le Front de gauche récolte sept sièges et une vice-présidence : la sienne.
Electricien industriel au Cnes, Charles Marziani fréquente les couloirs du conseil régional depuis 1986, alors assistant du groupe communiste. Il s’intéresse aux transports avec son élection comme conseiller municipal de Toulouse, en 1989. « J’ai participé à tous les débats sur le métro et je suis devenu le spécialiste des transports de l’opposition », se souvient-il. Lors de son premier mandat régional, en 1998, il est très proche du vice-président en charge des transports, Bernard Marquié, un « camarade » communiste, aujourd’hui adjoint au maire de Toulouse, aux transports. C’est donc naturellement qu’il arrive à cette fonction lorsque ce dernier ne se représente pas.
Entre 2004 et 2010, celui qui est devenu salarié de Tisséo-SMTC en charge des programmes de qualité mène trois gros chantiers : le deuxième plan régional des transports, le renouvellement de la convention avec la SNCF et le plan rail, colossal chantier de rénovation du réseau. Sa méthode ? « Le dialogue et la construction commune de projets dans la concertation la plus large. » Pour le mandat qui s’ouvre, l’élu a du pain sur la planche : l’achèvement du plan rail, la généralisation de la carte Pastel, le déploiement de l’information voyageur en temps réel, l’amélioration de l’intermodalité et la LGV.


NORD-PAS-DE-CALAIS

Alain Wacheux : cap sur le bassin minier
Vu de Lille, c’est un homme du Sud. Le nouveau vice-président aux transports de la région Nord-Pas-de-Calais, Alain Wacheux, est maire de Bruay-la-Buissière et président de la communauté d’agglomération Béthune-Bruay (Artois Comm). Il est un élu de la très puissante fédération socialiste du Pas-de-Calais. Et à ce titre il peut être considéré comme un homme du président du conseil régional, Daniel Percheron. Alain Wacheux, qui a démissionné de son mandat de président de la commission des finances du conseil général du Pas-de-Calais, est un néophyte en matière de ferroviaire. Il s’intéresse toutefois de très près aux transports, sa communauté d’agglomération étant concernée par l’un des deux tramways du bassin minier, dont les travaux doivent débuter en 2011. « J’apprends vite », a-t-il glissé à quelques élus lors d’une première réunion de travail. Il faudra car en quatre ans la tâche à abattre est immense : il s’agira de mettre en place du fameux « Smirt » et son ticket unique, de faire avancer le dossier du canal Seine – Nord, celui du futur anneau d’essais ferroviaires, de gérer la mise en place complexe du cadencement sur les lignes régionales et de mener à bien la négociation avec la SNCF en vue d’une nouvelle convention débutant en 2014. Et puis, il y a le fameux projet de liaison rapide entre le bassin minier et la métropole lilloise. L’un des grands rêves de Daniel Percheron qu’un vice-président transports élu du bassin minier pourrait bien contribuer à rendre concret.

BASSE NORMANDIE

Pierre Mouraret : le désenclavement ferroviaire est son chemin de Compostelle
Ses collaborateurs le disent « homme de dialogue, à l’écoute ». Lui se définit comme « volontaire, travailleur, mais parfois rêveur, voire lunaire ». Ardéchois d’origine mais né en Algérie, il débarque en Basse-Normandie en 1962 et se découvre une passion grandissante pour cette région. Educateur spécialisé dans l’enfance handicapée, il adhère au PCF en 1972 et rejoint le conseil municipal de Dives-sur-Mer, cité ouvrière de 6 000 habitants et seule station balnéaire communiste de la côte Fleurie. Il en est le maire aujourd’hui, après un long et douloureux combat : la fermeture de l’usine Tréfimétaux (1 600 salariés) en 1986, dont le site a depuis été reconverti, entre autres, en Port-Guillaume, port de plaisance de 600 anneaux. A la région, il entame son troisième mandat comme spécialiste des transports, dans l’opposition d’abord (René Garrec), « quand Jean-Claude Gayssot était ministre », rappelle-t-il, puis aux côtés de Philippe Duron et de Laurent Beauvais. Il en tire une certaine fierté côté réseau TER : « une offre élargie de 33 % en six ans et une fréquentation accrue de plus de 40 % ». Il sait en revanche qu’un défi reste à relever : le désenclavement ferroviaire de sa région, avec les espoirs placés dans le projet de LGV Paris-Normandie. « Un dossier décisif », insiste-t-il. Le peu de temps libre que lui laissent ses mandats, il le consacre à la lecture, à sa passion pour les sports collectifs et surtout à la randonnée aux côtés de son épouse. « Nous avons fait le chemin de Compostelle, mais en plusieurs fois. »


HAUTE NORMANDIE

Noël Levillain: le poucet du Petit-Quevilly n’a pas oublié ses valeurs
Il ne s’en cache pas. Ce qu’on ne lui a pas enseigné à l’école quittée juste avant 16 ans, il l’a appris au fil des ans et des rencontres au sein du PCF auquel il adhère, un simple certif en poche, au début des années 70. Dernier d’une famille de douze enfants, ce Cauchois pure souche se cherche d’abord dans de petits boulots avant de passer un CAP de soudeur. La rencontre de la classe ouvrière et de ses élus se fait au Petit-Quevilly, d’où sa passion (d’actualité) pour l’USQ, club de foot où il joue avant de s’y impliquer. Devenu fonctionnaire territorial et élu municipal, il atterrit à Tourville-la-Rivière comme dircab de René Durel, le maire. Son mentor. Ensemble, ils parviennent à implanter sur cette discrète cité cheminote de 2 300 âmes la plus vaste zone commerciale à la périphérie de Rouen, y attirant en 2008 le très convoité premier magasin Ikea de Normandie.
Elu maire en 2002, il est aussi devenu en janvier dernier vice-président de la Crea (Communauté de l’agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe, 494 000 habitants), en charge du tourisme. Puis vice-président du conseil régional. « Ce n’était pas annoncé », commente-t-il sobrement. Depuis, au moindre temps libre, il « se gave » des dossiers « très techniques » des transports régionaux : nouvelle gare de Rouen, LGV Paris-Normandie, titre unique, liaison A28-A13… Autant de sujets délicats, voire polémiques, qu’il entend « faire avancer, dans le compromis mais sans compromissions ».


PAYS DE LA LOIRE

Gilles Bontemps : un combatif, proche du terrain
« Il connaît chaque boulon de traverse par son prénom… », glisse un témoin des récentes nominations au conseil régional des Pays de la Loire. Gilles Bontemps, nouveau vice-président aux transports et aux infrastructures, a d’abord obtenu son poste en « incontournable » expert du monde ferroviaire. Depuis six ans, il était déjà le « patron » du TER à la région des Pays de la Loire, au sein d’une délégation transports plus large. A son actif, l’aboutissement du dossier compliqué du tram-train Nantes – Châteaubriant et la montée en puissance des comités de lignes. « Il a conduit un dialogue très fort avec les usagers et très ferme avec la SNCF et RFF », précise Jacques Auxiette, le président socialiste, réélu. Gilles Bontemps sera encore plus exigeant avec eux compte tenu des nouvelles contraintes financières des régions. « Avec l’Etat, Gilles Bontemps se montre naturellement combatif », ajoute Jacques Auxiette. C’est aussi un homme politique d’expérience et de terrain. Ancien docker, secrétaire fédéral en Loire-Atlantique et membre du Conseil national du parti communiste, jugé en général « loyal dans ses rapports avec les ouvriers comme avec les patrons, avec l’opposition comme avec la majorité ». A la région, il va devoir composer avec des élus d’Europe Ecologie qui ne veulent pas de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, dont il est un fervent partisan. Mais l’homme est reconnu pour être adroit, chaleureux. Et les écolos ont au moins en commun avec lui de vouloir développer le train.


PICARDIE

Daniel Beurdeley n’hésite pas à monter au créneau
Daniel Beurdeley a débuté sa carrière politique à l’occasion des élections municipales de 1995, lorsqu’il est élu pour la première fois maire de Longueil-Annel, commune de 2 200 habitants, dans l’Oise, entre Compiègne et Noyon. Cet ancien syndicaliste CGT chez Case-Poclain sera réélu maire en 2001 et 2008. Entre-temps, en 1999, il entre également au conseil régional de Picardie, en remplacement d’un élu démissionnaire. Suite aux élections en 2004, qui ont entraîné un changement de majorité régionale, Daniel Beurdeley devient vice-président chargé des transports. Mais la cohabitation à la tête du nouveau « gouvernement » picard se révèle difficile et, fin 2006, Daniel Beurdeley devient premier vice-président en remplacement d’un autre communiste, le bouillant Maxime Gremetz. Jusque-là quasi inconnu, le nouveau numéro deux de la région poursuit la modernisation de son TER et se fait remarquer quelques semaines avant les élections régionales de 2010 en se plaignant au directeur régional de la SNCF de « plusieurs agents en contact avec les usagers » ayant « fait référence à un manque de moyens attribués par la région pour assurer correctement les renforcements de desserte ». Réélu, Daniel Beurdeley est reconduit comme vice-président chargé des transports, alors que Nicolas Dumont (PS) le remplace comme premier vice-président.


POITOU-CHARENTES

Françoise Coutant : une ascension fulgurante
« Je suis une fille indépendante et autonome. » C’est ainsi que Françoise Coutant se définit. A 44 ans, la nouvelle vice-présidente de la région Poitou-Charentes, chargée des transports propres et innovants, de l’intermodalité, des équipements et des infrastructures, succède à ce poste au socialiste Jacques Santrot. Un poste clé dans une région fermement tenue par Ségolène Royal, avec qui elle a scellé une alliance lors du second tour des élections régionales.
La porte-parole du groupe Europe Ecologie-Les Verts connaît une ascension fulgurante depuis qu’elle a rejoint les Verts en 2005. Titulaire d’une maîtrise de sciences naturelles de l’université de Bordeaux et du Capes de biologie-géologie, elle enseigne depuis 1999 au lycée de l’image et du son d’Angoulême. Malgré ses mandats (elle est également maire adjointe d’Angoulême, chargée du développement durable et des déplacements urbains, et déléguée communautaire de l’agglomération du Grand Angoulême), elle n’a pas voulu arrêter son métier, même si elle n’enseigne plus que trois heures par semaine. Elle réfléchit à la façon dont elle va pouvoir continuer à concilier vie professionnelle et vie politique. Sans oublier sa vie familiale car elle est mère de deux enfants.
Parmi ses priorités, elle cite la mise au point d’un schéma régional et interrégional des infrastructures. Elle souhaite aussi améliorer le TER, en proposant des arrêts « hors gares », sortes de haltes ferroviaires aménagées permettant aux voyageurs de venir par exemple avec leurs vélos. A propos de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique qui doit traverser la région et fait l’objet d’âpres débats, elle espère convaincre l’Etat que c’est à lui d’en assumer les financements, puisqu’il s’agit d’une liaison nationale en concurrence avec l’avion.


PACA

Jean-Yves Petit : vert et cégétiste, sera-t-il l’homme de l’apaisement ?
C’est un homme de l’ombre, de ceux que même ses adversaires qualifient de véritable homme de dossier. Et pourtant, Jean-Yves Petit se retrouve à l’un des postes de vice-président les plus exposés, celui des transports. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, là où la rivalité entre son prédécesseur, Gérard Piel (PC), ancien boucher dans la grande distribution, et la direction SNCF de la région, accusée d’une rigidité extrême, a fait figure de cas d’école. Un duel arbitré par une CGT qui ne fait pas dans la dentelle… Résultat, pour celui que l’on nomme client ou usager : un maximum de trains calés, en retard, annulés.
La nouvelle donne, nouveau vice-président, nouveau directeur régional SNCF, peut « permettre d’avancer avec des relations apaisées : un défi essentiel », dit tranquillement Jean-Yves Petit. Sa carrière, il l’a débutée dans un garage automobile. Originaire du Charolais, il a vite rejoint la SNCF, d’abord par le biais de l’atelier de Périgny, ensuite dans la conduite, sur Marseille. Retraité de la SNCF depuis 2007, conseiller municipal d’opposition à Gémenos, dans les Bouches-du-Rhône, c’est un élu issu des Verts, dont il est membre de la commission transports depuis 2004. Ancien du bureau de la CFDT Cheminots passé unanimement à la CGT sur fond de querelles avec la confédération CFDT, spécialiste des questions internationales et européennes, il se dit fier d’avoir contribué à négocier la licence européenne des conducteurs et la réglementation du travail au niveau européen pour le personnel roulant. « Un accord si précis, il ne doit pas y en avoir beaucoup… »
Ce poste, c’est donc pour lui « une suite logique ». Un poste que revendiquait Europe Ecologie, fort de ses 11 % de voix au premier tour des régionales. Un poste, on l’a compris, tout sauf confortable. Jean-Yves Petit ironise : « Un bon nombre de journalistes de la région m’ont dit : le PS vous veut du mal… »


RHÔNE-ALPES

Bernadette Laclais : l’étoile montante
Bernard Soulage, son prédécesseur, passait pour un fin connaisseur des transports. Pour la socialiste Bernadette Laclais qui lui succède au poste de 1re vice-présidente, déléguée aux transports, déplacements et infrastructures, le secteur est relativement nouveau. Mais il l’a toujours intéressé, affirme-t-elle. « Dans mon département, la Savoie, trouver des solutions pour favoriser le report de la route vers le rail est fondamental », insiste-t-elle.
Si sa délégation est nouvelle – elle était auparavant 2e vice-présidente, chargée des formations, après avoir été déléguée à la culture en 2004 –, Bernadette Laclais, 43 ans, mère d’une petite fille de 14 mois, a déjà un long passé politique derrière elle. Diplômée de l’IEP de Grenoble et de l’Institut d’urbanisme de Grenoble, elle est élue conseillère municipale de Chambéry en 1995. Elle démissionne pour devenir, à 28 ans, directrice de cabinet du maire de Chambéry, Louis Besson. Elle prendra sa place en août 2007, après la démission de ce dernier. Entre-temps, elle a été élue conseillère régionale en 1998.
Etoile montante du monde politique savoyard, elle est très proche de Jean-Jack Queyranne, le président socialiste de la région. Réputée travailleuse, elle incarne une image jeune et renouvelée.
 

Dossier réalisé par François DUMONT, Pascal GRASSART, Cécile NANGÉRONI, Patrick LAVAL, Guillaume LEBORGNE, Marie-Hélène POINGT, Olivier MIRGUET, Olivier JACQUINOT, Catherine STERN, Richard GOASGUEN et Hubert HEULOT