La montée en puissance de SNCF Réseau

SNCF qui doit devenir un groupe plus unifié est en train de mettre en place son futur schéma de fonctionnement dans lequel les trois Epic devraient laisser la place à sept sociétés anonymes. Avec SNCF Réseau comme pivot du système.

 

Qui gouvernera le groupe SNCF à partir du 1er janvier 2020 ? Et comment ? Y aura-t-il un conseil d’administration avec un président non exécutif comme aujourd’hui ou un PDG tout puissant, ou encore un conseil de surveillance avec un directoire ? Toutes ces questions ont fait l’objet d’intenses discussions entre la direction du groupe ferroviaire et le gouvernement qui doit prochainement publier une ordonnance sur le sujet.

Le schéma de fonctionnement de la SNCF, qui doit devenir un groupe plus unifié, est aussi en train d’être mis en place. On sait que les trois

Epic d’aujourd’hui devraient laisser la place à sept sociétés anonymes, presque toutes détenues à 100 % par l’Etat : la holding SNCF, Réseau, Gares & Connexions (qui sera filiale de Réseau), Fret, Geodis, Mobilités Voyageurs et Keolis (filiale de Mobilités).

Dans ce dispositif, SNCF Réseau sera le futur pivot du système comme l’ont plusieurs fois répété Guillaume Pepy, le PDG de SNCF Mobilités, et Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? D’un côté, SNCF Mobilités doit devenir une société agile, abaissant au maximum ses coûts de structure pour se mettre au niveau de la concurrence qui s’ouvrira fin 2019 pour les TER et les Intercités avec les lancements des premiers appels d’offres. De l’autre, SNCF Réseau doit s’affirmer comme la société de services qui vendra des sillons à ses clients (dont SNCF Mobilités, mais aussi les autres entreprises ferroviaires, les régions, les ports…) en assurant un service optimal et… équitable.

Comment assurer l’équité quand on fait partie d’une même et grande maison ? « Nous aurons une maison mère SA. Mais pour tout ce qui touche à ses missions essentielles, SNCF Réseau SA aura des garanties d’autonomie par rapport à celle-ci, en ce qui concerne l’attribution des sillons, les circulations en temps réel et les investissements dans des projets individualisés », explique Patrick Jeantet.

L’objectif, déjà mis en œuvre dans Nouvel’R, le plan de transformation du gestionnaire d’infrastructures, est tout simplement de faire de Réseau une société de services industriels « normale ». Et de permettre à des entreprises ferroviaires concurrentes de coexister demain sur un même réseau.

Parmi les grands principes retenus, SNCF Réseau veut développer un réseau haute performance, grâce au développement de l’automatisation et du digital. Les innovations technologiques doivent permettre à la fois d’augmenter la fiabilité et de disposer de davantage de capacités sans construire forcément de nouvelles infrastructures.

Autre axe fondamental pour le gestionnaire des infrastructures : mettre le client au cœur de son action. Une révolution culturelle, selon Patrick Jeantet, qui a créé en juillet dernier la direction Clients et Services chapeautée par Jean Ghédira et chargée de développer la clientèle, d’établir une relation suivie et de mieux prendre en compte ses attentes.

Enfin, la gestion des infrastructures va être décentralisée puisque les établissements Infra Circulations (EIC) seront appelés, dans les régions et dans les grandes gares, à assurer la coordination des circulations. Tout un chantier déjà bien engagé.

Marie-Hélène Poingt