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Naissance du plus grand RER transfrontalier d’Europe

C’est une véritable révolution que Genève et ses environs s’apprêtent à connaître au changement d’horaire de décembre, avec l’ouverture de la liaison ferroviaire CEVA entre Genève et Annemasse, colonne vertébrale du nouveau réseau transfrontalier régional Léman Express, présenté comme le plus grand d’Europe.
Un mois après le prolongement du tram genevois vers Annemasse, le 15 décembre verra l’aboutissement du deuxième grand projet destiné à révolutionner les relations entre Genève et son arrière-pays français : le RER transfrontalier Léman Express (LEX), qui emprunte la nouvelle liaison ferroviaire CEVA (Cornavin – Eaux-Vives – Annemasse), essentiellement établie en souterrain. La réalisation du CEVA, qui comprend une ancienne amorce de contournement sud du centre de Genève (de Cornavin à La Praille en passant par Lancy-Pont-Rouge), un nouveau tunnel dans le sud de Genève (Champel) et la construction d’une double voie souterraine sous l’ancienne emprise de la voie unique entre les gares des Eaux-Vives et Annemasse, s’est accompagnée d’un programme immobilier et de la création d’une troisième liaison transfrontalière, sous la forme d’une voie verte à l’emplacement de l’ancienne voie des Eaux-Vives et Annemasse.
Dès l’ouverture, 50 000 voyageurs sont attendus chaque jour sur les six lignes Léman Express (dont cinq transfrontalières), rayonnant jusqu’à 60 km autour de Genève et d’Annemasse, autour du lac Léman et dans les vallées françaises au sud de Genève, une région totalisant plus d’un million d’habitants.
Si le rôle de Genève-Cornavin comme pôle d’échanges s’en trouve renforcé, avec une nouvelle ouverture vers la rive française du Léman et la vallée de l’Arve, la gare d’Annemasse est également gagnante, devenant un pôle d’échanges de premier ordre à l’échelle de la Haute-Savoie (quoique snobé par le tracé du nouveau tram) : du jour au lendemain, ce nœud marginal sur le réseau ferré français se transforme en un point de passage quasi-incontournable vers Genève et tout le réseau suisse.

Sur les 16 km du tracé de la nouvelle liaison ferroviaire, 14 km se situant en Suisse, la modernisation des infrastructures ferroviaires et la construction de la nouvelle ligne CEVA, estimées à environ 1,8 milliard d’euros, ont été financées à 86 % du côté suisse (38 % par le canon de Genève et 48 % par la Confédération). Les 14 % restants sont partagés entre l’Etat français, la région Auvergne Rhône-Alpes, le département de Haute-Savoie, l’agglomération d’Annemasse et six communautés de communes. En revanche, les CFF et la région Auvergne-Rhône-Alpes se sont partagé, à parts quasi-égales, les quelques 460 millions d’euros investis dans les 40 trains Léman Express (les CFF se sont toutefois retrouvés avec un parc initial plus important, soit 23 trains, contre 17 pour Auvergne-Rhône-Alpes, cette région en ayant par la suite commandé 10 autres).
Pour exploiter ces trains, une filiale commune, Lémanis, a été créée par les CFF (60 % des parts) et la SNCF (40 % des parts) le 15 mars 2017, à Genève. Lémanis se présente comme l’« interlocuteur privilégié des autorités organisatrices du Léman Express, chargé de la coordination et de l’accompagnement du conventionnement, de la planification de l’offre ainsi que du marketing et de la communication du produit Léman Express ». Cette exploitation s’articulera autour d’un tronc commun entre Coppet et Annemasse, où le Léman Express circulera de 5 h à 00 h 30 en semaine et 24 heures sur 24 le week-end (un train par heure les nuits de vendredi et de samedi entre 00 h 30 et 5 h, les bus Léman Express complétant le service sur les branches françaises).
Si les cartes en vigueur sont maintenues (OùRA côté Auvergne-Rhône-Alpes et Unireso côté genevois), un nouveau titre de transport Léman Pass sera proposé pour voyager sur les trains, les bus et cars du périmètre Léman Express dans les deux pays, ainsi que sur les trams genevois ou les navettes sur le lac. Ceci afin de profiter pleinement de la complémentarité entre les trains LEX et 15 réseaux de transport public des deux côtés de la frontière.
Patrick Laval