Archives : Dossiers

  • Formation. Un ticket pour l’embauche

    Formation. Un ticket pour l’embauche

    Si l’emploi se porte bien dans les transports, les entreprises du secteur peinent toutefois à recruter. Elles cherchent à améliorer l’image de la profession et misent sur les formations diplômantes et qualifiantes.

     

    S’il est trop tôt pour connaître les chiffres de l’emploi en 2017 dans les transports, on estime que l’année 2016 pourrait être marquée par un record, avec le dépassement du seuil des 700 000 salariés employés dans la branche.

    Déjà, en 2016, l’OPTL (Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique) a constaté une très forte croissance des créations d’emplois : +50 % entre 2015 et 2016, avec 19 100 emplois créés l’an dernier. Au total, on compte actuellement 686 100 salariés dans le secteur, en progression de 2,9 % comparé à 2015.

    « Tous les secteurs de la branche sont créateurs d’emplois, en particulier le transport sanitaire (+3,8 %), le déménagement (+3,7 % après -1,4 % l’année précédente) et les prestataires logistiques (+3,5 %) », souligne Denis Schirm, le président de l’OPTL, qui a présenté le 10 janvier son rapport annuel. « On peut toutefois noter que du côté du transport routier de voyageurs, la croissance ralentit : les créations d’emplois n’ont augmenté que de 2,4 % après +3,2 % en 2015. Nous ne savons pas expliquer ce ralentissement », ajoute-t-il.

    Le secteur compte plus de salariés, mais aussi plus d’indépendants (+9 %). Le développement des livraisons à domicile, lié à l’explosion des achats sur Internet, génère de nouveaux besoins sur le marché de la logistique et favorise l’arrivée de nouveaux acteurs, note l’OPTL. Toutefois, précise l’organisme « sur cette période, le volume des défaillances d’entreprises a été multiplié par 1,4 et huit fois sur dix, elles ont lieu dans le transport routier de marchandises ».

    Mais la grosse ombre à ce tableau tient avant tout aux difficultés à attirer des candidats à l’embauche puisque, malgré l’embellie, 30 000 postes restent à pourvoir. La proportion des entreprises déclarant avoir du mal à recruter s’accroît ainsi de huit points : elles sont désormais un tiers dans cette situation, et même 53 % dans le secteur routier de voyageurs. « Le transport routier de voyageurs est celui qui rencontre le plus de difficultés à recruter, précise Denis Schirm. Le phénomène n’est pas nouveau, il dure depuis plusieurs années. Du coup, on observe des stratégies d’optimisation : les employeurs essaient d’allonger la durée de travail et de rationaliser les lignes desservies ».

    D’où la nécessité de travailler sur l’attractivité du secteur, mais aussi de renforcer les efforts en matière de formation. « On voit bien que les entreprises veulent que leurs salariés soient mieux préparés, note encore Denis Schirm. Elles recourent à des formations diplômantes et qualifiantes. On constate une forte hausse des titres professionnels : +27 %. Les diplômes d’Etat progressent plus lentement. »

    Les formations proposées visent aussi les demandeurs d’emploi. Avec parfois des promesses d’embauche à la clé. « Les organismes de formation nous disent qu’ils se mobilisent pour faire face aux besoins », assure Denis Schirm, en citant notamment les deux principaux organismes, l’Aftral et Promotrans.

    Un impératif d’autant plus urgent que la population employée dans le secteur vieillit : l’âge moyen tous métiers confondus est de 44 ans. En 2016, plus de la moitié des salariés étaient âgés d’au moins 45 ans. En 2006, la moitié avait moins de 40 ans. « La pyramide des âges commence à poser problème dans le secteur. Dans les cinq ans à venir, il faudra remplacer le tiers du personnel », commente Denis Schirm. En 2016, les entreprises ont publié 63 000 offres d’emploi. Cette année, on estime déjà qu’il faudra recruter 45 000 nouveaux conducteurs.

    Marie-Hélène Poingt

  • SNCF Réseau poursuit sur sa lancée en 2018

    SNCF Réseau poursuit sur sa lancée en 2018

    L’année 2018 confirme la tendance engagée en 2017 en matière de maintenance ferroviaire. La signature, l’an passé, du contrat de performance devrait permettre de remplir les objectifs plus aisément grâce à la visibilité donnée.

     

    Actée lors du précédent quinquennat, la priorité accordée à la maintenance du réseau ferroviaire est confirmée par le gouvernement actuel. Pour SNCF Réseau, 2018 s’inscrit donc en droite ligne d’une tendance déjà à l’œuvre en 2017. « Notre premier objectif est inchangé : continuer à assurer le renouvellement du réseau le plus circulé », explique Matthieu Chabanel, directeur général délégué, Ingénierie, Projets et Maîtrise d’ouvrage, de SNCF Réseau. Et le rythme va même croissant. 1 600 chantiers environ sont prévus, comme en 2017, mais le budget d’investissement augmente de 300 millions d’euros en 2018 (hors PPP).

    2,745 milliards pour le renouvellement
    L’effort porte sur l’ensemble des domaines techniques : voies, signalisation, caténaires, ouvrages d’art, télécommunications…
    Les travaux de renouvellement obtiennent des moyens supplémentaires à hauteur de 100 millions d’euros pour atteindre 2,745 milliards d’euros en 2018. Parmi les grands chantiers : celui entre Nîmes et Montpellier. La récente mise en service du nouveau contournement va d’ailleurs permettre de continuer de faire passer les trains de fret pendant la nuit, tout en renouvelant la voie plus ancienne. Des programmes de renouvellement sont aussi prévus en région Centre, en Lorraine. Celui sur la ligne Toulouse – Tarbes – Bayonne se poursuit. Les LGV sont également concernées.

    500 appareils de voie remplacés
    Pour les remplacements des appareils de voies, le seuil de 500, atteint en 2017, sera maintenu. De quoi viser le renouvellement complet de ces installations en une dizaine d’années. Du côté de la signalisation, l’une des échéances phares est la mise en service de la commande centralisée du réseau (sorte de tour de contrôle ferroviaire) pour le secteur Rennes Sud au milieu de l’année. Des opérations de modernisation sont aussi prévues dans le cadre des CPER. Il s’agit notamment de régénérations de lignes moins circulées.

    1,5 milliard pour le développement
    Les CPER prévoient également des développements en 2018, par exemple des opérations pour le nœud ferroviaire lyonnais, la poursuite des travaux du RER Annemasse – Genève, des travaux en Alsace pour une quatrième voie au nord de Strasbourg, l’électrification et la modernisation de la ligne Serqueux – Gisors au bénéfice du fret qui s’étendra jusqu’à mi-2020. En Ile-de-France, le principal chantier de développement est celui d’Eole. « Même s’il y a une priorité sur la maintenance, les travaux de développement restent significatifs. Ils représentent plus d’un milliard et demi d’euros en 2018 », souligne Matthieu Chabanel.
    Enfin, les travaux de sécurité (passages à niveau, mise en place de clôtures…) et ceux de mise en accessibilité sont une autre des priorités du gestionnaire d’infrastructures.

    De la visibilité avec le contrat de performance
    Pour mener à bien ces objectifs, SNCF Réseau peut désormais s’appuyer sur une trajectoire claire. Le contrat de performance, bien qu’ayant fait l’objet de nombreuses critiques, a été signé au printemps dernier, quelques jours avant l’élection présidentielle. Même ses détracteurs s’accordent sur un point : il a l’avantage de donner une visibilité concernant les moyens alloués à la maintenance. Ce dont SNCF Réseau se réjouit. « Nous essayions déjà de travailler de manière programmée avec une vision à la fois par type de composant et par axe de circulation. Mais nous ne connaissions pas l’enveloppe budgétaire disponible. Il nous manquait donc une perspective à long terme. Avec le contrat de performance nous avons vraiment la possibilité de nous projeter dans le temps et d’avoir une programmation pluriannuelle la plus fiable possible », explique Matthieu Chabanel.

    Des outils industriels mieux « dimensionnés »
    Pour le gestionnaire d’infrastructures, c’est une petite révolution qui va permettre de mieux remplir les objectifs. « Nous pouvons ainsi bien dimensionner notre outil industriel par rapport à ce que nous voulons faire. Les travaux peuvent être programmés plus en avance, ce qui nous permet d’améliorer l’information fournie aux entreprises ferroviaires qui circulent sur le réseau. Cela nous permet également d’avoir une gestion d’actifs plus efficace entre l’entretien courant et les opérations de régénération. Enfin, nous avons pu conforter un certain nombre de marchés industriels. Lancer ces marchés, et donc avoir les outils adaptés pour régénérer le réseau, n’aurait pas été possible sans la visibilité donnée par le contrat de performance », détaille Matthieu Chabanel.
    Sans visibilité financière, il était en effet difficile de garantir les volumes de travaux aux partenaires industriels de SNCF Réseau. Or, « pour investir dans du nouveau matériel, nous avons besoin d’amortir nos achats et donc d’avoir une vision assez longue », explique Bertrand Delahousse, directeur général de Transalp Renouvellement, qui a obtenu deux marchés de suites rapides. Lui aussi salue donc cette nouveauté.

    Des effectifs stables
    Pour faire face à ses chantiers de 2018, SNCF Réseau devra compter sur un effectif stable. Pour y parvenir, 2 800 embauches sont prévues afin de remplacer les départs en retraite. Un volume comparable à 2017. Afin de mener à bien l’accélération du rythme des travaux sans accroissement de la masse salariale, SNCF Réseau compte sur sa politique d’externalisation mais aussi sur des gains de productivité. L’organisation des chantiers (par exemple en travaillant sur ligne fermée), le développement de la gestion de la maintenance assistée sur ordinateur, la modernisation des engins de maintenance sont autant d’outils mobilisés par le gestionnaire pour y parvenir. 98 millions d’euros de gains de performance en matière de travaux d’investissements sont visés en 2018.
    Si la stratégie se veut donc ambitieuse en 2018, elle ne produira pas de miracle immédiatement. « L’état du réseau appelle un effort dans la durée. La modernisation du réseau ne sera pas achevée en un an, ni même en cinq. Il faudra poursuivre l’effort sur toute la durée du contrat de performance, et même au-delà », explique Matthieu Chabanel. Le chemin est tracé mais il s’annonce long.

    Camille SELOSSE

    Carte des principaux chantiers 2018

  • Grand Paris Express. La ligne 15 Sud sort de terre

    Grand Paris Express. La ligne 15 Sud sort de terre

    Quinze des seize gares de la future ligne 15 du Grand Paris Express étaient déjà en chantier fin 2017. 41 grands chantiers qui s’insèrent dans un territoire aux transports saturés et à la congestion automobile. Quatre d’entre eux ont fait l’objet d’une visite de presse au mois de décembre. L’occasion pour faire le point sur des travaux qui ne font que commencer.

     

    En Ile-de-France, c’est la double peine. Et la région en a pris pour environ dix ans. Alors qu’il faut revoir le système ferroviaire existant (voir pages précédentes), les travaux du Grand Paris Express ont commencé. Avec le cortège d’encombrements sur les routes, de bruit pour les riverains, avec, aussi, les perturbations que peut causer sur les réseaux existants la création du nouveau métro. Cohabitation difficile à Arcueil avec le ralentissement du RER B qui a duré sept mois du fait du chantier. Expérience différente à Clamart, sur la ligne N, avec, cette fois, le choix de fermer la gare plusieurs week-ends de suite. Entre les deux systèmes, maintenir chaque jour les circulations en mode dégradé, ou les interrompre complètement le week-end pour préserver l’heure de pointe en semaine, le cœur d’Ile-de-France Mobilités ne balance pas. Valérie Pécresse préfère la seconde solution pour mieux affronter les difficultés. Et des difficultés, il y en aura.

    Sur les 68 gares du Grand Paris Express, les deux tiers seront en correspondance avec des modes lourds. Sur les 16 gares de la ligne 15 Sud, 13 seront connectées à un RER ou métro existant et deux d’entre elles avec une autre ligne du Grand Paris Express : Villejuif-Institut-Gustave-Roussy avec la 14 Sud, Champigny-Centre avec la 15 Est. Seule Vitry-Centre, aujourd’hui en chantier, tout près de l’Hôtel de ville, fera exception dans ce système de correspondance. Pour les autres, poussage ou ripage sont au programme.
    Un peu partout sur les 33 km de la ligne 15 Sud, de Pont-de-Sèvres à Noisy-Champs, si les tunneliers ne sont pas encore à l’ouvrage, de très grands chantiers sont en cours. 41 sur un total de 54. 15 des 16 gares étaient en chantier à la fin 2017. 23 ouvrages annexes sur un total de 38. Trois autres sites, les centres d’exploitation de Champign y, de Vitry et l’installation terminale embranchée à côté de Bry-Villiers-Champigny, viennent s’ajouter aux précédents pour parvenir à ce total de 41.
    Ces grands chantiers, visibles un peu partout, jalonnent la prochaine ligne, avant même que le premier tunnelier ait commencé à forer.

    S’il n’est pas question de nier les difficultés, la SGP préfère (on la comprend) insister sur l’impact économique de cette montée en puissance des chantiers. Ainsi, selon le maître d’ouvrage, « fin septembre 2017, 208 millions d’euros étaient déjà engagés auprès de 513 PME sur la ligne 15 Sud. Parmi elles, 337 sont franciliennes. Cela représente près de 30 % du montant total que les entreprises attributaires se sont engagées à sous-traiter ou cotraiter (727 millions d’euros) ». Plus encore que les 20 % que la SGP demande aux majors du BTP de respecter. Autre effet bénéfique : les chantiers de la 15 Sud font travailler 2 000 personnes, dont 170 jeunes en insertion, ce qui est en ligne (un peu mieux, même), avec les 5 % d’emplois en insertion que s’est fixés la SGP. Des effets sur l’emploi, et une réalisation en cours, aujourd’hui visible. Jacques Gauducheau, maire de Vanves, président du Comité stratégique de la SGP (qui regroupe les élus) voit déjà, de chantier en chantier, la ligne s’esquisser et parle de destin commun. Jean-Yves Le Bouillonnec, maire de Cachan, président du conseil de surveillance de la SGP, ne cache pas les difficultés dont lui font part les administrés mais dit : « je relève la tête dès que je montre un chantier. » Chantier de Cachan qu’il a montré le 7 décembre à la mairesse de Montréal. Trois jours auparavant, alors que l’on attend la feuille de route du gouvernement, la SGP a fait découvrir à la presse, avec une certaine fierté, l’avancement de quatre des principaux sites du futur métro.

    Noisy-Champs

    A Noisy-Champs, site le plus oriental de la ligne 15 Est, long d’1,5 km, s’alignent quatre chantiers. Du sud au nord, le futur puits du tunnelier, l’avant-gare, la gare, puis, de l’autre côté de la ligne A, l’arrière-gare. Cette arrière-gare, tout au nord, servira au retournement et au garage des trains de la ligne 15 Sud. L’avant-gare, elle, sera utilisée pour le retournement et le garage des trains de la ligne 16. La correspondance avec la gare du RER B suppose une opération du type de ce qui a été fait sur les sites des futures gares de Champigny-Centre (ripage du pont-rail sous les voies SNCF dans la nuit du 24 au 25 janvier 2017), de Fort-d’Issy-Vanves-Clamart (ripage de la dalle de couverture de 7 000 tonnes de la future gare le week-end du 15 août) et d’Arcueil-Cachan (ripage de la dalle de couverture de 3 000 tonnes de la gare dans la nuit du 1er au 2 novembre). Ici, c’est en novembre 2018 que la RATP doit effectuer ce ripage d’une dalle sur laquelle s’appuiera la gare. Des opérations semblables sont programmées à Créteil-l’Echat et à Verts-de-Maison. Sur ce même site, on creuse le puits Rû de Nesle, d’où partira le deuxième tunnelier, qui doit commencer son travail au premier semestre 2018, en direction de la gare de Bry-Villiers-Champigny.

    On compte quatre chantiers sur le site de Noisy-Champs : le puits du tunnelier (groupement Alliance avec Demathieu Bard comme mandataire), l’avant-gare (ci-dessus, groupement Vinci Construction), la gare (également Vinci Construction) et l’arrière-gare (groupement Léon Grosse TP (mandataire).

     

    Champigny-Plateau

    Le 3 décembre, veille de la visite de presse des chantiers, c’était la Sainte-Barbe, patronne des mineurs (et des pompiers) et, conformément à la tradition, le curé de Champigny a béni le tunnelier. Ou, plutôt, les pièces d’un tunnelier qui n’est pas encore assemblé et qui sont livrées sur ce site. Un puits proche du futur centre d’exploitation, que le tunnelier va relier à la ligne 15.

    Le chantier du puits de tunnelier de Champigny-Plateau a été confié au groupement Alliance (Demathieu Bard, mandataire).

    Ce sera le puits du premier tunnelier, qui arrive, pièce par pièce, depuis l’usine du constructeur Herrenknecht, en Allemagne. Une fois monté, il fera 9,83 m de diamètre. La tête du tunnelier va descendre la première dans son puits, long de 47 m et large de 23 m, et commencer à creuser, pour que puissent descendre ensuite les remorques qui vont former, une fois assemblées avec la tête, une usine longue de 106 m. Préalablement assemblé chez Herrenknecht, pour le testing-commisionning, le tunnelier a été ensuite démonté pour être acheminé. La descente solennelle du premier ensemble est prévue le 3 février. Après sa première fonction de descenderie, le puits, considéré comme ouvrage annexe, servira comme les autres puits à l’aération de l’ouvrage et d’accès ou issue de secours. Le tunnelier doit parcourir 2,4 km en dix mois afin de rejoindre la ligne. C’est 1/7e des déblais de la ligne 15 qui doit être évacué depuis ce site.

    Non loin du puits, s’élèvera le futur site de maintenance et de remisage des rames. Sur ce SMR, comportant 19 voies en parallèle, se fera 60 % de la maintenance du matériel roulant (le reste se faisant au SMR de Rosny). Et c’est là, à Champigny, que le matériel roulant de la ligne sera livré. Un matériel dont le fournisseur doit être connu au printemps 2018. Le site, qui sera recouvert d’une toiture végétalisée de deux hectares, abritera aussi le poste de commandement de toute la ligne 15.

    Depuis Champigny-Plateau, on voit, au-delà d’une butte, l’emplacement de la future gare de Bry-Villiers-Champigny, site dont l’aménagement a été confié à la Compagnie de Phalsbourg à la suite du concours Inventons la métropole.

     

     

    Aux Ardoines, le chantier est réalisé par le groupement mené par Bouygues TP.

    Les Ardoines
    La gare des Ardoines, à Vitry, est prévue pour accueillir près de 100 000 voyageurs par jour en 2030. 60 % de ces voyageurs seront alors en correspondance avec le RER C, qui enregistre aujourd’hui de 10 000 à 15 000 voyages quotidiens, et dont les quais vont donc être élargis. Juste à côté des voies, la gare est en cours de réalisation, et l’on voit une demi-boîte déjà formée, de 28 m de large sur 55 de long, soit la longueur de la moitié d’un train. La boîte est réalisée en deux temps afin de ménager l’espace pour préfabriquer, à proximité des voies, le passage souterrain qui sera ripé en mai prochain sous les voies du RER. Une interruption de 54 heures des circulations sera alors nécessaire.

    La future gare des Ardoines, dans un quartier en pleine transformation, est l’un des sites de l’opération Inventons la Métropole. Et, le 7 décembre, la SGP a signé avec Linkcity, à Vitry, le premier protocole du concours, pour la réalisation de l’immeuble connexe à la gare. Signature en présence de l’Epa Orsa (Etablissement public d’aménagement Orly, Rungis, Seine-Amont). Ce projet de 10 000 m² prend place au sein d’un nouveau quartier de ville de 130 000 m².

     

    C’est Vinci Construction Grands Projets qui est aux commandes sur le chantier de la gare Villejuif- Institut-Gustave-Roussy.

    Villejuif-Institut-Gustave-Roussy
    A Villejuif, c’est tout près du grand centre de traitement du cancer qu’est en cours, dans le parc des Hautes-Bruyères, la réalisation de la future gare. Gare qui, à 49 mètres de profondeur, sera la seconde gare la plus profonde du réseau, après Saint-Maur. Elle nécessitera l’excavation de 100 000 m³. Ce sera à la fois une gare de la ligne 15, et, en correspondance, au dessus, celle du prolongement sud de la ligne 14 en direction d’Orly. Une gare circulaire de 62 m de diamètre, dont on a commencé à réaliser en septembre les parois moulées et qui est un peu, pour l’instant, comme dit Philippe Yvin, une « mine à ciel ouvert ».

     

    F. D.

  • Busworld 2017. La dernière de Courtrai

    Busworld 2017. La dernière de Courtrai

    La 24e édition de Busworld a rassemblé, en octobre, 376 exposants et 37 241 visiteurs de 118 pays. Elle aura été la dernière à se dérouler à Courtrai. Victime de son succès, le Salon quitte la ville belge dont il était synonyme pour rejoindre Bruxelles. Ultime tour des allées pour découvrir les nouveautés 2018, dans cette « ambiance courtraisienne » que disent déjà regretter les habitués.

     

    Galvanisé par l’obtention de son tout premier contrat en Europe continentale, le constructeur britannique ADL (Alexander Dennis Limited) avait fait le voyage de Courtrai avec deux véhicules. L’un d’eux n’était autre que l’Enviro 500 avec lequel il remporta l’appel d’offres de l’opérateur suisse PostAuto (dont la filiale CarPostal exploite plusieurs réseaux français). Il s’agit d’un véhicule à étage de 12,9 m sur trois essieux, déjà vendu sur le continent nord-américain. Il dérive étroitement du célèbre autobus urbain Enviro 400, toujours leader sur son segment, et que l’on rencontre dans nombre de villes en Grande-Bretagne.

    La commande de PostAuto porte sur dix-neuf unités climatisées, à trois portes et deux escaliers, qui seront mises en service sur la région de Saint-Gall, en remplacement des autocars à étage existants. Cet Enviro 500 au look tellement « british », qui arbore fièrement la fameuse livrée

    Le « midibus » Enviro 200 d’ADL (pour Londres) sortirait en conduite à droite.

    jaune des cars postaux helvétiques, restera l’une des images fortes de Busworld 2017. Du coup, ADL en profitait pour tenter sa chance avec son nouvel Enviro 200 en version diesel Euro VI.

    Le véhicule exposé, vendu à l’opérateur Abellio (filiale des NS, les Chemins de fer néerlandais) pour exploitation sur le réseau TfL (Transport for London, l’autorité organisatrice londonienne), était un « midibus » de 10,4 m, dont la structure, très allégée, conduit à une consommation minimale de carburant. Depuis la sortie des premiers Enviro 200, cette famille d’autobus disponibles en plusieurs longueurs connaît un vif succès.

    Le constructeur chinois BYD est arrivé à Courtrai avec un premier autobus électrique dès 2011 et, depuis, il n’a jamais manqué, chaque année impaire, le célèbre rendez-vous. Ce qui le différencie

    Chez le Chinois BYD, le tout premier standard électrique de 12 m produit en Europe, dans l’usine hongroise.

    fondamentalement de tous ses concurrents, sur le marché de l’électromobilité, c’est d’avoir été le seul à débuter comme fabricant de batteries. Il considère donc qu’il maîtrise parfaitement cette technologie, fort des travaux de recherche et développement des quelque 20 000 ingénieurs qu’il emploie. C’est d’ailleurs aujourd’hui le premier producteur de batteries fer-phosphate au monde. Est-ce la raison pour laquelle il demeure fidèle à la charge lente, et ne semble guère s’intéresser à la charge rapide aux terminus (opportunity charging) ? Après avoir

    inauguré sa première usine européenne en Hongrie, avec une capacité potentielle de 400 véhicules par an, BYD se prépare maintenant à ouvrir la deuxième en France, à Allonne, près de Beauvais.

    Avec, pour objectif, un démarrage au deuxième trimestre 2018. Le site de production français pourrait fournir, à terme, 200 véhicules par an, uniquement destinés au marché national. Le constructeur dit avoir déjà commencé à répondre à quelques appels d’offres en France. Sur le Salon, on remarquait son nouveau midibus de 8,75 m, au style particulièrement futuriste.

    Heuliez Bus, le constructeur français traditionnellement installé à Rorthais, revient cette année sur le devant de la scène internationale, avec la volonté d’aller chercher des opportunités sur les

    Pour son GX 337 Elec de 12 m, ici avec la face avant « Linium », Heuliez-Bus a choisi la charge lente, et assure qu’elle sera suffisante pour une journée entière.

    marchés étrangers. A Courtrai, il dirigeait plus particulièrement le projecteur sur sa nouvelle offre d’électromobilité. Elle se décline sous la forme d’un standard et d’un articulé. Equipé de batteries lithium-ion disposées en toiture ainsi qu’à l’arrière dans l’ex-compartiment moteur, le GX 337 Elec de 12 m dispose de l’autonomie nécessaire pour pouvoir rouler une journée entière. Ses batteries sont rechargées la nuit, au dépôt. En revanche, le GX 437 Elec de 18 m aura recours à la charge rapide en ligne, au terminus, à l’aide d’un pantographe descendant, en conformité avec le protocole OppCharge. Tous les auxiliaires sont électriques, y compris le chauffage et la climatisation.
    Grâce à ce dernier véhicule, Heuliez Bus vient de remporter son premier contrat en Norvège : dix autobus articulés GX 437 Elec rouleront à Trondheim en 2019. Le constructeur propose également sa nouvelle offre d’électromobilité en version BHNS dite « Linium » (acronyme construit à partir de Line – ligne – et Premium). Cette version, disponible en standard comme en articulé, incorpore notamment des faces avant redessinées avec pare-brise aux volumes arrondis, modules de baies latérales sous la ceinture de caisse, carénages de roue. Elle permettra de nombreuses variantes d’aménagement intérieur. L’offre GX Elec doit être labellisée « Origine France garantie », cette appellation contrôlée s’appliquant aussi aux batteries. Désormais, Heuliez Bus se retrouve présent sur les quatre grands créneaux : diesel Euro VI, GNV (gaz naturel pour véhicules), hybride, et 100 % électrique.

    En première mondiale, Iveco présentait deux nouvelles versions de son célèbre Crossway qui est devenu, avec plus de 30 000 exemplaires vendus, le best-seller de sa catégorie ! La première est le

    Le Crossway LE au gaz de 14,50 m.

    Crossway LE (low entry) dit « Natural Power », entièrement repensé pour utiliser, comme carburant, le gaz naturel ou le biométhane. Le véhicule est équipé du tout nouveau moteur Cursor 9 d’Iveco. Son architecture d’ensemble a fait l’objet de la dépose d’un brevet. Elle lui confère une hauteur hors tout équivalente à celle d’un Crossway LE diesel traditionnel avec unité de climatisation, malgré la nécessité de loger, en toiture, les réservoirs de gaz. Il s’agit de surcroît, avec 3 210 mm, de la hauteur la plus basse du marché !
    L’idée consiste à mettre à profit la partie supérieure de la fameuse « cathédrale » si caractéristique des véhicules « low-entry », et qui se situe entre leurs portes avant et médiane. En ramenant la valeur de la hauteur sous plafond, toujours très généreuse dans cette zone, à celle d’un Crossway à plancher normal, il devient possible d’intégrer les réservoirs à l’intérieur-même du pavillon, plutôt que de les loger au-dessus.
    Le nouveau Crossway LE Natural Power étant homologué dans la classe I, l’opérateur qui possède déjà, dans son parc, d’autres véhicules urbains de la même hauteur, peut le mettre en service sans devoir se soucier des problématiques habituelles de dégagement du gabarit vis-à-vis des ponts, trémies et autres obstacles potentiels. De plus, cette nouvelle position des réservoirs permet d’abaisser significativement le centre de gravité, ce qui se traduit par un meilleur comportement dynamique dans les virages, facilitant la conduite et le confort.
    Le Crossway LE Natural Power dispose de quatre réservoirs de 315 l, soit une capacité totale d’emport de 1 260 l qui lui confère une autonomie de 500 à 600 km. Autre singularité, le capot protégeant les réservoirs est constitué de deux éléments s’ouvrant largement « en ailes de papillon » pour permettre un accès aisé, lors des opérations de maintenance, à l’ensemble des constituants.
    Dans sa version standard de 12 m en classe I, le Crossway LE Natural Power, configurable en deux ou trois portes avec accès à 1 200 mm pour les deux premières, peut accueillir jusqu’à 106 voyageurs. Il est également disponible avec le poste de conduite VDV (Verband Deutscher Verkehrsunternehmen, association des entreprises de transport allemande), déjà éprouvé sur l’ensemble de la gamme depuis trois ans. Cette norme, fruit du travail entrepris depuis de longues années par cette instance représentative des opérateurs allemands, a réussi à s’implanter de façon quasi universelle. Elle a permis d’optimiser la disposition des instruments de bord, tout en offrant une interface commune qui facilite l’adaptation des conducteurs appelés à régulièrement passer d’un type ou d’une marque de véhicule à une autre. Désormais, l’ensemble de la gamme Iveco existe en offre Natural Power (gaz et biométhane), avec les Urbanway de 10,50 m, 12 m et 18 m, ainsi que les Crealis BHNS 12 m et 18 m.
    L’autre première mondiale présentée par Iveco à Courtrai était le Crossway LE de 14,50 m sur trois essieux, réoccupant le créneau laissé vacant après la disparition de l’Ares de 15 m. Le choix d’une longueur légèrement réduite était dicté par le souhait de pouvoir équiper le véhicule d’une armoire ou de racks à skis. La formule à trois essieux entend d’abord répondre aux attentes des pays scandinaves.
    En version urbaine, ce nouveau Crossway peut transporter jusqu’à 138 voyageurs. Il reste facile à manœuvrer, affichant le meilleur rayon de giration de sa catégorie avec 11,9 m. Enfin, son coût global de possession n’excède que de 10 % celui du modèle de 12,80 m sur deux essieux, alors que la majoration de capacité correspondante grimpe, dans le même temps, jusqu’à 40 % (38 places supplémentaires en version Intercity, et de 44 à 50 en version City). Cet excellent ratio devrait encore augmenter l’attractivité de l’offre Crossway à l’étranger, où le produit compte déjà de très gros clients, comme la Deutsche Bahn, dont le parc dépassera, cette année, le millier d’exemplaires. Sur le salon, Iveco annonçait aussi le lancement d’une nouvelle génération de trolleybus IMC (In Motion Charging), qui doit être développée sur base Urbanway et Crealis, en 12 m comme en 18 m. Rappelons que la toute nouvelle technique IMC permet la recharge des batteries, lorsque le véhicule circule sous ligne aérienne bifilaire, avec le meilleur rendement que l’on puisse imaginer en électromobilité. Le véhicule peut alors parcourir de longues sections en totale autonomie, ce qui permet de réduire très significativement le kilométrage nécessaire sous ligne aérienne. Enfin, sur le front de la connectivité, Iveco propose désormais, sur tous ses véhicules, un langage universel pour le réseau informatique de bord, qui permettra de se limiter à du simple « plug and play », pour intégrer, par exemple, n’importe quel type de girouette ou de SAE qui pourrait être demandé par un réseau. Issu d’un groupe de travail réunissant quelques industriels et opérateurs sous l’égide de l’UITP, ce nouveau protocole rend possible un changement d’équipementier sans devoir intervenir, pour autant, sur le câblage ou le software. Autre innovation « high-tech », la mise au point, dans un projet commun avec Microsoft, de lunettes 3D pour l’aide à la maintenance : il suffira désormais au technicien de l’opérateur de faire un simple geste en direction de la pièce sur laquelle il focalise son attention, pour qu’à distance le back-office du constructeur puisse intervenir en lui fournissant toute l’information nécessaire. Avec cette nouvelle méthode, le gain de temps est significatif. : l’immobilisation du véhicule peut être réduite à quelques heures au lieu de plusieurs jours.

    Après Bayonne, Amiens a choisi le constructeur espagnol Irizar pour la fourniture de 43 autobus électriques destinés à son futur réseau BHNS (bus à haut niveau de service) en 2019. La signature de ce marché de 34 millions d’euros est intervenue en marge du salon. Avec cette commande record, Amiens se hisse, en théorie, sur la première marche du podium européen des villes « électromobiles », ex-aequo avec Eindhoven (Pays-Bas) où roule le même nombre de véhicules électriques, cette fois fournis par VDL. L’autobus articulé spécifié par Amiens, d’une longueur de 18 m et d’une capacité de 120 à 150 voyageurs, est équipé de batteries au lithium. Il combine la charge rapide aux terminus (opportunity charging) avec la charge lente, de nuit, au dépôt. Sa carrosserie se distingue par un profil de nez très aérodynamique, quatre larges portes latérales doubles accélérant les échanges de voyageurs, et des carénages pour les passages de roue qui entendent lui octroyer un look de tramway.

    Lancé relativement récemment, le Lion’s Intercity
    de MAN a été optimisé pour une utilisation comme autobus urbain ou car scolaire.

    L’Allemand MAN ménage, plus que jamais, le suspense. S’il a, depuis longtemps déjà, révélé dans les médias spécialisés l’élégante silhouette qu’il a dessinée pour sa future génération d’autobus urbains Lion’s City, il faudra néanmoins encore patienter jusqu’en mars prochain pour qu’un premier véhicule soit officiellement dévoilé. Après avoir continuellement amélioré le Lion’s City au fil des années, le temps était donc venu, pour le constructeur, de repenser en profondeur ce produit. D’autant qu’à côté de versions Euro VI diesel et GNV plus traditionnelles, le nouveau véhicule devait aussi être conçu d’emblée pour l’électromobilité. La construction en série de cette version 100 % électrique est annoncée pour fin 2019. Toutefois, une flotte de démonstration doit être mise en service dès cette année. Priorité sera donnée à la charge en dépôt, avec une autonomie qui serait nettement supérieure à 200 km.
    Un avant-goût du design adopté pour le futur Lion’s City était d’ores et déjà donné par le nouvel autocar Lion’s Coach présenté au salon. Même si, pour ce type de véhicule, c’est d’abord l’aérodynamique qui prime, le lien de parenté demeure évident. A Courtrai, MAN exposait également l’excellent autocar interurbain Lion’s Intercity ainsi que l’autobus Lion’s City Hybrid.

    Deux nouveautés d’importance étaient présentes sur le stand du constructeur allemand Mercedes : l’autobus Citaro Hybrid en première mondiale, et l’autocar Tourismo RHD. Avec le Citaro Hybrid, le groupe Daimler Buses ouvre une toute nouvelle page dans l’histoire des autobus à transmission électrique. La démarche qu’il a suivie est absolument unique. Il s’agissait de mettre

    Le Citaro Hybrid de Mercedes, tout premier autobus hybride du marché qui peut être amorti en quatre ans.

    au point un concept de véhicule qui offre l’essentiel des avantages de l’actuel autobus hybride, en termes de souplesse de fonctionnement et de récupération d’énergie, sans en reconduire les inconvénients majeurs, comme les coûts d’achat et de possession ou encore la nécessité de disposer d’un personnel de maintenance spécialement habilité. Le nouveau Citaro Hybrid ne constitue donc nullement un modèle de transition dans l’attente du Citaro « tout électrique » attendu pour très bientôt, mais il entend plutôt optimiser la technique diesel Euro VI, de façon finalement très simple, pour en tirer le meilleur parti. Il s’agit donc bien d’un modèle à vocation pérenne.
    L’architecture au niveau de la transmission s’écarte du schéma très souvent utilisé de l’hybride-série – celui-là même naguère privilégié par Daimler Buses –, pour s’apparenter à l’hybride-parallèle. Toutefois, le petit moteur électrique mis en œuvre, très robuste et produit en grande série (c’est l’alterno-démarreur de la Mercedes Classe S !), ne sert pas à augmenter la puissance maximale de l’autobus, mais surtout à assister le moteur thermique lorsqu’une puissance importante est requise. Au cours du processus, le régime de ce moteur thermique n’est pas réduit, et seule sa puissance de crête diminue légèrement avec la mise en action du moteur électrique. Au ralenti, un effet « boost », également provoqué par le même moteur électrique, optimise le rendement du moteur thermique. La conjugaison de ces deux effets peut conduire à une diminution jusqu’à 8,5 % de la consommation de carburant par rapport au Citaro diesel Euro VI traditionnel.
    Le moteur électrique utilisé est du type synchrone à aimants permanents, avec électronique de puissance intégrée. Il peut développer une puissance maximale de 14 kW et un couple de 220 Nm. Dans les phases de décélération, ce moteur tourne en alternateur et récupère ainsi, sous forme électrique, l’énergie alors libérée. Cette énergie est stockée dans des « supercaps », autrement dit des super-condensateurs de dernière génération, qui supportent beaucoup mieux que les batteries les cycles très courts de charge et décharge caractéristiques des autobus en circulation urbaine. Le Citaro Hybrid dispose de deux modules d’accumulateurs contenant chacun huit condensateurs à double couche. L’ensemble représente une capacité totale de 2 Ah. Les deux modules se trouvent montés à l’arrière, sur le toit, et ils sont refroidis par le seul écoulement de l’air pendant la marche. A partir du courant continu issu du déchargement des « supercaps », un onduleur génère le courant alternatif triphasé nécessaire au fonctionnement du moteur synchrone. Onduleur et moteur électrique sont refroidis par eau. Un radiateur supplémentaire est installé sur le côté gauche, juste en avant de celui du véhicule.
    Par ailleurs, le nouveau Citaro Hybrid est le premier véhicule industriel au monde équipé d’un réseau « basse tension » 48 V, à l’instar des voitures particulières à propulsion hybride de Mercedes-Benz. En conséquence, les formations et l’habilitation « haute tension » ne sont plus nécessaires pour les personnels de maintenance. Les équipements hybrides du véhicule ne majorent sa masse que de 156 kg : on ne perd donc aucun siège à l’intérieur, mais juste deux ou trois places debout.
    Quant au surcoût par rapport au diesel conventionnel, il n’excède pas les 15 000 euros. « L’hybride intégral ne se rentabilise pas, assure Hartmut Schick, le président de Daimler Buses. En revanche, l’hybride 48 V s’amortira au bout de quatre ans. »
    Autre première mondiale, la direction électrohydraulique « Intelligent eco steering », dont l’assistance ne se met en action que lorsque le conducteur braque, participe aussi aux économies d’énergie. Elle équipe justement le Citaro Hybrid, et est disponible pour le programme complet d’autobus. Quant au Tourismo, il fera l’objet d’un prochain article, tout comme le nouveau S 531 DT vendu sous la marque Setra.

    Longtemps attendu, le premier autobus urbain 100 % électrique de Scania était présenté, en avant-première, à Courtrai. Son lancement commercial devrait intervenir dans le courant de

    Le tout nouvel autobus Scania Citywide 100 % électrique de Scania

    l’année 2018. Le constructeur suédois a intégralement réalisé ce véhicule, dont il a voulu travailler tout particulièrement la robustesse. Le petit dernier dérive logiquement du nouveau Citywide, venu remplacer, il y a une paire d’années, l’ancienne plate-forme Omnicity. Six unités rouleraient déjà dans la ville d’Östersund, au centre de la Suède, trois autres devant incessamment les y rejoindre. Les Citywide électriques parcourent une ligne longue de 14 km. Cette exploitation probatoire, qui pourrait se poursuivre jusqu’en 2021, a notamment pour objectif d’emmagasiner un maximum de connaissances sur le comportement des batteries dans un environnement où l’on peut rencontrer de très basses températures et un fort degré d’hygrométrie. Le mode de recharge adopté est l’opportunity charging (charge rapide) par conduction, en utilisant un pantographe. La charge s’effectue à chaque terminus, en quatre à huit minutes. L’autonomie du véhicule serait néanmoins suffisante pour lui permettre de manquer un point de recharge.
    Avec ce nouvel autobus, Scania s’affiche comme le constructeur qui dispose désormais, en Europe, du plus large portefeuille d’options énergétiques avec, outre le 100 % électrique, le diesel Euro VI à transmission mécanique ou électrique (hybride), le biodiesel, le gaz, l’éthanol, voire les huiles végétales retraitées.
    L’autre nouveauté de Scania à Courtrai était l’autocar Interlink LD (low decker) de 13,2 m en version hybride. Dans l’offre globale du constructeur, ce véhicule vient se positionner en complément du Citywide LE (low entry) pour trafic suburbain. Offrant un très bon confort, l’Interlink LD a vocation d’assurer des missions interurbaines à court ou moyen rayon d’action, mais reste d’une grande agilité en ville. Sa transmission hybride pourrait lui conférer des économies de carburant allant jusqu’à 25 %. Visiblement, Scania croit beaucoup en l’avenir de tels véhicules spécialement taillés pour les dessertes toujours plus longues des périphéries.

    Mi-2017, le Polonais Solaris avait déjà vendu près de 200 autobus équipés d’une transmission électrique, et appartenant aux types standard de 12 m ou « midi » de 8,9 m. A Courtrai, il présentait son nouvel articulé de 18 m dans une version adaptée à l’électromobilité. Surtout, le constructeur de Bolechowo venait de vendre ses tout premiers autobus 100 % électriques en France. Ces véhicules sont destinés aux réseaux de Frontignan et Thau Agglo. Dans chaque cas, il s’agit du « midi » de 8,9 m, équipé de batteries Solaris d’une puissance de 160 kW, la fourniture du chargeur de 80 kW étant incluse dans le contrat. La France devient ainsi le huitième pays à adopter l’électromobilité « made in Poland ».

     

    Le trolleybus
    double-articulé de 24 m Exqui-City, l’un des 20 véhicules vendus
    par Van Hool au réseau autrichien de Linz.

    Régional de l’étape, le constructeur belge Van Hool célébrait, cette année, son 70e anniversaire. L’occasion, pour lui, de mettre les petits plats dans les grands, en alignant, sur son stand, pas moins de dix véhicules différents ! On remarquait tout particulièrement le trolleybus double-articulé de 24 m du type Exqui-City destiné au réseau de Linz (Autriche). Appartenant à une série de vingt véhicules arborant la livrée locale orange et argent, ce trolleybus dispose d’une certaine autonomie sur batteries, que lui procure sa chaîne de traction fournie par l’industriel Kiepe Electric. Les autobus et trolleybus Exqui-City se rangent dans la catégorie BHNS, notamment en raison de leur design extérieur, avec un nez spécialement profilé.

     

    L’expérience du constructeur néerlandais VDL en matière d’électromobilité ne cesse de croître.

    L’un des 100 autobus articulés de 18 m 100 % électriques Citea SLFA 180/181
    de la commande record que livre actuellement
    le constructeur VDL à la région d’Amsterdam.

    Ses 43 autobus articulés sont en service sur le réseau d’Eindhoven. Chaque véhicule y réalise un parcours journalier de 300 km. Les quelques défauts de jeunesse apparus au démarrage de l’exploitation semblent résolus, et la disponibilité du parc atteint désormais 97,8 %. Au total, les autobus « 100 % électriques » de VDL ont parcouru, à ce jour, quelque 4,7 millions de kilomètres. Fort de cette expérience, le constructeur a remporté une commande record de 100 autobus articulés de 18 m du type Citea SLFA 180/181. Ces véhicules sont en cours de livraison chez l’opérateur néerlandais Connexxion (groupe Transdev), pour la région d’Amsterdam. En motorisation diesel, VDL présentait aussi son nouvel autobus « low-entry » Citea LLE 127, d’une longueur de 12,70 m, qui s’adresse tout spécialement aux marchés scandinaves. Cette version autorise quatre places assises supplémentaires, par rapport au standard classique de 12 m. Le constructeur a encore réussi à réduire la masse à vide de ses autobus de la famille LLE, déjà peu élevée. Celle du standard de 12 m passe ainsi en dessous de la barre des 9 t, ce qui se traduit par une nouvelle baisse sur la consommation de carburant, de l’ordre de 4 à 8 % !
    Par ailleurs, la nouvelle appétence que VDL manifeste, ces temps-ci, pour les réseaux urbains de France ne devrait bientôt plus être un secret pour personne ! « Effectivement, nous avons décidé de nous lancer, à notre tour, sur le marché français de l’électromobilité car, avec nos presque cinq millions de kilomètres déjà parcourus en Europe, nous sommes aujourd’hui rendus bien au-delà des simples projets pilotes », explique Wim Chatrou, directeur Marketing de VDL. Marion Raynal, directrice de VDL pour la France, confirme adapter actuellement l’organisation en conséquence.

    On se souvient encore que, dès 2011, Volvo avait fait le choix révolutionnaire de ne jamais développer, à la différence de ses concurrents, un autobus urbain diesel pour la norme Euro VI qui

    La dernière génération d’autobus 900 Electric conçue par Volvo pour l’opportunity charging.

    soit équipé d’une transmission classique de type hydrodynamique. Fort de l’expérience qu’il avait alors acquise avec la technologie « hybride-parallèle » grâce à son modèle 7700 H, le constructeur suédois de Göteborg s’était donc mis en tête de ne plus proposer, désormais, que des autobus recourant à une motorisation électrique. Bien lui en a pris, puisqu’à la mi-2017 il avait déjà vendu 485 véhicules 7900 H (hybrides), 267 véhicules 7900 H Artic (hybrides articulés), 112 véhicules 7900 Electric Hybrid (où le diesel n’intervient plus que pour accroître l’autonomie en mode pur électrique), et enfin 31 véhicules 7900 Electric (qui ne peuvent compter que sur leurs batteries pour se mouvoir).
    A Courtrai, Volvo présentait sa dernière génération d’autobus « zéro émission » de la famille 7900 Electric, conçue pour l’opportunity charging, mode que le constructeur défend bec et ongles depuis le début : « Mieux vaut remplir un autobus avec des voyageurs qu’avec des batteries ! » Mais il proposera aussi, bientôt, la charge lente, de nuit, au dépôt, sans doute conscient que les performances des batteries vont aller en s’améliorant et en raison des réticences à installer des stations de charge rapide sur la voie publique. Par ailleurs, au cours de l’année 2018, plusieurs unités d’une version articulée du 7900 Electric doivent être mises en exploitation probatoire, justement dans la ville de Göteborg qui continue de jouer le rôle, pour le constructeur, d’un véritable laboratoire de l’électromobilité.
    Enfin, Volvo s’intéresse à la conduite autonome ainsi qu’au développement d’équipements de sécurité active, qui représentent un moyen de rendre plus sûr encore ce mode. C’est ainsi qu’il propose un système de détection des cyclistes et des piétons, et qu’il travaille actuellement sur une première application de la conduite autonome au circuit de rentrée, dans les emprises des dépôts : ainsi les véhicules se déplaceraient-ils automatiquement d’une étape à l’autre (charge en carburant, passage à la machine à laver et nettoyage intérieur, remisage). Si la conduite autonome appliquée aux autobus évoluant en milieu urbain – a fortiori en site partagé – n’est sans doute pas pour demain, en revanche les automatismes remplaçant partiellement le conducteur ou l’empêchant de commettre une erreur ne devraient cesser de se développer. En combinaison avec l’électromobilité, ils parapheront cette ultime édition de Busworld à Courtrai.

    Philippe Hérissé

  • 1977. Giscard inaugure le Réseau express régional

    1977. Giscard inaugure le Réseau express régional

    Si de nombreux trains s’appelaient RER, il n’y avait que des branches. Avec l’inauguration le 8 décembre 1977 du tronçon Auber – Nation, qui croise à Châtelet, la ligne de Sceaux prolongée au-delà de Luxembourg, le Réseau est né !

     

    RER, inauguration, Valéry Giscard d’Estaing : un sigle, un nom commun, un nom propre et, avec un bon moteur de recherche, on arrive tout droit sur les émouvantes archives de l’INA. Ce 8 décembre 1977, le président de la République est aux commandes du train inaugural. Jacques Chirac, maire de Paris, prend place sur une banquette de deuxième classe où le rejoint le président. Christian Gérondeau, « Monsieur sécurité routière » et « père du RER » explique l’intérêt de la jonction. Michel Chevalet, le journaliste scientifique de TF1, est filmé, dit-il, à 30 mètres sous Paris, à Châtelet – Les Halles, « dans une station longue comme deux terrains de football » et il suffirait de percer un trou dans le mur orange derrière lui pour que la Seine soit de la partie.

    Châtelet-les-Halles car, ce jour-là, ce qu’on célèbre, c’est une double rencontre dans le ventre de Paris. Par l’ouverture du tronçon central, Auber – Nation, la branche ouest du RER A rejoint la branche est. Et par le prolongement depuis la gare du Luxembourg jusqu’à Châtelet, la ligne de Sceaux devient le RER B. Les spécialistes le savent, ce 8 décembre ne marque pas la naissance du RER. Cela fait des années que des trains portent cette appellation. Mais, grâce à cette rencontre en plein Paris le R initial des trois lettres RER – Réseau express régional – prend tout son sens. Il y avait des branches, le Réseau est né. La RATP et la SNCF, les « deux ­administrations rivales », comme dit Christian Gérondeau, collaborent enfin. Le métro et le train de banlieue ne font plus qu’un.

    Le train traverse Paris, et c’est un peu la fin d’une vieille querelle. Elle a opposé les compagnies ferroviaires à celles du métro. Les premières voulaient opérer leur jonction dans la capitale, les secondes préserver leur pré carré. La fin ? Pas tout à fait. Seuls des trains de banlieue passent sous la ville, les grandes lignes s’arrêtant toujours aux mêmes butoirs.

    Reste que, ce 8 décembre, une période nouvelle s’ouvre. En sommes-nous sortis ? Pas sûr. C’est alors le premier choc pétrolier, et Valéry Giscard d’Estaing trace une perspective qu’on ne renierait pas. Pour des questions de coût du pétrole et de pollution, l’avenir est dans les transports en commun. Il le dit de Paris, mais aussi de Lyon et de Marseille. Puisque tel est l’avenir, il faut le rendre habitable. Alors, le grand designer Roger Tallon donne au RER son allure, et notamment la belle cartographie qui le fait exister dans l’esprit de chacun. Tallon, comme il le fera ensuite avec le TGV, assume la modernité industrielle et la magnifie. Comme le font les immenses gares souterraines inaugurées auparavant aux deux terminus. Qu’elles soient dues à un disciple de Le Corbusier (André Wogensky, Auber, ouverte en 1971) ou à un architecte grand collectionneur d’Art brut (Alain Bourbonnais, Nation, ouverte en 1969).

    Et pourtant, l’anniversaire du RER, pour bien des banlieusards (comme on disait alors) ou bien des Franciliens (comme on ne dit jamais), c’est la célébration d’une galère. Avec le RER, on pensait avoir trouvé une solution aux besoins croissants… La solution a amplifié le problème. Depuis l’ouverture, les déplacements quotidiens n’ont fait qu’augmenter. De moins en moins pour des trajets domicile – travail, même si ce motif reste dimensionnant. On comptait alors 30 millions de déplacements par jour en Ile-de-France, le cap des 40 millions est aujourd’hui franchi. Les spécialistes se sont longtemps fondés sur une ­formule magique. C’est la constante de Zahavi, selon laquelle le budget-temps des déplacements ne change pas, les progrès techniques permettant d’habiter de plus en plus loin de son lieu de travail en passant le même nombre de minutes quotidiennes dans les transports. Pendant des années, jusqu’en 1976, le budget temps en Ile-de-France s’est établi à 75 minutes. Les grandes enquêtes qui suivent montrent une décorrélation. La durée moyenne est aujourd’hui de 92 minutes. Du fait de la vétusté du réseau, des lourds travaux en cours de remise à niveau, et dans l’attente des renforts du Grand Paris Express, on peut craindre qu’elle augmente au cours des prochaines années.

    Quarante ans ont passé. 1977 : la gare précède de deux ans le Forum des Halles. 2017 : l’ancien Forum est depuis peu remplacé par la Canopée. Sous terre, la RATP en a quasiment fini la remise à neuf de l’énorme pôle d’échange. On saura bientôt si elle a réussi à redonner de la clarté au dédale formé avec la jonction des RER, devenu plus complexe encore depuis l’arrivée de la ligne 14. Tâche presque surhumaine… Restait à en tirer les leçons. En concevant le réseau du Grand Paris, on a voulu éviter que Saint-Denis-Pleyel devienne un nouveau Châtelet-les-Halles. Et la gare de La Défense, va-t-elle bien supporter la vraie naissance du RER E, avec cette nouvelle jonction sous Paris, marquant l’arrêt sous le Cnit ? On ne peut célébrer ce quarantième anniversaire sans rappeler certaines divergences entre RATP et Ile-de-France Mobilités. Elle porte sur le nom de RER. La RATP y tient, la région est tentée par « train ». De fait, la dénomination par des lettres des lignes du Transilien va déjà dans le sens d’une inclusion des RER. Et les performances de ces derniers, moquées par les voyageurs (voir #40ansduRER), pourraient pousser à changer un sigle dont les connotations ne sont plus franchement positives. Il y a 40 ans, le président de la République, au moment de l’inauguration, s’est déjà penché sur la question. Les trois lettres RER, pour VGE, c’était un peu le nom de code d’un projet. Maintenant qu’il était mené à bien, il penchait pour un nouveau nom : le « métro d’Ile-de-France ». Une idée pour demain ?

    F. D.

  • Palmarès des mobilités 2017 – Pass Or, Argent, bronze, Grand prix des villes moyennes

    Palmarès des mobilités 2017 – Pass Or, Argent, bronze, Grand prix des villes moyennes

    Alors qu’un peu partout en France, s’organisent des ateliers et des rencontres dans le cadre des Assises de la mobilité lancées le 19 septembre par le Premier ministre, trois collectivités émergent dans notre palmarès 2017 : Rennes, Toulouse, Bordeaux. Trois métropoles exemplaires qui, chacune à leur manière, ont su faire progresser les transports publics, développer de nouveaux services et donner plus d’espace aux nouvelles mobilités.

    Souvent en tête de classements des villes où il fait bon vivre, la métropole de Rennes remporte notre pass d’or pour sa politique de croissance de l’offre et pour ses efforts à coller aux besoins des voyageurs. Le pass d’argent attribué à la métropole de Toulouse couronne les excellents résultats d’un réseau des transports en commun en plein développement. Enfin, la métropole de Bordeaux, qui se place pour la deuxième année consécutive à la troisième place du podium, est récompensée pour ses efforts en faveur des transports publics et pour les nouveaux aménagements qui ont permis aux habitants de se réapproprier la ville.
    C’est aussi le cas du Havre qui, depuis plusieurs années applique sans fléchir une politique fondée sur la complémentarité et l’accessibilité des transports. L’agglomération normande remporte le Grand prix des Villes moyennes.

    Rappelons que le classement de notre palmarès s’appuie sur les chiffres clés 2016 collectés auprès des grands réseaux français par l’UTP. Nos résultats se basent sur une quinzaine de critères dont disposait alors l’UTP au moment où nous avons préparé ce numéro. Ils portent notamment sur l’évolution de l’offre, du trafic, des voyages par kilomètre, des voyages par habitant, du taux de couverture et de la vitesse d’exploitation. Nous remercions chaleureusement l’UTP pour son aide et la mise à disposition de ces chiffres.

    Quant à nos pass thématiques, ils sont attribués par notre jury, qui s’est réuni le 20 octobre pour une matinée d’échanges et de votes.

    Notons une tendance, à l’œuvre dans de nombreux réseaux, et dont on ne peut que se féliciter : les politiques de promotion du vélo prennent de l’ampleur, même si on est loin, très loin encore de ce qui se fait dans les pays d’Europe du Nord, et tout particulièrement aux Pays-Bas, où Utrecht est en train de dépasser Amsterdam pour devenir la reine du vélo. C’est pourquoi nous lui avons décerné le Grand prix européen de la mobilité. Ne reste plus à espérer que, dans ce domaine aussi, la France accélère !

    Dossier réalisé par Marie-Hélène Poingt

  • Palmarès des mobilités 2017 – Les prix thématiques

    Palmarès des mobilités 2017 – Les prix thématiques

    Les prix thématiques du Palmarès des mobilités 2017 (suite du dossier).

  • Dix bonnes idées à méditer

    Dix bonnes idées à méditer

    Nous avons demandé à Thierry Happe, cofondateur de l’observatoire Netexplo (qui étudie l’impact du digital sur la société et les entreprises), et Bernard Cathelat, sociologue membre de l’équipe Netexplo, d’établir une liste de dix bonnes idées qui pourraient favoriser et faciliter la mobilité à l’avenir. D’où ce rapide tour du monde, passant par l’Asie, les Amériques, l’Afrique et l’Europe, qui permet d’établir des attentes communes des voyageurs et d’esquisser de nouveaux modèles pour demain.

    Kappo appli Chili
    © Kappo

    Chili. Pédaler pour redessiner la ville

    Grâce à une appli dénommée Kappo, dont l’interface est ludique, les cyclistes de Santiago du Chili peuvent contribuer à faire de leur ville une smart city. En pédalant, ils peuvent en effet enregistrer des données. Les trajets sont analysés et les données peuvent ensuite être partagées pour aider les collectivités à aménager des infrastructures cyclables et redessiner l’urbanisme de la ville.

     

     

    Hongkong. Aider volontairement les plus fragiles

    Une appli fédère de jeunes voyageurs volontaires bénévoles (helpers) qui informent et aident les personnes les plus fragiles dans les transports.

     

     

    Inde. Se géolocaliser au cas où…

    En Inde, une appli mobile baptisée Himmat permet, en cas d’agression ou de malaise, d’alerter la police, la famille et les amis qui sont les plus proches, grâce à la géolocalisation.

     

    Chine. Faire son bilan de santé

    A Pékin, une entreprise a équipé 200 bus de poignées connectées qui peuvent réaliser un bilan de santé en temps réel, en mesurant le rythme cardiaque, la pression artérielle, l’équilibre… et alerter en cas d’anomalies. Les données sont transférées au smartphone du voyageur (NFC) avec un renvoi vers un site commercial de recommandations diététiques et d’offres promotionnelles personnalisées.

    Grande-Bretagne. Connaître la qualité de l’air grâce aux pigeons voyageurs

    Un escadron de dix pigeons formés et équipés d’un sac à dos truffé de capteurs et pesant 25 g, survole Londres pour évaluer la qualité de l’air, publiée en ligne. Par le biais du compte Twitter @PigeonAir les Londoniens peuvent se renseigner sur la qualité de l’air de leur quartier.

    Be My Eyes appli Etats-Unis accessibilité
    © Be My Eyes

    Etats-Unis. Etre les yeux des autres

    Une application Be My Eyes permet aux non-voyants de photographier avec leur smartphone leur environnement. Ils peuvent l’envoyer à une communauté de volontaires afin que ces derniers leur décrivent ce qu’ils pourraient voir.

     

     

     

    Hongkong. Suivre ses enfants à la trace

    L’appli mobile de la carte de transport Octopus aide les enfants à prendre les transports publics seuls. Prochainement, ils pourront être géolocalisés, guidés et accompagnés jusqu’à l’école et pourront communiquer par visioconférence si nécessaire avec un parent.

     

    Grande-Bretagne. Privilégier les itinéraires « civiques »

    Une société spécialisée dans les passes (elle a développé Oystercard à Londres notamment) envisage d’aller plus loin encore avec une application d’itinéraires capable d’élaborer sur demande et en temps réel, l’itinéraire le plus civique (c’est-à-dire celui qui décongestionne le plus le trafic), en utilisant tous les transports d’une ville et en jouant sur la « tarification élastique » de ce réseau multimodal (le trajet est moins cher s’il est moins utilisé, selon les lois de l’offre/demande). Avec ce projet (Nextcity Project), le voyageur est incité à faire un choix dans l’intérêt collectif.

     

     

    Afrique du Sud. Prévenir son patron

    Cette appli, Email my boss, permet aux voyageurs, en cas de perturbation, de faire envoyer par le transporteur lui-même un message à l’entreprise, qui atteste d’un retard justifié du travailleur au lieu de laisser les passagers d’un train ou métro bloqué faire des photos pour les aider plus tard
    à prouver leur bonne foi.

     

     

    Japon. Suivre les papillons

    iButterfly
    © iButterfly

    Cette appli, iButterfly, vous guide en vous conseillant de suivre un papillon sur l’écran de votre téléphone : l’appli a d’abord été créée dans un but commercial pour générer du trafic dans les magasins d’une gare ou d’un aéroport. Mais elle pourrait être utilisée pour guider les voyageurs dans les grandes gares ou lors de leurs correspondances.
    En France, cette idée est également développée par Ixxi Techside (groupe RATP) avec son application baptisée E-ZyWay pour guider les voyageurs quand ils sortent des transports en commun et les aider à trouver un arrêt de bus, une borne de vélo en libre service ou une station de taxis. Mixant des itinéraires et des éléments de réalité augmentée, elle doit permettre aussi de mieux se repérer dans les gares.

  • Grand Paris. Quand est-ce qu’on boucle ?

    Grand Paris. Quand est-ce qu’on boucle ?

    L’Etat s’apprête à trancher sur les projets du Grand Paris, dont les coûts prévisionnels s’envolent. On attendait des décisions en novembre, puis en décembre, on évoque janvier. Les prolongements de la 14, en travaux, et la ligne 15 semblent sécurisés : un cercle, traversé par une verticale. Mais les rumeurs vont bon train sur les 16 (Macron l’a soutenue), 17 (le gouvernement l’a-t-il lâchée ?), la 18 (va-t-on trouver un consensus ?). On repousse ? On renonce ? On poursuit ? Sans s’aventurer à faire des pronostics, on peut observer certaines tendances et revoir, ligne par ligne, les hypothèses et les enjeux.

     

    Sur France Inter, le mardi 24 octobre, Elisabeth Borne a confirmé le projet de Grand Paris Express « pour les transports de demain ». Oui, mais demain, c’est quand ? La déclaration de la ministre ne l’a pas précisé. « Le schéma d’ensemble de ce réseau de 200 km de métro n’est pas remis en cause, les gares ne sont pas remises en cause, on est en train de réfléchir au calendrier de réalisation », a-t-elle déclaré. Schéma d’ensemble, qu’est-ce à dire ? Cela vise, si l’on peut dire, les grandes lignes du projet. Sa finalité, pas ses modalités. Le schéma d’ensemble du projet de Grand Paris a été approuvé par décret le 24 août 2011. Cela n’a pas empêché le projet de bouger. Dans sa consistance et son calendrier. Qui pourraient de nouveau changer.

    La ligne 16 a été confortée par Emmanuel Macron à Clichy-sous-Bois ; la 17 quasi lâchée par le soutien financier direct du gouvernement à CDG Express, la 18 reste en plein débat, la 11 se laisse oublier… A la veille de la décision, des maires, emmenés par Anne Hidalgo et Patrick Ollier, demandent au gouvernement de ne pas « revoir à la baisse » le Grand Paris Express tandis que l’urbaniste Pierre Merlin dénonce dans ce GPE l’erreur du siècle…

    Michel Cadot, préfet d’Ile-de-France a remis fin septembre des propositions au gouvernement qui n’ont pas été rendues publiques. Keolis lui a transmis sa version soft du Grand Paris. La RATP ne serait à notre connaissance pas choquée qu’en certains cas on redonne au projet des dimensions plus conformes aux estimations de trafic. Cela ne date pas d’aujourd’hui. La RATP avait mis au point, le 19 novembre 2012, des « propositions d’optimisation », dont la plus drastique permettait, « d’économiser près de dix milliards d’euros, tout en préservant les fonctionnalités du projet, et en garantissant la cohérence du réseau ». Peu de temps après, Pascal Auzannet – alors détaché de la RATP – remettait au gouvernement un rapport moins abrupt, qui a permis une économie de trois milliards d’euros. Et, sur la ligne 18, la RATP, encore, avec Bouygues et Siemens, avait du temps de Pierre Mongin fait une proposition de PPP pour un Val. Elle n’a pas été retenue. La SGP a préféré une solution qui reste conséquente : un métro au gabarit parisien.

    Une SGP qui défend mordicus le projet qu’elle a la charge de réaliser. Le contraire serait tout de même étonnant. Et puis, remarque Philippe Yvin, le président du directoire de la SGP, « l’optimisation a déjà eu lieu » : depuis le rapport Auzannet, on a des quais de 60 m au lieu de 120 m pour les lignes 16 et 17. L’option d’un allègement supplémentaire reste pourtant posée. Surtout pour la 18, objet de débats tendus. Cela dit, alors que l’échéance approchait, Philippe Yvin ne se disait sur l’ensemble du projet « pas trop inquiet ». Il est persuadé qu’Emmanuel Macron, qui connaît bien le dossier, est convaincu de ce que le Grand Paris Express peut apporter au pays.

    La région est quasiment sur la même longueur d’onde que la SGP. Ce n’est pas toujours le cas. Certes, Valérie Pécresse préfère mettre l’accent sur sa révolution des transports, les bus et les trains. Ce sur quoi elle a directement la main. Mais le Grand Paris Express, la présidente compte dessus. Car, glisse-t-on du côté d’Ile-de-France Mobilités, « tout un écosystème s’est construit autour du projet ». La refonte des réseaux de bus, par exemple, se fonde sur le futur métro, pour la desserte de ses gares. Plus encore, la croissance du trafic restant supérieure à celle de l’offre, l’Ile-de-France a besoin du nouveau métro. Stéphane Beaudet met en garde « les apprentis sorciers qui voudraient couper une branche du réseau » (voir aussi le compte-rendu du Club VR&T).

    Politiquement, de plus, c’est de la dynamite. Le 26 janvier 2011, après des années de bagarre, Maurice Leroy pour le gouvernement et Jean-Paul Huchon pour la région signaient un accord combinant métro nouveau et plan d’urgence de l’Ile-de-France. Les élus se sont approprié le schéma. On voit mal Emmanuel Macron après une relance en novembre de la politique de la ville à Clichy-sous-Bois, annoncer l’arrêt tout net des lignes 16 ou 17. De quoi rester le président des riches. Valérie Pécresse, élue des Yvelines et ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, a écrit en septembre au préfet d’Ile-de-France pour soutenir la ligne 18, toute la ligne 18. Partout les élus ont d’excellentes raisons de défendre leur ligne, leur gare… C’est un château de cartes, et si l’on retire une seule carte… Renoncer est très difficile. Reste à jouer sur le calendrier. Officiellement, personne ne veut de report.
    Le document élaboré par la région et par Ile-de-France Mobilités pour les Assises des Mobilités affirme : « Il convient que l’Etat garantisse le respect du calendrier de réalisation prévu en s’assurant de la maîtrise des coûts de ce projet majeur. » Christophe Najdovski, (voir son interview) nous dit : « Il faut que le Grand Paris Express soit au rendez-vous de 2024. » Patrick Ollier, président de la Métropole, peut accepter, dit-il à Challenges, « des retards jusqu’à un an ». Pas plus.

    Noble posture. Qui ne répond pas aux questions posées. Le financement d’un ensemble qui pourrait atteindre, compte tenu des aléas, 35 milliards d’euros. Et les difficultés sur le terrain. Certaines dates sont intenables. 2 022 pour la ligne 15 Sud ? Les couches d’argile vertes ont déjà reporté la livraison de 2020 à 2022. Depuis, le chantier vit sa vraie vie, plus lente qu’on ne le veut. A quelque chose malheur est bon, et deux accidents – inondation de Porte-de-Clichy sur le prolongement de la 14, ou incident d’Eole, porte Maillot — pourraient être utiles au gouvernement. En rappelant que les caprices des nappes phréatiques, les erreurs humaines, tout comme les couches d’argile, peuvent freiner les belles ambitions.

    F. D.

  • Bientôt des métros dans le monde entier

    Le monde entier s’y met. Ou presque. Face à l’urbanisation galopante, et donc à la congestion, à la pollution, le métro apparaît comme une des solutions les plus adaptées. Les pays développés optimisent leurs métros, mais font aussi l’effort de se doter de réseaux de nouvelle génération. Les nouvelles puissances, comme la Chine et maintenant l’Inde, équipent leurs villes. L’Afrique va-t-elle suivre ? La réponse à la question tient pour une grande part au financement.

     

    Le monde n’échappera pas à l’urbanisation. On s’attend à compter 65 % d’urbains dans le monde en 2050. Tokyo, Delhi, Shanghai, Mumbai et São Paulo sont aujourd’hui les cinq premières conurbations au monde. En 2030, le classement devrait être quasiment le même, Pékin s’étant simplement hissé à la cinquième place en détrônant São Paulo. Mais, à cette date, New York, aujourd’hui dixième, sera sortie du top ten. Dacca, Karachi, Lagos y auront fait leur entrée. Confortant la place de l’Asie, et montrant la puissance montante de l’Afrique. C’est ce dernier continent qui devrait enregistrer la plus forte croissance dans la période ; Dar es Saalam doublant sa population, Luanda la voyant croître de 81,8 %, Lagos de 77,4 %, Kinshasa, de 65,7 %. Tout ceci selon des chiffres de l’ONU opportunément repris dans une étude du cabinet Wavestone sur les métros automatiques.

    Parmi les cinq premières villes d’aujourd’hui et de demain, Tokyo (38 millions d’habitants) a sans doute le système de transport public le plus développé et le plus performant au monde. Le réseau de métro de Shanghai a déjà 548 km, celui de Pékin, 527 km, Delhi a créé en moins de 15 ans un réseau de près de 200 km, et Bombay, en retard, a tout de même ouvert sa première ligne il y a trois ans. Tout bouge très vite. En l’an 2000, les métropoles chinoises avaient un embryon de réseau, et celles d’Inde n’avaient rien (hormis Calcutta). Rien ? C’est le cas aujourd’hui des villes d’Afrique, à l’exception du Caire et d’Alger. Mais, à Lagos, le métro est en construction, et son ouverture est prévue en 2019. Avec des rames chinoises.

    Ailleurs, les métros ouvrent. Pas toujours là où le besoin est le plus criant. Là où les capacités de financement permettent de prévenir l’asphyxie avant qu’elle n’arrive. Zone symbole du pétrole, le Moyen-Orient a longtemps ignoré le transport public. Dubai y a ouvert la voie, en marquant un grand coup en 2009. D’autant plus notable qu’il s’agissait aussi, voire avant tout, d’en mettre plein la vue à ses voisins, stratégie de prestige que va conforter l’extension de la ligne pour l’Expo universelle. Riyad s’y met, le Qatar aussi. Dans les deux derniers cas, ce sont des réseaux de près de 200 km qui sont programmés (avec une grande partie de tram dans le second). Des réseaux avant tout conçus pour répondre à une demande croissante. 200 km. Autant qu’un Grand Paris Express. Ou, d’ailleurs, que le réseau de Paris existant. Comme le dit Pierre Verzat, le président du directoire de Systra, présent dans une bonne partie des réseaux du monde, le Grand Paris devient une unité de compte.

    Riyad, Doha, Dubai… ou Grand Paris Express. Autant de réseaux, autant de métros automatiques. Les métros que l’on construit ne le sont pas tous. Et tout dépend de ce qu’on entend par là (voir encadré sur les quatre stades d’automatisation page suivante). L’UITP a établi un panorama des métros entièrement automatiques (GoA 4, ou manless). L’organisme international en dénombre 55 lignes, dans 37 villes, totalisant 803 km, soit une augmentation de 14,2 % par rapport à 2014 (statistiques de juillet 2016). Projection de l’UITP : en 2025, il y aura plus de 2 300 km de lignes entièrement automatiques dans le monde. Les 37 villes mondiales disposant au moins d’une ligne entièrement automatique prennent une place croissante dans les 157 villes « à métro » du monde. En kilométrage, les lignes entièrement automatiques ne représentent encore que 6 % du total.

    Aujourd’hui, de tous les pays du monde, c’est la France qui a le plus grand nombre de kilomètres de métro automatique (16 % du total), devant la Corée (15 %). et Singapour (12 %). La France, c’est-à-dire Lille, Lyon, Paris, Rennes et Toulouse.
    Si l’on avait des doutes sur l’importance d’un marché intérieur pour le développement d’une filière, le métro automatique les dissiperait. Thales est leader mondial des CBTC, les systèmes de communication qui permettent le plein développement des automatismes. Il est suivi par Siemens, groupe certes allemand, mais avec une forte composante dans ce domaine du savoir-faire français venu de l’ancien Matra, l’inventeur du Val et le concepteur, pour la RATP des automatismes des lignes 14, 1, et maintenant 4 du métro parisien. Et l’on n’oubliera pas l’ancienne Compagnie des signaux, aujourd’hui Ansaldo STS (groupe Hitachi), dont le savoir-faire est encore largement français. Concernant toujours la filière française des automatismes, elle compte trois exploitants, dont deux revendiquent la place de leader mondial.

    En kilométrage, l’étude publiée cette année par le cabinet Wavestone (et qui veut devenir un palmarès annuel) donne la palme à Keolis qui exploite 104 km de lignes automatiques (GoA 3 et GoA 4) dans le monde, contre 26 à la RATP. La RATP fait valoir qu’elle transporte 6,5 millions de passagers par jour dans le monde sur ses lignes automatiques et semi-automatiques. La victoire assurée de RATP Dev à Riyad ne devrait pas modifier les places que chacun revendique. Ce qu’elle va marquer, c’est la place très forte des Français dans le club des exploitants. D’autant que Transdev, s’il n’a pas la prétention d’être en tête, n’est pas absent de la liste, si l’on tient compte des GoA 2 (comme à Mumbai ou sur la ligne 9 de Séoul, toutes deux exploitées avec RATP Dev).

    Des GoA 2, justement, qui ont une part importante dans le monde. Ne serait-ce qu’à Paris où les lignes équipées d’Octys relèvent de cette catégorie. Et, ailleurs, de nouveaux métros qui ouvrent, équipés de ces degrés d’automatisation qui n’ont rien de basique, et que l’on présente souvent comme des briques appartenant déjà à l’ensemble des automatismes complets. Ce stade GoA 2 mérite qu’on s’y attarde. Dans nombre de pays, on préfère avoir un conducteur ou une présence humaine à bord. En fait, beaucoup de réseaux sont quasi automatiques et ne le manifestent pas. C’est le cas, en Inde, des lignes qui ouvrent aujourd’hui, qu’elles soient en société d’économie mixte (Lucknow), exploitées par Keolis (Hyderabad à la fin du mois) ou par la JV RATP Dev Transdev (Mumbai). On le voit en Chine aussi.

    Les GoA 2 sont promis à un bel avenir pour une autre raison, puisqu’avec ces automatismes, une frontière entre métro (souvent automatique, mais avec un conducteur) et RER (avec un conducteur, mais pas automatique), est en train de s’estomper. Du moins dans les tronçons centraux. On le voit à Paris avec le RER A, comme on va le voir avec les RER D et E.

    L’adoption de ces dispositifs rentre dans le cadre de l’optimisation. Elle voit son couronnement avec les automatisations intégrales de lignes existantes, qu’a conduites la RATP sur la ligne 1 et qu’elle mène en ce moment sur la ligne 4. Mais il ne faudrait pas adopter sans nuance le discours ambiant ; aux pays émergents les systèmes neufs, aux pays matures l’optimisation. Londres vient de mener à bien une importante transformation de ses transports ferrés, qui repose en grande partie sur des lignes nouvelles (Crossrail, extension de DLR). Madrid, qui avait déjà un solide réseau, l’a complété d’un métro tout nouveau d’environ 90 km de plus dans les années 2000. Et Paris, si nous ne faisons pas erreur, s’est lancé dans un métro automatique et prolonge en ce moment l’un de ses RER…

    F. D.