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Archives : Dossiers

A quand les gares routières ?
L’explosion du trafic acheminé par les cars Macron rend de plus en plus criant le manque d’infrastructures pour accueillir les voyageurs. Pourtant, le système D pallie les insuffisances et peu à peu des règles sont en train de se mettre en place. Sous la houlette de l’Arafer, l’autorité de régulation du secteur.
Pas de banc, pas de toilettes, parfois même pas de panneaux qui indiquent qu’on se trouve dans une gare routière… Quand ils prennent un car pour se déplacer, les voyageurs n’ont pas toujours droit au strict minimum que devrait leur offrir toute gare digne de ce nom. Et cela alors même que le transport longue distance par autocar explose. En onze mois, les autocars Macron ont transporté 3,4 millions de personnes, selon le dernier bilan établi mi-septembre par l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer). De trimestre en trimestre, le trafic fait des bonds de 40 %, parfois presque de 50 %. « Le territoire est de plus en plus maillé : selon le dernier bilan de notre Observatoire portant sur l’activité du marché au deuxième trimestre 2016, le nombre de villes desservies par des autocars Macron a progressé de près de 30 %, soit près de 200 villes à fin juin 2016. Le marché est naissant mais l’offre se multiplie avec un millier de liaisons régulières selon notre dernier recensement, de sorte qu’il est difficile de dire si elle est limitée par l’absence de gares routières, à ce stade des connaissances sur ces infrastructures », commente Anne Yvrande-Billon, la vice-présidente de l’Arafer.
« Dans certains points d’arrêts, il n’y a même pas de totem servant de repère à nos clients, avec ne serait-ce qu’une fiche “horaires”, regrette en revanche Sonia Arhainx, directrice d’isilines. Cela signifie que ce qui est devenu indispensable dans les transports urbains et interurbains n’est pas considéré comme essentiel pour les cars Macron… »
Depuis quelques mois toutefois, on commence à y voir un – tout – petit peu plus clair dans la façon dont demain les gares routières pourraient être organisées. Une ordonnance du 29 janvier est d’abord venue moderniser le cadre juridique relatif aux gares routières et autres aménagements où s’arrêtent les autocars, qui étaient jusqu’alors régis par une ordonnance de 1945 et des dispositions de 1926 à 1977. A l’avenir, les régions devraient prendre la main et via des schémas régionaux remettre de la cohérence dans les équipements.
En attendant, l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières veille. L’ordonnance du 29 janvier a en effet défini des principes d’accès aux gares routières et confié à l’Arafer le soin de préciser et de contrôler le respect de ces règles, de gérer les différends entre transporteurs et exploitants de ces aménagements routiers, et de prononcer des sanctions en cas d’irrégularités. Et depuis mai dernier, l’Arafer tient un registre et publie une carte des gares routières. Fin août, 156 gares routières avaient ainsi été déclarées au registre. « Ces aménagements hors voirie recouvrent des réalités diverses : ils vont de la gare au parking, en passant par le simple abribus, précise Anne Yvrande-Billon. On a en outre identifié 50 à 60 gares hors voirie non déclarées. Sur ce total, une dizaine est utilisée par des cars Macron. Les autres par des transports collectifs conventionnés », ajoute-t-elle. L’Arafer a fixé une date limite pour les déclarer : jusqu’à la fin octobre.
D’autres gares existent aussi sur voirie mais elles ne sont pas soumises pour le moment à une déclaration auprès de l’Arafer. « Ces aménagements ne font pas l’objet d’un arrêté d’interdiction de desserte et/ou de stationnement, le gestionnaire de la voirie les réservant aux seuls transports collectifs. On estime qu’il y en a potentiellement entre 10 000 et 100 000. Nous nous occuperons de ces aménagements ultérieurement », poursuit Anne Yvrande-Billon.
Selon l’Arafer, au total, 235 points d’arrêt (dont 80 hors voirie) sont utilisés sur tout le territoire.
« A ce stade, nous cherchons à défricher le terrain, à connaître l’état du marché. Nous sommes aussi dans un travail de pédagogie. Nous comprenons toute la difficulté de partir de rien », explique la vice-présidente de l’Arafer. L’Arafer demande aussi aux exploitants de parkings d’établir des règles d’accès. « Nous sommes aussi en phase de collecte sur les règles d’accès. Il est donc intéressant de disposer une plate-forme où sont enregistrées toutes ces informations », poursuit-elle.
Parmi les exploitants de gares ferroviaires, on trouve SNCF Gares & Connexions qui souhaite exploiter 33 gares routières à proximité de ses gares ferroviaires (voir page 58). On trouve aussi des opérateurs de cars ou des exploitants de cars conventionnés.
« Fin 2016, l’Arafer devra identifier les gares routières exploitées par un opérateur qui exerce une “influence significative” sur un autre marché de transport. C’est ce que l’on appelle de la régulation asymétrique : nous pouvons imposer à cet opérateur influent des obligations d’accès particulières aux gares routières qu’il exploite », indique l’Arafer. L’autorité est désormais dans l’attente du décret d’application de l’ordonnance qui devrait définir plus précisément le niveau de services et d’installations.
Restera aussi à l’avenir à examiner la question des redevances. D’une façon ou d’une autre, les investissements réalisés dans les infrastructures seront refacturés aux opérateurs. La plupart d’entre eux ont déjà prévenu qu’ils ne pourraient pas acquitter de redevances trop coûteuses…
Pour de nombreux professionnels, mieux vaut commencer par utiliser l’existant avant d’investir. Il faudra aussi identifier les besoins réels de façon pragmatique « car il n’y aura pas de solution unique ». Pour Ingrid Mareschal, la secrétaire générale de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), « il ne faut pas commencer à construire des cathédrales car le marché est en plein développement, des lignes peuvent exister aujourd’hui et être supprimées demain. Il faut attendre que le secteur se stabilise ».
A terme, les gares routières trouveront leur place, soulignent les opérateurs. « Quand le marché sera arrivé à maturité comme en Espagne et en Grande-Bretagne, avec plus de 30 millions de passagers annuels, on pourra développer plus de services », estime Sonia Arhainx. Selon elle, ces gares peuvent devenir demain des pôles d’attractivité, des lieux de rendez-vous y compris pour les riverains.Marie-Hélène Poingt
avec Cécile Nangeroni
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La gare du Vert-de-Maisons a-t-elle tout d’une grande ?
Difficile équation pour la future gare de la ligne 15 Sud du Grand Paris Express qui va devoir accueillir des flux presque 15 fois plus importants qu’aujourd’hui tout en étant très contrainte par les lignes existantes et le manque d’espace alentour.
« Les lois de la physique ne sont pas solubles dans la rhétorique ou la communication politique ! » Cette réflexion désabusée d’un cadre de la SNCF résume assez bien la problématique de la future gare Le Vert-de-Maisons, l’une des 16 premières gares de la ligne 15 Sud du Grand Paris Express (GPE) à être construite : pousser les murs dans un environnement urbanisé très contraint pour ne pas dire exigu. Il lui faudra absorber un flux de voyageurs nettement plus important que les quelque 6 500 voyageurs entrants quotidiens actuels qui transitent par cette gare secondaire du Val-de-Marne, située sur la ligne D du RER. La Société du Grand Paris (SGP) y prévoit en effet à terme un trafic quotidien de l’ordre de 90 000 voyageurs… Des clients se trouvant naturellement parmi les 26 000 habitants dans un rayon d’un kilomètre autour de la gare de Vert-de-Maisons, qui est située à la limite des communes de Maisons-Alfort et d’Alfortville, mais pas seulement.
Il s’agit en effet d’une gare d’interconnexion avec la ligne D, une ligne SNCF du réseau Transilien, qui va jusqu’à Melun en Seine-et-Marne. C’est aussi une gare de passage non seulement pour tous les TGV et Intercités de la gare de Paris-Lyon – inutile de préciser que cela ajoute à la complexité de l’agrandissement prévu – ainsi que pour la ligne R en provenance de Montereau, des Seine-et-Marnais qui aimeraient aussi profiter du modernisme du GPE. Alors que les travaux de dévoiement des réseaux ont commencé début juin, nombreuses sont les parties prenantes au projet à se demander encore comment cette réalisation ambitieuse sera possible.
« Les projections actuelles prévoient des flux de correspondances de l’ordre de 10 000 personnes par heure de pointe, rappelle Pierre Messulam, directeur général adjoint de Transilien et Monsieur Grand Paris à la SNCF. Donc beaucoup beaucoup plus de monde que dans la gare actuelle. Le Vert-de-Maisons est à cet égard très emblématique de ce qui va se passer dans toutes les gares d’interconnexion du Grand Paris où la notion de pôle d’échanges prend tout son sens. »
En gros, deux types d’installations sont directement impactées par ces flux : les sorties pour se rendre dans les quartiers et les accès routiers pour les bus de rabattement. Et dans le cas présent, « il n’est pas simple de rapprocher une gare routière de la future gare en raison des contraintes de voirie et de bâti », remarque-t-il poliment. Actuellement, les usagers disposent de deux lignes de bus RATP, la 181 en provenance de Créteil, la 103 (côté Alfortville) qui arrive de Rungis, et toutes deux terminus à l’Ecole vétérinaire. « Déjà la 181 il faut aller la chercher sur la nationale à Maisons-Alfort à environ 400 mètres du RER », fait remarquer Marc Pélissier, président de la Fnaut Ile-de-France. Et « pour créer une gare routière, il faudrait raser une bonne partie du quartier ! » Du côté de l’ancienne gare, à l’ouverture de la ligne 15 Sud et de la gare du GPE, « on aura peu ou prou les mêmes installations qu’aujourd’hui », explique encore Pierre Messulam. Mais que s’est-il passé pour qu’on en arrive à un tel blocage ?
En janvier 2012, Pierre Serne, nouvellement chargé des Transports à la région Ile-de-France, se dit qu’il n’est peut-être pas trop tard pour rattraper le coup. Après tout, le chantier n’est pas lancé. D’autant que peu après, avec le Nouveau Grand Paris, la région et le Stif feront de l’intermodalité des gares du Grand Paris l’une des priorités du projet. « Dès le départ la SNCF a expliqué – dit et écrit – qu’il serait impossible d’assurer une correspondance digne de ce nom », se remémore l’élu qui s’était rendu sur les lieux pour constater de visu. « Il nous restait quelques mois pendant lesquels c’était encore récupérable… » L’élu de la majorité régionale d’alors prend donc son bâton de pèlerin pour porter politiquement cette question. Il comprend alors que le fonctionnement bilatéral de la SGP avec les collectivités locales concernées par les tracés est intangible. « Le Stif s’est trouvé de fait exclu de son rôle de supervision du complexe système de transport francilien », regrette encore l’élu EELV.
Or, les deux maires, le Socialiste Luc Carvounas à Alfortville et le Républicain, Michel Herbillon à Maisons-Alfort, une fois n’est pas coutume, se sont ligués pour tenir un seul discours en leitmotiv : contre vents et marées, il faudra garder deux gares à la jonction des communes. Comme elles sont distantes de seulement quelque 2 km, déplacer le Vert-de-Maisons faisait immédiatement perdre son intérêt à la gare de Maisons-Alfort-Alfortville plus au nord. Avec le risque de la voir disparaître à plus ou moins brève échéance. « Les élus craignaient que la création d’une gare intermédiaire engendre la disparition d’une des gares actuelles, voire des deux. Impensable pour une ville de 45 000 habitants déjà coincée entre la Seine et la voie ferrée », confirme Jean Mayet, maire adjoint, chargé des Transports à Alfortville. Quant à agrandir l’existant, cela aurait impliqué l’expropriation d’une vingtaine de jolis pavillons à Alfortville… Toujours est-il que Pierre Serne devra jeter l’éponge devant l’accueil glacial d’un parterre de maires et d’élus du conseil départemental du Val-de-Marne hostiles. « Pour eux, avec mon idée de revoir le projet à la marge, j’ouvrais la boîte de Pandore, alors que les choses étaient figées, gravées dans le marbre. J’ai même entendu un chantage au calendrier… » Il se contentera de faire entériner son mécontentement par un refus de vote au conseil du Stif lors de l’avis préalable à l’enquête publique de la ligne 15 Sud, qui restera « officiel » puisque noté au PV. Mais il lui reste aussi le goût amer du sentiment de n’avoir pu éviter « un énorme gâchis »…
Bien sûr au moment du choix, en 2010, la SNCF avait donné son avis, fait part de ses inquiétudes et suggéré que l’on déplaçât la gare de quelques centaines de mètres. Elle avait justement une halle de marchandises à cheval sur Maisons-Alfort et Alfortville qui pouvait être réutilisée et qui jouxtait un ancien terrain de ferrailleurs, donc du foncier utilisable. Il lui a plus ou moins été répondu que « qui paye décide ». Il faut donc faire avec ! La plus grosse contrainte résultant de la difficulté à écouler des flots importants de voyageurs par l’unique rampe d’escalier du quai, la première réponse évidente sera de faire stopper tous les trains de la ligne D dans la gare au lieu d’un sur quatre : il y en aura donc 16 au lieu de 4 par heure. « A ce stade, répartir le nombre de montées et descentes des passagers sur un plus grand nombre de trains qui s’arrêtent en gare permet une meilleure fluidité que d’imaginer un escalier plus large, un quai plus large, un nouveau passage souterrain, une nouvelle sortie… Toutes choses qui ne résoudraient que partiellement le sujet », commente Pierre Messulam. Et toutes choses par ailleurs, pas forcément techniquement réalisables dans cet espace trop contraint. « C’est un paradoxe, résume de son côté Marc Pélissier. Car pour d’autres arrêts GPE, qui auraient pu s’adapter à l’interconnexion du RER, on fait l’inverse : on construit d’énormes et coûteuses gares dont on aurait pu se passer – comme Bry-Villiers-Champigny – dans l’idée d’urbaniser le secteur… Et à Vert-de-Maisons, on réalise un truc au chausse-pied ! »
Quant aux trains de la ligne R, le problème reste à ce jour insoluble. « Et pourtant le deal final sur le tracé, signé avec l’appui de Vincent Eblé, représentant de la Seine-et-Marne au CA du Stif s’est fait à la condition expresse que toutes les lignes Transilien soient bien connectées avec le GPE quelle que soit la solution retenue », rappelle Pierre Serne. Ce sont des trains qui passent actuellement par des voies extérieures dotées de quais étroits, de dépannage et non accessibles aux voyageurs. « Actuellement, j’avoue que dans l’état actuel des installations, on ne sait pas assurer le service voyageur dans les conditions souhaitées », confie le DGA de Transilien. Et en particulier dans des conditions de sécurité normales, ce qui est évidemment plus qu’ennuyeux… « Au moment où l’on travaillait sur le projet de gare du GPE, il n’était pas du tout question d’interconnexion avec les Seine-et-Marnais, qui eux-mêmes pétitionnaient pour que les trains soient directs gare de Lyon afin de ne pas perdre 3 minutes ! » rappelle de son côté Jean Mayet. D’ailleurs, sous l’égide du Stif, il avait été formellement entériné qu’il n’y aurait pas de stop à Vert-de-Maisons pour les trains de la ligne R. Sauf que tout récemment, le conseil d’administration du Stif, qui compte naturellement, rappelons-le, des membres de la grande couronne francilienne, après lui avoir dans un premier temps dit qu’il était inutile de perdre son temps avec ça, a voté un vœu demandant précisément à la SNCF d’étudier la possibilité de les arrêter. « Nous allons lancer cette étude », confirme le responsable SNCF. Qui sait déjà que la complexité sera XXL, dans un secteur qui fait partie de ceux du réseau ferré qui voient passer le plus de trains à l’heure. Ne serait-ce qu’en raison de la présence de sauts-de-mouton au sud de la gare, dont la sortie de la LGV Paris-Lyon, ainsi que d’une palanquée d’aiguillages pour rejoindre Villeneuve-Saint-Georges qui contraignent sérieusement la pose de nouveaux aiguillages. Sans parler du franchissement de l’A86 et du carrefour Pompadour… « Il faut se poser la question du retournement des trains au Vert-de-Maisons », suggère l’élu d’Alfortville, dont l’inquiétude actuelle est que la montée en puissance progressive de 4 à 16 RER D à l’heure ne se fasse pas assez rapidement.
Fort heureusement, et paradoxalement par rapport aux habitudes ancestrales, ce sont peut-être plus les trains de contre-pointe qui pourraient voir leur trafic enfler : un habitant d’Arcueil ou de Clamart souhaitant se rendre à Evry par exemple transitera par cette gare reliée par souterrain à la nouvelle gare du GPE. La SNCF n’a pas fini de regretter que cette gare n’ait pas été déplacée de quelques centaines de mètres. Et les Franciliens ? Ils pourront toujours se consoler en sachant que, depuis la nouvelle gare, ils rejoindront Châtillon-Montrouge en 15 minutes au lieu d’une heure aujourd’hui…Cécile NANGERONI

Eurostar. Nouvelle rame, nouveaux services
Révolution silencieuse dans le transport transmanche : mis en service le 20 novembre dernier, le nouveau train à grande vitesse e320 construit par Siemens pour Eurostar assure désormais la majorité des relations entre Paris et Londres.
Si vous n’avez pas voyagé par Eurostar entre Paris et Londres ces derniers mois, il y a de fortes chances que vous ayez une surprise lors de votre prochain embarquement. Car la majorité des dessertes entre ces deux capitales est désormais assurée par le nouveau train e320. Un nom qui symbolise sa vitesse maximale, légèrement plus élevée que les 300 km/h des rames TMST (Trans Manche Super Train) de 1994 – des rames dérivées du TGV consstruites alors par par GEC Alsthom, ANF, BN, ACEC, Brush et De Dietrich. Et, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, le changement est total.
Autant que l’arrivée de ce tout nouveau type de train, c’est la rapidité de sa généralisation qui a été spectaculaire. Après une révision du calendrier, il est vrai : en 2010, lors de la signature de la commande passée à Siemens, Eurostar visait une mise en service en 2014. Une année dont le mois de novembre aura vu la présentation médiatisée d’une première rame à Londres. Mais il faudra attendre une année de plus avant la discrète arrivée du premier train régulier à Paris, le 20 novembre dernier. C’est ensuite que le changement s’est accéléré : désormais, sur Paris – Londres, quatre trains sur cinq sont des e320. Et de dix rames initialement, le contrat avec Siemens a été porté en 2014 à 17 unités.
Dans le monde des trains à grande vitesse, le service transmanche Eurostar occupe une place à part : en gare avec les contrôles préalables et des espaces dédiés, à bord avec un personnel libéré des tâches de contrôle des billets et sous la Manche avec une vingtaine de minutes en tunnel. Par ces côtés, on n’est pas loin d’un service de type aérien, en plus souple toutefois (par exemple, dans les aéroports britanniques, un contrôle d’identité est pratiqué à l’arrivée, ce qui n’est pas le cas à la gare londonienne de Saint-Pancras). Ceci oblige à maintenir une qualité de service comparable à celle de l’aérien. « L’image d’Eurostar est belle et il faut répondre aux exigences de la clientèle », résume Philippe Dabancourt, directeur des Services ferroviaires (director of Train Services) d’Eurostar. Basé à la control room de Lille, il suit en direct le bon déroulé des circulations entre Londres et Bruxelles ou Paris, voire plus loin sur le continent. Des circulations sur lesquelles la fréquentation se maintient depuis 2014 à plus de dix millions de voyageurs transmanche annuels (c’est-à-dire sans compter les voyageurs fréquents « intra-Schengen » entre Bruxelles et Lille). « Le but est de continuer d’augmenter », ajoute Philippe Dabancourt et le nouveau train e320, qui offre davantage de places que les rames TMST, « est un modèle d’expansion ». Cet été, neuf des dix rames e320 sont en service entre Paris et Londres, la dixième effectuant depuis ce printemps des essais aux Pays-Bas. Les sept rames restantes sont attendues pour fin 2017, échéance à laquelle doit ouvrir la liaison entre Londres, Bruxelles et Amsterdam, avec arrêt à l’aéroport de Schiphol entre autres.
De nouveaux trains plus capacitifs, avec près de 900 places assises au lieu de 750, ce sont davantage de voyageurs à gérer lors de chaque embarquement. Au point que la demi-heure d’avance demandée à l’enregistrement se révèle parfois très « juste » pour garantir que tous soient installés dans le train à l’heure prévue pour le départ ! « La fréquentation que l’on constatait les jours de pointe, dans les 39 000 – 40 000 clients par jour, est maintenant devenue la norme et est bien gérée », rassure Philippe Dabancourt : « Maintenant, un jour de pointe, c’est jusqu’à 42 000 – 43 000 clients. » C’est pourquoi « un programme a débuté pour la rénovation des terminaux, avec Gares & Connexions et Network Rail [le gestionnaire d’infrastructures britannique], afin d’améliorer la gestion des flux et d’augmenter la capacité de ces terminaux ».
Sur les voies 3 à 6 de la gare de Paris-Nord comme sous la verrière de Saint-Pancras, le nouveau train a pris ses marques. Du moins au sens figuré. Car au sens propre, sur les quais, les marques signalant aux voyageurs les accès aux 18 voitures des rames TMST ne correspondent évidemment pas aux portes des 16 voitures que comptent les rames e320. « Nous nous sommes posé la question des marquages au sol, mais nous avions surestimé le problème : il y a déjà des affichages bien lisibles aux entrées des différentes voitures », répond Philippe Dabancourt. Autre détail concernant les accès : en bout de quai à la Gare du Nord, « pour le confort client », les voyageurs ayant une place réservée en voiture 1 doivent monter… en voiture 2, dotée de deux portes. Il est vrai qu’avec les TMST, les voyageurs n’avaient pas besoin d’aller en bout de quai, la première voiture accessible se trouvant derrière une motrice occupant les 23 premiers mètres ! D’ailleurs, la plus grande longueur des rames e320 (398,9 m contre 393,7 m pour les TMST) a entraîné des modifications dans la gare parisienne, tel l’ajout de miroirs en bout de voie « pour que les conducteurs s’arrêtent au plus près du heurtoir » ou la nouvelle position des signaux de sortie en voie 3.
Des modifications ont également été nécessaires au technicentre de Temple Mills International, côté britannique, ainsi qu’aux autres sites concernés par l’arrivée de ces rames de composition totalement différente (16 voitures sur deux bogies chacune au lieu de deux demi-rames articulées type TGV). Y compris aux portes de Paris : « avec les nouvelles rames, le site du Landy va monter en puissance », annonce Philippe Dabancourt.
Parallèlement aux modifications sur les installations, les rames elles-mêmes étaient livrées par l’usine Siemens de Krefeld. « En ferroviaire, aucune mise en service n’est un long fleuve tranquille », rappelle le directeur des Services ferroviaires d’Eurostar. Immanquablement, des incidents se sont produits durant les premiers mois de service des e320, entraînant des retards, voire des remplacements par des rames TMST. « Mais ce sont des rames bien nées. On passe d’une conception encore très électrotechnique à de l’informatique. Les équipages s’y sont rapidement habitués et les conducteurs préfèrent maintenant les e320. Les chefs de bord sont à l’aise. Et comme il y a beaucoup de redondances, la fiabilité est bonne. On est dans le système industriel. »
Surtout, le changement a été exceptionnellement rapide : « Le centre de gravité a basculé fin janvier », estime Philippe Dabancourt. Pour cela, « nous avons calé l’offre : nous n’avions pas les dix rames livrées en novembre, alors que nous avions encore besoin de rames pour assurer la formation des conducteurs et des dépôts de maintenance ». C’est sur cette formation qu’Eurostar « a beaucoup misé depuis 2015 », tout en prenant garde à « ne pas former trop tôt le personnel » ! Par exemple, « la formation des conducteurs n’a commencé qu’en septembre 2015, afin qu’ils n’oublient pas tout pendant les vacances ! » Maintenant, tous les personnels – sauf belges – sont aptes aux deux types de rames. Toutefois, les roulements des rames et des agents « restent variés pour ne pas perdre la compétence ». D’autant plus que si le parc de rames TMST est appelé à être réduit, il ne va pas disparaître pour autant : dix de ces rames mises en service en 1994 et déjà modernisées au milieu de la décennie précédente commencent à entamer une deuxième vie (voir encadré p. 72) sous l’appellation e300.Patrick Laval

Stationnement. Les stratégies payantes
L’arrivée de start-up aux méthodes nouvelles est en train de bouleverser le marché
du stationnement. De leurs côtés, les collectivités qui veulent revoir la place de la voiture
en ville réduisent les places en voirie. Tout cela pousse les exploitants de parkings à repenser leurs modèles.Le marché du stationnement est soumis à un double mouvement inverse. D’un côté, les villes, qui souhaitent reconquérir leur centre et faciliter l’arrivée de nouvelles solutions de mobilité, ont tendance à supprimer des places en voirie. C’est le cas tout particulièrement de Paris, où le nombre de places de parking est passé de 235 000 en 2001 à 142 000 en 2014. Ou encore de Toulouse, dont le plan de déplacements prévoit progressivement la suppression de plus de 3 500 places en surface.
De l’autre côté, de multiples start-up émergent sur le marché, proposant aux propriétaires de parkings de partager leurs places lorsqu’ils n’en ont pas l’utilité avec d’autres automobilistes. Ce qui conduit à réalimenter le système.
Face à ces nouvelles venues, les acteurs traditionnels que sont tout particulièrement Indigo (ex-Vinci Park) et Effia réagissent depuis plusieurs années. Affichant un intérêt accru pour les parkings partagés, ils se définissent comme des acteurs à part entière de la mobilité. En ce début d’année, Effia, filiale de Keolis, a annoncé un partenariat avec OnePark, spécialiste de la réservation en ligne de parkings, tandis qu’Indigo nouait des accords avec des propriétaires immobiliers pour partager des places de parkings, rachetait les activités d’un loueur de véhicules électriques (Wattmobile) et lançait sa propre plate-forme de services en ligne. « Dans un parking, on ne doit plus uniquement offrir du stationnement », expliquait en début d’année Serge Clémente, le PDG d’Indigo, qui estime que les nouveaux services qu’offriront de plus en plus à l’avenir les exploitants de parkings (location de vélos ou de voitures électriques, nettoyage du véhicule pendant son stationnement…) contribueront aussi à rationaliser les déplacements dans les centres-villes et à lutter contre les embouteillages.
Pour Sébastien Fraisse, le directeur France d’Indigo, « l’évolution du secteur est inéluctable. Et elle n’en est qu’à ses débuts ». Selon d’autres, l’offre est encore sous-dimensionnée par rapport à la demande. « Le modèle de parking public tel qu’il existe aujourd’hui est le plus mauvais qui soit, juge William Rosenfeld, le PDG et cofondateur de Zenpark, opérateur de parking partagé. Notamment parce que l’utilisateur n’est pas placé au centre des préoccupations quand les collectivités définissent leurs tarifs. Il faut choisir l’une de ces deux solutions : soit une offre simplissime et unifiée, un peu comme Free l’a fait dans la téléphonie ; soit du yield management. Les opérateurs traditionnels sont au milieu avec des tarifs “yieldés” vers le haut et pas du tout uniformes… » Zenpark, qui a expérimenté en décembre 2015, un tarif unifié dans tous ses parkings, à un euro l’heure et neuf euros la journée, a vu sa croissance passer de 15 à 40 %, permettant, malgré ces bas prix « un très net rattrapage du chiffre d’affaires ». Et si le patron ne sait pas dire laquelle de ces deux options est préférable, il est certain d’une chose : à terme l’une ou l’autre sera privilégiée.
Autre évolution « naturelle » selon lui : le parking mutualisé. C’est ainsi que dans le cadre de Smarseille, l’écoquartier de Marseille, un vaste chantier qui sort de terre sous le pilotage d’Eiffage dans les quartiers nord de la cité phocéenne, Zenpark a été choisi pour gérer l’un des premiers parcs de stationnement mutualisés, qui devrait être 100 % opérationnel en septembre 2017. Comme tout le reste du projet, le parking offrira un concentré de technologies (lecture automatique des plaques, capteurs, conciergerie…). « Le service proposé, c’est l’assurance de toujours trouver une place pour se garer, raconte le patron de Zenpark. Avec son appartement, on achète un droit de jouissance et non pas un emplacement de stationnement. »
A l’en croire, le système aurait le vent en poupe : « Nous sommes impliqués dans 76 projets de smart city autour du parking mutualisé, continue William Rosenfeld. A Toulouse, Montpellier, en région parisienne, à Strasbourg, Lille ou Nantes… Globalement, ce sont 30 % des consultations de promotion immobilière qui prévoient des places de stationnement mutualisées. » Des implantations futures qui pourront venir compléter le réseau actuel de parkings partagés.
L’avenir, c’est aussi l’information prédictive sur les places de stationnement à l’arrivée. Le service « Path to Park » lancé en 2015 par Parkeon (grâce aux horodateurs connectés des places sur voirie) en est une illustration. Omniprésent, Google serait dans les starting-blocks, sans communiquer, comme à son habitude. « Sur la dernière version de Google Maps, on décèle de façon claire plusieurs lignes de code qui définissent une information de probabilité de trouver une place de stationnement dans une zone », fait remarquer le patron de la jeune pousse.
L’avenir, ce sera enfin et bien sûr, les services dédiés aux véhicules spécifiques (électriques, autonomes…) et les espaces de logistique urbaine. Car ces espaces en souterrain pourraient accueillir une multitude de services, et pas seulement de la réparation mécanique ! Surtout au prix du foncier dans les grandes villes, les espaces souterrains devront être rentabilisés…
Cécile Nangeroni et
Marie-Hélène Poingt<

Ces réseaux qui ont fait le choix du gaz
Si les bus électriques suscitent l’intérêt des collectivités et les convoitises des constructeurs, les bus roulant au gaz font moins parler d’eux. Pourtant ils progressent au sein des réseaux, ainsi que dans les intentions d’achat des élus convaincus par leurs performances économiques et écologiques.
Bus électrique ou bus au gaz ? On ne peut pas vraiment encore parler de match, l’un n’existe pas – encore – vraiment, quand l’autre cumule les kilomètres depuis sa première apparition en France à la fin des années 90. Mais les bus au gaz semblent marquer des points auprès des réseaux utilisateurs qui louent leurs performances économiques et écologiques. Ce qui incite d’autres réseaux à leur emboîter le pas.
Ainsi, le Grand Poitiers, l’un des précurseurs dans le GNV, qui était revenu aux bus diesel après avoir été échaudé par des problèmes techniques rencontrés avec des bus au gaz, a décidé au début de l’année de renouer avec ce carburant. « Ce ne sont pas des choix que l’on fait tout seul dans son coin. C’est l’orientation qui est suivie par d’autres grandes collectivités, la région Ile-de-France, l’agglo de Nantes, etc. », avait alors expliqué en avril, au quotidien Centre Presse, Anne Gérard, l’élue chargée des Transports au Grand Poitiers. « Ça nous conforte dans notre choix parce que c’est celui de la transition énergétique. Et désormais, on a l’assurance que la technologie est de plus en plus fiable. »
Au 1er janvier 2015, 11 % du parc français circulait ainsi au GNV, ce qui représente 2 381 véhicules (et 30 réseaux), les plus grosses flottes se situant à Lille, Bordeaux, Nantes et Toulouse. Et dans leur enquête réalisée auprès des collectivités locales, le Gart et Agir ont montré que si 60 % des collectivités locales qui se sont manifestées souhaiteraient à l’avenir faire passer leur flotte à l’électricité, 30 % opteraient pour le gaz.
Il est vrai qu’avec la nouvelle loi sur la transition énergétique, les élus vont avoir de moins en moins le choix. Le législateur impose que 50 % des achats de bus devront être constitués de véhicules à faibles émissions en 2020, puis 100 % en 2025 pour les flottes comptant plus de 20 véhicules de transport public. Un décret reste à écrire pour préciser ce que le législateur entend par « véhicules à faibles émissions ». Si l’on en croit une étude présentée en juin par la CATP, la centrale d’achat de transport public d’Agir, l’utilisation du gaz permet une forte diminution des rejets d’oxyde d’azote et de particules.
De même si le coût d’achat d’un bus au gaz est plus élevé (il serait de 10 % comparé à un diesel Euro VI), ses coûts d’exploitation sont bien inférieurs (-36 %).
Dans ce domaine, il bat à plate couture – pour le moment – son concurrent, le bus électrique qui affiche un surcoût d’au moins 105 % sur une durée de vie de 12 ans…
Marie-Hélène Poingt&n

Contournement Nîmes – Montpellier Les contraintes d’une ligne mixte
Octobre 2016, c’est l’objectif de fin de la pose des voies sur les 60 km de ligne en construction entre Manduel, à l’est de Nîmes, et Lattes, à l’ouest de Montpellier. Une LGV « mixte » sur laquelle à partir d’octobre 2017 les TGV qui circuleront à 220 km/h côtoieront des trains de fret roulant à 100 km/h.
Au linéaire proprement dit des 60 km du contournement ferroviaire de Nîmes -Montpellier en construction, communément appelé CNM, s’ajoutent 20 km de raccordements au réseau existant : 10 km de liaisons sur la rive droite du Rhône et 10 km vers Jonquières, Lattes et Manduel. Cette ligne constitue d’un côté le prolongement naturel de la LGV Méditerranée et de l’autre un maillon du futur axe à grande vitesse en projet entre Montpellier et Perpignan. Elle offrira des gains de temps d’une vingtaine de minutes, Montpellier se trouvant alors à 3 heures de Paris. Elle libérera au profit des TER des sillons sur l’axe classique aujourd’hui proche de la saturation avec quelque 230 trains au quotidien. Enfin, un report du fret de la route vers le rail est espéré, avec une estimation de 10 millions de tonnes par an, soit l’équivalent de 3 000 poids lourds en moins chaque jour sur l’autoroute.
L’infrastructure est désormais bien ancrée dans les paysages du sud de la France. Essentiellement en remblai cumulant plus de 9 millions de m3 de matériaux, elle a d’emblée été étudiée et construite relativement à plat dans la plaine pour limiter les déclivités vis-à-vis des trains de fret.
Cette future cohabitation TGV/convois de marchandises a aussi dicté un entraxe entre voies atteignant 4,80 m, soit 30 cm de plus que d’ordinaire. Et, fait inhabituel sur une LGV, des signaux de block automatique lumineux (BAL) sont implantés le long de la voie, complétés d’un contrôle de vitesse des trains par balises (KVB).
A cette signalisation de ligne classique se superpose le système d’interopérabilité European Train Control System (ETCS1) qui consiste à remonter au conducteur en cabine les informations transmises par Eurobalises. La ligne se caractérise par une forte densité d’ouvrages, tous dimensionnés pour supporter les trains lourds de fret. Ils sont au nombre de 176 dits « courants », dont six de franchissements de voies ferrées, soit quasiment un tous les 450 m. Presque le double comparé à ceux de la ligne Sud Europe Atlantique (SEA) en construction entre Tours et Bordeaux et pas loin du triple sur Bretagne – Pays de la Loire (BPL) entre Le Mans et Rennes. Par exemple, les canaux d’irrigation Bas-Rhône -Languedoc amenant l’eau du Rhône vers le sud du département du Gard et l’est de l’Hérault croisent la ligne pas moins de 200 fois ! On compte aussi une tranchée de 1 217 m à Manduel qui sert de raccordement pour que les trains de fret puissent passer de la ligne nouvelle au réseau classique ou inversement. Enfin onze grands viaducs, des ouvrages d’art « non courants », comportent des structures très différentes tel ce pont à poutres latérales sur l’A54, un pont de la famille Warren sur le Vidourle, ou encore ce bowstring biais sur le Lez et la Lironde. Des viaducs principaux encadrés d’ouvrages dits de « décharges » ou de longues estacades dont le dimensionnement a été calculé pour assurer une transparence hydraulique totale dans les plaines inondables. Des précautions prises dès l’origine et indispensables pour les 31 communes traversées de façon à ce que l’infrastructure ferroviaire ne constitue pas une barrière artificielle lors des violentes crues dues aux épisodes cévenols qui se caractérisent par de très fortes pluies sur de courtes périodes.
Les ouvrages ont été dessinés par l’architecte Alain Spielmann qui a souhaité « donner une ligne à la ligne » pour qu’elle soit reconnaissable d’une extrémité à l’autre, tout en affirmant malgré tout une identité propre aux sites traversés. Ainsi, les parapets des ouvrages du Gard arborent-ils un jaune clair vif pour évoquer la couleur de la terre, ceux de l’Hérault un bleu rappelant les dominantes du ciel et de la mer. Pour sa part, l’agglomération de Montpellier a retenu le blanc pour sa traversée. A signaler qu’aucun ouvrage n’atteint une portée supérieure à 90 m, ce qui a dispensé la pose d’appareils de dilatation en voie dont la tenue et la maintenance s’avèrent toujours délicates.Michel Barberon

Ile-de-France. Travaux d’été et communication commune RATP-SNCF
Pour le deuxième été consécutif, la section centrale du RER A est coupée pour travaux et, comme tous les ans, il en est de même pour la traversée parisienne du RER C. Cette fois, RATP et SNCF, qui exploitent ces deux lignes, vont plus loin dans la mise en commun de leur communication vis-à-vis des usagers.
C’est un mal nécessaire, inséparable du retour de l’été en Île-de-France. « Nous avons bien conscience que nous allons perturber la vie des Parisiens et des touristes », a reconnu Didier Bense, directeur général SNCF Réseau Île-de-France, lors de la conférence de presse commune RATP-SNCF sur les travaux d’été. Ce mal nécessaire, ce sont les travaux sur les réseaux ferrés RATP et SNCF, avec leurs interruptions de service pouvant aller jusqu’à plusieurs semaines. Or « 30 % des irrégularités en Île-de-France sont dues à l’état vieillissant du réseau », a rappelé Alain Krakovitch, directeur général Transilien SNCF. L’Île-de-France est une priorité pour SNCF Réseau, qui consacre à cette région 1,3 milliard d’euros sur les 4,9 milliards d’euros investis en 2016 pour moderniser son infrastructure au niveau national, montant auquel s’ajoutent 400 millions d’euros au titre de l’entretien. Parallèlement, la RATP investit 1,6 milliard d’euros cette année pour la modernisation et l’entretien de son réseau, dont 590 millions d’euros « pour garantir une sécurité, une fiabilité et une disponibilité optimales des infrastructures ». En accord avec le Stif, les deux entreprises réalisent une majeure partie des travaux d’envergure en plein été, profitant de la baisse de fréquentation, de l’ordre de 30 %, statistiquement constatée sur les transports publics franciliens entre le 14 juillet et le 25 août environ.
« La planification des travaux se fait sur les cinq années à venir, de façon que ces travaux ne tombent pas tous en même temps », précise Philippe Martin, directeur général adjoint en charge des opérations de transport et de maintenance à la RATP. C’est ainsi que, comme chaque année, des interventions plus ou moins limitées dans le temps et l’espace s’ajoutent aux travaux déjà entamés les mois précédents, ainsi qu’aux opérations estivales récurrentes sur la traversée parisienne du RER C – Castor, pour les intimes – et, pour la deuxième fois, sur la section centrale du RER A. Cette année, RATP et SNCF ont présenté ensemble leur programme de travaux et leurs solutions de substitution (financées pour près de 6 millions d’euros par le Stif) et moyens d’information établis conjointement. Les agents des deux entreprises sont une fois de plus mobilisés pour informer les voyageurs, en particulier touristes et occasionnels en cette saison.
Ces fermetures ont enfin donné l’occasion à la start-up Padam Daily, dont les minibus partagés sont dédiés aux trajets domicile – travail, de proposer de nouvelles zones de départ et d’arrivée à partir du 25 juillet. Un concurrent pour le service iDvroom de la SNCF, qui propose déjà une offre spéciale aux abonnés Navigo pendant les travaux ?
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