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Equipementiers & services – Qommute vise le marché européen de l’information voyageurs

Leader en France dans le secteur de l’information à destination des voyageurs, Qommute s’attaque au marché européen. L’entreprise marseillaise vient de lever 2,4 millions d’euros pour atteindre son objectif d’ici les quatre prochaines années.
De la qualité des informations dépend la perception de l’expérience voyageurs. Longtemps négligée par les opérateurs de transport public, l’information s’est invitée à bord. Les transporteurs et les autorités organisatrices de mobilité doivent répondre à la demande grandissante des usagers qui attendent une information en temps réel et précise sur les conditions de déplacement. Mais ces données ne sont pas simples à obtenir, ni à diffuser, explique Cyril Labi, président de Qommute. Il faut comprendre les attentes des voyageurs, définir la façon de s’adresser à eux, et maîtriser les chaînes de communication. Autrement dit, utiliser un langage simple et précis (distinguer une gare d’une station, par exemple), diffuser les messages sur le plus grand nombre de supports, à l’aide de tous les moyens de communication. Toutes les cibles potentielles doivent être atteintes, du réseau social au panneau d’affichage sur le quai, en passant par le texto basique pour ceux qui n’ont pas de smartphone. Un service devenu essentiel mais les exploitants de réseaux de transport qui ne disposent pas en temps réel des outils collaboratifs ne peuvent pas le proposer aux usagers.

C’est là qu’intervient Qommute, spécialiste de l’exploitation des données. Fondée en 2012 à Marseille, l’éditeur de solutions d’informations voyageurs récupère les données des systèmes d’exploitation des réseaux, et les traduit en informations claires pour le voyageur. Avec un impératif : le temps réel. « On réalise avec nos clients des scénarios type d’informations. Selon les circonstances, les messages sont prérédigés et les cibles de diffusion définies à l’avance, détaille Cyril Labi. L’exploitant de transport garde tout de même la main pour intervenir au besoin, en cas d’évolution d’une situation, ou pour apporter des informations complémentaires. Les chargés d’informations ne rédigent plus de simples messages, ils mettent en œuvre des stratégies de communication », relate-t-il. Pour atteindre la cible la plus large possible, Qommute s’appuie également sur les habitudes des voyageurs. Des abonnés d’une ligne TER pourront ainsi être prévenus en cas de perturbations sur d’autres lignes que celles qu’ils utilisent au quotidien.
Et anticiper les correspondances qu’ils pourraient réaliser. Ses clients étant pour la plupart constitués en réseaux multimodaux, avec des voyageurs qui passent facilement d’un mode à l’autre. Comme le Syndicat des transports des territoires lyonnais, la Régie des transports marseillais, la Compagnie des transports de Strasbourg, la RATP et sa filiale Cap Ile-de-France, la SNCF, les réseaux de Rouen, Grenoble, la Régie des lignes Azur de Nice, ou encore Keolis Dijon, et Transdev. « Le produit est le même pour tous nos clients, et il s’adapte au contexte », indique le dirigeant. →
Club des utilisateurs
Un club des utilisateurs se réunit tous les deux mois pour partager les évolutions et les expériences de chacun, et faire évoluer l’outil. C’est sur cette base qu’a été défini le modèle économique de Qommute. Les opérateurs souscrivent une licence annuelle qui s’ajoute au coût initial d’un « setup ». Au sein de ce service, le client dispose de fonctionnalités qu’il peut ou non activer en fonction de ses besoins : traduction multilingue, sonorisation « TextToSpeech » (pour de l’information conjoncturelle), propositions de solutions alternatives, enquête de satisfaction pour une reprise de contact personnalisée, ou encore des outils sur le suivi de qualité. L’idée étant de répondre au mieux aux attentes des opérateurs, du petit réseau d’une agglomération moyenne, à celui d’une métropole regroupant plusieurs dizaines de communes. « Pour conserver sa place de leader sur le marché français, nous perfectionnons notre outil en permanence » ajoute Cyril Labi. L’intelligence artificielle apporte de nouvelles possibilités. « On travaille avec l’IA pour réduire les temps de création de nouveaux scénarios. On cherche également à améliorer la qualité de l’information voyageurs, sa production, les médias de diffusion… L’IA permet d’apporter une plus-value pour les opérateurs, en améliorant la gestion multi-réseaux ». Le président de Qommute insiste sur cette notion de réseau. « L’important est d’apparaître comme une seule entité, et cela, même si les opérateurs sont différents ». Dans le cas de la métropole lyonnaise (dont l’exploitation est partagée entre plusieurs opérateurs agissant pour le compte du Sytral), le voyageur doit avoir la perception d’un réseau unique, à travers l’information qu’il reçoit. Un impératif essentiel à mesure que se multiplient les appels d’offres et les mises en concurrence.
Grosse prise en France et stratégie européenne
Qommute cherche aujourd’hui des voies à l’international, et plus particulièrement sur le marché européen. L’entreprise a levé 2,4 millions d’euros et s’est donné trois objectifs : « Conserver la position de leader de l’information sur le B to B, devenir le « standard » dans les échanges de données en temps réel. Et enfin, devenir le leader de l’information conjoncturelle en Europe d’ici aux quatre prochaine années », détaille Cyril Labi. Pour cette ouverture sur le marché européen, le Marseillais compte s’appuyer sur des partenariats avec des acteurs locaux, et gommer ainsi les barrières culturelles. En attendant l’aventure internationale, l’entreprise devrait annoncer prochainement une grosse prise en France.
Philippe-Enrico Attal