Retour sur les RNTP. Un salon sous le signe de la reprise

RNTP2021-LouisNegre

Réunis à Toulouse pour les Rencontres nationales du transport public (RNTP) du 28 au 30 septembre, les professionnels et les élus ont beaucoup parlé finances. Durement touchés par la crise sanitaire, ils multiplient les initiatives mais demandent aussi l’aide de l’Etat.

Que retiendra-t-on des RNTP 2021 ? D’abord la satisfaction des professionnels de se retrouver et d’échanger, même si ce salon était plus clairsemé que d’habitude avec des exposants en moins grand nombre, ou sur des stands plus petits. Mais ses organisateurs affirment que la fréquentation a été en hausse de 13 % par rapport à la précédente édition avec 8 000 participants.

En revanche, le choix du lieu, le tout nouveau salon des expositions de Toulouse, le Meet, n’était vraiment pas adapté aux propos : loin du centre de la ville, mal desservi au bout d’un trajet interminable et, une fois arrivé, un long parvis tout en béton à parcourir, ouvert à tous vents, longeant un parking en hauteur… Pour l’accessibilité on repassera ! Et pour la réalisation de l’ensemble, un grand pas en arrière vers les années 70, comme si le développement durable dont on a tant parlé au cours de ses journées n’avait pas de sens.

Malgré tout, les échanges ont été riches et les annonces nombreuses. Nous en avions déjà présenté un certain nombre dans notre numéro de septembre. Pour compléter, rappelons aussi que ce salon a été l’occasion pour les collectivités de présenter la note de la pandémie à l’Etat mais sans succès pour le moment. Hors Ile-de-France, les autorités organisatrices des mobilités (AOM) estiment avoir perdu l’an dernier 700 millions d’euros en recettes tarifaires du fait de la baisse de fréquentation avec la crise sanitaire et 200 millions d’euros en versement mobilité. « Nous avons reçu une compensation de 29 millions d’euros pour le versement mobilité. Ce qui ne représente pas plus de 15 % du total. Et l’Etat a apporté 584 millions d’avances remboursables. Mais qui dit aides remboursables dit qu’il faudra les rembourser », regrette Louis Nègre, le président du GART, également maire de Cagnes-sur-Mer.

Le GART demande que les subventions directes représentent au moins la moitié des aides de l’Etat et que toutes les collectivités aient droit à un traitement équitable, alors que les pertes s’annoncent « à peu près dans les mêmes eaux » cette année.

Interpelé, Jean-Baptiste qui était venu inaugurer le salon, n’a pas apporté de réponse. Sa seule annonce a été la création d’un observatoire de la tarification dans les transports. Constatant qu’un débat sur la gratuité des transports s’est installé, il « met en garde » contre cette tentation susceptible « de déséquilibrer un système qui fonctionne » et qui repose sur le versement mobilité et les recettes tarifaires. « Le GART ne peut pas participer à cet observatoire car nous serions alors juge et partie. Nous avons suggéré que ce soit l’ART qui s’en charge car cette autorité possède des experts compétents et indépendants », a commenté Louis Nègre.

Autre déception au cours du salon : si les participants se sont félicités de la récente décision du gouvernement de porter de 450 à 900 millions l’enveloppe allouée à l’appel à projets de l’exécutif pour aider les projets d’infrastructures de transports publics des collectivités, le ministre n’a pas apporté de précisions sur les projets retenus. Il a fallu attendre le 6 octobre et l’annonce du Premier ministre pour savoir que 95 projets de transports collectifs en site propre, dont 18 créations ou extensions de lignes de tramway, et 64 projets de pôles d’échanges multimodaux ont été retenus, portés par 95 collectivités.

M.-H. P.