Spécial écoles et filières. Les nouvelles formations et leurs débouchés

Ecole des ponts diplome

Malgré la crise sanitaire, les entreprises de transport ont fait preuve de résilience et poursuivi leurs efforts de formation. Les parcours de formation intègrent de plus en plus
d’enseignements sur le numérique et la transition énergétique pour coller aux besoins des entreprises. Les écoles font aussi le choix de modules transversaux pour l’ensemble
de leurs filières.

Réalisé par Gaëlle Ginibrière

Alors que le secteur a été fortement impacté par la crise sanitaire, l’OPTL (Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique) dresse un constat en demi-teinte dans son rapport annuel, rendu public le 6 janvier. « Les entreprises ont fait preuve de résilience, redoublant d’efforts pour s’adapter à la situation et satisfaire les nouvelles attentes de leurs clients, tout en assurant la protection de leurs salariés. Elles ont même, pour certaines d’entre elles, créé de nouveaux emplois », constatent les auteurs du rapport.

L’emploi salarié dans le transport routier et la logistique a progressé de 1,5 % en 2020 (après +2,7 % en 2019), contre une baisse de 1,7 % dans le reste de l’économie. « Cette croissance est portée par la dynamique du transport routier de marchandises (+4 %) et des prestataires logistiques (+1,6 %), alors que l’emploi reste atone dans le transport sanitaire (+0,3 %) et que les autres secteurs enregistrent un repli de leurs effectifs (notamment le transport routier de voyageurs, à -3,4 %) », peut-on lire dans le rapport.

Plombée par ce contexte, l’activité de formation avait marqué le pas en 2020. Depuis elle connaît à nouveau une belle embellie, notamment pour les plus hauts niveaux de formation, du bac+3 au bac+5. Les effectifs des 20 écoles ISTELI-Aftral, spécialisées dans le transport et la logistique, ont ainsi progressé de 26 % en 2021. « Les besoins des entreprises concernent principalement les formations bac+3 de managers opérationnels. Représentant un petit tiers de nos effectifs, ces programmes sont de plus en plus orientés amélioration continue, responsabilité sociale de l’entreprise et développement durable. Au niveau bac+4 ou 5, les attentes sont concentrées sur le traitement de la donnée et l’IoT », indique Régis Teirlinck, coordinateur national des ISTELI. Recherchés depuis déjà quelques années, les profils dans le data marketing et le data management confortent leur place dans les entreprises de transport, notamment chez les plus gros acteurs.

Des programmes plus écolos   

De plus en plus présents dans la stratégie des recruteurs, numérique et transition écologique imprègnent également les parcours de formation. Avec des programmes dédiés, notamment au niveau des mastères, comme celui spécialisé en éco-ingénierie de Toulouse INP, lancé en 2014 pour former des ingénieurs capables d’inventer des solutions répondant aux enjeux énergétiques, alimentaires, écologiques, éthiques et sociaux.

Formation graphique emploi
Près de 11 500 emplois salariés ont été créés en 2020 dans la Branche des transports routiers et activités auxiliaires du transport, ce qui porte le nombre de salariés à 755 019 au 31 décembre 2020. La Branche des transports routiers et activités auxiliaires du transport voit son effectif salarié augmenter de 1,5% par rapport à 2019 lorsque sur la même période le nombre de salariés en France diminue de 1,7%.

Mais les établissements font aussi le choix de modules transversaux à l’ensemble de leurs formations. C’est le cas de Toulouse INP, qui vient de signer l’Accord de Grenoble, créé par l’association étudiante COP2, qui engage les établissements d’enseignement supérieur à accélérer la transition socio-écologique.

« L’école consacre déjà des enseignements à la question environnementale. Mais pour aller plus loin, Toulouse INP encourage ses enseignants à prendre conscience des grands enjeux systémiques et à repenser leurs cours en conséquence », souligne Roman Teisserenc, vice-président Ecologisation de l’école.

De nouvelles compétences

Cette logique correspond d’ailleurs à celle des entreprises. « Comme dans le reste du secteur des transports, les composantes digitale et développement durable irriguent de plus en plus l’ensemble des métiers. Il s’agit moins de nouveaux métiers (hormis quelques experts en data analyse) que de nouvelles compétences. Par exemple, l’analyse prédictive, l’analyse et la compréhension de données pour optimiser notre production ou anticiper les problématiques de maintenance », explique-t-on par exemple à la SNCF.

En matière de transition écologique, le transport intermodal connaît également une belle accélération. C’est ce que constate Maylis Ab-der-Halden, créatrice de la société Mn’L Consulting (Multimodal and Logistics Consulting) qui forme les directions et les opérationnels des entreprises souhaitant réorienter leur stratégie vers le report modal. « La demande s’accélère, il y a une demande des entreprises pour s’y engager, mais les entreprises ne savent pas comment faire et il n’existe pas en France d’école sur le report modal. Nous sommes donc là pour les accompagner, avec des formations à la carte qui répondent aux besoins des entreprises et visent à répondre à leurs problématiques propres », assure Maylis Ab-der-Halden. Avec, à la clé, des formations de plus en plus professionnalisantes.

Lire la deuxième partie du dossier : Pénurie de conducteurs, le transport interurbain à la peine.