Votre panier est actuellement vide !
Spécial UITP – Crossway « Natural Power », les nouveaux cars propres d’Iveco

L’électromobilité n’est pas la seule voie d’accès aux cars et bus propres. Si le constructeur Iveco commercialise déjà un autobus 100 % électrique sous sa marque Heuliez, exposé au salon UITP, il n’en a pas moins beaucoup investi sur le gaz, et notamment le biométhane. Ses nouveaux Crossway « Naturel Power » sont un succès. La version de 14,50 m a été développée pour conquérir aussi le marché scandinave.

Fin mars, Iveco présentait en région Paca (Provence-Alpes-Côte d’Azur) deux de ses « véhicules phare », qui représentent les versions les plus abouties de son célèbre autocar interurbain Crossway, devenu au fil du temps l’incontestable best-seller de sa catégorie. L’une de ces versions est le Crossway LE (Low entry) « Natural Power » entièrement repensé pour utiliser, comme carburant, le gaz naturel ou le biométhane. Le véhicule est équipé du tout nouveau moteur Cursor 9 NP d’Iveco, fabriqué dans l’usine FPT Industrial de Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire).
Son architecture d’ensemble, extrêmement ingénieuse, a fait l’objet de la dépose d’un brevet. Elle lui confère une hauteur hors tout équivalente à celle d’un Crossway LE diesel traditionnel avec unité de climatisation, malgré la nécessité de loger, en toiture, les réservoirs de gaz. Il s’agit de surcroît, avec 3 210 mm, de la hauteur la plus basse du marché ! L’idée consiste à mettre à profit la partie supérieure de la fameuse « cathédrale » si caractéristique des véhicules « low-entry », et qui se situe entre leurs portes avant et médiane. En ramenant la valeur de la hauteur sous plafond, toujours fort généreuse dans cette zone, à celle d’un Crossway à plancher normal, il devient ainsi possible d’intégrer les réservoirs à l’intérieur-même du pavillon, plutôt que de les loger au-dessus.
Le nouveau Crossway LE Natural Power étant homologué dans la classe I, l’opérateur qui possède déjà, dans son parc, d’autres véhicules urbains de la même hauteur, peut aussitôt le mettre en service sans plus devoir se soucier des problématiques habituelles de dégagement du gabarit vis-à-vis des ponts, trémies et autres obstacles potentiels. De plus, cette nouvelle position des réservoirs permet d’abaisser significativement le centre de gravité, ce qui se traduit par un meilleur comportement dynamique dans les virages, facilitant la conduite et augmentant le confort des voyageurs.
Une autonomie
de 500 à 600 km
Le Crossway LE Natural Power dispose de quatre réservoirs de 315 l, soit une capacité totale d’emport de 1 260 l qui lui confère une autonomie de 500 à 600 km, avec le choix d’un remplissage rapide ou lent. Autre singularité, le capot protégeant les réservoirs est constitué de deux éléments s’ouvrant largement « en ailes de papillon » pour permettre un accès aisé, lors des opérations de maintenance, à l’ensemble des constituants. Voilà qui devrait faciliter, voire accélérer, l’inspection visuelle de la tuyauterie « haute pression », ou encore le remplacement des électrovannes. Dans sa version standard de 12 m en classe I, le Crossway LE Natural Power, configurable en deux ou trois portes avec accès à 1 200 mm pour les deux premières, peut accueillir jusqu’à 106 voyageurs. Il est également disponible avec le poste de conduite VDV (Verband Deutscher Verkehrsunternehmen, association des entreprises de transport allemandes), déjà éprouvé sur l’ensemble de la gamme depuis trois ans.
Cette norme qui, une fois encore, est le fruit du remarquable travail entrepris, depuis de longues années, par cette instance représentative des opérateurs d’outre-Rhin, a réussi à s’implanter de façon quasi universelle. Elle a permis d’optimiser, de façon très aboutie, la disposition des instruments de bord, tout en offrant une interface commune qui facilite considérablement l’adaptation des conducteurs appelés à régulièrement passer d’un type ou d’une marque de véhicule à une autre.
Toute la gamme disponible en gaz
et biométhane

Désormais, l’ensemble de la gamme Iveco existe en offre Natural Power (gaz et biométhane), avec les Urbanway de 10,50, 12 et 18 m, ainsi que les Crealis BHNS 12 et 18 m. Autre version nouvelle du Crossway qui nous apparaît intéressante, le LE de 14,50 m, monté sur trois essieux, réoccupe le créneau laissé vacant après la disparition de l’Ares de 15 m. Le choix d’une longueur légèrement réduite était dicté par le souhait de pouvoir équiper le véhicule d’une armoire ou de racks à skis. La formule à trois essieux entend déjà répondre aux attentes spécifiques des pays scandinaves. En version urbaine, ce nouveau Crossway peut transporter jusqu’à 138 voyageurs. Il reste néanmoins très manœuvrant, en affichant le meilleur rayon de giration de sa catégorie avec 11,9 m.
Enfin, son coût global de possession n’excède que de 10 % seulement celui du modèle de 12,80 m sur deux essieux, alors que la majoration de capacité correspondante grimpe, dans le même temps, jusqu’à 40 % (38 places supplémentaires en version Intercity, et de 44 à 50 en version City). Cet excellent ratio devrait encore augmenter l’attractivité de l’offre Crossway, notamment à l’étranger où le produit compte déjà de très gros clients, comme la Deutsche Bahn dont le parc dépasse le millier d’exemplaires !
Remarquons que le moteur Cursor 9 NP offre, avec le biométhane issu de la valorisation des déchets organiques, la même puissance (360 ch) et le même couple (265 kW) que son homologue diesel. Il garantit un bilan carbone neutre, avec des bénéfices environnementaux se manifestant par une réduction des gaz à effet de serre voisine de 95 %, une diminution des NOx de plus du tiers, et un niveau d’émission de particules fines proches de zéro. Le niveau sonore du moteur est, quant à lui, réduit de moitié, et les vibrations caractéristiques du diesel disparaissent quasi totalement, conduisant à un excellent confort acoustique.
Un coût de possession équivalent au diesel

Par ailleurs, les actuels dispositifs gouvernementaux en faveur de la mobilité GNV (gaz naturel pour véhicules), qui se trouvent inscrits dans la loi de finance 2018, placent ces véhicules parmi les plus avantageux, grâce à une fiscalité attractive qui prévoit le gel de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) pendant cinq ans, et la possibilité de suramortissement de 140 % de la valeur du véhicule, au demeurant reconduite cette année. Les autocars et autobus au gaz offrent aussi des coûts de consommation en carburant réduits, et des intervalles de maintenance rallongés de plus de 50 % par rapport à leurs homologues diesels. Les opérateurs qui optent pour le gaz devraient pouvoir compter sur un coût de possession équivalent au diesel, tout en participant activement au respect de la planète…
Philippe Hérissé