Une coopération d’un an et demi à Reims

Le contrat de concession jusqu’en 2041 à peine signé le 13 juillet 2006, confiant tout à la fois les travaux d’infrastructure, l’achat du matériel roulant et l’exploitation du réseau à Mars (Mobilité agglomération rémoise, comprenant Bouygues, Alstom, Transdev), les nouvelles équipes débarquaient le 16. La reprise en mains du réseau n’a pourtant été effective qu’au premier janvier 2008, deux ans avant la fin théorique de la DSP précédente – ce qui a obligé Reims Métropole à indemniser Keolis. Cette durée de transition avait en effet été jugée indispensable par Transdev et figurait dans son offre. « Les équipes ont finalisé le dossier projet du tram, préparé l’offre bus de la phase travaux, en ajoutant même 3 km de voies réservées au bus, et bien sûr la reprise opérationnelle du réseau dans son ensemble », explique Christian Messelyn, président de Mars. Un travail quotidien entre les deux équipes, avec clôture de l’activité de Keolis en juin 2007. Des équipes qui, de l’avis d’Eric Omnès, directeur marketing de Transdev Reims « ont très bien coopéré, en ayant pour objectif que tout se passe bien pour le client ».
L’organisation de la transmission de tous les biens nécessaires à l’exploitation – bus, bâtiments, logiciels, etc. – a nécessité un inventaire très précis. « En trois mois, nous avions un consensus et la valorisation contradictoire des biens était finalisée, se rappelle Alain Bourion, président de Transdev Reims. Tout a été consigné dans une convention signée le 31 décembre 2007 au soir. » La nouvelle équipe s’est lancée dans la révision de toutes les bases de données (abonnés, gestion des stocks, maintenance, site Web du réseau…) afin de revoir les logiciels d’exploitation. Le tout, sans bug.
Concernant la reprise des 577 salariés des Transports urbains de Reims (TUR), pas d’accroc non plus. Par l’application de l’article 122-12 du code du travail, « ils ont conservé l’ensemble de leurs avantages contractuels acquis », explique le directeur. Côté accords collectifs d’entreprise, en revanche, un grand ménage a été fait. « Jusqu’en février 2008, nous avons revu un par un plus de 150 accords, certains datant de 50 ans, au cours de journées non-stop avec les représentants du personnel, un travail de moine ! » Certains, notamment les plus récents, ont été repris tels quels, d’autres, obsolètes de l’avis général, supprimés, d’autres encore réécrits au goût du jour, en tenant compte de la nouvelle législation. A ce jour, il ne reste que quelque 25 accords d’entreprise, et la direction ne déplore pas de grève, « à part durant les mouvements collectifs nationaux et pour des hausses de salaire ». Du « classique », en somme. Désormais, un groupe de travail planche sur un nouveau nom commercial pour les TUR – pourquoi pas Mars ? – l’inauguration du tramway étant prévue le 16 avril 2011, sa mise en service le 18. Au crédit de sa réussite, la direction met en avant sa pratique du management participatif : « 170 salariés sont inscrits dans des groupes de travail, soit un sur trois, assure Eric Omnès. C’est la marque de fabrique de Transdev… ».
 

Cécile NANGERONI