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Une nouvelle « plateforme » sociale proposée à tous les cheminots

Pour la SNCF confrontée à une menace de grève des contrôleurs en pleines vacances de février, le compte à rebours a commencé. Si les préavis déposés par les fédérations cheminotes Sud, CGT et CFDT ne sont pas levés d’ici lundi, il faudra commencer à préparer les plans de transport. Avec, à la clé, des suppressions de trains si les contrôleurs décident d’entrer en masse dans le conflit. Et une image qui risque encore une fois d’être bien écornée.
D’où la prise en main, en direct, par Jean-Pierre Farandou des négociations avec les organisations syndicales. Avec l’idée -habile- du PDG du groupe SNCF de ne pas répondre à des revendications catégorielles mais d’élargir les propositions de l’entreprise à tous les cheminots. « Je suis garant de l’équité sociale« , souligne-t-il.
Une réunion de trois heures a donc été organisée ce matin avec les quatre organisations syndicales représentatives de l’entreprise pour « jeter les bases d’une nouvelle plateforme de progrès social avec des mesures à court terme et à moyen terme« . Le dirigeant indique que cette réunion aurait dû se tenir en mars. Mais vu l’actualité, il a décidé de l’avancer pour tenter d’enrayer le mouvement qui s’annonce.
Selon lui, l’entreprise a tenu tous les engagements qui avaient été pris à l’égard des contrôleurs en décembre 2022 après un précédent conflit. De nouvelles mesures vont être adoptées qui doivent profiter à l’ensemble des salariés, annonce-t-il, refusant une « SNCF à deux vitesses« .
Au chapitre des rémunérations, à compter du 1er mars, une prime de 400 euros sera versée à tous les cheminots en raison des bons résultats qui doivent être annoncés fin février. Elle s’ajoute à une prime de 400 euros déjà décidée en décembre dernier. Et, à partir du 1er avril, l’indemnité de résidence va être revalorisée entre 30 et 50 % selon les zones. Cette prime aura un plancher minimum de 100 euros en Ile-de-France. Au total, 77 000 cheminots vont en bénéficier.
Enfin, 3000 cheminots vont bénéficier d’une promotion additionnelle, ce qui signifie qu’ils toucheront entre 2 et 4 % de plus. Selon la SNCF, les efforts réalisés ces trois dernières années en faveur de la rémunération représentent une hausse de la masse salariale de 1,5 milliard d’euros.
Côté emplois, 1000 personnes de plus que prévu vont être recrutées en CDI, dont 200 pour les contrôleurs. Ce qui aboutira à l’embauche de 8300 personnes cette année à la SNCF. « En deux ans, la SNCF aura recruté en CDI 17000 personnes« , souligne le patron du groupe.
A plus long terme, la SNCF va chercher à définir une enveloppe qui pourrait être consacrée à l’évolution de la rémunération moyenne des agents sur trois ans. Des négociations vont également s’ouvrir sur les conditions d’exercice des métiers.
Enfin à propos du CPA (une des demandes fortes des chefs de bord), des négociations vont s’ouvrir sur les aménagements possibles en fin de carrière pour mieux prendre en compte la pénibilité.
Le PDG du groupe a aussi cherché à responsabiliser les syndicats. « L‘économique doit tenir compte du social :cela s’adresse aux dirigeants, aux patrons d’activités et à moi-même. Mais le social doit aussi tenir compte de l’économique : cela ‘adresse aux organisations représentatives responsables qui ont le souci de la pérennité de l’entreprise, de l’avenir des salariés mais aussi des attentes des Français, qui ont besoin de nos services et qu’il ne faut pas décevoir« , a-t-il martelé.
Les managers sont désormais priés de répercuter le message auprès de leurs équipes, en espérant les convaincre ne pas faire grève.
Marie Hélène Poingt