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La Cour des comptes préconise le démantèlement de la Deutsche Bahn

« Un puits sans fond » et une stratégie qui « met en péril l’ensemble du système ferroviaire ». Le rapport de 33 pages de la Cour des comptes sur la Deutsche Bahn (DB), la compagnie ferroviaire allemande, est accablant pour l’Etat allemand : « Malgré des soutiens financiers toujours plus importants, l’endettement augmente depuis 2016 de cinq millions d’euros… par jour », déplorent les contrôleurs dans ce bilan adressé aux députés de l’assemblée fédérale (Bundestag).
La dette dépasse les 30 milliards d’euros et continue de réduire la marge de manœuvre d’une modernisation urgente. Le mauvais état du réseau ferré est devenu la « cause principale » du manque de ponctualité des trains grandes lignes (plus de 30% de retard en 2022).
Plus de 30.000 aiguillages et près 10.000 d »entre eux sont dans un état « médiocre » et doivent être rénovés. Il en va de même pour les 3270 postes d’aiguillage, c’est-à-dire plus d’un sur deux. « Ce rapport, très précis, ne m’étonne pas. Les déficits d’investissements s’accumulent depuis des décennies », déplore Karl-Peter Naumann, le porte-parole de l’association des usagers du train « Pro Bahn ».
Séparer exploitation et réseau
La Cour fédérale déplore un « manque de stratégie » et un Etat « trop passif » face aux défis de la transition énergétique. Les programmes des précédents gouvernements ne sont que des « textes creux », a critiqué le président de la Cour de compte, Kay Scheller, qui qualifie « d’irréaliste » l’objectif de doubler le trafic de voyageurs d’ici à 2030 ou d’atteindre une part de marché de 25 % dans les marchandises.
Kay Scheller réclame donc un démantèlement de la compagnie ferroviaire. Il faut « repenser entièrement la DB » avec une « séparation de l’exploitation et du réseau », dit-il. Il réclame un recentrage des activités sur le trafic ferroviaire, préconisant indirectement la vente de la filiale internationale DB Arriva et de DB Schenker. « Il faut arrêter d’investir ailleurs qu’en Europe ou dans d’autres secteurs que le rail », estime le président de la Cour.
Enfin, le rapport met indirectement en cause l’actuel président de la DB, Richard Lutz, en soulignant que les récentes hausses de salaires des managers ne « correspondaient pas aux performances » de l’entreprise.
Christophe Bourdoiseau