Le dernier Francilien a été mis en service

360e et dernière rame Francilien à Crespin

C’est la fin d’un des plus longs feuilletons – 16 ans – de l’histoire des transports d’Île-de-France. Le 9 décembre dernier, la 360ème et dernière rame Francilien a été mise en service sur la ligne J, entre Paris Saint-Lazare et Gisors, exploitée par Transilien SNCF pour le compte d’Île-de-France Mobilités (IDFM). Désormais, ce matériel roulant désigné officiellement Z 50000, mais aussi Nouvelle Automotrice Transilien (NAT), son nom de projet, est en service sur les lignes L et J (Paris Saint-Lazare), H et K (Paris-Nord), P (Paris-Est, y compris la ligne de Provins nouvellement électrifiée) et RER E, d’où il a contribué à éliminer plusieurs générations ou types de rames à caisse en acier inox (RIB/RIO remorquées, Z 6100 « petits gris » et Z 6400 « bleu inox »). Les techniciens constateront que ce matériel roulant ne circule que sur des lignes électrifiées sous 25 kV 50 Hz, alors qu’il pourrait également circuler sous 1,5 kV continu (réseaux Montparnasse, Austerlitz et Gare de Lyon).

Un marché attribué à Bombardier

L’aventure du Transilien avait commencé le 23 octobre 2006, par l’attribution du marché NAT à Bombardier, qui allait développer et construire ce matériel Spacium 3.06 dans son usine de Crespin (reprise par Alstom en 2021). La tranche ferme portait sur 172 rames, avec des options sur un maximum de 200 éléments supplémentaires.

Fin 2008, la première rame du nouveau matériel, rebaptisé Transilien, gagnait l’anneau d’essai de Widenrath, dans l’ouest de l’Allemagne, pour quatre mois d’essais jusqu’à 156 km/h. Une autre rame fait l’objet de tests climatiques à Vienne, en Autriche. Presque un an plus tard, le 4 novembre 2009 la nouvelle rame était dévoilée pour la première fois entre Paris-Nord et Luzarches (ligne H), avant la mise en service commercial, le 12 décembre suivant.
Après deux ans de fiabilisation et quelques modifications (la plus visible étant le remplacement des feux), les rames Z 50000 donnent enfin toute satisfaction, tant au personnel qu’aux voyageurs, qui découvrent ses aménagements spacieux et colorés. Les livraisons reprennent et la production de la 1OOe rame est célébrée à Crespin le 16 juillet 2013.

Au fur et à mesure des livraisons, le Francilien est progressivement mis en service sur la ligne P, entre Paris-Est et Meaux (le 11 février 2013), puis jusqu’à Coulommiers (le 7 octobre suivant), alors qu’une première tranche optionnelle est levée. Puis le Francilien arrive sur le réseau de Paris Saint-Lazare (ligne J, 4 avril 2014), avant d’être déployé sur le RER E (en complément des rames MI2N, en 2016), sur la ligne K et sur la ligne L (fin 2017). A l’occasion, le public a pu découvrir la livrée extérieure IDFM, appliquée sur les nouvelles rames en remplacement de la livrée STIF, alors que les levées d’options se succèdent.

Le 3 octobre dernier, le Francilien remplace les AGC BiBi sur la relation entre Paris-Est et Provins de la Ligne P, nouvellement électrifiée, alors que la production se terminait à Crespin, où la 360e et dernière rame a été présentée le 22 novembre, lors de la visite de Valérie Pécresse. Un total de 360 rames sur un maximum de 372 : beau score, si on le compare aux marchés de trains régionaux Régiolis et Regio 2N, même si le modèle Spacium de Bombardier ne s’est finalement pas exporté.

La livraison du Francilien s’achève, mais ce matériel sera sans doute encore en service au milieu du siècle !

P. L.