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Bientôt des navettes et taxis autonomes sur le campus de Paris-Saclay

Le cluster Paris-Saclay, 20 kilomètres au sud de Paris, future Silicon Valley à la française qui regroupe organismes de recherche (CNRS, CEA), grandes écoles (Polytechnique, CentraleSupélec, etc.), universités et entreprises privées (Renault, Danone) n’en finit pas de sortir de terre, sur un immense plateau fertile à cheval sur les départements des Yvelines et de l’Essonne, où se construit aussi la ville nouvelle.
65 000 étudiants, plus de 10 000 enseignants chercheurs, des milliers de logements et leurs habitants qui devront être acheminés sur les différents sites de Paris-Saclay. Cruciale, la question des transports pour desservir finement ce futur monstre urbain reste entière. L’arrivée en 2026-27 de la ligne 18 du métro automatique Grand Paris Express comporte encore des inconnues, les bus d’Ile-de-France Mobilités assurent de leur mieux les liaisons entre le plateau et la gare du RER B et C de Massy-Palaiseau mais ils sont saturés aux heures de pointe. De quoi nourrir les ambitions de certains acteurs de la mobilité autonome.

La veille du salon Vivatech à Paris, rendez-vous annuel mondial de l’innovation, les constructeurs Renault et Lohr, l’opérateur Transdev et l’institut Vedecom (véhicule décarboné communicant et sa mobilité) ont présenté à la presse deux projets de mobilité autonome, électrique et partagée : un service de desserte de nuit en navette autonome (lorsqu’il n’y a plus de bus à la sortie du RER), et des taxis partagés et à la demande en journée sur le campus, les ZoéCab.
Deux projets menés dans le cadre du Paris-Saclay Autonomous Lab qui vise à tester un système complet de transport autonome (véhicules, système de contrôle centralisé, infrastructure connectée et applications clients) « en vue de définir les conditions de déploiement d’un service de mobilité autonome à plus large échelle », explique Patrick Vergelas, directeur de Renault Mobility Services.
Le jour et la nuit
En cours de test final, la navette autonome i-Cristal construite par l’Alsacien Lohr, circulera uniquement de nuit de 23 heures à 3 heures du matin, sur trois kilomètres, soit quatre arrêts entre la gare RER de Massy-Palaiseau et le plateau de Saclay à partir du deuxième semestre 2019 (aucune date précise n’est encore avancée). Si l’expérimentation se déroule bien, une deuxième navette i-Cristal pourrait venir compléter ce dispositif à partir de 2020.
Les taxis à la demande ZoéCab sont déjà testés par Renault et Transdev à Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, mais sur voie dédiée. A Saclay, c’est un nouveau cas de figure, puisque le campus devrait les voir circuler au milieu du trafic (modeste) des bus, des voitures et des piétons (nombreux, par la force des choses).
Les trois ZoéCab (puis 4) sont annoncées à l’automne 2019 sur un circuit d’une dizaine de kilomètres enregistré à l’avance, loin du concept de robot-taxi allant d’un point A à un point B : 15 points de rencontre à proximité des lieux les plus fréquentés. Elles peuvent atteindre 30 km/h et pour l’instant, ne peuvent pas dépasser un cycliste ou une personne qui marcherait sur le bord de la route. Un « superviseur de conduite » à bord, peut reprendre le commandement à tout moment, et effectuer ces dépassements. Mais c’est le passager qui donne le top départ en appuyant sur le bouton « Go », situé sur les places arrière de la voiture autonome (pas de passager autorisé à l’avant). Si besoin, la voiture s’arrête en route pour faire monter un autre passager effectuant tout ou partie du même trajet. Objectif, desservir finement le territoire du campus. Pour y accéder et commander une ZoéCab, il faudra passer par une application basée sur celle de Marcel, l’entreprise de VTC électrique rachetée par Renault.
La suite de cette première étape de Paris-Saclay Autonomous Lab fait partie des expérimentations du projet SAM (Sécurité et acceptabilité de la conduite et de la mobilité autonome) retenues le 24 avril dernier par le gouvernement dans l’appel à projets « Expérimentation du véhicule routier autonome » (Evra) : lire ici notre précédent article.
Infrastructure connectée et poste de commande centralisé
Sur leur circuit, Les ZoéCab et les i-Cristal autonomes peuvent croiser trois feux connectés et 25 unités de bord de route : caméras classiques, thermiques et Lidar. Une infrastructure connectée pour que les véhicules autonomes aient une perception augmentée : par exemple, les feux de signalisation leur indiquent s’ils sont rouges ou verts. Objectif poursuivi : définir le niveau d’interaction nécessaire entre l’infrastructure et les véhicules autonomes.
Les navettes comme les taxis autonomes sont supervisées depuis un même poste commandement centralisé (PCC) géré par Transdev. « L’opérateur peut arrêter la flotte ou un seul véhicule depuis cet écran, explique Michel Delhom, directeur technique chez Transdev. A gauche, il peut voir l’état des véhicules jusqu’aux capteurs et calculateurs embarqués ainsi qu’une vidéo de l’intérieur du véhicule autonome. A droite, superviser l’ensemble des infrastructures connectées et visualiser les obstacles sur la route », ajoute-t-il.
Nathalie Arensonas