45 lignes de cars express seront lancées d’ici 2030 en Ile-de-France

01/2001  Saint Denis autoroute A1direction Roissy CDG - 01/01/2001 -  - (c) Recoura / Editions La Vie du Rail - rec-114133 -  BestOFF = Non

Le cheminement a été long, il n’est pas tout à fait fini (il faudra attendre que les JO se passent) mais l’Ile-de-France devrait prochainement lancer un véritable réseau de cars express. Dans la ligne droite du rapport présenté en début d’année par François Durovray, le président de l’Essonne, Valérie Pécresse, la présidente de région, a en effet présenté le 30 novembre un schéma directeur des cars express qui prévoit la création de 45 nouvelles lignes d’ici à 2030, pour mieux relier la périphérie aux villes centres. Cette programmation, qui a donné lieu à de nombreuses concertations, doit être validée le 7 décembre par le conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités.

Ces cars express s’adressent principalement aux habitants de grande couronne, où l’essentiel des déplacements se fait en voiture, a précisé François Durovray. « Pour ceux qui effectuent plus de 50 km aller-retour chaque jour pour aller au travail« , a souligné l’élu. « Nous sommes en train d’inventer, en Ile-de-France, un nouveau modèle de transport. Il manquait un maillon pour les trajets longs« , a-t-il ajouté.

Les cars devront aller vite, de pôle à pôle, avec peu d’arrêts intermédiaires. Ils ne devront pas dépasser de 50 % le temps mis par une voiture sur le même trajet. Ils pourront circuler sur des voies dédiées sur les principaux axes routiers congestionnés (autoroutes, voies rapides et autres réseaux structurants). Une trentaine de voies réservées devraient ainsi être aménagées pour fiabiliser l’exploitation de ces lignes. La livrée des cars, facilement identifiable, devra permettre aux automobilistes de constater l’efficacité du système et les inciter à laisser leur voiture au garage pour en profiter.

Une cinquantaine de gares routières à créer

Selon François Durovray, ce mode de transport doit offrir deux promesses : un gain en termes de pouvoir d’achat (le pass navigo utilisable sur ces lignes revient à 43 euros par mois avec le support de l’employeur, contre 400 à 500 par mois pour des trajets en voiture) et un gain de temps, qui plus est, utile (les cars seront labellisés, offrant confort, liseuse, wifi et prises pour clés USB).

Une quarantaine de gares routières, doivent être créées pour accueillir les autocars et les usagers, ainsi que d’autres types de mobilités (lignes régulières locales de bus, transport à la demande, vélo, covoiturage…). Des équipements et des services seront également aménagés au sein des gares routières connectées avec le réseau ferroviaire, dont celles du nouveau métro francilien (Grand Paris Express) avec des abris chauffés, salle de repos, local d’exploitation, sanitaires….

« Les cars express doivent être les RER de ceux qui n’en ont pas« , résume la présidente d’Ile-de-France Mobilités. Des clauses de revoyure sont prévues tous les deux ans pour éventuellement adapter le schéma directeur à l’avenir.

Les premières lignes  seront mises en service fin 2024 après les J0. En espérant que l’Etat décide de pérenniser les voies dédiées qui seront mises en place notamment sur l’A1 et l’A13 à l’occasion des Jeux. La première phase de déploiement (entre la fin 2024 et 2026) prévoit le renfort de neuf lignes existantes et la création de 16 lignes prioritaires. La seconde étape (2027-2030) concernera davantage des lignes à connecter aux gares du Grand Paris Express.

100 millions seront prévus dans le contrat de plan Etat-Région pour les aménagements routiers. Le coût de fonctionnement est estimé à 70 millions d’euros tandis que l’achat de 200 cars nécessitera 70 autres millions.

Marie-Hélène Poingt