Transdev va tester “le premier car rétrofité hydrogène à combustion »

Bus rétrofité hydrogène Transdev
Transdev poursuit ses expérimentations autour de l’hydrogène. L’opérateur a signé le 22 septembre un partenariat avec une jeune entreprise innovante EHM (Efficient Hydrogen Motors), à l’occasion du BrittanHy Day, un forum qui se tenait le même jour à Saint-Brieuc dans les Côtes-d’Armor.
EHM va installer, à la place d’un moteur thermique gasoil, son prototype de moteur combustion hydrogène à haut rendement sur un autocar Crossway Iveco HV Euro 6, mis à disposition par Transdev.
Les solutions “hydrogène“ habituellement proposées sont, en réalité, des motorisations électriques, alimentées par une pile à combustible autrement dit un générateur électrochimique qui produit de l’électricité.
La technologie brevetée par EHM utilise l’hydrogène directement comme combustible, à la place des combustibles fossiles. Pour cela, l’entreprise a repensé les cycles de combustion — son moteur fonctionne sur 5 temps – et adapté les matériaux.
La jeune entreprise affirme que son moteur à combustion hydrogène fournira 50 à 55 % d’efficacité à comparer au 35 à 42 % pour un moteur à combustion à hydrogène classique et 48 -60 % pour un moteur à pile à combustible en fonction de la charge, des températures et des pressions. Globalement, sur un trajet classique à mi-charge, le différentiel de consommation est favorable d’environ 10 % pour le moteur à combustion interne.
Par rapport à l’électrique, le moteurs d’EHM offre 30 % d’autonomie supplémentaire.
Les premiers prototypes de ce moteur de 265 KW (360 ch) ont été testés cet été sur banc d’essai. L’un d’eux sera installé et testé dans six mois sur un bus de Transdev. L’objectif est de le mettre en service en septembre 2025 sur une ligne de transport de voyageurs dans le département du Morbihan qui n’est pas encore choisie. Ce département a été retenu car une première station de recharge de Bretagne devrait ouvrir en novembre prochain à Vannes. Une recharge rapide prend entre 15 et 20 minutes et offre une autonomie de 500 km.
EHM vise une homologation en 2025 puis une fabrication en sous-traitance. Par ailleurs, l’entreprise confiera l’installation des moteurs à Alliance Automotive Group (AAG) qui détient un réseau de 220 garages poids lourds en France et est présent dans 17 autres pays.
Yann Goubin