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Disparition de Michel Bigey, père du nouveau tramway français
C’est à double titre que Michel Bigey, disparu à l’âge de 86 ans, peut être considéré comme l’un des pères du tramway français moderne, ayant organisé le retour de ce mode sur le réseau pionnier de Nantes en 1985, dix ans après avoir dirigé l’étude qui définissait les conditions de ce retour.
Dès 1975, Michel Bigey a en effet dirigé à la RATP et Sofretu (aujourd’hui Systra) l’équipe qui a réalisé l’étude intitulée Neuchateau, un système de transport basé sur un site propre au sol, qui portait sur une ville imaginaire de 200 000 habitants au centre d’une agglomération de 500 000 habitants. Plaidoyer pour un tramway en site propre partiel conçu comme outil d’aménagement urbain, avec reprise des emprises de façade à façade sur le trajet de la ligne, cette étude a été le catalyseur du concours Cavaillé. Un concours d’où ont été tirées les spécifications du tramway français standard, dont la première application serait Nantes.
C’est pour cette ville que Michel Bigey est parti en 1978 avec certains membres de son équipe pour mettre en œuvre le premier projet de tramway français moderne. Il a dirigé de 1979 à 1989 la Semitan, l’exploitant du réseau de Nantes, menant à son terme ce projet en dépit d’une alternance à la mairie qui aurait pu y mettre fin. Mis en service en 1985, le réseau de Nantes allait faire école, avec son tramway standard français rapidement adopté par Grenoble, après intégration du plancher bas. Deux villes dont l’exemple serait suivi par une bonne vingtaine d’autres au cours des décennies suivantes, faisant du tramway « à la française » un concept de transport et d’urbanisme étudié par le monde entier.

Recherches, Débats, positions
A bord des cars Macron – Télétravail en Suisse romande – Le périphérique ou comment s’en passer – Le Grand Paris à marche forcée – RER kaléidoscopique – Le transport public mis à mal par le déconfinement – Effet dévastateur sur l’Apta aux Etats-Unis – Quels impacts du Covid-19 sur les mobilités ?
A bord des cars Macron
Les cars Macron, on en a beaucoup parlé, dans les colonnes de VRT, où l’on a suivi la naissance d’une nouvelle offre de transport (ce n’est pas si fréquent), et vu comment elle arrivait tant bien que mal à se stabiliser d’un point de vue économique. Mais qu’en est-il de l’expérience du voyage ? Le Forum Vies Mobiles a confié à un jeune photographe, Benjamin Cayzac, la mission de sillonner les routes de France à bord des cars Macron. On y croise des étudiants, des retraités, des travailleurs souvent désargentés, des passagers dont c’est le premier voyage, des habitués. On y ressent la lassitude du voyage, et, dix heures après le départ, dans le cas d’un Paris – Avignon, la satisfaction du trajet accompli. A voir sur le site du Forum Vies Mobiles.
Télétravail en Suisse romande
A côté de l’enquête menée en France sur le télétravail avec l’Ademe (voir pages 92), le bureau de recherche 6t a enquêté sur le phénomène en Suisse romande. La collecte des données a eu lieu du 7 au 20 mai, en période de semi-confinement, et les conclusions ont été publiées en septembre. 1971 réponses ont permis d’obtenir un échantillon global représentatif de la population des sept cantons et régions francophones de Suisse. L’enquête montre une pratique bien ancrée avant même la crise sanitaire, avec 21 % de Romands télétravaillant au moins une fois par mois, dont 6 % au moins une fois par semaine. On télétravaille le plus dans les cantons les plus urbains, Genève en tête.
L’impact sur la mobilité est à la fois positif… et contrasté, du fait de l’effet rebond. Dans l’ensemble cependant, les télétravailleurs se déplacent un peu moins et rejettent moins de CO2 que non-télétravailleurs. Surtout, plus on télétravaille, plus les comportements sont vertueux… alors que les télétravailleurs occasionnels (une à trois fois par mois) polluent plus que les non-télétravailleurs.
Plus d’un quart des actifs romands ont expérimenté le télétravail durant la période de semi-confinement. L’expérience est jugée positive, et 77 % des personnes interrogées souhaitent maintenant le pratiquer au moins une fois par mois. Mieux vaudrait qu’ils le fassent au moins une fois par semaine !
Voir : https://6-t.co/teletravail-et-mobilite-en-suisse-romande/
Le périphérique ou comment s’en passer
Le boulevard périphérique a été l’un des thèmes de la dernière campagne municipale à Paris, Anne Hidalgo voulant en faire un boulevard urbain, la droite préférant le couvrir partiellement pour effacer la coupure urbaine, et l’un des candidats, Gaspard Gantzer, avant de se rallier La république en marche qui envisageait de recourir à la modulation horaire ; se proposant de le supprimer. Le supprimer ? Le Forum Vies Mobiles a tenté cependant de l’envisager, avec un groupe d’étudiants de Paris 1 Panthéon Sorbonne. Pas si simple d’y renoncer comme l’ont montré les entretiens conduits par le groupe de travail avec une vingtaine d’usagers, pas trop d’accord pour y renoncer. Le Forum Vies Mobiles préconise « une mise en place progressive sur le temps long ».
Le Grand Paris à marche forcée
Le 30 août, au bout de 12 jours et de 200 km de marche. Enlarge your Paris et la Société du Grand Paris ont bouclé leur nouveau cycle de randonnées urbaines le long des futures lignes du Grand Paris Express. Pierre-Emmanuel Bécherand responsable de l’architecture, du design et de la culture du GPE, souligne dans le blog Enlarge your Paris la place centrale de la marche dans Paris. Et se demande : « Si Paris appartient au flâneur, qu’en sera-t-il du Grand Paris ? ». Les urbanistes, rappelle-t-il, « organisent la ville autour des transports en s’appuyant sur un réseau de 800 m, correspondant communément à la zone « marchable » pour rejoindre une gare ». Mais le Grand Paris Express invite à changer d’échelle, et à « penser aussi l’accès à pied vers les gares pour des distances de 2 voire 3 km ». La randonnée urbaine a au moins le mérite de montrer tout le travail à accomplir pour établir ou rétablir des continuités, là où l’on fait aujourd’hui « l’expérience des fractures urbaines ». Belle idée sans doute, mais il restera à inventer encore une expérience nouvelle de la marche, entre la promenade plutôt campagnarde et la flânerie si parisienne. C’est ce qu’invite à penser, dans le même blog, Frédéric Gros, auteur de Marcher, une philosophie (Carnet Nord, 2009, réédition Flammarion, 2011), soulignant l’émergence d’une nouvelle figure, celle de « l’arpenteur des métropoles ». Figure paradoxale puisque les métropoles sont « toutes entières bâties par référence à ce qui excède les possibilités du corps marchant ».
RER kaléidoscopique
Trente ans après Les passagers du Roissy express, de François Maspero, et de la photographe Anaïk Franz, la sociologue Marie-Hélène Bacqué et le photographe André Mérian mettaient leur pas dans ceux de leur prédécesseur, il en est résulté un ouvrage joliment intitulé Retour à Roissy – Un voyage sur le RER B (Le Seuil, 2019). C’est un parcours plus vaste qu’a entrepris le géographe Laurent Chalard, en voyageant au fil des ans sur l’ensemble des lignes du RER : A, B, C, D et E. Les conclusions de ses années de pérégrination ont été publiées en août par Enlarge your Paris. Contrairement aux idées reçues sur la légende noire du RER, on y découvre une forte présence d’un RER « bourgeois » (six portions de ligne, comme le RER A entre St Germain-en Laye et La Défense ou le RER C entre Versailles-Chantiers et Massy-Palaiseau).
Et seulement quatre portions de ligne exclusivement populaires, comme les deux branches du RER B au-delà de Gare du Nord, la branche allant à Creil apparaissant comme « un des principaux axes de paupérisation de la métropole parisienne ». Cependant, « si la métropolisation a tendance à produire des effets de dualisation », la majorité des lignes apparaissent mixtes, comme le montre, par exemple la branche du RER A allant de Vincennes à Marne-la-Vallée, qui se caractérise par un « véritable kaléidoscope de passagers ». La différenciation entre les diverses populations ne se fait pas seulement par la géographie : de grandes différences sociales se font en fonction de l’heure de la journée, et cela quasiment sur l’ensemble du réseau, entre employés peu qualifiés très tôt lie matin, employés de bureau vers 7 heures, cadres ou lycéens plus tard. D’autres critères permettent d’affiner encore la perception du RER qui ne se laisse en tout cas pas résumer à une simple opposition avec le Paris intramuros et le métro.
Le transport public mis à mal par le déconfinement
Intéressant billet de la Fabrique de la Cité, posté le 18 septembre. « La reprise de la mobilité en ville n’est plus un sujet », constate pour commencer Camille Combe, chargé de mission. Mais, si les activités ont repris, « dans de nombreux pays, on assiste à une individualisation de la mobilité », difficilement compatible avec les objectifs de décarbonation. On enregistre, par exemple à Paris, une augmentation du nombre de kilomètres parcourus en voiture, par rapport à une période « normale ». Marche et vélo vont bien, merci, en revanche les transports collectifs sont à la peine. Comme le relève le think tank de Vinci, alors que « dans de nombreuses villes, l’offre de transport en commun a retrouvé son niveau normal, la fréquentation, elle, peine à atteindre les niveaux préconfinement, sans dans les cas notables de Lyon et Saint-Pétersbourg, selon un indice calculé par City-Mapper. » Aux Etats-Unis, selon l’Apta (American Public Transportation Association), « 60 % des autorités organisatrices de mobilités envisagent de réduire l’offre de transport, tandis qu’un tiers des opérateurs devront potentiellement mettre la clé sous la porte. » Pour la Fabrique de la Cité il faut de toute urgence « créer les conditions qui permettront aux transports collectifs ou au covoiturage de devenir plus compétitifs que des modes individuels et motorisés. » Ajoutons : qu’ils soient plus rassurants aussi, face aux craintes de contamination. Car même si les transports publics ne sont pas aussi dangereux qu’ils le paraissent, selon un article du New York Times cité par ce billet, reste à conforter ce diagnostic, et à en convaincre des usagers désemparés et méfiants.
Effet dévastateur sur l’Apta aux Etats-Unis
Les données de l’Apta mentionnées par la Fabrique de la Cité méritent qu’on les regarde de près. Les chiffres font peur. Selon le panorama établi en septembre par l’Apta, il faut que le Congrès lui apporte une aide d’urgence de 32 milliards de dollars, faute de quoi l’offre de transport public sera drastiquement réduite. Le transport public a déjà reçu au titre une aide de 25 milliards de dollars au titre du Coronavirus AID Relief ans Security (CARES) Act. Le métro de New York a consommé l’aide reçue dès juillet et la Massachusetts Bay Transportation Authority (MBTA) estime que le CARES Act ne lui permettra pas de tenir au-delà de 2021. Selon l’Apta, 45 % des réseaux envisagent de reporter ou d’annuler des investissements, 33 % veulent faire de même avec les acquisitions de matériels, 38 % envisagent de supprimer des lignes, 31 % s’apprêtent à licencier du personnel, 17 % veulent recourir à une augmentation des tarifs.
Quels impacts du Covid-19 sur les mobilités ?
Jean Colard, Jincheng Ni et Nicolas Meilhan ont tenté d’évaluer les effets à court ou à long terme, de la pandémie sur les mobilités, dans un Point de vue publié le 10 septembre par France Stratégie.
On peut s’attendre à un accroissement du télétravail : « l’anecdotique pourrait devenir une réalité significative ». A l’intérêt des salariés pour une formule mixant distanciel et présentiel, s’ajoute l’intérêt des employeurs pour un mode d’organisation du travail offrant « une plus grande maîtrise des charges fixes immobilière des locaux professionnels ». La part globale des actifs « télétravaillables » serait de l’ordre de 20 % à 40 %. Au moins suffisant pour lisser les heures de pointe.
Les auteurs s’attendent à ce que les grandes villes soient repensées « autour des notions de proximité, d’une vie de quartier », et envisagent, à l’échelle nationale, un rééquilibrage en faveur de zones moins denses. Dans la capitale, « l’ampleur des densités et des volumes en jeu au sein du Grand Paris peut désormais poser question ».
Le recours au e-commerce devrait s’accentuer, confirmant une tendance de fond. Mais, attention, en matière environnementale « la diminution des déplacements individuels des clients est contrebalancée par le foisonnement des livraisons (et des emballages) qui accroît les déplacements de courte distance de « logistique urbaine » encore faiblement décarbonés ». Enfin, le modèle aérien sera certainement mis en question, du fait d’une réorientation possible vers du tourisme de proximité, et la diminution des voyages professionnels grâce au numérique.
Les pouvoirs publics sont invités à accompagner les nouvelles tendances, en soutenant les transports publics afin d’éviter une désaffection au profit de la voiture, en pérennisant les aménagements piétons et vélo en ville comme en milieu rural. Ce n’est pas cher : « la construction en Ile-de-France d’un grand réseau express régional vélo (…) avec 650 km de pistes cyclables, coûterait 500 millions d’euros, c’est-à-dire moins de 2 % du futur métro du Grand Paris express ». Il faudra encore limiter l’impact négatif du rebond de la voiture particulière en encourageant le covoiturage et en accélérant le basculement verts le véhicule électrique. Et repenser le modèle économique global d’un transport aérien complètement chamboulé…
F. D.

30 millions d’euros pour avancer sur les RER métropolitains
L’idée de faire circuler des RER dans les grandes villes françaises, à l’image du RER francilien, avance. SNCF Réseau vient de remettre, le 9 octobre à Jean-Baptiste Djebbari, un rapport sur les RER métropolitains. Dans ce schéma directeur, SNCF Réseau définit ce que devraient être ces « services express métropolitains » (SEM).
C’est Elisabeth Borne, qui a précédé Jean-Baptiste Djebarri au poste de ministre des Transports, qui avait chargé en mai 2019 le gestionnaire des infrastructures de plancher sur le sujet. « L’objectif ambitieux » du gouvernement est « de doubler la part modale du transport ferroviaire autour des grands pôles urbains d’ici dix ans grâce à la création de services ferroviaires plus attrayants », a expliqué Jean-Baptiste Djebbari.
Cela implique une grande fréquence des circulations qui serait cadencée, des gares ou des haltes aménagées, et un service en correspondance avec d’autres modes de transport. Les grandes métropoles, comme Bordeaux, Strasbourg ou Lyon, réfléchissent déjà depuis longtemps au lancement de tels RER.
Dans une première étape, SNCF Réseau propose aux grandes agglomérations de décider rapidement – d’ici 2022 – du niveau de service qu’elles envisagent, de façon à mettre en œuvre « une stratégie d’investissement cohérente, combinant déploiement de solutions technologiques et aménagement d’infrastructures ».
Reste à financer ces projets qui exigent d’importants travaux. Jean-Baptiste Djebbari a annoncé une enveloppe de 30 millions d’euros, tirés du plan de relance. « Ce sont des moyens qui permettent d’aller vite sur les études », a-t-il expliqué. « Là, nous voulons vraiment raccourcir le temps et permettre d’engager la phase concrète de travaux après la définition des besoins, a-t-il expliqué. On parle d’un horizon 2023-2024 pour la mise en œuvre des premiers travaux. »

Transdev exploitera le réseau de bus de Melun Val de Seine
Et de trois! Transdev a été « pressenti » pour exploiter les lignes de bus de l’agglomération de Melun Val de Seine. C’est le troisième lot gagné par le groupe de transport public après deux autres remportés en juillet dernier dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du réseau de bus en grande et moyenne couronnes parisiennes. Un nouveau succès important pour Transdev, qui détenait jusqu’à présent la moitié de ce marche des bus « Optile ». Ce contrat de délégation de service public débutera au 1er août 2021 pour une durée de 5 ans.
Rappelons que l’autorité organisatrice des mobilités franciliennes, IDFM, a redéfini 36 lots qu’elle ouvre à la concurrence, alors que jusqu’à présent les bus Optile faisaient l’objet de 140 contrats passés de gré à gré. L’ensemble des appels d’offres devrait avoir été lancé d’ici à la fin de l’année, les nouveaux délégataires devraient tous être connus mi-2022 et et les nouveaux contrats devraient tous devenir effectifs d’ici janvier 2023.

Eliane Barbosa devient directrice des Opérations et des Territoires de Gares & Connexions
Jusqu’alors directrice des Ressources humaines et du Management de SNCF Gares & Connexions, Eliane Barbosa est nommée directrice des Opérations et des Territoires. Elle est également membre du Comex.
Cette diplômée d’un master en ressources humaines du CNAM et d’un DESS en management des ressources humaines avait rejoint le groupe SNCF en 2001. Elle va désormais animer les 8 directions territoriales des gares (DTG) qui en pilotent l’exploitation, la maintenance ou les investissements. Elle devient de ce fait l’interlocutrice nationale des autorités organisatrices, à l’exception de l’Ile de France.
Le plan de relance ferroviaire va profiter à l’Auvergne
Le plan de relance ferroviaire commence à être décliné sur le plan régional : Auvergne-Rhône-Alpes et l’État ont signé, le 5 octobre, un accord pour investir 280 millions d’euros dans le réseau ferroviaire auvergnat, qui seront engagés sur les deux prochaines années. Ce qui représente une hausse de 130 % par rapport au contrat de plan Etat-Région (CPER), signé en juillet 2015, qui comportait un volet ferroviaire de 120 millions d’euros sur cinq ans, souligne la région, qui annonce qu’elle double ainsi sa participation.
130 millions d’euros pour Paris-Clermont-Ferrand
Les investissements concernent en premier lieu la liaison ferroviaire Paris – Clermont-Ferrand. Sur cette ligne, un train sur deux arrive avec un retard de plus de cinq minutes entraînant une augmentation globale du temps de trajet. L’État consacrera 87 millions d’euros et la région 43 millions aux travaux qui doivent permettre de gagner 15 minutes sur les trajets avec arrêts, qui passeront de 3 h 30 à 3 h 15. Autres améliorations prévues : un aller-retour supplémentaire doit être créé d’ici 2021 (neuf allers-retours par jour contre huit actuellement) et la régularité des trains devrait passer à 90 % à horizon 2025,.
130 millions pour les petites lignes
L’accord va également permettre d’accélérer l’investissement consacré aux petites lignes régionales qui représentent plus de 500 kilomètres. 130 millions d’euros supplémentaires vont ainsi être investis à parts égales par l’État et par la région (65 millions d’euros venant de la région, 65 millions d’euros de l’État). Déjà, en 2016, un plan de sauvetage des petites lignes auvergnates d’un montant total de 264 millions d’euros avait été annoncé, dont 125 millions d’euros par la Région. Plus de 120 millions d’euros ont déjà été investis sur ces lignes, dont 82 millions par la région.
20 millions pour le fret
Troisième volet du plan de relance : le fret. À l’horizon 2030, cinq lignes de fret ferroviaire sont menacées en Auvergne. La région et l’État ont donc décidé d’investir 20 millions d’euros, 10 millions d’euros chacun, pour rénover Volvic – Le Mont Dore (7,1 millions), Vichy – Puy-Guillaume (4 millions), Riom – Volvic (3,5 millions), Vichy – Cusset (3,5 millions) et La Ferté-Hauterive – Saint-Pourçain-sur-Sioule (2,6 millions). Ces investissements doivent permettre de transporter 1 million de tonnes de marchandises chaque année, soit près de 30 000 poids lourds évités et de « sauvegarder 1 500 emplois directs et indirects », estime la région.
Yann Goubin

Bombardier implante en Suède son centre d’innovation pour la mobilité électrique
C’est à Västerås, à une centaine de kilomètres de la capitale suédoise, que Bombardier implantera son centre d’innovation mondial pour le transport ferroviaire et la mobilité électrique. Ce centre sera édifié à proximité du site de production de Finnslätten, au nord du centre-ville. Dans ce futur centre d’essais, qui « se concentrera sur les technologies de traction électrique de la prochaine génération pour un avenir plus propre pour les transports », les portes seront ouvertes « aux partenaires industriels, universitaires et sociétaux pour collaborer sous un même toit, créant ainsi un puissant réseau de co-création technologique ».
Outre le fait que Bombardier Transport possède déjà à Västerås un site de conception et de production spécialisé dans la traction électrique depuis 137 ans (fondé par ASEA, puis passé par ABB Traction et Adtranz), le constructeur juge que la Suède est l’endroit idéal pour implanter son nouveau centre, dans un pays dont l’écosystème industriel facilite l’innovation par la coopération entre acteurs privés, publics et universitaires.
Le lancement des travaux des nouveaux bâtiments devrait avoir lieu au printemps 2021 et l’inauguration du nouveau centre technologique est prévue pour 2023.
P. L.

La Fnaut attribue ses tickets verts et rouges
L’annulation du congrès annuel de la Fnaut, qui aurait dû se tenir du 2 au 4 octobre à Annecy, n’a pas empêché l’association de défense des usagers des transports publics de décerner ses tickets verts et rouges. Du fait des circonstances, le mode de sélection des tickets 2020 a été quelque peu modifié, qu’il s’agisse du jury (les membres du bureau) ou des critères : « cette année, nous avons choisi de ne pas traiter des sujets traditionnels, comme les tramways, les gares TGV ou les petites lignes, et avons sélectionné des sujets plus originaux », explique Jean Sivardière, vice-président de la Fnaut.
C’est ainsi que les deux premiers sujets retenus pour les tickets verts étaient la limite de vitesse de 80 km/h sur routes sans séparateur central et l’adaptation des transports publics aux personnes handicapées.
Ticket vert pour les collectivités ayant maintenu le 80 km/h
Pour ce qui est du premier sujet, les tickets verts ont été remis aux 32 Conseils départementaux qui n’ont pas réintroduit la limite de vitesse de 90 km/h, alors que la LOM leur permettait de le faire sur certaines routes. « Une décision courageuse », juge la Fnaut.
Pour ce qui est du deuxième sujet, Jean Sivardière a rappelé que « la plupart des gens, même les personnes valides, se plaignent de l’accessibilité des transports publics, malgré l’adoption de trois lois sur l’accessibilité depuis 1975 ». C’est pourquoi la Fnaut a remis « les tickets verts aux villes qui ont fait l’effort », en particulier Grenoble, Rennes, Nantes, Montpellier et Strasbourg.
S’y ajoute un ticket vert remis par le bureau de la Fnaut en reconnaissance des efforts des élus de l’autorité organisatrice Pau Béarn Pyrénées Mobilités, « qui a financé la proposition de l’Association de Défense des Usagers des Transports Aquitaine Grand Pau, pour protéger les jeunes élèves d’un Institut Médico-Educatif qui se rendent quotidiennement des arrêts de bus à leur école ».
Ticket rouge pour une réouverture ratée
Passons maintenant aux tickets rouges, traditionnellement décernés à des réalisations inadaptées ou malvenues. Les thèmes des deux premiers étaient les réouvertures ratées et les travaux routiers concurrents du train.
Et en matière de réouverture, celle de la ligne Belfort – Delle est « complètement ratée, un véritable fiasco, avec une fréquentation extrêmement faible », souligne Jean Sivardière. De quoi justifier un ticket rouge décerné à l’Etat et à la région Bourgogne-Franche Comté. « Tout est à revoir : horaires, correspondances, trains suisses qui ne vont pas au-delà de la gare TGV… », ajoute le vice-président de la Fnaut, qui rappelle qu’en Allemagne, les réouvertures sont généralement couronnées de succès, listant neuf conditions d’une réouverture réussie, aux antipodes des mesures mises en oeuvre sur Belfort – Delle.
Pour ce qui est des tickets rouges remis à l’Etat et aux collectivités concernées pour les travaux routiers sur des axes parallèles aux axes ferroviaires, les cas ne manquent pas. En conférence de presse, Jean Sivardière a cité comme exemples l’A 412 entre Thonon et Machilly, qui va concurrencer le Léman Express dans le nord de la Haute-Savoie, et l’aménagement en deux fois deux voies de la RN 154 entre Orléans et Chartres, alors qu’il est si difficile de rouvrir la voie ferrée voisine..
Regain d’influence du lobby automobile
Enfin, deux tickets rouges sont remis à des autorités organisatrices, l’un à Aix-Marseille, « pour le manque d’accessibilité des transports publics », l’autre à Perpignan-Métropole « pour son très mauvais réseau de transports urbains », à en juger par sa très basse fréquentation (37 voyages par an et par habitant en 2016). « Ces tickets rouges sont décernés indépendamment de toute arrière-pensée politique : ce sont les anciennes majorités qui sont jugées », précise Jean Sivardière.
Plus largement, « nos tickets montrent le regain d’influence du lobby automobile », matérialisé par le retour de 80 à 90 km/h ou les travaux routiers, voire les réouvertures ratées de voies ferrées…La Fnaut avait quand même une raison de se réjouir, avec le lancement de son nouveau site, mis en ligne le 5 ocobre. Un site entièrement réorganisé avec différentes entrées dès la page d’accueil pour orienter le visiteur, selon qu’il soit usager, collectivité, média ou adhérent. Adaptée à une lecture sur smartphone, la nouvelle maquette fait la part belle aux onze Fnaut régionales, avec leurs communiqués, ainsi qu’aux réseaux sociaux. Et comme toujours, les usagers y ont accès aux fiches conseil en ligne pour leur défense.
P. L.

Jérôme Tolot va succéder à Joël Lebreton à la présidence du Conseil de surveillance de Keolis
Directeur général des Chantiers du Cardinal depuis 2017, Jérôme Tolot a été nommé le 2 octobre administrateur de Keolis. Il prendra la présidence du Conseil de surveillance de Keolis à partir du 1er janvier, succédant à ce poste à Joël Lebreton.
Né en 1952, diplômé de de l’INSEAD, de l’Institut d’Études Politiques de Paris et titulaire d’un DESS d’économie, Jérôme Tolot connaît bien les collectivités locales en France et à l’international, ayant auparavant occupé les fonctions d’administrateur et directeur général de Suez Energie Services (devenue Engie Energie Services) et de directeur général adjoint d’Engie, membre du comité exécutif et administrateur de Suez. Il a aussi occupé des responsabilités à la Lyonnaise des Eaux, au cabinet de conseil McKinsey, à la banque Indosuez et au groupe Degrémont.
Avec cette nomination, qui été précédée le 24 août par l’arrivée de Marie-Ange Debon à la tête de Keolis, le chapitre qui s’était ouvert sur la gouvernance de Keolis, après le limogeage brutal de Patrick Jeantet début juin, est clos.

Anne-Sophie Nomblot prend la tête de SNCF au féminin
Après le départ de Francesca Aceto, c’est Anne-Sophie Nomblot qui a repris le 1er octobre le flambeau à la tête de SNCF au féminin. Agée de 39 ans, cette diplômée de l’Edhec travaille pour le groupe SNCF depuis 2008.
« Engagée depuis 8 ans dans le premier réseau féminin d’entreprise par sa taille (8500 membres au compteur), Anne-Sophie Nomblot en est aussi ambassadrice depuis deux ans« , raconte le journal interne de la SNCF, Les Infos. Elle a porté le projet La Boutique Eco (sorte de Bon Coin version SNCF mais en mode dons, une idée qu’elle a développée avec deux autres collègues) alors qu’elle était responsable Développement chez Gares & Connexions. Elle a ainsi fait partie de la première promotion « d’intraentrepreneures » incubées par le réseau.
Parmi ses projets, la nouvelle présidente veut ouvrir davantage le réseau aux hommes (ils ne sont que 17 % à en faire partie) et continuer à agir pour favoriser l’innovation.