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La data au cœur de la stratégie de la SNCF
Après avoir ouvert sa cinquième « maison digitale » à Hellemmes, la SNCF a présenté une nouvelle étape de sa stratégie numérique utilisant massivement la data. Quelques jours plus tard, SNCF Réseau a détaillé sa nouvelle organisation « Nouvel’R » – avec pour ambition de construire un réseau haute performance, de mieux répondre aux attentes des clients et de préparer l’ouverture à la concurrence sur le trafic voyageurs – et son kit méthodologique, reposant lui aussi en partie sur le numérique.
La SNCF vient de créer à Lille sa cinquième plateforme d’accélération numérique, après celles de Saint-Denis, Toulouse, Nantes et Lyon. Implantée dans le technicentre industriel d’Hellemmes, la nouvelle « maison digitale » qui porte, comme les autres, le nom de « 574 », réunit des équipes d’experts et des start-up travaillant sur les métiers ferroviaires et les technologies du futur. Elle travaillera notamment sur « les opérations de type maintenance et l’usine du futur », souligne Benoît Thiers, le directeur général Digital et Systèmes d’information de la SNCF, en expliquant que l’entreprise est en train de devenir un groupe numérique grâce à la donnée. « La data renforce notre performance industrielle. Elle nous permet d’offrir une information personnalisée à chaque client et de faciliter la multimodalité », affirme-t-il.
Chaque jour, la SNCF reçoit 400 millions de données issues des voyageurs et de l’activité ferroviaire sous toutes ses formes. Ce qui permet de générer en retour quotidiennement 4 000 indicateurs de toutes sortes, certains de nature à améliorer les performances du groupe. Que ce soit dans le domaine de la maintenance, de la gestion des circulations ou de l’information voyageur. Avec, à la clé, des gisements de productivité. « Le digital est le levier de transformation globale du groupe », résume le directeur général de e.SNCF.
Un exemple : le projet Data.flux voyageurs utilise des algorithmes pour traiter les informations sur la façon dont les voyageurs combinent les modes de transport pour aller de leur point de départ à leur destination. 620 000 voyageurs ont déjà donné leur accord pour être géolocalisés. Le système permet de plus de voir comment les voyageurs se répartissent ensuite dans les communes alentour. « Nous pourrons identifier les services à mettre en place pour faciliter les pré et post-acheminements. Ainsi, nous produisons une nouvelle information à valeur ajoutée », explique un des concepteurs du projet.
Pour améliorer l’information voyageurs, la SNCF s’est aussi donné l’objectif d’afficher 85 % des voies 20 minutes avant le départ d’un train. Le projet Data IV analyse les données d’informations de la gare pour créer des indicateurs gare par gare. En février 2018, on comptait une trentaine de gares équipées de ce système. En juin, il y en avait 91 nouvelles, ce qui a permis d’améliorer le taux d’affichage pour les deux tiers d’entre elles.
Autre projet, Vibrato est une appli équipant les smartphones de conducteurs et permettant d’enregistrer les vibrations aux passages des trains. Les informations sont croisées avec celles d’autres trains passés aux mêmes endroits. Si une vibration anomale est détectée, une équipe est envoyée sur place pour vérification. Ce projet est actuellement testé par 40 conducteurs de TER et de Transilien basés en gare de Paris-Est.

Avec le système Lidar, des capteurs placés sous les trains pourront scanner en 3D l’intégralité du réseau en une heure seulement. Même démarche avec les Lidars qui scannent l’intégralité des voies en 3D, grâce à des capteurs placés sur les trains de surveillance du réseau. La supervision du réseau est effectuée avec une très grande précision (de l’ordre de quelques millimètres) et beaucoup plus rapidement qu’avec le dispositif traditionnel : des équipes de trois à quatre personnes marchant le long des voies pour inspecter visuellement les voies, ce qui peut leur prendre six semaines pour inspecter une cinquantaine de kilomètres (contre une heure avec le système Lidar). La maintenance devient prédictive. « Les bénéfices en termes de productivité et de sécurité sont conséquents : nous pouvons intervenir avant qu’un incident n’arrive », souligne la SNCF.
Plus globalement, la SNCF est en train de construire un jumeau numérique du réseau. « Il comprend trois couches : la description physique du réseau, la description des composants, et la description du fonctionnement », précise Claude Solard. « Il va changer l’exercice des métiers de SNCF Réseau, va réduire les coûts et augmenter l’efficacité », précise le directeur général délégué Sécurité Innovation et Performance industrielle. Selon lui, il va non seulement favoriser la maintenance prédictive mais aussi permettre de simuler des situations perturbées pour s’exercer à réagir en conséquence.
Autre avancée, la signalisation numérique. « On va passer d’une logique de signalisation physique à une logique de signalisation numérique qui s’adresse directement aux trains », poursuit Claude Solard. Traduction concrète : on pourra augmenter la capacité d’une ligne en diminuant la distance entre les trains. Ainsi, une ligne très chargée comme Paris – Lyon, actuellement empruntée par un maximum de 13 trains par heure, pourrait passer à 16 par heure.
Toujours au chapitre de la gestion des circulations, la SNCF planche sur la gestion en temps réel. « Demain, il sera possible de replanifier l’ensemble des circulations en temps réel en cas d’incident », annonce Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau.
Pour Benoît Thiers, la SNCF est donc en train de changer d’échelle. « On passe de données captées et traitées en quelques mois, à des données captées et traitées en quelques heures. » Les gains de productivité attendus sont importants : il serait possible, selon lui, d’abaisser les coûts de 20 %. Tout cela incite la SNCF à investir fortement dans le numérique : 300 millions d’euros vont de nouveau être investis cette année, comme cela a déjà été le cas en 2017, après 200 millions en 2016 et 150 millions en 2015.
Marie-Hélène POINGT

VDL. Un regard sur l’avenir de l’autocar
Jamais en Europe le transport par autocar n’aura eu autant le vent en poupe. Ce marché suscite l’intérêt grandissant des constructeurs, tel le groupe néerlandais VDL qui a choisi de s’associer au motoriste DAF ainsi qu’au spécialiste des transmissions ZF pour définir l’autocar de l’avenir. C’est le Futura de nouvelle génération, qui fait aujourd’hui son apparition.

C’est dans le parc du château de Saint-Gerlach, à Maastricht (Pays-Bas), que VDL avait choisi de dévoiler l’autocar Futura FHD2 de nouvelle génération. C’est étonnamment le leader européen de l’autobus électrique, avec bientôt plus de 380 véhicules en exploitation sur 14 réseaux, dont cent tout récemment livrés à Amsterdam, qui, aujourd’hui, le clame : « La transition énergétique porte bien son nom, car elle ne signifie en rien la nécessité d’un basculement brutal. » Certes, pour Henk Coppens, le charismatique président-directeur général du constructeur néerlandais VDL Bus & Coach, il est désormais tout à fait clair que la propulsion, dans le futur, sera électrique, et que cette technique ne s’appliquera pas seulement aux autobus. Les autocars, les camions et les utilitaires légers seront tout aussi concernés. A l’évidence, les transports publics doivent être le moteur de cette transition. Toutefois, Henk Coppens entend bien continuer à investir dans la propulsion diesel, qui n’a décidément pas dit son dernier mot. Aujourd’hui, le groupe VDL compte 97 sociétés, dont 70 aux Pays-Bas.
Fort de son chiffre d’affaires de cinq milliards d’euros et de ses quelque 17 000 collaborateurs, il œuvre dans de nombreux secteurs de pointe, et ses travaux de recherche et développement s’étendent même jusqu’à la physique fondamentale avec, entre autres, les accélérateurs de particules. « En fait, VDL fonctionne comme un pool de connaissances, qui peuvent être mutualisées partout à l’intérieur du groupe, explique Henk Coppens. Mais dans le même temps, nous sommes indépendants, et nous pouvons donc, à la fois, choisir nos investissements et intégrer les meilleures technologies du moment, car nous sommes libres ! »

Vue côté « offside », la silhouette du véhicule apparaît plus fluide encore. Cette approche singulière, entièrement tournée vers l’expertise, caractérise bien l’activité Bus et car du groupe, qui dispose de six sites industriels en Belgique et aux Pays-Bas, emploie 2 300 collaborateurs, et produit 1 500 véhicules par an. Devenu leader européen de l’autobus électrique par la force des choses, VDL n’en a pas, pour autant, oublié que, selon le mot de Henk Coppens, « il a toujours eu la passion du car ». C’est pourquoi le constructeur néerlandais a décidé de marquer d’une pierre blanche l’histoire de ce mode de transport, dont la part modale ne cesse d’augmenter actuellement dans les pays européens, en créant son Futura de nouvelle génération.
Libre de ses choix en matière d’investissements, VDL a voulu jouer la carte de la perfectibilité du diesel, même s’il assure qu’il travaille d’arrache-pied sur des versions d’autocars hybrides et 100 % électriques qui pourraient, selon ses dires, créer la surprise d’ici peu. Et libre de ses choix en matière de partenariats, le constructeur s’est associé avec DAF et ZF pour concevoir son tout nouveau Futura. En réalité, il s’agit là d’une politique d’investissement à long terme menée conjointement avec ces deux industriels.

Le poste de conduite du Futura à étage FDD2 dont le tableau de bord, largement dimensionné, s’inscrit dans le plus pur style VDL. On remarque que le nom de « Futura » n’est pas nouveau en soi. A l’image de nombre d’autres constructeurs (Mercedes avec le Citaro, MAN avec le Lion’s City, etc.), VDL réutilise, de génération en génération, ce qui est vite devenu une marque générique. Ainsi, le premier Futura était apparu en 2010. Plus de 3 500 véhicules portant ce nom ont été produits à ce jour. Grâce à eux, le constructeur occupe une position stable dans le domaine de l’autocar en Europe occidentale avec, en moyenne, 8,6 % de parts de marché. Selon Pieter Gerdingh, directeur commercial Autocars de VDL, « le constructeur possède une clientèle fidèle, qui apprécie notamment la stratégie consistant à offrir une gamme très large, et donc apte à couvrir toutes les demandes ».
Pour concevoir son nouveau Futura, VDL a étudié, avec beaucoup d’attention, les nouveaux challenges du transport par autocar en Europe. Au rang de ces principaux challenges, on trouve, en premier lieu, la pénurie croissante en conducteurs qui, cette année, a pris, dans certains pays, des dimensions jamais égalées, obligeant parfois à des revalorisations salariales. Il y a aussi l’émergence d’opérateurs de plus en plus gros, souvent nés de l’acquisition de plus petits exploitants qui, s’ils veulent survivre en indépendants, doivent serrer toujours davantage leurs marges. Ces nouveaux arrivants se professionnalisent très rapidement, et bousculent totalement le marché de l’intercités « longue distance », en se positionnant désormais comme des concurrents frontaux du transport ferroviaire. Il y a enfin l’augmentation du prix du gazole. Du coup, le TCO (Total cost of ownership, ou coût total de possession) devient, plus que jamais, l’un des paramètres les plus prégnants.
Une régulation prédictive de la puissance
« Nous avons interrogé des centaines de clients pour pouvoir mieux comprendre comment il nous fallait changer les dispositions constructives de nos autocars, aux seules fins de parvenir à une diminution réellement importante des frais de maintenance », témoigne Pieter Gerdingh. La réponse s’est concrétisée dans le Futura de nouvelle génération, avec un bouquet de solutions qui sont autant d’innovations. Ainsi, le développement d’une toute nouvelle chaîne cinématique réduit déjà, à elle seule, de 3 % la consommation de carburant.
Sur la base d’un parcours annuel moyen de 120 000 km, cette réduction se traduit déjà par quelque 1 000 euros économisés, chaque année, par le transporteur ! En option, l’adjonction du nouveau système PPC (Predictive powertrain control, ou régulation prédictive de la puissance) permet une économie supplémentaire de 2,5 %, soit au total une diminution de 5,5 % de la consommation. C’est-là un pourcentage tout à fait considérable dans le bilan d’utilisation d’un autocar.
Le PPC se révèle surtout intéressant en terrain vallonné et, plus encore, en montagne. Pour son fonctionnement, il se sert du GPS couplé à une base de données sur la topographie et le profil en long des routes empruntées. Grâce à lui, à chaque instant le véhicule sait précisément où il se trouve par rapport à une côte ou une descente qu’il doit aborder ou qu’il parcoure déjà, et il en connaît la longueur et la déclivité. A l’approche d’une côte, le PPC va automatiquement choisir le bon rapport de boîte, puis il va gravir cette montée sur le rapport calculé comme le plus économique. Ensuite, peu avant d’atteindre le sommet, le système sélectionne la position neutre de la boîte, afin que le véhicule puisse pleinement profiter de l’énergie cinétique qu’il a acquise en se lançant dans la montée, et qu’il achève ainsi de la gravir sur sa seule inertie (autrement dit « sur l’erre ») sans rien consommer. Dans la pente qui suit, la position neutre demeure active jusqu’au bas de la descente où, à nouveau, le rapport de boîte le mieux adapté va se trouver automatiquement sélectionné. Le paramétrage préalable s’effectue simplement en entrant trois valeurs de vitesse : l’allure de croisière souhaitée, ainsi que les limitations supérieure et inférieure. Le supplément facturé pour acquérir l’option PPC devrait se situer aux alentours de 2 500 euros. Ce surcoût à l’achat pourrait paraître élevé, mais le jeu en vaut largement la chandelle dès lors que le car est appelé à circuler régulièrement dans des zones présentant de fréquentes déclivités…
La ZF Traxon automatisée devient la boîte standard
Avec le Futura de nouvelle génération, la boîte ZF Traxon à 12 vitesses devient le standard sur les autocars. On l’aura compris : il s’agit bien d’une boîte automatisée. Et l’on remarque à l’occasion que si, jusqu’à une époque récente, la transmission manuelle avait gardé la faveur des autocaristes, la tendance s’est aujourd’hui totalement inversée. Les performances de la nouvelle ZF Traxon ne pourront d’ailleurs que conforter la popularité de telles boîtes sur les autocars. Comme aime à le préciser Ralf Weber, directeur Qualité chez l’industriel ZF, la Traxon a été conçue « en partant d’une feuille blanche ».
Et elle se caractérise déjà par un temps très court pour les changements de rapport, qui minore significativement l’interruption de l’effort. Un ensemble de capteurs surveille les divers paramètres cinématiques pour que ce changement s’effectue toujours en souplesse, exactement à la bonne vitesse, et tout en garantissant une accélération globale optimale. Une fonction « Hill Start » aide même au démarrage en côte, en calculant, à partir de la masse du véhicule et de la valeur de la déclivité, l’effort de traction requis pour un départ rapide et confortable. L’efficacité mécanique de la boîte, au demeurant d’un fonctionnement très silencieux (35 % d’émissions sonores en moins, soit -6 dB !), a pu être améliorée de 5 % par rapport à la génération précédente AS Tronic. Cette nouvelle boîte offre le meilleur ratio « couple/masse » du marché, avec 8,24 Nm/kg, valeur calculée en incluant, en outre, le ralentisseur dont la puissance peut atteindre les 600 kW (selon le système de refroidissement du véhicule).
Enfin elle est conçue pour pouvoir supporter 66 % de changements de rapport et 50 % de cycles d’embrayage supplémentaires par rapport à l’AS Tronic, ce qui en dit déjà long sur sa fiabilité et sa longévité ! Le constructeur VDL fait, au demeurant, figure de pionnier dans l’expérimentation de cette toute nouvelle transmission. Toutefois, pour des applications très particulières (lignes régulières, itinéraires très accidentés en montagne, utilisation importante en haute altitude ou en trafic urbain dense), la boîte ZF Ecolife « autocar », entièrement automatique, reste disponible sur tous les modèles, car elle est alors pleinement adaptée.
Egalement au chapitre de la profitabilité, il convient de noter l’allongement des intervalles de révision des motorisations à 100 000 km (voire 200 000 km pour les kilométrages annuels élevés), ainsi que de ceux des vidanges jusqu’à 200 000 km. Toujours pour un véhicule censé parcourir annuellement 120 000 km, ces allongements d’intervalles peuvent faire économiser au transporteur, chaque année, quelque 500 euros supplémentaires. L’optimisation de l’environnement du moteur se traduit aussi par une facilitation de l’entretien courant, et les coûts de maintenance et réparation chutent de 6 %. Grâce à la nouvelle chaîne cinématique, la masse du véhicule diminue de 100 kg, ce qui a permis, dans la foulée, de rationaliser la répartition spatiale de cette masse au profit du comportement dynamique et de la tenue de route. Enfin, VDL offre trois ans et 300 000 km de garantie totale.
Cette offre alléchante résulte directement, selon le constructeur, de sa décision de ne produire qu’en Europe : « Ce serait si facile d’aller voir ailleurs pour s’approvisionner, s’amuse Henk Coppens, sauf que la création d’emplois aux Pays-Bas et en Belgique reste, plus que jamais, notre priorité. »
Des moteurs DAF qui permettent le « downspeeding »…

En partie grâce à la compacité de la motorisation, l’utilisation de l’espace au-dessus
du porte-à-faux arrière constitue un parfait exemple d’optimisationSur le Futura de nouvelle génération, la boîte ZF (automatisée ou automatique) est couplée au moteur DAF MX-11, disponible lui-même en trois puissances : 270 kW, 300 kW et 330 kW. La version à étage (deux niveaux) reçoit le moteur MX-13 de 390 kW en équipement standard, le MX-11 pouvant néanmoins être monté en option. Avec sa gamme MX Euro VI, le constructeur DAF a réussi à développer un tout nouveau concept de moteur diesel qui, comme se plaît à le souligner VDL, « tire le maximum d’énergie de chaque goutte de carburant ».
Bloc moteur, pistons, admission ou encore refroidissement ont été entièrement repensés. Un soin tout particulier a été apporté à la réduction des frottements entre les différentes pièces en mouvement, toujours générateurs de dissipation d’énergie par échauffement. Les auxiliaires, telles les pompes, sont désormais commandés pour ne fonctionner que lorsque leur action s’avère réellement nécessaire.
Autre particularité des nouveaux moteurs MX, ils sont capables de développer leur puissance maximale dès qu’ils atteignent les 900 tours par minute. Selon les versions proposées, ces moteurs disposent également d’un couple supplémentaire qui varie de 50 à 300 Nm. Grâce à la combinaison des douze vitesses de la boîte automatisée

La nouvelle famille des moteurs MX, développée
par le constructeur DAF, a été conçue pour tirer
le maximum d’énergie de chaque goutte de carburant.ZF Traxon et du rapport de réduction à 1/2,71 du nouvel essieu arrière, on obtient une diminution du régime moteur de 100 tours par minute à la vitesse de croisière de 100 km/h. Cette technique dite du « downspeeding » contribue, pour beaucoup, aux économies de carburant précitées.
Livrable en option pour le véhicule à un seul niveau sur deux essieux, et en tant que monte standard sur son équivalent à trois essieux, le MX-11 de 300 kW est apte à développer son couple maximal de 2 100 Nm dans l’entièreté de la plage des 900 à 1 100 tours par minute. Cette aptitude remarquable confère au Futura une grande souplesse de conduite. Par ailleurs, sur l’autocar à deux niveaux, VDL a choisi de proposer, en option, le MX-11 de 330 kW couplé à la boîte automatique ZF Ecolife, afin d’en faire alors un véhicule capable d’être extrêmement à son aise sur les lignes régulières ainsi que sur les parcours urbains en circulation dense. Nul doute que l’essor actuel du trafic intercités par autocar, en Europe occidentale, aura joué son rôle dans ce choix stratégique pour le constructeur… S’il étonne par sa vélocité, avec des accélérations toutes en souplesse et sans jamais de « trou » au passage des vitesses, le Futura de nouvelle génération surprend aussi par ses capacités de freinage. A 100 km/h, la superposition des efforts de retenue du ralentisseur et du frein moteur suffit à provoquer une décélération supérieure à 1 m/s2 là où, sur les anciennes générations (avec le seul ralentisseur), on plafonnait à 0,8 m/s2. Plus spectaculaire encore, à 30 km/h on dépasse maintenant les 1,4 m/s2, contre seulement 0,8 m/s2 antérieurement. Il s’agit d’un frein moteur par compression, dénommé DEB (DAF engine brake), qui peut être mis en action par une commande à main droite sur la colonne de direction. La vitesse peut ainsi être significativement réduite sans recours au frein de service, ce qui entraîne, là encore, une contribution positive à la diminution des frais de maintenance. Le DEB a également un impact favorable sur le fonctionnement de la boîte de vitesse qui peut réagir plus rapidement grâce à l’accélération de la réduction du régime moteur qui s’ensuit.

Les soutes à bagages, généreusement dimensionnées, présentent une très bonne accessibilité. Une réduction de la masse et un meilleur dynamisme
La véritable « chasse aux kilos », à laquelle VDL s’est livré sur son Futura de nouvelle génération (100 kg gagnés sur la masse totale du véhicule), s’est accompagnée de la redistribution des équipements, qui a débouché in fine sur une considérable économie d’espace. Ainsi, le système de traitement des gaz d’échappement a perdu quelque 50 kg et, par la même occasion, pas moins de 40 % de son volume ! Voilà qui se révèle d’autant plus intéressant pour l’autocar à deux niveaux, où le dimensionnement des différents espaces reste toujours particulièrement contraint à cause du gabarit, puisqu’on a pu, dans ce cas précis, améliorer considérablement l’accessibilité des soutes à bagages. De même, la masse de la nouvelle boîte automatisée ZF Traxon, au carter en aluminium, est inférieure de 20 kg par rapport à celle de la génération précédente. Il convient de noter que la réduction de masse concerne, presque exclusivement, la région au-dessus du porte-à-faux arrière du véhicule. C’est pourquoi elle se révèle particulièrement vertueuse pour le

Les aménagements intérieurs de la version
à étage FDD2.comportement dynamique du véhicule. Le radiateur du système de refroidissement a été déplacé vers la gauche, et le nouvel agencement du compartiment moteur, réalisé à l’occasion, économise grandement l’espace tout en op
timisant l’accessibilité aux différents organes mécaniques. Ce ne sont pas les techniciens de la maintenance qui s’en plaindront ! Enfin, les nouveaux moteurs DAF Euro VI peuvent également fonctionner en brûlant du carburant HVO (Hydrotreated vegetable oil, huile végétale hydrotraitée). Avec un tel carburant, le Futura de nouvelle génération rejettera 80 % de dioxyde de carbone (CO2) en moins, comparé au diesel traditionnel. De quoi patienter dans l’attentedes prochaines versions hybride et électrique sur lesquelles le constructeur doit présentement phosphorer…
Philippe Hérissé

Les places tout à l’avant profitent de la vue frontale dégagée. 
23 ans d’immobilisme
Tribune. Par Jean-Marc Reinberger, cadre honoraire de la SNCF et ancien militant syndical.Depuis la grande grève de 1995, (la grogne avait débuté dès mars, bien avant les élections et donc le plan Juppé : il était déjà question de fermer 12 000 km de lignes !) rien ou presque rien n’a évolué en profondeur dans le système ferroviaire français, contrairement à ce qui s’est fait chez nombre de nos voisins, parce que :
– Les gouvernements successifs, dans un pays en perpétuelle campagne électorale, n’ont pas osé prendre leurs responsabilités, mais n’ont pas non plus repris la dette historique (celle imputable à l’infrastructure) alors même que la directive 1991/40 l’imposait ce qui a été fait en Allemagne par exemple ! Il est facile aujourd’hui de dénoncer une dette devenue abyssale !
– La SNCF pour ne pas faire trop de vagues car plus préoccupée par la « paix sociale » que par la nécessaire évolution en interne s’est contentée de mesurettes, alors que la grille salariale qui, elle, fait partie du statut explosait car conçue avant 1995 pour un effectif de 120 000 cheminots, objectif qui devait être atteint dans un délai rapproché, notamment grâce aux fermetures de lignes !
– Les organisations syndicales se sont, elles aussi par stratégie électorale souvent, par idéologie quelques fois, arc-boutées sur des acquis, jouant la politique de l’autruche,
Or, tout le monde ou presque était conscient et savait que tôt ou tard, ne serait-ce que parce que la dette deviendrait insupportable pour tous, Etat, citoyens et cheminots, le grand soir viendrait. Ce n’était qu’une question de temps.
Statut et réglementation du travail
Trop souvent il est fait un amalgame entre statut et réglementation du travail. Or, ce qui pose problème ce n’est pas forcément le « Statut » (hormis la partie grille salariale qui est inadaptée), c’est la rigidité de la réglementation du travail qui elle n’a rien à voir directement avec le statut, contrairement à ce que d’aucuns prétendent.
La convention collective nationale de la branche ferroviaire de 2016 a été quasiment imposée car à l’époque déjà la plupart des organisations syndicales ont soit refusé de négocier réellement, restant dans la surenchère et voulant imposer le droit du travail SNCF aux nouveaux entrants, soit ont traîné les pieds.
Or, il y avait certainement matière à conclure un accord gagnant-gagnant qui aurait notamment permis, à cause de la spécificité du métier de cheminot, d’inclure nombre de dispositions de la réglementation du travail SNCF et même du statut dans cette réglementation désormais applicable aux nouveaux entrants, et certainement à la SNCF après la réforme en cours.
C’est cette rigidité de la réglementation du travail SNCF, conjuguée à des frais de structure très (trop ?) importants qui font que le kilomètre.train produit par la SNCF est supérieur de 30 % (sinon plus) à celui des voisins, historiques ou nouveaux entrants.
Dans ces conditions le risque de perdre des marchés dès lors que la concurrence arrivera est important.
La concurrence
Il est ici nécessaire de rappeler que les premiers textes sur le sujet datent de plus de 15 ans. D’ailleurs dès 2004, la SNCF mettait en place un groupe de travail (auquel j’ai participé) intitulé « Anticipation transport public » piloté par l’actuelle ministre des Transports Mme Borne, à l’époque directrice de la Stratégie à la SNCF.
Un tour d’Europe a permis de faire le point sur ce qui s’est fait là où la concurrence était présente sur les rails, Grande-Bretagne, Suède et surtout Allemagne. Les principaux points relevés par les participants à ce groupe de travail étaient :
– Suppression du statut (qu’il soit spécifique entreprise ferroviaire ou bien fonctionnaire) pour les nouveaux embauchés des entreprises historiques, mais en face il y a un accord de branche de haut niveau !
– En cas de perte de marché : transfert automatique du personnel sauf refus. Mais, dans ce cas affectation sur un poste différent et peut-être dans une autre région.
– Conducteurs et personnel commercial (accompagnement et vente) polyvalents.
– Concurrent susceptible d’entretenir lui-même son matériel, souvent loué à des entreprises spécialisées.
– Réglementation du travail pouvant être différente de celle de l’entreprise historique.
Or, là encore, personne n’a osé réagir, refusant quasiment toute évolution en interne, les uns souhaitant éviter un conflit majeur, les autres espérant que le chemin de fer français serait épargné ! D’aucuns, lors du conflit ont pris comme exemple la situation du Fret pour prédire l’avenir du transport voyageurs après ouverture à la concurrence !
Faire un parallèle avec le fret en France, ouvert depuis 2006, relève de la malhonnêteté intellectuelle. En effet, la concurrence existe partout en Europe, mais il n’y a qu’en France que le trafic marchandises s’est écroulé alors que dans le même temps il progressait quasiment partout ailleurs !
En tout état de cause : partout où le TER est soumis à la concurrence, les trafics ont progressé, y compris sur des « petites » lignes qui ont souvent été redynamisées par une exploitation innovante et ainsi sauvées de la fermeture. Il suffit de regarder ce qui s’est fait dans nombre de Länder allemands où le réseau TER est ouvert à la concurrence depuis 1996 !
Enfin, je rapporterai les propos tenus par le responsable du syndicat allemand Transnet en 2006 : « Avec le recul, il est évident que l’arrivée de la concurrence a été bénéfique pour la DB : la remise en cause nous permet aujourd’hui de regagner des parts de marché ! »
La réforme engagée par le gouvernement
1995 n’a pas servi de leçon, les responsables politiques n’ont rien appris :
– d’abord présenter les cheminots comme étant des privilégiés et des nantis pour récupérer le soutien des Français lambda et monter les citoyens les uns contre les autres. Affligeant.
– Annoncer des salaires moyens qui ne veulent rien dire, la grande majorité des grévistes sont bien en deçà des 3 100 euros affichés !
– Faire croire que le statut est responsable de tout ce qui ne fonctionne pas à la SNCF, notamment du surcoût d’exploitation par rapport à nos voisins est une contre-vérité !
– Faire un amalgame entre dette et dysfonctionnements.
– Envoyer dans les médias des gens qui n’y connaissent rien et qui par leurs propos à côté de la plaque mettent de l’huile sur le feu.
Et pourtant tout était réuni pour avancer, à condition de commencer par le début :
– tout d’abord, assainir la situation financière de la SNCF en reprenant la dette historique comme le prévoit la directive 91/440, ce qui aurait mis l’entreprise en position d’égalité vis-à-vis des nouveaux entrants, mais aussi réduit les charges de la SNCF et certainement calmé beaucoup d’ardeurs belliqueuses.
– Ensuite seulement, mettre l’ouverture à la concurrence sur la table en la négociant réellement et en même temps faire évoluer, par la négociation, la réglementation du travail (convention collective) qui sera applicable à tous les cheminots actuels et futurs (SNCF et nouveaux entrants) en s’inspirant du statut car il y a des choses positives, pour éviter le dumping social.
– Enfin, pourquoi ne pas transformer en SA, mais à la fin de la réforme, en y mettant des garde-fous !
Oui, une réforme était nécessaire, mais la méthode employée est plus que contestable. Le gouvernement a ainsi réussi l’exploit de faire l’unité syndicale en liguant l’ensemble des fédérations de cheminots, chose qui n’était plus possible depuis 1995 ! Ce conflit, long et dur, s’est terminé en queue de poisson. Il laissera indéniablement des traces car nombreux sont ceux qui se posent la question : et maintenant ?

La Chine se rapproche de Hongkong
La Chine s’est ancrée un peu plus fortement à Hongkong le 23 septembre, lors de la mise en service des derniers 26 kilomètres de la ligne à grande vitesse Guangzhou – Shenzhen – Hongkong. Cette ligne, qui traverse la Chine du nord au sud, s’arrête dans une des plus grandes gares TGV du monde, la nouvelle station Kowloon West, dans la partie continentale de Hongkong. C’est d’ailleurs la loi chinoise qui s’appliquera dans l’enceinte ferroviaire ainsi qu’à bord des trains. Des trains qui desserviront 44 destinations à la vitesse maximale de 200 km/h et seront exploités par l’opérateur de Hongkong, MTR.

Jérôme Laffon, directeur Marketing de Voyages SNCF
A 46 ans, Jérôme Laffon a remplacé Pierre Matuchet, désormais directeur de la Production et des Systèmes d’informations TGV, à la tête du Marketing de Voyages SNCF. Diplômé de HEC, il est entré à la SNCF en 1998 pour diriger le programme Grand voyageur. Après avoir été directeur opérationnel à Paris-Nord, il rejoint Eurostar dont il deviendra le directeur général France. Il a ensuite été nommé en 2012 directeur France de Voyages-sncf.com avant de devenir directeur commercial, Marketing et Services de l’axe Atlantique en 2016, poste qu’il a occupé jusqu’à cette nomination.

Karos choisie pour désembouteiller la zone aéronautique de Toulouse
Du 18 septembre à début octobre, la start-up Karos présente sa solution de covoiturage domicile – travail aux 38 000 salariés des quatre entreprises de la zone aéroportuaire et aéronautique de Toulouse-Blagnac (Aéroport, Airbus, ATR et Safran) qui l’ont choisie dans le cadre d’un appel d’offres sur trois ans faisant partie du projet européen Commute(1). L’application sera personnalisée pour chaque entreprise et combinera des données en temps réel de covoiturage, des lignes de transports en commun de Tisséo et des lignes de transport privé d’Airbus et d’ATR opérées par Transdev (avec lequel Karos vient de signer un partenariat pour utiliser les données qui ne sont pas ouvertes).
C’est le plus gros contrat de la start-up parisienne qui annonce une croissance d’usage de son application de 8 % par semaine depuis deux ans et un déploiement sur 500 sites regroupant 60 000 salariés (à La Réunion, en Normandie, en Ile-de-France, avec le ministère des Finances, Accor Hotels ou HEC…) « Jusqu’à présent nous connections des sites de 500 à 2000 salariés, explique Olivier Binet, le président et cofondateur de Karos. Ce contrat est hors norme pour nous. Airbus ne peut pas être considéré comme un seul site tellement c’est grand. C’est une ville dans la ville. Il a fallu développer des modalités de matching qui ne se jouent pas à l’adresse mais sur des dizaines de parkings différents. »
L’atout de Karos est un algorithme qui apprend à connaître les habitudes des utilisateurs (origine – destination, itinéraires, horaires, vitesse moyenne, temps de parcours) afin de prédire leurs besoins avec une fiabilité annoncée de 80 %. Les conducteurs n’ont pas besoin d’annoncer chaque jour leurs trajets pour que les utilisateurs reçoivent des propositions de mise en relation pertinentes. Les estimations sont remises à jour toutes les six heures.
Chaque passager paye dix centimes d’euros le kilomètre, ou 1,5 euro s’il fait moins de 15 km, entièrement reversés au conducteur qui peut espérer 72 euros d’économie par mois en moyenne. Et les salariés des quatre entreprises partenaires bénéficient de deux trajets gratuits s’ils sont porteurs d’un forfait de transport Tisséo. Le trajet retour est garanti en taxi ou VTC. De quoi rassurer et inciter les salariés de ces quatre entreprises qui ne sont que 10 % à utiliser les transports collectifs pour se rendre au travail. Les sociétés impliquées dans Commute peuvent encourager leurs salariés à utiliser le service par des places de parking réservées au covoiturage ou un éventuel abondement partiel (non encore annoncé). La gestion des données personnelles respecte la RGPD (règlement général sur la protection des données) : l’employeur ne recevra que les données agrégées (nombre de covoiturages, de covoitureurs actifs…) et non les données individuelles des salariés, sauf accord individuel de leur part.
Karos a choisi de financer sur ses fonds propres l’abondement pour les salariés abonnés aux transports en commun de Tisséo, en espérant que l’autorité organisatrice des transports de l’agglomération toulousaine prenne le relais, comme cela s’est produit en Ile-de-France. La start-up est aussi en contact avec d’autres entreprises de la métropole. « Toulouse est devenu une zone prioritaire de développement pour nous, comme Bordeaux », indique Olivier Binet, qui est en train de recruter des commerciaux pour renforcer sa présence dans le Sud-Ouest.
Catherine STERN
(1) Acronyme pour COllaborative Mobility Management for Urban Traffic and Emissions reduction. Un projet à 5,24 millions d’euros, financé à 80 % par l’Union européenne, visant à améliorer l’écoulement du trafic aux heures de pointe et l’accessibilité de la zone aéronautique et aéroportuaire de Toulouse-Blagnac, à mettre en place un système collaboratif de gestion de la mobilité et à améliorer le transfert modal des salariés.

Adnane El-Qotni nouveau directeur de Rhônexpress
La société concessionnaire Rhônexpress a nommé le 1er septembre Adnane El-Qotni comme nouveau directeur. A 35 ans, ce diplômé de l’Ecole spéciale des travaux publics et de l’industrie connaît bien les domaines du partenariat public-privé et de la concession. Il a en effet commencé sa carrière chez Eiffage Concessions en charge de montages d’opérations en partenariat public privé de différents projets d’infrastructure de grande envergure. Il a rejoint ensuite Vinci Concessions en 2011 comme directeur de projets d’infrastructures de transport puis comme coordinateur de la zone France pour le développement de projets autoroutiers en concession.
Adnane El-Qotni remplace Julien Bert, amené à évoluer vers de nouvelles responsabilités au sein de Vinci Airports.

Naissance de deux réseaux de transport urbain
L’association Agir a annoncé, en cette rentrée, que deux de ses adhérents avaient créé un nouveau réseau de transport urbain : les communautés d’agglomérations de Privas (photo) et d’Hermitage-Tournonais-Herbasse-Pays de Saint-Félicien.
La première, Privas, compte 42 communes et proposera du transport scolaire ouvert à tous, des lignes régulières pour relier les principaux pôles, un réseau urbain sur le bassin privadois et du transport à la demande sur les communes non desservies par le réseau urbain.
La seconde, dite aussi Arche Agglo, a quant à elle mis en service deux lignes totalisant 31 arrêts qui seront desservis par deux minibus marqués à l’image du réseau Le Bus.

Le consortium Flow, avec Alstom, remporte les lignes 3, 4, 5 et 6 du métro de Riyad
Le consortium Flow, formé par Ansaldo STS (groupe Hitachi), Ferrovie dello Stato, avec Alstom, a pour sa part remporté le contrat d’exploitation des lignes 3, 4, 5 et 6 du métro de Riyad. Cette information, comme celle concernant la RATP, était attendue. La valeur totale pour le consortium atteint près de 10,9 milliards de riyals saoudiens (2,5 milliards d’euros) sur 12 ans. Selon le communiqué d’Alstom, la part relative à la maintenance du matériel roulant et des systèmes d’infrastructure représente plus de 730 millions d’euros.
Alstom réalisera ainsi, au sein du consortium, la maintenance complète du système de transport. Cela concerne les trains fournis par Alstom pour les lignes 4, 5 et 6 ainsi que les trains de la ligne 3, fournis par Bombardier, mais aussi les installations fixes telles que les voies, la signalisation, la communication, les systèmes d’information aux passagers et l’alimentation électrique.
Les lignes 3, 4, 5 et 6, d’une longueur totale de 113 kilomètres, comportent 50 stations, dont deux stations principales, cinq stations avec correspondances, trois dépôts et trois centres de contrôle opérationnel. Les services incluent également l’exploitation du métro, la sécurité, l’assistance aux passagers, la gestion des installations, la maintenance des bâtiments (stations, parkings, routes, dépôts…) et le système complet de transport, incluant les trains, la signalisation, les télécommunications, l’alimentation électrique et l’information passagers, parmi d’autres.
Comme pour les lignes 1 et 2, le contrat comprend un objectif minimal de 45 % de contenu saoudien, mais aussi un niveau minimal de 55 % d’apport et de services locaux liés à l’exploitation du métro de Riyad, en plus du support logistique sur place.

Transdev et Keolis testent des navettes sur route ouverte à Montréal
A quand des navettes autonomes électriques sur la voie publique ? La question reste posée alors que les expériences se multiplient à travers le pays. En région parisienne notamment, IDFM associée à Keolis ou à la RATP tente de repousser davantage les limites avec des véhicules autonomes au milieu des piétons sur le parvis de La Défense ou dans le (faible) trafic routier à l’intérieur du CEA de Saclay. Mais il reste un verrou législatif avant de pouvoir tester une navette autonome dans la circulation routière. Ce frein a sauté en avril dernier au Canada où les opérateurs français Transdev et Keolis sont déjà bien implantés. C’est donc logiquement dans ce pays et plus précisément à Montréal que se poursuivent les expériences. Transdev a ouvert le bal le 10 septembre en assurant la desserte interne du Parc Olympique en circuit fermé. Equipée de deux navettes du constructeur français EasyMile, cette courte ligne de 700 m doit être prolongée dès l’automne en traversant des carrefours routiers.
Mais c’est véritablement Keolis qui innove avec ses navettes autonomes Navya. A Candiac dans la banlieue sud de Montréal, c’est une ligne de deux kilomètres au milieu de la circulation routière classique qui est expérimentée depuis le 17 septembre. Destinée à relier le terminus d’autobus de Candiac au parc André J. Côté, cette ligne s’inscrit dans la desserte du dernier kilomètre. Après les marches à blancs et ses ultimes réglages, des voyageurs prendront place dans quelques semaines à bord des navettes. Pour permettre cette exploitation en conditions réelles, Keolis a accepté de prendre intégralement à sa charge les coûts éventuels pouvant résulter d’un accident responsable avec des véhicules ou des piétons. Néanmoins, pour des raisons de sécurité, un opérateur reste présent à bord. Cette expérimentation, prévue pour 12 mois, se poursuivra donc dans les conditions extrêmes de l’hiver canadien, mais sans voyageurs durant cette période.
Philippe-Enrico Attal