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  • Les transports de Saint-Malo font peau neuve

    Les transports de Saint-Malo font peau neuve

    Le réseau de transports publics de l’agglomération de Saint-Malo évolue : dans le cadre de la délégation de nouveau attribuée à Keolis, il a été rebaptisé MAT (Malo Agglo Transports), au lieu de KSMA (Keolis Saint-Malo Agglomération) et la nouvelle livrée des véhicules a été dévoilée le 1er juin.

    Par ailleurs, l’agglo a adopté la carte régionale KorriGo, la même que Rennes, Brest ou Quimper… « Avec ce système billettique, le téléphone mobile peut aussi être utilisé comme support pour les titres de transport », explique l’agglomération dans un communiqué, en rappelant aussi que pour les voyageurs qui ne sont pas abonnés, des tickets sans contact rechargeables sont disponibles. Une campagne d’échange des anciens tickets doit avoir lieu jusqu’au 31 août.

     Photo : Gérard Lahellec, vice-président de la région Bretagne chargé des Transports, et Claude Renoult, président de Saint-Malo Agglomération, ont présenté la carte Korrigo et la nouvelle livrée des bus malouins le 1er juin.

     

  • Setra lance un gros-porteur très à la hauteur

    Setra lance un gros-porteur très à la hauteur

    Avec 91 places assises dans sa version « ligne », le futur autocar à étage S 531 DT sera le « gros-porteur » des Intercités routiers. Son constructeur Setra l’a doté de deux nouveaux systèmes radars de sécurité active absolument uniques au monde.

    L’allemand Setra occupe une place très particulière sur l’échiquier européen des constructeurs d’autocars et d’autobus. Depuis déjà plusieurs décennies, il se revendique, en effet, comme marque « premium ». Certes, ses véhicules ont coutume d’être plus onéreux à l’achat que leurs concurrents, mais ils jouissent, sur le plan technique, d’une indéfectible réputation, et ils se revendent à bon prix sur les marchés d’occasion.
    C’est ainsi qu’il y a, en France aussi, des opérateurs et entrepreneurs qui, de génération en génération, ne souhaitent s’équiper qu’en Setra. Et d’autres qui, après avoir commis, un jour, une infidélité à la marque, y sont vite revenus. L’intégration du constructeur dans EvoBus, au sein du groupe Daimler, a sécurisé pour lui la fourniture des motorisations auprès de Mercedes-Benz, lui a donné accès à un gigantesque potentiel de recherche et développement, lui a même permis de standardiser certains composants, mais n’a finalement rien altéré de sa singularité.

    Conscient de sa force, qui pourrait aussi, très vite, se révéler une faiblesse dans un environnement économique particulièrement difficile, Setra a visiblement choisi de cultiver son excellence sur des marchés de niche. L’entreprise avait été fondée en 1893 par Karl Kässbohrer, la marque Setra étant créée par Otto Kässbohrer à Ulm, sur les rives du Danube, où se trouve toujours le site de production. Longtemps, elle s’est appelée Kässbohrer-Setra, le second terme de sa raison sociale étant l’acronyme formé à partir du mot allemand selbsttragend, qui signifie « autoportant ». Effectivement, dès l’origine, Setra fut le grand développeur des structures dites « en caisse-poutre », qui reprennent une part des contraintes et participent à la résistance mécanique de l’ensemble, par opposition à la solution classique avec carrosserie et châssis séparés. De telles structures concourent à alléger de manière significative les véhicules ainsi construits, ce qui s’avère particulièrement intéressant sur les autocars à deux niveaux dont Setra s’est fait, par ailleurs, une spécialité. Tout a commencé en 1981, avec le S 228 DT. Lui succédèrent, en 1993, le S 328 DT et, en 2002, le S 431 DT qui reste le vaisseau amiral de la marque, avec quelque 2 300 exemplaires vendus à ce jour.

    Un car à deux niveaux 10 % moins gourmand

    Aujourd’hui, le constructeur introduit sa quatrième génération d’autocars à deux niveaux, dénommée S 531 DT, sous la forme de deux prototypes révolutionnaires. Le premier, de couleur pourpre, préfigure la version « grand tourisme », tandis que le second, dans une livrée orangée, est représentatif de la future version « ligne ». Cette dernière a, bien sûr, pour objectif de rencontrer les nouvelles attentes des transporteurs, dans la mouvance actuelle qui favorise, en Europe, le déploiement de relations régulières Intercités par autocar. Sans généralement exprimer, bien sûr, autant d’exigences particulières que dans le cadre de la passation d’un marché d’autobus urbains, les opérateurs qui achètent des autocars de ligne veulent souvent une « customisation » importante de leurs véhicules, en particulier sur le plan des aménagements. « Justement, l’individualisation de nos produits est la caractéristique même de Setra », insiste Christoph Glöggler, l’ingénieur-chef de projet qui a présidé au développement du S 531 DT. « Notre nouveau modèle pourra ainsi se prêter à tous les types d’exploitation. »

    Dans le cockpit supérieur du S 531 DT en version « ligne », on remarque le « STOP » du dispositif d’arrêt demandé, et l’essuie-glace
    en position verticale, emprunté aux voitures
    de course, en vue de faciliter la pénétration dans l’air.

    Il faut savoir que la conception d’un autocar à étage représente toujours un vrai challenge. La première difficulté est d’ordre aérodynamique. A cause de sa hauteur de 4 m, un tel véhicule peut offrir une prise au vent considérable. Or les concepteurs du S 531 DT sont parvenus à réduire le Cx (coefficient de traînée) à 0,35 : c’est une valeur record dans l’univers des autocars à étage ! Au demeurant, Setra avait déjà réussi une excellente prestation en réalisant un Cx de 0,33 sur ses autocars de grand tourisme à un seul niveau ComfortClass 500 et TopClass 500. L’excellente pénétration dans l’air du nouveau S 531 DT se traduit par une efficacité énergétique exceptionnelle, puisque l’économie de carburant réalisée parvient à atteindre les 10 % par rapport à la génération précédente S 431 DT.

    Ainsi, pour un parcours annuel de 100 000 km, le gain peut se chiffrer à quelque 3 000 l ! A l’étage, aux places situées à l’avant, on ne perçoit aucun sifflement d’origine aérodynamique. Pour parvenir à un tel

    Egalement pour l’aérodynamisme, les montants d’angle en forme d’ailettes, ici à l’arrière de la version « grand tourisme », diminuent la formation de turbulences.

    résultat, des dispositions constructives assez originales ont été mises en œuvre. Les pare-brise inférieur et supérieur sont assemblés sans joint proéminent, et leur galbe est nettement plus prononcé, entraînant un allongement du porte-à-faux avant de 85 mm. Les rayons de courbure aux angles de raccordement entre surfaces ont été majorés pour faciliter l’écoulement des flux d’air. La girouette LED, pour la version « autocar de ligne », est fixée derrière le pare-brise inférieur, et n’interrompt en aucune manière la continuité de la face avant. En position de fermeture, les portes s’effacent dans le plan de la face latérale droite, là aussi sans joints proéminents. La forme des bras des rétroviseurs extérieurs a été optimisée pour offrir le moins de résistance possible à l’avancement. Les essuie-glaces qui, par nature, représentent une inévitable protubérance en avant de la surface vitrée, ont fait l’objet des soins les plus attentifs, afin de minorer la

    La girouette de la version « ligne » est placée derrière le pare-brise inférieur, dont le joint avec le pare-brise supérieur (en clair, sur la photo) a été conçu pour éviter toute aspérité sur la face avant.

    génération d’écoulements tourbillonnaires.

    Ainsi, pour le pare-brise inférieur, les concepteurs ont opté en faveur d’essuie-glaces Aquablade semblables à ceux des derniers autocars Setra de la série 500, avec balai plat intégrant la rampe de distribution. Et pour le pare-brise supérieur, ils ont renoncé aux deux essuie-glaces traditionnels au profit d’un seul, également à balai plat, qui se trouve fixé à mi-largeur du pavillon. Disposition tout à fait inhabituelle, la position de repos de cet essuie-glace unique est verticale, selon une pratique en vigueur dans la course automobile, qui a pour effet, là encore, de favoriser l’aérodynamisme. La surface du champ balayé reste équivalente à celle d’une configuration à deux essuie-glaces, mais sa position centrée favorise plutôt la visibilité vers l’avant des voyageurs installés à partir de la deuxième rangée de sièges.

    Les gouttières surplombant les portes ne se déploient qu’à l’ouverture, s’escamotant lors de leur fermeture, afin que la face latérale droite reste parfaitement lisse.
    Enfin, sous la calandre, un carénage en partie basse favorise un écoulement laminaire entre la surface de la route et le châssis. Le traitement aérodynamique a également concerné la face arrière. De nouveaux montants d’angle en forme d’ailettes, remarquables par leurs imposantes arêtes, s’opposent à la formation naturelle de turbulences (toujours gourmandes en énergie) juste derrière le véhicule, et évitent, dans le même temps, une salissure exagérée des surfaces considérées. Le « prix à payer » reste minime, puisque ces dispositions constructives n’augmentent, en réalité, que de 25 mm le porte-à-faux arrière. Ultime raffinement, l’assiette du S 531 DT s’abaisse automatiquement de 20 mm dès que celui-ci dépasse une vitesse de 95 km/h. Il en résulte une diminution de la section transversale d’attaque, qui pourrait sembler parfaitement négligeable sur une hauteur de véhicule de 4 m, mais qui, en réalité, améliore encore la pénétration dans l’air.

    L’aménagement intérieur de la version « grand tourisme », ici au niveau supérieur, fait appel à des sièges particulièrement confortables, conçus par le constructeur lui-même.

    Un aménagement modulable

    S’il a ainsi toujours constitué un challenge en matière d’aérodynamisme, l’autocar à étage présente, en revanche, l’intérêt d’offrir une excellente vue sur les paysages traversés à ceux de ses voyageurs qui auront pu prendre place au niveau supérieur. Du coup, il est particulièrement indiqué pour une utilisation en grand tourisme.
    Mais dans le rôle, cette fois, d’un autocar pour dessertes régulières en service interurbain et Intercités, sa très grande capacité se révèle être alors son atout déterminant. En aménagement sans kitchenette et sans toilettes, la version « ligne » du S 531 DT peut offrir jusqu’à 91 places assises ! Pour un autocar à étage, le niveau inférieur de ladite version n’a jamais été aussi modulable. Trois largeurs d’ouverture existent pour la porte médiane. Sur le côté droit du véhicule dans le sens de marche, entre les portes avant et médiane, il

    Sur le côté droit du niveau inférieur de la version « ligne », des sièges sans podeste peuvent glisser sur deux rails longitudinaux pour dégager l’espace nécessaire aux fauteuils roulants ou poussettes.

    est désormais possible de n’avoir plus aucun podeste ! Les sièges, fixés

    sur des glissières prenant la forme de deux rails longitudinaux, peuvent être facilement repoussés vers l’avant, d’un simple geste de la main, en vue de dégager l’espace nécessaire pour des poussettes ou des fauteuils roulants. Afin de faciliter l’accès des personnes à mobilité réduite, la porte médiane est équipée d’une rampe de type rabattable ou bien pliable.

    Sur le S 531 DT, la modularité existe même pour les escaliers. Si celui situé à l’arrière demeure classiquement implanté au-delà de la porte médiane, par contre les opérateurs ont désormais le choix du côté d’implantation de celui situé à l’avant. En utilisation « grand tourisme », ils plébiscitent généralement l’implantation à gauche dans le sens de marche, juste derrière le poste de conduite. Par contre, en

    Deux postes de conduite sont disponibles : le TopClass 500, enveloppant et luxueux, s’adresse plutôt à la version grand tourisme…

    utilisation « ligne », leur préférence se porte sur l’escalier implanté à droite, directement à côté de la porte avant, afin que puissent se partager, dès l’entrée, les flux entre niveaux inférieur et supérieur, dans le but d’accélérer la montée des voyageurs.

    Les nouveaux escaliers sont à la fois spacieux et lumineux. Ils ont été conçus pour offrir une sécurité maximale à la montée comme à la descente. Un éclairage des nez de marche est proposé en option. Egalement en option, le S 531 DT peut aussi être équipé d’un générateur de parfum, qui va automatiquement diffuser une fragrance déterminée dans tout l’espace autour de l’accès avant, dès que le conducteur a mis le contact et ouvert la porte correspondante.

    … tandis que le ComfortClass 500, avec réservations pour le montage d’un distributeur de titres de transport et d’un monnayeur,
    est dédié à la version « ligne ».

    Six fragrances différentes sont proposées, qui vont de notes olfactives fraîches et sportives à des effluves plus consistantes, évoquant l’odeur du cuir. Ce parfum, voulu discret, a été dosé pour s’estomper assez vite sans modifier durablement l’odeur régnant à bord, ni imprégner

    les surfaces textiles du véhicule ou les vêtements des voyageurs… Le S 531 DT est aussi le premier autocar à étage à proposer deux postes de conduite différents. « Si le conducteur se sent bien, il restera à chaque instant vigilan

    , explique Christoph Glöggler. De série, le S 531 DT est équipé de tout nouveaux projecteurs LED, choisis pour prodiguer un éclairage proche de la lumière diurne, de manière à réduire la fatigue oculaire du conducteur, par rapport aux ampoules à halogène ou au xénon. Ces projecteurs ont, en outre, une longévité égale à celle du véhicule.

     

    Des radars pour protéger les cyclistes et les piétons

    Accaparée par son portable, la piétonne traverse devant l’autocar arrivant à vive allure, mais très vite l’ABA 4 va réagir en freinant vigoureusement pour éviter de l’écraser.

    Quant à la motorisation, elle met en œuvre le fameux « six cylindres en ligne » OM 471 de 12,8 l de cylindrée, d’une puissance de 375 kW, et capable de développer un couple de 2 500 Nm. Ce moteur attaque une boîte de vitesses à huit rapports entièrement automatisée GO 250-8 PowerShift.
    Le diamètre de braquage de cet autocar de 14 m, avec troisième essieu à direction active, n’excède pas 23,1 m. Sur route, et ce quelles que soient l’allure et le revêtement, le réglage de la suspension se révèle être excellent, ménageant toute la souplesse nécessaire sans jamais induire, à l’étage, des valeurs de déplacements nuisibles au confort.

    Mais c’est, sans nul doute, au chapitre des systèmes d’aide à la conduite renforçant la sécurité active que le nouveau S 531 DT crée véritablement l’évènement. Il est ainsi le premier autocar au monde à être équipé du tout nouvel ABA 4 (Active brake assist, aide active au

    Cette cycliste risque d’être renversée par l’autocar qui veut maintenant tourner à droite, mais le Sideguard Assist va tout de suite alerter son conducteur du danger de la manœuvre.

    freinage d’urgence, de quatrième génération), qui alerte le conducteur en cas de heurt prévisible avec un piéton en mouvement, et qui initie simultanément, de façon entièrement automatique, un freinage partiel. Le conducteur peut alors réagir en freinant à fond ou en effectuant une manœuvre d’évitement. L’ABA 4 met en jeu deux radars. Le premier, de longue portée mais avec un angle de balayage du faisceau limité à 18°, détecte les obstacles qui se situent directement devant l’autocar, jusqu’à une distance de 250 m pour les véhicules, 160 m pour les cyclistes, et 80 m pour les piétons. Le second, de portée limitée à 70 m mais avec un angle élargi à 120°, peut aussi « voir » un véhicule ou un piéton qui évoluerait sur les côtés, en dehors de la trajectoire de l’autocar.

    Même un piéton surgissant derrière un obstacle fixe va être pris en compte. Si le conducteur ne freine pas de manière suffisamment

    Les deux radars superposés du Sideguard Assist, au niveau du passage de roue avant droit.

    énergique, c’est l’intensité de freinage calculée par l’ABA 4 pour éviter la collision qui sera alors automatiquement mise en œuvre. La reconnaissance des véhicules ou des piétons en mouvement est effectuée de façon instantanée à partir du traitement de leur signature radar, là où l’œil humain mettrait au moins une seconde à simplement appréhender la dangerosité potentielle de la situation.

    Setra est aussi le premier au monde à proposer sur un autocar un système d’aide à la conduite sous la forme d’un assistant de changement de direction baptisé « Sideguard Assist ». Deux capteurs radars, au droit du passage de roue avant droite, surveillent la zone latérale large de 3,75 m, et qui couvre la longueur du véhicule, augmentée de deux mètres en avant et autant en arrière. Au-delà de 36 km/h, cette zone est repoussée jusqu’à cinq mètres vers l’avant et quinze vers l’arrière. Quand un objet mobile (cycliste, piéton) est détecté dans cette zone, un triangle de couleur jaune s’allume dans le rétroviseur côté droit. Si le système envisage un risque de collision, le triangle devient rouge et s’accompagne d’un avertissement tactile sous la forme de vibrations dans le siège du conducteur.
    Pour la première fois, une démonstration de ces deux systèmes d’aide à la conduite a été tentée, en conditions réelles, devant quelques journalistes spécialisés réunis à Valence, en Espagne, le 16 mars dernier. A plusieurs reprises, une collaboratrice du constructeur a circulé à vélo à la droite de l’autocar, ou a traversé à pied devant lui. A chaque fois, le système l’a détectée avant même qu’elle ne pénètre sur sa trajectoire. Il a reconnu la signature radar correspondante comme étant celle d’un cycliste ou d’un piéton. Dans le cas du cycliste, l’existence d’un danger potentiel a bien été matérialisée par l’allumage du triangle jaune. Dès que le conducteur a mis son clignotant à droite pour tourner, le triangle est aussitôt passé au rouge, pour visualiser le danger à entreprendre une telle manœuvre. L’alerte s’est aussi manifestée par la vibration du siège. Lorsque la collaboratrice, cette fois à pied, a pénétré dans la trajectoire de l’autocar à quelques mètres devant lui, l’allumage au rouge du triangle et la vibration du siège se sont accompagnés d’un déclenchement automatique du freinage, que le système a calculé pour que l’autocar puisse s’arrêter avant l’obstacle.

    Si ces systèmes d’aide à la conduite sont normalement réputés sûrs à 100 %, il faut néanmoins préciser qu’une telle démonstration, qui les sollicite jusqu’à leurs limites, avait requis une habilitation spéciale du conducteur d’essai, afin qu’il puisse être en mesure de maîtriser totalement la situation dans l’hypothèse, même très improbable, d’un quelconque dysfonctionnement. Ces technologies doivent être bientôt disponibles. « Les premiers véhicules de série sortiront dès cet été et, en France, nous devrions recevoir un véhicule de présentation pour le dernier trimestre 2018, assure Matthias Kussmaul, responsable national des Ventes Setra. Il s’agira d’un véhicule “grand tourisme“ – notre cible principale –, mais la version “ligne“ de nos autocars à étage intéresse aussi les opérateurs français. A preuve, les 21 S 431 DT déjà en circulation depuis deux ans sur la ligne reliant Nice à la technopole de Sophia-Antipolis. » La nouvelle génération est attendue avec impatience…

    Philippe HÉRISSÉ

  • Transdev revient en République Tchèque

    Transdev revient en République Tchèque

    Transdev a annoncé aujourd’hui avoir remporté quatre appels d’offres en République Tchèque pour exploiter des lignes de bus interrégionaux dans la région de Moravie-Silésie, dans l’est du pays. « Ces contrats prévoient la mise en service – en décembre 2018 – de 125 bus, dans les régions de Bruntál, Krnov, Nový Jičín [photo] et Rýmařov, pour une période de dix ans. Ces nouveaux services de bus représentent une capacité totale de 7,7 millions de kilomètres annuels », souligne le groupe de transport public français dans un communiqué.

    Pour Transdev, qui va investir 20 millions d’euros dans une nouvelle flotte de bus, c’est un retour en République Tchèque que l’entreprise avait quitté en mai 2013,  après avoir lancé un vaste plan de restructuration pour redresser les comptes. Pour favoriser ce retour et remporter le marché, Transdev République Tchèque a été créée en janvier 2018. L’effectif devrait dépasser les 200 employés, explique encore Transdev qui compte « intensifier sa croissance dans le domaine des bus et – à plus long terme –dans celui du ferroviaire » en République Tchèque.

     

     

  • Après Ouargla, Sétif a inauguré son tramway

    Après Ouargla, Sétif a inauguré son tramway

    Après Ouargla en mars, Sétif a inauguré en mai sa première ligne de tramway. Longue d’une quinzaine de kilomètres, la ligne de Sétif dessert 26 stations reliant les quartiers est, le centre-ville, le stade du 8 mai 1945, la gare routière, les deux pôles universitaires Ferhat Abbas I et II et le pôle universitaire El-Bez. L’Entreprise du métro d’Alger (EMA) avait attribué en mars 2014 à un groupement constitué des entreprises Yapi Merkezi et Alstom la réalisation clés en main de la ligne. Alstom a fourni le système de signalisation et télécommunication, le poste de commande centralisé, les équipements électriques, la billettique. Et les 26 rames Citadis, qui ont été assemblées par Cital, sa coentreprise algérienne, dans l’usine d’Annaba.

    Deux mois avant, c’est Ouargla qui a ouvert sa ligne. Le tramway relie Ouargla à sa nouvelle ville en passant par le centre-ville et l’ensemble des universités, sur un tracé de 9,7 km comptant 16 stations. Alstom et Cital avaient remporté en septembre 2013 un contrat pour la fourniture d’un système tramway, incluant 23 tramways Citadis, la signalisation, les sous-stations de traction, les systèmes de télécommunication, d’aide à l’exploitation, des équipements de maintenance, ainsi que la billettique. Comme ceux de Sétif, les Citadis ont été assemblés par Cital à Annaba. Alstom avait auparavant fourni les systèmes de tramway intégrés des villes d’Alger, Oran, Constantine et Sidi Bel Abbès.

    Les lignes d’Ouargla et de Sétif viennent s’ajouter aux réseaux déjà exploités par la Setram dans les quatre mêmes villes algériennes. RATP Dev est présent sur l’ensemble des projets de tramway du pays via une coentreprise algérienne, la Setram (Société d’exploitation des tramways), entre le Groupe Transtev (Transports terrestres de voyageurs) et l’EMA, d’une part et RATP Dev. La Setram a transporté 43,2 millions de voyageurs en 2017, exploite 87 kilomètres de ligne, 143 stations, emploie 3 277 collaborateurs dont 3 264 salariés locaux.

    F. D.

  • « Je souhaite lancer le premier RER métropolitain »

    « Je souhaite lancer le premier RER métropolitain »

    Interview de Benoît Simian, député LREM de Gironde

    Benoît Simian, député LREM de Gironde et rapporteur du budget Transports à la commission des finances de l’Assemblée nationale, connaît bien le monde des transports, tout particulièrement la SNCF où il a travaillé (il est actuellement détaché) et avec laquelle il entretient des relations en tant qu’élu (il est aussi maire de Ludon-Médoc). Pour améliorer les transports du quotidien, il soutient l’idée de développer des RER métropolitains et mise sur le train à hydrogène, pour revitaliser des petites lignes.

     

    Ville, Rail & Transports. Que peut-on attendre de la future loi d’orientation des mobilités (LOM) ?
    Benoît Simian. Les Assises de la mobilité ont suscité beaucoup d’espoir chez nos concitoyens et parmi les acteurs du secteur. Il y a eu beaucoup d’écoute de la part des pouvoirs publics. Mais il est vraiment dommage d’avoir changé ce qui était initialement prévu : la LOM devait comporter trois volets : une partie programmation, un volet sur la réforme ferroviaire et un autre sur la stratégie liée à la mobilité.
    Finalement, le gouvernement a choisi de passer par ordonnances sur la réforme ferroviaire. Et cela a éclipsé tout le reste. Or, tout traiter dans la même loi avait du sens pour disposer d’une vision d’ensemble.
    J’entends parfois dire que le déclin du fret ferroviaire est dû à l’ouverture à la concurrence. Mais si on a échoué, c’est justement parce qu’on n’avait pas prévu un nouveau modèle pour le fret ferroviaire avant de le libéraliser. C’est pourquoi il n’aurait pas fallu déconnecter la réforme ferroviaire de tout le reste.
    Après la réforme ferroviaire, il nous restera donc à traiter la stratégie des mobilités et la loi de programmation. J’applaudis quand la ministre des Transports explique vouloir mettre le paquet sur les transports du quotidien et sur la régénération du réseau. On arrête le « tout TGV » même s’il ne faut pas faire du TGV bashing.
    Les Français ne veulent pas forcément aller plus vite. Ils veulent un transport fiable. Je serai donc attentif en tant que rapporteur du budget à ce que les crédits alloués à la régénération soient effectivement affectés à ce poste.

    VR&T. Concrètement quels projets pourraient voir le jour demain grâce à la LOM ?
    B. S. La LOM doit définir une stratégie des mobilités, réfléchir aux mobilités du futur et proposer une boîte à outils. Car la révolution des mobilités doit être menée par les élus locaux eux-mêmes.
    De ce point de vue-là, Bordeaux et sa région offrent un excellent cas pratique. Je crois beaucoup aux RER métropolitains préconisés par Elisabeth Borne.
    Je souhaite notamment relancer la ligne du Médoc (Bordeaux – Le Verdon). Entre Bordeaux et Macau, qui se situe sur une zone dense, je propose de faire circuler un tram sur le réseau ferré national. Ce qui réduirait les coûts : un tram coûte 3 millions d’euros, contre 7,5 millions pour un train. Ce pourrait être le premier RER métropolitain !
    Pour le financer, j’en appelle à la solidarité des territoires : Bordeaux Métropole, la Nouvelle-Aquitaine, et les intercommunalités concernées devront se mettre autour de la table pour signer un contrat de mobilité (autorisé par la LOM). La participation financière des communes sera possible grâce au « versement mobilité » que devrait prévoir la LOM.
    Sur le tronçon allant de Macau jusqu’à Soulac-sur-Mer, où il faut gagner la bataille de la congestion et de la pollution, je propose une autre solution : lancer une étude pour recourir à un train à hydrogène. De ce fait, nous n’aurions pas besoin de refaire la caténaire comme c’est prévu dans le CPER puisque cet équipement est arrivé en bout de course, mais nous en attendons toujours la réfection. Nous pourrions ainsi économiser plus de 45 millions d’euros.
    Alstom a déjà développé un train à hydrogène en Allemagne, le Coradia iLint, mais il n’est pas duplicable en France. Alstom a besoin d’une enveloppe de 50 millions d’euros pour investir en recherche-développement dans ce domaine. A priori, il suffirait d’équiper les TER avec une pile à combustible adaptée. Ce qui reviendrait à dépenser un million d’euros par train. Si nous devons développer une centrale photovoltaïque à proximité, cela nous coûterait au maximum 10 millions d’euros. Cela a d’autant plus de sens que nous sommes dans un parc régional naturel.
    Début juin, une réunion de travail sera organisée sur ce projet avec la SNCF, l’Ademe et la Nouvelle-Aquitaine. Une autre suivra avec Alstom et l’EPSF. Il faut avancer étape par étape. Si on veut concrétiser notre projet dans cinq ans, il faut le lancer maintenant, d’autant qu’un appel à projet hydrogène est prévu. Une étude sera rendue publique début juillet par la région, la métropole et la SNCF.
    L’hydrogène peut représenter une bouffée d’oxygène pour les petites lignes.

    VR&T. Quels financements préconisez-vous pour alimenter l’Afitf ?
    B. S.Il faut disposer de recettes affectées. Je regrette le fiasco de l’écotaxe, abandonné fin 2014, et qui nous a fait renoncer à 800 millions d’euros annuels. Simplement parce que les Bretons n’en voulaient pas. On aurait réglé toute l’équation financière avec l’écotaxe.
    Aujourd’hui, je pousse pour une taxe affectée aux régions (une taxe « régio-transit » puisqu’il faut bannir le terme écotaxe), qui leur donnerait la capacité fiscale d’investir sur l’une de leurs principales dépenses, le ferroviaire.
    Or, actuellement, on entend dire que la ministre des Transports souhaite lancer une vignette poids lourd alors que la Commission européenne veut interdire l’eurovignette à partir de 2022 pour la remplacer par une indemnité kilométrique.
    Au niveau national, on peut s’inspirer du modèle proposé par l’Unipef (Union nationale des ingénieurs des ponts et forêts) ; qui estime qu’en 2031, lorsque les premières concessions d’autoroutes arriveront à échéance, on pourrait maintenir les péages et affecter les recettes à l’Afitf.
    Ce serait un gage de financement pour l’avenir.
    Je pense qu’au niveau local, il faut être girondin, au niveau national, il faut être innovant. Ainsi, on pourrait aussi sortir de la pause, car je ne peux pas croire qu’on ne lance plus de projets d’infrastructures dans ce pays.

    VR&T. Vous avez fait partie du Comité d’orientation des infrastructures présidé par Philippe Duron. Quelle position avez-vous soutenue ?
    B. S. Il faut lancer des lignes nouvelles lorsque le réseau est saturé, lorsque c’est justifié. C’est typiquement le cas de Bordeaux – Toulouse, qui est un corridor européen et a droit de ce fait à des subventions européennes à hauteur de 20 %. Alain Rousset [président de la Région Nouvelle-Aquitaine, NDLR] a proposé de faire une société de projet sur le modèle du Grand Paris. Cet axe, qui contribuera à améliorer les transports du quotidien, a aussi du sens pour le transport de fret.
    Je me suis battu aussi pour le grand contournement routier de Bordeaux pour qu’il figure dans le rapport : la réalisation n’est pas prévue avant 2037, mais le rapport indique qu’il convient d’engager des études pour lesquelles il faudra obtenir des crédits.
    Par ailleurs, il faut continuer à investir sur la route. Il ne faut répéter pas la même erreur que celle faite avec le ferroviaire dans lequel on a sous-investi pendant des années. On en paye désormais les conséquences. L’avènement du véhicule autonome, le développement actuel du covoiturage montrent que la route a de l’avenir.
    Actuellement, ce qui me préoccupe beaucoup, c’est la situation des contrats de plan Etat-région : l’état de réalisation est extrêmement bas. En Nouvelle-Aquitaine, le taux de réalisation des engagements de l’Etat n’est que de 8 %. Et on est à mi-parcours !
    En réalité, l’Etat a beaucoup trop promis, et du coup ne tient pas ses engagements. Cela crée un doute sur la parole de l’Etat. On a tellement peu investi ces dernières années qu’il y a des ralentissements partout sur le réseau ferré. Désormais, on se pose la question des fermetures… D’où mes propositions pour revitaliser les petites lignes.

    Propos recueillis par Marie-Hélène POINGT

  • Verdun expérimente la navette autonome sur route ouverte

    Verdun expérimente la navette autonome sur route ouverte

    Inaugurée le 29 mai, la navette autonome mise en place à Verdun va circuler pendant toute la période estivale dans le centre-ville sur une boucle de 1,4 km. « Elle permet d’accéder aux commerces et restaurants du centre-ville, aux quais très animés en cette période, tout en faisant la liaison avec les arrêts du réseau de bus et les parkings-relais », explique dans un communiqué Transdev qui exploite déjà le réseau TIV (Transport Intercommunal Verdunois, qui comprend, outre Verdun, 25 autres communes de la communauté d’agglomération du Grand Verdun).

    L’opérateur de transport public rappelle « qu’il s’agit d’une première en France sur route ouverte, en conditions réelles de circulation, dans un centre-ville pour une durée supérieure à deux mois ». Le véhicule mis en place (un véhicule EZ10 de deuxième génération du constructeur français EasyMile), a une capacité de transport de 12 personnes. L’application Zenbus du réseau de transport permettra de connaître sa position en temps réel.

  • Le Havre va proposer un service de transport public 24 heures sur 24

    Le Havre va proposer un service de transport public 24 heures sur 24

    A partir du 1er juin, la Communauté de l’agglomération havraise (Codah) va proposer un service de transport public y compris la nuit, de 0h30 à 5h du matin (jusqu’à 6h15 le dimanche), via au dispositif baptisé LiAdeNuit qui devient un service de transport nocturne à la demande tout au long de l’année. « Grâce à cette nouveauté, la Codah devient la première agglomération de France à disposer d’un réseau de transport en commun sans interruption de service », indique la collectivité dans un communiqué.

    « J’ai souhaité que ce service devienne permanent parce qu’il est tout aussi utile aux noctambules qui rentrent en sécurité qu’aux salariés qui travaillent la nuit ou se lèvent tôt », explique Luc Lemonnier, maire du Havre et président de la Codah.

    « Le nouveau service LiAdeNuit est mis en place dans le cadre de la nouvelle délégation de service public 2018-2023 du réseau LiA, confiée à CTPO-Transdev, opérateur historique de la mobilité dans l’agglomération havraise », explique encore la Codah. Les réservations se feront en ligne (www.transports-lia.fr) entre 24 heures et 30 minutes à l’avance. Le service LiAdeNuit sera assuré par des véhicules de neuf places et les usagers seront pris en charge et déposés aux arrêts identifiés par un pictogramme « LiAdeNuit » dans huit communes suivantes (Le Havre, Fontaine-la-Mallet, Gainneville, Gonfreville-l’Orcher, Harfleur, Montivilliers, Octeville-sur-Mer, Sainte-Adresse).

    A partir de septembre, des évolutions sont prévues pour améliorer progressivement le service avec des lignes de bus plus directes et aux fréquences et amplitudes horaires élargies. Un nouveau service de transport à la demande sur la zone industrialo-portuaire, Flexi’LiA, et un nouveau service de location de vélo dans l’agglomération doivent aussi être lancés.

    Actuellement, LiA transporte 100 000 voyageurs par jour sur les 14 lignes de bus, deux lignes de tramway, un funiculaire, une ligne express régionale (LER) de train et un service de transport pour les personnes à mobilité réduite.

  • Les cheminots dans la future convention collective

    Les cheminots dans la future convention collective

    Pour faire passer la fin des embauches au statut à partir de 2020, le gouvernement assure que la future convention ferroviaire, qui réglera les conditions de travail des salariés du rail, sera de haut niveau. C’est aussi dans cette voie que souhaite s’engager la profession, affirme l’Union des transports publics. Au sein de la fédération patronale, on reconnaît que les enjeux sont très importants et que les discussions seront sans doute ardues, mais on se dit confiant dans la capacité des parties à nouer un dialogue social constructif comme cela a déjà été le cas dans le passé. « Le dialogue social n’a jamais cessé », souligne-t-on du côté du patronat.

    La convention collective existe d’ailleurs déjà en partie, puisque plusieurs chapitres ont déjà été négociés avec les organisations syndicales. Mais elle reste à achever. En effet, la convention de branche a été lancée après l’ouverture à la concurrence dans le fret ferroviaire et dans la perspective de la libéralisation du transport de voyageurs. Avant même la promulgation de la précédente loi de réforme ferroviaire datant d’août 2014 et imposant l’élaboration d’une convention collective pour le secteur, l’UTP et les organisations syndicales représentatives entamaient dès la fin 2013 des discussions dans ce but.

    L’objectif, explique  l’UTP sur son site, est « d’établir les règles sociales communes à l’ensemble des entreprises ferroviaires publiques et privées pour garantir la sécurité des personnels et des voyageurs, la santé et la qualité de vie des salariés, la continuité du service ferroviaire, tout en préservant l’équilibre économique des entreprises ».

    Aujourd’hui, cinq accords ont déjà été signés, dont l’un, relatif au champ d’application, indique que la convention s’applique aux entreprises dont l’activité principale est le transport ferroviaire de marchandises et de voyageurs, la gestion des lignes et la maintenance des voies quand des trains circulent (à condition qu’elles disposent d’un certificat ou d’une attestation de sécurité), ainsi que celles assurant la maintenance du matériel roulant (hors réparation). Les syndicats avaient fait ajouter au champ de la future convention « l’exercice des tâches et des fonctions de sécurité ferroviaire » (conduite, aiguillage…) dans l’hypothèse où elles seraient un jour sous-traitées à des entreprises relevant d’une autre convention.

    Les autres accords portent sur le contrat de travail et l’organisation du travail (détermination des jours de congé, conditions de préavis, licenciements…) et sur la formation. Restent encore à négocier trois volets : les ­clas­sifications et les rému­né­rations (la classification des filières vise avant tout à définir des niveaux de rémunération, et non pas à définir des métiers, mais il pourrait être possible d’introduire des dispositions sur les missions et donc indirectement sur la polyvalence), la prévoyance et le droit syndical.

    La réforme ferroviaire en cours de discussion doit prévoir des négociations sur deux sujets supplémentaires : l’un sur les conditions de transfert des cheminots dans le cas où la SNCF perdrait un contrat de TER, l’autre sur la portabilité des droits autres que ceux qui seront prévus par la loi, « comme par exemple les facilités de circulation, l’accès à la médecine du travail et tous les autres droits qu’on voudra y mettre », indique-t-on côté de l’UTP.

    La simplicité n’étant pas la règle et les conventions collectives n’étant pas figées, il faudra également très prochainement prévoir de faire évoluer l’accord sur la formation professionnelle récemment signé en juin 2016 pour l’adapter d’ici la fin 2019 aux nouvelles conditions de la loi Travail.

    Pour les organisations syndicales représentatives de la SNCF, les délais impartis pour négocier ces cinq nouveaux accords ne sont pas réalistes. « Nous revendiquons une détente du calendrier pour négocier la convention collective et plus de temps avant la fin de l’embauche au statut » , demande Roger Dillenseger, le secrétaire général de l’Unsa-Ferroviaire. Peu probable alors que le gouvernement a fait part de sa « détermination » à disposer d’une nouvelle convention de branche pour 2020. « Il faut tracer le chemin et non pas commencer par détruire sans dire ce qu’on va construire demain », souligne de son côté Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de la CFDT Cheminots, tandis que Laurent Brun, le responsable de la CGT-Cheminots, ajoute : « Aujourd’hui, on est confronté à un brouillard ».

    De ce fait, les fédérations syndicales réclament des réunions tripartites incluant l’Etat pour négocier la convention collective et « aller plus loin avec des thèmes ambitieux« , pour reprendre les termes de Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT. Selon lui, le protocole d’intention proposée la semaine dernière par l’UTP n’est pas « suffisamment engageant ». En réponse, la ministre des Transports a indiqué qu’elle réunirait les partenaires sociaux début juin pour lancer les négociations. Mais sans prendre part au contenu. Elisabeth Borne a annoncé la mise sur pied d’un « observatoire du dialogue social« , présidé par Jean-Paul Bailly, qui pourra aider à trouver des compromis ou alerter le gouvernement en cas de situation de blocage.

    La convention collective devra aussi en être complétée par des accords d’entreprises, dont les dispositions peuvent être plus attractives que le cadre commun. La SNCF a déjà indiqué qu’elle souhaitait mettre en place un dispositif favorisant la montée des compétences des salariés (avec des investissements de l’entreprise) et organiser un droit à la mobilité dans le groupe.

    La question de la participation des salariés ­devrait également être posée « et bien d’autres encore », a indiqué il y a quelques ­semaines Guillaume Pepy, en présentant les évolutions à venir. Le PDG de SNCF Mobilités a aussi précisé que ce futur accord d’entreprise s’appliquera à tous les salariés de l’entreprise, ceux au statut et les autres (sous contrat), dans le but de rendre « plus attractif le cadre contractuel car un nouveau marché du ferroviaire va se mettre en place et il faudra savoir retenir nos salariés ». Des échanges ont déjà eu lieu sur l’agenda social, indiquent des syndicalistes qui estiment que « le dialogue social doit être reconstruit à la SNCF« , aujourd’hui plombé par un climat très dégradé.

    Marie-Hélène POINGT

  • Avec LiO, l’Occitanie va plus loin dans l’intégration des transports

    Avec LiO, l’Occitanie va plus loin dans l’intégration des transports

    LiO, tel est le nouveau nom choisi pour désigner le service régional des transports collectifs d’Occitanie, comprenant les lignes ferroviaires et routières des deux ex-régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, les pôles d’échanges multimodaux ainsi que les lignes routières et scolaires des 13 départements de la région. L’acronyme signifie « lignes intermodales d’Occitanie », même si la présidente Carole Delga, qui présentait ce nouveau service public Occitanie Transports jeudi 25 mai depuis Montpellier, préfère y lire « lien intermodal d’Occitanie ».

    Suite à la fusion des régions, aux Etats généraux du rail et de l’intermodalité en 2016 et au transfert des compétences en matière de transport scolaire, interurbain et à la demande début 2017, un gros travail d’unification et d’harmonisation a été mené par la collectivité. Il voit son expression concrète dans le nouveau nom LiO, la nouvelle signalétique et la nouvelle livrée qui commencera à faire son apparition sur les bus en septembre prochain.

    Neuf départements ont transféré effectivement leurs compétences à la région en 2018 tandis que quatre autres ont choisi de continuité à l’exercer par délégation : la Haute-Garonne, la Lozère, les Hautes-Pyrénées et le Tarn. La gratuité des transports scolaires est maintenue là où elle existait tandis que l’abonnement est plafonné à 90 euros par an là où il était payant.

    La présidente Carole Delga a insisté sur la nécessité « de mettre en place une meilleure complémentarité bus/trains et de redéfinir des circuits de bus épousant les bassins de vie et non pas les frontières administratives des départements ». Certains doublons entre lignes départementales et régionales ont donc été supprimés tandis que les connexions entre les deux anciennes régions ont été améliorées. Cela se traduit par exemple par la fusion des lignes régionales et départementales entre Montpellier et Millau et entre Millau et Saint-Affrique ou la création de lignes entre Montauban et Castelsarrasin et Montauban – Moissac – Lamagistère. La liaison entre Toulouse et Perpignan sera renforcée avec 12 allers-retours par jour, dont six directs.

    Dans le cadre de la nouvelle convention TER 2018-2025, c’est 72 circulations nouvelles qui sont créées soit 1,7 million de kilomètres supplémentaires, ce qui permet, avec l’amélioration de la capacité du matériel roulant, l’ajout de 37 000 places (+40 %). « Notre région connaît une forte démographie et déjà une saturation sur ses axes ferroviaires, à quoi s’ajoute la nécessité de sortir du tout-voiture, a souligné Carole Delga. Nous devions donc mettre en place un service public permettant de relier efficacement les habitants d’Occitanie. »

    La nouvelle gamme tarifaire des LiO qui entrera en vigueur début juillet soignera particulièrement les jeunes, dont l’abonnement mensuel libre circulation diminuera d’un tiers en trois ans, passant de 98 euros à 64 euros. Les offres promotionnelles créées dans les deux ex-régions pour inciter à prendre le train – train à 1 euro en ex-Languedoc-Roussillon et Tikémouv en ex-Midi-Pyrénées – seront étendues à toute l’Occitanie, avec un million de billets à 1 euro et des Tikémouv sur 200 trains peu fréquentés.

    « Nous souhaitons que transport régional rime aussi avec le développement de voies vertes pour faciliter l’usage du vélo et que notre région se penche sur le transport fluvial et notamment sur l’avenir du canal du Midi, a commenté Christian Dupraz, vice-président écologiste de la commission Transport. La mise en place d’une régie régionale des transports est l’étape suivante, indispensable pour doter la région d’un outil opérationnel permettant d’une part de gérer efficacement les voies ferrées dont la région est propriétaire et les services de bus déjà en régie, mais aussi pour pouvoir ensuite prendre des initiatives sur d’autres lignes ferrées ou de bus. »

    Catherine STERN

    (Sur la photo : Jean-Luc Gibelin et Carole Delga devant un bus arborant la nouvelle livrée)

  • L’Occitanie remporte le Grand prix TER 2018 organisé par Ville, Rail & Transports

    L’Occitanie remporte le Grand prix TER 2018 organisé par Ville, Rail & Transports

    Les noms des gagnants des Grands prix des régions 2018 organisés par VR&T ont été dévoilés le 17 mai à l’Assemblée nationale, à Paris.

    Cette année, c’est l’Occitanie qui a reçu le Grand prix TER. La région qui a fortement investi sur le rail ces dernières années, et mis au point une tarification attractive, enregistre une belle progression du trafic de ses TER. Ces résultats devraient être décuplés à l’avenir, selon la région qui vient de signer une nouvelle convention ambitieuse avec la SNCF

    Retrouvez l’ensemble des lauréats 2018

    La fréquentation des TER d’Occitanie a connu une augmentation de 5,1 % en 2017 qui a été, comme les années précédentes, au-dessus de la moyenne nationale (4,7 %). Depuis 2002, elle a crû de 60 % sur les deux ex-régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, avec un investissement de 4,7 milliards d’euros. 543 TER circulent chaque jour, transportant 66 000 voyageurs en moyenne et jusqu’à 80 000 le vendredi, soit 22 millions de voyageurs par an. « Cette progression est le résultat des efforts faits avec le Plan Rail pour la partie Midi-Pyrénées, qui s’est poursuivi en 2017, et une tarification attractive (TicketMouv en Midi-Pyrénées et le ticket à 1 euro en Languedoc-Roussillon), explique Jean-Luc Gibelin, vice-président en charge des Mobilités et des Infrastructures de transports. Ces bons chiffres sont un point d’appui important, mais ils vont être décuplés avec la mise en œuvre de la nouvelle convention avec la SNCF sur 2018 et surtout 2019. Son objectif est de consolider et de poursuivre la progression des quinze dernières années. »

    La négociation de cette convention avec la SNCF, adoptée le 23 mars dernier, s’est poursuivie pendant toute l’année 2017, après que la première réponse, apportée en février 2017 aux besoins exprimés lors des Etats généraux du rail et de l’intermodalité, a été jugée insatisfaisante par la région. Elle a été signée pour une durée de huit ans, de 2018 à 2025. « Une convention aussi longue est atypique mais nous avons voulu intégrer le temps long du ferroviaire, explique le vice-président. Nous avons choisi de faire confiance à l’opérateur historique sur la durée, avec un fort niveau d’exigence. » La région engage 2,5 milliards d’euros pour l’exploitation du TER, soit 300 millions d’euros par an, en hausse de 12 %. Le développement est significatif : +40 % de places offertes chaque jour (+37 000) grâce à un matériel roulant renouvelé, une hausse des kilomètres voyageurs de 11 % net et la création de 72 circulations nouvelles. Certaines lignes seront rouvertes (Montréjeau – Luchon, Rodez – Sévérac – Millau, Carcassonne – Quillan, Nîmes – Avignon ou Alès – Bessèges), et l’offre sera améliorée sur d’autres (Toulouse – Montauban, Toulouse – Perpignan, Toulouse – Tarbes – Pau, Lunel – Sète…).

    La région a fixé à SNCF Mobilités des objectifs d’amélioration de la fiabilité (diminution de 20 % des suppressions soit 500 TER en plus), de la ponctualité (92 % de TER à l’heure contre 87 à 89 % précédemment), avec une mesure continue de la qualité perçue et produite, assortis de pénalités et de bonus/malus (de +700 000 euros à -4,20 millions d’euros). « Ce niveau d’exigence de qualité est important pour fidéliser les usagers et permettre un retour ou une découverte du train pour les autres », commente Jean-Luc Gibelin.

    La tarification a été unifiée avec une baisse d’un tiers des abonnements pour les moins de 26 ans d’ici mi-2020, mais une hausse de 7 % des autres abonnements (qui seront ensuite bloqués jusqu’en 2021). Les billets à un euro, proposés sur cinq lignes de Languedoc-Roussillon, seront étendus à l’ex-Midi-Pyrénées en juillet et leur nombre doublé à un million par an.

    C. S.