Résultats de recherche pour « LOM »

  • En Nouvelle-Aquitaine, les prix s’envolent pour certains abonnés TER

    En Nouvelle-Aquitaine, les prix s’envolent pour certains abonnés TER

    Mauvaise surprise en Nouvelle-Aquitaine, où la fusion des trois anciennes régions s’est traduite par une hausse des tarifs de l’abonnement TER pouvant aller jusqu’à 150 % ! Alors qu’ils payaient un abonnement mensuel de 80 euros en Poitou-Charentes, certains abonnés ont en effet vu leur facture s’élever à 200 euros pour voyager sur le réseau TER de la nouvelle région (regroupant outre Poitou-Charentes, le Limousin et l’Aquitaine).

    « Cette tarification a été votée en juin, sans qu’il n’y ait eu à l’époque de protestation, raconte Renaud Lagrave, le conseiller régional (PS) chargé des Transports. Un courrier a été envoyé par la SNCF aux abonnés, pour les informer et leur proposer de renouveler, avant la fin août, leur abonnement aux anciennes conditions. »

    Selon l’élu, les hausses décidées concernent 1 300 personnes (ex-abonnés du passe Mobilité créé par Poitou-Charentes) sur les 20 000 abonnés que compte la nouvelle région. Et 70 % des 1 300 personnes concernées verront leur abonnement augmenter entre 30 et 60 euros par mois, assure-t-il. Pour une minorité, la hausse pourra certes atteindre 120 euros, mais, estime l’élu, « si vous comparez le même trajet en voiture, le train sera toujours moins cher, avec l’avantage de la sécurité ».

    Renaud Lagrave explique aussi que « pour ses abonnés, la région Poitou-Charentes supportait un coût de 10 millions d’euros annuels. Je vous laisse faire l’addition pour 20 000 personnes ! » Pas soutenable pour la nouvelle région, qui a retenu un nouveau principe : appliquer un tarif tenant compte des kilomètres parcourus, tout en continuant à prendre en charge 70 % du prix du billet. « Reste 30 % à la charge du voyageur, qui se fait ensuite rembourser 50 % du tarif par son employeur… », ajoute Renaud Lagrave. Par ailleurs, une tarification sociale a été mise en place ainsi que des formules avantageuses pour les jeunes et les scolaires.

    Christian Broucaret, représentant régional de la Fnaut, relativise. « Avec la fusion des trois régions, il y a des perdants et des gagnants, mais les perdants représentent un tout petit nombre. » Même réaction du côté de Régions de France qui estime que dans les deux ou trois régions qui ont déjà adopté une refonte des prix permise par la liberté tarifaire, la hausse constatée est très modérée. Dans la région Grand Est, par exemple, elle ne concernerait que 5 % des abonnés.

    M.-H. P

  • Alstom-Siemens : un Airbus allemand

    Alstom-Siemens : un Airbus allemand

    Alstom et Siemens ont officialisé le 26 septembre la fusion de leurs activités ferroviaires après la réunion du conseil d’administration du groupe français, où siègent deux représentants de l’Etat détenteur de 20% des droits de vote, et après la réunion du conseil de surveillance de l’industriel allemand, qui fabrique des trains mais aussi des turbines et des éoliennes. Les deux groupes avaient déjà étudié ce projet en 2014 mais il avait échoué, Alstom préférant céder ses activités énergie à l’américain General Electric et recentrer son activité sur le ferroviaire.

    Avant ce rapprochement qui semble très politique et soutenu au plus haut niveau, Siemens avait aussi envisagé un accord avec Bombardier, mais il a finalement préféré Alstom. Un très bon connaisseur du dossier confie : « J’ai toujours entendu dire que, le jour où les politiques seraient d’accord, les groupes industriels suivraient. » Or, selon lui, le projet a directement été impulsé par Emmanuel Macron et approuvé par Angela Merkel.

    Les groupes ont donc suivi, même si, à leur niveau, c’est un peu plus compliqué. Certes, Henri Poupart-Lafarge n’est pas étiqueté germanophobe, comme l’était son prédécesseur Patrick Kron. Et il a infléchi son discours. Il est passé du farouche « stand alone » de ses débuts de PDG, bien dans la ligne de Patrick Kron, à un intérêt prudemment manifesté pour la consolidation européenne face à la concurrence asiatique et notamment chinoise. Pas sûr pour autant qu’il ait été très tenté par l’Allemagne. L’asymétrie est claire avec les dirigeants du groupe allemand, favorables à l’alliance française, qu’il s’agisse de Joe Kaeser (président du directoire) qui avait proposé un « Airbus du rail » ou du très francophile Gerhard Cromme (président du conseil de surveillance).

    Francophiles… mais pas au point d’oublier les intérêts allemands. La contre-proposition pour le ferroviaire présentée par Siemens et que souhaitait Arnaud Montebourg, du temps des discussions entre Alstom et GE, avait paru bancale. Trop favorable à la partie allemande, qui cédait la part la moins lucrative, la construction de matériel, à Alstom et récupérait la signalisation, marché d’avenir. C’est d’ailleurs un montage semblable qui a été évoqué dans le projet d’accord entre Siemens et Bombardier…

    Mais cette fois, le protocole d’accord est présenté comme un mariage « entre égaux », visant à « combiner les activités mobilité de Siemens, incluant sa traction  ferroviaire, avec Alstom ». Le siège mondial du groupe sera localisé à Saint-Ouen, en région parisienne ainsi que l’équipe de direction de l’activité matériel roulant, tandis que l’activité signalisation, plus rentable, sera basée en Allemagne.  En échange, le groupe français lancerait une augmentation de capital réservée au conglomérat allemand.  Siemens prendra la majorité du capital, soit un peu plus de 50 %. Rappelons d’autre part que le « prêt » de 20 % des actions de Bouygues à l’Etat vient à échéance fin octobre. L’Etat qui siège grâce à ce prêt au conseil d’administration, peut peser sur la décision. Tout en veillant au sort des actions bientôt rendues à Bouygues… et qui pourraient par exemple être cédées à Siemens.

    Dans tous les cas, ce qui semble se dégager, c’est que Siemens prend la main. Les situations des groupes sont très différentes. Ils ont des chiffres d’affaires comparables. Mais les six à sept milliards d’euros de CA annuel représentent 8 % de Siemens, à peu près la moitié de Bombardier, et la totalité d’Alstom. Le groupe canadien souhaitait se défaire de son activité ferroviaire peu lucrative pour renflouer son aéronautique. En revanche, on n’avait pas l’impression qu’Alstom était sur le point de jeter l’éponge. Mais les Français pouvaient-ils vraiment laisser se faire une alliance entre les deux autres et rester sur le bord du chemin ? Les Français, si l’accord Siemens-Alstom est confirmé, vont faire en sorte que les centres de décision et de R&D restent en France et que l’emploi soit sauvegardé, tandis que Henri Poupart-Lafarge prendra la tête l’entreprise.

    Mais sachant que le capital sera pour l’essentiel allemand, pour combien de temps ? Les syndicats ont commencé à s’en inquiéter. « Les garanties, c’est vite changé. Siemens sera là pour gagner de l’argent », a réagi auprès de l’AFP Daniel Dreger représentant cégétiste. Ce rapprochement est à la fois « une nécessité » pour lutter contre la concurrence chinoise mais il « inquiète » car « il y aura de la casse sociale à moyen terme », estime aussi la CFE-CGC d’Alstom, premier syndicat du groupe. Mais, selon un observateur, on ne peut pas comparer l’accord Alstom-GE pour l’énergie à l’accord Alstom- Siemens pour le ferroviaire. Le premier était d’abord une affaire financière. Le second est selon lui un accord politique et industriel, dont les pouvoirs publics ne pourront pas se désintéresser une fois qu’il aura été signé. Alors, un Airbus du rail, vraiment ? Depuis le temps qu’on en parle… Même si l’accord est signé, il y aura du chemin pour y parvenir. Bombardier Transport et Siemens Mobility sont allemands, culturellement proches. De part et d’autre du Rhin, la défiance a souvent été la règle. On a vécu longtemps sur une rivalité franco-allemande, par exemple sur les normes techniques (STI) notamment dans la grande vitesse, chacun se disputant l’hégémonie européenne. Le nouveau groupe ne sera pas facile à bâtir. Et la consolidation sera-t-elle achevée ? Pas sûr, car le sort de Bombardier n’est pas réglé… et le canadien pourrait bien chercher un partenaire pour son activité ferroviaire. Il y un candidat chinois, CRRC. Bombardier a dit non une fois. Mais restera-t-il sans rien faire face au mariage Siemens-Alstom qui doit donner naissance au numéro deux mondial – en volume – pour le matériel ferroviaire roulant, et au numéro un pour la signalisation ? Le journal allemand Allgemeine Zeitung, suggérait que le canadien Bombardier, qui tenait aussi son conseil d’administration le 26 septembre, pourrait s’inviter dans un deuxième temps en apportant au nouveau groupe ses activités ferroviaires.

    F. D.

  • Investissements pour la grande vitesse et les trains de nuit en Suède

    Investissements pour la grande vitesse et les trains de nuit en Suède

    Alors que les rames pendulaires suédoises X 2000, mises en service au début des années 1990, font actuellement l’objet d’une rénovation poussée, l’entreprise « historique » SJ a annoncé le 21 septembre qu’un appel d’offres allait être lancé cet automne pour « une trentaine de trains à grande vitesse à livrer en 2021 » pour un montant de l’ordre de cinq à six milliards de couronnes (525 à 630 millions d’euros). Par « trains à grande vitesse » (snabbtåg), SJ entend que leur vitesse maximale sera de 250 km/h, soit plus que les 200 km/h actuellement pratiqués sur le réseau ferré suédois. Le cahier des charges indique que chaque rame devra offrir de l’ordre de 350 places assises, tout en mettant en œuvre des techniques éprouvées, « afin de réduire les risques de dysfonctionnement ». L’accent sera mis sur l’adaptation des trains au climat nordique et aux chocs avec les animaux sauvages, ainsi que sur « une intelligence plus poussée en matière de maintenance, d’équipements techniques et de systèmes d’information des voyageurs ».

    Un document d’appel d’offres doit être envoyé dans les prochaines semaines aux constructeurs « tant en Europe qu’en dehors » et SJ précise que les discussions menées avec les industriels cette année « montrent qu’il y a un grand intérêt pour ce marché ». Cette prochaine génération de trains, qui doit être plus confortable et plus fiable, doit entrer en service à partir de début 2021 « sur les relations où la demande est élevée » en commençant par Stockholm – Malmö, avant les relations entre la Suède et la Norvège ou le Danemark.

    Pour SJ, cette commande de 30 trains à 250 km/h fait partie d’un plan d’investissement totalisant neuf milliards de couronnes (950 millions d’euros) sur cinq ans et comprenant également la rénovation totale du parc des trains de nuit. Le trafic de ces derniers est actuellement en pleine croissance (de 13 % vers Narvik à 19 % vers Abisko cet été), alors que les relations vers les stations de ski du Jämtland vont être rétablies sur toute l’année et renforcées en haute saison. De plus, les horaires des trains de nuit entre Stockholm et Malmö, qui seront dotés des premières voitures rénovées, vont être retardés pour mieux correspondre aux demandes des voyageurs.

    Enfin, pour accompagner la hausse de trafic, SJ compte embaucher 500 agents de conduite et contrôleurs d’ici deux ans.

    Parallèlement, Trafikverket, le gestionnaire des infrastructures nationales de transport, a remis au gouvernement suédois sa proposition de plan d’investissement pour 2018-2029, chiffré à 622 milliards de couronnes (65 milliards d’euros) tous modes confondus. Pour ce qui est du réseau ferré, l’accent doit être mis sur la maintenance, l’introduction d’ERTMS, l’achèvement du quadruplement Stockholm – Uppsala, la première étape de la ligne nouvelle vers le nord de la Botnie (au nord d’Umeå), l’achèvement de la modernisation à double voie sur la côte ouest (traversée de Helsingborg) et la poursuite de la modernisation de la côte est (au nord de Gävle). Enfin, deux premiers tronçons de ligne nouvelle à grande vitesse, autorisés à 250 km/h, doivent être lancés sur 200 km au sud-ouest de Stockholm (Ostlänken vers Linköping), ainsi que sur une centaine de kilomètres au nord de Malmö (Lund – Hässleholm). De quoi permettre aux futurs trains SJ entre Stockholm et Malmö de pratiquer leur vitesse maximale.

    Patrick LAVAL

  • SNCF Réseau veut pourvoir 2 800 postes

    SNCF Réseau veut pourvoir 2 800 postes

    SNCF Réseau a lancé le 20 septembre une campagne nationale de recrutements baptisée « Place à l’avenir », afin de pourvoir 2 800 postes. Cette campagne met sur le focus sur dix métiers, principalement techniques (aiguilleurs, techniciens de voie, agents d’essai ou encore régulateurs de sous-stations). Le gestionnaire des infrastructures cherche 2 000 jeunes diplômés et techniciens issus des filières de BEP, CAP, et Bac à Bac +3, ainsi que 800 diplômés d’écoles d’ingénieurs ou de filières scientifiques (Bac +5).

  • Changements à la tête de Stadler

    Changements à la tête de Stadler

    Le 20 septembre, Peter Spuhler a annoncé qu’il céderait son poste de directeur général de Stadler le 1er janvier prochain, afin de se consacrer à la présidence du conseil d’administration du constructeur suisse de matériel roulant. Egalement actionnaire à 80 % de Stadler, qu’il a racheté en 1989, Peter Spuhler a transformé en trente ans une société de 18 personnes, avec un chiffre d’affaires d’environ 4,5 millions de francs suisses (18 millions de francs français de l’époque, soit moins de 3 millions d’euros), en un groupe comptant plus de 7 000 salariés dans le monde et réalisant un chiffre d’affaires annuel de plus de 2 milliards de francs suisses (plus de 1,75 milliard d’euros). Une croissance qui avait d’ailleurs attiré la convoitise d’investisseurs chinois il y a un an et demi, avec à la clé une offre de rachat rejetée par Peter Spuhler, déclarant à l’occasion qu’il était « trop suisse ! »
    Peter Spuhler sera remplacé au poste de directeur général par Thomas Ahlburg (47 ans), ingénieur diplômé de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, à la tête de l’usine Stadler de Bussnang depuis 2012 après un passage par l’usine Bombardier de Görlitz.

  • RATP Dev renouvelé à Casablanca

    RATP Dev renouvelé à Casablanca

    Ce n’est pas une surprise, mais c’est fait. La RATP s’est vu renouveler la confiance de Casa Transports, l’autorité organisatrice de Casablanca, pour l’exploitation, la maintenance et le développement du réseau de tramway de l’Agglomération de Casablanca à partir du 13 décembre 2017, pour une durée de 12 ans.

    Casa Tram, filiale de RATP Dev, a mis en service et opère depuis 2012 la ligne de tramway T1 de Casablanca. La ligne a fêté son 100 millionième voyageur en 2016, en présence d’Elisabeth Borne, alors PDG de la RATP, venue célébrer l’événement et discuter de la suite des opérations. Le nouveau contrat comprend la mise en service, l’exploitation et la maintenance de 4 nouvelles lignes de tramway et 2 lignes de BHNS. RATP Dev Casablanca – nouveau nom de l’entité locale – sera l’opérateur du projet de transport urbain présenté par la RATP comme « le plus ambitieux du continent africain ».

  • Assises de la mobilité : Philippe Duron présidera le comité d’orientation sur les infrastructures

    Assises de la mobilité : Philippe Duron présidera le comité d’orientation sur les infrastructures

    Philippe Duron reprend du service ! L’ancien député socialiste du Calvados va présider le comité d’orientation des infrastructures qui sera mis en place dans le cadre des Assises de la mobilité.

    Un choix logique : c’est un fin connaisseur des transports (il était jusqu’en 2017 président de l’Afitf), des élus (il a été président de la Basse-Normandie, maire de Caen…) et surtout son travail à la tête de la commission Mobilité 21, chargée en 2013 de faire le tri dans les projets d’infrastructures retenus dans le Snit, avait été unanimement salué.

    Ce comité, qui sera composé de trois députés, trois sénateurs, un parlementaire européen, un président de conseil régional, un président de conseil départemental, un président d’agglomération et six personnalités « qualifiées », sera chargé de préparer la future loi de programmation et de financement des infrastructures. L’objectif ne sera pas de faire des recommandations projet par projet comme cela avait été le cas de Mobilité 21 mais de fixer les grandes priorités, les sources de financement ou encore les critères de choix des projets. Ce qui servira de base au gouvernement pour écrire son projet de loi avant de le soumettre au Parlement. Les missions de ce comité dépasseront les Assises puisqu’il sera également chargé du suivi de l’application de la loi.

    M.-H. P.

  • CarPostal planche sur la navette autonome à la demande

    CarPostal planche sur la navette autonome à la demande

    Lancée il y a un peu plus d’un an, l’expérimentation menée à Sion en Suisse avec deux navettes autonomes Navya doit s’achever fin octobre. CarPostal qui exploite ces navettes en plein centre-ville, sur une boucle d’1,6 km, dresse un premier bilan positif : depuis le 23 juin 2016, les deux « SmartShuttle » – les premières navettes autonomes à être mises en circulation en circuit ouvert – ont transporté plus de 25 000 personnes.

    Des études qualitatives et quantitatives ont été menées par deux cabinets indépendants (GIM Suisse SA et la HES-SO Valais) notamment auprès des utilisateurs et des passants. « Les personnes qui ont déjà voyagé à bord de la navette ont davantage confiance en la technologie et beaucoup d’entre elles souhaitent qu’il y en ait davantage », assure CarPostal, reprenant les conclusions des sondages.

    Mais, ajoute l’opérateur de transport public suisse, « l’un des grands défis réside encore dans la communication entre les navettes et les autres usagers de la route, afin que les flux de circulation puissent être optimisés ». Ainsi, une à deux fois par parcours, l’opérateur à bord (obligatoire pour respecter la législation) reprend la main, notamment pour contourner les fourgons garés ça et là sur les côtés de la voirie.

    Les tests sont donc loin d’être finis. CarPostal vient ainsi de mettre en service depuis quelques semaines un site d’essai à Berne. Le groupe souhaite notamment tester en toute sécurité (et donc en circuit fermé et privé) différents équipements, comme les feux tricolores et les passages piétons, pour voir comment la navette réagit. Des équipements que ne rencontrent pas les deux navettes circulant dans le centre de Sion.

    Sur ce site d’essai, Car Postal expérimente aussi la fonction « navette à la demande ». A terme, cette fonction doit permettre à un utilisateur d’appeler une navette, puis de commander une destination comme il le ferait avec un ascenseur, simplement en utilisant une application (en l’occurrence celle de la société BestMile).

    Lorsque le système sera au point, CarPostal espère pouvoir le tester en conditions réelles. Eventuellement à Sion, où l’entreprise souhaiterait poursuivre des expérimentations. Après le mois d’octobre, elle envisage de faire rouler ses deux navettes dans une autre partie de la ville. « Ce pourrait être un parcours d’un kilomètre, avec une origine et une destination, alors qu’actuellement la navette effectue une boucle », explique Philippe Cina, le responsable du Développement de CarPostal Suisse.

    Pour faire connaître ce nouveau mode de transport, l’entreprise, qui exploite plusieurs réseaux de taille moyenne en France, propose aussi des démonstrations aux collectivités. Entre le 4 et le 15 septembre, elle a fait rouler une navette à Sète pour desservir des plages, en reliant un parking à un arrêt de bus. Du 20 au 30 septembre, ce sera au tour de Dole d’accueillir ce véhicule dans le centre-ville fermé à la circulation.

    De quoi donner des idées aux élus ? Car Postal estime que les navettes autonomes présentent un fort potentiel dans les sites touristiques, les aéroports ou tout simplement pour effectuer ce qu’on appelle « le dernier kilomètre ».

    « Nous avons notamment été approchés par des exploitants de site touristique. Mais c’est encore économiquement compliqué », confie Philippe Cina. Avant de voir rouler des navettes autonomes sur la voirie, il faudra abaisser les coûts d’achat (il n’y a pour le moment que deux constructeurs français, Navya et Easymile) et réduire les dépenses de fonctionnement (lorsque les progrès seront tels que la législation n’imposera plus un opérateur à bord). Ce n’est donc pas pour tout de suite, mais, ajoute Philippe Cina, « la tendance est claire et nous sommes sûrs que la navette sera utile : elle le sera notamment pour les personnes âgées ou à mobilité réduite et permettra de proposer de nouvelles offres de mobilité, tout particulièrement dans les territoires délaissés ».

    M.-H. P.

  • Le musée des Transports urbains de Chelles rouvre au public

    Après plusieurs déménagements et alors que l’espoir s’amenuise de voir la construction d’un bâtiment dédié à sa collection, le musée des Transports urbains s’est installé dans une ancienne usine de Chelles où les visiteurs peuvent désormais se rendre un samedi par mois. 

    Les amateurs de transports urbains le connaissent bien. Le musée des transports est longtemps resté installé aux portes de Paris à Saint-Mandé dans un ancien dépôt d’autobus. En 1998, une opération immobilière contraint l’Amtuir, l’Association pour le musée des Transports urbains, interurbains et ruraux à trouver un nouveau point de chute. Sa collection qui comprend alors des motrices de tramways, quelques voitures de métro, des funiculaires et toute une flotte d’autobus et de trolleybus est déjà à l’étroit dans ses murs. Ce déménagement forcé est peut-être l’occasion de bâtir un nouveau musée plus vaste permettant une meilleure présentation des véhicules. Un souhait qui a bien failli devenir réalité avec l’installation sur le site de Colombes. Sur d’anciens terrains militaires, l’association y a trouvé de quoi abriter son importante collection. Les projets ont commencé à prendre forme, celui d’un grand musée avec le tram T2 dont les voies passent à proximité. Ce qui devait permettre d’organiser des circulations de tramways anciens. Malheureusement en 2008, après quelques années passées dans ces lieux, l’Amtuir est contrainte à nouveau de déménager sans aucune certitude sur son avenir. Difficile en effet de trouver en région parisienne la superficie nécessaire pour abriter une collection qui ne cesse de s’agrandir. Provisoirement, une partie des véhicules est entreposée en province à Noyon tandis que la RATP récupère ses matériels ferrés en dépôt. La régie de son côté commence à réfléchir à un musée dans son nouveau siège du quai de LaRapée où métros et autobus seraient exposés. Mais là encore, l’espace manque et la RATP finit par louer à la SNCF un vaste entrepôt à Villeneuve-Saint-Georges pour ses véhicules. Les matériels de Noyon y ont été depuis rapatriés.

    L’Amtuir qui cherche désespérément un local envisage toutes les hypothèses, y compris un départ en province. C’est finalement à Chelles qu’est enfin trouvée la perle rare, un ancien entrepôt du Sernam qui sera démoli pour laisser place à un vaste musée relié à la gare par une ligne historique en tramway ou trolleybus. Une proposition bien alléchante tempérée par un financement qui reste à trouver. En attendant de bâtir ce nouveau musée qui doit être à l’urbain ce que la Cité du Train est aux chemins de fer, la collection est installée provisoirement dans une ancienne usine appartenant à la communauté de communes. Là, les matériels y sont entreposés sans intention d’y recevoir du public.

    Le lieu ouvre tout de même de façon exceptionnelle une première fois en 2008 pour les Journées du patrimoine. Malgré l’éloignement à Chelles, les visiteurs sont au rendez-vous. A mesure que la situation s’enlise, le musée commence à ouvrir de plus en plus fréquemment, toujours de façon exceptionnelle, pour la Nuit des musées, les Journées du patrimoine ou encore pour recevoir des groupes. Entretemps, le site du Sernam est livré aux promoteurs et l’idée d’un grand musée s’éloigne faute de financement. Sans totalement l’abandonner, l’association s’oriente désormais vers des ouvertures au public plus régulières. Sa démarche est confortée par la nouvelle équipe municipale élue en 2014 qui entend mettre en avant son patrimoine culturel.

    La collection est ainsi réorganisée dans un parcours cohérent tandis que différents aménagements sont réalisés pour recevoir le public dans de meilleures conditions. La présentation des matériels est faite de façon chronologique, depuis les premiers omnibus hippomobiles jusqu’aux véhicules les plus récents (Saviem SC10 par exemple). Et comme il faut respecter des normes de sécurité et permettre l’accès des personnes à mobilité réduite, un cheminement large est donc aménagé avec des rampes qui permettent le passage des fauteuils au-dessus des voies ferrées.

    Le samedi 17 juin, le musée est ainsi ouvert pour la première fois au public. Les visiteurs peuvent y retrouver l’importante collection des autobus parisiens, le premier omnibus automobile de 1906 à impériale, mais aussi une bonne part de la cavalerie qui a arpenté les rues de la capitale. On y découvre même une ancienne motrice des tramways parisiens, aux côtés d’un florilège de tramways de province. Aux côtés de Versailles, la première pièce acquise il y a 60ans, on trouve en vrac des voitures de Fontainebleau, Lyon, Strasbourg ou Lille sans oublier quelques perles comme la motrice Mékarski de Nantes à air comprimé. Face aux engins ferrés, une impressionnante collection de véhicules de province est exposée comptant de nombreux trolleybus aux côtés des autobus diesels qui souvent les ont remplacés. Si le métro est représenté par une motrice Sprague, la collection du musée est désormais recentrée sur les transports de surface. On trouve tout de même quelques maquettes de métros ou des rames Z de la ligne de Sceaux.

    Désormais, le musée est ouvert tous les troisièmes samedis du mois jusqu’en octobre, de quoi tirer un premier bilan. Si l’opération est concluante, le public sera à nouveau accueilli régulièrement dès le printemps 2018.

    Philippe-Enrico ATTAL

     

     

    Musée des transports urbains, interurbains et ruraux

    1, rue Gabriel de Mortillet 77500 Chelles Ouvert les troisièmes samedis du mois et durant les journées du patrimoine jusqu’en octobre.

    8 euros (4 euros tarif réduit).

     

  • Jérôme Harnois nommé directeur de la Maîtrise des risques et des Enjeux sûreté à la RATP

    Jérôme Harnois nommé directeur de la Maîtrise des risques et des Enjeux sûreté à la RATP

    Jérôme Harnois est devenu le 1er septembre le directeur chargé de la Maîtrise des risques, des Enjeux sûreté et des Affaires institutionnelles. Il est à ce titre membre du Comex du groupe RATP. Agé de 49 ans, et titulaire d’une maîtrise de droit privé et d’un DEA de droit pénal, ce diplômé de l’Institut de criminologie de Paris est par ailleurs président de RATP-International. Il était depuis 2015 directeur de cabinet de la PDG.