Résultats de recherche pour « LOM »

  • Lyon – Turin. Le tunnelier entrera en action en juillet prochain

    Lyon – Turin. Le tunnelier entrera en action en juillet prochain

    Le tunnelier Federica va creuser la galerie de reconnaissance de neuf kilomètres qui constitue le début du tunnel transfrontalier. Le tunnelier présenté officiellement le 14 janvier sur son lieu de construction au Creusot est désormais prêt pour son ouvrage sur le Lyon – Turin. Plus qu’une simple opération technique, « ici, c’est une étape symbolique qui marque l’entrée dans l’histoire concrète du projet », a souligné Hubert du Mesnil, président de Telt (Tunnel Euralpin Lyon Turin) en réceptionnant le tunnelier. Une entrée symbolisée donc dans l’usine du constructeur-concepteur NFM Technologies par une machine baptisée Federica arborant une tête de coupe de 12 mètres de diamètre dotée de 76 molettes abrasives de 300 kg chacune. L’énorme bouclier abrite un train de services de 135 mètres de long pesant 2 400 tonnes, dont la moitié pour la seule tête de coupe. Double particularité de Federica, elle sera équipée d’un robot pour le changement des molettes et d’un radar de prédiction des propriétés des terrains permettant d’anticiper le paramétrage de la machine, « une première », selon Alain Deleard, directeur général de NFM Technologies.
    Assemblé à blanc au Creusot, le tunnelier sera démonté dans les prochains jours pour être acheminé en Maurienne jusqu’à début mars. Un transfert qui nécessitera une centaine de camions dont une trentaine de convois exceptionnels à destination du site de Saint-Martin-La-Porte. Les éléments du tunnelier emprunteront la descenderie existante sur 2 400 mètres jusqu’à la chambre de montage souterraine, vaste caverne longue de 45 mètres et haute de 26 mètres où le tunnelier sera assemblé pendant quatre mois.
    Les travaux d’excavation commenceront en juillet prochain. Le tunnelier creusera la galerie de reconnaissance proprement dite sur près de neuf kilomètres (à raison de 20 à 30 mètres par jour) entre la descenderie de Saint-Martin-La-Porte et celle de La Praz, dans l’axe et au diamètre du futur tunnel de base. Autrement dit, la galerie constituera les neuf premiers kilomètres du tube sud du tunnel transfrontalier, comme l’a précisé Mario Virano, directeur général de Telt, qui s’est aussi félicité de l’avancée du tunnel malgré les oppositions au projet : « Le tunnel est un symbole européen avec un haut niveau d’intelligence impliquant de nombreux partenaires dans tous les domaines, de la connaissance de l’environnement à la sécurité des travailleurs, on ne peut pas l’arrêter. » Au plus fort du chantier, 450 personnes travailleront dans la galerie. Le calendrier prévoit la fin des travaux* de la galerie de reconnaissance d’ici cinq à huit ans en fonction des conditions géologiques et de l’avancée de galeries complémentaires. Telt annonce une mise en service du futur tunnel de 57 kilomètres pour 2028-2029, mais d’ici là, le nouveau maître d’ouvrage dévoilera son premier logo parmi 240 projets d’écoles d’art et design du Piémont et de Rhône-Alpes exposés le 8 février au musée des Confluences de Lyon.     

    Claude Ferrero

    *réalisés par un groupement d’entreprises composé de trois sociétés françaises et trois italiennes : Spie Batignolles TPCI, Eiffage TP, Sotrabas, Ghella, CMC, Cogeis.

     

  • Déjà 13 liaisons d’autocars contestées

    Déjà 13 liaisons d’autocars contestées

    669 liaisons d’autocars de plus de 100 kilomètres commercialisées à ce jour, qui permettent de desservir 130 villes en France (surtout les plus grandes). Eurolines/Isilines en proposent plus grande partie (40 % des liaisons)  suivi par FlixBus (22 %), Starshipper (18 %), Ouibus (13 %) et Megabus (7 %).

    Quant aux liaisons de moins de 100 kilomètres, soumises à déclaration préalable, 79  ont déjà été déclarées à l’Arafer et une seule est commercialisée à ce jour entre Dijon et Lons-le-Saunier par FlixBus. Notons aussi qu’aucune n’a été créée par OuiBus, la filiale de la SNCF, qui avait déclaré ne pas vouloir concurrencer ses TER.

    Et 13 font pour le moment l’objet de recours, quasiment toutes étant proposées par FlixBus. Les premières saisines date du 23 décembre, les premières décisions sont attendues avant le 23 févier, l’Arafer ayant deux mois pour se prononcer et dire si les liaisons sont ou non, susceptibles de porter atteinte à l’équilibre économique des services publics conventionnés (TER, trains d’équilibre du territoire, lignes d’autocars interurbaines) comme le pensent les autorités organisatrices des transports à l’origine de la saisine. 

    « C’est aux AOT de démontrer le déséquilibre. Ce n’est pas simple, mais elles sont censées avoir les éléments assez rapidement puisque ce sont elles qui signent les conventions », souligne Anne Yvrande-Billon, vice-présidente de l’Arafer, en rappelant que les régions devront pour cela disposer de comptes de ligne. Des comptes que les régions ont toujours déclaré avoir du mal à obtenir de la part de la SNCF. 

     

  • Mobilité et villes moyennes. Etat des lieux et perspectives

    Mobilité et villes moyennes. Etat des lieux et perspectives

    la suite des élections municipales de mars 2014, la presse s’est emparée d’un mouvement touchant plusieurs agglomérations, en particulier moyennes, à savoir une redéfinition voire même une remise en question des choix opérés en matière de politiques de mobilité par certaines collectivités. Un phénomène qui pose en réalité la question de la place de l’automobile en centre-ville, et, plus précisément, l’idée selon laquelle seule la voiture contribue au dynamisme économique des centres-villes. Ce constat m’a naturellement conduit à proposer une étude plus approfondie permettant d’en mesurer l’ampleur, de comprendre les facteurs explicatifs, et surtout, de rappeler la nécessaire inscription de la mobilité durable dans les politiques à long terme des autorités organisatrices de la mobilité. Cette étude répond à l’adage « no parking, no business », que nous considérons, au GART, comme largement insuffisant pour poser les problématiques de la mobilité dans les villes centres et de leur attractivité.

    De plus, nombre de remises en cause de projets décidés par les équipes précédentes trouvent leurs racines dans l’absence de consensus, d’où l’importance de la concertation dans la construction des projets de transport. Mais l’analyse dépasse cette seule relation entre voiture et attractivité du centre-ville. En effet, elle revient sur les spécificités propres aux agglomérations moyennes : des morphologies urbaines très éclatées, une part modale de la voiture plus importante, la place de la deuxième voire de la troisième voiture, mais aussi des outils et des moyens pas toujours à la mesure des grandes agglomérations… Ces spécificités interrogent sur les solutions de mobilité à pérenniser ou à développer dans ces territoires, en considérant, notamment, la nécessaire complémentarité entre la voiture et les modes alternatifs. Dans un contexte de contraintes financières fortes, il s’agit bien ici de réaffirmer la place des villes moyennes dans l’action engagée en faveur du report modal et de la transition énergétique.

  • Grenoble roule à 30 km/h

    Grenoble roule à 30 km/h

    C'est une première en France pour une ville aussi importante : Grenoble a généralisé depuis le 1er janvier la limitation de vitesse à 30 km/h sur son territoire, en ne gardant que quelques grands axes à 50 km/h Les conducteurs dans treize autres communes de la métropole grenobloise (442 000 habitants au total) sont aussi concernés. La limitation de vitesse à 30 km/h doit être étendue à 43 des 49 communes de l'agglomération d'ici à l'été 2016. Baptisée « Métropole apaisée », cette opération a été mise en place aussi bien dans des communes de gauche que de droite.
    « Cela permet de rééquilibrer l'espace public, de donner un nouvel espace aux piétons et aux cyclistes », a plaidé Eric Piolle, maire EELV de Grenoble, mettant en avant les gains en terme de sécurité permis par cette mesure.
    En France, d'autres villes de plus petite taille, comme Lorient (Morbihan), ont déjà généralisé les zones 30 à l'ensemble de leur territoire. La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, s'est engagée à faire de même d'ici à 2020.
    Ailleurs en Europe, Edimbourg doit passer à 30 km/h progressivement à partir d'avril 2016.

     

  • 535 km de voies à renouveler en 2016

    Sur l’ensemble du réseau il était prévu de régénérer 516 km de voies principales au cours de l’année 2015. Un tout petit peu moins que les 522 km que nous avions annoncés dans notre dernier dossier (voir VR&T n° 571). La différence de ces 6 km s’explique par des ajustements liés à la complexité de réalisation et des travaux connexes effectués en préalable à ces grands chantiers. Sur les 516 km, répartis en 11 chantiers menés par les trois trains de suites rapides, 515 km ont effectivement été réalisés, soit presque 100 % du programme. Le marché actuel, qui s’étendait sur la période 2013-2015, comportait une tranche optionnelle pour les années 2016 et 2017. Cette option a été levée fin 2014 pour les trois lots. « Cela signifie que nous sommes satisfaits au niveau production et qualité de rendu. En 2014, déjà le programme avait été réalisé à plus de 100 % », explique Hervé Mortaigne, adjoint à la direction opérationnelle SNCF des Suites rapides.
    Ces deux années supplémentaires restent dans la continuité des trois précédentes : mêmes périmètres, mêmes actions, mêmes entreprises avec leurs trois trains de pose et de substitution des rails, traverses et ballast. Le TSV21 du groupement Colas Rail-TSO (lot 1), le P95 de Transalp Renouvellement (lot 2), le TCM 60 de Meccoli (lot 3). Sur les trois lots l’accent est désormais surtout mis sur une démarche et un suivi de l’amélioration continue engagée depuis 2013. C’est-à-dire une hausse de la qualité et des gains sur les temps de production. Sur ce marché pluriannuel, ceux-ci ont évolué de façon positive. Selon les conditions de chantiers, la pleine voie étant plus simple à traiter que des passages en gares avec leurs appareils et les quais, la moyenne d’avancement se situe aux alentours de 200 m/heure. Mais c’est plus souvent du 220-240 m/heure, voire du 280 m/heure.
    Le chantier « phare » de 2015 a incontestablement été celui mené en Languedoc-Roussillon par Colas Rail-TSO. Un linéaire de 87 km, débuté mi-juin et achevé en fin d’année, qui a été effectué exclusivement en nocturne, aux plages d’interceptions courtes, de 8h à 8h30 au maximum, avec des passages compliqués dans les gares de Sète et de Béziers notamment. Les liaisons Montpellier – frontière espagnole et Montpellier – Bordeaux étant très chargées, le chantier a dû aussi prendre en compte les très nombreuses circulations sur la voie contiguë qui ont imposé de strictes règles de sécurité. « Cet itinéraire est unique puisqu’il n’existe pas d’axe de détournement possible. Dès qu’il y a un grain de sable, cela devient compliqué. Mais à un jour et demi près, le délai a été respecté », poursuit Hervé Mortaigne. Ce sera encore le chantier « phare » de 2016, puisque l’autre voie va être traitée de mi-avril à mi-octobre dans les mêmes conditions et par le même groupement.
    Transalp Renouvellement, pour sa part, a réalisé l’ensemble de son programme. En particulier sur les 88 km entre Dôle et Belfort, également d’une durée de six mois, de nuit avec 9h30 de simultanée, c’est-à-dire avec les deux voies interrompues, et des travaux connexes aussi traités en suite rapide.
    Les chantiers effectués par Meccoli sont un peu plus courts, de 40 à 50 km, menés en 8h30 maxi de simultanée. Pour ce lot 3 la voie qui n’est pas en travaux est systématiquement interceptée pour assurer la logistique d’évacuation des anciens rails, des traverses et du ballast.
    Les deux années en cours devraient donc, a priori, se dérouler sans problème. La direction opérationnelle SNCF des suites rapides prépare déjà l’après 2017. Lancé courant mars dernier, l’appel d’offres pour le marché pluriannuel suivant est en cours. Toutes les offres reçues pour trois lots, plus un quatrième lot mixte LGV/réseau classique pour des travaux de suite rapide d’une longueur plus faible atteignant la vingtaine de kilomètres, ont été analysées. Le tout devait passer en commission des marchés en décembre 2015 et au conseil d’administration de SNCF Réseau début 2016.
    Le prochain marché débutera à partir de 2018 et, c’est une première, sa durée atteindra cinq années fermes, c’est-à-dire jusqu’en 2022, suivies d’une option sur 2023 et 2024. Un « plus » indéniable pour les entreprises spécialisées. Depuis longtemps, elles souhaitaient en effet des marchés plus longs dans le temps qui leur permettent de disposer d’une meilleure visibilité sur l’avenir, de rentabiliser leurs lourds investissements en matériels et d’engager des démarches d’innovation. A l’inverse de la situation actuelle, et cela concerne surtout le lot 3 de Meccoli qui a bâti son processus de renouvellement ainsi, le marché suivant ne comportera plus de simultanée. Ce qui imposera, si la société est retenue, une méthode autre et une évolution vers un nouveau matériel.
    Un autre grand changement du futur marché est lié à la reddition. La reprise de la circulation sur la voie en travaux était jusqu’à présent limitée à 60 km/h. Elle le sera à la vitesse de 80 km/h pour le lot 1. Et les lots 2 et 3 sont en option.
    « Les entreprises nous ont répondu à V60 et à V80. Si leurs offres sont intéressantes, innovantes et performantes, nous lèverons l’option à V80 lors de l’attribution du marché. C’est une amélioration de la fluidité du trafic et une marche de plus sur la performance des travaux. Début 1990, nous avions fait un saut entre le 40 et le 60 km/h. Passer de 60 à 80 km/h, ce sont des référentiels à bouger, disposer de machines qui garantissent la restitution de la voie en fin de chantier », ajoute Hervé Mortaigne. S’ils sont reconduits dans le futur marché, les trains de suites rapides existants devront donc encore évoluer. D’autant plus que les ambitions de SNCF Réseau en longueurs régénérées sont plus élevées pour cette année et les suivantes. « L’objectif, c’est atteindre 535 km renouvelés en 2016. Puis 540-550 km en 2017 et un linéaire supérieur à 580 km à partir de 2018 », conclut Didier Dubus, responsable de la direction opérationnelle des Suites rapides.
    Michel BARBERON


    Travaux 2016 sur le réseau : 1 485 millions d’euros

    LGV : 135 M€
    UIC 2 à 4 : 604 M€
    UIC 5 et 6 : 444 M€
    UIC 7 à 9 : 84 M€
    Appareils de voie : 218 M€


    Régénération des LGV : 135 millions d’euros en 2016

    Les régénérations menées sur les lignes à grande vitesse vont représenter un budget de 135 millions d’euros cette année. Associée à TSO, la société Meccoli, adjudicatrice du marché 2015-2021 de remplacement d’appareils de dilatation sur la LGV Méditerranée, en a changé 12 en 2015 et autant sont prévus en 2016. Le même groupement doit substituer quatre appareils de voie sur la LGV Atlantique. En 2015, le train BOA de TSO/Scheuchzer a remplacé 64,5 km de double file de rails sur les LGV Sud-Est (LN1), la branche Aquitaine de l’Atlantique (LN2) et la LGV Nord (LN3). Son programme 2016 en prévoit 25,5 km sur cette dernière. Pour leur part, ETF-Colas Rail vont substituer sur LN1, LN2 et LN3 un linéaire de 84 km de ballast, un peu plus que les 78 km réalisés en 2015.    


    Stéphanie Vettorello, une chef de projet sur tous les fronts

    Un chantier de suite rapide entre Plaisir et Dreux en 2016, deux sur Paris Sud-Est en 2017. Puis en 2018 et 2019 sur les régions de Chambéry et de Paca… Stéphanie Vettorello connaît son planning à long terme. Le kilométrage aussi qu’elle aura à gérer sur ses secteurs : « 346 km cumulés de RVB sur ces trois prochaines années ! » Au sein de la direction opérationnelle des Suites rapides de SNCF Réseau, la jeune femme est chef de projet depuis juin 2015. La seule femme parmi les huit techniciens chargés d’un secteur géographique précis du réseau qui peut, si besoin, être élargi. Rôle d’un chef de projet SR ? Préparer le chantier très en amont : trois ans sont nécessaires avant l’arrivée d’une suite rapide sur site. « En ce moment, nous travaillons déjà sur les campagnes de 2019. Nous visons même bientôt les quatre ans de façon à avoir les investigations le plus tôt possible pour anticiper. » Les sujets sont multiples. Organiser le programme travaux, coordonner les études avec les différents intervenants tels l’Infrapôle régional ou l’Infralog national, établir les documents d’exécution, améliorer l’environnement de travail en aménageant des pistes et des accès, en assurant le débroussaillage… Les chefs de projet doivent aussi déterminer de façon précise les chantiers dits de hors suite, ces zones où les grands trains de substitution ne pourront pas travailler à cause d’obstacles comme les passages souterrains en gares, des regards hydrauliques, les chambres de tirage pour les câbles signalisation et télécommunications. « L’objectif final, c’est vraiment permettre à la suite rapide d’avancer à grand rendement », résume Stéphanie Vettorello. Autre mission, plus commerciale celle-là, en liaison avec les établissements Infra circulation : prendre en compte l’éventuelle restitution tardive après une période de travaux. Dans ce cas, comment gérer au mieux les flux de voyageurs, leur assurer des services de substitution par bus ou autre. Bref, disposer d’une palette de solutions toutes prêtes. Anticiper toujours…    


    Remise à niveau sur la sécurité des chantiers

    Il n’y a pas eu de conséquences graves. Mais quelques incidents marquants affectant la sécurité, tels des franchissements de carrés ou de mauvaises manœuvres sur entrée de voies de garage, ont été constatés début 2015 sur le lot 2. A tel point que les responsables de la direction opérationnelle des Suites rapides ont souhaité réagir très vite pour « recadrer les choses ». Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à stopper le renouvellement pendant une journée complète. Soit un coût dépassant les 750 000 euros, l’équivalent de un kilomètre de régénération estimée à environ 1,2 million d’euros/jour, moins les matériaux. Une première, le 1er juillet, au palais des Congrès de Saint-Etienne, ville à proximité de laquelle se trouvait le chantier, un colloque « sécurité » a été organisé. Il s’agissait de sensibiliser tous les acteurs du terrain, que ce soit ceux de la SNCF, de l’entreprise, les sous-traitants, et bien sûr de toutes les spécialités. Agents voie, signalisation, opérateurs de machines, bourreuses, stabilisateurs, régaleuses…, conducteurs des trains, d’engins rail-route, agents d’accompagnement, chefs de convois, surveillants de travaux… Lors d’ateliers, quelque 500 personnes ont eu une remise à niveau et une « piqûre de rappel » sur l’exploitation et la sécurité des chantiers. Une initiative payante. « Nous n’avons plus constaté d’incidents. Aujourd’hui c’est reparti sur de bons rails », admet un responsable SNCF.


     

    Régénération du réseau francilien
    Un train spécial « zone dense » en 2017

    Les zones très fréquentées du réseau francilien (plus de trois millions de voyageurs chaque jour) sont vieillissantes. Elles doivent faire l’objet de grands programmes de régénération. Ce sera le rôle, à partir de 2017, de la future suite rapide zone dense, baptisée SR ZD, développée par la société ETF, filiale d’Eurovia.

    Gares proches les unes des autres avec leurs quais et appareils de voie, forte concentration des installations de signalisation, nombreux ouvrages d’art aux piles et culées situées en entrevoie… Les lignes en zones denses d’Ile-de-France comportent beaucoup d’obstacles qui ralentissent fortement la production des linéaires de régénérations. Dans les années 2009-2012, les quelques chantiers menés sur les régions de Paris-Lyon et de Paris-Saint-Lazare avec les suites rapides existantes ne s’étaient pas avérés concluants. Ces trains imposants sont conçus pour traiter des longueurs de pleine voie, avec peu d’obstacles, où ils peuvent alors donner un maximum de rendement, de l’ordre aujourd’hui de 1 000 m/jour. Mais ils sont disproportionnés pour effectuer des renouvellements en région parisienne et constituent une logistique trop lourde à mettre en œuvre. De plus, les intervalles nocturnes accordés sont courts, de six à sept heures au maximum, soit de 3 à 5 heures au mieux de travail effectif si l’on déduit l’acheminement des engins sur site et leur dégagement.

     

    Un matériel spécifique pour le réseau francilien

    Du coup, pour industrialiser le renouvellement des voies sur le réseau francilien, un matériel spécifique dédié à la région parisienne a été conçu : une suite rapide zone dense dénommée SR ZD. « Le projet de la suite rapide zone dense est une vraie réponse aux problématiques de vieillissement du réseau francilien », expliquait Yves Ramette, directeur général du GIU Ile-de-France, le 25 septembre dernier lors d’une présentation du projet à l’ensemble des managers de cette région. « Cet effort accru d’investissement permettra de renforcer le niveau de sécurité et de participer à l’amélioration de la qualité de service, à fiabiliser l’exploitation afin de réduire les retards dus à des défaillances de l’infrastructure, à maîtriser les dépenses d’entretien et à garantir le trafic. »
    Le marché spécifique pour élaborer cette future suite comportait un cahier des charges aux exigences techniques particulièrement nombreuses et rigoureuses. Seulement trois trains travaux déployés, alors qu’il peut y en avoir jusqu’à dix sur une suite classique ! Une longueur de ces trois trains limitée à 1 800 m, 600 m pour chacun contre 750 m habituellement. Un potentiel de renouvellement de 300 à 500 m par nuit. Soit, à interceptions équivalentes, une production de trois à cinq fois supérieure aux chantiers dits de hors suite réalisés avec des moyens mécaniques simples. Des innovations techniques aussi qui permettent un passage des obstacles en gabarit réduit sans pour autant ralentir le rythme de production du train de coupe. Dès la fin des travaux le matin, la possibilité de rendre la voie à 80 km/h, sans conséquences sur le plan de Transport, alors que les actuelles limitations à 60 km/h en ont. Enfin, un accent fort était souhaité sur une amélioration de la sécurité des opérateurs.

     

    L’appel d’offres est lancé en 2014

    En début d’année 2014, un appel d’offres est lancé auprès des entreprises spécialisées. A partir du 17 octobre suivant, les propositions des cinq sociétés concurrentes en lice « dont les offres répondaient aux attentes techniques avec des moyens de production innovants », selon la SNCF, sont étudiées. Parallèlement, en avril 2014, une entité spécifique dédiée aux travaux Ile-de-France est créée. Réunie à Saint-Denis en plateau technique de conduite de projets, cette équipe d’une dizaine de personnes compte des chefs de projet, de la maîtrise d’ouvrage, et dispose d’une agence travaux basée à Noisy-le-Sec. « Cette organisation permet d’être réactif. Il n’y a pas de séparation entre le maître d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre générale », résume Olivier Chesta, directeur d’Opérations des suites rapides zones denses en Ile-de-France au département des Projets franciliens de SNCF Réseau.


    20 sous-traitants européens impliqués

    L’attribution définitive du marché d’une durée de sept ans à ETF a lieu officiellement en juillet 2015. La filiale ferroviaire spécialisée d’Eurovia (groupe Vinci) a mis les moyens, humains, techniques, mobilisé ses bureaux d’études et beaucoup collaboré avec le constructeur suisse Matisa, l’un de ses partenaires de longue date. Pendant plus de deux ans, 20 sous-traitants européens se sont impliqués dans ce projet de train qui compte 62 wagons spécialisés, l’équivalent de 2 000 t d’acier…
    Mais trouver des solutions adaptées aux multiples contraintes des zones denses franciliennes et répondre au strict cahier des charges imposé se traduit aussi par un coût : ETF investit plusieurs dizaines de millions d’euros dans cette suite ! « La solution de ETF nous semblait la plus robuste. C’est un concentré d’innovations, fondamental pour l’industrie ferroviaire française au service de l’Ile-de-France où les enjeux sont tellement forts que le programme de renouvellement est déjà complet pour presque six ans ! », conclut Olivier Chesta.
    La suite ETF débutera ses essais statiques et dynamiques début 2017. Son tout premier « vrai » chantier sera engagé sur la Grande Ceinture de Paris-Nord en mars. Elle devra alors tenir un rythme de renouvellement atteignant les 80 km chaque année, soit 560 km régénérés pendant la durée de ce marché.    


    Régénérer les zones denses prioritaires

    Emprunté au quotidien par quelque trois millions de voyageurs, soit 30 % du trafic ferroviaire national, le réseau Transilien compte 3 700 km de voies en zones denses et hyperdenses dont l’âge moyen en 2014 atteignait 26 ans. Mais 40 % dépassent les 30 ans.
    Afin de déterminer les zones de voie à remplacer, la direction Asset Management Ile-de-France, une entité créée fin 2013 qui a pris le pilotage des programmes de régénération sur la région depuis janvier 2015 (voir VR&T n° 571), s’appuie sur un schéma théorique de renouvellement (STR). Celui-ci fixe les échéances de régénération théoriques de l’infrastructure en fonction du patrimoine (type de rails/traverses) et des sollicitations (groupes UIC/zones de densité). Les durées de vie prévues dans ce schéma, appliquées à la base patrimoine Armen (Application de recensement multispécialité des équipements nomenclaturés) déterminent des zones dites « hors d’âge », ou qui le sont presque, et doivent donc être renouvelées en priorité. Les problématiques de maintenance rencontrées par les établissements Infrapôles entrent en compte aussi. Ce travail est mené en commun entre le manager de domaine Voie/Pilote de programme et ceux de lignes de la direction Asset management maintenance et travaux IDF.
    Lorsque toutes ces données ont été croisées, des visites in situ permettent de constater l’état réel de l’infrastructure et d’organiser les priorités de renouvellement. Les zones retenues au titre des opérations de régénération intègrent également des portions de voies qui ne sont pas en fin de vie dans l’objectif de supprimer la mixité des installations. Toutes les opérations de régénération de la voie intègrent des standards Infra haute performance propres à l’Ile-de-France. Les opérations de RVB conduites d’ici 2018 doivent permettre de stabiliser l’âge moyen des traverses.    
     


     

    Cinq bases arrière à créer pour la suite « zone dense »

    SNCF Réseau va consacrer environ 45 millions d’euros à la remise à niveau ou à la création de cinq bases arrière. Ces sites ferroviaires destinés à accueillir la suite rapide zone dense, dont le schéma directeur avait été porté par RFF à l’époque, devaient répondre à deux critères principaux. Se trouver géographiquement à moins d’une heure des chantiers, être en capacité de devenir des plateformes logistiques pour industrialiser la maintenance et la régénération en Ile-de-France. Véritables gares de formation des trains avec tiroirs, faisceaux de voies, elles disposeront d’importants moyens pour la maintenance des matériels lourds (dégarnisseuse, train de coupe, locos…) et de surfaces pour le stockage des matériaux (longs rails soudés, traverses, ballast…).
    Fruit d’une collaboration étroite entre SNCF Réseau et ETF, la première base, prévue opérationnelle dès décembre 2016, se trouve à Chelles-Vaires et alimentera les chantiers situés sur les secteurs parisiens est et nord. Les quatre autres, qui seront mises en service selon les interventions déjà programmées de la suite, sont situées à Verberie pour le réseau de Paris-Nord, Brétigny pour Paris-Rive-Gauche, Verneuil-Vernouillet pour Saint-Lazare, Trappes pour une partie de Paris-Saint-Lazare et de Paris-Rive-Gauche. Les cinq bases seront construites sur le même modèle, mais Chelles-Vaires et Verneuil-Vernouillet, qui disposent de surfaces importantes, 16 ha pour la première et 20 ha pour la seconde, iront au-delà du programme. « La création de ces bases dépasse les seuls enjeux de la suite rapide et prend en compte une planification bénéfique pour l’ensemble des chantiers, indique Olivier Chesta. Nous répondons ainsi aux besoins de l’industrialisation du renouvellement de rails avec le BOA [train TSO-Scheuchzer, NDLR], éventuellement au plan Vigirail. Mais aussi aux besoins des suites rapides classiques qui, depuis Chelles-Vaires pourront par exemple aller travailler entre Château-Thierry et Epernay. Tout comme pour une suite mixte LGV/réseau classique envisagée à partir de 2018 capable d’atteindre facilement la LGV Est… » Pour sa part, la future base de Verneuil-Vernouillet a d’ores et déjà trouvé un partenaire et cofinanceur lié à un autre grand projet : le prolongement du RER E Eole vers l’ouest.   


    « Seule une forte mécanisation permet d’atteindre la performance requise »
    Franck Guelmi, directeur des Grands projets RFN (réseau ferré national) de ETF
     

    Ville Rail & Transports. Comment avez-vous travaillé pour concevoir ce train ?
    Franck Guelmi.
    Nous avions déjà mené des recherches sur les solutions techniques qui pourraient être adaptées au RVB en environnement complexe. Près d’une dizaine de méthodologies avaient été imaginées, des plus simples aux plus complexes, des plus classiques aux plus innovantes. Lorsque l’appel d’offres est sorti, nous avons effectué une analyse globale des contraintes techniques du cahier des charges, en isolant les points les plus contraignants : rendement horaire minimum de 150 m, faible temps de travail, voie contiguë circulée, conditions de reddition de la voie de chantier pour LTV80… Après confrontation de nos méthodologies, il est vite apparu que seule une forte mécanisation permettait d’atteindre le niveau de performance requis.

    VR&T. Votre réflexion s’est-elle basée sur un train existant ?
    F. G.
    Les solutions déjà existantes chez certains constructeurs, comme l’utilisation combinée d’une dégarnisseuse et d’un train de renouvellement de voie ou le train de renouvellement de voie et ballast, n’étaient pas totalement satisfaisantes à nos yeux. Nous avons au final fait le choix de concevoir notre propre train « usine » combinant le dégarnissage et la stabilisation.

    VR&T. Comment avez-vous fait pour respecter un cahier des charges complexe et proposer de nombreuses innovations dans des délais aussi serrés ?
    F. G.
    Le retour d’expérience d’utilisation des matériels classiques et donc éprouvés, permet de connaître quasiment tous les pièges correspondant à ces machines. La difficulté principale avec les méthodes nouvelles, c’est la longue analyse de risques à mener. On ne bénéficie d’aucun vécu. Il faut simuler chaque phase, imaginer chaque enchaînement pour s’assurer que tout s’imbrique correctement, que tout est compatible avec les contraintes de réalisation. Petit à petit, on découvre des problèmes jamais rencontrés avec les machines classiques. Trouver une solution à chacun de ces problèmes peut prendre un temps considérable. Nous avions beaucoup anticipé ce travail de conception, ce qui a permis de proposer une solution aboutie au terme de la phase d’études de l’appel d’offres.


    VR&T. ETF a imaginé un nouveau processus : le remplacement du ballast et des traverses (RB/RT) passant avant celui des rails (RR). C’est une innovation importante ?
    F. G.
    C’est l’un des points clés de notre offre technique. L’obligation de réaliser le RB et le RT simultanément au sein du train s’est imposée très rapidement, notamment pour permettre le passage dans les zones à gabarit restreint. Réaliser le RR en même temps que le RT, principe de fonctionnement des trains de renouvellements classiques, n’est pas très compliqué. Il aurait donc été facile de proposer de réaliser RB, RT et RR simultanément. Mais dès le début de notre réflexion, avant même la sortie de l’appel d’offres, nous avions identifié de nombreux avantages en cas de séparation de la gestion du rail des autres opérations.

    VR&T. Quels sont les avantages de cette méthode scindée en plusieurs opérations ?
    F. G.
    Ils sont nombreux. Pas d’opérations préalables de déchargement à prévoir. Pas de préparation des barres au sol souvent fastidieuse dans les zones complexes tels sauts de passages à niveau, d’appareils de voies, de divers obstacles en voie… Pas de raccordement des barres neuves sous le train lors du RB-RT, ce qui supprime des arrêts de production relativement longs. Pas de croisement de barres au niveau du train, donc moins de problèmes dans les zones à gabarit restreint, comme dans les quais par exemple. Enfin, pas de rails anciens stockés en banquettes après le RB-RT, ce qui facilite le travail des machines lors de la phase de ballastage/bourrage.

    VR&T. La voie en travaux devra être rendue à 80 km/h au lieu de 60 km/h habituellement. C’est une contrainte supplémentaire ?
    F. G.
    Cette vitesse de reddition de la voie de chantier à 80 km/h nous obligeait à gérer le risque d’instabilité du LRS. La solution préconisée était la réalisation d’une prélibération du rail neuf en fin de nuit, opération très coûteuse en temps et donc préjudiciable au rendement global du chantier. En conservant le rail ancien, préalablement tronçonné, à l’issue de la nuit de RB-RT, on restitue une voie en barres normales, on s’affranchit du risque LRS et donc de l’obligation de prélibération. Séparer l’opération de RR nous permettait à la fois de simplifier la préparation des travaux, de faciliter le travail du train de RB-RT et surtout de ne pas avoir à gérer de prélibération en fin de nuit.

    VR&T Comment avez-vous surmonté la difficulté liée à la longueur (600 m au maximum) de ces trains-travaux ?
    F. G.
    Cette limitation en longueur et le nombre de trains à trois, nous ont amenés à développer une stratégie de trains-travaux à masse constante. Chaque wagon doit être chargé aussi bien à l’aller qu’au retour. Habituellement sur les chantiers de suite rapide, les wagons de ballastage arrivent pleins et repartent vides. Les wagons tombereaux, quant à eux, arrivent vides et repartent chargés. Nous avons donc imaginé des wagons spéciaux à double-flux permettant de les acheminer vers le chantier chargés de ballast neuf et d’en repartir chargés du vieux ballast. Ainsi, un seul wagon est utilisé là où il en fallait deux auparavant, ce qui réduit la longueur de train.
        Propos recueillis par
        Michel BARBERON

     


     

    Bilan de campagne 2015 et perspectives

    Colas Rail-TSO en groupement sur le lot 1, Transalp Renouvellement sur le lot 2, Meccoli sur le 3… En charge des travaux de suite rapide sur le réseau principal, les quatre sociétés font le bilan 2015 et démarrent les chantiers 2016.

     

    Chantier complexe en Paca pour Colas Rail-TSO

    Colas Rail, qui travaille en groupement avec TSO, estime le bilan de la campagne 2015 « globalement positif », même si environ 5 km du chantier Bayonne – Hendaye n’ont pu être réalisés. Parmi les trois du programme de l’an passé, c’est ce dernier qui a présenté le plus de difficultés. Phasage très précis ne laissant pas le droit à l’erreur en terme de respect du calendrier, zones morcelées, tracé sinueux comportant des rayons très serrés, voie contigüe circulée, engagement et dégagement compliqués des trains de travaux, temps de trajet très long entre le chantier et la base arrière. « C’est le seul chantier qui s’est soldé par un renoncement s’expliquant par toutes ces raisons. » Le chantier Narbonne – Montpellier reste dans les temps malgré les quelques aléas de production et divers événements extérieurs tels que pannes de trains commerciaux, caténaires arrachées, accident de personne qui ont eu un impact sur la durée des planches travaux théoriques. En 2016, après avoir traité un linéaire de 60 km en région Centre (Tours), le groupement Colas Rail-TSO travaillera à nouveau sur le secteur de Sète pour renouveler 87 km de l’autre voie. « Nous allons retrouver Montpellier avec sa cohorte de difficultés cette fois bien connues ! » Long d’une vingtaine de kilomètres, le troisième RVB du groupement est programmé sur la région Paca, entre Fréjus-Saint-Raphaël et Antibes. Il s’annonce particulièrement complexe. Il s’effectuera de nuit, avec une simultanée réduite, sur un tracé très sinueux notamment dans le massif de l’Esterel caractérisé par des courbes/contre-courbes, parois rocheuses, ouvrages d’art, tunnels, gabarits réduits, accès difficiles, et comportera de multiples sauts. Environ 9 km entre les gares de Théoule-sur-Mer et Anthéor représentent une difficulté telle que la réalisation du chantier sur cette zone n’est pas compatible avec les moyens dédiés à une suite rapide. La mise en œuvre de deux fronts d’attaque sera nécessaire, un avec le matériel habituel et l’autre avec du matériel spécifique indispensable pour contourner tous ces obstacles. « Tous les chantiers sont complexes », estime TSO qui met cependant aussi une mention particulière au futur chantier de Cannes. La société estime que l’exercice écoulé « assez difficile, souligne l’importance des phases préparatoires des chantiers ». Côté investissement, les ballastières automatiques mises en service sur la suite rapide en 2015 ont procuré davantage de sécurité et un gain économique grâce à la suppression d’un train de ballast.


    Une année de consolidation pour Transalp

    Pour Transalp Renouvellement, 2015 a été une année de consolidation technique et organisationnelle. Face à des difficultés sécuritaires, la société a réagi en prenant des mesures radicales. Le 1er juillet, sa suite a été stoppée volontairement en faveur d’une journée sécurité menée avec la SNCF. Certains de ses chantiers se sont avérés complexes. En gare de Saint-Etienne avec des obstacles équivalents à un hors suite délicat. A Lyon avec quatre retournements, d’importantes rampes, des sillons avec traversée de l’agglomération très contraints… Son programme 2016 compte quatre chantiers cumulant 175 km de RVB et 9 km de RB/RT. Entre Sens et Laroche-Migennes, vers Chambéry sur la ligne Culoz – Modane, Plaisir-Grignon – Dreux sur Paris-Rive-Gauche. Le quatrième se trouve sur la région de Strasbourg. Sur le plan des matériels, Transalp investit deux millions d’euros dans une rame de rechargement des rails anciens et un complément de convoyeurs WAC pour le transport du ballast usagé.
     

    Sept chantiers pour Meccoli

    Pour l’entreprise Meccoli, l’année 2015 aura été marquée par un chantier difficile techniquement sur la région de Chambéry. Avec des rayons très serrés aux déclivités importantes et une nature de plate-forme glaiseuse qui ont quelque peu ralenti les avancements journaliers. En 2016, la société est en charge de sept chantiers. Quatre sur la région lilloise qui vont nécessiter un phasage jour-nuit compliqué ; un sur la région de Nantes, de nuit entre Le Mans et Angers sur ligne à 220 km/h ; un sur la région de Metz et un sur la région d’Amiens, entre Longueau et Tergnier. En ce qui concerne les prochains marchés de suites rapides, Meccoli regrette l’abandon de la simultanée, l’interception des deux voies, principe sur lequel était bâti son processus de renouvellement. « C’est une garantie de sécurité et un avantage certain sur la production. Quoi qu’il en soit nous continuons à regarder l’avenir avec optimisme, avec ou sans cette simultanée. »    

    Dossier réalisé par Michel BARBERON

     

  • Flixbus revendique la première place sur le marché français de l’autocar longue distance.

    Flixbus revendique la première place sur le marché français de l’autocar longue distance.

    La filiale française de Flixbus se revendique comme leader sur le territoire français où elle applique les méthodes éprouvées en Allemagne depuis 2013. « Avec nous, les gens n’ont pas besoin de louer leur appart pour voyager ! », lance malicieusement Pierre Gourdain, le directeur général de Flixbus France. La société détenue par Daimler Mobility Services et le fonds d’investissement General Atlantic applique à sa filiale française les méthodes éprouvées depuis 2013 en Allemagne, où Flixbus affirme « détenir 80 % du marché de l’autocar longue distance ». Et en premier lieu, des prix canon, oscillant entre 9 et 49,50 euros le trajet. Avec naturellement un grand nombre d’opérations marketing et de billet à un euro.
    Flixbus France, c’est aussi une équipe très jeune qui fonctionne en mode start-up. Et qui remercie – vénère ? – Emmanuel Macron, au point de bapmtiser sa salle de réunion de on nom ! « La Macronisation de l’économie, ça marche. Avec sa loi, il a créé une industrie en appuyant sur un bouton. Nous avons embauché 30 personnes et créé 300 emplois directs chez nos 26 partenaires actifs », se félicite le patron. Et cela, grâce à son modèle économique présenté comme inédit dans le secteur : pas de sous-traitance comme chez Transdev ou Ouibus, « car cela crée une pression vers le bas pour les prix et la qualité ». Pas de travail avec des indépendants comme chez Megabus, mais un modèle coopératif « dans lequel les deux partenaires sont engagés et intéressés à la réussite », résume-t-il. Le premier partenariat était signé fin juin avec les Cars Robin à Clermont-Ferrand. Deux mois après, la marque avait recruté 100 autocars.
    « Notre modèle est validé en Allemagne », insiste encore Pierre Gourdain. Flixbus revendique aujourd’hui une croissance verticale et une position de leader sur les lignes nationales fin décembre. Critères retenus ? Taille du réseau, nombre d’autocars en circulation et kilomètres roulés par mois. A savoir un réseau de 28 lignes connectant 81 villes, 76 cars sur les routes, 1,8 million de kilomètres roulés par mois. Résultat : 150 000 personnes transportées en quelques mois. De plus le taux de remplissage des véhicules serait de plus de 50 %.
    Pour mémoire, le ministère de l’Economie vient d’annoncer un premier bilan : plus de 1 000 emplois créés, au moins 500 000 passagers transportés dans toute la France, 146 villes et aéroports desservis et plus de 600 autocars. « Plus de 70 dossiers ont été déposés par les autocaristes auprès de l’Arafer », poursuit le communiqué de Bercy. Flixbus annonce en avoir déposé 15. Son ambition pour 2016 : doubler le nombre de cars et de destinations d’ici à l’été… Et mailler le territoire en profitant de l’agilité du mode routier pour desservir les petites villes. « L’idée c’est d’être vraiment partout, dessertes radiales et transversales, de pouvoir aller de partout à partout, s’enflamme Pierre Gourdain. C’est une offre qui génère sa propre demande. » Tandis qu’Yvan Lefranc-Morin, directeur du Développement l’assure : « On garantit aux partenaires une logique de réseau, en Allemagne on n’est jamais à plus de 50 km d’un partenaire Flixbus. » On espère la même chose pour la France.
    Et sur la question des gares routières, les dirigeants de Flixbus France sont catégoriques : « On paye déjà un droit d’entrée, on n’investira pas dans des gares nouvelles. » Mais l’on croit, bien sûr, à la loi du marché. Sûr de lui, le DG affirme : « C’est un secteur hyperrentable, il y aura forcément des opérateurs de gares routières. »

    Cécile NANGERONI

     

  • COP21. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ?

    COP21. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ?

    A l’heure où Paris programme l’éradication du diesel à l’horizon 2020, d’autres collectivités sont-elles prêtes à suivre le mouvement ? La loi sur la transition énergétique donne de nouveaux outils. Comment les élus peuvent-ils s’en emparer ? Matériels roulants dits « propres », bornes de recharge électrique, zones à circulation restreinte, politique de stationnement dissuasive Autant de sujets qui  ont été abordés lors de la table ronde ronde organisée par VR&T à l’occasion de la remise des prix du 24e Palmarès des mobilités, le 9 décembre dernier, à Paris.

     

    Ce n'est pas parce qu’ils ne rejettent que quelques pour-cent de gaz à effet de serre sur le total des émissions dans l’atmosphère que les bus ne doivent pas être exemplaires. Mais c’est parce qu'ils sont particulièrement visibles en ville qu’ils se doivent de ne pas laisser de panache noir derrière eux ! « Un tiers de l'énergie en France, c'est le transport, a assuré Xavier Hubert, DGA industriel de Keolis. Dans ce tiers, les voitures représentent 50 % et les transports publics 2 %. Donc les transports en commun ne sont pas le problème, mais la solution ! »
    « Les Etats sont trop souvent à la traîne pour imposer une dynamique de changement. Heureusement qu'il y a les villes, qui sont à l'avant-garde ! », s'est exclamée la députée européenne EELV Karima Delli, qui cite pêle-mêle Amsterdam et Copenhague pour leur politique en faveur du vélo, Nantes pour son PDU, Lyon pour ses efforts en matière de développement des véhicules électriques, ou encore Turin pour son « mix énergétique ».
    Mais jusqu'où élus et opérateurs sont-ils prêts à aller ? C'est la principale question qui a été mise sur la table lors de ce débat. « Les trois quarts des déplacements en Europe se font en voiture, et la moitié font moins de 5 km », a encore rappelé la rapporteure sur la mobilité urbaine et durable qui fait partie de la commission Transport au Parlement européen. « Les transports représentent 70 % des gaz à effet de serre avec un impact économique énorme : en un an, c'est 80 milliards d'euros pour l'ensemble des villes européennes », selon ses évaluations.
    Pour Alain Pittavino, directeur Métiers France de Transdev, aujourd’hui, « l’enjeu collectif, c'est de combattre l'autosolisme ». Dans la bataille des chiffres, il cite 27 % des GES dus aux transports avec une « part des transports publics de 22 % maximum ». Selon lui, pour faciliter l'accès au transport public, il faut notamment développer le numérique lors de l'achat des titres. Et de se référer au système autoroutier : « Que diriez-vous si à l'entrée de l'autoroute, on vous disait qu'il faut aller acheter votre ticket ailleurs ? Pourtant en transport public c'est ce qu'on fait… », s'amuse Alain Pittavino. Et, pour favoriser la sortie du diesel pour les bus, il rappelle que son rôle d'opérateur est d'accompagner la collectivité « de façon à ce que l'évolution ne vienne pas pénaliser les conditions d'exploitation et renchérir le coût du transport ».
    De son côté, CarPostal, qui est l'un des premiers opérateurs à avoir utilisé des bus hybrides, a lancé il y a quatre ans, un groupe pilote de véhicules à hydrogène. « Cinq bus roulent actuellement à l'hydrogène », a expliqué Beat Muller, directeur du Marché international chez CarPostal Suisse SA. Tout en apportant « un petit bémol : un surcoût assez important, aussi bien pour les hybrides que les véhicules à hydrogène, que l'électrique à batterie, alors qu'on nous demande de faire des économies… »
    Et si en Suisse CarPostal a pu s'offrir à l'époque un véhicule à hydrogène à près de deux millions d'euros pièce, c'est uniquement grâce aux subsides de l’Etat, et de l'Europe… « Aujourd'hui c'est 600 000 euros, c'est déjà mieux. Et avec la deuxième phase du projet européen, les coûts unitaires devraient baisser puisqu'on parle de 400 ou 500 bus en Europe. Donc si aujourd'hui l'hydrogène n'est pas une alternative économiquement viable, ça peut le devenir », estime Beat Muller. Quant au surcoût de l'exploitation, il n'en dira pas grand-chose pour ne pas « faire peur, mais c'est un multiple d'un bus normal ! »
    Pour « donner envie » et attirer des passagers, Xavier Hubert mise lui aussi sur le digital. Parce que, pour ce qui est des nouvelles formes de motorisations, « on est encore beaucoup en phase d'expérimentation, c'est compliqué, il ne faut pas se tromper ». Il préfère les envisager en « bon père de famille » en évaluant précisément la performance, les coûts et risques. Et « pour l'instant, il y a pas mal d'incertitudes sur la performance, beaucoup d'incertitudes sur les coûts… », a-t-il bien souligné.
    Du côté des industriels, on met en avant les progrès : « Avec le gaz naturel on n'a aucune particule, et si c'est du biogaz, on traite aussi le CO2. C'est une technologie sur laquelle on a 25 ans de recul », a voulu rappeler Philippe Grand, directeur des affaires institutionnelles d'Iveco Bus.
    Et si 80 % de la flotte de bus européenne roule au gazole, cela signifie avant tout qu'il y a beaucoup de véhicules à remplacer, notamment les plus vieux. Philippe Grand propose de raisonner en « total cost of ownership » (TCO), « et dans ce cas, un bus hybride ou au gaz est amorti en 10, 12 ou 15 ans ». Selon lui, la transition est enclenchée puisque « quatre bus sur dix sortant de nos usines d'Annonay ne sont pas des diesels. Et je pense qu'en 2016, on aura un tiers de gaz, un tiers d'hybrides et un tiers de diesel ». Il recommande donc de « changer de modèle », c'est-à-dire de ne pas en rester au prix facial des véhicules, d'autant qu'on peut encore en trouver de nouveaux, tels que la location des batteries par exemple.
    Tout en regrettant amèrement l'absence de fiscalité écologique et surtout d'écotaxe en France, la députée européenne Karima Delli propose aux autorités organisatrices des transports et aux opérateurs d'exploiter toutes les possibilités de financements européens, y compris le Feder pour reconvertir les flottes de bus. « Avec le programme horizon 2020, il y a une manne financière énorme, estime-t-elle. C'est une fausse réponse que de dire “nous n'avons pas d'argent“. Les moyens, on peut les avoir si on a du courage politique ! » Une déclaration accueillie d'une salve d'applaudissements…
    Mais pendant que nos élus, opérateurs et industriels tergiversent, s'interrogent – « on est encore à chercher la bonne idée, notamment pour savoir comment recharger », explique ainsi Xavier Hubert de Keolis – en Chine, des milliers de bus électriques roulent déjà… « Ils sont beaucoup aidés par l’Etat, rétorque Philippe Grand d'Iveco. Leur échelle est différente : quand une expérimentation se fait avec 10 bus chez nous, c'est avec 100 ou 1 000 bus en Chine. Mais leurs projets ne sont pas plus aboutis en termes de technologie de batterie : la chimie reste la même ! »
    On pointe aussi les risques, comme celui « d'être pieds et poings liés avec un constructeur » après avoir choisi un type de batterie et son standard de système de charge. Donc « tant qu'on n'aura pas standardisé, les opérateurs hésiteront à se lancer », estime encore Philippe Grand. Et puis il y a « les incertitudes sur les consommations d'énergie, poursuit Xavier Hubert. En gros, un véhicule consomme 5 kilowattheures par kilomètre, ce qu'on sait peut-être moins c'est que les auxiliaires, donc le chauffage ou la clim peuvent la faire doubler voire tripler. » D'où le besoin d'expérimentation en conditions réelles.
    Et quid des biocarburants de seconde génération issus des déchets ou résidus végétaux, comme le HVO ou le GTL ? Relativement nouveaux, ils ne sont pas encore distribués à grande échelle, mais ils sont très populaires en Europe du Nord. « Ils feront peut-être partie des solutions à terme, notamment dans l'autocar », pense Xavier Hubert.
    « On a inscrit un peu vite que “le XXIe siècle, ce sera l’électrique“, sans se poser la question des déchets : qu'est-ce qu'on fait des batteries ? demande de son côté Karima Delli. On avance tête baissée… Attention parce que la technologie n'a pas non plus toutes les réponses. Il ne faut pas se focaliser sur une seule des énergies ». Reste une seule certitude, « il faut sortir de la dépendance du pétrole ! », rappelle l'élue.    

    C. N.
     

  • Carburants renouvelables. Scania ouvre la voie

    Carburants renouvelables. Scania ouvre la voie

    Ce n’est pas d’hier que Scania s’intéresse aux propulsions alternatives. Au fil des années, le constructeur suédois en a même fait sa spécialité. Ainsi, dès 1986, il met en service probatoire, sur les transports urbains de Stockholm, ses premiers autobus fonctionnant au bioéthanol ED95. Très vite, ce carburant s’impose dans la capitale scandinave. Aujourd’hui, plus de 900 autobus Scania au bioéthanol sont en exploitation dans le monde. Dès 1995, le constructeur sort son premier concept de véhicule hybride. Quatorze ans plus tard, six autobus utilisant cette technologie transportent régulièrement des voyageurs à Stockholm. Dans l’intervalle, Monaco essaie un véhicule roulant à l’éthanol. En avril 2011, le carburant ED95 est testé sur les transports urbains de Saint-Quentin. En septembre de la même année, c’est au tour de Reims, puis d’Angers de se lancer dans l’expérimentation. Le gaz figure aussi au centre des préoccupations de Scania. Ce constructeur a ainsi été le tout premier à fournir, pour ce carburant, des moteurs respectant la dernière norme Euro VI. Ces moteurs fonctionnent aussi bien au biométhane qu’au gaz naturel, en affichant des performances similaires à celles de leurs équivalents diesel.
    En Angleterre, au Danemark, en Italie comme en Espagne, ce sont plus de 70 châssis Citywide ou véhicules intégraux pourvus d’une motorisation gaz Euro VI qui ont déjà été livrés. Aujourd’hui, deux puissances se retrouvent disponibles sur le marché : 280 et 320 ch. Ces moteurs se caractérisent par une valeur de couple assez exceptionnelle. Ils ne rejettent quasiment plus de particules fines dans l’atmosphère, et réduisent les émissions d’oxyde d’azote jusqu’à 50 % par rapport à ce qu’exige la norme Euro VI. Le taux de dioxyde d’azote dégagé est également plus faible que pour un moteur diesel. L’utilisation du biométhane d’origine renouvelable autorise même une solution 100 % décarbonée. Enfin, les moteurs au gaz se caractérisent par la souplesse de conduite qu’ils octroient, ainsi que par le faible niveau de bruit et de vibrations qu’ils transmettent dans le véhicule. Le bruit peut aisément être divisé par deux, en comparaison avec une motorisation diesel équivalente ! Par ailleurs, le gabarit de la gamme Citywide permet à Scania d’offrir une des hauteurs « hors tout » les plus basses du marché pour un autobus à gaz, dont on sait qu’en version « low-floor » ou « low-entry » il ne peut emporter ses réserves de carburant que sur la toiture. Ainsi, avec quatre réservoirs de 320 l chacun, la hauteur du véhicule standard de 12 m n’excède pas 3,25 m. En configuration avec neuf réservoirs de 135 l sur un standard de 12 m, ou 13 réservoirs de même contenance sur un articulé de 18 m, la hauteur totale chute à 3,16 m. C’est un avantage non négligeable, notamment pour l’évolution des véhicules dans des dépôts et ateliers dont le tirant d’air n’avait pas été dimensionné, à l’origine, dans la perspective du remisage et de l’entretien d’autobus au gaz. Notons également que les remplissages, lents ou rapides, peuvent s’effectuer à l’avant ou à l’arrière du véhicule.
    En mai dernier, dans le cadre du plan « Vendée énergies nouvelles », ce département de l’ouest de la France a souhaité expérimenter, sur des lignes interurbaines ainsi qu’en transport scolaire, un autocar Euro VI fonctionnant au biométhane. Il s’agit d’une première en Europe. Scania est, au demeurant, le seul constructeur à proposer actuellement un car au gaz. Il s’agit d’un OmniExpress 3.20, par ailleurs disponible en longueurs de 10,9 à 15 m et avec sept puissances de moteurs diesel différentes, allant de 250 à 490 ch. Comme précisé plus haut, la propulsion au gaz est disponible, sur ce véhicule aussi, en 280 et 320 ch. Quant à l’option biodiesel, elle existe en 320, 450 et 490 ch. Pour l’expérimentation vendéenne, le conseil départemental a instauré un partenariat avec l’opérateur Sovétours et l’unité de méthanisation Agribiométhane basée à Mortagne-sur-Sèvre, en Vendée. Cette unité regroupe dix agriculteurs de quatre exploitations différentes, et elle produit, depuis avril 2014, un biogaz qui sert à alimenter le réseau local de distribution aux particuliers. Dans le cadre de l’expérimentation vendéenne, il a donc fallu transformer ce gaz en véritable carburant, en lui faisant subir un traitement d’épuration, afin d’aboutir au biométhane, lui-même acheminé à la station de compression mobile nécessaire au remplissage des réservoirs du véhicule. Du 4 au 22 mai derniers, l’OmniExpress au gaz a transporté quotidiennement des élèves à la faveur de différents parcours de ramassage scolaire d’une trentaine de kilomètres chacun, dans les zones de Mortagne-sur-Sèvre, Cholet et Les Herbiers. Ensuite, du 25 mai au 4 juin, il a été engagé sur une ligne régulière du réseau Cap Vendée qui relie Cholet aux Sables-d’Olonne via La Roche-sur-Yon, l’aller et retour représentant environ 200 km. L’OmniExpress au gaz dispose de huit réservoirs de 150 l, et offre une autonomie moyenne de 500 km en conditions difficiles. Un contrôle continu de la pression de gaz et un système automatique de détection de fuite optimise la sécurité du véhicule. L’OmniExpress au gaz, tel qu’expérimenté en Vendée, est pourvu d’un moteur OC09 106, conforme à la norme Euro VI, qui développe une puissance de 320 ch. Long de 13,19 m et au gabarit de 2,55 m, le véhicule offre 57 places, et peut accueillir un UFR (usager en fauteuil roulant), qui y accède grâce à un « lift » électrique au droit d’une porte à deux vantaux.
    Cheval de bataille de Scania depuis précisément trois décennies, le bioéthanol revient aujourd’hui sur le devant de la scène, grâce au nouveau moteur de 9 l, à cinq cylindres en ligne, que le constructeur vient de lancer sur le marché. S’il reste, bien sûr, le tout premier à satisfaire aux exigences de la nouvelle norme Euro VI, il n’en représente pas moins la quatrième génération de motorisations conçues pour ce carburant alternatif qui conserve, plus que jamais, tout son intérêt. De fait, l’éthanol, utilisé depuis une centaine d’années, est le carburant renouvelable le plus disponible, et ce dans le monde entier. Il peut aisément être produit localement. Actuellement, 90 % des carburants renouvelables élaborés sur la planète le sont à partir de l’éthanol. Le bioéthanol est un carburant liquide aussi facile à manipuler qu’à conserver. On peut le fabriquer à partir de matières amylacées, comme le maïs ou blé, ou de matières sucrières, telles la betterave ou la canne à sucre, voire en réutilisant des résidus comme les marcs de raisin, la mélasse, ou les autres déchets fermentescibles. Les moteurs au bioéthanol de Scania fonctionnent à l’ED95, qui est un mélange composé à 95 % d’éthanol et à 5 % d’additif. Ce dernier permet un fonctionnement selon le principe de l’allumage par compression, et il assure, dans le même temps, la lubrification. L’ED95 peut réduire jusqu’à 90 % les émissions de dioxyde de carbone par rapport au carburant diesel. Il a également un impact positif sur les rejets de particules et le dégagement de monoxyde d’azote. Enfin, il peut être stocké et transvasé de la même manière que le carburant diesel, et garde ses propriétés à basse température. D’une puissance de 280 ch, le nouveau moteur au bioéthanol de Scania est capable de développer un couple de 1 250 Nm. Son système de post-traitement se base sur la réduction catalytique sélective (SCR). L’ED95, lui aussi, permet une réduction significative du dioxyde d’azote.
    Philippe Hérissé
     

  • RATP Dev va exploiter le réseau de transport de Laon

    La communauté d’agglomération du Pays de Laon, autorité organisatrice du réseau de transport de Laon (Nord-Pas-de-Calais-Picardie), confie à partir du 1er janvier et pour sept ans à RATP Dev le contrat d’exploitation du réseau TUL. « Pour exploiter ce réseau, RATP Dev et Comag (filiale de Poma) ont créé une filiale d’exploitation, CTPL (Compagnie de transports urbains du Pays de Laon), explique RATP Dev. Le réseau TUL exploité par CTPL sera optimisé tout en maintenant un même niveau d’offre. Il sera constitué de deux lignes de bus structurantes, des lignes de bus de proximité dont une navette de centre-ville, des renforts scolaires et le funiculaire Poma. »

    1,5 million de voyageurs empruntent chaque année ce réseau.

  • Election des premiers VP Transports en régions

    Joint quelques minutes après son élection, vendredi 18 décembre, Stéphane Beaudet, 43 ans, 3e vice-président du conseil régional d'Ile-de-France, chargé des Transports, se refuse à jouer au petit jeu des priorités. « Tout est prioritaire », dit le nouvel élu, que ce soit le renouvellement des RER, l'achat des bus ou les investissements routiers pour faire sauter les bouchons. Cela dit, il refuse tout catastrophisme, et rappelle que nous avons un « bon réseau » de transports « trop souvent décrié ». Mais un réseau « sursollicité quatre heures par jour ». En dehors des solutions lourdes, relevant du transport lui-même, Stéphane Beaudet croit beaucoup à l'apport des nouvelles technologies, qui permettent, par le télétravail entre autres, de lisser dans le temps la demande de transport. L'élection de Stéphane Beaudet, maire LR de Courcouronnes, premier vice-président de la communauté d'agglomération d'Evry Centre Essonne, bon connaisseur, des transports était attendue. Il est aussi président de l'Association de maires d'Ile-de-France. Il remplace aux Transports Pierre Serne, EELV qui a été réélu au conseil régional sur la liste de gauche unie au deuxième tour. Et qui a été réélu à la commission permanente du conseil régional et au conseil du Stif. Un Stif que va désormais présider Valérie Pécresse. Relevons aussi l'élection de Didier Bariani, 72 ans, UDI, comme vice-président chargé du Grand Paris.

    En Paca, Chistian Estrosi s'est entouré de 14 vice-présidents, dont les attributions doivent être précisées dans les prochains jours. Le responsable des transports remplacera Jean-Yves Petit, EELV. Même cas de figure en Pays de la Loire auprès du Bruno Retailleau, LR, nouveau président, ou en Centre-Val de Loire, auprès de François Bonneau, PS, reconduit président de la région. En Bretagne, Gérard Lahellec, 61 ans, 3e vice-président, a été reconduit aux Transports et à la Mobilité, poste qu'il occupe depuis 2004. Dans les autres régions métropolitaines, qui sont, elles, touchées par la recomposition territoriale, c'est le 4 janvier que doivent être installés les exécutifs régionaux.

    F. D.