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« Demain, nous nous porterons candidats à des appels d’offres en Ile-de-France »
Présent sur le territoire depuis dix ans, CarPostal France gère aujourd’hui 8 réseaux urbains et 5 départementaux. L’opérateur de transport, qui s’inspire de l’expérience acquise en Suisse par sa maison-mère, est essentiellement implanté dans la grande moitié Est de la France. Il s’intéresse toutefois à l’Ile-de-France où les perspectives sont prometteuses. Nathalie Courant, directrice générale de CarPostal France, expose les avancées et les projets du groupe à VR&T.
Ville, Rail & Transports. Cela fait dix ans que CarPostal s’est implanté en France. Quel bilan dressez-vous aujourd’hui ?
Nathalie Courant. Notre histoire est particulière car ce sont les élus de Dole qui sont venus nous chercher en Suisse pour que nous gérions le réseau urbain de la ville. Ils nous ont choisis car ils connaissaient la qualité de notre service. Avec le temps, nous avons répondu à des appels d’offres en France. Par exemple à Haguenau dans le Bas-Rhin où nous avons créé le réseau. Nous avons mis en place toutes les recettes qui font le succès du transport public, en particulier une offre cadencée.
En 2006, nous avons décidé d’avoir un siège en France. Le développement s’est accéléré en 2009, tant dans l’urbain que dans l’interurbain (un domaine que nous avons investi à partir de la fin 2008).
Nous avons un cœur de cible bien défini : les agglomérations de petite et moyenne taille, ainsi que les départements à partir du moment où les lots proposés sont suffisamment importants pour nous permettre d’être compétitifs. Nous pouvons répondre à des offres portant sur des lots de petite taille si nous sommes déjà installés dans un département. Sinon, il nous faut un volume d’affaires suffisant qui nous permettent de nous implanter. Nous avons fait le choix d’investir dans l’expertise pour avoir des réponses pertinentes.
C’est une stratégie claire et assumée : nous savons dans quels domaines nous sommes bons. Notre développement se fait de façon régulière.
Aujourd’hui, CarPostal France gère 8 réseaux urbains et 5 réseaux dans des départements. Sur 2014, en année pleine, notre chiffre d’affaires atteint 80 millions d’euros. Il s’élevait à 75 millions en 2013.
VR&T. Quels sont vos objectifs ?
N. C. Nous nous développons soit en remportant des appels d'offres, soit en acquérant des entreprises. Quand nous avons racheté l’entreprise Rochette dans la Loire, d’un seul coup, nous avons bénéficié d’une nouvelle base de développement.
Notre objectif, c’est de gagner une ou deux implantations par an et de ne pas en perdre. C’est ce que nous avons réussi jusqu’à présent. Nous avons ainsi conservé les deux contrats que nous gérions et qui ont été remis en appel d’offres : Bourg-en-Bresse et Haguenau. Nos clients nous renouvellent leur confiance car ils apprécient notre professionnalisme et les valeurs du groupe. Mais nous nous fixons des limites : nous ne pourrions pas augmenter de plus de 50 % notre chiffre d’affaire sur un an car cela ne serait pas raisonnable.
VR&T. Avez-vous l’ambition de passer à la vitesse supérieure en offrant vos services à des agglomérations plus importantes ou en étendant votre implantation géographique?
N. C. Nous ne souhaitons pas nous éparpiller, y compris géographiquement. Nous sommes surtout présents dans la grande moitié Est de la France. Nous souhaitons nous maintenir dans cette zone géographique. La structure de l’entreprise doit être adaptée à notre volume d’affaires. Mais nous intégrons aussi l’Ile-de-France dans notre développement car c’est un marché qui offre de belles perspectives. Demain, nous nous porterons candidats à des appels d’offres en Ile-de-France. Mais pas tous : tout dépendra de la façon dont seront lancés les appels d’offres.
VR&T. Lesquels ?
N. C. Nous ne pourrons pas être un acteur aussi important que les groupes puissants qui s’intéressent au territoire francilien. Mais nous pourrions nous intéresser à la deuxième ou à la troisième couronne parisienne. A partir de là, nous pourrons envisager quels sont les potentiels de développement. Mais nous ne pourrons pas nous battre sur tous les fronts. Je vous rappelle que nous n’avons pas de compétences dans le domaine du transport ferroviaire ou du tramway. Et nos équipes ne sont pas pléthoriques.
Aujourd’hui tout est centralisé sur notre siège qui est finalement assez léger : nous sommes une quarantaine de salariés au siège. Si l’on inclut tous les salariés en France, CarPostal emploie 1 000 personnes. Peut-être un jour faudra-t-il redévelopper nos structures de siège ou en région.
VR&T. Vous inspirez-vous des pratiques suisses pour élaborer votre offre de service ?
N. C. Le cadencement et le passage systématique en gare rendent les transports publics très attractifs : par exemple sur le réseau urbain de Villefranche-sur-Saône, le trafic voyageurs a augmenté de +70 % entre 2009 et 2013. C’est une évidence, la qualité de l’offre attire les clients.
Nous bénéficions aussi de toutes les innovations développées en Suisse par le groupe CarPostal. Par exemple le dyn paper : c’est un affichage électronique des horaires installé aux points d’arrêts, qui donne également des informations sur les situations perturbées. Alimenté grâce au solaire, il est actuellement en phase de test. Si l’expérience est jugée concluante, il sera implanté dans 14 000 stations en Suisse. Nous le testerons également à Villefranche-sur-Saône et dans la Loire, donc en réseau urbain et interurbain.
Autre innovation qui donnera un temps d’avance à notre groupe : depuis trois ans, 5 cars fonctionnant avec une pile à combustible circulent en Suisse en Argovie. CarPostal dispose de sa propre station de distribution en hydrogène. Pour aller plus loin dans ce domaine, nous faisons aussi partie du projet européen CHIS (Clean hydrogen in european cities), un projet sur 5 ans dans 8 villes européennes. Enfin, CarPostal vient de créer un labo de la mobilité avec l’Ecole fédérale polytechnique de Lausanne pour faire de la recherche sur des innovations liées à la mobilité.
VR&T. Quelles différences observez-vous entre les marchés suisse et français ?
N. C. En suisse, l’investissement en faveur du voyageur est très important. L’utilisation massive des transports publics en Suisse est culturelle. C’est certainement la différence essentielle même si, en France, il y a eu une phase de développement très importante des transports collectifs. Mais on voit bien aujourd’hui que les ressources des collectivités sont très contraintes. Et on entend qu’il faut optimiser au maximum pour être le plus efficace possible.
En Suisse aussi bien sûr, les autorités organisatrices font attention aux enveloppes budgétaires et demandent un ajustement optimisé de l’offre. Mais peut-être parvient-on mieux à différencier les heures de pointe des heures creuses. Par exemple en utilisant des bus XXL pour lesquels on ajoute une remorque à certaines heures pour coller à la demande. En France, ce n’est pas possible car il faudrait des gares routières adaptées.
VR&T. Le marché sur lequel vous évoluez est-il fortement concurrentiel ?
N. C. Nous sommes en concurrence avec les grands groupes qui, même s’ils misent sur l’international, se positionnent sur des réseaux de taille moyenne et petite.
Dans l’interurbain, en outre, il y a beaucoup d’entreprises locales ou familiales qui sont souvent performantes. Le marché est donc très concurrentiel.
Il n’y a pour le moment en France, en tant qu’opérateurs européens, que Vectalia et nous. La libéralisation du transport ferroviaire incitera peut-être demain d’autres groupes européens à se présenter sur le marché.
Reste aussi maintenant à savoir quelles seront les incidences de la réforme territoriale et de la création des métropoles.
VR&T. Diriez-vous, comme on l’entend souvent, que les marges des opérateurs de transport public sont très faibles, voire parfois inexistantes ?
N. C. Je parlerai plutôt de la notion du juste prix. Mais nous ne prenons jamais de marchés à pertes. Nous ajustons le produit au prix. Nous arrivons à proposer des variantes ajustées aux capacités financières des collectivités.
Nous avons aussi une pratique d’écoute et de pragmatisme pour ajuster notre offre et faire du sur-mesure. Ce ne sont pas que des mots. Nous avons récemment réalisé une étude de notoriété auprès d’élus et de responsables techniques Transport. Nous avons constaté que c’est surtout grâce au bouche à oreille que nous sommes connus. Et même si on ne nous connaît pas directement, nous bénéficions d’une très bonne image.
VR&T. Quelles grandes tendances observez-vous dans les demandes des collectivités locales ?
N. C. On parle plus de mobilité que de transport. Et on intègre les modes de transport autres que le transport public, comme le vélo, l’auto-partage… Nous avons évidemment intégré une chaîne complète de mobilité comme cela se fait en Suisse. A Berne, quand vous descendez du train, vous vous retrouvez tout de suite dans une gare routière dotée d’un parc à vélos et connectée aux transports publics. Tout est facile pour le client. Nous continuons à travailler dans cette direction pour avoir la palette de services la plus étendue possible.
Propos recueillis par Marie-Hélène POINGT
Le tracé du futur BHNS d’Aix-en-Provence se réduit
La communauté d’agglomération d’Aix-en-Provence a raccourci de…
2,3 km le tracé de l’une des deux lignes de BHNS en projet. L’économie réalisée permettra la construction d’un parking relais de 600 places. Par rapport au projet adopté en 2010, le terminus Est de la ligne B est déplacé pour assurer une liaison sans rupture de charge entre la gare routière du centre-ville et un important pôle d’échanges (avec à terme un parc relais de 900 places).
Le terminus à l’Ouest de cette ligne change lui aussi d’emplacement pour desservir une zone d’habitat et d’équipements plus dense. Le tracé de la ligne B sera donc de 7 km au lieu des 9,3 km du projet initial. Le budget de l’opération passe de 66,2 millions d’euros HT à 66,5 millions. La ligne A de 10 km n’est pas modifiée. Le BHNS d’Aix-en-Provence faisait partie des 78 projets sélectionnés en février 2011 par le ministère du Développement durable dans le cadre du deuxième appel à projets de TCSP. Il a reçu, à ce titre, 6,3 millions d’euros de subventions. La mise en service est prévue en 2019.
José Soto
64
C'est, en pourcentage, la réduction moyenne du budget mobilité dont ont bénéficié les 50 volontaires qui ont participé à la troisième édition de l'opération "L'agglo sans mon auto", qui s'est tenue pendant tout le mois d'octobre dans la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise… Soit en moyenne 91 euros d'économies pour chaque volontaire.
"Grâce à une application spécialement conçue, il a été possible de calculer l'impact engendré par l’utilisation d’autres modes de transports", racontent les promoteurs de l'opération dans un communiqué. Ils rappellent que "l'objectif de l'opération est de prouver que la voiture est aussi utilisée par méconnaissance de l'offre de transport alternative".
Parmi les impacts de cette opération, il apparaît que les émissions de C02 ont été diminués de 76 % par participant. En revanche, le temps de parcous moyen a augmenté mais "de façon marginale" selon l'agglo : 19 minutes supplémentaires par jour et par personne. "Certains participants ont d'ores et déjà confirmé qu'ils étaient désormais prêts à changer radicalement de modes de déplacements", se félicitent les promoteurs de l'opération.
Chine : Keolis signe un accord pour participer à l’exploitation des trains de banlieue de Wuhan
A l’occasion de la visite à Lille des hauts responsables de la Province chinoise du Hubei, située dans le centre-est du pays, Keolis a signé, le 3 novembre, un accord prévoyant sa participation à l’exploitation du futur réseau express de trains de banlieue du Grand Wuhan.
Le projet du Grand Wuhan réunira la ville de Wuhan et ses huit villes satellites au sein d’une gigantesque métropole de trente millions d’habitants. Pour desservir cette nouvelle agglomération, la Province du Hubei développe un réseau ferroviaire à grande vitesse qui comptera six lignes, certaines pouvant atteindre 80 kilomètres.
La Province du Hubei a fait appel au groupe Keolis qui exploite, à travers ses filiales, des trains de banlieue au Royaume-Uni (Londres), aux Etats-Unis (Washington et Boston), en Allemagne et aux Pays-Bas, afin de réussir l’intégration du nouveau train de banlieue au réseau de transport urbain existant, dans le cadre d’une approche multimodale.
Cet accord conforte les projets de rail urbain de Keolis en Chine après la création, en mars 2014, d’une joint-venture avec Le Metro de Shanghai pour exploiter en commun des lignes de métro en Chine et en Asie.
Keolis est implanté à Wuhan depuis 2013, où il participe à la conception de la plateforme multimodale de desserte terrestre (métro, bus, taxis, trains de banlieue, parkings) du futur terminal de l’aéroport international, actuellement en construction. Keolis en deviendra l’exploitant dès l’ouverture, prévue en 2016.

Luxembourg. Appel d’offres pour le tramway
LuxTram, la société qui exploitera le futur tramway de Luxembourg vient de lancer l'appel d'offres pour l'acquisition des rames de son futur réseau… style= »margin-top: 15px; margin-bottom: 15px; padding: 0px; font-family: arial; font-size: 15px; line-height: 20px; background-color: rgb(255, 255, 255); »>
L'avis de marché prévoit la fourniture et la maintenance de 21 tramways à plancher bas intégral avec une option de 12 rames supplémentaires. D'une longueur de 45 mètres environ et d'une largeur de 2,65 mètres, les véhicules pourront accueillir jusqu'à 300 personnes en charge normale, et allongeables jusqu'à 56 mètres pour permettre le flux aux heures de pointe.En plus de la fourniture du matériel roulant, les candidats devront prendre en compte les études et la conception d'un système d'effacement de ligne aérienne (LAC) sur 3,6 kilomètres, entre la Cloche d'Or et l'Aéroport Luxembourg-Findel. André von der Marck, directeur général de LuxTram explique que sur ce tronçon, «il n'y aura pas de caténaire, mais un système de "biberonnage" grâce à une alimentation par le sol aux arrêts pour refaire le plein».
Les industriels auront jusqu'au 25 novembre pour répondre à l'appel d'offres. Les résultats seront connus l'année prochaine pour une mise en service début 2017.
Bordeaux. Keolis officiellement reconduit
La Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) a renouvelé, le 31 octobre, la délégation de la gestion de ses transports urbains (tramways et bus) à la société Keolis, filiale de la SNCF.
La CUB versera une contribution forfaitaire à Keolis d'un montant total de 1,687 milliard d'euros sur huit ans, soit environ 210 millions par an. Mais les recettes attendues par Keolis devraient passer de 68 millions d'euros en 2015 à une centaine de millions en 2022, « donc le coût net diminuera », a expliqué Christophe Duprat, vice-président de la CUB chargé des transports.
En 2014, les recettes du réseau TBC représentent à peine 30% des dépenses, « ce qui fait de l'agglomération de Bordeaux l'une des plus mauvaises » dans ce domaine. « Mais nous allons remonter à 33% en 2015, pour arriver à une moyenne d'environ 40% sur les huit années de délégation », a-t-il précisé durant le conseil de la CUB.

Plus des trois quarts des Franciliens trouvent l’air de mauvaise qualité
Quelque 83% des habitants d'Ile-de-France y trouvent l'air de mauvaise qualité, un chiffre en augmentation de 18 points en six ans, et ils sont plus d'un quart à avoir été amenés à consulter un médecin, révèle une sondage Ifop publié le 30 octobre… …L'inquiétude porte d'abord sur les gaz d'échappement, jugés "préoccupants" pour 91% des personnes interrogées, suivis des rejets gazeux des usines (88%), ou encore l'utilisation des pesticides (87%).
L'enquête a été commandée par Airparif, l'agence régionale de surveillance de qualité de l'air, qui établit ainsi tous les cinq ou six ans une photographie de la perception des Franciliens sur les questions de pollution de l'air.
« Cette nouvelle enquête met l'accent sur la santé », souligne Airparif, avec 29% des Franciliens qui déclarent avoir consulté un médecin, pour eux ou pour des proches, suite à des troubles liés à la pollution de l'air.
« Soit, si on se livre à une extrapolation des données, 2,8 millions de personnes de 15 ans et plus », précise Airparif.
Pour autant, assure l'agence régionale, « ce sondage reflète des perceptions qui ne sont pas toujours en adéquation avec la réalité ».
« Bien que toujours préoccupante, avec environ 3 millions de Franciliens toujours exposés à un air qui ne respecte pas la règlementation », niveaux annuels autorisés de dioxyde d'azote et de particules régulièrement dépassés, « en 10 ans, la situation s'est néanmoins nettement améliorée », assure Airparif.
Pour autant, les habitants d'Ile-de-France sont 64% à penser que la situation s'est dégradée. Et les plus sévères vivent dans les Hauts-de-Seine où ils sont 94% à trouver mauvais l'air qu'ils respirent, contre 74% dans le Val-d'Oise.
Et quand on leur demande où ils pensent être le plus exposé aux polluants, ils répondent en premier "dans la rue" à 60%, suivi de la voiture pour 11% d'entre eux.
Pourtant, ce sont les automobilistes les plus exposés à la pollution, car loin de protéger les passagers de la pollution, l'habitacle à plutôt tendance à la concentrer.
En mars 2014, l'Ile-de-France a connu un pic de pollution qui a entraîné la mise en place de la circulation alternée pendant une journée à Paris et dans la petite couronne.
Partagés sur la mesure, ils sont 46% à l'avoir trouvée "plutôt efficace" contre 46% "plutôt pas efficace".
« Les actions jugées les plus efficaces sont également celles qui impactent le moins la mobilité », relève Airparif.
Aussi, la gratuité des transports en commun est jugée plutôt efficace par 75% des personnes interrogées, suivie du contournement routier de l'agglomération par les poids lourds (68%), ou encore la gratuité du stationnement (60%).
Ce sondage a été réalisé sur un échantillon de 501 personnes, représentatif de la population francilienne âgée de 15 ans et plus, interrogées par questionnaire auto-administré en ligne du 9 au 14 octobre 2014.

Tokyo a le métro le plus fréquenté au monde
Avec 3,3 milliards de passagers annuels, le métro de Tokyo est le plus fréquenté au monde. En deuxième place vient celui de Séoul, suivi de Moscou, avec chacun quelque 2,5 milliards de voyageurs, selon une étude de l'UITP publiée le 28 octobre… …Le métro parisien, premier réseau européen, arrive en 9e place au niveau mondial, avec 1,5 milliard de passagers par an, selon cette étude.
Pékin et Shanghai arrivent en quatrième et cinquième places, avec 2,5 et 2,3 milliards de passagers par an. Guangzhou (Canton) est septième, avec 1,8 milliard de passagers, talonné par New York et son 1,7 milliard, puis Mexico (1,6 milliard). Hong Kong est dixième (1,5 milliard).
Shanghai possède le plus long métro du monde, avec plus de 500 kilomètres d'infrastructures, suivi par Pékin et Londres. Le métro de Paris se place au dixième rang (200 kilomètres).
Les deux tiers des métros sont situés en Asie et en Europe, qui comptent respectivement 50 et 45 métros.
L'augmentation du nombre de nouveaux systèmes s'est accélérée depuis le début du millénaire: entre 1970 et 2000, il y a eu environ 25 nouveaux systèmes par décennie. Depuis, en moins de 15 ans, ce sont plus de 45 villes qui se sont ajoutées à la liste.
Enfin, 77% des métros fournissent un système d'accès à Internet, soit dans les stations (73%), ou à bord des trains (58%), notamment via le Wi-Fi, qui équipe 51% des métros. 68% des réseaux prévoient d'améliorer leur connectivité d'ici 1 à 3 ans.
Ryad : le métro achevé dans quatre ans selon le directeur adjoint
Les travaux de construction du métro de Ryad devraient en principe être achevés dans quatre ans, a indiqué, le 29 octobre, Abdallah Allohaidan, l'adjoint du directeur du métro de Ryad.
Lancés il y a un an, les travaux, d'un coût de 22,5 milliards de dollars, se sont accélérés ces dernières semaines, avec des routes coupées et des travaux d'excavation qui compliquent la circulation automobile dans Ryad.
« Je pense que le plus grand défi auquel nous faisons face est le respect des délais de réalisation », a ajouté Abdallah Allohaidan.
« Habituellement, ces délais ne sont pas respectés », a-t-il ajouté devant une carte montrant les six lignes du métro qui vont s'étirer sur 176 kilomètres, connectées à un réseau de bus de 1.150 kilomètres.
Le projet doit changer le visage de la capitale saoudienne, dont la population devrait atteindre 8,2 millions d'âmes en 2030 contre 5,7 millions actuellement.
Le chantier est exécuté par un consortium associant notamment le français Alstom, le canadien Bombardier et l'allemand Siemens. Faiveley fournira les portes palières de la ligne 3, en sous-traitance, à Ansaldo STS.

« Nous intervenons sur un marché concurrentiel et nous souhaitons qu’il le reste »
Frédéric Baverez, 50 ans, est directeur exécutif de Keolis France depuis janvier. Il est également président de la filiale Effia dont il a pris les commandes en 2011.
Il estime que Keolis va continuer à progresser en augmentant ses recettes et son périmètre d’activité. Avec un mot d’ordre : faire mieux pour moins cher. La lutte contre la fraude, une des priorités de l’année, devrait fortement y contribuer : les gains de cette politique devraient se chiffrer à plusieurs millions dès cette année.
Ville, Rail & Transports. Quelle stratégie mettez-vous en place pour assurer la croissance du groupe en France ?
Frédéric Baverez. Nous sommes présents sur deux métiers, l’urbain et l’interurbain. Le transport urbain est le cœur historique de notre activité. Nous répondons a priori à toutes les collectivités, quelle que soit leur taille, leurs modes de transport, et même quel que soit leur mode de gestion. Notre cœur de métier, ce sont les DSP, mais nous répondons aussi aux demandes des SEM ou des SPL pour assistance technique.
Nos atouts, c’est notre capacité à concevoir des transports plus performants, à maîtriser les coûts, notamment les coûts d’exploitation, et à être proactif pour booster les recettes commerciales. Etre proactif, c’est savoir comment conquérir de nouveaux clients et fidéliser les actuels. Par exemple, nous avons de plus en plus de clients zappeurs qui prennent un jour le vélo, un autre jour le bus et le lendemain un taxi… Il faut parvenir à « entrer en contact » avec eux et les conquérir. Et nous voulons conserver avec les autorités organisatrices une relation partenariale, fondée sur l’écoute, sur la transparence et sur notre capacité d’être force de proposition.
Enfin, nous intervenons sur un marché concurrentiel et nous souhaitons qu’il le reste. La concurrence est un atout, elle nous stimule. Globalement, nous détenons en urbain hors Ile-de-France la part la plus élevée du marché, entre 40 et 45 % selon que l’on raisonne en chiffre d’affaires, en kilomètres ou en nombre de voyageurs. Nous sommes conscients que nous n’allons pas doubler notre part de marché ! Mais nous sommes convaincus que nous pouvons encore progresser, en particulier en attirant de nouveaux clients, en augmentant nos recettes commerciales et en étendant notre périmètre, par exemple aux vélos.
VR&T. Et dans le transport interurbain ?
F. B. Dans l’interurbain, notre objectif est de continuer à croître dans un marché appelé à se concentrer et qui est de plus en plus demandeur en technicité. Notre part de marché est de 20 % environ. Nous avons une marge de progression réelle. Vis-à-vis des AOT, nous devons répondre à des demandes très différenciées d’un département à l’autre.
Un mot sur le transport scolaire : nous attendons de voir ce qu’il va se passer sur les rythmes scolaires. Nous avons une baisse d’activité de 17 % quand nous passons d’une activité sur 6 jours à une activité sur 5. C’est donc une question que nous suivons de près.
Sur tous ces sujets, ce qui importe, c’est la réactivité. Notre environnement change, nous nous adaptons. Nous voulons construire du lien avec nos clients voyageurs et avec les AOT, qu’elles soient urbaines, départementales, régionales.
VR&T. On entend souvent dire que Keolis se montre agressif pour gagner des contrats et que beaucoup sont déficitaires. Est-ce exact, est-ce tenable ?
F. B. Prétendre que nous cassons les prix n’a pas de sens puisque nos marges, sans être fortes, sont plus élevées que celles de nos concurrents. En France, il n’y a pas beaucoup de contrats sur lesquels nous perdons de l’argent. Le déficit du contrat de Lille, où effectivement nous perdons de l’argent, tient aux conditions dans lesquelles l’AO a décidé de mettre en œuvre la billettique malgré nos réserves. Ce qui s’est traduit par des surcoûts et surtout une perte de recettes commerciales du fait des non-validations. Depuis juin 2013, la billettique n’est pas stabilisée. Et, là où nous avions une hausse régulière des recettes, qui était aussi le reflet des investissements de la collectivité, nous avons vu cette progression chuter au cours du second semestre 2013 et nous avons même constaté une diminution des recettes. Pendant une période, 50 % des valideurs fonctionnaient quand il en aurait fallu 98 ou 99 % !
Nous discutons de ce sujet avec la collectivité pour voir comment remédier à cette situation au plan technique et financier.
Plus généralement, nous discutons régulièrement avec les collectivités locales. C’est le cas par exemple sur la hausse du taux de TVA, passé de 5,5 % à 7 %, puis à 10 %. Ce sont aux collectivités de décider de la hausse des tarifs mais nos contrats prévoient des clauses d’adaptation. C’est aussi le cas quand un projet de transport est remis en cause. C’est ce qui se passe dans plusieurs villes à la suite des dernières élections, par exemple à Amiens et à Caen. Tout cela est normal : un contrat de DSP a vocation à vivre, il s’adapte aux évolutions réglementaires et économiques.
Il est exact aussi que de nombreux contrats négociés dans les années 2008 misaient sur des scénarios de progression économique beaucoup plus optimistes que ne l’a été la réalité. Mais je récuse cette thèse selon laquelle on prendrait des affaires à des prix très bas. Tous les contrats récents reposent sur des hypothèses plus proches de la réalité économique. Nous avons moins de recettes quand le chômage explose. Le transport public en est affecté, d’autant plus qu’il subit un autre risque lié à la crise : la hausse de la fraude.
Malgré ce contexte, la fréquentation est globalement en hausse sur nos réseaux. Sur les 15 plus grands réseaux de Keolis, la progression a été de 6,4 % en 2013.
VR&T. Les collectivités vous demandent de faire mieux pour moins cher. C’est aussi l’objectif formulé par Jean-Pierre Farandou lors de la présentation des résultats du groupe en mars. Comment comptez-vous faire ?
F. B. Nous continuons à réaliser des gains de productivité en continu, ce qui permet de diminuer nos charges.
Mais le vrai sujet, ce sont les recettes. Ce dont souffre le transport public en France, c’est de ne pas avoir assez de recettes. L’enjeu est de maximiser la part des recettes commerciales. Nous militons donc pour une hausse des tarifs, qui n’ont suivi ni l’inflation ni l’amélioration de l’offre. Et nous menons diverses actions pour attirer de nouveaux clients. Nous travaillons dans cette direction aux côtés des collectivités. Nous essayons de les inciter à améliorer les conditions de circulation des bus en décidant par exemple des aménagements en voirie, des créations de voies dédiées, des priorités aux feux… Tout cela permettrait d’augmenter l’attractivité des bus mais aussi la productivité. Il faut savoir que 65 % des coûts du transport urbain en France sont liés aux coûts de main-d’œuvre. Nos conducteurs sont payés à l’heure et non au kilomètre parcouru. L’aménagement de l’offre, en privilégiant la fréquence plutôt que l’horaire, est une autre piste : il est plus performant de proposer des passages de bus toutes les 10 minutes ou tous les quarts d’heure plutôt qu’à heure fixe. Il faut aussi maximiser les avantages du transport à la demande quand le potentiel de clientèle ne justifie pas la mise en place d’un système de transport fixe. On peut également faire rouler de petits véhicules à certaines heures car ils consommeront moins de carburant. Enfin, il faut lutter contre la fraude avec un impact direct sur l’amélioration des recettes.
VR&T. Quels sont les grands axes de votre politique antifraude ?
F. B. Nous avons décidé d’en faire une priorité cette année et nous constatons que les collectivités nous suivent dans cette voie. Il y a eu une période durant laquelle elles étaient moins focalisées sur cette question. Désormais, elles mesurent mieux la perte de recettes liée à la fraude. De leurs côtés, les voyageurs n’acceptent plus cette forme d’incivilité. En luttant contre la fraude, nous répondons à une demande.
De plus, personne ne peut dire qu’en France, le transport public est trop cher. Il est largement subventionné, a fortiori pour les personnes les moins aisées. Il n’est donc pas acceptable que les voyageurs ne paient pas. Notre posture est la suivante : vis-à-vis des clients, nous affichons un objectif de zéro tolérance face à la fraude. Au niveau managérial, nous expliquons que la fraude est l’affaire de tous. Tout le monde au sein de l’entreprise est concerné, que ce soient les conducteurs, les mainteneurs (les valideurs doivent toujours être en état de marche), les services marketing. A Lyon ou Bordeaux, par exemple, nous lançons des opérations « Bureaux vides ». Demain, nous le ferons à Lille. Il s’agit d’impliquer tous nos salariés en leur proposant d’aller sur le terrain et d’inciter les voyageurs à valider leurs titres de transport. Le simple fait que des salariés de Keolis soient présents sur le réseau avec leur chasuble est une incitation à valider.
Mais, face aux fraudeurs, nous gardons toujours une posture commerciale. Nous ne demandons pas à nos agents de se transformer en « rangers ». Nous cherchons à transformer les fraudeurs en clients des transports publics. Nous leur proposons notamment le « troc it » : c’est une alternative qui nous permet de leur proposer, au lieu de payer une amende, de prendre un abonnement de deux ou trois mois.
Si l’on en croit les statistiques, 60 % des utilisateurs des transports collectifs reconnaissent avoir fraudé au moins une fois dans l’année. Nous cherchons donc à empêcher nos clients de devenir fraudeurs. En cherchant notamment à déstabiliser les fraudeurs. Par exemple en organisant des contrôles en civil. Ainsi, on n’est plus certain de pouvoir repérer de loin les contrôleurs. Ou bien en lançant des contrôles à des moments où plus personne ne s’y attend, la nuit par exemple. Ou encore en annonçant à l’avance une opération de contrôle. Nous ne voulons plus que les voyageurs pensent qu’ils ont peu de chances de se faire contrôler.
Nous avons testé cette politique l’an dernier à Bordeaux et à Lyon, deux villes où les AOT nous appuient dans l’objectif de réduction de la fraude. C’est à Bordeaux par exemple qu’ont été lancées les premières annonces de contrôle.
A Lyon, nous sommes descendus sous les 10 % de taux de fraude au cours du premier trimestre 2014. Auparavant nous étions plutôt autour de 11 à 12 %. Pour un réseau de cette taille, c’est une belle performance. Nous généralisons cette politique de lutte contre la fraude partout, tout en laissant à chaque réseau une part d’initiative locale. Des réunions sont régulièrement organisées pour partager les différentes expériences. Nous nous sommes donné des objectifs de résultats chiffrés, réseau par réseau. Nous en attendons un gain qui se chiffre à plusieurs millions d’euros dès cette année. Un montant à rapprocher des recettes commerciales qui se sont établies l’an dernier à 517 millions d’euros pour nos 15 plus grands réseaux.
VR&T. Quelle est votre stratégie pour l’activité stationnement ?
F. B. Nous poursuivons notre modèle de croissance rentable. Quand Keolis a repris Effia, l’entreprise gérait 65 000 places de parkings. Nous en gérons aujourd’hui plus de 120 000. Avec un chiffre d’affaires qui croît chaque année, et une marge qui progresse chaque année plus vite que le chiffre d’affaires.
Globalement sur le marché des parkings, la tendance est au recul de la fréquentation car l’automobile entre en concurrence, en centre-ville, avec la très forte hausse de l’utilisation des deux roues et celle des transports publics. Malgré cela, nous enregistrons une belle performance : la fréquentation des parkings d’Effia s’élève de + 0,2 % en 2013, alors que nos concurrents affichent presque tous des baisses de fréquentation. Nous nous positionnons comme un opérateur global de stationnement. Nous sommes présents dans les gares qui sont en quelque sorte notre socle et notre savoir-faire historique. Mais nous nous développons aussi dans le stationnement sous toutes ses formes : pour le compte des collectivités (en ouvrage ou en voirie), pour de grands ouvrages comme les stades, les cliniques et les hôpitaux, ou bien pour le compte de promoteurs d’ensembles comme les centres commerciaux.
Nous essayons d’être plus « smart », plus créatifs que les autres. Nous utilisons l’ADN de Keolis et mettons en place une stratégie de conquête commerciale afin d’attirer de nouveaux automobilistes dans nos parkings sans les attendre passivement.
La localisation des parkings reste évidemment un critère clé. Mais nous développons des actions pour conquérir la clientèle comme des partenariats noués avec les commerçants, les restaurants ou les salles de spectacle mais aussi des offres tarifaires promotionnelles… Nous sommes aussi les leaders de la réservation sur internet. C’est un véritable enjeu pour les professionnels du stationnement : aller chercher des clients en ayant une démarche commerciale proactive. Nous essayons d’être très réactifs et d’anticiper les besoins.
Nous allons continuer à nous développer dans deux directions : d’une part avec les collectivités locales qui ont intérêt à voir la concurrence se développer et qui vont bénéficier de la dépénalisation du stationnement en voirie : la dépénalisation devrait permettre de réduire fortement le taux de fraude qui atteint pas loin de 70 % pour le stationnement actuellement.
Par ailleurs, même s’il se crée peu de nouveaux parcs de stationnement, beaucoup de parkings qui étaient gratuits sont en train de devenir payants. C’est le cas par exemple dans les hôpitaux qui sont à la recherche de nouvelles recettes.
Enfin, avec l’évolution de la législation qui va obliger à payer le stationnement au quart d’heure, nous allons être obligés de renégocier nos contrats. Je considère que ce n’est pas une mauvaise mesure. Comme beaucoup d’automobilistes estiment que les tarifs de parkings sont trop élevés, cela va contribuer à l’attractivité des parcs de stationnement en faisant payer le juste prix.
Propos recueillis par Marie-Hélène POINGT