Résultats de recherche pour « LOM »

  • Feuilles mortes : les autres dispositifs antifeuilles

    Feuilles mortes : les autres dispositifs antifeuilles

    Comme le rappelle Bénédicte Tilloy, directrice du Transilien SNCF, « Tous les systèmes ferroviaires galèrent avec les feuilles, tout le monde cherche des solutions On en trouve, mais rien de miraculeux. On essaye d’améliorer chaque année » Comme le rappelle Bénédicte Tilloy, directrice du Transilien SNCF, « Tous les systèmes ferroviaires galèrent avec les feuilles, tout le monde cherche des solutions On en trouve, mais rien de miraculeux. On essaye d’améliorer chaque année… » Et en plus d’un siècle et demi, sur tous les réseaux du monde, l’expérience a permis de trouver des solutions palliatives.
    Avant l’automne, les conducteurs reçoivent une formation spécifique sur les conditions de conduite en automne. « Sur le terrain, il faut anticiper les arrêts, éviter de rouler à la vitesse limite pour freiner moins fort », précise un habitué de la ligne N. Cette dernière figure en bonne place sur la carte des zones « à feuilles », remise à jour chaque année, tout comme les prescriptions de freinage sur ces zones. Et au jour le jour, « dès la prise de service, on se renseigne sur la météo », alors que sont communiquées les zones sur lesquelles l’adhérence est dégradée.
    Sur ces zones, des interventions sont effectuées : des trains laveurs passent un jet d’eau à haute pression et brossent les rails au petit matin, alors que le wagon-aspirateur enlève les feuilles. Mais il n’est pas interdit de travailler à la source : SNCF Infra élague et débroussaille régulièrement les alentours des voies. D’autres solutions ont été essayées sur le RER C, la plus spectaculaire étant l’installation de filets le long des voies sur un tronçon entre Versailles-Chantiers et la vallée de la Bièvre. Une solution efficace, mais chère : 700 000 euros par kilomètre rien que pour l’installation !
    Nos voisins européens ont également trouvé des solutions pour pallier à ces difficultés (voir les articles suivants sur Bruxelles et la Grande-Bretagne). En Allemagne, la DB annonce chaque automne pendant la période critique le rallongement des temps de parcours en raison de l’adaptation des modes de conduite et de freinage. Quant aux Pays-Bas, ce sont 1 200 voitures qui vont être équipées d’antienrayeurs.

  • Succès pour la ligne expresse d’Albi

    Succès pour la ligne expresse d’Albi

    Près de 10 000 voyageurs empruntent chaque mois la ligne R du réseau Albibus. Près de 10 000 voyageurs empruntent chaque mois la ligne R du réseau Albibus. Lancée il y a un an par la communauté d’agglo de l’Albigeois (C2A), cette ligne expresse, qui voit passer un bus toutes les 15 minutes, traverse l’agglomération d’est en ouest, en passant par le centre-ville. Elle dessert la gare et relie deux parcs-relais et aires de covoiturage en périphérie d’Albi. « L’objectif est d’inciter les automobilistes de l’agglomération à laisser leur voiture dans les parkings de substitution créés à ces deux entrées d'Albi et à poursuivre leur trajet avec la ligne R, expliquait Jean-Michel Bouat, vice-président à la Mobilité et aux déplacements à la C2A, à l’époque du lancement de la ligne R. Elle représente la volonté de la communauté de commune de créer un BHNS ou du moins une desserte similaire à notre échelle ville. »

  • Montpellier choisit Miss.Tic pour sa ligne 5

    Montpellier choisit Miss.Tic pour sa ligne 5

    Après les hirondelles de Garouste et Bonetti, les bijoux de Christian Lacroix, c’est l’artiste Miss. Tic, avec l’agence Yellow Window Design qui vient d’être choisie par Montpellier Agglomération pour habiller les futurs trams de la ligne 5. Après les hirondelles de Garouste et Bonetti, les bijoux de Christian Lacroix, c’est l’artiste Miss. Tic, avec l’agence Yellow Window Design qui vient d’être choisie par Montpellier Agglomération pour habiller les futurs trams de la ligne 5, qui reliera Lavérune à Clapiers sur 15,7 km à la fin 2017. La ville, qui a fait du design de ses tramways une véritable signature, avait reçu 19 propositions artistiques en un mois. Depuis le choix du jury pour la phase finale, le 3 avril dernier, cinq candidats étaient en lice : Hervé Di Rosa avec Anagraphis ; Agatha Ruiz de la Prada avec Avant-Première ; MBD design ; Jean-Michel Othoniel et Yellow Window Design avec Miss.Tic.
    Le lauréat est une société franco-belge, créée il y a 35 ans, qui conçoit des produits pour de nombreux secteurs. Sa filiale française, lancée en 2007 par Patricia Bastard, consacre 90 % de son activité au design transport : tramway de Bruxelles et de Jérusalem, cabine Première classe des A380 d’Air France, navette du Mont-Saint-Michel… Sur le projet montpelliérain, l’agence Yellow Window Design a choisi de travailler avec une artiste phare de l’art urbain, « afin de donner une dimension street-art et avant-gardiste au tramway ».
    Miss.Tic, qui s’expose aujourd’hui dans les galeries et les musées, s’est fait connaître par ses pochoirs poétiques et subtils faits de silhouettes et d’épigraphes qui couvrent les murs de Paris depuis les années 80. Et bientôt le tram languedocien donc. Quant à l’intérieur des rames, qui osera le rose bonbon et les minisalons plutôt cosy, il dénote très clairement une note féminine assumée et revendiquée par l’artiste. De quoi garder le titre de « tramways les plus sexy d’Europe », décerné par le New York Times l’an passé !    

    C. N.
     

  • GPSO : le ministre arrête un tracé

    A la suite des recommandations de la Commission « Mobilité 21 », Frédéric Cuvillier a arrêté le 23 octobre le tracé définitif du Grand projet du Sud-Ouest (GPSO) et défini un schéma de réalisation en deux phases. La première comprenant deux lignes nouvelles : d’une part, entre Bordeaux et Toulouse, avec l’objectif d’une mise en service à l’horizon 2024 – Toulouse sera alors à 3 h 10 de Paris – pour un coût évalué à 5,9 milliards d’euros ; d’autre part, entre le Sud-Gironde et le raccordement nord de Dax, mettant Bayonne à 3 h 25 de Paris pour une mise en service à l’horizon 2027 et un coût de 3,2 milliards d’euros. La seconde phase sera constituée de la LGV entre Dax et la frontière espagnole envisagée au plus tard en 2032. Le ministère ajoute que la première phase fera l’objet d’une enquête préalable à la DUP au premier semestre 2014 et que les aménagements des lignes existantes aux abords des agglomérations toulousaine et bordelaise seront présentés à des enquêtes publiques spécifiques concomitamment. Quant à la seconde phase, elle fera l’objet d’un approfondissement des études. Immédiatement, les deux présidents de région concernés, Alain Rousset en Aquitaine, et Martin Malvy en Midi-Pyrénées, se sont réjouis de ces « arbitrages positifs », d’un choix qui « démontre pleinement la pertinence du combat mené » par ces deux régions, louant un gouvernement qui « refuse le fatalisme ».

  • Interurbain : la Loire-Atlantique lance aussi un BHNS

    Interurbain : la Loire-Atlantique lance aussi un BHNS

    C’est quasiment devenu la norme dans les villes. Presque toutes les communautés d’agglomération ont récemment lancé des lignes de bus à haut niveau de service (BHNS). C’est quasiment devenu la norme dans les villes. Presque toutes les communautés d’agglomération ont récemment lancé des lignes de bus à haut niveau de service (BHNS). Et si ce n’est pas le cas, au moins y réflechissent. En revanche, c’est plus rare dans les réseaux de transports interurbains des départements. On connaissait l’exemple du conseil général du Tarn et de sa SPL qui avait lancé une flotte de 74 bus confortables sur les lignes départementales du réseau refondu en septembre 2012.
    Dans la Loire-Atlantique, il ne s’agit que d’une seule ligne, celle qui relie Grandchamp-des-Fontaines, dans le nord-ouest de l’agglomération nantaise, à la gare sud de Nantes. Nommée Lila Premier, elle possède toutes les caractéristiques habituelles d’un BHNS. D’abord une forte amplitude. Les bus de la ligne Lila Premier circulent entre 6h20 et 20h30, avec 27 allers et 30 retours chaque jour de semaine. Et le service fonctionne aussi les samedis et les dimanches, ainsi qu’en soirée les vendredis et samedis soir. Deuxième critère, la fréquence. Sur cette ligne interurbaine, on compte un bus toutes les quinze minutes, le matin, entre 6h20 et 9h20, en direction de la gare sud. Et idem, le soir, au retour, entre 15h34 à 19h32.
    Pour garantir fréquence et desserte, des aménagements de voiries ont été effectués sur le trajet. Ainsi, une voie réservée de 700 m a été notamment aménagée sur la RD 537 en amont du giratoire de Ragon, sujet aux embouteillages aux heures de pointe. Quant au nombre d’arrêts, il a été limité à 22. Le trajet dure ainsi entre 43 à 48 minutes. Mais les voyageurs bénéficient de bus confortables, à plancher bas pour en faciliter l’accès aux jeunes enfants et aux handicapés, et de flashcodes à chaque arrêt pour connaître les heures de passage en temps réels. Mais surtout, les véhicules sont équipés d’un accès wi-fi 4G, de surcroît gratuit. De quoi faire passer le temps, plus vite.
    Autres avantages, la ligne dessert trois parcs-relais, et trois de ces arrêts disposent d’abri vélos gratuits.
    « Maintenant que la ligne est lancée, le défi c’est que les habitants des communes s’approprient », indiquait Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique, au mois de septembre, ajoutant, « même si je n’ai pas de doute ». En effet, face au succès de Lila Premier, le conseil général a ajouté, le 23 septembre, un bus le matin, dans le sens banlieue – Nantes, un bus le soir dans le sens retour, et avancé l’horaire d’un bus scolaire pour alléger la ligne, en attendant une remise à plat du service après les vacances de la Toussaint.

    Yann GOUBIN

  • Thionville : un projet de deux lignes de BHNS en 2018

    Le maire de Thionville, Bernard Mertz, a dévoilé un projet de TCSP dans sa ville et dans l’agglomération de Porte de France Thionville (80 000 habitants et 13 communes). Deux lignes de BHNS passant par la gare SNCF, sont prévues, (25 km au total) et adoptées, en juillet 2012, par le conseil du Syndicat mixte des transports urbains, présidé par Bernard Mertz, qui gère les transports dans l’agglomération et au-delà. Le chantier devrait débuter en 2015 pour une mise en service en 2018. Le coût, estimé à 60 millions d’euros, serait financé par le VT dont le taux a été relevé l’année dernière à 1,75 %.

  • Le postpaiement à Nantes à partir du 1er novembre

    Nantes métropole va lancer le postpaiement dans son réseau le 1er novembre prochain. Le système suit le déploiement de la carte d’abonnement annuel LiberTan. Grâce à elle, le prix payé par le voyageur s’adaptera au nombre de trajets effectués dans le mois, garantissant le tarif le plus adapté et une facture adressée deux mois plus tard. Avec le postpaiement, l’agglomération nantaise veut fidéliser les voyageurs « occasionnels réguliers », estimés à 20 % des 100 000 personnes, qui utilisent en moyenne l’équivalent de deux carnets de dix tickets par mois.
     

  • Etats-Unis : sans argent, trams et trains de banlieue de Philadelphie fermeraient progressivement

    Dans le cadre du « budget du Jugement dernier » (« Doomsday budget »), qui a déjà durement touché les secteurs éducatif, culturel et hospitalier de Pennsylvanie, la Septa (autorité organisatrice des transports du sud-est de la Pennsylvanie) a présenté un plan de fermeture de neuf lignes de train de banlieue sur les 13 du réseau de l'agglomération de Philadelphie. Ces fermetures devraient intervenir d'ici 2023. Mais le remplacement des lignes de « trolley » (nom local du tram) de Philadelphie par des autobus devrait être encore plus rapide – entre 2014 et 2018 – à l'exception des trams de banlieue en site propre (Red Arrow), dont la fermeture serait programmée pour 2023. La Septa considère en effet qu'elle n'a plus les moyens d'entretenir ses infrastructures, suite à des années de sous-investissement, mais que son plan-catastrophe pourrait être évité si 6,5 milliards de dollars étaient injectés sur 10 ans. Comme la somme proposée par l'Etat de Pennsylvanie est au mieux dans une fourchette de 1,8 à 2,5 milliards de dollars, le seul salut viendrait d'un coup de pouce au niveau fédéral…

  • En attendant le BHNS, le réseau de l’Etang de Berre se transforme

    En attendant le BHNS, le réseau de l’Etang de Berre se transforme

    En attendant le lancement d’une ligne de BHNS à partir de 2016, le réseau des Bus de l’Etang (huit communes desservies dans les Bouches-du-Rhône, dont Vitrolles et Marignane) a subi une profonde transformation en septembre. En attendant le lancement d’une ligne de BHNS à partir de 2016, le réseau des Bus de l’Etang (huit communes desservies dans les Bouches-du-Rhône, dont Vitrolles et Marignane) a subi une profonde transformation en septembre. A commencer par la création de quatre nouvelles dessertes rapides, dont une le dimanche, entre 9h et 20h, de la zone commerciale de Plan-de-Campagne qui regroupe plus de 400 enseignes et s’étend sur les communes des Pennes-Mirabeau et de Cabriès, au nord de Marseille. Sur les treize autres lignes, dix voient leurs itinéraires ou leurs horaires modifiés et leurs fréquences améliorées. Les correspondances des six circuits de TAD avec le réseau sont simplifiées et les 24 circuits scolaires sont ouverts à tous les usagers. De plus, les lignes départementales Cartreize peuvent être utilisées avec un titre de transport des Bus de l’Etang (un euro le voyage à l’unité) sur le périmètre du réseau de l’Étang.
    Parmi les autres nouveautés de la rentrée, il y a l’habillage des autobus, avec une livrée dominée par la couleur lavande et le blanc avec des touches de vert, et une nouvelle signalétique, dont un grand « B » identifie les arrêts et les véhicules à la manière du « M » du métro.
    Ces transformations découlent de la DSP de 8 ans accordée par le SMITEEB (Syndicat mixte des transports de l’Est de l’étang de Berre) à la société des Autobus de l’Etang (filiale Transdev) qui a pris effet le 1er janvier 2013. Les Bus de l’Etang, ce sont quelque 150 conducteurs et 100 véhicules pour 4 millions de kilomètres parcourus et plus de 2,6 millions de voyages par an.
    Une fréquentation que le SMITEEB veut améliorer à partir de 2016 avec le lancement prévu d’une ligne de BHNS qui desservira 4 communes (Vitrolles, Marignane, Saint-Victoret et Les Pennes-Mirabeau) sur un parcours de 17,5 km, qui ne sera que partiellement en site propre mais qui sera aménagé et bénéficiera de franchissements prioritaires aux carrefours. Il est également prévu de créer 6 parcs relais et 8 pôles d’échanges. Les travaux d’aménagement doivent commencer au printemps 2014 et la mise en service, accompagnée d’une restructuration du réseau, est prévue pour le
    premier trimestre 2016.
    José SOTO

  • Comment la vidéoprotection s’est imposée dans les réseaux

    Comment la vidéoprotection s’est imposée dans les réseaux

    «On parle aujourd’hui de vidéoprotection et parfois même de vidéotranquillité. A quand la vidéosérénité ou le vidéozen ?!? », a ironiquement soulevé Etienne Sesmat, le directeur de la sûreté de la RTM lors de son intervention des journées Agir, à Marseille, en juin 2013. Derrière l’évolution de la terminologie, la pratique semble de plus en plus acceptée. Réticents, au départ, à l’installation de caméras « Big Brother », les Français s’y sont progressivement habitués. Selon un sondage BVA de mars 2013, 75 % d’entre eux se déclarent aujourd’hui favorables au développement de la vidéosurveillance dans les centres-villes, les transports et les lieux publics.
    Les systèmes de vidéosurveillance se sont développés dans les transports en commun à partir des années 1970, surtout en Ile-de-France. Ces premières caméras servaient principalement d’outils pour assurer le bon fonctionnement du matériel, notamment dans le métro (escalators, fermetures des portes des rames…), et pour réguler les flux de voyageurs. C’est à partir des années 1990 que le système de vidéosurveillance sert à assurer la sûreté du réseau. Après les attentats du RER B, aux stations Saint-Michel en 1995 et Port-Royal en 1996, les pouvoirs publics implantent des caméras dans plusieurs gares de RER, avec enregistrement des images à des fins d’investigation et de lutte contre le terrorisme. Les attentats à Madrid en 2004 ont encore accentué le sentiment de nécessité d’un réseau de vidéosurveillance complet. Petit à petit, de nombreux réseaux de transport en commun, trains, tramway ou bus, ont installé des systèmes de vidéosurveillance.
    A Lyon, à l’origine, le système de vidéosurveillance n’était pas, non plus, dédié à la sûreté, mais était uniquement un outil participant au bon fonctionnement du réseau, servant notamment à repérer un dysfonctionnement sur un équipement ou à réguler les flux de voyageurs. C’est à partir de 2004 que la vidéosurveillance devient une aide à la sécurité à Lyon. Le réseau s’est ensuite rapidement développé : le dispositif compte aujourd’hui 5 200 caméras. Pour Bernard Rivalta, président du Sytral, l’efficacité d’un tel système est certaine : « Lors de l’affaire du jeune homme égorgé dans le métro en février 2011, grâce aux caméras de surveillance, on a retrouvé l’auteur du crime en moins d’une journée », explique-t-il, « car on a pu remonter les stations de métro empruntées par le meurtrier grâce à la vidéo et ainsi retrouver sa trace ». Dans les bus, les chauffeurs sont reliés en phonie avec le PC Sécurité, les bus sont suivis par satellite et en cas de problème, une voiture de sécurité de Keolis est rapidement envoyée sur place et la police est prévenue. « La vidéosurveillance nous a permis de résoudre un bon nombre d’affaires, ça a contribué à la baisse de la délinquance », explique-t-il. Par conséquent, « on n’est pas prêts de revenir en arrière ! », assure Bernard Rivalta. Les transports en commun lyonnais ne sont pas les seuls à être devenus des adeptes de la vidéosurveillance. A la RTM, où 3 700 caméras scrutent le réseau marseillais, les incidents signalés ont diminué depuis 2009 de 24 % sur le réseau bus et de 33 % sur les trois modes.
    Les exemples de réseaux qui installent des systèmes de vidéosurveillance ou développent leur système existant sont légion. Au niveau national, l’équipement en vidéosurveillance concernerait déjà 75 % des bus en France. Souvent, l’arrivée d’un nouveau matériel roulant est l’occasion de franchir le cap. A Metz, l’arrivée du Mettis s’accompagne de celle de la généralisation de la vidéosurveillance : le nombre de voyageurs devrait passer de 17 à 34 millions par an, et afin de lutter contre les possibles incidents ou dégradations du Mettis, les élus ont voté, lors du conseil municipal du 26 avril dernier, pour le renforcement du dispositif. 70 caméras vont être installées dans les stations Mettis, permettant de couvrir tous les quais des 37 stations, chacune des 27 rames va être couverte par 10 caméras, les 3 parkings-relais seront eux aussi dotés de quatre caméras chacun. Le centre-ville, ainsi que les lieux de passage majeurs vont également voir leur dispositif de caméras renforcé, à la fois pour un souci de sécurité et pour assurer une bonne régulation du trafic. Le coût de financement de cette généralisation du système de vidéosurveillance s’élève pour la ville de Metz à 168 000 euros pour le matériel et de 264 000 euros pour le génie civil, sans compter le coût pour Metz Métropole… A terme, l’espace public messin sera équipé de 200 caméras « visionnables » en temps réel. Les images, dirigées vers le centre de supervision TAMM et conservées une semaine, seront également transmises au CSU (centre de surveillance urbaine) de la ville et à la Police nationale. De même à Bordeaux, plus de 130 caméras supplémentaires vont être installées dans les bus du réseau TBC, exploité par Keolis. Une convention a été signée entre Keolis, la Communauté urbaine de Bordeaux (Cub) et la préfecture pour organiser la coordination des actions et installer un observatoire de sûreté des transports de la Cub. Les syndicats du personnel souhaitaient cette extension de la vidéosurveillance pour remédier aux agressions qui se sont multipliées ces derniers mois contre des conducteurs. Les syndicats parlent de 60 à 80 agressions par an, de l’insulte à l’agression physique. A Amiens, selon Thierry Bonté, vice-président d’Amiens Métropole en charge du Plan de déplacement urbain, et des transports collectifs et alternatifs, le dispositif de vidéosurveillance, et son amélioration, font l’objet de « demandes régulières et insistantes de la part du personnel », qui compte beaucoup là-dessus pour diminuer les incivilités et les violences contre les personnels. L’acceptation par les chauffeurs ou conducteurs ne va pas toujours de soi. Car « le visionnage des images peut mettre en exergue des erreurs ou des déficiences de l’agent » reconnaît Etienne Sesmat de la RTM. « Mais si l’on arrive à dépasser cela, la vidéosurveillance peut servir à améliorer la qualité de service. On peut par exemple se servir de certaines images – floutées – pour la formation. Et puis, le fait de savoir que la caméra tourne apaise dans de nombreux cas la relation entre client et chauffeur. »
    Si l’acceptation interne ou sociale semble moins poser problème qu’avant, il reste à prouver que ces investissements, qui sont coûteux, sont efficaces. La ville d’Amiens a lancé en 2011 un audit de son système de vidéoprotection, réalisé par le cabinet de conseil en sécurité Althing et publié en septembre dernier. A cette occasion, elle a interrogé les différents acteurs concernés, et notamment le transporteur public, Ametis. Ce dernier a fait part de la difficulté à gérer les arrêts de bus disséminés dans l’agglomération, qui font l’objet de dégradations récurrentes et sont désignés comme particulièrement sensibles. A l’issue de cet audit, il a été constaté que la vidéoprotection est plus « efficace dans les espaces clos », notamment les transports en commun, que sur la voie publique : en effet, l’attention de l’opérateur de vidéoprotection y est moins sollicitée dans la mesure où les comportements des usagers des espaces sont identiques à longueur de journée. Un événement inattendu est rapidement détecté. « C’est typiquement l’inverse sur la voie publique », constate le bureau Althing.
    Les 140 bus d’Amiens-Métropole sont chacun équipés de quatre caméras. La première a été installée en 2001 et le parc a été entièrement recouvert à partir de 2005. Avec l’arrivée de Keolis comme nouveau délégataire, l’agglomération amiénoise a effectué plusieurs opérations d’harmonisation de son dispositif de vidéosurveillance durant l’année 2012, dont le coût s’élève à 391 000 euros. Des caméras supplémentaires ont été installées, la qualité d’image a été améliorée, notamment par le passage du noir et blanc à la couleur et surtout par l’amélioration de la capacité de stockage de l’unité centrale : « en 2010, les images pouvaient être stockées 48 heures, aujourd’hui, c’est 3 semaines », explique Didier Hernoux, directeur général de Keolis Amiens. Les conducteurs sont en liaison radio permanente avec le poste de régulation Ametis. De plus, un dispositif de localisation des bus est implanté à la police nationale et au centre de sécurité urbaine de la ville d’Amiens. En cas d’incident durant le trajet, le chauffeur est mis en liaison avec la police nationale, qui intervient rapidement dans le bus concerné, afin de maintenir le trafic et d’assurer un service continu des transports en commun. Les images sont transmises directement au centre de sécurité urbaine, permettant à la police de les visionner en cas de besoin. Les interpellations sont ainsi rapides ; « cela permet de résoudre 70 % des cas de délinquance », assure Didier Hernoux. A la RTM, où 9 agents travaillent sur l’analyse des images en temps réel et à la transmission des données, on se félicite d’un taux de 65 % d’affaires élucidées au second semestre 2012 (contre 25 % ailleurs en ville), grâce aux images des transports. 359 vidéos ont été envoyées à la police, qui ont fait l’objet de 392 interpellations. Dans le cadre de deux enquêtes pour meurtres en 2012, la RTM a fourni aux autorités 315 heures d’enregistrement, soit 113 DVD !
    Le bon fonctionnement de tels systèmes de vidéosurveillance nécessite donc une collaboration entre les différents acteurs : opérateurs des transports, police et collectivités locales. « Il y a une coopération très étroite entre la collectivité locale et le délégataire », explique Thierry Bonté. En effet, une convention a été signée fin 2010 entre Amiens-Métropole, la ville d’Amiens, le délégataire et la police municipale et nationale, pour améliorer la coordination des actions, l’efficacité des systèmes, la réactivité des acteurs, etc… « C’est une démarche partenariale globale », ajoute Thierry Bonté.
    A Lyon, le Sytral supervise son système de vidéosurveillance depuis un PC sécurité à double fonction : s’assurer du bon fonctionnement du réseau et accueillir une cellule sécurité de huit agents spécialisés, formés en conséquence, qui s’occupent des images de la vidéosurveillance. « Le travail est collectif, nous sommes en liaison directe avec la police », explique Bernard Rivalta, « la vidéosurveillance s’inscrit dans une politique globale de sécurité du réseau ». Les relations avec les collectivités locales sont en général plutôt cordiales. Mais certaines municipalités notamment restent assez critiques envers la vidéosurveillance : c’est le cas de Villeurbanne, où le maire, Jean-Paul Bret, est un opposant de longue date aux caméras sur la voie publique et a toujours refusé l’installation de tels systèmes. Pour autant, les collectivités locales réticentes ne peuvent empêcher la mise en place de dispositifs de vidéosurveillance par le délégataire. « A l’intérieur du réseau Sytral, on est propriétaires », rappelle Bernard Rivalta. « Que la ville le veuille ou non, le résultat est le même, mais c’est plus agréable si la ville est partenaire », continue-t-il. Surtout que « nous ne sommes pas des obsédés ! », insiste-t-il, « on ne fait pas plus que nécessaire et nous sommes contrôlés par la Cnil, on ne fait pas ce qu’on veut ». « On ne visionne rien tant qu’un incident n’est pas signalé » assure Etienne Sesmat.
    Le déploiement des dispositifs de vidéosurveillance dans les réseaux de transport en commun répond à l’augmentation des angoisses des usagers, dont beaucoup ressentent un sentiment d’insécurité croissant lorsqu’ils voyagent. D’après une étude de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme intitulée Victimisation et sentiment d’insécurité en Ile-de-France, publiée en 2011, près d’un Francilien sur deux déclare avoir parfois peur d’être agressé ou volé dans les transports en commun, alors que seuls 3,5 % d’entre eux sont effectivement victimes de ce genre de délit. A défaut de protéger, la caméra rassure. En tous les cas, dans certains réseaux, les caméras font désormais partie des requis d’exploitation. A Orléans, si le système vidéo ne fonctionne pas, le bus reste au dépôt.

     

    Théo HETSCH avec Guillaume LEBORGNE
     

    Quand la Cnil surveille la vidéoprotection


    Les dispositifs de vidéoprotection installés sur la voie publique et dans les lieux ouverts au public sont soumis aux dispositions du code de la sécurité intérieure. Soumis à la réglementation des Etablissements recevant du public (ERP), le locataire ou propriétaire du moyen de transport public doit donc obtenir une autorisation préfectorale, après avis d’une commission départementale présidée par un magistrat. Il doit également faire une déclaration à la Cnil, qui peut effectuer un contrôle sur place des installations. Ces dernières années, le nombre de demandes d’autorisation pour l’installation d’un système de vidéosurveillance n’a cessé de croître.

     

    La SNCF signe une charte avec la Cnil

    Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Cnil et Guillaume Pepy, président de SNCF, ont signé, le 5 avril 2013, une charte relative aux dispositifs de vidéoprotection déployés dans les gares, les boutiques SNCF et les transports en commun (TER, RER et tramways). A travers cette charte, la SNCF s’engage à respecter trois principaux points :
    – Les agents SNCF chargés du visionnage des images enregistrées par le réseau de caméras devront être formés aux règles de confidentialité
    – La durée de conservation des images est limitée à un mois, le maximum légal, dans le but de préserver d’éventuelles preuves en cas d’enquête et d’une réquisition judiciaire. Au-delà, les images seront effacées automatiquement.
    – L’amélioration de l’information voyageurs et la facilitation de l’accès des personnes qui le voudraient aux images les concernant.
    En gage de sa bonne foi, la SNCF s’est également engagée à réaliser régulièrement des audits et à les communiquer à la Cnil lors d’un rendez-vous annuel.