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Turquie : contrat de maintenance de trains à grande vitesse pour Alstom
Le 6 novembre, Alstom a annoncé avoir signé un contrat d’une valeur d’environ 22,3 millions d’euros avec les TCDD (chemins de fer turcs) sur la fourniture pendant deux ans de services de maintenance destinés à 12 trains à grande vitesse HT65000 construits par CAF. Exploitées depuis 2009, ces rames sont les premiers trains à grande vitesse (HT) de Turquie et relient Ankara à Eskisehir (245 km), ainsi qu’Ankara à Konya (310 km). Durant la période contractuelle, les HT65000 devraient parcourir 10 millions de kilomètres. Contractuellement, ces services, qui seront assurés dans l’atelier de maintenance TCDD à Ankara, comprendront la maintenance préventive et corrective, les visites journalières et le nettoyage quotidien de l’intérieur et de l’extérieur des rames. Ils comprennent également des tâches de maintenance plus importantes, ainsi que les travaux de réparation des dommages susceptibles de survenir en cours d’exploitation.
Lille : Transpole et le Losc s’associent pour desservir le Grand Stade
Le club de foot de Lille, le Losc, et Transpole, la filiale du groupe Keolis qui exploite les transports en commun de l’agglomération lilloise, ont signé trois conventions afin de conforter leur partenariat. Ainsi, les amateurs de football bénéficieront de deux parkings relais et d’une navette entre la station de métro Les Prés et le Grand Stade. Avantage supplémentaire pour les abonnés du Losc, ils pourront voyager gratuitement les jours de match, à partir de deux heures avant le coup d’envoi et jusqu’à la fin du service.
Le Losc et Transpole ont démarré leur partenariat lorsque le club a quitté en 2004 l’enceinte historique de Grimonprez-Jooris pour les travées du Stadium Nord à Villeneuve-d’Ascq. Aujourd’hui, un tiers des spectateurs du Grand Stade sont transportés par Transpole. En France, seul le Stade de France de Saint-Denis fait mieux.
Les bus des noctambules
Les besoins en matière de transports publics, qu’ils soient destinés à se rendre au travail, faire des achats, rendre visite à des amis ou pratiquer un sport, s’expriment majoritairement de jour. Mais l’amplitude horaire de l’exploitation tend à s’allonger. Au point de voir apparaître depuis quelques mois une offre de transports exclusivement nocturne. A l’image de Caen, qui a lancé le 6 septembre sa première ligne de bus de nuit. Elle rejoint ainsi le cercle plutôt restreint des agglomérations françaises qui se sont dotées de ce type de service. Les plus anciennes d’entre elles ont vu le jour en Ile-de-France. On constate aussi que ces lignes sont, sinon réservées, en tout cas « plus utiles » aux habitants des grandes agglomérations, dont l’activité, les loisirs, donc les déplacements, s’étendent au-delà des heures « ouvrables ».
Réseaux de soirée et réseaux de nuit
On sait que les pointes de fréquentation dans les transports en commun sont de moins en moins des pics, mais qu’elles s’arrondissent et s’étalent. Si bien que la demande de transport s’est renforcée bien après 18h, la traditionnelle heure de sortie des « bureaux ». Les renforts courent jusqu’à 19h, voire 20h ou 21h dans les grandes villes : c’est l’offre de soirée. Il est néanmoins difficile d’en définir avec précision les contours, chaque réseau adaptant ses horaires en fonction des besoins des usagers.
Dans une enquête sur l’état de l’offre en France, réalisée en 2010 pour l’agglomération de Caen, le cabinet d’expertise franco-allemand TTK faisait débuter le réseau de soirée à 20h et celui de nuit à 1h du matin. Partant de ce principe, on peut considérer que l’Ile-de-France a développé un réseau de nuit, puisque les métros parisiens circulent jusqu’à 2h du matin le week-end. Marc Perez, responsable des études France du cabinet TTK, préconise, lui, d’abandonner la création d’un réseau propre à la soirée. « C’est compliqué à mettre en œuvre. Pour l’opérateur et l’exploitant, qui doivent créer des lignes avec une signalétique particulière et les promouvoir. Et pour l’usager aussi, c’est difficile de s’y retrouver. Il doit apprendre ce nouveau réseau. » L’ingénieur-conseil suggère plus simplement de prolonger les heures du réseau de jour, au moins les vendredis et samedis, quitte à ne conserver que les lignes « fortes » et à baisser leur fréquence. « On garde cinq à dix lignes et on passe à une fréquence de 20 à 30 mn le soir lorsqu’elle est à 5 ou 10 mn le jour. » C’est exactement l’esprit du nouveau réseau de Nantes, lancé il y a quelques jours (voir ci-dessous). La majeure partie du réseau circule plus tard, jusqu’à 0h30 en semaine et 2h la nuit du samedi au dimanche.
La nuit, en revanche, la création d’un réseau dédié s’impose. « Etant donné le faible niveau de fréquentation des transports, on est obligé de créer un réseau spécifique », reconnaît le directeur France de TTK. Un réseau de « deux ou trois lignes en étoile, pas plus. On garde les lignes principales, et avec trois lignes on en fait plus qu’une, plus directe. Et même si le parcours est allongé, on se rattrape en termes de temps grâce à une plus grande vitesse commerciale, qu’on peut atteindre plus facilement de nuit sans la circulation ».Une clientèle de loisirs
Le noctambule n’hésitera pas à faire quelques pas de plus pour rejoindre l’arrêt du bus qui le rapprochera de son lieu de loisirs et le ramènera chez lui. Il en va autrement pour celui qui se rend à son travail et en revient. Pourtant, l’ancêtre de tous les réseaux de bus de nuit en France, celui de la RATP, a été créé pour des raisons internes. Des bus qui leur étaient réservés permettaient aux agents de la Régie de rejoindre tôt le matin les stations de métro où ils œuvraient, et de les quitter pour rentrer chez eux à la fin du service. S’appuyant sur l’idée qu’un tel service pouvait intéresser le grand public, la RATP avait alors créé le premier réseau, dénommé Noctambus, en 1987.
Aujourd’hui, quel que soit le réseau de nuit, les fêtards qui l’utilisent sont plus nombreux que les travailleurs. Et ce qui prévaut maintenant à la création d’une ligne de bus de nuit, c’est le loisir. Non pas que les usagers souhaitant emprunter ces bus de nuit soient interdits d’accès, mais ce n’est pas le public visé. Car se poserait alors la question de la cohabitation entre ces deux populations : celle qui souhaite du calme en revenant de son travail ou s’y rendant, et celle qui, de retour d’une soirée, poursuit la fête jusque dans le bus.
En Ile-de-France, les lignes Noctilien desservant la grande périphérie en suivant les lignes SNCF, adoptant en revanche quelques règles pour leurs usagers. La lumière y est éteinte, et l’agent d’accompagnement qui filtre l’accès au bus essaie de placer dans le fond du véhicule les voyageurs qui descendent les derniers. L’agent propose également de réveiller les dormeurs avant leur arrêt. Mais cette procédure ne fonctionne que si la ligne est longue et les arrêts très espacés. Elle ne sera pas reproductible en ville, où les montées et descentes sont fréquentes.
Ces bus, de nuit et de loisirs sont « accompagnés ». Toujours par un agent à bord, parfois suivi par un renfort dans une voiture de patrouille qui interviendra en cas de problèmes. Et dans les bus de nuit du réseau SNCF Transilien, le conducteur dispose d’une « pédale » pour prévenir un centre de régulation qui peut alors écouter les conversations à bord. « Mais franchement, entre le 25 avril, date de lancement du service, et le 30 juin, nous n’avons eu que deux déclenchements de l’équipe en voiture. Et encore seulement pour un rappel à la loi. On pouvait en craindre davantage », dit Joël Carreiras, adjoint au maire de Toulouse et président de la commission déplacements et transports du Grand Toulouse.
Pour preuve de leur orientation loisirs plus que travail, les nouvelles lignes récemment créées ne fonctionnent qu’en fin de semaine. Les nuits du vendredi au samedi et du samedi au dimanche, et parfois dans celles du jeudi au vendredi, comme à Caen. Et comme à Toulouse, la plupart sont suspendues pendant les vacances d’été.
« Ces lignes de nuit ont aussi un rôle de quasi-santé publique, explique encore Marc Perez, du cabinet TTK. Elles permettent aux habitants de rentrer chez eux sans prendre leur voiture alors qu’ils ont consommé de l’alcool. » A Toulouse, « c’est un outil de gestion de la vie nocturne. Cela permet aux habitants de pouvoir rentrer chez eux passée 1 heure du matin, après avoir fréquenté les bars ou les restaurants de la ville », explique encore Joël Carreiras. « C’est prendre en compte l’existence d’une vie nocturne – restaurants, mais aussi théâtre et cinéma – à Caen, qui est une ville jeune. C’est aussi un signal à la jeunesse, à qui on donne la possibilité de rentrer chez elle, et enfin notre contribution au rétablissement d’une plus grande sécurité routière », énumère Eric Vève, président de Viacités, le syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération caennaise. Car au-delà d’un éventuel taux d’alcoolémie trop élevé, beaucoup d’étudiants n’ont pas de véhicule personnel, ou pas le permis. Ou ni l’un ni l’autre. « Et il reste aussi les systèmes de vélo en libre-service dont sont dotées la quasi-totalité des grandes villes. C’est une alternative pour ceux qui ont manqué ce bus de nuit et ne veulent pas attendre le suivant », explique Marc Perez. A Paris, on constate justement une augmentation de l’utilisation des Vélib’ la nuit. Ils sont en effet fortement utilisés après le dernier métro. Une enquête du Bureau du temps, un service dépendant de la mairie de Paris, dénombre 45 000 trajets par mois entre 1h et 2h du matin.Grande ville ou ville étudiante
Pour justifier la création de ligne de nuit, il faut donc une ville à l’animation nocturne plutôt développée. Sur les huit agglomérations disposant de ce service en France en 2010 (dix aujourd’hui), l’étude de TTK – qui excluait Paris – notait que la plus petite, Tours, comptait 264 000 habitants. Et la plus grande, l’agglo lyonnaise, 1 257 000 habitants. Entre les deux, Strasbourg. Et l’Ile-de-France, toujours à part, comptait plus de 11 millions d’habitants en 2009. « Cela concerne des agglomérations urbaines qui enregistrent de 300 à 400 déplacements par habitant et par an. A 100 déplacements par habitant et par an, elles ont très probablement beaucoup d’autres améliorations à apporter à leur réseau en termes de billettique, de fréquence, de cadencement, raconte Marc Perez. C’est une question d’étape. Le réseau de nuit, c’est l’étape ultime. »
Yann GOUBIN
Nantes: le réseau se couche plus tard
« Nous venons d’adopter un nouveau PDU, et les discussions que nous avons eues avec les usagers ont montré qu’ils souhaitent, entre autres demandes, plus d’amplitude », dit Jean-François Retière, vice-président de Nantes Métropole, en charge des déplacements. C’est chose faite avec le nouveau réseau TAN, lancé le 1er octobre. Il verra notamment la création de quatre lignes Chronobus qui, sans être à proprement parler des BHNS, circuleront en majeure partie sur des voies réservées, avec des priorités aux carrefours dont certains seront traversés par le terre-plein central, leur permettant d’atteindre de meilleures performances, en termes de fréquence notamment, proches du busway et du tram. Le point commun de ce réseau armature est de fonctionner jusqu’à 0h30 tous les soirs, et même 2h du matin dans la nuit du samedi au dimanche, avec certes une fréquence passant à la demi-heure à partir de 22h30. « Nous constatons déjà une hausse de la fréquentation sur le tram, principalement à l’arrivée du TGV en provenance de Paris, le soir à 22h30 », dit encore le vice-président de Nantes Métropole. L’agglomération a déjà prévu de lancer trois autres lignes Chronobus à la rentrée 2013, portant le service à 70 km. Pour les financer, la Semitan va redéployer 1 million de kilomètres pris sur des lignes fréquentées par moins de cinq passagers par course. A côté de cette augmentation de l’amplitude, le réseau TAN conserve le réseau de nuit Luciole. Il s’agit de deux boucles au départ de l’Ile-de-Nantes assurant la desserte des principaux lieux de nuit fréquentés par la jeunesse nantaise.
Lyon : deux ans de Pleine Lune
Un réseau de quatre lignes Pleine Lune couvre la ville de Lyon la nuit. Lancées il y a deux ans, elles circulent de fin septembre à fin juin. Les lignes PL1, PL2 et PL3, qui partent du centre-ville à 1h, 2h, 3h et 4h du matin et desservent les principaux lieux de sorties et les résidences étudiantes, circulent les jeudis, vendredis et samedis. Une quatrième ligne, PL4, part également du centre-ville mais dessert uniquement Saint-Priest (21 km de parcours), à 1h et 3h du matin, et seulement les vendredis et samedis soirs.
La ligne la plus fréquentée, la PL1, est aussi la plus courte : 6 km. Elle attire à elle seule 40 % de la fréquentation totale des quatre lignes.
Les Pleine Lune sont bien sûr plébiscitées en très grande majorité par une clientèle jeune et étudiante. Les itinéraires ont d’ailleurs été conçus pour desservir les principaux sites de logement étudiants ainsi que les lieux de vie nocturne du centre, de la Presqu’île et des quais de la Saône. Mais près de 10 % des clients déclarent toutefois emprunter les Pleines Lunes pour un motif de travail.Lille : la ligne nocturne fête son premier anniversaire
Le 6 septembre, la ligne de nuit a repris du service pour une seconde année. En 2011, Transpole avait lancé une ligne de nuit, avec l’idée commune aux grandes agglomérations de desservir les lieux de vie nocturnes du centre-ville et les résidences étudiantes jusqu’à Villeneuve-d’Ascq en suivant le parcours de la ligne 1 du métro. D’ailleurs, après un an de service, il apparaît que la ligne de nuit assure principalement une mission de liaison entre le centre-ville lillois (Masséna, gare Lille-Flandres) et la cité scientifique. Elle fonctionne les nuits de jeudi à vendredi et de vendredi à samedi, avec une fréquence d’un bus toutes les 30 mn, et la nuit du samedi au dimanche avec un bus toutes les 20 mn. En moyenne, la ligne enregistre 494 voyages par nuit. Et un total de 65 676 voyages ont été effectués sur la ligne entre septembre 2011 et juillet 2012. Le client type est jeune (91,8 % des voyageurs ont moins de 26 ans), masculin (57 %), emprunte la ligne pour sortir (97 %) de son domicile vers un lieu de loisirs (ou le retour) ou entre deux lieux de loisirs. Seuls 3 % des utilisateurs effectuent des déplacements domicile – travail.
Paris et Ile-de-France : les pionniers de la nuit
La capitale est la première à avoir fait circuler des bus la nuit. C’était en 1987, et depuis le réseau a connu plusieurs évolutions. D’abord des lignes radiales, lancées par la RATP, au départ de Châtelet, suivies par un réseau de lignes de bus de nuit longeant approximativement les principales lignes SNCF Transilien lorsque le service ferré est interrompu. L’ensemble est unifié en 2005 par le Stif sous le nom de Noctilien. L’organisateur des transports en profite pour ajouter une ligne annulaire parisienne desservant les cinq gares de la capitale. Bref, un réseau à la mesure de l’Ile-de-France et de ses 11 millions d’habitants. A la même date, le service du métro a été prolongé jusqu’à 2 heures du matin le week-end. En 2011, le Stif enrichit encore Noctilien de 12 lignes. La fréquentation était en hausse de 5 % sur les lignes exploitées par la RATP, et de 11 % sur les lignes de grande banlieue.
Caen : des trajets à la demande
L’agglomération de Caen-la-Mer possédait déjà un réseau de soirée composé de quatre lignes Flexo, souvent développé dans les réseaux confiés à Keolis. Il s’agit de lignes dont le trajet se compose à la demande des voyageurs. Chacun annonce sa destination au conducteur en montant dans le bus, qui va entrer chaque coordonnée dans le GPS du véhicule, ce dernier traçant le parcours le plus adéquat. Mais il manquait un bus de nuit à Caen. C’est chose faite depuis le 6 septembre, avec le lancement de Noctambus. Le service fonctionne les jeudis et vendredis soirs, de 1h à 5h, et le samedi jusqu’à 6 heures du matin, et seulement pendant l’année scolaire. « Le cabinet de consultants nous a conseillé de tracer un circuit simple, assez direct, donc lisible », précise Eric Vève, président de Viacités, l’entreprise organisatrice des déplacements et du transport à Caen-la-Mer. Le circuit ne dessert donc que le centre-ville et ses établissements nocturnes, et les facultés. Car la clientèle visée « est à 90 ou 95 % des étudiants, mais le service n’est pas interdit aux salariés qui travaillent la nuit ». Mais le tracé de Noctambus exclut de fait les employés de ces entreprises de loisirs ouvertes la nuit. « Nous attendons entre 40 et 50 personnes par bus, dit encore Eric Vève. Mais nous tirerons un bilan dans six ou neuf mois. » Le budget consacré à Noctambus est de 110 000 euros tout compris, bus, conducteurs et agents d’accompagnement.
Strasbourg : la tournée des bars, vendredi, samedi et même jeudi
En abordant sa troisième année de fonctionnement, la ligne de nuit des transports strasbourgeois, qui fonctionne seulement pendant l’année scolaire, élargit son service au jeudi soir. Il s’ajoute aux deux nuits des vendredis et samedis. La ligne de nuit des CTS circule de 23h30, après le dernier tram, jusqu’à 4h30 les vendredis et samedis, et jusqu’à 5h30 les dimanches, à raison d’un départ toutes les heures. La ligne relie Robertsau-Boecklin, au nord-est, au campus d’Illkirch, au sud de l’agglo, en passant par Bischheim, Schiltigheim, les halles, la gare et tous les lieux de nuit fréquentés par la jeunesse strasbourgeoise : la Laiterie, le Rétro, l’Offshore, le Living-room. Quant au tarif, il est le même qu’en journée, comme tous les réseaux qui proposent des réseaux de nuit.
Toulouse : succès immédiat pour la jeune ligne Noctambus
Après à peine trois mois de fonctionnement, le bus articulé de la ligne Noctambus de Toulouse est plein à chaque trajet. Un départ toutes les heures, à 1, 2, 3 et 4 heures du matin, les vendredis, samedis et dimanches, de septembre à juin. La clientèle visée ? Celle qui réclamait ce service : des étudiants principalement. Le trajet est d’ailleurs en adéquation avec ce public : départ de la gare SNCF, destination les trois cités U, du sud de l’agglo, en passant par le centre-ville. La particularité du service, c’est de ne proposer qu’un sens de circulation. A Toulouse, on n’est pas naïf. « C’est un service pour permettre aux étudiants de rentrer chez eux après une soirée. Pas par retourner en ville à 2 ou 3 heures du matin », explique Joël Carreiras, président de la commission déplacements et transports du Grand Toulouse. Cela pour prévenir autant que possible les incidents. Ils sont d’ailleurs peu nombreux. Seulement deux déclenchements de sécurité par l’agent d’accompagnement pour des rappels à la loi, ayant entraîné l’intervention des agents dans la voiture qui suit le bus. Et cela alors que Tisséo enregistre entre 200 et 280 validations par nuit. Avec une pointe à 380, un soir de fin mai, juste après la fin des examens. L’objectif était de 4 000 à 7 000 validations par an. Noctambus a atteint les 7 800 passagers sur les seuls trois premiers mois de service. Et pour un budget de 250 000 euros. « Face à ce succès, on réfléchit à un développement », dit Joël Carreiras. Probablement ajouter des bus plutôt que multiplier les horaires.

La Ciotat en décapotable
La Ciotat a fait circuler cet été un bus à impériale qui s’est intégré au réseau de la communauté d’agglomération. Quelques petits aménagements sur la ligne 40 ont rendu le service possible. L’été, sur la côte, les décapotables sont de sortie. Et pas seulement les voitures, les bus aussi, comme à La Ciotat. Pendant un mois, entre le 16 juillet et le 16 août, Ciotabus, le réseau de transports de la ville, délégué à Veolia par la communauté urbaine de Marseille Provence Méditerranée, a voulu innover en faisant circuler un bus à impériale. Mais, à la différence des grandes cités qui ont créé des lignes touristiques, comme Paris, Lyon ou Marseille, le délégataire de La Ciotat a choisi d’intégrer ces bus au réseau comme n’importe quel autre véhicule classique : la moitié des trajets entre 13h à 20h30. Un choix un peu contraint aussi, il est vrai, puisque l’entreprise n’aurait en fait pas pu lancer une ligne en dehors de sa délégation – elle s’est donc lancée seule et de sa propre initiative dans ce projet. Mais cela n’enlève rien à la difficulté, au contraire.
Il est facile de louer un bus auprès d’une entreprise spécialisée, en l’occurrence City Vision, qui fournit les villes déjà nommées, mais il existe mille et un minuscules obstacles sur le parcours qu’on ne soupçonne pas. Le gabarit, en hauteur, il faut le savoir, n’est pas celui d’un bus classique. « Cela a donné lieu à des scènes cocasses où nous avons dû mesurer la hauteur exacte sous les ponts pour être certains que le bus passerait », raconte Audrey Alessi, chargée de mission marketing & communication Ciotabus, Autocars Blanc, Société varoise de transports. Même vérification pour les câbles électriques qui traversent les rues et les avenues. « Mais les services de la ville ont été très coopératifs et nous avons parfaitement travaillé ensemble ». Notamment pour couper des branches qui auraient pu blesser les voyageurs assis à l’étage. Deux précautions valant mieux qu’une, des contrôleurs ont accompagné les conducteurs, allant jusqu’à s’asseoir à l’étage découvert pour s’assurer de l’absence de danger. La ligne 40 n’a pas été choisie au hasard. Le trajet qu’elle emprunte est à lui seul une promenade touristique. Elle part de la gare SNCF, traverse le centre-ville pour rejoindre la gare routière, en passant par le front de mer, le long de la plage des Lumière.
Cet été, Ciotabus a réglé la note seule, dont la principale dépense était la location, s’élevant à un peu moins de 15 000 euros, plus la formation des conducteurs. La responsable du marketing avance l’hypothèse d’une participation de la commune, en donnant à ces bus un aspect plus touristique par le trajet, ou par un service à bord spécial. « Ce ne sont que des idées. Rien de concret, pour l’instant », précise Audrey Alessi. Elle cherche maintenant à obtenir de MPM des chiffres de fréquentation. Ce qui donnera du poids à une demande auprès de la communauté urbaine pour l’année prochaine. D’autant qu’Audrey Alessi voudrait louer un bus à impériale deux mois au lieu d’un, du 1er juillet au 30 août. Pour l’instant, elle veut comparer la fréquentation de la ligne 40, cette année par rapport à l’année dernière, seules données auxquelles elle a accès au niveau de Ciotabus. En y ajoutant les ventes à bord, cela devrait déjà donner une tendance.Y.?G.

Appels d’offres, la DB écrase les prix
L’opérateur historique a remporté 75 % des appels d’offres auxquels il a pris part, contre 28 % en 2008. La Bahn profite de la frilosité des banques, qui ferment le robinet du crédit aux plus petites compagnies. Depuis l’ouverture à la concurrence du marché régional de passagers, la DB n’a cessé de perdre du terrain face à ses concurrents, qui contrôlent désormais 20 % de l’activité. Mais l’année 2012 pourrait marquer un tournant pour l’opérateur historique, qui revient sur le devant de la scène.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la Bahn a remporté cette année 75 % des appels d’offres auxquels elle a répondu, contre un taux de succès de 28 % seulement en 2008. La DB profite à plein de la frilosité des banques, qui ferment le robinet du crédit aux plus petites compagnies. Alors que les appels d’offres prévoient quasi systématiquement la mise en circulation de nouveaux trains, la DB est bien souvent la seule en position de s’imposer. Et cela devrait continuer : d’ici 2015, la moitié des franchises régionales seront remises en jeu, soit un volume de 320 millions de trains-kilomètres et un investissement global en matériel estimé à plus de 8 milliards d’euros. Certains appels d’offres nécessitent à eux seuls un effort de 100 à 200 millions pour l’achat de nouveaux trains. « Pour les compagnies non allemandes, c’est impossible », soupire Veolia Allemagne dans le journal Handelsblatt.
Preuve du regain de forme de la DB, les chefs de Keolis et Netinera (filiale de Trenitalia) en Allemagne viennent d’être remerciés pour résultats insuffisants. Au-delà de ce « coup de pouce » conjoncturel, la DB récolte aussi les fruits des efforts entrepris pour regagner en compétitivité. Ces dernières années, DB Regio (filiale régionale) a réduit de 20 % ses coûts d’exploitation.
Antoine Heulard
Périgueux passe ses transports en régie
Après Nice et Cannes, voilà Périgueux. Ce réseau vient, d’après nos informations, de déclarer infructueuse une procédure de délégation de service public pour choisir d’administrer ses transports en régie. Le syndicat mixte Péribus, composé de la Communauté d’agglomération périgourdine (CAP) et de la commune de Boulazac, a décidé de gérer ses transports (77 agents, 54 bus, 222 km de lignes et 2, 2 millions de voyages par an) en interne, sous la forme d’un Epic. La décision doit être entérinée par une délibération mise au vote le 9 novembre. Ni Veolia-Transdev (VTD), le sortant, ni RATP Dev n’auront su convaincre les élus périgourdins de retenir leur offre pour exploiter le réseau. Le contrat de VTD devrait être prolongé de six mois jusqu’au 1er juillet 2013, pour donner à la régie le temps de se mettre en place.
Chartres : ouverture d’une maison du vélo au cœur de la gare
La communauté d’agglomérations Chartres Métropole a ouvert en partenariat avec la filiale de la SNCF Gares & Connexions une Maison du vélo au cœur de la gare de Chartres, le 20 septembre dernier. Dans un espace de 160 m2, cette structure propose des locations de vélos pour une journée (entre 3 et 5 euros) ou à l’année (52 euros). Les promoteurs du projet espèrent attirer d’une part les touristes et d’autre part les actifs, notamment ceux qui utilisent la ligne SNCF Le Mans – Paris quotidiennement pour se rendre à leur travail.
Fréquentation et vandalisme en hausse à Lyon
2011 a été une bonne année pour les Transports en commun lyonnais, qui dépassent les 400 millions de voyages (403 millions), soit une hausse de 5,4 %. Augmentation sensible aussi pour les recettes à 175,1 millions d’euros (+7,3%), légèrement en dessous de l’objectif fixé par le Sytral (177 millions). Ces résultats s’expliquent par la bonne tenue de tous les modes de transports en fréquentation et en production, notamment du réseau de bus restructuré en août : +9 % de fréquentation en moyenne sur les quatre derniers mois contre 3,7 % auparavant, avec 6,4 % de kilomètres supplémentaires. Le produit des amendes est en forte hausse (+20%). Autres hausses, à déplorer celles-là : 2 617 actes de vandalisme contre le matériel (+23%), les atteintes aux voyageurs (+9%) et les jets de projectiles sur les véhicules (+14%). Conséquence, les dépenses de Keolis Lyon contre l’insécurité ont augmenté de 10 %. Seul bilan stable, le taux de fraude (-1 %) représente 10 % en moyenne, mais est le double dans les bus que dans le métro.
La Caisse des dépôts prendra le contrôle de Veolia-Transdev
L’avenir de Veolia-Transdev s’éclaircit : la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a annoncé, le 23 octobre, qu’elle allait prendre « le contrôle exclusif » de Veolia-Transdev (VTD), en montant à 60 % de son capital, Veolia Environnement (VE) descendant à 40 %, une part appelée à diminuer encore. L’accord – attendu – est provisoire, mais la Caisse précise que son investissement s’inscrira « dans la durée ». De quoi rassurer les clients de VTD, après l’hémorragie de réseaux récente (Nice, Cannes, Strasbourg, passées en régie ou chez Keolis), les élus s’inquiétant de l’incertitude de l’avenir du groupe et du fait que « les équipes n’existent plus », comme nous confiait récemment un élu de premier plan.
Peu après avoir bouclé la fusion Veolia-Transdev au printemps 2011, Veolia Environnement avait annoncé son intention de se désengager des transports pour se recentrer sur les services et ainsi alléger sa dette, VTD, numéro deux français des transports collectifs derrière Keolis, ployant sous une dette de 1,8 milliard d’euros. Envisagée un temps par Veolia, l’idée d’introduire ses parts en Bourse avait été abandonnée en raison des conditions de marché dégradées, tout comme l’hypothèse d’une cession à un tiers. C’est finalement à travers une augmentation de capital de 800 millions d’euros par conversion des prêts d’actionnaires que se fera la montée au capital de la Caisse.
L’accord prévoit aussi que VE reprenne en direct la participation de 66 % de VTD dans la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM). En séparant les deux dossiers, le géant des services espère faciliter la vente des 40 % de VTD qu’il détient encore, les incertitudes pesant sur la SNCM concernant le remboursement possible des aides perçues plombaient en effet les négociations. Ainsi, au printemps, le fonds Cube Infrastructures (Natixis), candidat à la reprise de VTD, avait clairement refusé le package comprenant la SNCM. Une fois dans le giron de la CDC, VTD procédera à des cessions « ciblées » d’activités et pour refinancer sa dette existante et être en mesure de rembourser son ex-maison mère.C. N.
Tickets verts pour le PS, tickets rouges pour tout le monde
A l’occasion de son 18e congrès, qui s’est tenu à Lons-le-Saunier les 20 et 21 octobre, la Fnaut a décerné ses traditionnels Tickets « verts » et « rouges » récompensant ou dénonçant des mesures récentes prises dans le domaine des transports publics. Cette année, ce sont trois autorités organisatrices de transport gérées par le PS qui ont reçu un Ticket vert : le Syndicat des transports urbains de l’agglomération de Pau (fréquentation en hausse de 40 % depuis 2010 suite à l’amélioration de l’offre), le conseil général du Tarn (hausse de 175 % de la clientèle en cinq ans sur son réseau départemental d’autocars) et le conseil régional du Centre (intervention financière ayant permis de rénover la voie ferrée du Blanc-Argent). La distribution des Tickets rouges a en revanche été plus étalée politiquement : Thierry Mariani, ancien ministre UMP des Transports (autorisation générale accordée aux poids lourds de 44 t), Franck Reynier, député-maire UMP de Montélimar, Pascal Terrasse, président PS du conseil général de l’Ardèche, et Didier Guillaume, président PS du conseil général de la Drôme (projet de gare TGV à Allan sur la LGV Méditerranée) et le Syndicat mixte des transports en commun du territoire de Belfort, géré par le PS (« qualité déplorable » de la desserte par bus de la gare TGV de Belfort-Montbéliard) se sont ainsi distingués…