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Jean Grenet suspend le paiement pour la LGV SEA
La communauté d’agglomération (CA) Côte basque-Adour (Bayonne, Anglet, Biarritz) a suspendu sa participation financière à la construction, en cours, de LGV Tours – Bordeaux. Elle juge en effet les incertitudes trop grandes quant à la poursuite ultérieure de la ligne jusqu’à Hendaye. « Il est donc possible que la faisabilité de GPSO soit remise en question et qu’a minima son calendrier soit très sensiblement décalé », estime, dans Les Echos, Jean Grenet, le président UMP de la CA. L’agglo avait décidé en 2010 de contribuer à hauteur de 65 millions d’euros à l’ouvrage, soit 26,14 millions pour Tours – Bordeaux, le reste pour son prolongement vers Hendaye dans le cadre du GPSO. Le troisième appel de fonds de 3,54 millions d’euros, reçu en juillet dernier, n’a pas été honoré et les élus ont décidé d’interroger l’Etat et RFF sur le calendrier et l’aménagement multimodal autour de la gare de Bayonne. « En l’absence de réponses formelles et claires sur ces éléments, l’agglomération se réserverait le droit de suspendre l’application de la convention de financement et de réalisation de la ligne ferroviaire Sud-Europe Atlantique, ce qu’elle ne souhaite pas », précise-t-on.

Caroline Cayeux lance une pétition pour avoir le TGV à Beauvais
Et si le TGV passait par Beauvais ? C’est une éventualité qui plairait à la sénatrice-maire UMP de la ville de l’Oise, qui, avec le président de la CCI, a lancé une pétition en ligne réclamant une LGV « Paris – Cergy – Beauvais – Amiens – Calais – Londres ». « Pas question de laisser passer les trains. Avec l’élaboration actuelle du Grand Paris, il faut se positionner au plus vite. Notre atout principal repose sur notre pôle multimodal rail-train-air », indique Caroline Cayeux au Courrier picard. Qui ajoute : « Ce n’est pas une idée farfelue, elle est tout à fait fondée. » Ce projet serpent de mer a resurgi au moment où le projet de ligne nouvelle Paris – Normandie a été débattu, l’idée étant d’utiliser une partie des aménagements à la sortie de Paris pour créer une ligne en parallèle, vers le quart Nord-Ouest. Caroline Cayeux prévoit de soumettre aux prochains conseils municipal et d’agglomération la création d’une association pour soutenir ce projet.

Jean-Jack Queyranne veut que les TC deviennent une évidence
Le jour de l’inauguration du tram-train de l’Ouest lyonnais, le 22 septembre, le président (PS) de la région Rhône-Alpes a salué « la création du plus important réseau de tram-train jamais réalisé en France ». Et s’est adressé directement à ses futurs utilisateurs : « Je veux dire ma volonté que l’accès aux transports collectifs devienne à l’avenir une évidence, grâce à un service fiable, simple et compétitif. Voici le grand dessein dans lequel s’inscrit aujourd’hui le tram-train au niveau de l’agglomération lyonnaise. »
Communication : six réseaux récompensés aux Challenges de la mobilité
Les Challenges de la Journée du transport public ont été remis le 16 octobre par le GIE Objectif transport public. Ils récompensent six réseaux et AO auteurs des meilleures initiatives de communication. Dans la catégorie meilleure information, le Challenge est allé à la Gironde pour la promotion des cars TransGironde « Oubliez le prix de l’essence, prenez le car » ; le prix spécial à la SNCF et à la région Paca pour le site Internet TER Paca. Concernant la meilleure promotion de l’intermodalité, c’est la communauté d’agglomération Orléans Val de Loire qui remporte le Challenge pour sa campagne « Avec l’AgglO, vous avez le choix de votre mobilité », et le SMTC de l’agglomération de Grenoble avec la Semitag le prix spécial pour la campagne semaine de la mobilité « Mobilos ». Enfin, dans la catégorie changement de comportement, le jury a choisi le Sitac et Calais Opale Bus pour l’opération « On y va en bus », ciblant les élèves (Challenge), ainsi que Viacités et Keolis Caen pour « Pédibus, marchons vers l’école » (prix spécial).

Mobivia se positionne comme un acteur clé des nouvelles mobilités
Le géant de l’équipement et de l’entretien automobile Mobivia (ex-Norauto) est en train de devenir un champion des nouvelles mobilités. L’entreprise familiale croit au potentiel des nouvelles mobilités dans une optique servicielle. Des trottinettes, des vélos pliants, électriques, de toutes les formes, de toutes les couleurs, et leurs accessoires. Des scooters, des voitures électriques, et même un guichet où l’on propose des offres de covoiturage, d’autopartage ou de location de véhicules entre particuliers. Un vrai magasin de jouets pour urbains écomobiles ! Bien loin de son univers d’origine très « garage », celui des centres Norauto ou Midas, le groupe Mobivia (10 000 collaborateurs, 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires) vient d’inventer les premiers supermarchés de la mobilité alternative, Altermove, à Lille, Lyon, et plus récemment, sur 1 300 m2, à Marquette-lez-Lille. Faut-il voir un revirement stratégique dans ce nouvel intérêt du groupe d’équipement automobile pour les nouvelles mobilités ? « Pas du tout », réfute Fabien Derville, membre du directoire du groupe et directeur général de Via-ID, le fonds d’investissement qui chapeaute toutes ses activités « mobilité durable ». « Nous gagnons notre vie grâce à l’auto, mais il faut donner du sens à cette action. L’automobile a des vertus merveilleuses, mais elle est aussi destructrice, que l’on se place sur le plan sécuritaire ou écologique. Peut-être est-il temps d’imaginer l’auto autrement. Dans le secteur automobile, on a toujours pensé qu’il fallait de plus en plus de voitures sur terre. Nous pensons qu’il en faut moins, mais qui roulent de plus en plus », indique-t-il. Le discours est lisse, bien calé, mais il est confirmé par les réalisations. L’engagement du groupe dans les nouvelles mobilités n’a rien de cosmétique, ceci n’est pas du greenwashing. En moins de trois ans, Mobivia est devenu un acteur majeur du secteur, avec une prise de participation ou un lancement en propre d’une dizaine de projets, dont Green Cove Ingénierie (123envoiture), Buzzcar, Carbox, Green On, Izydrive, Moving Car, Sinéo et, donc, Altermove. Mobivia, qui fait le pari des nouvelles mobilités, anticiperait-il, en bon père de famille, le déclin brutal de ses marchés classiques ? « Notre cœur de métier de l’entretien et équipement automobile a encore de beaux jours devant lui », estime au contraire Fabien Derville. « Je ne pense pas qu’il y ait de déclin dans les cinq à sept ans, le marché est stable. Il y a certes une désaffection de l’automobile chez les jeunes, mais c’est compensé par l’allongement de l’espérance de vie et par le fait que les seniors roulent de plus en plus longtemps », ajoute-t-il. Le groupe familial, qui ne communique pas ses chiffres et indique réinvestir les deux tiers de ses profits dans les développements, mise sur l’essor des marchés de l’électromobilité, de la mobilité urbaine et du véhicule partagé, du covoiturage dynamique et bientôt du véhicule connecté, sur lequel il travaille. « Ces développements ne sont pas encore rentables, mais ce n’est pas une surprise », explique Fabien Derville, « Au-delà de l’intérêt de ces activités en tant que telles, on souhaite comprendre les évolutions de la mobilité et détecter des opportunités pour le compte du métier historique. Le vélo électrique, par exemple, peut être un très bon complément à l’automobile, et Norauto peut devenir un grand fournisseur de vélos électriques », avance-t-il. Mobivia s’affirme comme un spécialiste du dernier kilomètre de la mobilité urbaine et indique être bientôt en capacité de proposer des offres intégrées et de travailler avec les opérateurs de transports sur des solutions clés en main. C’est une autre entreprise familiale du Nord, Oxylane Décathlon, qui a investi la première le champ de l’équipement roulant urbain avec ses boutiques Decat’ et fourni les vélos B’Twin du V’lille mis en place par Keolis. Saine émulation entre entreprises rattachées à la galaxie Mulliez, Mobivia y déboule maintenant avec une offre beaucoup plus servicielle : « Nous étions aussi légitimes qu’eux pour mettre en place le V’lille. Ils l’ont fait, bravo ! Mais nous sommes les premiers à investir le champ des mobilités avec Altermove », note Fabien Derville.
Guillaume LEBORGNE

La révolution douce préconisée par Christian Proust
C’est par une tribune dans Le Monde du 19 septembre, titrée « Mobilité, on peut faire 48 milliards d’euros d’économie », que le président (MRC) du syndicat mixte des transports en commun du Territoire-de-Belfort a lancé un pavé dans la mare : pour passer à la nouvelle mobilité à coût réduit, arrêtons la course aux infrastructures ! Il faut améliorer les services de transports et repenser la relation Etat/collectivités locales. Christian Proust préconise ainsi une « révolution douce » des transports. Problème : le dispositif actuel « incite les collectivités à ne réfléchir qu’en termes de grandes infrastructures. Et cela pour une subvention située entre 15 % et 20 % du coût total des travaux », écrit le vice-président de l’agglomération belfortaine. Or, « avec les solutions privilégiant la construction de grandes infrastructures, le budget nécessaire pour atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement serait au minimum de 60 milliards d’euros de dépenses publiques totales », évalue-t-il.
Il propose donc deux réformes. D’abord, suivant l’exemple belfortain, proposer « un service global de mobilité d’un coût raisonnable particulièrement adapté aux villes moyennes : bus + vélos en libre-service + voiture en autopartage. » Une offre qu’il nomme “Triple Play”, ouverte à partir d’une carte de post-paiement délivrée gratuitement à tous les habitants. Un système qui « permet de diviser par deux le budget mobilité des ménages, en économisant sur les coûts fixes liés à la possession individuelle d’une ou plusieurs voitures », assure-t-il. Et selon ses calculs, appliquer sa méthode « diviserait la dépense publique totale par cinq et entraînerait donc une économie de 48 milliards d’euros pour les collectivités locales et l’Etat. Elle permettrait, pour un coût total de 12 milliards d’euros, d’atteindre les objectifs du Grenelle, à savoir 3 milliards de voyages transférés de la voiture aux transports en commun ». Deuxième grande réforme indispensable : celle du financement par l’Etat des collectivités locales, « qui n’a pas évolué depuis un siècle. Il doit être revu en profondeur. (…) Je propose à l’Etat de financer non pas les dépenses mais les résultats, en fonction de l’augmentation prévue de la fréquentation des transports en commun ».
Cécile NANGERONI
Tours : la première rame du tramway Citadis dévoilée
La première rame du tramway Citadis de Tours a été présentée officiellement le 28 septembre. Pour sa 1re ligne de tram de 15 km, le syndicat des transports de l’agglomération tourangelle a commandé, en 2010, 21 rames de 43 m, ainsi que la solution sans caténaire APS. Le design unique du Citadis de Tours est le fruit d’une collaboration entre le collectif de designers « Ensemble(s) la Ligne » et les équipes Design&Styling d’Alstom Transport. Résultat : une livrée extérieure « miroir d’eau de Loire » reflétant l’environnement de la ville ; un bout avant équipé de 2 bandeaux lumineux verticaux, une disposition qui par rapport à celle des rails permettra de créer une impression du curseur sur la ligne. Après avoir parcouru 1 000 km sur la voie d’essais du site Alstom d’Aytré, le premier Citadis de Tours roulera 1 000 km supplémentaires entre les stations Marne et Beffroi, à partir de mi-octobre, avant de circuler sur la totalité de la ligne au printemps 2013. La mise en service commercial est prévue pour septembre 2013.

L’agglo de Concarneau lance Coralie
La communauté d’agglomération de Concarneau (50 440 habitants et neuf communes) a totalement transformé et développé son réseau de bus avec deux idées principales. La communauté d’agglomération de Concarneau (50 440 habitants et neuf communes) a totalement transformé et développé son réseau de bus avec deux idées principales. « La volonté des élus était de permettre à chaque habitant du territoire d’avoir accès aux transports en commun et de pouvoir ainsi se déplacer plus aisément entre toutes les villes de l’agglomération, y compris les plus éloignées : Melgven, Trégunc, Pont-Aven, mais aussi Rosporden, Saint-Yvi, Elliant ou Tourc’h », explique François Besombes, conseiller communautaire de Concarneau Cornouaille Agglomération (CCA), délégué au transport et premier adjoint au maire de Concarneau. « Le deuxième objectif était de rendre possible les correspondances avec le réseau de bus départementaux Penn Ar Bed, et avec les TER et les trains en général, à la gare de Rosporden. »
Le nouveau réseau, dénommé Coralie, est lancé le 3 septembre et réunit 15 lignes dont 13 nouvelles ou transformées. Toujours confié en DSP à Keolis, jusqu’en 2014, il s’articule autour de quatre lignes fortes. La 1, cadencée à la demi-heure, relie Trégunc, une commune jouxtant Concarneau, et l’arrêt Maison-Blanche, point de correspondances avec les bus interurbains. La ligne 2 dessert les autres quartiers de la ville pour les relier au réseau. La ligne 3 est prolongée jusqu’à une zone d’activités commerciales et administratives, où est notamment installé Pôle Emploi.
Quant à la 4e ligne, reliant Concarneau à Rosporden, elle est fortement renforcée avec un cadencement qui passe de 4 à 10 allers-retours quotidiens entre ces deux pôles structurants du territoire. Des correspondances avec la SNCF sont assurées pour créer une offre de transport complémentaire. La ligne 4 est donc un élément très important du réseau Coralie.
Côté transport à la demande, quatre lignes ont été ajoutées aux trois déjà existantes au sein du réseau Busco, qui couvrait seulement Concarneau et Melgven et était géré par un syndicat mixte, dissout depuis avec l’élargissement de la CCA et sa prise de compétence pour le transport en début d’année. En complément de ces lignes, le réseau Coralie ajoute le service Hep’co. S’adressant aux personnes à mobilité réduite, il leur permet de se déplacer de leur domicile au lieu de destination de leur choix, du lundi au samedi de 7h30 à 19h. Si la CCA a accompagné le lancement d’une offre de gratuité, la première semaine sur les lignes régulières et deux semaines sur les lignes TAD, le tarif est depuis passé à 1 euro, le trajet autorisant les correspondances, et 8,6 euros le carnet de 10 tickets. Pour le transport scolaire et les 1 900 collégiens et lycéens transportés chaque jour, il est désormais géré par Coralie, mais reste confié à des transporteurs locaux.Y.?G.
Lille : près d’un million de pénalités pour Keolis
Au dernier trimestre 2011, Keolis (Transpole) a payé 931 180 euros de pénalités à Lille Métropole, a révélé le vice-président transport de l’agglomération, Eric Quiquet. Comme convenu dans la DSP, Transpole touche 145 millions annuels de subvention forfaitaire d’exploitation en contrepartie de l’exploitation du réseau. Keolis doit satisfaire à une batterie de critères de ponctualité, d’information-voyageurs ou de propreté des stations et de matériel roulant, faute de quoi, il rembourse Lille Métropole. Ce niveau élevé de pénalités n’est pas exceptionnel. Au cours du précédent contrat (2003-2010), Keolis s’est acquitté de 21,4 millions d’euros de pénalités. « Les pénalités sont un outil pour veiller à la qualité de service, mais engranger des pénalités ne nous réjouit pas », a précisé Eric Quiquet.
