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La chambre régionale des comptes épingle Tisséo
La gestion de Tisséo, l’opérateur des transports en commun de l’agglomération toulousaine, fait l’objet d’un rapport de la chambre régionale des comptes, rendu public le 8 juin dernier en comité syndical du SMTC. La gestion de Tisséo, l’opérateur des transports en commun de l’agglomération toulousaine, fait l’objet d’un rapport de la chambre régionale des comptes, rendu public le 8 juin dernier en comité syndical du SMTC. La Dépêche du Midi en avait déjà livré certains éléments en décembre 2011 et fin mai 2012. Le rapport concerne la période 2002-2009, c’est-à-dire essentiellement la présidence de Jean-Luc Moudenc, prédécesseur UMP de Pierre Cohen à la mairie de Toulouse, et une année de celle de Stéphane Coppey, éphémère président (Europe Ecologie-Les Verts) de l’AOT avant la reprise en mains par le PS. Cinq problèmes d’inégale importance sont épinglés par les sages : les gratuités accordées à la clientèle, le poids de la dette, la gouvernance « hésitante », mais aussi la dérive des frais de mission du cabinet (supprimé à l’arrivée de Pierre Cohen en 2010) et la disparition de onze bus qui devaient être donnés à une association humanitaire marocaine.
La gratuité accordée aux plus de 65 ans sans conditions de revenus est dénoncée par le rapport. Mis en place en 1972, cet avantage pourrait être remis à plat par le SMTC avec l’ensemble des autres avantages qui permettent à 34 % des passagers de voyager gratuitement et à 41 % de bénéficier d’un tarif réduit. Les magistrats s’interrogent aussi sur le tarif de l’abonnement mensuel de 10 € accordé aux jeunes (auparavant à 22 €), en affirmant que la hausse de la fréquentation n’a pas encore permis de compenser la baisse des recettes.
Soulignant que la dette de Tisséo-SMTC a atteint 1,4 milliard d’euros fin 2010, la chambre régionale des comptes indique que le 1,9 milliard d’investissements prévus dans le plan de déplacements urbains la fera encore augmenter de 30 %, ce qui impliquera obligatoirement une hausse de la participation des collectivités.
« La chambre régionale des comptes constate que la gouvernance a été particulièrement hésitante », rapporte également le quotidien régional. L’histoire de Tisséo-SMTC a en effet été mouvementée, et le départ du conseil général de ses instances suite à l’amendement Paillé en juillet 2006 a fragilisé son financement. Les magistrats appellent d’ailleurs à la constitution d’un « nouveau pacte financier » entre les collectivités membres.
Catherine Sanson-SternA Marseille, vidéoverbalisation pour les véhicules qui entravent la marche du bus
Quelque 200 PV ont été dressés pendant les deux premières semaines de vidéoverbalisation sur le réseau de la Régie des transports de Marseille (RTM). Et ils vont commencer à arriver chez les automobilistes pris en flagrant délit de stationnement illicite sur les voies réservées aux bus. Ce dispositif mis en place depuis le 21 mai s’appuie sur six caméras du système de vidéosurveillance de la communauté urbaine, placées à des carrefours « stratégiques » du réseau de bus. Une quinzaine de caméras supplémentaires seront utilisées avant la fin de l’année 2012. Un agent assermenté de la RTM, installé devant un écran du poste central de régulation du trafic routier de la communauté urbaine, constate l’infraction et transmet à la police nationale, qui dresse le PV et le transmet à l’automobiliste. Coût de l’amende : 35 euros pour stationnement gênant et 135 euros pour stationnement dans un couloir de bus. Sans perte de points. L’objectif de ce dispositif est de fluidifier la circulation des bus pour porter la vitesse commerciale de 11 km/h actuellement à 19 km/h. « Chaque kilomètre gagné, c’est 5 millions d’euros économisés par la communauté urbaine », souligne son président, Eugène Caselli, qui se dit « conscient » de s’attaquer à « une tradition » marseillaise du stationnement anarchique. « La vidéoverbalisation est un élément dont nous attendons beaucoup pour développer et sécuriser le réseau. 10 % des incidents sont dus à des problèmes de circulation », relève Pierre Reboud, directeur général de la RTM, dont la direction de la sécurité compte 400 agents, soit 11 % de l’effectif de l’entreprise. Si jusqu’à présent plus de 100 PV sont dressés chaque semaine, ce chiffre pourrait être multiplié par quatre ou par cinq avec la mise en place de vacations supplémentaires et la surveillance d’une vingtaine de sites.
Brésil : l’espagnol Isolux prolongera le métro de São Paulo
Le groupe Isolux Corsan est le bénéficiaire de l’appel d’offres pour la construction de la deuxième phase de la ligne 4 du métro de São Paulo, soit un contrat de 239 millions d’euros. Ce constructeur espagnol aura à édifier quatre stations ainsi qu’un terminal d’autobus contigu à une ligne qui reliera le centre au sud-ouest de l’agglomération. Le trafic attendu est d’un million de voyageurs par jour.
Le Havre : l’aménagement des stations de tramway se poursuit
La communauté d’agglomération du Havre a lancé les travaux d’aménagement des stations et la mise en place du mobilier urbain, marquant une nouvelle phase des travaux du tramway, attendu dans six mois. Comme l’indique Paris Normandie, il est prévu que les 23 stations soient toutes installées avant la fin de l’été, le long des 13 km de la ligne. Si 4 stations sont d’ores et déjà achevées et que d’autres sont en pleine construction, celles côté plage devront attendre la fin de la pose des rails pour accueillir leur premier mobilier. C’est l’architecte Richard Meier qui a été chargé de créer le design épuré du mobilier et de la structure des abris voyageurs.

10 solutions pour améliorer la mobilité
… mobilité, les idées “techno” ne sont pas forcément les meilleures et des recettes simples peuvent être les artisans du succès. En témoignent ces dix initiatives, innovantes mais pas que, qui prouvent que sans gadget technologique, mais avec une bonne dose de volontarisme et de coordination, on peut proposer de vraies améliorations aux citadins pour leurs déplacements quotidiens. Ces changements de paradigme reposent le plus souvent sur l’organisationnel, la mutualisation, les partenariats à grande échelle, c’est pourquoi ils sont souvent le fruit de travaux de longue haleine. La preuve par dix avec ce cocktail de solutions qui semblent prometteuses, même si le succès n’est pas toujours immédiatement au rendez-vous…
1 – Bien doser le cocktail bus accélérés + zone à trafic limité
Nantes crée une zone à trafic limité de centre-ville au milieu d’une vaste zone 30 pour que ses dix lignes de Chronobus roulent vite.
Cent kilomètres de rues réaménagés. C’est le défi que s’est donné Nantes pour livrer à partir d’octobre prochain dix lignes de bus d’un nouveau genre. Assez rapides et assez régulières pour séduire 100 000 personnes par jour, autant qu’un bon tramway, jusque-là principalement automobilistes. « Pour ne pas les plomber dans la circulation, nous lui adjoignons une zone à trafic limité (ZTL) dans le centre-ville. »
S’inspirant donc des principes développés par les villes italiennes de Ferrare, Bologne ou Padoue, Nantes va interdire aux automobiles, le 1er octobre prochain, le cours des 50-Otages, son principal axe de circulation, transformé en ZTL. Il ne sera plus utilisé que par les vélos, les transports en commun, les véhicules de livraison et d’urgence ou les riverains. Bien maigre zone à trafic limité que ce boulevard des 50-Otages si on le compare au centre-ville de Ferrare, clos depuis quelques années sur plusieurs hectares pour sauver son patrimoine. « Mais cela devrait suffire pour garantir la performance des bus », explique Jean-François Retière, vice-président de Nantes Métropole, en charge des transports.
Ces lignes de bus, appelées Chronobus, passeront toutes les 5 à 8 minutes aux heures de pointe, toutes les 10 à 12 minutes aux heures creuses. Elles circuleront comme le tramway, de 5h à minuit. Elles traversent l’agglomération en presque autant de diagonales, nord – sud, est – ouest. « Les trois lignes de tramway et le busway occupaient les voies les plus larges. Ne nous restaient plus que des rues étroites dans lesquelles nous avons fait de la dentelle », raconte Jean-François Retière. Pas assez de largeur de rue pour ouvrir tout bonnement des sites propres. Mais du « cas par cas » pour supprimer les « points noirs », lever les obstacles à la fluidité relevés par les bus-laboratoires de la société des Transports de l’agglomération nantaise (TAN), puis des aménagements fins : ici un bout de couloir réservé, là un arrêt déplacé, plus loin des places de stationnement supprimées. Tout le long du parcours, des priorités aux bus aux carrefours ; des stations rendues particulièrement accessibles (trottoirs élargis, plateformes à hauteur pour les personnes en fauteuil, intégration dans les cheminements des modes doux, marche et vélos). L’articulation des autres modes de déplacement avec le bus a été particulièrement étudiée. Y compris pour l’automobile aux pôles d’échanges du réseau. Plusieurs parkings-relais (2 600 places supplémentaires) y ont été créés. Ce programme d’une centaine de millions d’euros entre 2012 et 2017 a pour objectif de faire abandonner leur voiture aux Nantais dès qu’ils ont passé le périphérique. D’autant que leur progression, au volant, se verra a priori ralentie par l’édification d’une vaste zone 30 autour du centre-ville. Puisque parallèlement l’automobile est soumise au plan général de réduction des vitesses dans toute l’agglomération.Hubert Heulot
2 -Regrouper les services transport dans une maison de la mobilité
Grenoble lance Station-Mobile, l’agence autour d’une multitude de partenaires.
Parce que la nature humaine est ainsi faite, le citadin préfère la facilité. Ne voyant pas plus loin que le bout de son garage, il se transforme souvent en homo automobilus, persuadé qu’il n’a pas d’autre choix. L’idée de l’informer de façon pointue et exhaustive des autres solutions prend alors tout son sens. C’est ainsi que le principe de la centrale de mobilité a pris son essor au début des années 2000, dans la foulée du précurseur Filinfo, dans la Somme, longtemps resté la référence. Le concept s’est amélioré, étoffé, a pris divers noms : maison des transports, agence de la mobilité… avec chaque fois le but premier de dispenser un conseil personnalisé en mobilité. Aujourd’hui, c’est toute l’agglomération grenobloise qui vient d’inaugurer, le 24 avril « Station-Mobile, l’agence ».
Autour du SMTC, région, conseil général, la Métro, les opérateurs de transports, les communes, les gestionnaires de parkings, les associations fournissant des services à la mobilité, etc. se sont unis pour créer cette agence, qui accueille le public bd Joseph-Vallier de 8h30 à 18h30 (9h à 17 h le samedi et pendant les vacances scolaires), répond au téléphone (serveur vocal), et propose un site Internet (www.stationmobile.fr) particulièrement détaillé et intuitif. Et bien sûr ce dernier se décline en appli pour smartphones, disponible gratuitement sur Appstore et Googleplay. De plus, dans le courant de l’année, des panneaux à messages variables seront posés dans les artères de la ville.
Au-delà du diagnostic individuel, l’agence propose aussi la vente de titres de transports tous réseaux et le calcul d’itinéraires tous modes. En cours de déplacement, l’usager peut aussi rester informé des perturbations et modifier son parcours en conséquence. Il peut notamment s’abonner au service d’alertes trafic. Car « avec plus de quatre déplacements quotidiens par habitant, Grenoble se place au-dessus de la moyenne nationale. La mobilité dans l’agglomération constitue un enjeu particulier, nécessitant de rassembler les moyens opérationnels des AO », est-il expliqué sur le site. A l’échelle de l’agglomération, des stratégies communes de gestion prévisionnelle et de contrôle en temps réel de tous les réseaux de déplacements doivent permettre d’améliorer la sécurité, notamment pour les modes doux ; la qualité de service dans les TC ; la fluidité pour les voitures.
En effet, au sein du même bâtiment de 2 500 m2, dont le rez-de-chaussée est désormais occupé par l’agence de mobilité, Station-Mobile regroupe les différents PC des principaux gestionnaires de voirie routière et de transports en commun (TAG, SMTC, direction interdépartementales des Routes Centre-Est, TransIsère, PC “Feux tricolores” de la ville). A Grenoble, qu’il s’agisse de prendre les différents réseaux de transports en commun, sa voiture, l’autopartage, le vélo, un taxi, de louer une voiture ou même de marcher, l’agence est donc compétente. Et le SMTC entend rapidement transformer toutes les agences commerciales TAG en agences multimodales. Dans un souci de proximité, Station-Mobile est donc la première d’un réseau de trois agences au moins, qui se construira au fil des ans.C. N.
3 – Faire guichet commun sur un même territoireLe 9292 aux Pays-Bas et Atoumod en Basse-Normandie : mise en commun des tickets et de l’info-voyageurs tous opérateurs
Les Pays-Bas disposent depuis 1992 d’un système d’information multimodale national pour tous les transports collectifs. Au départ, simple central téléphonique d’infos sur les horaires, répondant au 9292, ce service est devenu un site Web et propose des applications mobiles donnant une info fiable et en temps réel sur tous les transports hollandais, en attendant l’intégration dans une billettique commune qui est en cours. L’avantage de l’intégration des transports et de la billettique sur un même territoire, à l’instar du pass Navigo parisien, est complexe à mettre en œuvre, mais cela donne un avantage déterminant dans la concurrence avec le déplacement automobile, la simplicité pour l’usager.
En France, la plupart des AOT ont une réflexion sur le sujet. Les Haut-Normands viennent de décider d’une billettique interopérable, commune à tous les réseaux de transport des 15 autorités organisatrices, qui sera opérationnelle sur tout le territoire régional d’ici fin 2014. Seul bémol de la partition, les deux grosses agglomérations, Rouen et Le Havre, ont souhaité conserver chacune leur propre système en parallèle à Atoumod, au moins dans un premier temps. Dans cette démarche initiée et pilotée par le conseil régional de Haute-Normandie, 20 000 cartes sont déjà en circulation sur le réseau TER. Depuis mai, le réseau Transbord de Louviers-Val-de-Reuil est équipé. Puis viendra le tour à la rentrée du Grand Evreux et des liaisons de cars départementales. La couverture en guichets et valideurs devrait être complète en 2013. Parallèlement, un système d’information multimodale SIM Atoumod, avec site Web, vient d’être mis en ligne. Cette plateforme permet de définir les trajets possibles. Elle prend en compte les transports classiques mais aussi les services de location de vélos, les services de covoiturage et même la liaison transmanche Dieppe – Newhaven.
Reste à finaliser le mécanisme de tarification unifiée. Comment rendre compatibles attractivité et impératifs économiques, qu’il s’agisse de ceux des exploitants ou de l’argent public ? Les collectivités territoriales ont décidé d’adopter, à la différence du système concentrique de la carte Orange en Ile-de-France, une tarification par zone sur un principe dit alvéolaire. Le territoire a été découpé en 40 zones correspondant aux principaux bassins de vie. Selon ses besoins de déplacements, le voyageur devra acheter une carte de 2, 4 ou 8 zones. Au conseil régional, on espère que les gammes tarifaires définitives seront validées par les 15 AOT courant 2014.
Richard Goasguen avec G. L.Tracer des autoroutes cyclables en cœur d’agglomération
Copenhague, référence en la matière avec son plan de plus de 100 km est suivie par Lille qui réalise sa première autoroute à vélos.
La ville de Lille s’est lancée en janvier dernier dans la réalisation d’une autoroute cyclable. Ce nouveau concept, qui nous vient d’Europe du Nord, a pour objectif d’élever le vélo au rang de moyen de transport écologique à part entière, à l’échelle de la métropole et de sa banlieue. Jusqu’à maintenant, les vertus de ce mode de déplacement étaient principalement louées pour les courtes distances en centre-ville. La mairie de Lille a entamé en janvier dernier le réaménagement de l’avenue Kennedy, anciennement à quatre voies automobiles, afin d’en faire un axe majeur du partage modal entre la voiture, le vélo et les piétons. D’ici le mois d’août et pour une somme de 1,2 million d’euros, l’ensemble de l’avenue devrait offrir une triple voie cyclable, en sens unique d’un côté de la voie, et à double sens de l’autre. Les trottoirs seront également élargis, ce qui fait que les automobilistes ne disposeront plus que de deux voies. Alors que Toulouse réfléchit déjà à la mise en place d’une telle initiative, nos voisins du Nord semblent avoir pris beaucoup d’avance et nous montrer le chemin. Pour être réellement efficaces, ces « véloroutes » ou ces « voies cyclables structurantes », nécessitent d’être suffisamment larges pour que l’on puisse se doubler en toute sécurité, et ne doivent pas croiser de carrefour ou comporter de feux rouges, à moins qu’ils ne soient réglés sur la vitesse moyenne des cyclistes. Pour les plus complètes, ces autoroutes devront également être jalonnées de points d’eau et de stations de gonflage. Copenhague est un véritable exemple en la matière. La capitale danoise a lancé en 2010 un plan de 35 millions d’euros destiné à la construction de 12 autoroutes cyclables, de 10 km chacune en moyenne, reliant la banlieue au centre-ville et offrant tous les aménagements détaillés précédemment. Mais si cet exemple doit permettre de fixer des objectifs vers lesquels tendre, en termes de mobilité à vélo, il ne faut pas oublier pour autant que le contexte local est particulier. Cette ville voit la part modale du vélo atteindre 50 % dans son centre, là où celle de Lille est plus proche des 2 %. L’objectif de la municipalité danoise, avec ces aménagements d’envergure, est d’augmenter le nombre de pendulaires utilisant le vélo pour effectuer le trajet domicile – travail, chez qui la part modale du vélo « tombe » à 15 %.
Tom DUBOIS
5 – Favoriser le couplage entre vélo pliant et transports publics
Le CycloTEC, abonnement combiné vélo pliant et bus de la compagnie TEC en Wallonie fait des émules à Nantes et peut-être bientôt à Lille.
Il fut un temps ou les vélos pliants étaient – à l’instar des vélos classiques – considérés comme des indésirables dans les transports en commun. Ce n’est plus le cas. La plupart des exploitants qui gèrent l’ensemble d’une politique de mobilité ont compris l’intérêt de favoriser tous les moyens qui permettent d’effectuer les premiers ou les derniers kilomètres d’un déplacement. Certains réseaux français cherchent maintenant à développer l’usage du vélo pliant. Depuis 2009, les abonnés Tisseo ou des transports régionaux peuvent louer pour un coût modique des vélos pliants à la maison du Vélo, installée face à la gare Toulouse-Matabiau. Lille est également sur le point de basculer. A la fin 2012 Transpole cherchera à booster la partie location en longue durée de son programme V’Lille, en proposant des vélos pliants de son partenaire Oxylane (Décathlon). On murmure qu’il pourrait s’agir du nouveau vélo pliant « Tilt » en cours de développement chez B’Twin, qui promet un pliage en une seconde. De son côté, Nantes a lancé en 2012 une expérimentation de couplage vélo pliant/transports publics. La TAN a distribué à 100 volontaires des vélos pliants à essayer pendant quelques mois sur son réseau des transports publics avant de décider, en fin d’année, à commercialiser ou à inclure ce service dans l’abonnement annuel de transport. Les précautions de Nantes peuvent se comprendre. Car si le vélo pliant semble répondre à un besoin d’une partie des usagers des transports publics, le marketing et le calibrage de l’offre de service semblent déterminants. L’exploitant belge de Wallonie TEC, qui a joué au précurseur avec son abonnement combiné bus-vélo pliant, n’a semble-t-il toujours pas rencontré son marché. D’après la presse belge, le service CycloTEC n’aurait séduit qu’une centaine d’utilisateurs alors que la société, misant sur l’effet de mode, aurait commandé 13 000 vélos et serait en train d’examiner les possibilités de se libérer du contrat sans payer l’amende pour dédit, fixée à 30 euros par vélo.
G.?L.
6 – Rendre les places aux piétons et aux circulations douces
L’emblématique place de la République à Paris est en chantier ; dans un an et demi, elle sera redevenue un lieu de vie.
Alors que, dans le cadre de son réaménagement complet, la campagne de travaux bat son plein du côté de République, à Paris, les places semblent être de plus en plus souvent au centre de l’attention des urbanistes spécialistes de la mobilité. La tendance est aux politiques publiques visant à faire reculer les surfaces dédiées à l’automobile dans nos centres-ville, tout en améliorant les conditions de circulation et d’accès des autres modes. C’est dans ce cadre que les places, lieux éminemment symboliques mais aussi importants nœuds de circulation, sont sujettes à de profonds réaménagements. Ce sont des espaces dont la première fonction, être un lieu de vie au sein de la ville, a souvent été oubliée au XXe siècle avec le règne de l’automobile.
Ainsi, la place de la République, dont les 3,7 ha étaient dédiés à plus de 60 % à la circulation automobile ces dernières années et dont les îlots centraux étaient très difficiles à traverser, est l’objet d’une grande opération de requalification urbaine. Lancé à l’automne 2011 et pour une durée de deux ans, le chantier doit permettre d’apaiser la voirie en rationnant l’espace dédié à la voiture avec une réorganisation des flux et en redonnant sa place au piéton. Cette place est un carrefour majeur au sein de la capitale avec sept axes routiers importants qui y débouchent, quatre lignes de bus et cinq lignes de métro. Ce type d’aménagement a pour ambitions de placer le piéton au cœur du projet, de sécuriser les traversées, d’assurer les accès pour les personnes à mobilité réduite et de redonner son aspect convivial à la place. Intégrer les nouvelles mobilités en partageant l’espace public passe ici par la création d’un grand parvis côté nord, avec un passage conservé uniquement pour les circulations douces, les bus et les taxis, se prolongeant rue du Faubourg-du-Temple. L’opération se base également sur d’importants changements en termes de lisibilité de l’offre de transports en commun. Pour y parvenir, les arrêts de bus sont regroupés, alors qu’auparavant ils étaient dispersés tout autour de la place, et une meilleure articulation avec les sorties de métro, les taxis et les stations vélib’ est assurée.T.?D.
7 – Guider l’automobile vers les places libres
Nice installe un millier de capteurs pour rendre son stationnement “intelligent” en orientant les automobilistes à bon escient.
Après avoir été pionnière du NFC avec Citizy, le système permettant de payer ses achats, et notamment son ticket de bus, avec son téléphone, Nice se veut pionnière du stationnement intelligent. Si la ville n’est pas la première à se lancer, elle devrait être en 2014 celle qui l’aura déployé sur le plus grand nombre de places. En effet, dès juin, une centaine de places du boulevard Raimbaldi seront équipées du système et, d’ici à la fin septembre, 1 000 capteurs seront placés sur les places de stationnement sur voirie ou en parkings du quartier Notre-Dame. L’objectif est d’en équiper les 10 000 emplacements payants dans les rues de la ville à l’horizon 2014. Le réseau de 14 000 capteurs communicants indiquera
en temps réel les places disponibles aux automobilistes qui recevront l’information sur leur smartphone ou leur GPS, avant que la ville n’installe des panneaux sur voirie un peu partout. Toulouse ou Issy-les-Moulineaux ont déjà testé des systèmes similaires, mais surtout San Francisco a équipé 6 000 places, il y a deux ans déjà. Car l’invention n’a rien de saugrenu : les véhicules qui tournent en rond polluent copieusement. Or à Nice, aux heures de pointe, ce sont 20 à 25 % des voitures en circulation qui sont en recherche de stationnement. Les conducteurs cherchent 20 à 30 minutes en moyenne, alors que 8 % environ des emplacements sont disponibles à tout moment. En optimisant l’utilisation des places, on réduit la distance finale, là où la consommation de carburant est la plus forte. Le système a d’ailleurs reçu le trophée du meilleur projet innovant « ville intelligente » 2011 au Smart City Expo de Barcelone en novembre dernier. Ville intelligente, la capitale azuréenne couple l’installation des capteurs de l’espagnol Urbiotica à celle d’horodateurs multiservices, favorisant l’intermodalité, dont le premier exemplaire sera opérationnel mi-juin. Ces « kiosques » permettront de recharger un véhicule électrique et feront borne d’information sur les transports collectifs, les services Autobleue, Vélobleu, taxis…
Action phare du schéma global de stationnement 2011-2015 présenté par le maire Christian Estrosi fin 2011, le stationnement intelligent a quelques effets induits. D’abord, le marquage au sol de chaque emplacement a permis de dégager de l’espace pour créer des places pour les deux-roues. Ensuite, s’il en coûtera la bagatelle de 13 millions d’euros d’installation, le système devrait aussi rapporter : en repérant les véhicules ventouses et les mauvais payeurs via le système, le travail des contractuelles devrait être facilité. Les contrevenants – ils seraient 8 automobilistes sur 10 à ne jamais payer à Nice – n’auront bientôt plus beaucoup d’excuse, la ville projetant de proposer aussi le paiement sur mobile.
C. N.
8 – Transformer les parkings en plateformes multimodales
Le concept Mobiway est testé par Vinci Park à La Défense : un véritable hub de mobilité avec tous les moyens de transport disponibles.
Mobiway, vous connaissez ? A part pour les habitués de La Défense, le service, particulièrement innovant, manque cruellement de notoriété. Lancé par Vinci Park en février 2009 dans l’un de ses parkings du quartier d’affaires, le service part d’un constat : « Nos clients ont modifié leurs comportements à l’égard de l’utilisation de l’automobile, et ce mouvement ira en s’amplifiant », assurait alors Denis Grand, PDG de Vinci Park. Il consiste donc à « faire évoluer le stationnement du strict service à l’automobiliste vers une dimension multimodale intégrant une forte prise en compte de l’environnement urbain. » En admettant que le citadin ne raisonne plus de façon binaire – TC ou voiture – mais utilise une combinaison de modes en fonction de ses besoins à l’instant T, l’idée est de regrouper dans un « hub de mobilité » tous les services disponibles dans le secteur, le parking devenant ainsi lieu de multimodalité et centrale de mobilité. Sur 180 m2, les deux agents de l’agence Mobiway présents de 8h30 à 18h30 dispensent les informations et orientent vers les bornes Internet permettant de visiter les sites des opérateurs partenaires.
Pour les 300 000 salariés et visiteurs qui viennent quotidiennement à La Défense, Mobiway réunit information et services tous modes : de l’achat de titres RATP au moto-taxi, en passant par la location de voiture, l’autopartage (Avis on demand), un salon de rencontres pour covoiturage, la vente de badges autoroutiers Liber’T, ou encore une borne recharge pour véhicules électriques. Grand absent, le vélo, non grata sur l’esplanade et dangereux sur le boulevard circulaire. « Même situé au centre de l’esplanade, Mobiway manque de visibilité, déplore toutefois François Levert, directeur de la communication de Vinci Park. Cependant, l’agence Avis est un moteur important et s’il n’y a guère plus de deux ou trois clients présents en temps normal, les jours de grève, c’est le rush. » Preuve que l’agence n’est pas si méconnue, au fond. En complément, un site Internet (vincipark-ladefense.com) recense les liens vers les sites des partenaires. Il sera bientôt totalement refondu afin de proposer un vrai calculateur d’itinéraire multimodal. « On espère sous dix-huit mois… Une appli smartphones est aussi en préparation », poursuit-il.
Bref, le concept, beau sur le papier et prometteur, est « encore en devenir, mais son devenir est proche », confie François Levert. En effet, plusieurs collectivités s’intéressent de près à Mobiway, et Vinci Park, présent dans 600 parkings et 150 villes de France, espère implanter son service dans toutes les grandes villes d’ici à trois ans. « Nous voulons développer des partenariats avec un grand nombre d’acteurs de la mobilité, continue-t-il. En particulier avec des PME innovantes, à l’instar de celui que nous venons de lancer à Lille avec Buzzcar, incitant nos abonnés à l’autopartage entre particuliers. » Autres exemples : on peut déjà payer son stationnement avec le Navigo dans certains parkings franciliens ; à Marseille, acheter un ticket stationnement + RTM les jours de match de l’OM. Afin d’accroître sa visibilité, le bureau d’accueil Mobiway pourrait quitter le parking pour s’installer sur voirie, sa surface ne sera pas forcément celle de La Défense, ses services non plus, tout sera adapté à chaque territoire. Mais le fil conducteur sera le même : se positionner comme le hub de la mobilité.C.N.
9 – Lier développement urbain et transports en commun
Les contrats d’axe de Grenoble et Bordeaux, préfiguration de l’écoquartier, qui existe déjà en Suède et y fonctionne à merveille.
Pour éviter un développement urbain anarchique et face à l’urgence de trouver des solutions alternatives à un mode de développement non viable, Toulouse et Grenoble ont choisi un outil original pour la mise en cohérence des projets d’urbanisme et ceux de transports : le contrat d’axe. Le rapport entre étalement urbain et développement de « l’automobilité » a été largement démontré. En revanche, aucune recherche ne peut affirmer avec certitude qu’il existe un lien entre transports en commun et intensification urbaine. Il y aurait des « effets induits », qu’il faut assurer avec une politique volontariste. Certaines villes ont mis beaucoup de temps à prendre la mesure de leur retard en la matière. Le contrat d’axe, convention signée entre l’autorité organisatrice des transports urbains (AOTU) et les communes compétentes en matière de maîtrise de l’usage des sols, entend structurer le développement de l’agglomération. Son principe tient en un partage des efforts. L’AOTU s’engage à améliorer l’offre de transports, et les communes s’engagent à densifier autour de ces nouveaux axes, en favorisant des opérations immobilières, afin d’augmenter la clientèle. Les parties s’engagent à œuvrer en faveur d’une coproduction d’un espace urbain respectueux des préceptes du développement durable. La communauté urbaine de Bordeaux (CUB) expérimente une nouvelle gouvernance locale avec le projet « 50 000 logements autour des transports publics ». Ces démarches innovantes, développées à l’échelle de l’agglomération, peuvent trouver leur aboutissement dans la réalisation de projets plus locaux comme les écoquartiers. Celui de Hammarby Sjöstad en est un bon exemple. Il y a dix ans, le site, à la périphérie de Stockholm, était un vaste chantier de 200 ha. Mais dès 2002 l’écoquartier était desservi par un prolongement (1,5 km) du tram de rocade de Stockholm (Tvärbanan). Et pour relier ces nouveaux quartiers à Södermalm, la partie sud du centre-ville de Stockholm, une liaison gratuite par bateau a rapidement été établie, soulignant le côté « maritime » de l’écoquartier, construit dans une ancienne zone industrielle et portuaire. Aujourd’hui, quelque 15 000 personnes habitent dans les 8 000 logements construits, et 25 000 résidents sont attendus à terme dans 11 000 logements. Situés à 500 m maximum d’un des quatre arrêts du tram (19 000 usagers quotidiens), également desservis par deux lignes de bus, les logements sont également suffisamment proches des commerces ou des services pour s’y rendre à pied, voire en vélo à la belle saison. L’accessibilité aux PMR a été prise en compte dès le départ. L’automobile a aussi sa place ici, mais le nombre de places de parking a été volontairement limité, et une partie des emplacements est partagée par les résidents et les personnes travaillant dans le quartier. De plus, deux systèmes d’autopartage (avec place de stationnement garantie) ont été mis en place avec des véhicules Flex, électriques, à l’éthanol ou au gaz. Ces modes alternatifs devraient y représenter en 2015 le quart du parc automobile, alors que les transports publics, la marche ou le vélo devraient compter pour 90 % des déplacements pendulaires.
T. D. et P. L.
10- Augmenter le nombre de passagers par véhicule sur les voies rapides
Les agglomérations américaines l’ont inventé il y a 40 ans, et maintenant Madrid pratique aussi l’avantage aux véhicules de plus de 2 passagers.
Le taux d’occupation moyen par automobile est de 1,3 personne en Europe. Ce qui signifie que la plupart des trajets automobiles (notamment les trajets pendulaires) se font sans passagers. Pour trouver des solutions à la congestion des autoroutes menant au cœur des grandes agglomérations, les Américains ont entrepris depuis le début des années 1970 de lutter contre l’« autosolisme ». Des High Occupancy Vehicle Lanes (voies réservées aux véhicules transportant plusieurs passagers, HOV) ont été installées dans la plupart des grandes villes américaines, il y en a aujourd’hui une centaine (1 600 km). Règle du jeu : pour emprunter la voie réservée, le véhicule doit transporter selon les juridictions au minimum 2 ou 3 passagers. Les transports en commun, taxis, véhicules de secours, sont en général également acceptés ainsi que, dans certains cas, les véhicules dits « propres ». Les promoteurs des HOV américaines sont allés loin dans la définition de leur zone. Dans la foire aux questions de la HOV de l’Etat de Virginie, il est bien spécifié aux femmes enceintes : « Dans notre monde HOV, vous ne comptez que pour une personne. » Et pas question de tricher : des caméras comptent le nombre de passagers, lisent la plaque minéralogique, et les contrevenants se voient infliger des amendes. Ce mécanisme a évidemment engendré des comportements de défiance (poupées gonflables installées sur le siège passager, changement impromptu de voie), mais aussi favorisé la naissance de systèmes vertueux de covoiturage – organisé par l’autorité ou pas – dans les aires en amont de la HOV. Au fil des années, certaines HOV ont été assorties d’un péage, pouvant être modulé en fonction de la demande. Même si les autoroutes à voies multiples qui irriguent les centres urbains sont propres à l’urbanisme américain, plusieurs villes d’Europe ont également testé ces solutions en Norvège, en Suède ou aux Pays-Bas, à Bristol et à Leeds en Grande-Bretagne. Les effets des HOV sur la globalité des déplacements sont en général assez limités, on passe en général de 1,3 à 1,36 ou 1,38 % de taux de remplissage par auto. Mais à Madrid, ou une HOV est en place depuis 1995 sur les deux voies médianes de l’autoroute N-VI, les résultats de transport semblent probants : aux deux heures de pointe du matin, 59,3 % des personnes arrivent en ville de manière fluide par ces deux voies réservées, contre 40,7 % empruntant les trois autres voies.
G.?L.

BHNS Flash, le futur bus rapide de Chalon
C’est maintenant une habitude. Les habitants sont de plus en plus consultés par les agglomérations pour choisir le nom des transports en commun. C’est maintenant une habitude. Les habitants sont de plus en plus consultés par les agglomérations pour choisir le nom des transports en commun. Une manière de consulter les usagers. L’influence des nouvelles technologies, du Web 2.0 en particulier, y est sans doute pour quelque chose, puisqu’il permet une participation plus facile de la population. C’est d’ailleurs grâce au site Internet (www.legrandchalon.fr), mais aussi par des bulletins à déposer en mairie (dix urnes), que les habitants de l’agglo ont pu choisir, du 16 au 30 avril, le nom du futur BHNS qui sera mis en service en septembre prochain. Cinq noms leur étaient proposés : BuséOr, Cabillobus, Chronos, Flash et Goupil. Ces noms avaient été retenus par un jury interne au Grand Chalon, mi-avril, parmi les propositions des habitants remises du 1er février au 27 mars. 820 personnes ont voté, et c’est le nom de Flash avec 273 votes (33,30 % des voix) qui a donc été retenu. L’habitant qui a proposé le nom de Flash s’est vu remettre un abonnement d’un an au réseau de bus Zoom. Ou de son remboursement s’il en possède déjà un.
Y.?G.

Un bus Star sensibilise à l’environnement les CM1 et CM2 du Grand Roanne
Le réseau de transport en commun de l’agglomération du Grand Roanne, Star, fait circuler, depuis le 30 mars, un bus d’animation sur la mobilité durable dans les communes de l’agglomération. Le réseau de transport en commun de l’agglomération du Grand Roanne, Star, fait circuler, depuis le 30 mars, un bus d’animation sur la mobilité durable dans les communes de l’agglomération. Jusqu’au 5 juin prochain, il se déplacera dans dix écoles élémentaires, à la rencontre des élèves de CM1 et CM2, afin de sensibiliser ces citoyens de demain aux enjeux de la protection de l’environnement et à la place que peuvent prendre les transports collectifs dans un plus grand respect de notre cadre de vie et de notre quotidien, grâce à une exposition informative autant que ludique. Déjà une quinzaine de classes se sont inscrites pour suivre ces interventions d’une heure environ, par petits groupes. Le bus de la mobilité durable est l’un des événements organisés dans le cadre du trentième anniversaire du réseau Star.
Y. G.

Transports publics : effervescence et promesses
Le salon européen de la Mobilité s’est tenu du 5 au 7 juin à Paris. Ce rendez-vous a été, comme tous les deux ans, l’occasion pour le secteur de réfléchir à sa feuille de route. «Au travail ! », a lancé la ministre de l’Ecologie Nicole Bricq, dans son discours d’ouverture du salon européen de la Mobilité 2012. La profession n’avait pas, jusque-là, l’impression de se tourner les pouces, mais elle aura noté avec attention que la ministre a annoncé que les transports trouveraient une « place consistante dans la réforme de la décentralisation qui sera proposée par Marylise Lebranchu ». Nicole Bricq, qui a tenu à souligner le fait que les transports étaient bien dans son portefeuille, a affirmé son intention de lancer un 3e appel à projets pour le financement des TCSP. Les plus impatients auront noté qu’il n’était pas précisé quand cet appel était prévu, ni surtout quelle enveloppe serait consacrée aux nombreux projets identifiés, qui concernent pour la plupart des villes moyennes. Mais ils auront été satisfaits d’entendre que les choix « passeront par la case concertation avec les acteurs locaux et les entreprises ».
La diminution de la taille des villes s’équipant de TCSP et la tendance à l’économie de moyens poussent le marché vers des solutions légères. Passé l’appel d’offres métro de Lille, qui fait l’objet de contestations (voir page 61), voici venu le temps des tramways courts et des bus de nouvelle génération. Tandis que le projet européen EBSF (bus du futur) faisait l’objet d’une revue de détail mardi matin, Egis lançait le salon avec sa tribune d’expert sur « le tramway autrement ou le BHNS ». Au menu des tables rondes : le report modal, l’intermodalité, le financement, la politique tarifaire, les smartcards, tandis que sur leurs stands les entreprises multipliaient les présentations de produits. Au total, plus de 10 000 participants – un record – auront foulé les allées de la porte de Versailles, dont plus de 30 % d’étrangers et une quinzaine de nationalités, assurent les organisateurs. Une dimension européenne durement acquise, qui donnait sans doute à la manifestation son petit côté effervescent.
D’autant que les transports publics ne connaissent pas la crise. La fréquentation dans les réseaux urbains se porte bien : + 4,5 % en 2001, idem pour les cinq premiers mois de 2012. Le secteur n’envoie pas ses salariés pointer chez Pôle emploi. « L’UTP représente 400 000 emplois, des emplois pérennes, à 98 % des CDI, qui connaissent peu de turnover et non délocalisables », a d’ailleurs répété à l’envi son président, Michel Bleitrach. C’est aussi une filière « tournée vers l’innovation ». Et enfin une fédération d’entreprises exportatrices, puisque « trois d’entre elles sont parmi les cinq premières entreprises mondiales ». Tout n’est pas rose pour autant. Pour poursuivre leur croissance, les transports urbains et ferroviaires ont devant eux quelques équations à résoudre. Que la profession avait rappelé lors d’un déjeuner avec la presse quelques jours avant le rendez-vous professionnel.
Equation financière d’abord. Le VT rapporte 6 milliards d’euros, dont la moitié en province. Pas question de tarir cette manne, la ressource doit rester pérenne. Pas question non plus d’en augmenter le montant, comme l’évoquent certains élus, pour ne pas alourdir les comptes des entreprises. Cependant, « un VT interstitiel peut être envisagé au motif de l’équité des employeurs vis-à-vis des transports sur l’ensemble du territoire et d’une logique de complémentarité croissante entre les réseaux urbains, départementaux et régionaux », a estimé l’UTP dans une position adoptée le 12 avril. Tout en sachant que ce VT (potentiellement de 0,2 à 0,4 %) qui irait jusqu’aux limites de la région ne rapporterait guère plus que « 10 à 15 millions d’euros par région ». Il serait, quoi qu’il en soit, « fléché en faveur de l’intermodalité », a précisé Bruno Gazeau, délégué général de l’UTP.
C’est une perche que Laurence Parisot n’aura pas saisie lors de sa visite du salon. « Il est de notre intérêt commun que le VT reste, mais que les autres entreprises ne soient pas écrasées par les charges, car si le tissu économique ne va pas bien, vous-mêmes, à terme, n’irez pas bien », a prévenu la patronne des patrons, qui avait pour la première fois répondu à l’invitation de l’UTP, rappelant que « le taux des prélèvements obligatoires sur les entreprises en France est le plus élevé d’Europe. 2 % de plus de VT peuvent être la goutte d’eau qui aboutit au dépôt de bilan ! » Côté financements, l’UTP plaide toujours aussi pour un nouveau modèle économique, une contribution plus importante des voyageurs au coût du transport et pour des solutions vertueuses de type pollueur-payeur.
Equation de gouvernance ensuite. Le costume des AOTU est trop étriqué. Le secteur réclame des « autorités organisatrices de la mobilité durable », paraphrasant du coup le président du Gart, Roland Ries. Concrètement, leurs limites territoriales pourraient être étendues, mais ce sont surtout leurs compétences qui le seraient, afin d’avoir la main sur l’ensemble des domaines : transport, voirie, éventuellement habitat afin de lutter contre l’étalement urbain et, bien sûr, stationnement, qui devra au préalable être décentralisé et dépénalisé. Michel Bleitrach rappelant que « le taux de fraude au stationnement est de 80 % ». L’appel du pied a déjà été entendu par le gouvernement. Le 6 juin, Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, a confirmé l’inscription des transports dans l’acte III de la décentralisation. « L’organisation, les compétences et les moyens affectés aux compétences nouvelles au niveau régional seront précisés, a-t-il dit. Il y aura d’autres AO, qui prendront la forme d’intercommunalités, de métropoles, que sais-je ? Il faudra que nous l’écrivions ensemble. » Car s’il est des maîtres mots prononcés par les nouveaux ministres lors du salon, ce sont bien dialogue, partenariat et concertation.
Equation ferroviaire enfin. Que faire de la dette de RFF ? Quelle gouvernance privilégier ? Pour l’UTP, qui a pris position le 10 mai, un rapprochement entre SNCF est RFF est nécessaire, mais on ne prononce pas le mot de réunification. L’union patronale souhaite « un gestionnaire global regroupant RFF, la direction de la circulation ferroviaire et SNCF Infra ». De plus, le système ferroviaire doit s’ouvrir à tous les acteurs du ferroviaire. Tout en prônant un Etat fort, et une Araf renforcée afin d’associer les entreprises ferroviaires (EF), l’UTP propose la création d’un comité opérationnel réunissant AO et EF qui serait « chargé du pilotage et du monitoring des infrastructures, des circulations et demain des investissements ». Une proposition dont l’urgence est peut-être moindre que prévue. Frédéric Cuvillier a en effet relégué au second plan l’ouverture à la concurrence en 2014 pour les trains d’équilibre du territoire : « Je ne suis pas persuadé que ce soit la question la plus urgente, a-t-il expliqué. Pas question d’idéologie. Il faut raisonner aménagement du territoire, qualité de service, place du fret… Et faire les choses dans le bon ordre. »Guillaume LEBORGNE et Cécile NANGERONI
Les agglomérations tentées par des solutions intermédiaires
Plus structurantes qu’un réseau de bus mais moins coûteuses qu’un tramway, les solutions intermédiaires séduisent. « Est-ce que pour éviter une panne tous les trois ou quatre ans il faut doubler toutes les sous-stations de la ligne ? Notre réponse a été non », a indiqué le maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret, qui a opté pour un tramway court CAF, à peu de chose près le même que celui de Nantes présenté à l’extérieur du salon.
Alstom qui n’avait pas de solutions pour les villes moyennes pourrait bien bientôt en avoir deux. Après avoir développé et vendu son tramway court, le constructeur ferroviaire poursuivait ses tractations avec Lohr Industrie dans les coulisses du salon. On aura aussi remarqué le pimpant BHNS de Metz, mais aussi les bus hybrides, vedettes du salon, et notamment celui d’Heuliez commandé à 102 exemplaires par l’agglomération de Dijon pour un montant de 88 millions d’euros.G. L. et C. N.

Zones de rencontre : quand piétons et voitures se partagent le pavé
La raison du plus fort doit-elle toujours être la meilleure ? Comme le loup de Jean de La Fontaine, qui se refuse à partager la rivière avec l’agneau, la voiture n’a pas pour vocation de partager la rue avec les piétons. Ces derniers apprennent dès leur plus jeune âge à ne pas s’aventurer hors des minces bandes de trottoir et des passages cloutés censés leur servir de remparts contre le danger. Peut-on imaginer une société où le plus fort s’arrêterait pour laisser passer le plus faible, où la courtoisie viendrait bouleverser les rapports de force ? C’est en tout cas l’ambition des aménageurs lorsqu’ils réalisent des zones de rencontre au sein de nos villes.
La « zone de rencontre » a été créée comme un outil devant permettre une meilleure maîtrise de la vitesse au sein des agglomérations par l’aménagement urbain. Dans le cadre de la démarche Code de la rue, lancée en avril 2006, le code de la route est modifié (2008) avec l’introduction de trois niveaux de zones de circulation apaisée : la zone 30, la zone piétonne et enfin la zone de rencontre. Si les deux premières existaient déjà, cette dernière est présentée comme le chaînon manquant dans ce système. Marc Santré, adjoint au maire de Lille (Nord), chargé des Déplacements, de l’Aménagement de la voirie et de la Politique de stationnement, ne veut pas que l’on dise pour autant que « c’est demi-décision […]. Les objectifs ne sont pas les mêmes. Au-delà de l’aspect réglementaire, la zone de rencontre, c’est surtout une nouvelle manière de faire la ville. » Alors qu’en 1972 on voyait apparaître à Rouen (Seine-Maritime) la première zone piétonne, trente-six ans plus tard on a imaginé un nouvel outil pour donner une meilleure place aux modes alternatifs en ville. L’objectif étant de laisser une place à la voiture tout en allant plus loin que la simple zone 30, souvent présentée comme une contrainte pour l’automobile sans bénéfice réel pour les autres modes, en particulier les piétons.
Avec la zone de rencontre, il n’y a pas de révolution, mais une évolution des usages. Elle existe déjà depuis 2002 en Suisse et 2004 en Belgique. Même au sein des villes françaises, on trouve souvent des zones dites piétonnes qui sont de facto déjà des zones de rencontre dans la mesure où elles accueillent un trafic routier « sous conditions ». L’enjeu ici consiste alors à régulariser un état de fait, tout en donnant à ces zones un statut légal plus sécurisé. Tous les acteurs s’accordent à dire qu’il s’agit d’accompagner une tendance. Marc Santré avoue que s’il existe plusieurs zones de rencontre à Lille, on ne connaît guère que celle de la Grand-Place. « Les autres sont peu médiatisées car dans la pratique le fonctionnement de ces espaces n’a pas beaucoup changé. »
La ville évolue, les mentalités et les habitudes aussi, mais pas toujours au même rythme. Ainsi, la zone de rencontre, selon le contexte, peut devancer les habitudes de circulation sur la voirie. Jean-Luc Marchal, chargé de mission sur ces questions à la mairie de Strasbourg (Bas-Rhin) insiste ainsi sur le fait que désormais « on fait de la rue et pas de la route. On ne pense plus simplement en termes de tuyaux où l’on doit assurer un débit. On construit un espace sur lequel les gens doivent apprendre à cohabiter. » Marc Santré constate, lui, aux travers de l’expérience de la Grand-Place lilloise, que « les piétons ont tendance à se soumettre naturellement à l’automobile. La zone de rencontre est à contre-courant de ce que l’on pratiquait avant et cette rupture inquiète puisque l’on a longtemps répété qu’il ne fallait pas traverser en dehors des clous. Maintenant, il n’y en a plus ! […] Le changement du rapport de force doit se faire dans la durée. » Les aménageurs insistent sur le fait que cet outil permet de faire évoluer l’opinion et les comportements mais qu’il faut prendre en compte le contexte local et les objectifs de la collectivité. Cela doit se faire dans le cadre d’une recherche sociétale où les citoyens doivent être pleinement investis par une démarche participative.
L’inscription dans la loi de cet espace urbain singulier, prônant une gestion des conflits non plus par la force mais par un comportement de courtoisie au bénéfice des plus vulnérables, n’est pas sans poser problème. Les questions de sécurité et d’accessibilité sont au cœur des interrogations. Si l’accessibilité des personnes à mobilité réduite (PMR) se trouve sensiblement améliorée dans ces zones où, par principe, le sol est au même niveau partout et les passages piétons ont disparu, la perte des repères « classiques » pose des problèmes pour les malvoyants et les aveugles. Leur accès doit être assuré et sécurisé à l’aide de reliefs au sol, de contrastes de couleurs ou de repères sonores. Cela nécessite donc un large travail d’aménagement sur les ambiances et les cheminements urbains.
Le principal défaut de ces zones semble être leur manque de lisibilité. Si elles participent à une stratégie visant à faire ralentir l’automobiliste, il est néanmoins souvent reproché aux autorités de ne pas suffisamment en indiquer les entrées et les sorties. Les responsables d’Europe Ecologie lillois ont déclaré que selon eux, c’est « parce que les automobilistes ne sont pas assez entraînés à faire attention aux piétons que ceux-ci sont en danger ». Ils proposent ainsi une piétonisation de la Grand-place et une augmentation du nombre de zones de rencontre au sein de la ville. C’est vrai que le panneau, pourtant très étudié, n’est pas très compréhensible pour quelqu’un qui ne l’a jamais vu. Marc Santré considère que le véritable intérêt de faire de la Grand-place une zone de rencontre, « c’est qu’il s’agit d’un lieu emblématique et que cela permet de vulgariser le concept. De faire de la pédagogie. » Il ajoute que « la signalétique réglementaire a été jugée insuffisante au départ et qu’il a fallu renforcer la campagne d’information pour rappeler la priorité aux piétons ». La Grand-place se veut désormais le symbole de la nouvelle image que l’on veut donner à la ville, des nouvelles façons que l’on peut avoir d’y vivre et d’y cohabiter. Plus largement, la zone de rencontre se place dans une tendance de lutte contre la pollution et de remise en cause de la place de la voiture en ville. Marc Santré confirme que « bien sûr, la politique de la mobilité ne se fait pas à l’échelle d’une simple zone de rencontre, mais c’est un outil tendanciel qui permet de faire évoluer les rapports de force et les mentalités. »
Il est clair que l’abaissement des vitesses de circulation sur la voirie réduit la fréquence et la gravité des accidents, notamment ceux impliquant des piétons. Si, dans la théorie, ce principe de « prudence » du plus fort par rapport au plus faible (article 15 du décret) semble être une évidence pour permettre aux différents modes de partager harmonieusement l’espace urbain, dans les faits cela pose de nombreux problèmes. Ces espaces, encore très nouveaux en France, ont pour effet de désorienter l’automobiliste. L’objectif est de mettre la personne qui se trouve au volant de sa voiture dans une situation l’obligeant à ralentir. Mais ce sont aussi les piétons et les cyclistes qui se sentent désorientés et, bien souvent, trop exposés aux errances d’un automobiliste. Le collectif « Place aux piétons » dénonçait dans les colonnes de La Voix du Nord en octobre 2011, des piétons « livrés à eux-mêmes » face aux automobilistes alors que la zone de rencontre venait d’être créée sur la Grand-place de Lille. Un mois plus tard, un accident survenait aux abords de la place, sans faire de blessé grave, mais en suscitant de quoi relancer la polémique néanmoins.
La création d’une zone de rencontre est basée sur un réaménagement important de la voirie. Il s’agit de faire une chaussée intégralement au même niveau et de ne plus séparer les espaces selon les modes et les rythmes de déplacements. Jean-Luc Marchal précise qu’à Strasbourg, plusieurs démarches ont été mises en place. Il en ressort que les aménagements les plus lourds et les plus visibles sont les plus efficaces. « Les zones où l’investissement est moindre car elles ne fonctionnent que sur un changement des marquages au sol et la pose de panneau de signalisation, ne sont pas bien acceptées par les usagers. Les gens ne comprennent pas. » Il insiste également sur le fait qu’il faille « faire vivre » une zone de rencontre pour la rendre attractive. Selon lui, la piétonisation d’une rue ou d’un quartier va avoir tendance à faire partir une partie de la population. Les rues pleines de terrasses et non accessibles en voiture ne sont pas adaptées aux familles ou aux personnes plus âgées. La zone de rencontre permet de garder une accessibilité motorisée et la présence des voitures empêche une trop grande présence des terrasses, limitant la gêne occasionnée par la vie nocturne.
Les villes de Bordeaux et Lille prouvent qu’il existe deux grandes possibilités d’aménagement grâce à la zone de rencontre. Si à Lille, on l’a compris, c’est une zone de rencontre en plein cœur de la ville qui a principalement été mise en place, à Bordeaux, Clément Rossignol, vice-président à la communauté urbaine de Bordeaux et élu à Bègles, estime que « cela n’avait pas de sens de parler de zone de rencontre là où les zones piétonnes sont déjà reines ». C’est donc dans les quartiers résidentiels alentour qu’elles ont été mises en place. Ces quartiers nécessitent un moindre investissement, car les aménagements n’ont pas besoin d’être aussi lourds qu’en centre-ville. Les zones y prennent place dans un contexte déjà relativement apaisé et le changement des mentalités est moins compliqué à opérer. Pour Jean-Luc Marchal, « dans le centre des villes, il faut des aménagements beaucoup plus importants car l’image, la symbolique du lieu ont beaucoup plus d’importance. » On parle parfois de mise en scène urbaine. Dans les deux cas, si la démarche n’est pas tout à fait la même – on peut souhaiter redynamiser un centre urbain, ou bien simplement apaiser la circulation, améliorer l’accessibilité –, l’intention reste identique : modifier le cadre de vie pour faire évoluer les habitudes et les mentalités des habitants et des passants pour faire la ville durable.
Tom DUBOISLes zones de rencontre et les transports en commun
Clément Rossignol est formel, la cohabitation entre piétons et tramway se passe très bien place de la Victoire à Bordeaux, alors pourquoi ça ne fonctionnerait pas dans une zone de rencontre ? Mais dans le même temps, il concède que « les lignes structurantes ne passent pas toutes dans l’hyper-centre. Ça poserait un problème car elles devraient ralentir. » Marc Santré indique quant à lui que développer les transports en commun doit se faire en parallèle des initiatives comme la création de zones de rencontre car « elles ont pour objectif de mettre plus de pression sur la voiture et d’encourager le report modal ». Le principal problème qui se pose est en réalité celui de la vitesse commerciale des lignes qui passeraient dans ces zones. Il semble que la cohabitation ne soit cohérente que lorsque les fréquences ne sont pas trop élevées.
Entretien avec Clément Rossignol, vice-président à la communauté urbaine de Bordeaux :
« Il faut une période de concertation importante. »
Ville, Rail & Transport. Où en êtes-vous dans l’aménagement des zones de rencontre au sein de la CUB ?
Clément Rossignol. La CUB expérimente les zones de rencontre depuis deux ou trois ans. Cela se fait en parallèle de différentes opérations comme le plan vélo et dans l’objectif d’atteindre les 1 500 km de voirie apaisée. Pour cela on doit choisir le meilleur outil entre les zones 30, les zones de rencontre et les zones piétonnes.VR&T. Quels éléments permettent de faire le choix de la zone de rencontre ?
C. R. Plusieurs éléments entrent en ligne de compte. Il faut choisir une zone où le trafic n’est pas trop important. L’étroitesse des rues, ou leur caractère résidentiel sont des éléments favorables également. Les zones avec beaucoup de commerces se prêtent bien aussi à ce genre d’aménagements, tout comme les voies près des bâtiments administratifs ou culturels.VR&T. On a le sentiment que les zones de rencontre sont encore peu connues du public, à quoi cela est-il dû ?
C. R. Pour mettre en place une zone de rencontre il faut une période de concertation importante au niveau local. Mais on manque encore d’une campagne de communication à l’échelle nationale, à la télévision par exemple. Cela aurait plus d’impact. Cependant, bien sûr, les journaux comme celui de la CUB tentent de faire connaître ces aménagements, leur fonctionnement et leur utilité. Mais lorsque l’on a des zones de rencontre auprès des commerces, cela doit passer par eux. On a fait cela à Bègles pour le « stationnement minute ». Les commerçants qui distribuaient nos papiers d’information sont devenus les premiers ambassadeurs du projet. Mais à Bordeaux, les zones les plus commerçantes sont au centre de la ville et sont déjà piétonnes.VR&T. Comment se passe la cohabitation entre les différents usagers au sein de la zone de rencontre ?
C. R. Ça se passe bien grâce aux différents aménagements mis en place. Il y a néanmoins toujours le problème des personnes mal voyantes qui ont tendance à perdre leurs repères classiques et ont du mal à s’orienter dans l’espace. Mais on travaille avec les différentes associations pour régler ces problèmes.
Propos recueillis par T. D.DSP : Keolis reconduit pour gérer le réseau de Tours
Le Sitcat (Syndicat intercommunal des transports de l’agglomération tourangelle) a reconduit le 24 mai Keolis comme exploitant de son réseau urbain Fil Bleu jusqu’en 2018. Alors que Veolia Transport et RATP Développement avaient retiré un dossier, seul Keolis, qui exploitait déjà le réseau, a remis une offre. Même sans concurrence, le Sitcat a considéré que l’offre de Keolis était pertinente avec l’engagement d’accroître la fréquentation de 29,5 millions de voyageurs en 2011 à 33,38 en 2018. Cette hausse intégrera l’ouverture de la première ligne de tram en septembre 2013, avec une offre de 1,3 million de km/tram. L’offre globale atteindra 10,30 millions/km/an. Dans ce cadre, Keolis renforcera ses services du dimanche et l’allongement de certaines plages de circulation en complémentarité avec le tram. Keolis s’engage également à généraliser Vélocity, le système de location longue durée de vélos sur les 25 communes du Sitcat. La participation du syndicat sera stabilisée à 32,4 millions d’euros par an, tandis que le parc sera renouvelé (16,5 millions d’investissements) avec l’achat de 55 véhicules, ce qui ramènera l’âge moyen du parc à 8,3 ans en 2018.