Résultats de recherche pour « LOM »

  • Les transports font mal aux oreilles, à entendre Gérard Garrido

    Les transports font mal aux oreilles, à entendre Gérard Garrido

    Le maire des Fondettes, Gérard Garrido, a récemment détaillé une étude menée autour de l’agglomération de Tours, portant sur le bruit. Les nuisances liées aux bruits ont été recueillies et analysées. Les transports sont en première ligne, « ce qui n’est pas une surprise compte tenu de la présence, en cœur d’agglo, de l’autoroute et d’un tissu ferroviaire dense », explique le maire de Fondettes. Et de poursuivre : « Le bruit est vraiment une question difficile, car cette notion est soumise à la subjectivité de chacun, et la carte stratégique du bruit de l’agglomération ne reflète pas forcément la gêne ressentie par les habitants. Il faut arriver à conjuguer l’efficacité de l’autoroute avec le fait que les gens ont le droit de vivre tranquillement. Elle est une artère d’activité économique, une artère de civilisation, mais il ne faut plus qu’elle soit une balafre de bitume où pétaradent les voitures. D’importants travaux ont déjà été menés sur l’A10 par Cofiroute (enrobés, murs antibruit, etc.), et il n’y a aucun point noir de bruit, au sens réglementaire du terme, le long de l’autoroute A10 dans la traversée de l’agglomération de Tours. » Ainsi que le relate La Nouvelle République, cette « carte stratégique du bruit » est une obligation européenne. A terme, elle doit déboucher sur des mesures visant à protéger la population de ces nuisances.    

    J. Sa.

  • La hausse de la TVA dénoncée par Eric Quiquet à Lille

    La hausse de la TVA dénoncée par Eric Quiquet à Lille

    « On n’en avait absolument pas besoin, de plus, c’est une contradiction totale avec les engagements pris lors du Grenelle de l’environnement. » Dans une interview à Grand-Lille TV, Eric Quiquet, élu EELV à la communauté d’agglomération de Lille, a fortement protesté contre la hausse de la TVA dans les transports. Cette dernière est d’ores et déjà répercutée sur le prix des tickets de bus, notamment. Elle reste minime mais suscite l’ire de l’élu Vert. « On subit cela, a assené Eric Quiquet dans les colonnes de Nord Eclair. Quand l’augmentation vient de nous, comme c’était le cas début 2011, elle accompagnait une amélioration du service. »    

    J. Sa.

  • Les usagers deviennent correspondants qualité à Toulouse

    Les usagers deviennent correspondants qualité à Toulouse

    Tisséo, l’opérateur public des transports en commun de l’agglomération toulousaine, vient de lancer une nouvelle forme de mesure de la qualité, à partir de retours réguliers d’usagers, dans le cadre du projet européen Enerqi. Tisséo, l’opérateur public des transports en commun de l’agglomération toulousaine, vient de lancer une nouvelle forme de mesure de la qualité, à partir de retours réguliers d’usagers, dans le cadre du projet européen Enerqi. C’est pour l’instant le seul français, aux côtés des réseaux européens partenaires de Lisbonne, Athènes, Lancashire, Plovdiv, Graz, Alba Iulia et Breda. Tisséo a commencé à recruter début février 300 correspondants qualité parmi les voyageurs de ses lignes (métro, tram et 20 lignes de bus). Le recrutement s’est fait par la presse, le site et les réseaux sociaux, avant d’aller chercher, si nécessaire, des usagers sur les lignes avec le moins de correspondants. Chaque usager volontaire répondra chaque mois sur Internet à un questionnaire sur une ligne spécifique.
    Tisséo espère recueillir au minimum 10 observations par ligne et par mois pour avoir une première tendance. Certaines questions seront communes à tous les réseaux pour permettre un comparatif. « Ce sont des questions entre la démarche qualité et l’enquête satisfaction, explique Marie Fourcade, chargée des enquêtes à Tisséo.?Des critères objectifs comme la ponctualité, l’information, la propreté ou l’accessibilité, et des impressions plus qualitatives sur le déroulement du trajet et les améliorations à apporter. » La base de données européenne avec des dizaines de milliers d’observations permettra toute sorte d’analyses et surtout d’intervenir en temps réel pour améliorer le service. L’expérimentation durera jusqu’en mars 2013 et sera étendue à d’autres réseaux en cas de succès. Avec une interrogation : les correspondants, non rémunérés mais gratifiés ponctuellement de bons-cadeaux, seront-ils suffisamment assidus sur la durée ?
        

    Catherine Sanson-Stern

  • Egypte : mise en service partielle de la troisième ligne de métro du Caire

    Le Caire compte depuis le 21 février une troisième ligne de métro. Cinq nouvelles stations ont été inaugurées dans l’est et le centre de la capitale égyptienne, marquant l’achèvement de la première phase du projet. Le chantier, lancé il y a quatre ans, a été mené par un groupement d’entreprises constitué notamment de Vinci Construction Grand Projet et de Bouygues Travaux publics. Cette première phase – 4,2 km de tunnel –  a coûté 235 millions d’euros. A terme, la ligne reliera l’aéroport international du Caire, qui se situe au nord-est de la ville, à Gizeh, dans l’est de la capitale, grâce à 34 km de ligne et 29 stations, dont 27 seront souterraines. La deuxième phase des travaux devrait s’achever en octobre 2013, et l’ensemble de la ligne en octobre 2017. L’agglomération cairote, l’une des plus peuplée d’Afrique avec plus de 17 millions d’habitants, est la première ville du continent à avoir parié sur le métro pour tenter de désengorger une capitale à la limite de l’asphyxie. Grâce à cette nouvelle ligne, son réseau de métro s’étendra sur près de 100 km.
     

  • Entretien avec Olivier Poitrenaud, directeur de Tisséo : « A Tisséo, rôles et responsabilités sont clarifiés »

    Entretien avec Olivier Poitrenaud, directeur de Tisséo : « A Tisséo, rôles et responsabilités sont clarifiés »

    Avant son arrivée à la tête de l’Epic Tisséo, le 1er juillet 2011, Olivier Poitrenaud, polytechnicien, a occupé pendant 22 ans de nombreux postes à la SNCF : directeur de la gare de Lyon, de la relation clients pour le fret, responsable du dépôt de Paris-Nord, directeur d’exploitation et finalement DG de Thalys International. Ville, Rail & Transports : Vous êtes arrivés à Toulouse en juillet 2011 pour prendre la direction de l’Epic Tisséo. Quelles sont vos premières impressions ?
    Olivier Poitrenaud : Faire tourner un établissement de 2 600 personnes est passionnant. Je découvre une entreprise avec une culture du transport public forte, des gens passionnés. On y fait tous les métiers (maintenance, infrastructure, achat de matériel…) : c’est la richesse d’une régie. Ce contexte est extrêmement moteur. C’est un lieu d’innovation et de défi pour mettre en œuvre les infrastructures dont les gens ont besoin.
    Toulouse est une des cinq premières agglomérations de France et doit faire face au défi du développement de ses transports. J’arrive à un moment clé : la révision du PDU est en chantier pour définir l’avenir de ses transports pour les dix ans à venir, avec le triplement des sites propres bus, le prolongement du métro et du tram. L’offre nouvelle allant avec ces grandes réalisations arrivera dans trois ans.

    VR&T : Quel est votre positionnement par rapport aux élus, après tous les soubresauts qu’a connus l’autorité organisatrice ces dernières années ?
    O. P. : J’arrive à un moment où ça se stabilise. Le président de Tisséo-SMTC, Pierre Cohen, s’appuie sur trois piliers : le SMTC qui définit la stratégie et dessine les offres de nouveaux services ; la Smat qui a un rôle de maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’œuvre des grands projets ; un Epic que je dirige, qui est chargé de réaliser l’offre au quotidien. Les directeurs se rencontrent tous les mois et j’assiste au conseil syndical du SMTC. Ça fonctionne bien, les rôles et les responsabilités de chacun sont clarifiés.

     

    VR&T : Comment va l’Epic Tisséo ?
    O. P. : Nous nous développons. Les validations ont augmenté de 7 % en un an. Notre offre kilométrique a crû de 3,5 %, soit un million de kilomètres en plus, ce qui est conforme avec le développement de Toulouse. Le budget (208 millions d’euros) est en hausse de 6 % par rapport à 2011 et les effectifs (2 600 salariés) de 3,5 %. Une politique assez généreuse vis-à-vis des jeunes (avec l’abonnement mensuel à 10 euros) a été mise en place, mais cela n’a pas empêché les recettes (60 millions d’euros) d’augmenter de 3 % cette année. Nous allons renouveler 120 bus dans les années à venir et en profiter pour préparer la première étape de services et d’innovations liée à l’arrivée des BHNS en 2015-2016. Pour le métro, nous allons rénover l’ensemble des rames de première génération du VAL (arrivées à mi-vie) d’ici deux ans.

     

    VR&T : Quels sont vos objectifs pour les années à venir ?
    O. P. : Les études montrent que les Toulousains sont satisfaits de leurs transports en commun. Dans les deux ans qui viennent, nous allons travailler sur les fondamentaux qui les lient à leurs transports : « ma ville, mon trajet ». J’ai identifié trois pistes de travail : la qualité de service, la sûreté et le management de proximité. L’information en temps réel a été mise en place avant mon arrivée, grâce à un système de pilotage sophistiqué. On peut aller plus loin dans l’innovation. La régularité, le confort et la propreté sont aussi à travailler. A Toulouse, l’organisation de la sûreté a réussi à créer un lien de confiance. Il faut l’approfondir, et mon expérience à la SNCF me sera utile. Le troisième axe est le management de proximité. Dans nos entreprises, surtout quand elles grossissent, il faut faire le lien entre les capacités d’agir au quotidien et la convivialité, ce qui passe par le dialogue social et la communication interne. Cela alimente la culture d’entreprise et fait que les salariés se sentent bien.

     

    VR&T : Le dialogue social est parfois difficile à Tisséo, comme l’a montré le préavis de grève lancé par les wattmen avant les fêtes, un an après la grève dure qui a fait rater l’inauguration du tramway.
    O. P. : Le tramway est une nouvelle organisation et ce débat est normal. Il n’y avait pas lieu de bloquer le tram pour les fêtes de Noël. Nous avons accepté de discuter en janvier pour faire un bilan un an après le lancement. On travaille notamment sur les battements, les journées de repos, la pénibilité. On a déjà fait des propositions en décembre sur les battements du dimanche. On en fera de nouvelles en février. Le reste, c’est la vie des réseaux : l’évolution de l’offre, les discussions salariales, les élections professionnelles. Je veille personnellement à ce que le dialogue social se passe dans les meilleures conditions. Mon rôle est de trouver le bon compromis entre les demandes des salariés et la politique de l’entreprise.

     

    Propos recueillis par Catherine Sanson-Stern
     

  • Une autorité pour s’assurer de la qualité dans les transports de voyageurs

    Le gouvernement a créé l’Autorité de la qualité de service dans les transports au sein du conseil général de l’Environnement et du Développement durable (CGEDD) du ministère de l’Ecologie, selon un décret paru au Journal officiel du 16 février. Il a ainsi répondu à une demande formulée par Nicolas Sarkozy lors de l’inauguration du TGV Rhin – Rhône, en septembre dernier.
    Présidée par Eric Raoult, député et maire UMP de Seine-Saint-Denis, cette autorité comprend 37 membres, parlementaires et représentants des collectivités publiques, opérateurs de transport, associations de consommateurs et personnalités qualifiées. Sa mission est d’inciter les opérateurs à améliorer leurs services, en publiant notamment des indicateurs fiables, notamment sur leur ponctualité. Ces indicateurs seront recensés à partir du 20 février dans un nouveau site, www.qualitetransports.gouv.fr. Ce site fournira aussi des explications sur les droits des voyageurs et les démarches à accomplir pour les faire valoir. Dans un premier temps, seuls 120 liaisons aériennes et 100 trajets grandes lignes sont concernées. D’ici à la fin de l’année, seront ajoutés les TER, les transports urbains des agglomérations de plus de 500 000 habitants et les cars interurbains.
     

  • Espagne : mesures d’austérité pour les tramways de Barcelone

    A la demande de l’autorité des transports de la métropole de Barcelone, Tram (les réseaux de tramways de la ville) s’engage à réduire de 35 % les coûts d’exploitation des lignes Trambaix (au sud-ouest de l’agglomération) et Trambesos, au nord-est, où est à l’œuvre un PPP associant notamment des capitaux français (BNP et Alstom). 10 millions d’euros pourraient être économisés, en réduisant de 25 % la journée de travail des traminots, et donc le service offert aux usagers avec des intervalles désormais de 20 mn, et/ou en supprimant la ligne 6 du Trambesos qui couvre le trajet Sant Adria – Gorg.    
     

  • Jean-Luc Mélenchon prend position  pour le ferroutage

    Jean-Luc Mélenchon prend position pour le ferroutage

    Le candidat à la présidentielle du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a pris position la semaine dernière sur son site de campagne, sur le thème des transports. Plus précisément, dans un long développement, il affirme être foncièrement contre les mises en concession des autoroutes et pour le ferroutage. « Par ailleurs, le Front de gauche mettra en œuvre une vaste politique de développement des transports alternatifs au tout routier. Nous favoriserons le développement des transports publics de proximité et leur gratuité. Nous développerons le transport ferroviaire et fluvial et le transport maritime côtier. Nous favoriserons le ferroutage en régénérant, modernisant et adaptant les réseaux existants, en baissant les tarifs ferroviaires voyageurs et en fixant un prix unique au kilomètre. Nous inscrirons dans la loi le wagon isolé (messagerie ferroviaire) comme un service d’intérêt général, éligible pour des subventions publiques. Nous lancerons un grand plan ferroutage avec comme objectif que tous les camions traversant notre pays entre la frontière belge et la frontière espagnole passent sur des trains. » Par ailleurs, et la formule est assez violente pour être soulignée, le Front de gauche du 95 a dénoncé dans un communiqué les conditions de transport sur le RER A. Suite à un incident qui a immobilisé les voyageurs vers La Défense pendant plusieurs heures, le parti de Jean-Luc Mélenchon a décrit « des conditions de transport moins bonnes que celles très réglementées des animaux d’abattage. »  
     

  • Un réseau plus lisible et cadencé pour Arras

    Un réseau plus lisible et cadencé pour Arras

    Depuis le 2 janvier, le réseau Artis de la communauté urbaine d’Arras (94 059 habitants et 24 communes) a totalement transformé son architecture. Depuis le 2 janvier, le réseau Artis de la communauté urbaine d’Arras (94 059 habitants et 24 communes) a totalement transformé son architecture. Simplifié, le réseau fonctionne désormais autour de la ligne 1, de la périphérie ouest d’Arras vers Saint-Nicolas-lez-Arras, au nord de la ville, en passant par le centre, cadencée au quart d’heure, et de deux autres lignes : la 2 (de l’ouest d’Arras vers Dainville au sud-ouest, toujours en passant par le centre) et la 4 (de Dainville à Beaurains, au sud-est, en passant par Arras centre), cadencées, elles, à la demi-heure. Pour la desserte des autres communes de l’agglomération, plus rurales ou moins peuplées, sept autres lignes (3, 5, 6, 7, 8, 9 et 10) viennent compléter les trois lignes « fortes ». Comme elles, ces lignes sont pour la plupart cadencées, avec un bus toutes les 30 minutes sur la 5, par exemple, ou toutes les 35 minutes sur la 3.
    L’une de ces lignes, la 6 – qui devient aussi la ligne de centre-ville – fonctionne de manière originale. Elle se termine par une boucle de transport à la demande, dénommée Flexo, qui dessert la zone d’industrielle à l’est d’Arras, en trois arrêts mais uniquement sur demande, et, pour les retours, après 18h. Autre nouveauté mise en place par le délégataire Keolis, dont le contrat a été renouvelé en janvier 2011 jusqu’en 2017, le développement du service du dimanche. La ligne 1 sera cadencée à un bus toutes les 45 minutes, soit 17 allers-retours dans la journée, et la D2 à un bus par heure, soit 12 allers-retours. En complément de ces deux lignes, le service de TAD, qui permet de desservir les communes de la première couronne depuis la gare. En semaine, le TAD est étendu pour desservir l’ensemble des communes de l’agglomération. Contractuellement, Keolis s’est engagé à augmenter le nombre de voyages de 18,2 % d’ici 2017.
        

    Yann GOUBIN

  • Construire un tramway sans mettre la ville en chantier

    Construire un tramway sans mettre la ville en chantier

    Partout en France les villes se métamorphosent en faisant passer des tramways dans leur centre-ville. Mais avant de bénéficier de ses bienfaits, le tram engendre des nuisances pour les riverains et les commerçants des quartiers traversés, et au-delà en perturbant la circulation. Ces gênes sont d’intensité variable selon la période du chantier, les choix faits par le maître d’ouvrage, l’organisation et les aléas rencontrés… « La problématique chantier n’est pas propre au tram, mais elle prend une acuité particulière dans ce cas, indique Dominique Bertrand, directeur d’études « insertion urbaine des transports collectifs » au département voirie, espace public du Certu, vu l’importance des chantiers en cause (durée dans le temps, étalement dans l’espace avec des linéaires importants et des réaménagements de façade à façade), leur nature (pose de voie ferrée, de multiples équipements, réfection de chaussées, etc.), qui n’en facilitent pas le phasage, sans oublier les travaux préparatoires tels que la déviation des réseaux. Il y a généralement de très nombreux intervenants, qui nécessitent une grosse coordination de la part des maîtres d’œuvre. »

    Planification, coordination

    Une planification très en amont et une coordination très fine de tous les acteurs sont essentielles pour que le chantier, qui dure plusieurs années, se passe le mieux (ou le moins mal) possible. « Quand c’est bien préparé, ça se passe bien, même dans les cas extrêmes qui peuvent se produire, car tous les chantiers ont leurs aléas et difficultés, explique Patrick Cirelli, chef d’agence grands chantiers France au sein d’Eurovia Travaux ferroviaires. On réussit un projet quand on travaille dans un bon partenariat entre entreprises maîtres d’œuvre et maîtres d’ouvrage. Je me souviens de certaines rues de Lyon si étroites que les travaux du tram empêchaient totalement l’accès aux voitures des riverains. Mais, grâce au travail exemplaire du maître d’ouvrage et du maître d’œuvre, cela s’est bien passé. »
    La fonction clé est l’OPC, pour « ordonnancement, pilotage et coordination » (ou organisation-planification-coordination selon les interlocuteurs). « Sur chacun de nos chantiers, on a une fonction OPC occupée par un ingénieur, partenaire de la même fonction OPC chez le maître d’œuvre, décrit Patrick Montel, directeur de l’agence Voies ferrées urbaines de Colas Rail, qui devait achever récemment de nombreux tramways en région parisienne et en France (prolongement du T3 Porte-d’Ivry – Porte-de-La Chapelle, T7 Villejuif – Athis-Mons, Dijon, Lyon, Angers, Reims…). L’OPC est le relais entre les villes, la maîtrise d’œuvre et les équipes chantiers. Il participe à l’élaboration des dossiers d’exploitation (qui comprennent le descriptif du chantier avec le barriérage, les déviations, les panneaux, etc.). On y associe des planifications avec des programmes hebdomadaires, les demandes d’arrêtés de circulation… On transmet à l’OPC de la maîtrise d’œuvre, qui consolide nos demandes avec celles des autres entreprises, puis on va les présenter aux services de voirie. » Lors de la fermeture de rues, il faut que la communication sur les itinéraires de déviation ait été faite en amont, ou cela peut tourner au fiasco. « Quand les camions arrivent avec les rails et bloquent les rues, ça se passe très bien si on a anticipé, témoigne Patrick Montel. Mais si l’itinéraire de déviation n’est pas fait correctement et qu’on bloque une artère importante sans que cela ait été prévu, c’est catastrophique. »
    Le 26 octobre dernier, par exemple, la finalisation des travaux de la ligne 3 du tram de Montpellier a provoqué cinq heures d’embouteillage avec, selon le journal local, « des pompiers et des ambulances bloqués, et des milliers d’automobilistes qui se sont retrouvés dans une situation invraisemblable. » Midi Libre pointe les erreurs qui ont aggravé cette « panade automobile » : « un tractopelle à l’abandon, des signalisations de chantier incohérentes, ou encore l’absence surréaliste d’agent de régulation ». Le directeur des projets tramway à la TAM, Laurent Carrère, justifie que « la programmation de travaux avait été décidée pendant les vacances scolaires pour bénéficier de la baisse de la circulation générale, mais qu’un problème de circulation sur l’autoroute a généré des reports de circulation sur les voiries autour ».?De nombreuses voix, dont le site indépendant « Tramway de Montpellier », s’élèvent pourtant pour dénoncer un laisser-aller général. Un ingénieur ayant travaillé sur les trams de Montpellier, Strasbourg et Reims évoquait dans L’Union (Reims) « un chantier complètement désorganisé à Montpellier ». Robert Subra, élu en charge des travaux du tram, reconnaissait lui-même après une visite du chantier de Dijon que les entreprises montpelliéraines feraient bien de prendre exemple…

    Charte de chantier à nuisances maîtrisées

    Pour s’assurer que les choses vont se passer au mieux, avec un impact limité pour l’environnement, des chartes de chantier contractuelles sont de plus en plus souvent imposées par les maîtres d’œuvre. « La charte de chantier à nuisances maîtrisées est mise en place avec le dossier d’exploitation, indique Hervé Abjean, directeur de projet en maîtrise d’œuvre de tramway chez Systra. A Tours, c’est un document de 300 pages qui est contractuel vis-à-vis des entreprises. Cela a toujours existé, mais c’est davantage mis en avant aujourd’hui, avec une réelle prise de conscience de l’impact sur la ville. » Car le souci des riverains s’est accru ces dernières années et ce dès la conception des chantiers. « Le riverain a de plus en plus de poids dans les chantiers de travaux, confirme Patrick Cirelli d’ETF. Avant, les maîtres d’ouvrage en tenaient moins compte. »
    A Toulouse, le règlement de chantier a été prévu pour la ligne Garonne après le retour d’expérience de la première ligne. « Sur la ligne T1, il n’y avait pas suffisamment de réactivité, se souvient Sophie Gérardot, responsable du pôle médiation à la Smat, le maître d’ouvrage. Les entreprises négligeaient les aspects riverains, avec certains cheminements piétons pas respectés ou des chantiers sales. Elles finissaient souvent par rectifier, mais cela prenait du temps, alors qu’il aurait fallu que cela soit fait dans l’heure. Les problèmes se réglaient quand les médiateurs étaient là, mais ils ne pouvaient pas être partout. » Le nombre de médiateurs a augmenté. Des délais de deux heures à deux jours ont été imposés pour les différents manquements (concernant les clôtures, la signalisation, les emprises ou les cheminements piétons), en fonction du niveau d’impact et de risque. Des pénalités sont prévues pour non-respect des règles : par exemple, 1 500 € en cas de mise en place ou changement d’emprise sans information préalable, de non-respect des créneaux horaires imposés pour certaines activités ou pour les livraisons de matériaux.

    Modifier la circulation et les habitudes

    Le fait que le tramway passe dans des rues très fréquentées des centres-villes, des axes structurants avec une forte densité urbaine et commerçante pose des problèmes spécifiques qui impliquent la mise en œuvre de dispositifs de contournement de la circulation préparés très en amont. Il faut prévoir de maintenir les déplacements à plusieurs échelles, décrit Dominique Bertrand, du Certu : « Maintenir des circulations de transit et d’échange au niveau de l’agglomération ; maintenir des dessertes locales, notamment des équipements collectifs majeurs (hôpitaux, établissements d’enseignement, universités, services administratifs, etc.), avec des impératifs de sécurité et de facilité d’accès ; maintenir des accès riverains tant pour les résidents que les commerces (avec la problématique particulière des livraisons) et les services de proximité. Sans oublier la continuité des services urbains (ordures ménagères, transports publics, etc.) »
    Certaines entreprises comme Eurovia Travaux ferroviaires prévoient un agent de circulation dédié pour chaque front de travaux ouvert : un « homme-trafic » qui s’assure du maintien des accès pour les riverains, les camions poubelles, les livraisons, etc. Les déviations de circulation à grande échelle peuvent avoir des effets pervers sur les itinéraires de report. C’est l’occasion pour les agglomérations de réduire la place de la voiture en favorisant les modes alternatifs. « Nous avons réorganisé le réseau de bus pour qu’il ne soit pas paralysé dans les travaux, explique André Gervais, adjoint au maire de Dijon et délégué au Grand Dijon sur le projet tram. On a mis au point un itinéraire de contournement et de substitution pour aller dans le centre-ville. On a aussi encouragé le développement d’autres modes comme le vélo avec de la location longue durée. »
    A Nice, qui a peu de grandes artères, la direction des transports de l’agglomération et l’exploitant ST2N, filiale de Veolia-Transdev, ont décidé un réseau provisoire de transports en commun très en amont. « On a fait beaucoup de réunions (avec la voirie de la ville, la police, le chantier…) et des essais, décrit Patricia Leroy, responsable de la communication de ST2N. C’est un vrai travail logistique de détourner les voies. Une fois qu’on a trouvé le meilleur réseau, on fait une campagne d’explication. Puis, dès qu’on reçoit une information du chantier sur une coupure de bus, on trouve des détournements ponctuels et on fait une information aux poteaux d’arrêt. »
    Les maîtres d’ouvrage souhaitent une communication homogène sur l’ensemble des travaux du tram, avec une même charte graphique. Ils confient parfois cette tâche aux entreprises en charge des travaux, dans le cadre d’allotissements groupés. Mais cela n’est pas toujours correctement effectué. A Toulouse, l’expérience de la ligne 1 a amené le maître d’ouvrage à prendre des mesures. « La ligne 1 a subi un manque de coordination des entreprises sur la signalisation, regrette Marie-Hélène Laffont, directrice de communication de la Smat. Sans règlement de chantier, elles ne respectaient pas la charte graphique. » Le nouveau règlement de chantier applicable sur les lignes à venir devrait encadrer davantage cet aspect.
    A Montpellier aussi, on est conscient des insuffisances, et la TAM souhaite y remédier. « Nous devons améliorer le balisage et la signalisation, reconnaît Laurent Carrère, responsable du projet de ligne 3, peut-être en les incluant dans un marché de services et non de travaux. Il faut arriver à une conception plus professionnelle du balisage. Au lieu de dire aux entreprises de mettre tel panneau à tel endroit, on confierait l’ensemble de la signalisation à une entreprise spécialisée chargée de concevoir les itinéraires. »

    Dès les travaux de déviation de réseau

    Avant même les travaux du tramway proprement dits, ce sont les déviations de réseau qui chamboulent la vie des quartiers. « Un projet tram, c’est complexe, souligne Hervé Abjean, de Systra. Les travaux se font dans des villes anciennes où beaucoup de réseaux sont mal connus : on sait que les réseaux sont à peu près à tel endroit, mais dans quel état ? Quand on le découvre, on a déjà commencé à impacter l’environnement… »
    Parfois, ces déviations préparatoires posent d’énormes problèmes techniques et créent des retards, comme à Nice. « Le gros des nuisances est venu de la période de déviation de réseaux qui a duré 12 à 18 mois dans un secteur très dense, explique Didier Clavel, responsable de la communication du tram pour la communauté urbaine Nice-Côte d’Azur. Le tracé du tram était au-dessus de voiries avec des gros collecteurs d’eaux pluviales et des égouts datant d’une centaine d’années. Dans certains secteurs, on a rencontré de grosses difficultés (de l’amiante ou des réseaux à refaire avec une complexité technique mal anticipée), ce qui a entraîné retards et arrêts de chantier. On a cumulé sur des axes majeurs déjà saturés qui supportaient les plus grosses lignes de bus des grosses déviations de réseaux et des problèmes techniques ! Cela a donné le ton des cinq ans de chantier… » Pour la prochaine ligne, le nouveau maire a souhaité un projet « moins pénalisant pour les riverains et les commerçants », en traitant une partie du centre-ville (3 km) en souterrain.

    Aller de plus en plus vite

    La tendance est de faire les chantiers de tramway de plus en plus vite. « Un tramway qu’on faisait en trois ans il y a une vingtaine d’années se fait en un an aujourd’hui », témoigne Patrick Cirelli, d’Eurovia Travaux ferroviaires, qui réalise les deux tiers des trams français en cours (Montpellier, Marseille, Nice, Brest, Le Havre, Dijon, Lyon et quatre en région parisienne) et a commencé il y a plus d’une vingtaine d’années à Nantes et Grenoble. « Nous sommes soumis à des exigences de planification très tendues, confirme Patrick Montel, de Colas Rail. Cela nous amène à concevoir des systèmes de pose des voies ferrées plus rapides, avec des composants préfabriqués incorporant voie et revêtement. » Plus onéreuses, ces techniques permettent par exemple de franchir rapidement des carrefours, ce qui est crucial en région parisienne. Pour quelques dizaines de milliers d’euros de plus, on réduit à une semaine des travaux qui se seraient faits en deux mois. « Cela se justifie pour traverser la porte de Bagnolet, à Paris, où il faut aller le plus vite possible, explique Patrick Montel, mais pas dans des agglomérations plus modestes où on est capable de faire des déviations. » Pour gagner du temps, ETF a utilisé des panneaux préfabriqués de 18 m de long, montés à l’aide d’un portique. Cela a permis de placer 700 m de voie en une seule journée à Lyon, 450 m à Toulouse ou à Valenciennes. « C’est une des méthodes qu’on emploie quand le chantier doit être livré dans des délais contraignants, explique Patrick Cirelli. Mais pour l’utiliser, il faut des accès, des lieux de stockage et plusieurs centaines de mètres de plateforme devant soi. » Cependant, l’accélération des chantiers a ses limites. « Nous alertons parfois les maîtres d’ouvrage sur les limites de la réduction des délais, souligne Patrick Montel. Que vaut un gain de temps par rapport à la vie ou l’intégrité physique de nos employés ? »

    Limiter les nuisances en temps ou en intensité ?

    La durée et l’intensité des nuisances sont des variables que chaque maître d’ouvrage évalue en fonction de ses nécessités propres. « Le dilemme est soit de tout bloquer et d’aller vite, soit de bloquer moins mais en allant moins vite », explique Hervé Abjean, qui travaille pour Systra sur le tram de Tours, après celui de Saint-Etienne entre 2002 et 2005. « A Saint-Etienne, on a bloqué complètement 600 m de rue pendant six mois pour éviter de gêner deux fois plus longtemps, raconte-t-il. A Tours, on refait tout de façade à façade, mais en maintenant l’accessibilité pour les riverains, les commerçants et les livraisons. Dès la conception des plannings, le choix a été fait de permettre à la ville de continuer à vivre pendant les travaux en misant sur les transports en commun et d’arrêter les chantiers à certaines périodes clés comme la rentrée scolaire, la braderie ou les fêtes de fin d’année. »
    Laisser (ou pas) au maximum l’accès aux riverains durant le chantier est une décision politique. « C’est un choix des maîtres d’ouvrage et des villes, et souvent le résultat de consultations publiques, explique Patrick Montel, de Colas Rail. Les grosses villes sont plus habituées aux travaux, mais aussi plus sensibles aux blocages. Les plus petites préfèrent faire beaucoup de travaux dans un laps de temps plus court. C’est aussi très lié aux intérêts politiques : dans une très grande ville, l’élection ne se joue pas sur la réussite d’un projet de tramway, alors que dans les villes plus petites, cela peut être le cas. » Pour aller vite, il faut ouvrir plusieurs fronts simultanément. Au Havre, la volonté d’une mise en service symbolique, le 12 décembre 2012 (12-12-12), après un lancement du chantier mi-2010, impose un timing serré. Du coup, les travaux se passent partout en même temps : porte Océane, Grand Stade, entrée de ville, ponts (Tancarville, Normandie), rocade Nord…
    A Dijon, il a été décidé de faire deux lignes simultanément. « Cela nous permet d’avoir dès le départ un réseau complet avec des correspondances », explique André Gervais, délégué au Grand Dijon sur le projet tram. Pour ce faire, le chantier a été divisé en trois lots d’un tiers du tracé, attribués à trois groupements d’entreprises pilotés par Eurovia, Eiffage et Colas Rail. Cela a permis d’ouvrir une douzaine de fronts simultanés. Mais attention ! Si l’organisation est défaillante, cette pratique peut être contre-productive. « On avait ouvert plusieurs fronts sur la ligne 1, et parfois des chantiers se retrouvaient sans ouvriers, reconnaît Didier Clavel, de la communauté urbaine Nice-Côte d’Azur. Pour la prochaine ligne, on sera plus vigilants sur l’enchaînement des tâches, pour ne pas avoir de temps morts. »


    Dossier réalisé par Catherine Sanson-Stern, avec Richard Goasguen et Hubert Heulot

     

    Une communication essentielle

    Pour faire passer la pilule de chantiers très impactants, une bonne communication est capitale. Elle doit prendre plusieurs formes pour remplir son objectif de faire comprendre aux habitants l’intérêt des travaux et les aider à les supporter au quotidien : réunions publiques, maisons du tram, médiateurs, courriers, site Internet, mails, SMS, rendez-vous réguliers pour les riverains…
    A Brest, cet aspect a été considéré comme prioritaire car le chantier du tram était aussi l’occasion du plus grand projet de renouvellement urbain depuis l’après-guerre. Entre fin 2006 et fin 2012, 373 millions d’euros ont été provisionnés pour la communication, soit 1,5 % du budget global. A partir de la phase chantier, neuf personnes ont été recrutées spécialement pour la communication par la SemTram (groupement d’entreprises agissant pour Brest Métropole océane pour la construction du tram) : deux pour la communication globale et sur le chantier de proximité, deux pour l’espace info-tram, quatre médiateurs pour 14 km, plus la responsable. Auxquels s’ajoutent de très nombreux prestataires extérieurs (agences de communication, Web, relations presse, agence 3D…). Sur l’espace info-tram de 350 m², un simulateur dans une maquette 3D rencontre beaucoup de succès. « Entre 2006 et 2007, nous sommes passés de 50 à 61 % d’adhésion au projet, se félicite Sterenn Grall, directrice de la communication du projet à la SemTram. Nous sommes à 70 % aujourd’hui. Au début, on a eu des revendications, des plaintes sur les difficultés du quotidien. A partir de décembre 2010, avec l’inauguration de la rue de Siam devenue piétonne grâce au tram, on a eu un basculement de l’opinion. » Pour pousser les habitants à s’approprier le futur tram, la participation a été suscitée à toutes les étapes, pour choisir la couleur ou le design des rames. Elaborés par des conseils de quartier, les noms des stations ont fait l’objet d’une consultation par Internet.
    Au Havre, la Codah, maître d’ouvrage, a joué la carte de la proximité : « Avant les travaux, les élus ont multiplié le porte-à-porte, raconte Laurent Ronis, directeur de cabinet à la communauté d’agglomération. Pour les riverains, ont été organisés une dizaine de ‘‘cafés tram’’ (avec 40 à 100 participants) et des ‘‘rendez-vous du tramway’’ (avec 250 personnes en moyenne). Huit ambassadeurs du tramway ont aussi sillonné les quartiers au quotidien. »