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  • Le TGV californien vers les 100 milliards de dollars

    Le TGV californien vers les 100 milliards de dollars

    Plus de trois fois le coût annoncé au départ, l’inauguration initialement prévue en 2020 repoussée de treize ans, les Républicains contre les 840 km de la LGV californienne peinent à avancer. Un premier chantier de 210 km est néanmoins programmé. class= »rtejustify »>
    Réalisme ou téméraire fuite en avant ? Alors que les Républicains font tout pour faire capoter le programme de renaissance ferroviaire du président Obama, l’agence chargée du futur TGV californien a jeté un joli pavé dans la mare, le 1er novembre, en publiant une nouvelle feuille de route avec un phasage des travaux. Elle n’envisage désormais plus l’achèvement des 840 km de ligne à grande vitesse entre Los Angeles et San Francisco avant 2033, tandis que la facture a grimpé à 98 milliards de dollars. Et peut-être 19 milliards de plus si les variantes les plus chères sont retenues. Cette annonce a de quoi déconcerter les électeurs de l’Etat qui ont donné leur feu vert au projet lors d’un référendum, il y a trois ans. On leur promettait alors une inauguration vers 2020, pour une trentaine de milliards…
    La California High-Speed Rail Authority (autorité californienne de la grande vitesse) entend néanmoins entamer les travaux dès l’an prochain. Pour 6 milliards de dollars, il s’agit de construire, d’ici 2017, 210 km de ligne nouvelle dans la campagne de la vallée centrale, du nord de Bakersfield au nord de Fresno. Pourquoi commencer par la partie la moins dense du corridor ? Parce que c’est justement là que le chantier posera le moins de problème. Or, il faut aller vite si l’on ne veut pas perdre les quelque 3,5 milliards donnés par Washington dans le cadre du plan de relance ! Le premier tronçon de la LGV californienne devrait donc surtout servir de base d’essai. Il ne sera a priori parcouru à son ouverture que par quelques trains – diesel – de la ligne San Joaquin d’Amtrak (qui va de Bakersfield à Oakland et à Sacramento), et leur permettra de gagner trois quarts d’heure.
    Les TGV ne devraient entrer en lice que dans une deuxième phase qui verrait en 2021 l’électrification du tronçon initial et son prolongement soit au nord jusqu’à Merced et San José (dans la Silicon Valley, au sud de la zone urbaine de San Francisco), soit au sud jusqu’à San Fernando (à l’entrée de l’agglomération de Los Angeles). Dans le premier cas, on aurait une LGV de 475 km avec des trains directs de San Francisco à Bakersfield qui emprunteraient la ligne du Caltrain (San Francisco – San José, 75 km), en passe d’être électrifiée. Dans le second cas – un scénario plus rentable que le précédent, selon les études, d’autant qu’il n’y a actuellement aucun service de passagers dans le coin –, la longueur de la LGV atteindrait 485 km entre Merced et San Fernando, où il faudrait changer pour rejoindre Los Angeles en train de banlieue (diesel). La troisième phase prévoit la construction d’ici 2026 de la partie nord ou sud qui n’aura pas été retenue précédemment, la LGV atteignant alors les 660 km entre Merced ou San José et San Fernando. Ce n’est enfin qu’au terme d’une quatrième phase, envisagée entre 2030 et 2033, que les TGV entreraient dans Los Angeles – dont la gare centrale serait atteinte en 2 heures 40 depuis San Francisco, grâce aussi à une reconstruction du couloir du Caltrain –, avant de poursuivre un peu plus loin à Anaheim, chez Disney, dans l’Orange County. Soit 840 km en tout.
    Le nouveau programme doit passer devant le parlement local début 2012. L’agence chargée du TGV estime que cette montée en puissance progressive de la grande vitesse devrait rassurer les investisseurs privés, appelés à jouer un grand rôle dans le financement à partir de la deuxième phase. Rappelant que construire la LGV coûtera moins cher aux Californiens que les élargissements d’autoroutes ou les agrandissements d’aéroports dont elle les dispensera, elle assure toujours que l’exploitation sera rentable. Les concepteurs du projet ne disent en revanche plus un mot sur le coût de la cinquième phase, qui doit encore ajouter au nord un prolongement de Merced à Sacramento et au sud une branche de Los Angeles à San Diego. Le système, achevé, ferait alors 1 300 km de long. Vers 2050 ?

    François Enver

  • Angers : Bernadette Caillard-Humeau débarquée

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    Les déplacements changent de titulaire à Angers. Jean-Claude Antonini, le maire (PS) d’Angers vient de débarquer Bernadette Caillard-Humeau, sa 1re adjointe, centriste (parti CAP 21), sur fond de divergences dans le rythme de la politique municipale. Le désaccord a éclaté à l’annonce par Bernadette Caillard-Humeau du passage en stationnement payant sur une place de 900 emplacements automobiles. « Elle restera gratuite jusqu’à la fin de mon mandat », a sèchement rectifié le maire, retirant ses délégations à son adjointe en lui reprochant plus généralement son « incapacité à travailler de manière collective ». Un changement de pied qui apparaît également politique avec le remplacement de Bernadette Caillard-Humeau par l’écologiste Vincent Dulong (Europe Ecologie-Les Verts). A la ville pour le moment. En attendant la désignation du nouveau responsable des transports publics à l’agglomération.     

    H. H.
     

  • Alger  : un métro pour la ville blanche

    Alger : un métro pour la ville blanche

    Aéroport Boumedienne, 29 octobre, au passage de la douane


    – « Vous êtes journaliste ? Pourquoi venez-vous ici ? Pour quel média ? Il faut le marquer sur la fiche, en toutes lettres. La Vie du Rail ? La Vie du Rail… Pour quoi faire ? »
    – « Regardez, nous sommes un groupe de journalistes. On vient pour la mise en service du métro, avec la RATP. » Instantanément, l’homme se lève dans sa guérite, retrouvant le sourire :
    – « Le métro d’Alger ? Vraiment ? Vous êtes les bienvenus. Cela fait trente ans qu’on vous attend. »


    Station des Fusillés, sur la ligne, à l’est d’Alger, le 31 octobre


    Une nuée de ballons verts, blancs et rouges, des coups de feu tirés par des cavaliers en costume de parade, des tambours et des trompettes, des musiciens de troupes folkloriques, les youyous des femmes, les enfants brandissant des portraits… Le rassemblement se veut d’exception pour accueillir Abdelaziz Bouteflika. Le Président malade, avare en sorties publiques, est venu marquer l’événement, couper le ruban avant de s’engouffrer par l’escalator avec ses ministres du Transport et de l’Intérieur, en compagnie de son jeune frère, dans une bouche de métro devenue, en quelques instants, une ruche sous haute tension. Tout au long du trajet que devait suivre le cortège présidentiel pour parvenir ce jour-là à la station des Fusillés, comme aux alentours de la station Tafourah, devant la Grande Poste, où devait ressortir la « troupe » médiatique à l’autre bout de la ligne qui suit la baie d’Alger, toute la semaine précédente, on s’était affairé et les échafaudages avaient poussé comme des champignons. Avec une mobilisation exceptionnelle d’ouvriers venus passer un coup de blanc sur les façades des bâtiments ou poser des drapeaux gigantesques sur les plus décrépis. Sans parler de la fontaine rutilante qui avait jailli face au siège de RATP El Djazaïr, là où le président devait visiter le PCC de la ligne. Et pourtant ce métro, malgré tous ces signes apparents d’arrivée imminente, peu d’Algérois osaient croire, même la veille, à son inauguration. Un scepticisme compréhensible, car le projet a presque trente ans. Les premières études techniques remontent à 1982. Pendant près de trente années, marquées par la crise économique et la chute du prix du baril, puis la « décennie noire » du terrorisme, les crises politiques, les controverses diverses, ce fut l’attente dans cette ville asphyxiée par des bouchons sans cesse accrus. En une décennie, le nombre d’habitants dans la capitale et sa périphérie a plus que doublé. De quoi globalement atteindre, même s’il est difficile d’avoir un chiffre exact, les cinq millions d’habitants. Parallèlement, avec l’ouverture ces dernières années des crédits à la consommation, on estime que le nombre de voitures a été multiplié par cinq. Une montée en puissance encouragée aussi par le coût relativement faible de l’essence dans ce pays producteur, autour de 20 centimes d’euro le litre. À part les jours fériés, ici, prendre son véhicule, c’est se garantir des heures au ralenti dans tout le centre de la « Ville blanche ». Quant aux bus privés, brinquebalants, souvent à bout de souffle et mal aimés, ils se retrouvent prisonniers de ce trafic. Ce qui n’en fait pas une véritable alternative à l’automobile.
    De quoi expliquer, sans doute, le véritable engouement pour ce métro dont certains Algérois attendent aujourd’hui peut-être trop, tant la solution miracle ne parait pas à l’ordre du jour pour désengorger la ville. Mais ce doit être un début, un premier signe fort après l’arrivée du tramway, dont une première section a été inaugurée en mai dernier. La véritable amorce de ce qui, affirme le ministre des Transports Amar Tou, deviendra en 2020 un réseau rassemblant, connectés, 40 kilomètres de métro et tout autant de tram.
    Les habitants ne demandent qu’à y croire, espérant que la conjoncture économique favorable aux pays producteurs, après avoir « boosté » les ventes d’automobiles, permettra de financer les coûteuses infrastructures de transports en commun oubliées pendant les années de crise économique et les « années noires ».

     

    Au PCC, 1er novembre au matin

    Pour cette inauguration de la ligne 1, jour férié anniversaire du début de la guerre d’indépendance en 1954, il était bien difficile de faire des prévisions. Alors, tout ce que RATP El Djazaïr compte de personnel opérationnel est sur le pont. À son siège, Pascal Garret, devenu directeur de la filiale locale après avoir été celui de la ligne 11 du métro parisien, tire les premiers enseignements. Plutôt rassurants. « Le premier à avoir pris le train, c’est un gamin de douze ans. C’est un bon signe. Les gens ne rechignent pas à payer. Une bonne surprise. Une mise en service réussie, c’est essentiel pour l’image de la RATP. » Aux portillons, dans les stations, des agents en gilet jaune siglé RATP El Djazaïr guident les tout nouveaux voyageurs aux tripodes, leur expliquent où mettre les tickets. Et les sourires illuminent les visages lorsque le tourniquet leur laisse le passage… Quant aux autres employés, leurs tenues vertes ornées du logo RATP ne dépayseront pas les habitués… du réseau parisien. Sur les quais, beaucoup d’enfants, très jeunes, et beaucoup de personnes âgées. « Vous savez, je suis un ancien du métro de Paris, j’ai travaillé à Montparnasse. Mais ici, c’est tellement incroyable. Regardez cette station, elle ne vous rappelle pas celle du Colonel-Fabien ? » Beaucoup multiplient les allers-retours, enchaînent les visites de stations, déambulant sur le réseau comme dans un parc d’attractions. Certains s’étonnent aussi de ne pas pouvoir en griller une dans ce métro, qui est l’un des rares espaces publics en Algérie où la cigarette est interdite. Pour le faire savoir, des panneaux sont installés un peu partout, dans les stations, dans les rames.

    Vers 10h, à la station Grande-Poste

    C’est l’affluence aux tourniquets, autour des guichets et des vendeurs à la sacoche. Une rame supplémentaire est mise en service pour faire face, en plus des huit prévues. Au fil de la journée, ce sont quatre rames de plus que prévu qu’il faudra injecter. Sans difficulté. Au soir de ce premier jour d’exploitation commerciale, marqué par une vraie ferveur populaire, le métro a déjà trouvé son public puisqu’on a comptabilisé 61 000 voyageurs payants. Mais bien davantage de visiteurs puisque, pour les plus de 60 ans et les moins de 12 ans, venus en nombre, ce jour-là le transport était gratuit. Alors que les estimations de trafic quotidien visent les 60 000 voyageurs en semaine, ces premiers chiffres reflètent l’attrait de la découverte. Et aucun incident n’a terni cette journée de fête nationale, avec son métro nommé désir en vedette incontestable. Un signe de bon augure pour les responsables de la RATP qui l’affirment : il s’agit, avec ce métro, dès la première année, de gagner de l’argent. Le ministre des Transports, Amar Tou, se veut tout aussi confiant : « Les Algérois connaissent bien le métro parisien. Avoir un partenaire connu, c’est important et cela limite les risques. Confier leur nouveau métro à la RATP, cela ne peut que les rassurer. » Avec cette mise en service, Alger est devenue la première ville du Maghreb équipée d’un métro. Et la seconde du continent africain, après Le Caire.


    Pascal GRASSART

     

    RATP Dev a déjà d’autres ambitions en Algérie

    Avec sa ligne 1 du métro parisien automatisée (voir VR&T n° 530), la RATP a sa vitrine sur le marché international des réseaux à moderniser profondément sans y interrompre le trafic. Avec la première ligne du métro d’Alger, elle se place sur le marché des nouveaux « Brics » (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud), pays émergents à fort potentiel qui, selon les termes de Pierre Mongin, patron de la RATP, « réalisent qu’ils vont devoir effectuer leur révolution urbaine ». L’Algérie devrait en faire partie, qui enregistre une croissance annuelle proche des 4 % et connaît une urbanisation à grande vitesse. Pour Pierre Mongin, « Alger est très emblématique de notre stratégie. Le métro coche toutes les cases. » C’est en 2007 que RATP Dev est retenue par l’Entreprise du métro d’Alger (EMA) pour assurer l’exploitation et la maintenance de la première ligne du métro algérois. Montant du contrat, signé par Pierre Mongin en présence des présidents Nicolas Sarkozy et Abdelaziz Bouteflika : 130 millions d’euros. Il faisait suite à l’appel d’offres lancé par l’EMA auprès de cinq groupes de dimension internationale, Keolis, Veolia Transport, Métro de Madrid, Métro de Rome et RATP Dev. Ses principaux atouts : son expérience d’opérateur multimodal et sa capacité à former le personnel exploitant.
    En 2009, une filiale locale est créée, RATP El Djazaïr. Après la phase de préexploitation, elle assure pour huit ans – et un contrat renouvelable de 130 millions d’euros – l’exploitation et la maintenance de la ligne. Elle bénéficie du concours de deux sous-traitants, Siemens France pour le système d’aide à l’exploitation CBTC, et CAF pour l’entretien du matériel roulant. Les perspectives sont attractives : déjà, après les 8,5 premiers kilomètres de ligne, trois extensions sont annoncées, deux à partir de Grande-Poste et une vers l’est, après Haï El Badr. Selon le ministre algérien des Transports, Amar Tou, deux prolongements devraient être mis en service en 2015. Au-delà du métro, RATP Dev espère s’impliquer dans un marché des transports algériens en plein développement, pour « apporter son savoir-faire d’opérateur multimodal ». En ligne de mire, le tram Alstom, mis en service par la Régie des transports d’Alger sur une portion de ligne en mai dernier et qui doit être interconnecté avec le métro au printemps prochain. Après deux appels d’offres infructueux, auxquels avaient répondu Veolia, Keolis et la RATP, le contrat d’exploitation pourrait prochainement être conclu dans le cadre d’un marché de gré à gré. Et la RATP, la seule à avoir répondu, serait bien placée pour l’emporter. De quoi lui permettre de devenir le premier opérateur multimodal à Alger. Enfin, au-delà d’Alger, comme nous l’a confirmé Amar Tou, ce sont plus de 17 projets de tramway et un projet de métro, à Oran, qui sont en cours.     

    Pascal GRASSART

     

    Le métro en quelques chiffres

    Longue de 8,5 km, la ligne dessert dix stations entre la Grande Poste et le quartier Haï El Badr, au sud-est, et six communes. L’équipement de cette ligne souterraine a été confié à un groupement compsé des sociétés Siemens France (leader), Vinci Construction Grands Projets.?et CAF. Siemens France a fourni la signalisation, les automatismes d’aide à la conduite, les télécommunications, la voie, l’électrification, la billettique et le PCC. Vinci Constructions a réalisé notamment le génie civil, les aménagements architecturaux des stations, les escalators, la ventilation et le système de désenfumage du tunnel et des stations. Les 14 rames, conçues par le constructeur espagnol CAF, comptent six voitures climatisées. La disposition longitudinale des sièges permet d’optimiser l’espace avec une densité maximale moyenne de six passagers par mètre carré contre quatre à Paris. Chaque rame peut donc transporter 1 300 voyageurs. Selon le contrat, le métro doit pouvoir transporter 250 000 voyageurs par heure en période de pointe. RATP El Djazaïr compte 400 salariés. 86 % du personnel d’exploitation a moins de 35 ans et, à court terme, la quasi-totalité du personnel sera algérien. 400 agents de police doivent assurer la sécurité, dont 8 présents en permanence dans chaque station. Une centaine de salariés de sociétés prestataires assurent le nettoyage des trains et des stations, ainsi que le gardiennage des installations. Le service est assuré de 5h à 23h, avec des intervalles de 3 mn 20 aux heures de pointe et de 5 mn aux heures creuses, sept jours sur sept. La gestion des circulations est assurée grâce au PCC, poste de commande centralisée, qui gère le mouvement des trains, la régulation du trafic, la surveillance des stations et des équipements, le contrôle de l’énergie. Le coût total du projet est estimé 1,2 milliard de dollars, soit près de 900 millions d’euros.

     

    50 dinars, le prix contesté du ticket

    Cher ou pas, le prix du ticket à 50 dinars, soit environ 0,50 euro, alors que le salaire minimum est aux alentours de 150 euros ? Dans la presse algéroise, le sujet a fait polémique à la veille de l’inauguration de la ligne. De quoi inciter le ministre à monter au créneau pour préciser qu’avec l’abonnement mensuel, 18 euros, le prix du trajet représente plutôt 35 dinars. Et de souligner que le prix coûtant du trajet représente 84 dinars. Parallèlement, un titre métro-tram, voire bus, devrait être proposé… prochainement.

  • Tarification en Ile-de-France :  quelles priorités ?

    Tarification en Ile-de-France : quelles priorités ?

    Suite aux élections régionales de 2010, la promesse électorale d’une zone tarifaire unique pour les abonnés au passe Navigo francilien revient dans l’actualité puisque Cécile Duflot, présidente du groupe Europe Ecologie Les Verts au conseil régional d’Ile-de-France, semble conditionner son vote du budget 2012 à la mise en œuvre de cette réforme tarifaire. Cette idée, qui n’était pas portée par les Verts avant 2010, transcende les clivages politiques puisqu’elle figurait au programme de Jean-François Copé aux régionales de 2004, ainsi que dans le programme des communistes depuis longtemps. Notre association d’usagers souhaite, à travers cette tribune et une lettre ouverte adressée aux conseillers régionaux d’Ile-de-France, donner son avis sur ces questions tarifaires et faire part de ses priorités.

    Par Marc Pelissier, secrétaire général de l’Association des usagers de transports (AUT) Fnaut Ile-de-France
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    La tarification francilienne est parfois complexe, injuste ou trop élevée, même si des progrès ont été réalisés ces dernières années. Par exemple, il faut noter que des mesures de limitations des tarifs d’abonnement les plus élevées ont déjà été prises par le Stif. Il y a d’abord eu la fusion des zones 6 à 8 au tarif de la zone 6 en 2007 pour un coût annuel de 5 millions d’euros. Puis la fusion des zones 5 et 6 au tarif de la zone 5 en juillet 2011 pour un coût annuel de 20 millions d’euros. Ainsi, de 2009 à 2011, les abonnés de l’ex-zone 6 ont vu leur tarif baisser de 10 % tandis que les abonnés de Paris et des communes limitrophes ont connu une hausse de 12,5 %.

    Zone unique : avantages et inconvénients

    Il est vrai qu’en première approche, le passe Navigo à tarif unique présenterait certains avantages :
    – simplification radicale du système tarifaire ;
    – suppression des frontières artificielles du zonage actuel en petite et grande couronne ;
    – baisse des tarifs pour ceux qui vont à Paris dans des secteurs mal desservis.
    Mais d’autres considérations conduisent à s’interroger sur l’opportunité du tarif unique :
    – le tarif unique paraît peu pertinent économiquement : les études montrent bien que le coût de production de l’offre de transport est pour une grande part proportionnel à la distance parcourue, il faut que les tarifs reflètent un minimum cette réalité. D’ores et déjà, d’après le Stif, les abonnés des zones 1-2 paient 50 % du coût réel, tandis que les abonnés de la zone 5 paient 31 % de celui-ci ;
    – le tarif unique paraît peu pertinent écologiquement : il fait croire que les déplacements longs ne coûtent rien à la collectivité et peut favoriser l’étalement urbain, déjà largement engagé du fait du prix des logements. Il faut au contraire favoriser les déplacements courts, même en transport en commun ;
    – le tarif unique paraît peu pertinent socialement : les études montrent qu’il n’y a pas de corrélation forte entre le niveau de vie et la distance du lieu d’habitat par rapport à Paris. De plus il existe une tarification sociale allant jusqu’à la gratuité pour les publics les plus en difficultés ;
    – le tarif maximum de l’abonnement mensuel est de 110 euros depuis juillet 2011. 90 % des abonnées bénéficient d’un remboursement à 50 % (voire plus) et supportent donc 55 euros par mois. Sur la base de 20 allers-retours par mois, cela fait 2,75 euros par aller-retour ou 1,38 euro par trajet. Ces prix sont bien acceptés dès lors que le service offert n’est pas dégradé ;
    – le différentiel de prix entre transports en commun et véhicule particulier, déjà significatif, va augmenter du fait de la hausse inéluctable du prix des carburants. Il n’est donc pas nécessaire de baisser le prix des abonnements TC pour inciter au report modal. D’ailleurs, vu la saturation actuelle de nombreuses lignes en heure de pointe, s’il y avait un afflux d’usagers liés à une baisse des tarifs, cela pourrait être pénalisant pour l’ensemble des usagers ;
    – la zone unique aboutirait à un fort effet de « mur tarifaire » aux frontières de l’Ile-de-France, notamment avec la Picardie, ce qui pourrait engendrer des afflux de véhicules aux abords des gares franciliennes en limite de la région.
    Au-delà de ces aspects, c’est surtout le niveau de prix qui conditionne l’acceptabilité du tarif unique. Il serait sûrement bien accueilli s’il était proche de celui de l’abonnement le moins cher actuel. Or, d’après une étude du Stif, cela représenterait un manque à gagner de plus de 500 millions d’euros par an. Manifestement il n’y a pas à court terme de recettes nouvelles pour y faire face. L’alternative d’un tarif unique à isorecettes, qui serait à au moins 80 euros par mois, conduirait à des augmentations brutales de tarifs de 30 à 40 % pour tous les abonnés à deux zones actuelles, qu’ils soient habitants de Paris et des communes voisines, mais aussi habitants d’autres secteurs faisant des déplacements locaux. Une telle évolution serait totalement inacceptable. Cela pourrait entraîner certains usagers à se détourner des abonnements au profit des tickets T+ avec une hausse possible de la fraude et des pertes de temps liés à la vente des billets à bord des bus. Cela pénaliserait aussi la grande majorité des collégiens et lycéens abonnés Imagine’R qui n’ont que deux zones actuellement et verraient leur tarif augmenter fortement.

    Les usagers occasionnels oubliés ?

    Les discussions se concentrent sur les abonnements mais les évolutions prioritaires devraient concerner les trajets occasionnels au prix trop souvent dissuasif notamment sur le réseau RER et Transilien. Ainsi, par exemple, un aller-retour Paris – Mantes-la-Jolie coûte 16 euros, alors que l’abonné paie 5, 50 euros (sur la base de 20 trajets par mois), ce prix étant ramené à 2,75 euros pour la grande majorité compte tenu du remboursement employeur. L’usager occasionnel paie donc 3 à 6 fois plus cher ! Même si l’abonnement doit rester plus avantageux, il n’y a aucune raison d’avoir un tel écart de prix. Il faut souligner qu’en grande couronne, les abonnements ne sont souscrits que par 10 à 15 % de la population, alors que les usages occasionnels concernent davantage d’individus. C’est pourquoi nous recommandons la mise en œuvre progressive des mesures ciblées suivantes.
    Pour les trajets hors abonnement :
    – baisser le prix des tickets sur le réseau ferré de grande banlieue, notamment en plafonnant ces prix comme on l’a fait pour les abonnements.
    – Etendre les possibilités de correspondance des différents tickets (exemple : correspondance bus/métro avec le même ticket).
    – Mettre en œuvre le complément de parcours en faveur des titulaires d’abonnements sur Passe Navigo voyageant ponctuellement au-delà de leurs zones souscrites.
    – Créer des tickets « famille » ou « petits groupes », à l’image de ce qui existe à Berlin et dans plusieurs agglomérations en province.
    – Introduire le paiement électronique prépayé, avec une carte type Monéo.
    Pour les abonnements :
    – étendre le dézonage le week-end, actuellement réservé à Imagine’R, à tous les abonnés.
    – En cas de stationnement payant à proximité des gares, étudier la faisabilité d’inclure celui-ci à tarif préférentiel dans l’abonnement.
    – Envisager des abonnements low-cost pour les courts trajets. Par exemple, proposer une carte à 30 ou 40 euros par mois donnant accès à une seule ligne de bus, de manière à réduire l’avantage du faible coût marginal de la voiture sur les trajets courts.

    Les autres besoins de financement

    Nous considérons que la première attente des Franciliens réside dans la densité de l’offre de transport et, pour les mieux servis, dans la qualité de service. A juste titre, elle est jugée souvent médiocre par les usagers. Ils n’admettent pas de payer plus chers quand elles ne s’améliorent pas.
    C’est pourquoi les mesures tarifaires ne devront pas remettre en cause les investissements en faveur de la qualité de service ni les renforts d’offre, notamment sur les réseaux de bus de banlieue. Comme le prévoit le projet de PDUIF adopté par le Stif, pour atteindre l’objectif d’augmenter l’offre TC de 25 % d’ici 2020, il est indispensable de consacrer dès 2012 au moins 40 millions d’euros par an à ces renforts, indépendamment des coûts pour l’exploitation des lignes de tramways et métros prolongées l’an prochain.
    Plus globalement, l’ampleur des besoins de financement en fonctionnement, les marges de manœuvre limitées des collectivités locales et la fragilité des recettes du versement transport (très sensible à la croissance économique) laissent craindre des difficultés pour boucler le budget du Stif dès 2012. Les tarifs ne doivent pas être la variable d’ajustement de ce budget. Il faut donc rechercher de nouvelles ressources. Le « rezonage » du versement transport accordé par le législateur n’est clairement pas suffisant.   
     

  • Flers reprend la main sur ses transports scolaires

    La communauté d’agglomération du Pays de Flers (14 communes et 30 000 habitants) a décidé de créer une régie pour exploiter les transports scolaires de l’agglomération. Cette décision intervient alors que le contrat de l’exploitant actuel, Veolia Transport Normandie Interurbain (VTNI), arrive à échéance au 31 août 2012. Pour la CAPF, il s’agit de faire travailler des entreprises locales, dont certaines assurent déjà le service, mais en sous-traitance pour VTNI. La communauté d’agglomération espère aussi réduire sa facture, en passant de 1,6 million d’euros actuellement par an à 1,2 million environ. Elle constate en effet que la mise en concurrence ne porte pas assez ses fruits. Ce qui l’a conduite à créer cette régie. Elle n’exclut pas d’ailleurs de passer sous le même statut les transports urbains, même si cela est plus compliqué : achat et entretien de matériel, emploi de conducteurs et gestion de l’entreprise.
     

  • RATP Dev remporte Charleville-Mézières

    Cœur d’Ardennes, la communauté d’agglomération de Charleville-Mézières, autorité organisatrice des transports dans l’agglomération, a attribué, le 15 novembre, l’exploitation de son réseau de bus Transports en communs de Charleville (TAC) à RATP Dev. Le nouveau contrat de délégation de service débutera le 1er janvier 2012 et rapportera 28 millions sur cinq ans à l’entreprise de transport. Le réseau de bus TAC dessert 9 communes autour de Charleville-Mézières et près de 75 000 habitants.

     

  • Quelles solutions de mobilité pour les villes moyennes en 2030

    Quelles solutions de mobilité pour les villes moyennes en 2030

    Est-ce que les transports ne peuvent pas contribuer à faire évoluer l’urbanisme ? Cela fait plus de dix ans qu’on l’affirme : il faut cesser d’adapter les transports à un urbanisme par trop diffus. Mais, dans les faits, rien ou presque ne bouge. Et sachant que 60 à 70 % de la ville de 2050 sont déjà construits, c’est dès aujourd’hui qu’il faut faire les bons choix. Dans une étude prospective sur la mobilité dans les villes moyennes françaises à l’horizon 2030, Véronique Lamblin, directrice d’études chez Futuribles, et Marie-Hélène Massot, chercheuse au LVMT, tentent de montrer à quel point il est important de renverser cette tendance et de faire en sorte que services des transports et agences d’urbanisme travaillent main dans la main. Les alternatives à la mobilité automobile sont encore trop peu nombreuses ou peu structurées, ont-elles constaté.
    Les études touchent le plus souvent les métropoles, mais quid du gros du bataillon des villes françaises ? L’étude Futuribles peut potentiellement intéresser les trois quarts des villes françaises, puisqu’en incluant Grenoble et Rennes dans son champ, les auteurs ont adapté la définition de la ville moyenne et au final exclu seulement les quinze plus grandes agglomérations de France. Ainsi, si la Fédération française des villes moyennes (FFVM) place le curseur à 100 000 habitants, pour l’Union européenne, le seuil maximal est entre 250 000 et 300 000 habitants, et pour l’Insee, la limite de la ville moyenne est à 300 000. Avec des villes comptant jusqu’à 500 000 habitants, Futuribles et l’Ifsttar ont donc adopté une définition haute. Une approche qui semble « un peu large » à Nicole Gibourdel, déléguée générale de la FFVM. « Cette étude nous a appris assez peu de chose, déplore-t-elle. Le fait que le rééquilibrage entre les transports en commun et la voiture est un challenge ou que les publics captifs ont plus tendance à emprunter les transports, on le savait déjà ! »
    Elle souligne aussi que trois sujets de préoccupation majeurs des villes moyennes ne sont pas abordés : « La desserte des quartiers sensibles, l’amélioration des quartiers de gare, des solutions pour les déplacements professionnels, beaucoup d’entreprises se situant aux limites du territoire des agglomérations, elles sont exclues des dessertes collectives. Ces questions de limite géographique et d’intégration de leur hinterland proche trouveront peut-être des solutions dans les futurs pôles métropolitains… », espère Nicole Gibourdel. Pour autant, l’étude n’enfonce pas que des portes ouvertes ! « Elle remet en cause certaines idées reçues, souligne Véronique Lamblin. Par exemple, que la voiture peut devenir un transport public si elle est partagée, ou qu’instaurer des lignes virtuelles est plus rentable qu’une desserte régulière avec une fréquence à la demi-heure. »
    Débutée en février 2010, la recherche s’est achevée en avril 2001, après cinq phases successives. La première a consisté à poser un diagnostic pour construire une typologie issue de l’approche sociale de la mobilité. On y note ainsi que le critère discriminant des revenus n’a pas d’influence directe sur la mobilité mais plus sur la localisation géographique des ménages. Dans une deuxième phase, les responsables ont réuni les douze souscripteurs pour discuter de la consistance d’une offre de mobilité « souhaitable et désirable ». Le recensement – avec l’aide d’experts extérieurs – de 47 expériences originales dans un cahier d’innovation a permis de passer ensuite à la phase 4 : la construction de scénarios, d’abord de contexte, c’est-à-dire de demande sur la base de dix variables (caractéristiques socioéconomiques et déterminant des politiques publiques locales comme le foncier, le logement…), puis de scénarios d’offres.
    Pourquoi avoir scindé les choses ainsi ? « Parce que demande et offre n’évoluent pas au même rythme, la première est plus rapide que la seconde, explique Véronique Lamblin. Ensuite, parce que ce ne sont pas les mêmes acteurs : d’un côté, on a les ménages, de l’autre, les collectivités, les élus, qui donnent aussi les permis de construire… » Puis, « sur chaque variable, nous avons construit des hypothèses en nous inspirant notamment des innovations », poursuit la directrice d’études de Futuribles. Constat : « Les meilleures innovations sont plus souvent socioorganisationnelles que techniques », souligne-t-elle. La dernière phase a consisté à présenter les scénarios aux collectivités locales partenaires, les confronter à leur propre vison de la mobilité dans leur ville dans vingt ans. Pas de réaction de rejet, même si les logiques sont parfois poussées un peu loin. « On a fait les choix avec eux pour qu’ils puissent se les approprier », dit Véronique Lamblin. L’étude est d’ailleurs en ligne gratuitement, à la disposition de toutes les Aotu intéressées.
    Si le scénario 1 est le moins volontariste, il est aussi économe en deniers publics, ce qui n’est pas rien par les temps qui courent. Le 4e prend le parti de tout faire payer à l’automobile par une forme de péage transposé à la ville moyenne. « En Hollande, ces boîtiers mouchards sont à l’étude pour faire payer la TIPP en fonction des déplacements réels, avec des tarifs modulables : schématiquement, plus chers en ville aux heures d’affluence que la nuit à la campagne », explique-t-elle. L’invention d’une « méta-autorité » est peut-être l’une des idées les plus originales de l’étude. « Un opérateur public ou privé, qui peut-être constitué de la réunion de l’AO et de son transporteur, dont l’utilité est de récupérer l’information de mobilité en provenance de tous les capteurs et de la redistribuer. » Chaque schéma proposé dans le rapport s’appliquera plus ou moins bien à une agglo donnée en fonction de sa maîtrise de l’étalement urbain. Et qu’on le veuille ou non, on en revient toujours à la même problématique : « Le nœud gordien, c’est où densifier ? où ne pas construire ? Sans coordination sur le foncier, on va droit dans le mur. » Qui réussira à le trancher ?
        

    Cécile NANGERONI
    http://futuribles.com/pmvmaccueil.htm

     

    Quatre scénarios pour maîtriser la mobilité et les émissions de polluants

    Objectifs : améliorer l’accès, maîtriser les dépenses publiques et les émissions de CO2. En combinant les hypothèses établies sur les cinq variables clés de la politique de transport – à savoir : la conception de l’offre, les infrastructures, les services interurbains, les services de l’aire urbaine et la régulation du trafic – les auteurs ont élaboré quatre scénarios. A noter que chacun des scénarios prévoit l’instauration d’une tarification solidaire des transports en commun, c’est-à-dire en fonction des revenus et non plus d’un statut (jeune, retraité, étudiant, etc.).

    1. La fluidification du trafic par la régulation

    Prenant en compte les contraintes financières des collectivités locales, ce scénario prévoit de rationaliser l’offre des transports urbains et interurbains en ne conservant que les lignes structurantes des réseaux, tout en favorisant les modes doux et en régulant l’usage de la voiture thermique (zones 30, parkings équipés de capteurs…). Il s’agit principalement de mieux maîtriser les revenus issus de l’automobile et de fluidifier le trafic en utilisant les systèmes d’information à la mobilité (itinéraires, places de stationnement disponibles) en instaurant une « tarification plus automatisée des parkings et des infractions d’usage (amendes) », précisent les auteurs. Petit inconvénient : pénaliser davantage qu’aujourd’hui le périurbain puisque l’offre TC est sensiblement réduite.


    2. Une politique volontariste de transports en commun

    C’est grosso modo ce qui a été appliqué durant ces vingt dernières années : la voirie est aménagée de façon à privilégier les transports en commun (TC), la marche et le vélo. Vers 2020, la ville dense est réservée aux véhicules « zéro émission » et au transport public. En contrepartie de cette restriction, ce dernier est renforcé : davantage de lignes, de fréquences, de transport à la demande. De plus, des véhicules propres sont proposés en système partagé. La tarification solidaire est intégrée à un passe multiservice, incluant des services municipaux notamment. Point important : une émanation de l’AO, dénommée « méta-autorité » est créée. Son rôle ? « Gérer en temps réel l’information sur tous les flux de transport et sur le stationnement. Elle peut intervenir en temps réel sur l’offre des opérateurs ou la signalisation en cas de problème », est-il expliqué.

     

    3. Miser sur les investissements et la technologie pour donner la priorité à l’environnement

    Plutôt que de renforcer des TC structurellement sous-utilisés, les AO investissent prioritairement dans des services de véhicules partagés dont l’avantage est d’être accessibles 24h/24, financés en partenariat public-privé. Des capteurs sont noyés un peu partout dans la chaussée, permettant une fine régulation de la circulation, les limitations de vitesse sont abaissées et la ville dense interdite aux véhicules polluants. Comme dans le scénario 2, une méta-autorité est instaurée, qui mettra de plus toutes ses données en accès libre de façon à permettre à des opérateurs publics ou privés ainsi qu’aux citoyens de proposer des améliorations de l’offre, des nouveaux services. « Ce scénario implique des investissements importants, précisent les auteurs. Mais à terme, les coûts de fonctionnement sont moindres que dans le scénario 2, puisque les véhicules partagés sont conduits par l’usager. » Ce sont en effet les salaires des conducteurs qui pèsent le plus lourd dans la facture TC. Afin de rendre le service de voitures en libre service accessible à tous, il est bon de prévoir un lot de véhicules qui se conduisent sans permis. Un passe multiservice urbain complète le tout.

     

    4. Développement durable avec recentrage sur l’aire urbaine

    C’est le scénario le plus futuriste et le plus volontariste. Il repose sur une adaptation du principe du péage urbain, les ressources récoltées payant directement les nouvelles infrastructures de transport. A l’instar des boîtiers mouchards équipant les camions, un boîtier émetteur-enregistreur deviendrait obligatoire pour circuler en voiture en ville ! Son utilité ? Pouvoir faire payer l’automobiliste en fonction de son utilisation de la voirie. Le montant du péage serait en effet « fonction des externalités générées par le véhicule : heures de congestion, pollution, véhicule partagé ou non… », expliquent les chercheuses. Les voitures partagées zéro émission bénéficieraient par exemple d’un tarif réduit important sur le montant du péage. « Le boîtier n’a rien de nouveau, nous proposons juste d’en faire une utilisation différente, explique Véronique Lamblin de Futuribles. Tous les constructeurs s’en servent pour réaliser les tests sur leurs véhicules. Il est aussi présent avec une géolocalisation dans la plupart des véhicules de location. » Conclusion : pas d’interdiction de circuler dans cette hypothèse, mais une tarification solidaire incluant tous les modes de transports, dont la voiture particulière. Ce modèle reste coûteux, même si la voiture privée finance le transport public…    

    C. N.

     


    « Les innovations sont plus vives que dans les grandes métropoles »

    Marie-Hélène Massot, directrice adjointe du Laboratoire ville, mobilité et transport de l’Ifsttar

     

    Ville, Rail & Transports : Qu’est-ce qui a motivé le lancement de cette étude ?
    Marie-Hélène Massot :
    L’idée de travailler sur des villes de taille moyenne, sur lesquelles très peu d’études existent. D’analyser comment, pour organiser la mobilité, elles se mettent en satellite de grandes métropoles ou bien restent isolées, et de voir comment on constitue une empreinte régionale avec ce tissu de villes moyennes. Au départ, l’étude ne comprenait pas d’agglomérations de 500 000 habitants. Inclure Rennes et Grenoble a toutefois permis de comparer les fonctionnements institutionnels selon la taille des agglos : les plus grosses rencontrent plus souvent des blocages institutionnels.

    VR&T : Quels principaux enseignements en tirez-vous ?
    M.-H. M. :
    Les innovations, qu’elles soient organisationnelles ou techniques, sont plus vives dans ces terroirs que dans les grandes métropoles, car justement les marges de manœuvres politiques et sociales sont plus larges. Quand une volonté d’agir existe dans une ville moyenne, on se met tout de suite autour de la table et l’idée aboutit vite. Ce sont des territoires à construire plus que des territoires très constitués. Un exemple : Chambéry et Aix-les-Bains, distantes d’une vingtaine de kilomètres, ont des plans de déplacements urbains interpénétrés. Bref, l’innovation provient davantage des villes moyennes, sous condition toutefois qu’elles soient en croissance économique. C’est quand même la croissance qui conditionne le tout. Cependant, même avec des moyens financiers limités, il est possible de mener des politiques originales.

    VR&T : Est-ce que l’un des 4 scénarios d’offres envisagés dans votre étude serait à privilégier dans les villes moyennes ?
    M.-H. M. :
    C’est la « loi » des scénarios que d’être des images figées. Aucune ville susceptible d’être intéressée par l’étude ne se retrouvera complètement dans un seul scénario, mais chacune d’entre elles pourra tirer quelques éléments de l’un ou de plusieurs scénarios : des choses adaptées à sa configuration géographique, son contexte social, son urbanisme… Il y a de toute façon des services innovants à répliquer. Par exemple, une desserte du périurbain par des services malins comme un transport à la demande mis en place en mutualisant le matériel, en l’occurrence les autocars ou minibus scolaires. De plus, la congestion n’est pas présente partout. Dans les villes moyennes, une « ville sans voitures » n’est souvent pas possible car il n’y a aucun problème de stationnement. D’ailleurs, même dans les métropoles, le péage urbain, on en discute entre experts, mais on n’en parle pas en termes politiques…

    Propos recueillis par Cécile Nangeroni

     

    Carte d’identité de l’étude

    L’étude « Prospective de la mobilité dans les villes moyennes françaises » a été initiée par le groupe Futuribles, association internationale de prospective assurant veille, formation, études et recherches en souscription sur des problématiques économiques, sociales, environnementales… Futuribles est aussi une revue mensuelle de prospective. Enfin, le groupe propose une activité de conseil aux entreprises ou organismes publics. Cette étude a été codirigée par Véronique Lamblin, directrice d’études prospectives chez Futuribles depuis dix ans – elle avait auparavant travaillé treize ans chez Renault, notamment à la direction de la stratégie –, et Marie-Hélène Massot, docteur en économie des transports et spécialiste de la socioéconomie des transports et de la mobilité urbaine. Directrice adjointe du Laboratoire ville, mobilité et transport (LVMT) de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar) et directrice de recherche, elle anime le programme de recherches « Mobilités et métropolisation » mené par quelque 20 chercheurs. Les douze partenaires et souscripteurs (collectivités locales, entreprises…) de cette étude sont : l’Ademe, l’Agence d’urbanisme de Rennes (Audiar), la communauté urbaine Dunkerque Grand Littoral, l’institut Eifer (European Institute for Energy Research, laboratoire commun entre EDF et l’université de Karlsruhe), France Incendie, la communauté d’agglomération du Pays de Vannes, la Maïf, le conseil général du Morbihan, la région Rhône-Alpes, le SMTC de Grenoble, l’Agence d’urbanisme de Lorient (Audelor), le groupe PSA Peugeot Citroën.

  • 70 % des seniors boudent les transports publics

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    Contrairement aux idées reçues, le mode de déplacement le plus utilisé par les seniors reste la voiture, plébiscitée à 66 %. C’est l’un des résultats du 4e « baromètre grand âge » de l’assureur Mondial Assistance et du magazine Notre Temps, qui ont demandé à TNT Sofres de passer en revue les habitudes de déplacements des plus 70 ans sous trois aspects : la voiture, les transports en commun et les voyages. Aujourd’hui, 6 seniors sur 10 prennent encore eux-mêmes le volant et 91 % le font au moins une fois par semaine. En revanche, ils ne sont que 29 % à prendre les transports publics. Principales raisons invoquées : le maillage insuffisant du réseau (45 %) et les progrès à faire en matière d’accessibilité (23 %). Seules exceptions : à Paris, 53 % des seniors se servent des transports en commun et ils sont 50 % dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants. Ceux qui les empruntent s’en disent satisfaits à 84 %, et c’est le bus qui a leur préférence (70 %), le métro ne séduisant que 8 % d’entre eux, sauf dans la région parisienne : 35 %.

  • Le Centre va subventionner les navetteurs vers l’Ile-de-France

    Le Centre va subventionner les navetteurs vers l’Ile-de-France

    Les navetteurs Orléans – Paris, et plus généralement les Vendômois ou Tourangeaux travaillant en Ile-de-France, ne débourseront plus que 75 euros maxi par mois pour gagner leur entreprise quotidiennement. C’est la mesure que vient d’adopter le conseil régional
    du Centre, qui va subventionner la « mobilité professionnelle des salariés », accentuant ainsi le phénomène de « banlieurisation » de la région. En adoptant, le 20 octobre, une « aide complémentaire à la mobilité professionnelle des salariés », le conseil régional du Centre a voulu donner un « coup de pouce au pouvoir d’achat ». Cette aide bénéficiera aux salariés porteurs d’un abonnement SNCF de plus de 150 euros par mois. Après la prime transport due par l’employeur, l’abonné ne doit pas supporter in fine une charge mensuelle de plus de 75 euros, soit un trajet inférieur à 2 euros en 2de classe. Cette mesure est valable pour les trains TER, Transilien ou TGV, ce qui va d’abord favoriser les salariés partant travailler chaque matin en région parisienne. Pendant longtemps, la région a fait du développement endogène une priorité inaltérable. « Mais la réalité est là, constate François Bonneau, président PS de la région, l’emploi et la matière grise sont d’abord concentrés en Ile-de-France et les coûts de transport pèsent de plus en plus sur le pouvoir d’achat. » Au total, 8 000 abonnés (dont 1 900 au départ d’Orléans, 700 de Chartres ou 500 de Montargis) devraient bénéficier de cette aide dès son lancement, le 1er janvier prochain. De fait, le dispositif bénéficiera à de nombreux cadres (notamment utilisateurs du TGV au départ de Tours et de Vendôme). Faute de pouvoir obtenir une carte Orange (uniquement disponible dans une ville régionale, Malesherbes), la région créée donc son propre dispositif qui, pour certains, « pourrait accentuer le déménagement régional ». De plus en plus de salariés régionaux travaillent en effet en Ile-de-France, alors que de nombreux Franciliens déménagent désormais dans les « franges franciliennes », accentuant le phénomène de « banlieurisation » et le développement de vastes zones pavillonnaires.

    « Coût exponentiel » ?

    En effet, près de 85 % des abonnés « domicile – travail » éligibles à cette aide travaillent en région parisienne. En cinq ans, la région Centre a ainsi accueilli 87 000 entrées de Franciliens, leur seconde terre d’accueil après Paca. Et chaque année ce sont près de 1 500 familles franciliennes qui s’installent dans l’agglomération orléanaise. C’est pourquoi Xavier Beulin, président du CESR, parle du nouveau dispositif régional comme « d’une contribution à une nouvelle culture de la mobilité et à l’aménagement du territoire régional ». Pourtant, Jean-Michel Bodin, vice-président de la région en charge des transports et initiateur de cette aide réclame de la vigilance : « Ce dispositif est-il une aide à l’aménagement du territoire dans le bon sens ou dans le sens inverse ? », se demande-t-il. De plus, selon lui, son coût pourrait aussi devenir « exponentiel », avec une charge de 5,2 millions d’euros en 2012, puis 6 millions en année pleine. Et cela d’autant plus que d’ici à 2020 le conseil régional veut augmenter de 50 % la fréquentation de ses trains, en particulier sur Chartres – Paris, où l’arrivée de 13 nouvelles rames en 2013 et le cadencement vont dégager de fortes capacités. Cette aide régionale pourrait donc constituer « un appel d’air » pour accentuer la « banlieurisation » de la région. C’est d’ailleurs pourquoi Charles-Eric Lemaignen, président de l’Agglo d’Orléans et membre du bureau du Gart, aurait préféré d’autres priorités comme, « l’investissement de la région sur les lignes malades » au départ de Chartres et Orléans vers Paris.
        

    Jean-Jacques TALPIN

  • Alstom et Colas poseront la voie du tram de Besançon

    Le 28 octobre, la communauté d’agglomération du Grand Besançon a attribué la construction du lot infra 1 de sa première ligne de tramway (7,1 km pour 13 arrêts) au groupement formé par Sacer PNE, Screg Est et Roger Martin pour le génie civil, avec Colas Rail et Alstom Transport pour la pose de la voie (contrat chiffré à « plus de 40 millions d’euros » pour les deux sociétés du groupe Bouygues, dont 7 millions pour Alstom Transport). Les travaux de génie civil démarreront en janvier 2012, Alstom Transport et Colas Rail entameront les travaux de pose de voie au printemps 2012 et la livraison de la ligne est prévue pour fin 2013.