Résultats de recherche pour « LOM »

  • Avis favorable pour le contournement ferroviaire nord de Lyon

    La commission d’enquête a émis le 19 septembre un avis favorable au projet de contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (CFAL), partie nord. Mais elle a aussi assorti son approbation de cinq réserves, notamment la nécessité de réaliser le contournement ferroviaire de Bourg-en-Bresse et d’Ambérieu-en-Bugey au plus tard cinq ans après la mise en service du CFAL Nord. Elle suggère également de mettre en place une commission de concertation et de suivi avec un garant jusqu’à la mise en service de l’infrastructure. Le Conseil d’État doit maintenant se prononcer sur le projet dans un délai de 18 mois maximum. Le décret déclarant le projet d’utilité publique interviendra avant la fin 2012.
     

  • Blois : la hausse du versement transport fait débat

    En mars dernier, Agglopolys, la communauté d’agglomération de Blois (Loir-et-Cher), avait décidé de porter de 0,6 à 0,8 % le taux de son versement transport. Cette taxe effective depuis le mois de septembre a suscité une levée de boucliers des entreprises et de leurs représentants (Medef, CGPME et CCI 41), qui dénoncent le fait de « n’avoir été ni consultés ni avertis ».  Mais pour l’agglomération cette hausse est indispensable pour équilibrer ses comptes depuis que la taxe professionnelle a été supprimée. Agglopolys intervient notamment pour moderniser son réseau de bus en finançant un nouveau dépôt et en préparant une nouvelle DSP pour 2012. Cette évolution se fait dans la douleur, avec un mouvement de grève suivi par une partie du personnel durant une semaine début septembre.
     

  • En deux jours, Lyon a révolutionné ses bus

    En deux jours, Lyon a révolutionné ses bus

    A 4h22 du matin, Nicolas et Giovanni ont quitté le dépôt Alsace au volant de leurs Cristalis, des trolleybus articulés flambant neufs, pour rejoindre Cuire et Vancia, au nord de Lyon. Ces conducteurs pionniers de la mise en service d’Atoubus sur deux lignes fortes (C1 et C5) seront suivis quelques minutes plus tard par Gilles Thénard, qui inaugure la toute nouvelle ligne C2(*), programmée pour ce premier jour d’Atoubus, l’ambitieuse opération de restructuration en profondeur et d’amélioration du réseau de surface des TCL.


    Cette nouvelle ligne est tout un symbole de la démarche visant à mieux s’adapter aux changements de mode de vie des clients et à l’évolution de l’agglomération urbaine. C2 s’affirme ainsi comme l’une des 26 lignes fortes créées par Atoubus, elle apporte une offre supplémentaire attractive – avec du matériel neuf et des horaires cadencés – et dessert une commune importante au nord de Lyon, Rillieux-la-Pape, densément peuplée et dotée d’une zone d’activités dynamique. Dès le premier jour de mise en œuvre d’Atoubus, les responsables du Sytral et des TCL (Keolis Lyon) se sont félicités des résultats du lancement de l’opération, les 132 lignes réorganisées fonctionnant « avec une ponctualité et une régularité très satisfaisante, de façon conforme à la moyenne nationale ».


    Sur la forme, la mécanique de mise en place d’Atoubus, longuement préparée en amont, a donc tenu ses promesses. D’ailleurs, s’ils ont conscience de participer à un mouvement de grande ampleur, beaucoup de conducteurs que nous avons rencontrés le 29 août dans les trois dépôts d’Alsace, des Pins et de Vaise reconnaissent que leur travail au quotidien continue comme avant. Sur le fond, la restructuration opérée par Atoubus tire le réseau vers le haut, avec une offre de trois millions de kilomètres supplémentaires (+8%) grâce à la réorganisation des itinéraires, le recrutement de 250 conducteurs et l’acquisition de 79 véhicules articulés. Au bout du compte, l’objectif est d’augmenter de 10 % d’ici fin 2012 la fréquentation des bus, qui représente actuellement 500 000 voyages par jour sur un total de 1,4 million de voyages.


    L’objectif semble facile à atteindre, selon Michèle Vullien, maire de Dardilly et élue du Sytral en charge du plan Atoubus : « La tendance est favorable aux transports en commun depuis plusieurs années, Atoubus va renforcer ce cercle vertueux par rapport à la voiture, qui voit sa part de marché en baisse continue à Lyon. » L’élue, connue comme grande utilisatrice des TCL, estime que le changement peut perturber certains clients, et même inquiéter certains maires, mais reste confiante : « Il faut laisser aux voyageurs entre trois à six mois pour s’habituer. » Selon elle, la concertation menée entre l’automne 2009 et le printemps 2010 avec les maires des 65 communes du périmètre Atoubus a permis de régler la grande majorité des problèmes. Les élus ont fait part de leurs remarques, souvent en relayant celles de leurs administrés, qui ont été traitées jusqu’à fin 2010.


    Si des modifications – remontées à partir du terrain – peuvent encore être envisagées, « elles seront marginales », concède Michèle Vullien, en réfutant certaines récriminations. Par exemple sur la ligne 3, qu’elle pratique au quotidien : « Il est reproché à Atoubus de “couper” (décaler la correspondance) la ligne dans le centre-ville alors qu’elle bénéficie de 23 bus supplémentaires par jour. Quelques clients occasionnels peuvent se plaindre, mais les abonnés y trouvent leur compte », dit-elle en définissant Atoubus comme « le réseau du futur ». Un projet devenu réalité, pour lequel le personnel des TCL a décidé de pavoiser les bus, une tradition habituellement réservée aux jours de fête nationale et de la foire de Lyon.     

    Claude Ferrero

     

    Un coût de 40 millions d’euros

    Le budget d’Atoubus est évalué à 40 millions d’euros, dont la plus grande partie (30 millions) est consacrée à l’achat de 79 véhicules livrés en 2011. Le solde se répartit entre le changement de signalétique, les aménagements dans les dépôts (aires de stationnement, dispositifs de maintenance en hauteur pour les nouveaux trolleybus, etc.), les aménagements de voirie (terminus, accès aux dépôts…) et la communication auprès du public (sites Internet, 1,2 million de plans, 2,4 millions de fiches horaires, etc.).
    Les TCL ont aussi informé sur le projet Atoubus directement au contact des voyageurs depuis le printemps avec des minibus sur les marchés et les lieux publics. Pour le lancement, les TCL ont mobilisé 470 agents d’information dans 80 points stratégiques, du 24 août au 10 septembre : agents médiateurs AMIS, salariés de Keolis et intérimaires, dont une trentaine de jeunes retraités de Keolis Lyon.

     

    35 000 panneaux d’informations changés en deux jours

    Si le projet Atoubus a pris deux ans et demi de préparation entre les services du Sytral et de Keolis Lyon, le changement de signalétique traduisant sa nouvelle identité visuelle a été une affaire rondement menée pendant le week-end du 27-28 août, la veille de la mise en service. Il s’agissait d’afficher les nouveaux itinéraires et les nouveaux horaires des nouvelles lignes sur pas moins de 4 000 points d’arrêt du réseau et sur les plans embarqués des bus, du métro et des tramways. Soit au total quelque 35 000 supports à revêtir de la nouvelle signalétique affichant les 26 lignes majeures (en C), les 71 lignes complémentaires et les 35 lignes spécifiques d’Atoubus. En outre, 230 points d’arrêts supplémentaires ont été créés pour l’occasion.
    Pour réussir à dévoiler la nouvelle signalétique en deux nuits et une journée avec 120 agents, les promoteurs d’Atoubus ont procédé en deux temps. Le plus gros du travail a été réalisé en amont, à partir du 25 juillet, par 70 agents qui ont d’abord installé les nouveaux panneaux de signalétique, puis les ont recouverts d’un adhésif comportant les mentions habituelles de la ligne. Deuxième temps, les 27 et 28 août : les agents n’avaient plus qu’à ôter le masque adhésif pour révéler le changement de signalétique.

  • LGV Est-européenne : Strasbourg en trace directe, objectif 2016

    LGV Est-européenne : Strasbourg en trace directe, objectif 2016

    La réalisation de l’acte II de la ligne à grande vitesse Est-européenne est désormais entrée dans sa phase active. Objectif, une mise en service de ce tronçon long de 106 km au printemps 2016. Un « raccourci » qui fera encore gagner une demi-heure sur l’axe Paris – Strasbourg, ces deux villes étant alors reliées en 1 heure et 50 minutes. Et, bien sûr, cette nouvelle amélioration des temps de parcours profitera à de nombreuses autres destinations, vers l’Allemagne d’un côté, vers l’ouest, le sud-ouest, et le nord de la France de l’autre…
    Les grands chantiers de terrassement et de construction d’ouvrages d’art sont aujourd’hui en pleine effervescence. « Nous avions lancé les premiers grands lots de génie civil en 2010. Aujourd’hui, les dix lots constituant cette deuxième phase, dont trois sont proposés sous forme de conception/réalisation, sont tous attribués et ont démarré au cours de cet été. En parallèle, nous avons lancé l’appel d’offres équipement pour la voie et la caténaire et la base travaux de Réding, également sous forme de conception/réalisation. Les autres consultations – télécommunications, alimentation des caténaires, signalisation, etc. – suivent », explique Alain Cuccaroni, directeur RFF des opérations de la LGV Est-européenne.
    Sur le terrain, dans d’impressionnantes norias, les dumpers chargés de matériaux sains ou déposés, incompatibles avec la structure d’assise, s’activent ; les scrapeurs, bouteurs et autres engins de Guintoli, Valérian ou autre Eiffage brassent et nivellent inlassablement les millions de mètres cubes nécessaires au modelé de la future plateforme. Les entreprises de terrassement doivent profiter de la saison « sèche ». En prenant le maximum de précautions pour éviter toute rencontre impromptue avec ces monstres, mi-août, il était même déjà possible de rouler en véhicule de service sur une partie de la trace, pourtant à l’allure de véritables montagnes russes par endroits.
    Ça et là, quelques ouvrages courants sont d’ores et déjà achevés, même s’ils ne sont pas encore raccordés à la voirie. Le pont-rail du canal des Houillères, par exemple, est en passe d’achèvement. Dans le parc naturel de Lorraine, les deux grands ouvrages de passage supérieur pour la faune – 40 et 45 m de largeur ! – sont aussi presque dans leur état définitif. L’un d’eux a même été découvert par plusieurs centaines de personnes lors d’une « porte ouverte » organisée par RFF, le 18 juin. Plus loin, un saut-de-mouton enjambe déjà la future LGV. Il la reliera à la petite ligne à voie unique de Drulingen, qui vient d’être intégralement réhabilitée sur ses cinq premiers kilomètres, pour offrir la possibilité de relations directes par TGV entre Nancy et Strasbourg. En attendant, elle va permettre d’ici à deux ans aux premiers trains-travaux d’alimenter la ligne nouvelle en matériels de superstructure : les rails, les traverses, le ballast et les installations caténaire stockées sur la future base-travaux de Réding. Quelques piles de plusieurs grands viaducs sont sorties de terre, d’autres sont en cours de ferraillage, des terrains compressibles par création de pieux ou traitements lourds sont confortés… C’est le cas notamment au niveau de l’approche du futur viaduc de la Sarre, près de Sarraltroff, qui marque en quelque sorte la « frontière » entre les 27 km du lot TOARC 41 (terrassement, ouvrages d’art et rétablissement des communications) et les 17 km du TOARC 42. L’ouvrage de 441 m, dont les premiers éléments de la charpente métallique arrivés par convois exceptionnels de l’usine italienne de la société Cordioli & C sont en cours de soudage, franchira une route départementale (RD43), la ligne à double voie Luxembourg – Metz – Strasbourg et la Sarre. Deux de ses huit piles sont achevées, la structure ferraillée de plusieurs autres attend le bétonnage.
    Mais le gros de l’activité règne surtout autour : d’immenses cages d’armature métallique sont en cours de fabrication, et celles achevées sont descendues dans le sous-sol à l’aide d’une grue pour la réalisation des pieux de fondation du viaduc. « Sous son remblai d’accès, qui sera haut de 16 m, long de 470 m et large à la base de 60 m, environ 1 800 inclusions rigides, des colonnes bétonnées d’un diamètre de 600 mm et de 9 m de profondeur sont en cours de réalisation », indique Pierre Nicolas, directeur de projets chez Inexia, la filiale de la SNCF, mandataire d’un groupement avec Arcadis, chargée de la maîtrise d’œuvre des 71 km du tronçon G, la partie Lorraine du projet. Un tronçon dont les sols particulièrement médiocres doivent être impérativement traités avant toute montée de remblais ou création d’ouvrages.
    Quelques kilomètres plus loin, dans la vallée du Bruchbach, ce sont des zones comportant des cavités qui ont été détectées. Des traitements gravitaires, mélange de sablon et ciment, cumulant déjà quelque 1 300 m3, sont injectés sous faible pression dans le sol. Ils sont doublés d’un renforcement en pied de remblai, consistant à dérouler sur une base drainante en matériaux rapportés un géotextile susceptible de parer à d’éventuels fontis jusqu’à 3 m de diamètre.
    Par mesure de sécurité, de nombreux sondages de reconnaissance ont été menés au droit de la future plateforme. Exemple, sur le futur remblai 506, situé dans la vallée du Bruchbach, qui atteindra 2,5 km de longueur, quelque 400 forages cumulant 6 000 m ont été effectués. Un processus similaire va être mené pour le remblai 509 de 1 800 m au droit de la commune de Hérange. « Entre la découverte de toutes ces cavités, principalement sur le lot 42, et le fait d’avoir été contraint de faire plus de purges que prévu, c’est-à-dire de substituer plus de mauvais matériaux, nous avons dû approvisionner 173 000 m3 supplémentaires de matériaux de qualité zone inondable. Le planning est tendu », poursuit Pierre Nicolas.
    Un autre facteur joue beaucoup sur l’avancement des travaux : les conditions météorologiques. Si le printemps s’est montré favorable aux terrassements, juin et surtout juillet l’ont été beaucoup moins. « Nous avons eu cinq jours d’intempéries en juillet, ce qui correspond à plus de 10 mm de pluie en vingt-quatre heures consécutives. Avril et mai ayant été très beaux, les travaux avaient bien avancé et il n’y a pas de retard », explique Agathe Casaert, chargée du suivi des 8 km du lot TOARC n° 43A.
    Confiés à Valérian (mandataire), les travaux, représentant 1,5 million de m3, de déblais ont débuté dès mai 2010 et doivent s’achever pour les grandes masses en fin de cette année. Ce lot, intégrant le futur viaduc de franchissement de l’autoroute A4 construit par Spie Batignolles, se situe sur l’autre tronçon, le H, qui se caractérise par une innovation technique expérimentée lors de la phase 1 : la mise en œuvre d’une couche en grave-bitume sur une trentaine de kilomètres.
    Représentant les derniers 35 km de la LGV, ce tronçon comprend les 7 km du lot 47, caractérisé par le tunnel de Saverne, puis le TOARC 43A de 8 km, et le 43B, un autre TOARC de 15 km, ces lots encadrant le 48, correspondant aux deux viaducs (séparés par un remblai) de la vallée de la Zorn qui franchiront la voie classique Paris – Strasbourg et une route départementale pour le premier, la rivière et le canal de la Marne au Rhin pour le second. La notification pour réaliser ce chantier vient d’être confirmée à Bouygues le 11 juillet dernier.
    Et enfin le 49, lot compact en longueur mais complexe, puisqu’il s’agit des raccordements de la LGV sur la ligne classique à Vendenheim (Bas-Rhin), à l’entrée de Strasbourg, qui vont être réalisés par Razel-Bec. La maîtrise d’œuvre de ce tronçon H est assurée par Setec International. Comme sur le G, de multiples précautions sont prises au niveau des terrassements, qui, au total, représentent environ 6 millions de m3 à extraire, 2,5 millions à mettre en dépôt, le reste servant à l’édification de remblais. Quelque 350 000 m3 provenant du creusement du double tunnel seront par ailleurs réutilisés sur le 49, très déficitaire en matériaux. « La majorité des terrains alsaciens sont constitués de sols fins, difficiles à terrasser par temps humide, avec des marnes en fond de déblais et des matériaux compressibles en fond de vallon », résume Bernard Mitte, de Setec International, directeur maîtrise d’œuvre travaux pour ce tronçon H. Conséquences, de nombreuses mesures sont prises, comme des traitements à la chaux et des préchargements provisoires par d’énormes volumes destinés à accélérer le tassement de l’assise des futurs remblais. La recherche de cavités de dissolution de gypses sous le tracé nécessite, comme sur le lot G, des investigations poussées par géoradar et sondages. Selon leur nature et leur importance, elles peuvent être bouchées au béton, voire, si elles se trouvent en proximité de surface, ouvertes de façon à effectuer une substitution avec du matériau sain.


    Michel BARBERON

     

    Le calendrier des travaux


    -Juin 2010 à 2013, travaux de génie civil
    – Fin 2012 à mi-2015, pose des équipements ferroviaires
    – Mi-2015 à printemps 2016, essais et procédure d’autorisation d’exploitation
    – Printemps 2016, mise en service commercial

     

    Phase 2, les chiffres du génie civil


    – 106 km de plateforme
    – 18,5 millions de m3 de déblais
    – 12,8 millions de m3 de remblais
    – 10,4 millions de m3 de dépôts
    – 129 ouvrages d’art, dont 9 principaux
    – 1 tunnel de 4 km
    – 8 aires de stockage de matériaux de génie civil

  • La LGV Bayonne – frontière renvoyée aux calendes basques

    «La construction de la ligne nouvelle sera subordonnée au constat que la ligne actuelle est proche de la saturation. » Cette déclaration, le 2 septembre, du préfet de la région Aquitaine décale d’au moins quinze ans la réalisation d’une LGV qui, depuis Bayonne, ferait la jonction avec l’Espagne. La saturation était évoquée pour 2020, elle l’est aujourd’hui pour 2035, selon le volume de fret échangé avec l’Espagne. Un « observatoire du trafic » (élus, Etat, RFF) est mis en place, et les sondages amorcés sont différés. Pour autant, le tracé va se préciser sur les 35,6 km prévus dont 8,3 en viaducs et 13,5 en souterrain. Chaque kilomètre en Pays basque revient à 55 millions d’euros, contre 12 dans les plates Landes. La ligne serait mixte (fret/voyageurs), parcourable à 220 km/h avec une seule gare à Bayonne, moyennant deux raccordements.
     

  • Eurolines débute timidement dans les liaisons interrégionales

    Eurolines débute timidement dans les liaisons interrégionales

    Si Eurolines avait fait grand bruit en février dernier pour annoncer son intention de proposer dès le mois de mai plus de 500 trajets entre les régions françaises, la société est cette fois-ci beaucoup plus discrète. C’est sans tambours ni trompettes qu’elle a mis en ligne cet été ses billets pour les six premières liaisons. « Les ventes ont ouvert le 8 juillet sur les six lignes pour lesquelles nous avons obtenu l’autorisation du ministère des Transports, fin juin », se borne-t-on à confirmer au service communication. Il s’agit de dessertes en cabotage, comme le permet le décret d’application.
    Quid des 494 autres lignes envisagées par la filiale de Veolia Transport ? Elles sont visiblement en attente des autorisations ministérielles. « Nous avons pris du retard sur notre agenda et avons un certain nombre de demandes en instances », confirme-t-on laconiquement. Les premières villes concernées sont toutes situées dans l’ouest de la France : Caen, Rouen, Rennes, Nantes et Angers, toutes desservies au départ de Paris. Et s’y ajoute un Rennes – Rouen. Une offre qui s’adresse aux habitués d’Eurolines, dont 46 % de la clientèle sont constitués d’étudiants et de jeunes trentenaires à petits revenus. Huit billets sur dix sont achetés au cours des quatre jours précédant le départ, à des prix garantis « les plus bas du marché ».
    Il s’agit bien de dessertes en cabotage, c’est-à-dire en faisant faire des escales aux autocars effectuant des liaisons internationales, seule possibilité actuellement ouverte par la loi française. Suite à l’autorisation de Bruxelles, en 2010, un décret d’application est paru en novembre 2010, puis un arrêté en janvier 2011, fixant les conditions à remplir pour les opérateurs. Exigence impérative : le chiffre d’affaires réalisé sur la partie nationale doit représenter moins de la moitié de la totalité du CA de la ligne. Les places proposées par Eurolines sont donc puisées dans le stock des invendus des liaisons internationales, qui affichent un taux de remplissage de l’ordre de 60 à 70 %.
    Sur le papier, tout est clair, alors, pourquoi tant de mystère et ce lancement en catimini ? La situation agace un peu le président de la FNTV, Michel Seyt, même s’il salue cette première. « Le ministère des Transports n’est pas en mesure de donner des informations précises sur l’examen et l’avancée des autorisations, on se demande pourquoi, s’interroge-t-il. Nous sommes plutôt en retard par rapport à des pays comme l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne. Avec notre très forte culture du train, c’est comme si la France autorisait ces dessertes de cabotage à contrecœur. »
    Cette ouverture préfigure l’évolution future promue par la FNTV, qui nécessite une révision de la Loti et est en cours de discussion avec le ministère : la mise en œuvre d’une offre interrégionale structurée à l’initiative de deux ou trois régions sans autorisation ministérielle – c’est aussi l’objet de l’amendement d’Hervé Mariton. « Il y a un marché pour l’autocar express, notamment sur des transversales mal desservies en train comme Clermont – Montpellier, estime le président. Nous espérons que quelques expérimentations verront le jour au cours des douze prochains mois… » Il est toutefois à craindre des réticences de certaines régions, qui risquent d’y voir une concurrence avec le TER. Pourtant, la loi a déjà prévu un verrou, puisque dans le cadre du cabotage les AOT peuvent contester une desserte en car qui menacerait l’économie d’une ligne existante.
        

    Cécile NANGERONI

     

    Carte d’identité

    – Eurolines est une association de 32 entreprises de transport privées créée en 1985. La marque fédère le plus vaste réseau de transport par car d’Europe : 600 destinations (Europe et Maroc) au départ de 92 villes de France, mais aussi d’un pays à l’autre (un Sicile – Helsinki ou un Casablanca – Moscou sont notamment proposés).
    – En 2005, Veolia Transport est devenu actionnaire à 100 % du groupe VT-Eurolines, si bien que Veolia détient et exploite la marque en Belgique, en France, aux Pays-Bas et au Portugal, et est en partenariat en Pologne, Espagne et République tchèque.
    – En 2009, 110 millions de kilomètres ont été parcourus sur le réseau Eurolines, qui a accueilli près de 4 millions de voyageurs en 2010.
    – Près de 500 véhicules circulent quotidiennement, soit 2 % des déplacements motorisés intereuropéens.

     

    Le match autocar/train

    Pour chacune des destinations, nous avons interrogé les sites Internet d’Eurolines et de la SNCF, avec une date de départ imminente et une lointaine. A noter que la desserte Eurolines se résume à trois allers-retours par semaine, c’est-à-dire un trajet proposé un jour sur deux, soit les mardis, jeudis, et samedis au départ de Paris. Et si le match tarifaire est parfois serré, le temps de parcours est toujours en faveur du train, a fortiori pour les trois liaisons assurées en TGV. Voici les résultats :

    • Paris – Rouen : dans un mouchoir
    En autocar, le trajet dure 1h45 et le billet ne coûte que 8 €. En train, 1h10 à 1 heure 38 suffit pour un prix de 21,60 € en Intercités tarif normal et de 16 € en Prem’s.

    • Paris – Caen : parfois au même prix
    Eurolines assure la liaison en 3h30, tandis que la SNCF le fait en 1h48 ou 2h34. Le car coûte 15 €, le train 32,90 € en tarif normal, mais on peut trouver un Prem’s pour 15 € !
    • Paris – Angers : kif-kif seulement en Prem’s
    A partir de 17 € le parcours de 4h45 en autocar (parfois à 22, 27 ou 33 €), tandis que le TGV file en 1h30 ou 1h47 et offre des Prem’s à 28 €, et des billets plein tarif loisirs à 58,70 €, des loisirs réduits à 40, 41, 43 ou 46 €, entre autres.
    • Paris – Nantes : gros avantage au TGV
    Il faudra patienter six longues heures dans le car et débourser au moins 22 € (mais il en coûte 27 ou 33 € en dernière minute ou le samedi), alors que le TGV trace sa route en 2h01 (meilleur temps) et au pire 2h22 pour un prix de 58,70 € en plein tarif loisirs, le billet loisirs réduit pouvant descendre à 44 €, le Prem’s étant à 33 €.
    • Paris – Rennes : l’autocar ne fait pas le poids
    Moyennant 24 € et 5h45 d’autocar, les voyageurs qui ne sont pas pressés arriveront à bon port. Le TGV lui emmènera les voyageurs en 2h04 ou 2h31 pour 55,80 € (loisirs plein tarif) ou 35 € s’ils arrivent à dénicher un billet Prem’s.
    • Rouen – Rennes : vive l’autocar !
    Sur cette liaison qui n’est jamais directe en train, la SNCF ne fait pas le poids. Il faut passer par Paris ou Le Mans, voire les deux pour rallier ces deux villes de province, soit un temps de parcours allant de 4h12 à 5h58 pour couvrir 315 km ! Le tarif est à l’avenant : 71,20 € en plein tarif loisirs via Paris, ou 58 € via Le Mans. On peut aussi trouver des Prem’s à 57 ou 61 €. Le match est gagné haut la main par le car qui devrait faire le plein en promettant un trajet de 4h et moyennant un tarif défiant toute concurrence : à partir de 19 € !

  • Orléans : la seconde ligne de tram circulera le 30 juin 2012

    Après deux ans et quatre mois de travaux, les habitants de l’agglomération d’Orléans pourront utiliser la ligne B du tram le 30 juin 2012, le lendemain de l’inauguration officielle. Cette ligne de 11,3 km reliera Saint-Jean-de-Braye à l’est à La Chapelle-Saint-Mesmin à l’ouest, en traversant le centre historique d’Orléans. Pour tenir les délais et respecter le calendrier initial, l’agglomération a dû accélérer les chantiers du centre-ville d’Orléans, en grande partie terminés notamment sur le tronçon équipé en APS. Cette décision a aussi renchéri le coût, qui atteint aujourd’hui 395 millions d’euros. « A la mi-décembre, tous les travaux importants impactant la circulation seront achevés », avance Charles-Eric Lemaignen, président de l’agglo d’Orléans. Plusieurs rames ont déjà été livrées par Alstom et stockées au dépôt de bus de Saint-Jean-de-Braye. Les premiers essais sont programmés en janvier avant une « marche à blanc » entre mai et juin.    

     

    J.-J. T.
     

  • Melun Val-de-Seine repense ses lignes de bus

    Melun Val-de-Seine repense ses lignes de bus

    Le nouveau réseau de bus de la communauté de communes Melun Val-de-Seine a été lancé le 11 juillet dernier. Le nouveau réseau de bus de la communauté de communes Melun Val-de-Seine a été lancé le 11 juillet dernier. Les lignes de l’ancien Transport régional de l’agglomération Melun Val-de-Seine (Tram), jugées trop nombreuses et trop sinueuses (selon une étude réalisée en 2009), ont été totalement repensées, pour être plus lisibles, donc plus faciles à utiliser. Pour marquer ce changement, le Tram est devenu Mélibus.
    Les lignes les plus importantes (A, C, E et F) ont été diamétralisées, permettant ainsi les déplacements du nord au sud de l’agglomération sans changer de bus en gare de Melun. Ce regroupement de lignes a entraîné la suppression ou la modification d’arrêts dans 8 des 14 communes que compte la communauté de communes Melun Val-de-Seine : Dammarie-lès-Lys, Le Mée-sur-Seine, Melun, La Rochette, Livry-sur-Seine, Vaux-le-Pénil, Rubelles et Voisenon.
    Les tracés sont désormais identiques à l’aller et au retour, grâce à une desserte à double sens. Et les horaires sont cadencés sur la majorité des lignes, afin d’être plus lisibles. Les bus passeront donc à intervalles réguliers, tout en assurant les correspondances avec une grande partie des trains en gare de Melun. Les gares du Mée-sur-Seine et de Livry-sur-Seine sont aussi desservies même si les correspondances n’y sont pas programmées.
    Le Stif qui finance 74 % du nouveau réseau de bus, apportera, jusqu’en 2016, une contribution financière annuelle oscillant entre 11,9 et 12,6 millions d’euros en fonction des années. L’engagement financier de la communauté d’agglomération s’élèvera, pour sa part, à presque 2,1 millions, chaque année. Au final, ce réseau coûtera, en budget de fonctionnement annuel, 170 000 euros à l’agglo et 350 000 euros au Stif. Pour l’année 2011, ce dernier subventionne le véhicule supplémentaire nécessaire à la restructuration à hauteur de 113 380 euros.
        

    Y. G.
     

    Près de 8 500 000 voyageurs par an

    Le réseau Mélibus, exploité par Veolia-Transdev pour le Stif, compte 16 lignes au total (semaine, dimanche et jours fériés). Les bus circulent de 5 h à 22 h dans le périmètre de la communauté d’agglomération Melun Val-de-Seine qui réunit 106 000 habitants et 14 communes. Le réseau transporte près de 8 500 000 voyageurs par an.

  • Europorte équipe ses locomotives de balises GPS

    La filiale fret d’Eurotunnel a décidé d’équiper tout son parc de locomotives en balises GPS. A partir de septembre, près de 50 engins moteurs seront équipés d’un système conçu par la société belge Railnova pour suivre en temps réel ses circulations. « Soucieux d’accroître la qualité de service, Europorte a opté pour ce système de géolocalisation intelligente afin d’être en mesure à terme de renseigner davantage ses clients sur le suivi de leurs marchandises », souligne un communiqué d’Europorte du 23 août . « Des données sur l’état des machines telles que la maintenance, les vitesses moyennes, les kilométrages parcourus, la température seront à terme fournies de manière automatisée », précise la filiale du gestionnaire du tunnel sous la Manche.
     

  • L’espagnol Vectalia CFT rempile à Perpignan

    L’espagnol Vectalia CFT rempile à Perpignan

    L a communauté d’agglomération de Perpignan-Méditerranée a reconduit le 11 juillet la Corporation française des transports (CFT) au titre de délégataire de service public de son réseau d’autobus CTPM pour les huit prochaines années. L a communauté d’agglomération de Perpignan-Méditerranée a reconduit le 11 juillet la Corporation française des transports (CFT) au titre de délégataire de service public de son réseau d’autobus CTPM pour les huit prochaines années. La CFT, qui est titulaire de cette délégation depuis 1998 renouvelée en 2004, était en concurrence avec Veolia-Transdev et la RATP, Keolis s’étant retiré de la compétition. Si la continuité semble de mise à Perpignan, l’une des rares délégations française de cette société espagnole avec Amiens et Sète-Bassin de Thau, elle cache deux nouveautés. D’abord la CFT, filiale du premier groupe privé de transport urbain espagnol Subus par l’intermédiaire de Vectalia France, a vu entrer à son capital les Transports métropolitains de Barcelone (TMB) à hauteur de 20 % en début d’année, peu avant l’ouverture de la compétition. Cela a permis au sortant de promettre une complémentarité tarifaire entre Perpignan et la capitale catalane via les liaisons ferroviaires nouvelles permises par la ligne à grande vitesse du tunnel du Perthus. Cela a aussi permis au puissant réseau barcelonais de mettre un pied en France. Par ailleurs, la CFT s’est engagée à donner une dimension nouvelle au réseau perpignanais pour un coût inférieur à ses compétiteurs, dont les objectifs en terme de trafic étaient un peu supérieurs. Avec 10 km de BHNS dénommé Bustram, en cours de finalisation d’ici 2012, et une amplitude horaire augmentée jusqu’à une heure du matin pour certaines des 29 lignes du réseau, la CTPM compte passer de 9 à 14 millions de voyageurs en 2014. La facture est de 24 millions d’euros par an contre 23 précédemment, ce qui a fait dire à Jean-Paul Alduy, président de l’agglomération, au quotidien L’Indépendant : « On doit être parmi les moins chers de France ! »    
        

    Michel Gabriel LEON