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Chine : lancement d’une ligne vers la Birmanie
La construction d’une ligne à double voie de 330 km a été lancée entre le sud de la Chine et la frontière birmane, à travers un terrain montagneux. Longue de 196 km, la première section de cette ligne reliera la ville frontière de Ruili à Baoshan. Poursuivant vers l’est, la deuxième section se connectera au réseau ferré chinois à Dali, dans la province du Yunnan. Sur cette ligne, dont plus de 75 % du tracé sera en tranchée ou en tunnel, la vitesse autorisée sera de 140 km/h. La poursuite de cette infrastructure côté birman et sa connexion au réseau ferré du pays pose encore des questions. Déjà, le point le plus au nord atteint par le rail en Birmanie se situe à une centaine de kilomètres de la frontière… Mais surtout, l’écartement n’est pas le même en Birmanie (voie métrique) et en Chine (voie normale).

Saclay : François Lamy salue la première convention d’AOP en Ile-de-France
François Lamy, président de la Caps (communauté d’agglomération du plateau de Saclay), a salué le 1er juin la première convention d’AOP en Ile-de-France. Les signataires de cette délégation conclue le jour même avec le Stif sont, outre la Caps, la communauté d’agglomération de Versailles Grand Parc, la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines et la commune des Ulis. Mais pas Europ’Essonne, regrette David Bodet, vice-président de la Caps, en charge des déplacements, qui précise : « La porte reste grande ouverte car les usagers ont tout à gagner de cette gestion de proximité. Hicham Affane, conseiller régional et administrateur du Stif se félicite de cette décision, qui « permettra d’inclure les 17 lignes de bus actuellement gérées par la Caps dans la délégation de compétence ».

Pour les militants Verts franciliens, le passe unique est une impasse
C’est un comble, ils en étaient les initiateurs, ils veulent maintenant l’abandonner… Réalisme économique oblige, les écologistes ne sont plus unanimement favorables au passe Navigo à prix unique. « Le passe unique est une impasse. Contrairement à nos promesses, il coûtera plutôt 80 euros que 65 euros. Il ne rajoute rien en termes de solidarité, favorise les cadres et les grands banlieusards aisés au détriment des ménages défavorisés de l’agglomération dense. » Cette motion en faveur de l’arrêt du développement du Navigo à tarif unique en Ile-de-France a été adoptée par 70 % des militants Europe Ecologie-les Verts lors de leur congrès régional du 29 mai. Et ce malgré l’indéfectible soutien d’Yves Contassot, de Jean-Vincent Placé ou de Cécile Duflot, qui continuent de croire à cette promesse de campagne. Mais d’après les premières études, un passe unique pénaliserait plus de monde qu’il n’en avantagerait car pour maintenir l’équilibre budgétaire il faudrait le mettre à 79 ou 89 euros…
C’est l’ancien président de la commission transport au conseil régional d’Ile-de-France, Jean-Pierre Girault, qui a été l’instigateur de la motion. « Avec les 20 millions d’euros nécessaires pour supprimer la zone 6, on peut créer 20 lignes de bus pour 100 000 Franciliens du 77, 78, 91, 95, qui manquent de bus pour un Grand Paris de la proximité », a-t-il notamment déclaré.
Celui qui a longtemps été élu Verts à Boissy-Saint-Léger a rappelé que les habitants de la zone 4 « vont voir le prix de leur carte Navigo augmenter de 7 % en deux ans pour atteindre 98 euros ». La motion propose enfin de « sortir de cette impasse par le haut », et mandate un groupe de travail qui élaborera une alternative. Sa mission : « imaginer de nouveaux titres et parvenir à une modulation juste et efficace, de la consommation effective d’unités de transport à la prise en compte du niveau de revenu ».C. N.
Saipem construira la LGV Treviglio – Brescia
L’ingénieriste italien Saipem (filiale du géant pétrolier ENI) va construire une ligne ferroviaire à grande vitesse et à grande capacité entre Treviglio et Brescia, en Lombardie. Ce marché de plus de 700 millions d’euros a été attribué par le gestionnaire du réseau Rete Ferroviaria Italiana (groupe FS) au consortium Cepav Due, détenu par Saipem à 52 % et qui rassemble également les constructeurs italiens Pizzarotti, Condotte et Maltauro. Il prévoit la réalisation de 39 km de LGV et de 12 km d’interconnexion avec la ligne existante. Saipem, dont l’activité principale est l’exploration et l’ingénierie pétrolière, a déjà réalisé, à travers le consortium Cepav Uno, la LGV Milan – Bologne, en service depuis décembre 2008.

Paris – Rouen – Le Havre : le projet avance, le financement patine
Rassemblés à l’occasion d’un grand colloque à Rouen, les élus de Normandie et d’Ile-de-France mettent la pression pour le projet de ligne nouvelle normande. Un projet qui prend corps et dont le président de la République fait une priorité. Mais le sujet qui fait mal n’a pas encore abordé : comment le financer ?
Photo : Edouard Philippe, maire du Havre et président de la Codah, Laurent Fabius, président de la Crea et Bertrand Delanoë, maire de Paris, lors du colloque « Axe Seine, Acte II », le 23 mai dernier à Rouen.
Le premier acte s’est joué sur un Volcan et le deuxième au Zénith. Le 23 mai dernier à Rouen comme le 4 mai 2010 au Havre, les élus normands et d’Ile-de-France ont donné de la voix pour soutenir le projet de ligne nouvelle normande. Le discours a progressé. Car lors de la réunion au Volcan, la maison de la culture du Havre due à l’architecte Oscar Niemeyer, on avait le sentiment que les forces économiques (industrielles, portuaires) ne s’intéressaient qu’au fret, tandis que les politiques ne voyaient que les voyageurs. Un an après, au Zénith de Rouen, la tonalité était différente.
Peut-être est-ce le fait de Jean-Pierre Duport, président du comité de pilotage de la ligne, qui avait fait ajouter un chapitre fret à une mission qui ne portait initialement que sur les voyageurs. Peut-être est-ce le fait d’Antoine Grumbach, dont l’illustration cent fois reprise faisant de la Seine le trait d’union entre Paris et Le Havre, a su faire d’un concept une image. Peut-être est-ce le fruit d’une réflexion plus aboutie des politiques, et du travail d’Antoine Rufenacht, l’ancien maire du Havre, aujourd’hui commissaire général à l’Aménagement de la vallée de l’axe Seine. Toujours est-il que les trois thèmes auparavant peu noués du développement de la vallée de la Seine, du transport de marchandises et du transport de voyageurs sont enfin tressés.
Bien sûr, Edouard Philippe, maire UMP du Havre et président de la communauté d’agglomération (Codah), ne voit pas l’axe de la même façon que ses homologues et alliés de Rouen ou de Paris. Il insiste sur la nécessité de « brancher la France sur le commerce mondial » afin de demeurer un des pôles de prospérité d’un globe instable. Plutôt que de tout attendre de l’Etat, il compte sur l’initiative privée et sur les capitaux du monde entier. Le message a des chances d’être entendu d’un Etat bien heureux qu’on n’attende financièrement pas grand-chose de lui. Laurent Fabius, président de la Communauté d’agglo de Rouen-Elbeuf-Austreberthe (Crea), tient un discours plus classique en France sur la nécessité de soutenir l’industrie et sur le rôle des pouvoirs publics dans les futures infrastructures. Tout comme Bertrand Delanoë, qui de surcroît compte sur un événement culturel, qu’il annoncera sans doute à Paris l’an prochain, lors de l’acte III de l’axe Seine, afin que l’idée des milieux dirigeants suscite la ferveur populaire…
Les différences sont notables, mais on peut tout de même s’accorder pour faire avancer le projet. Déjà, des coopérations se mettent en place, que mentionne Laurent Fabius. Un réseau de bornes de recharge des véhicules électriques va être installé le long de l’autoroute A13. Et les élus veulent favoriser l’émergence d’un service d’autopartage le long de l’axe Seine. Après tout, si la Seine est une rue, autant l’ouvrir tout entière aux nouveaux usages de l’automobile.
Quant au projet de ligne, il avance sur tous les points (sauf celui du financement). Très vite, puisque le débat public doit commencer en octobre. Le maître d’ouvrage, RFF, a présenté un dossier de saisine dans des délais records et la Commission nationale du débat public (CNDP) a de son côté accepté sa saisine sur la base d’un dossier moins ficelé que de coutume. Cela va d’autant plus vite que le président de la République est allé trois fois au Havre pour dire avec force que cette ligne était une priorité.
Bref, il y a une forte impulsion nationale, un accord politique régional, une identité normande qui s’affirme. Techniquement, trois tracés ne demandent qu’à être débattus, selon qu’on se débranche du tronc commun venant de Paris peu après Mantes, ou bien vers Val-de-Reuil ou Louviers, ou encore, plus en aval, au prix d’une traversée sous-fluviale de l’estuaire de la Seine.
Et pourtant Laurent Fabius avoue « une certaine déception » qu’il espère « provisoire ». Sans surprise, ce qui cloche, c’est le financement. La crise du financement du ferroviaire est ouverte. Le rapport Mariton sur le Schéma national d’infrastructures de transport (Snit) enfonce le clou. Pourtant, un ministre était venu au Zénith, alors qu’aucun membre du gouvernement n’était venu jusqu’au Volcan un an auparavant. Mais Bruno Lemaire, tête de file de la droite en Haute-Normandie, ministre de l’Agriculture et de l’Aménagement du territoire, ne s’engage pas sur la participation de l’Etat. Et il n’a pas fait oublier un double propos du président de la République tenu au Havre : « je veux que la ligne Paris – Normandie soit prête pour 2017 » et « je ne suis pas venu avec un carnet de chèques ». Sur ce point, Bruno Lemaire réaffirme la position de l’Etat : mettons en place une commission pour préparer le financement, dont nous discuterons quand nous connaîtrons les conclusions du débat public. Un sujet, au bas mot, à 10 milliards d’euros, peut-être à 13 ou à 14… Mais comment, demande Laurent Fabius, débattre des tracés sans aborder le financement ?
La ligne nouvelle normande, qui devra desservir, le long d’un axe dense, un ensemble de villes plutôt moyennes, invite à penser un nouveau type de desserte et sans doute de train. Une ligne à l’allemande en quelque sorte. Il faudra une force de conviction sans cesse renouvelée pour que les élus qui ne sont pas normands ni franciliens de l’ouest (et ils sont légion) ne persistent pas à voir dans cette ligne, comme nous le dit l’un d’eux, qu’un investissement qui, comme la Seine, son modèle, va se perdre dans l’Atlantique.———-
Urgence entre Rouen et l’Ile-de-France
Concrètement aussi, il progresse. Conformément aux souhaits des élus, l’idée d’une nouvelle gare rouennaise à Saint-Sever sera prise en compte, dans le cadre plus général de la désaturation du nœud rouennais. Surtout, remarque un proche du dossier, le consensus s’est fait entre élus, sur la priorité à accorder à la desserte entre Paris et le Mantois. Infrastructure surchargée, trains remplis à 120 ou 130 % à l’heure de pointe, croissance démographique : la situation est explosive. L’Ile-de-France, que les perspectives séquanaises ne faisaient pas trop rêver, se trouve aujourd’hui directement intéressée à la résolution rapide de problèmes concrets. Certes, le prolongement d’Eole doit venir, accompagné de travaux sur la ligne classique, mais cela ne suffira pas.Début de la concertation pour le tramway d’Avignon
Du 10 juin au 8 juillet, le Grand Avignon – 26 communes et 255 000 habitants – organise une 2e étape de concertation qui vise à préciser le tracé des deux lignes du futur tramway. L’investissement est de 250 millions d’euros (dont 50 millions de subventions de l’Etat dans le cadre du Grenelle), pour construire les 14,7 km de ligne et les 22 stations desservant 34 % de la population. Sur la base des avis recueillis, l’AO orientera le cahier des charges des études détaillées, qui préciseront les tracés définitifs. L’enquête publique est prévue pour 2012, pour une mise en service à la fin de 2016. La première phase de concertation, en juin 2010, a selon l’AO suscité une forte mobilisation et l’adhésion générale à la construction d’un tramway sur fer de petite dimension (18-24 m, soit 150 places), adapté à la taille de l’agglomération.

Le nouveau réseau de bus booste la fréquentation à Laval
Les Transport urbains de Laval (TUL) ont battu un nouveau record de fréquentation en 2010. Près de 8 millions de voyageurs ont utilisé, l’année dernière, le réseau lavallois de transport en commun, selon les chiffres publiés par la Dreal. Les Transport urbains de Laval (TUL) ont battu un nouveau record de fréquentation en 2010. Près de 8 millions de voyageurs ont utilisé, l’année dernière, le réseau lavallois de transport en commun, selon les chiffres publiés par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « Avec 82 voyages par an et par habitant, Laval se situe dans le peloton de tête des réseaux français de taille équivalente », indique le rapport de la Dreal. Dans ce type d’agglomération, le nombre moyen de voyage ne s’élève, en effet, qu’à 35 voyages par an et par habitant.
Globalement, sur l’année 2010, la fréquentation a augmenté de 2,2 % par rapport à 2009. Elle est même de + 2,6 % sur le second semestre 2010.
Pour le président de Laval Agglomération, Guillaume Garot, c’est le résultat de la refonte des transports en commun lancée en 2010. Dès janvier 2010, l’agglo avait créé Lano, une ligne circulaire, desservant des communes périphériques sans passer par le centre-ville et, Flexo, un service de soirée, fonctionnant du lundi au samedi jusqu’à 22 h 30, dont le trajet est adapté à la demande des voyageurs lorsqu’ils entrent dans le bus.
PPP : Mars attaque !
Paradoxalement, malgré un succès d’estime qualifiable de phénoménal, le partenariat public-privé (PPP) fait peu d’émules auprès des collectivités qui mènent des projets de transport. Mobilité Agglomération Rémoise (Mars), la concession qui vient de livrer le tram de Reims et dont le contrat court encore sur 30 ans espère bien faire école. Elle vient de commanditer un sondage à l’Ifop et de mettre en ligne un site collaboratif pour mettre en valeur son retour d’expérience.
A l’heure où plus que jamais les financements publics s’amenuisent, le PPP devrait emporter l’adhésion des collectivités locales qui ont un projet de TCSP. Et pourtant, le partenariat public-privé, venu enrichir la panoplie des outils de la commande publique depuis l’ordonnance du 7 juin 2004, ne fait pas recette, malgré ses atouts. Paradoxalement, alors que 77 % des élus des collectivités territoriales ont une bonne opinion des PPP, que 76 % se disent favorables à leur développement, ils ne sont que 39 % à y avoir eu recours. C’est ce que révèle le sondage, Ifop commandité par Mobilité Agglomération rémoise (Mars) et réalisé en mars auprès de 201 élus de collectivités de plus de 10 000 habitants. Atouts cités : trouver de nouvelles ressources financières (53 %), s’enrichir du partage des cultures (29 %), et gagner du temps dans la réalisation du projet (28 %). Le plus gros avantage du PPP ne serait pourtant pas là : « par rapport au marché public classique, par exemple dans le bâtiment, l’avantage mécanique est de pouvoir s’engager sur un coût global de l’opération, c’est l’un des éléments les plus importants », préfère mettre en exergue Thierry Raynaud, directeur de projets à la Mission d’appui des PPP (MaPPP) du ministère de l’Economie.
Parmi les inconvénients supposés du PPP, les élus citent les risques liés aux objectifs de rentabilité du concessionnaire au détriment du service public (31 %) ou encore un coût plus élevé pour la collectivité et le contribuable (24 %). Ce que réfute Christian Messelyn, le président de Mars, le consortium chargé du projet depuis sa conception jusqu’à son exploitation pendant 30 ans, qui parle d’un « investissement de bon père de famille. Avec un total, de 345 millions d’euros d’investissement pour 11,2 km de lignes, dont 2 km en APS, le matériel roulant, un dépôt pour 40 rames, le ratio prix du km est tout à fait dans la moyenne à Reims », assure-t-il. Tout en précisant de plus qu’il n’y a « pas eu de dérapage des coûts ». Mars qui est aussi chargée de l’exploitation des 168 bus, de leur entretien et de leur renouvellement, perçoit une redevance annuelle de 45 millions d’euros en sus des recettes commerciales. Il règle aussi 42 millions d’euros à Veolia-Transdev pour la maintenance du matériel (bus et tram). « Aujourd’hui, nos comptes sont équilibrés autour de 60 millions par an », ajoute Christian Messelyn.
Au-delà des défauts perçus des PPP, le sondage a montré un déficit d’information : 71 % disent mal connaître les PPP, 54 % manquer de retours d’expériences réussies. Une critique qui étonne le directeur de projets de la MaPPP. « Il y a là une contradiction : on a créé une école des PPP, un partenariat avec Paris II et partout on offre des formations, mais peu de gens font l’effort d’y assister », explique Thierry Raynaud. Et depuis 2004, selon la liste publiée par la MaPPP des contrats de partenariats attribués par des collectivités locales, sur 70 seulement 3 touchent aux transports… dont deux routiers (un pont, une route). A noter celui signé à l’été 2010 à Dijon pour les équipements électriques et l’approvisionnement en énergie du futur tram. Toutefois, outre Reims Métropole, au moins deux autorités organisatrices françaises ont eu recours au contrat de concession pour financer un TCSP : Rouen pour son « métro » inauguré en 1994 et le Rhône pour le tram Rhônexpress inauguré en 2010 entre Lyon Part-Dieu et l’aéroport Saint-Exupéry. Qu’à cela ne tienne, Mars ambitionne de devenir « la référence européenne du PPP dans le domaine de la conception et de la réalisation d’un réseau urbain de transport moderne », assure Christian Messelyn. Le consortium qui comprend Alstom, Veolia-Transdev, Bouygues construction, le groupe Caisse d’Epargne, Colas SA, et SNC Lavallin, vient donc d’entreprendre une opération de promotion par le biais d’un site web interactif et complémentaire à celui du gouvernement. Sur partenariats-publicprive.fr, les élus trouveront 5 rubriques principales dont le témoignage complet du consortium. D’autres relèveront-ils le défi ?
Cécile NANGERONI
Définition du PPP
« Le contrat de partenariat permet à une collectivité publique de confier à une entreprise la mission globale de financer, concevoir tout ou partie, construire, maintenir et gérer des ouvrages ou des équipements publics et services concourant aux missions de service public de l’administration, dans un cadre de longue durée et contre un paiement effectué par la personne publique et étalé dans le temps », explique le site officiel www.ppp.bercy.gouv.fr.
La ligne 9-10 du métro de Barcelone au ralenti mais pas arrêtée
Plusieurs sections sont déjà en service (au nord-est de l’agglomération), mais le reste du chantier des lignes 9-10 du métro de Barcelone est semi-arrêté depuis plusieurs semaines. En effet, l’opération fait face à des difficultés d’ordre financier ou géologique. Ministre catalan du Territoire et du Développement, Lluis Recoder a toutefois précisé, le 3 juin, que la ligne 9 serait bien achevée : « On n’engagera pas d’autre chantier que l’on ne puisse payer. »
Piloté par l’Autorité des transports métropolitains (ATM), ce projet vise à créer une ligne double qui tangente l’agglomération barcelonaise par l’ouest avec, à chaque extrémité, des dessertes en fourche, notamment au sud vers l’aéroport El Prat et le pôle économique Zona Franca. Premier problème, les ressources financières de la Generalitat (gouvernement catalan) dont dépend l’ATM sont en berne et, sur la portion centrale Zone universitaire – La Sagrera, la construction est quasi arrêtée, le temps que les élus y voient plus clair question budget : la réalisation de cette ligne à pilotage automatique avait été initialement estimée à 2,6 milliards d’euros, aujourd’hui, les fonds investis approchent les 10 milliards.
Le 22 mai dernier la mairie de Barcelone est à son tour passée du Parti socialiste aux nationalistes de CIU, comme ce fut le cas de l’exécutif catalan à l’automne 2010. Cette homogénéité devrait permettre aux autorités de prendre des décisions, sans doute d’étaler la construction de cette ligne. Et Lluis Recoder de critiquer l’abus de financements différés dont faisaient usage ses prédécesseurs : la dette absorbe 40 % du budget de son ministère pour 2011. Autre facteur aggravant, les terrains se révèlent particulièrement récalcitrants aux foreuses à proximité du port barcelonais.
Michel GARICOÏX
Unanimité pour le Grand Paris : Pari gagné
Comme le souhaitait le ministre de la Ville, le projet de Grand Paris a été voté à l’unanimité. Le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, présidé par André Santini, avait deux mois pour dire quelles conséquences la SGP tirait du bilan du débat public. La Commission nationale du débat public (CNDP) ayant publié son bilan le 31 mars, il fallait voter avant la fin mai. C’est chose faite. Comme le disait l’avant-veille du scrutin Jean-Luc Laurent, le vice-président du conseil régional d’Ile-de-France chargé du Grand Paris : « qui aurait dit, vu la façon dont c’était parti, que nous en serions un jour à amender les projets de la SGP ? » Le ministre de la Ville, Maurice Leroy, qui, reconnaît Annick Lepetit, l’adjointe au maire de Paris chargé des déplacements, « n’a pas ménagé sa peine », avait même convié la veille au soir les parties prenantes à une ultime réunion, afin d’aboutir à un projet de délibération le plus consensuel possible.
Pour parvenir à un accord, dont les principes avaient été scellés dès le 26 janvier, chaque partie a transigé. Rappelons que l’Ile-de-France a accepté la desserte des aéroports, qui ne faisait pas partie d’Arc Express, ou la grande boucle à l’est, prévue par la SGP, tandis que le gouvernement acceptait l’Arc est proche, modifiait la consistance du projet dans le sens d’une desserte fine. De plus, dans le cadre d’un accord plus global, il débloquait enfin le Sdrif et les programmes d’urgence du plan de mobilisation.
Transiger ne suffit pas. Il faut encore présenter avec adresse et bonheur les choses. Le protocole d’accord du 26 janvier faisait figurer certaines lignes en pointillé. La dernière carte mise au point par le gouvernement et la région ne comporte plus que des traits pleins. Ce n’est pas qu’on a brusquement décidé d’accélérer un programme déjà colossal. C’est qu’on présente un Grand Paris à plus long terme, pour ne pas dire idéal. En fait, la liaison Nanterre – Versailles appartient à un horizon plus lointain que 2025, de même que le prolongement de l’Arc est proche au-delà de Pleyel jusqu’à Nanterre-Préfecture, via Colombes.
Ce jeu sur les échéances permet d’ailleurs à Marc Véron, le président du directoire de la SGP, d’expliquer comment malgré la densification du projet on reste dans une enveloppe imuable de 20,5 milliards d’euros pour les infrastructures du métro dont il aura la responsabilité. Réseau auquel il faut ajouter, l’Arc est proche, considéré comme complémentaire par la SGP.
C’est l’une des difficultés de l’exercice. Pas facile de s’y repérer entre la SGP, qui, selon Jean-Paul Huchon, sera maître d’ouvrage des deux tiers des projets et le Stif, qui en aura un tiers. Certes, l’autorité organisatrice des transports et la Société du Grand Paris vont travailler ensemble. Chacune donnera un avis prélable sur les projets de l’autre. Cet arrangement a posteriori permettra de s’accommoder d’une situation bien compliquée. Une difficulté que pointe Annick Lepetit, qui commente : « La loi recentralisatrice de 2010 est venue télescoper la loi décentralisatrice de 2004. Il faudra se poser, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2012 la question de cette séparation entre deux organismes, la SGP et le Stif, coûteuse et compliquée. »
Compliquée, sans aucun doute. Car, on l’a dit, une partie du réseau sera sous maîtrise d’ouvrage Stif. Ce devrait être le cas de l’Arc est proche. Comme c’était à l’origine un projet d’Arc Express, donc du Stif, il pourra être conduit plus rapidement en restant dans le cadre du projet initial. Une procédure de concertation avec garant, sous l’autorité de la CNDP, devrait permettre de ne pas se relancer dans un lourd et lent débat public. Autre projet sous maîtrise d’ouvrage Stif (avec la RATP) : le prolongement de la ligne 14 jusqu’à Mairie-de-Saint-Ouen. Financièrement, cela devrait donner lieu à des échanges de bons procédés, la SGP avançant des financements au Stif pour la ligne 14 (300 millions d’euros). Pour l’Arc est proche, il y a un système de vases communicants : il devait être réalisé avec 2 milliards de la SGP, auxquels s’ajouteront les 900 millions des collectivités locales initialement prévus pour l’Arc sud (ou Orbival), mais qui ne seront plus requis, comme il sera réalisé par la SGP.
Cette situation bien compliquée, Annick Lepetit pense donc qu’il faudra y mettre fin en cas de victoire de la gauche à l’élection présidentielle. Un horizon qu’ont en vue la plupart des acteurs. Il est d’ailleurs plus proche que les premiers coups de pioche, et, dans cette perspective, chacun se met dans la position de dire : on a gagné. Non sans raison, d’ailleurs.
Gagnant, Maurice Leroy, le ministre de la Ville, qu’on n’attendait pas sur le dossier : le jour même du remaniement gouvernemental, Jean-Paul Huchon pensait avoir pour interlocuteur soit Nathalie Kosciusko-Morizet, soit Bruno Lemaire. Le terrain avait été déjà bien déminé par Michel Mercier, mais le nouveau ministre a géré le dossier.
Gagnant, Claude Bartolone, dont la Seine-Saint-Denis sera traversée par deux boucles de métro automatique. Gagnant, Christian Favier, le président du conseil général du Val-de-Marne, dont le projet Orbival apparaît comme une ligne pionnière de l’ensemble du réseau. Gagnant, Jean-Paul Huchon, qui, nettement vainqueur des élections régionales, a pu négocier en position de force. Il peut à juste titre avancer que le projet finalement adopté reprend quasiment tout Arc Express et que la définition générale du réseau, avec un grand nombre de gares, 72 contre 40 prévues dans le scénario de Christian Blanc, est conforme à la desserte fine des territoires d’Arc Express. Grand gagnant, grâce à la mission remplie par son ministre, Nicolas Sarkozy, qui pourra se prévaloir d’avoir au bout du compte, en dépit d’une gestion au départ calamiteuse, de rebondissements rocambolesques, fait accepter par les élus d’Ile-de-France, en un temps record, un projet ambitieux digne d’une métropole mondiale. Chacun va tirer la couverture à soi. Mais alors qu’on était avant les élections régionales dans un système où tout le monde perdait, au moins, cette fois, la liste des vainqueurs est longue. Et les premiers d’entre eux, si tout s’engage comme on le dit aujourd’hui, seront les habitants de l’Ile-de-France.———-
Dix dates clés du Grand Paris
• mars 2008. Christian Blanc secrétaire d’Etat au Grand Paris
• 29 avril 2009. Discours de Nicolas Sarkozy
• 3 juin 2010. Loi Grand Paris
• Juillet 2010. Démission forcée de Christian Blanc, remplacé par Michel Mercier
• 30?septembre 2010. Démarrage du débat public
• 14?novembre 2010. Nomination de Maurice Leroy
• 26 janvier 2011. Protocole d’accord gouvernement-région pour le Grand Paris Express
• 10 mai 2011. Comité de suivi du Grand Paris Express
• 26 mai 2011. Vote de l’acte motivé par le Conseil de surveillance de la SGP
• Juillet. Décret fixant le tracé du Grand Paris———
Trois lignes pour le métro de la Société du Grand Paris : 175 km, 57 gares nouvelles
Ligne rouge : 95 km 40 gares nouvelles
Le Bourget – Chelles – Villejuif – La Défense – Roissy/Le Mesnil-AmelotCette ligne en rocade desservira les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis, la Seine-et-Marne et le Val-d’Oise. Elle sera exploitée par du matériel à grand gabarit sur roulement fer, à une vitesse située entre 60 et 65 km/h. Chaque train aura une capacité supérieure à 1 000 personnes, ce qui peut sembler énorme, pour la partie est au moins, dont le trafic attendu ne nécessite pas de très grandes capacités, comme l’a souligné le rapport Auzannet.
In extremis, la RATP a tenté de reprendre l’avantage sur un tronçon se débranchant de cette rocade : la desserte de Roissy. Comme la RATP sera bientôt mise en concurrence sur les lignes nouvelles au titre du règlement européen OSP, elle espérait ainsi assurer cette exploitation sans appel d’offres. Mais ni l’Etat, ni la région, ni la SGP n’ont voulu de ce grand prolongement. Au nom du risque de saturation et, plus largement peut-être, des difficultés d’exploitation d’une ligne longue aux missions complexes, avec la technologie du métro sur pneu. Au bout du compte, la ligne La Défense – Roissy qui devrait être prolongée après 2025 jusqu’au Mesnil-Amelot est intégrée à la grande rocade de métro ferré.
Celle-ci doit être réalisée avant 2025. Sa partie sud, de Pont-de-Sèvres à Noisy-Champs, et sa partie est, de Noisy-Champs au Bourget RER B, devraient être réalisées en même temps et en priorité. Avec de premiers coups de pioche envisagés dès 2017. L’arc sud reprend en grande partie le tracé et les gares du projet de métro porté par l’association Orbival. Quant à l’arc est, l’idée est de désenclaver des villes de lointaine banlieue est comme Sevran-Beaudottes, Clichy-Montfermeil, Le Bourget, et de miser sur le développement économique de territoires actuellement très isolés des dynamiques métropolitaines.Ligne bleue : 30 km, 12 gares nouvelles
Orly – Saint-Denis-PleyelPleyel – Orly, ce sera donc l’extension maximale de la ligne 14, qui restera exploitée avec des métros sur pneus à la vitesse de 45 km/h. Si on avait écouté la RATP, la ligne 14 serait passée de 9 km aujourd’hui à près de 50 km, d’Orly à Roissy. Elle s’arrêtera donc à Pleyel et sera longue de 30 km. Pas mal tout de même, et d’ailleurs, selon Annick Lepetit, la RATP explique que l’affaire du prolongement jusqu’à Orly n’est pas si simple… Les travaux commenceront par le nord jusqu’à Mairie-de-Saint-Ouen, ce qui permet de montrer que l’Etat tient compte de la grande revendication régionale : la désaturation de la ligne 13. Bizarrerie de l’histoire, alors que le prolongement de la ligne 14 jusqu’à Mairie-de-Saint-Ouen se fait sous maîtrise d’ouvrage Stif-RATP, il est intégré au réseau du Grand Paris présenté par la SGP. Il est vrai que la SGP, par une convention qui reste à signer, doit apporter 300 millions au maître d’ouvrage. L’idée est de lancer au plus vite les procédures d’enquête publique pour pouvoir mettre en service ce prolongement Saint-Lazare – Mairie-de-Saint-Ouen dès 2017.
Ligne verte : 50 km, 13 gares
Orly – Versailles – NanterreLa desserte de Saclay faisait l’objet d’un désaccord acté entre le gouvernement et la région, mais ce désaccord n’a pas tourné à la discorde. Au contraire, la desserte de Saclay par une ligne de métro automatique léger, en grande partie en surface et comportant 11 gares, d’Orly à Versailles-Chantiers, au lieu de 4 initialement, se rapproche de l’idée de desserte fine demandée par le conseil régional. Cette ligne devrait être exploitée à une vitesse de 65 km/h, ce qui permettra, conformément à la promesse présidentielle, de mettre le centre du plateau de Saclay à 30 minutes de Paris intra-muros. Dans le protocole d’accord du 26 janvier, la ligne au-delà de Versailles, jusqu’à La Défense, figurait en pointillé. De fait, cette partie, avec les gares de Rueil et Nanterre, n’est pas envisagée avant 2025.
Plus une… Ligne orange :
Champigny-Centre/Noisy-Champs – Rosny-sous-Bois – Bobigny-Pablo-Picasso – Saint-Denis-Pleyel – Colombes – Nanterre-Préfecture
L’arc est proche, issu du projet Arc Express, est considéré comme un projet complémentaire par la Société du Grand Paris. C’est pour ce projet qu’une procédure de concertation avec garant est envisagée. Le Stif devrait en avoir la maîtrise d’ouvrage. Il comprend deux branches « complémentaires au réseau du Grand Paris » qui, partant de Saint-Denis-Pleyel au nord, se séparent à Rosny-sous-Bois pour rejoindre d’un côté Noisy-Champs, de l’autre Champigny-Centre par Val-de-Fontenay. La première branche permettra la desserte du sud et du centre de la Seine-Saint-Denis. Pour la seconde, seule la liaison entre Champigny et Val-de-Fontenay est actée. Plus au nord, entre Val-de-Fontenay et Rosny-sous-Bois, des études environnementales sont encore nécessaires.
Quant à la partie desservant la boucle de la Seine, au nord-ouest, c’est au-delà de 2025 que ce tronçon, allant de Saint-Denis-Pleyel à Nanterre via Colombes, devrait être réalisé.———-
Réactions
Le bonheur de Christian Favier, président du conseil général du Val-de-Marne
S’il n’y avait qu’un président de conseil général satisfait de cet acte motivé, ce serait sans doute celui du Val-de-Marne, Christian Favier. Heureux avant tout de « la reprise quasi intégrale du tracé proposé par l’association Orbival et de l’apport, en plus, du prolongement de la ligne 14 à Orly ». Cela comprend en particulier l’intégration de la seconde boucle est, dite « proche », avec Val-de-Fontenay « en réseau de transport complémentaire, qui n’a pas vocation à être réalisé plus tard. Même si cela nécessite un débat et une étude environnementale de plus, il est indiqué que la liaison entre Champigny et Val-de-Fontenay a vocation à être prolongée jusqu’à Rosny. Il y a toutefois besoin d’un débat complémentaire pour préciser les stations. La demande est formulée et il faut que le financement soit assuré. »
Reste aussi à obtenir la confirmation de la station dite des Trois-Commmunes, l’une des cinq gares retenues « à titre conservatoire ». Elle permet « la desserte d’un bassin de population très important et à proximité notamment de la ZAC Chérioux, pôle de développement économique et de recherche. Le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris et Marc Véron ont donné un avis favorable pour cette station. » Reste encore et avant tout à concrétiser la volonté de « faire en sorte que l’arc sud, de Pont-de-Sèvres à Noisy, fasse partie des premières lignes à être mises en service. Et que cela soit vite officiellement confirmé dans le plan de travail de la SGP ».Claude Bartolone : une immense victoire pour la Seine-Daint-Denis
« C’est une immense victoire pour la Seine-Saint-Denis », dit Claude Bartolone, le président du conseil général. Son département, faut-il le rappeler, sera traversé par deux lignes de métro parallèles. On pourrait presque dire trois lignes, l’arc est proche se subdivisant en deux. « Ce qui nous a beaucoup aidés, précise-t-il, c’est le portage politique commun. Notre projet a été voté par le département à l’unanimité moins trois voix. Et on a réussi à faire techniquement la démonstration de ce que représentait l’Arc Express, à montrer que la désaturation de la ligne 13 ne serait pas achevée sans la construction d’Arc Express. Ceci nous a permis d’avoir le soutien du président Mongin et de la RATP. Bien sûr, la SGP a peut-être eu le sentiment qu’on fracturait un peu la porte… Mais ceci assure l’avenir du département et permet de faire face à la demande très forte que nous enregistrons sur le département, avec les implantations des sièges de Veolia, de BNP Paribas, de SFR… »
Annick Lepetit : une seule solution, la désaturation !
« On prend un peu les choses à l’envers, dit l’adjointe au maire de Paris chargée des déplacements et des transports. On se félicite que le prolongement de la 14 fasse l’objet des premiers travaux. Mais il ne faut pas oublier que ce prolongement ne fait pas partie du Grand Paris, que nous le demandons depuis plusieurs années, et qu’il se fait selon un scénario écrit par le Stif. On voit bien que ce qu’on appelle le Grand Paris va commencer à exister grâce au travail des élus locaux. Christian Blanc, lui, voulait faire de la ligne 14 l’épine dorsale de son métro du Grand Paris. Nous avons dit : eh ! oh ! il faut avant tout désaturer la 13 ! Et nos concitoyens dans le débat public ont bien dit qu’ils souffraient. On avance aujourd’hui que la désaturation de la 13 ne sera complète qu’avec Arc Express. Mais s’il faut attendre la rocade pour désaturer, je dis non ! Quant au prolongement ultérieur de la 14 jusqu’à Pleyel et Orly, c’est d’accord… si on ne resature pas la 14 ! »