Résultats de recherche pour « LOM »

  • Cluses et ses voisines étudient leurs futurs transports

    Cluses et ses voisines étudient leurs futurs transports

    Pouvoir se déplacer à moindre coût et respecter l’environnement sont les raisons qui ont conduit les communes du bassin clusien à lancer une étude sur un transport intercommunal. Pouvoir se déplacer à moindre coût et respecter l’environnement sont les raisons qui ont conduit les communes du bassin clusien à lancer une étude sur un transport intercommunal. Les premiers résultats devaient être dévoilés aux huit communes fin mars ou début avril. C’est à ce moment également que les élus attendent une réponse du préfet sur leur projet d’intercommunalité longtemps repoussé. Sans être indispensable à la création d’un transport, l’intercommunalité faciliterait les choses. A l’exemple du financement de l’étude, qui a fait l’objet d’un groupement de commandes porté par la commune de Marnaz, faute d’intercommunalité.

    « En 2013, avec la modification de la loi, les choses seront obligatoires. On a perdu du temps et de l’argent. Autant créer l’intercommunalité maintenant », assure Claude Hugard, élu à la ville de Cluses, en charge du développement durable.

    Avec un taux d’utilisation de la voiture un peu au-dessus de la moyenne nationale, et une pollution typique de fond de vallée avec peu de précipitations, Cluses et ses voisines mériteraient bien un réseau de transport. Certes, il existe quatre lignes gratuites à Cluses, ouvertes à tous. Mais elles s’arrêtent aux limites de la commune. Et les élus reconnaissent qu’elles sont peu fréquentées par les usagers autres que captifs. Les habitudes quant à la voiture sont tenaces. Quant aux lignes interurbaines Lihsa, avec une ou deux rotations par jour, cela reste insuffisant pour séduire une population de salariés. Le service doit donc être bien pensé pour être efficace et utilisé. Or, si le périmètre est dense en termes de population en fond de vallée – l’urbanisation est continue d’une commune à l’autre –, le futur service devra aussi desservir des communes « balcons » situées entre 20 et 30 minutes de Cluses et moins peuplée. Ce qui laisse imaginer deux types de transport en attendant les résultats de l’étude de MBC Conseil. Ce qui aura été dévoilé fin mars ou début avril ne sera qu’une première approche. Ce sera surtout un état des lieux et des grandes lignes de proposition pour desservir les cœurs de ville où se trouvent leurs services et les zones d’activités, le tout dans un rayon d’une petite dizaine de kilomètres. Ensuite, les élus décideront quels points seront approfondis par des études plus poussées, sans s’imposer de date limite.

  • La ville 30 : une mise au pas qui séduit les maires

    La ville 30 : une mise au pas qui séduit les maires

    Et si la ville tout entière devenait un quartier tranquille ? C’est l’idée qui préside à cette nouvelle tendance : la ville 30. Le principe est simple : la règle dans le périmètre urbain est de limiter la vitesse à 30 km/h ; les 50 km/h deviennent l’exception, réservée à quelques grands axes traversants. L’idée, née à Graz en Autriche en 1992, est un succès en Suisse alémanique où toutes les grandes villes, de Berne à Zurich, s’y sont converties. « Aux Pays-Bas, 70 % des voies urbaines du pays sont limitées à 30 grâce au cofinancement de l’Etat », explique Alain Rouiller, conseiller en mobilité à l’Association Transports Environnement (ATE). Chez nous, les zones 30 se multiplient depuis les années 90, mais la ville 30 a été inventée par Fontenay-aux-Roses en 2005, suivie par Nogent-sur-Marne, et plus récemment, Villecresnes, Fontainebleau ou Rueil-Malmaison.

    Même si « le président des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, a une conception de la ville “tout auto”, nous avons réussi à créer l’exemple, s’enorgueillit Pascal Buchet, maire socialiste de Fontenay et conseiller général d’opposition. Sceaux s’y est progressivement mise, Clamart commence, Malakoff aussi ». Autres aficionados : Aytré, Lorient, Toulouse, sans doute bientôt Dijon et Montreuil-sous-Bois, sans oublier Strasbourg qui l’a annoncé récemment pour la fin de l’année. Neuf fois sur dix, la décision est motivée par des impératifs de sécurité routière. Car le point ne fait pas débat : la probabilité pour les cyclistes ou piétons d’être tués lors d’une collision avec une voiture croît nettement avec la vitesse.

    « Un piéton heurté à 30 km/h meurt dans 15 % des cas, mais renversé à 50 km/h, le risque de décès est de 85 %, explique Benoît Hiron, chef du groupe sécurité des usagers et déplacements au Certu. A 30 km/h, il faut 13 m pour stopper une voiture, à 50 km/h, 26 m sont nécessaires dont 14 m de temps de réaction. » Et c’est pire sous la pluie : selon le baromètre Axa Prévention, il faudra non plus 26 mais 38 mètres à une voiture lancée à 50 km/h pour s’arrêter sur chaussée mouillée. De fait, les villes converties constatent qu’elles ont moins d’accidents et qu’ils sont de gravité moindre. Pour les automobilistes impénitents, de nombreuses astuces les contraignent à lever le pied. Ces aménagements n’ont pas besoin d’être somptuaires. « En Suisse, il y a très peu d’aménagements, mais les zones 30 sont étendues et l’argent va à la sécurisation des axes à 50, où demeurent les problèmes, explique Alain Rouiller. Quand on mise tout sur les aménagements de zone 30, on ne peut pas traiter toute une ville… » Efficace et peu cher, le stationnement en chicane tous les 50 m, ou la mise en double sens de rues précédemment à sens unique, même si les véhicules ne peuvent pas s’y croiser : « C’est radical pour éviter le trafic de transit ».

    « On doit souvent se justifier pour demander des limitations à 30, mais la vraie question est plutôt pourquoi 50 km/h dans les quartiers et centres-villes ? », estime pour sa part le groupe de conseil suisse Rue de l’Avenir. Du fait des nombreux ralentissements dus aux feux, stop, manœuvres etc. les pointes à 50 n’ont presque aucun effet sur les temps de parcours : « en milieu dense, un trajet a un profil de vitesse en dent de scie et la vitesse moyenne est de 18,9 km/h. Si l’on passe à une limite à 30 km/h, on supprime simplement les pointes, soit une vitesse moyenne de 17,3 km/h ». En théorie, en zone urbaine, une baisse de 40 % de la limitation de vitesse entraîne une diminution de 10 % de la vitesse moyenne et une hausse de 10 % du temps de parcours. C’est d’ailleurs ce qu’on constate généralement sur le terrain, en plus d’une fluidification globale du trafic. « La limite à 50 km/h en milieu dense a très peu d’utilité avec des gains de l’ordre de 10 à 15 secondes par kilomètre parcouru, poursuit Rue de l’Avenir. En revanche, l’impact sur la consommation de carburant est énorme : 65 %. » Sur la consommation, donc sur la pollution. De quoi tordre le cou aux arguments des provoitures qui affirment qu’à 30, un véhicule roulera en seconde, avec un régime moteur élevé et énergivore. Voilà pourquoi tous les quartiers ont vocation à être en zone 30. D’ailleurs certaines villes passent déjà à l’étape suivante, la « zone de rencontre » à 20 km/h…
     

     

    TOULOUSE : Zones 30 étendues en toute discrétion

     

    «Notre objectif est l’apaisement de la circulation, le partage de la voirie et un report modal en faveur du vélo et de la marche, explique Joël Carreiras, président socialiste de la commission déplacements et transports du Grand Toulouse. Le centre-ville, les sites scolaires, les zones commerciales et résidentielles ont vocation à avoir un accès et des mobilités où les modes doux seront prioritaires par rapport à l’automobile. Les zones 30 sont des éléments de cette politique globale, comme les zones piétonnes ou les aménagements vélos. »

    Quel pourcentage de la voirie les élus toulousains prévoient-ils de passer en zone 30 ? Mystère. On préfère ne pas l’afficher, car ici on réduit la place de l’automobile sans trop le dire. « Strasbourg, qui a une culture vélo, peut affirmer des objectifs comme 70 % de la voirie en zone 30 et le partager avec ses concitoyens, décrypte Philippe Goirand, élu écologiste au Grand Toulouse en charge du vélo. A Toulouse, on reste dans une culture automobile : on a plus intérêt à être modeste dans l’affichage des objectifs et à faire un travail de fourmi. Cependant, je ne serais pas étonné qu’on arrive dans quelques années au même résultat que Strasbourg et qu’il ne reste que les grands axes à 50 km à l’heure. C’est réaliste. »

    Fin 2010, 326 km étaient en zone 30 dans la communauté urbaine du Grand Toulouse. A Toulouse même, 243 kilomètres étaient concernés, contre 200 km deux ans plus tôt, notamment tout l’hypercentre, entre les boulevards et la Garonne, hors grands axes, soit 26,7 % de la voirie. Depuis le décret de juillet 2008, un tiers des zones 30 (102 km) est passé en double sens cyclable et 40 % sont en cours d’études. « Nous accélérons la mise en œuvre, mais le délai de deux ans était très court, avec les obligations de sécurisation et de vérification de l’efficacité des dispositifs », explique Joël Carreiras.

    Une zone test répondant à la nouvelle définition des zones 30 avec double-sens cyclable systématique a été inaugurée début 2010 dans le quartier des Chalets, entre les boulevards et le canal du Midi. L’aménagement y est totalement cohérent par rapport à l’objectif, avec une largeur de rue suffisante, des panneaux de signalisation spécifiques, le traitement des intersections et des entrées de zone avec des coussins berlinois. L’objectif à brève échéance est de l’étendre à toute la ceinture entre les boulevards et le canal, du palais des sports au Grand Rond, sauf grands axes.

    A 50 000 euros le kilomètre d’aménagement, la somme de 3 millions d’euros par an pour le développement des zones 30 inscrites au Plan de déplacements urbains arrêté en janvier 2011, et qui devrait être adopté d’ici la fin de l’année, permet de voir grand. « L’objectif – optimiste – que j’essaie de faire partager, c’est que les enfants puissent jouer dans nos rues sans danger, conclut Philippe Goirand. C’est un vaste chantier, mais les financements prévus au PDU pourraient permettre de changer radicalement l’ambiance de nos rues en peu d’années.
     

     

    FONTENAY-AUX ROSES : la pionnière des villes 30

     


    C’est petit à petit que les « gendarmes couchés » ont fait leur apparition dans cette ville des Hauts-de-Seine. Pascal Buchet, maire (PS) de Fontenay-aux-Roses depuis 1994, est aussi médecin urgentiste. « J’en avais assez de voir arriver des gens cassés à vie, raconte-t-il. Dès mon arrivée à la mairie, j’ai voulu redonner de la place aux piétons. » Aux dos-d’âne et plateaux traversants qui se multipliaient, a rapidement succédé une politique d’éducation des habitants, en commençant par les écoliers, « qui éduquent ensuite leurs parents ». La ville a même breveté un mobilier urbain original : le boa multicolore qui protège le trottoir et les traversées piétonnes aux abords des six groupes scolaires. Rapidement, le maire estime qu’il faut « limiter la circulation de transit sur les axes qui ne sont pas faits pour cela ». En zone urbanisée très dense, la petite ville située entre l’A86 et le périphérique est forcément traversée matin et soir. Une refonte du plan de circulation, infligeant de nombreux détours avec parfois retour au point de départ (et des quartiers résidentiels en impasse) a cependant permis de « faire baisser de 90 % la circulation de transit dans certains quartiers », estime Pascal Buchet.

    En 2005, après en avoir longuement discuté en conseil de quartiers et expérimenté quelques zones 30 pilotes pour constater « un effet pervers – les gens accélèrent encore plus en sortant de la zone pour rattraper le temps perdu ! » –, la ville opte pour un message clair et radical. Elle appose un énorme panneau en entrée de ville et se proclame « 1re ville 30 de France. » « Il ne s’agit pas de zones 30 juxtaposées, 100 % de la voirie est à 30 », insiste le maire. Certaines rues du cœur de ville sont des voiries départementales, et le conseil général souhaite les laisser à 50 ? Pascal Buchet lance un plan de municipalisation de toutes ces voies ! « Dans une ville à 50, les gens roulent entre 50 et 60, chez nous, ils sont entre 30 et 40, et, croyez-moi, 20 km/h dans ces secteurs, c’est une énorme différence : nous n’avons quasiment plus d’accidents corporels, alors qu’il y en avait trois ou quatre chaque mois », assure-t-il. L’onde verte a été réglée sur 30 km/h, si bien que les habitués ont vite compris qu’il ne servait à rien de rouler plus vite pour se retrouver systématiquement bloqué au feu.
     
    Dans cette commune à flanc de coteaux, les services techniques travaillent pour que les rues en descente ne soient pas l’occasion d’accélération, même involontaire, d’autant que c’est précisément le coup d’accélérateur qui engendre bruit et pollution. Du « cousu main » selon l’élu : « Il ne faut pas que le nez du bus heurte l’arrête du plateau traversant surélevé… » La ville encourage aussi les enfants à se rendre à pied à l’école : les « coccinelles » jalonnent les rues pour marquer les arrêts des nombreux pédibus. Elle mise peu sur la répression, mais sa police municipale est présente pour l’éducation. « La punition n’a de sens que si elle prévient la récidive et mieux vaut prévenir que guérir », juge son premier magistrat. Etalée sur une décennie, l’enveloppe financière n’a pas été calculée. « Il fallait refaire les voies, le surcoût pour le béton désactivé des plateaux traversants est d’environ 10 %. Dans le temps, cela s’équilibre et la collectivité au sens large est gagnante. » La ville estime à 20 % la baisse des flux de circulation sur son territoire grâce à la logique de contournement.? Et au programme « Je pense la ville pour les enfants, donc je pense la ville pour tous ».
     

     

    NOGENT-SUR-MARNE : exit les accidents graves

     

    «Les automobilistes oublient tous qu’ils sont aussi piétons : nous avons trop de bruit, trop de pollution, trop de démarrages en trombe et de freinages secs alors que nous avons une voirie très serrée », énumérait, début 2006, Jacques J.-P. Martin, le maire (UMP) de Nogent-sur-Marne. Il venait de décider de limiter la vitesse à 30 km/h sur toute la voirie communale, soit 31 des 37 km que compte la ville avec les axes de transit (N34, N186 et D120), restés eux à 50. A l’époque, deux accidents graves dus à des excès de vitesse avaient poussé l’édile à généraliser le principe de la zone 30 expérimenté dans certains quartiers. Cinq ans plus tard, la vie des citadins de cette ville bordée par la Marne a-t-elle foncièrement changé ? « Les riverains sont satisfaits des aménagements, ils disent que les voitures passent moins vite dans les quartiers, et les accidents qui subsistent se produisent surtout sur les voies départementales avec des deux-roues motorisés », certifie Christian Saléra, technicien chargé de la voirie à Nogent.

    Car petit à petit la municipalité a revu ses rues : chicanes, ralentisseurs, plateaux surélevés et sas empêchant les voitures de se croiser jalonnent le parcours des automobilistes. En tout, une centaine d’aménagements, et d’autres sont encore prévus, 500 m seront traités cette année. La ville fait d’ailleurs la différence entre les endroits où la vitesse est « simplement » limitée à 30 et les zones 30 au sens du code de la route où la circulation est contrainte physiquement, soit 18 km. Dans ces dernières, l’espace est partagé avec piétons et cyclistes, plus besoin de passages piétons matérialisés et les trottoirs, de 5 cm au lieu des 14 usuels, sont pratiquement au niveau de la chaussée. Les bienfaits sur la pollution locale n’ont malheureusement pas été mesurés, bien qu’il existe une station Airparif sur le territoire. Quant au volume sonore, qui doit théoriquement diminuer, ici, paradoxalement, ça n’a pas été le cas : les aménagements avec pavés à certains endroits ont au contraire provoqué le courroux des riverains. La ville 30 n’a eu aucun effet sur le trafic de transit qui est de 20 000 à 30 000 véhicules par jour sur le boulevard de Strasbourg (N34).
    La bonne nouvelle, c’est que les limitations sont relativement bien respectées. Sur les voies restées à 50, « le plus souvent, les vitesses relevées sont de 55 km/h en moyenne contre 65 autrefois », assure le technicien. Côté police municipale, on assure une présence visible permanente, et des contrôles avec radar mobile sont effectués trois à quatre fois par semaine dans les rues à 30. A priori, pas de Fangio. « Dans l’ensemble, c’est respecté, même si certains circulent encore à 40 ou 50, nous avons noté des changements de comportement en cinq ans, affirme une responsable. Nous faisons majoritairement de la prévention, du rappel à la loi. Une petite dizaine de PV sont dressés chaque semaine. » De mémoire d’agent, un seul accident corporel léger impliquant un piéton en 2010. Ainsi, la limitation associée à la peur du gendarme ferait son effet. « Les Nogentais savent qu’on est partout et nulle part, mais on est toujours là ! », plaisante-t-on à la police municipale.
     

     

    LORIENT : prête à tester le… 20 km/h

     

    Un des points préalables à l’acceptation de la ville 30 : savoir qu’on peut toujours aller d’un point à un autre dans un laps de temps acceptable, et si possible proche de celui qui est nécessaire à 50 à l’heure. C’est avec ce principe de base que la ville de Lorient a facilement généralisé la vitesse maxi de 30 à plus de 90 % de sa voirie. « En remplaçant certains feux par des giratoires, on a fluidifié et sécurisé le trafic », explique Olivier Le Lamer, maire adjoint, chargé des déplacements, de la voirie, de la circulation et du stationnement. « En moins de vingt ans, on a divisé le nombre d’accidents par deux. Ils sont de l’ordre de quelques dizaines par an, même si on déplore encore deux piétons tués en 2010. »

    Dans cette ville dont le centre avait été exclusivement pensé pour l’automobile et où l’accidentologie était croissance dans les années 90, l’arrêté municipal de limitation généralisée date de 2006. « Il s’est imposé car il y avait eu des accidents spectaculaires aux abords des écoles qui avaient fortement marqué les esprits, poursuit-il. On a vu dans les réunions publiques la demande de ralentissement à l’échelle de plusieurs secteurs résidentiels émerger. » L’instauration de zones 30 de manière aléatoire et informelle, ainsi que la rapide appropriation du concept par les habitants d’une ville sensibilisés aux accidents de la route par la présence du centre de rééducation de Kerpape auraient, selon l’élu, facilité l’adhésion à la ville 30. Aujourd’hui, les rues de Lorient ne sont qu’espaces mixtes vélos-voitures. Théoriquement, les passages piétons ne sont plus nécessaires, cependant, la ville n’a pas osé les supprimer du jour au lendemain.

    Bien sûr, peu à peu, la ville s’est couverte de marquages au sol et de panneaux verticaux, le stationnement en chicane s’est imposé, les « gendarmes couchés » ont proliféré, de même que les « écluses » – un trafic de courtoisie règle le passage des automobilistes alternativement. Enfin, quelques plantations d’arbres ont restreint la perception visuelle sur certains axes. « Nous n’avons pas eu à généraliser les équipements, nous avons plutôt travaillé les esprits, souligne l’élu. L’enveloppe financière restreinte, de 210 000 euros de 2007 à 2009, a été confortée par le budget annuel de 300 000 euros de sécurisation des espaces publics. »

    Résultat, selon une enquête Sofres pour Axa Prévention d’avril 2010, la vitesse moyenne constatée à Lorient est de 35 km/h, une jolie performance quand on sait qu’un citadin sur deux n’hésite pas à rouler à 65 km/h en ville ! Côté pollution, « il y a peu d’oxyde d’azote, souligne Olivier Le Lamer. Et si l’évolution sur la ville n’est sans doute pas spectaculaire, je pense que cela peut être significatif à l’échelle de rues ou de quartiers. » Pour autant, la ville ne se repose pas sur ses lauriers. Elle souhaite aller encore plus loin dans la conception de la ville apaisée : « La généralisation des contresens cyclables est en cours : plus de 120 rues sont prévues. Nous lançons aussi les “zones de rencontres”, dans lesquelles la circulation est à 20 km/h, en ayant identifié un potentiel de 80 rues, une partie des quelque 800 qui pourraient à terme être concernées. » Tout cela sera formalisé dans un code de la rue dont la publication est prévue pour cette année. Le programme des 80 rues doit être mis en œuvre d’ici à 2014 et l’élu présume qu’il « va coûter cher ». Si jusqu’à présent la ville avait peu touché au profil des rues, elle va cette fois faire dans le radical, réordonnancer le stationnement et effacer complètement les trottoirs.
     

     

    VILLECRESNES rêvait de trottoirs pour les écoliers !

     

    C’était une promesse de campagne : « améliorer le stationnement, mettre en place un plan de circulation pour une ville apaisée pour les vélos, piétons et personnes à mobilité réduite », rappelle le maire (divers droite), Daniel Wappler. Elle a été tenue, peut-être même de façon plus complète et cohérente qu’envisagée, en instaurant tout bêtement la ville 30 à Villecresnes. Seuls les 3 km de RN19 qui la bordent par le nord sont restés à 50, sur 55 km de voirie au total. « Les stratégies qui fonctionnent le mieux sont celles qu’on explique après avoir eu une succession d’intuitions », poursuit-il. C’est un peu ce qui s’est passé dans cette petite ville du Val-de-Marne (9 300 habitants) qui avait grossi en gardant la voirie d’un gros village. Villecresnes est aussi coupée en deux en son centre par la RD33, empruntée par 10 000 véhicules par jour, dont 500 poids lourds. Et surtout, en cœur de ville, les deux écoles primaires se font face. Le matin, le balai des parents déposant les écoliers est infernal.

    Souhaitant « fluidifier, sécuriser et équilibrer la voirie », la ville fait réaliser un diagnostic. Bilan : alors que la circulation est déjà partout limitée à 45, certains axes, comme la RD 33, chaussée de plus dépourvue de trottoirs (au mieux une bordure de 37 cm), voit passer quelques chauffards à près de 100 km/h. Sa population est multimotorisée, 90 % des ménages ont au moins une voiture (alors que la moyenne du département est à 73 %) et on dénombre 88 accidents dont un mortel en 5 ans. « Pour élargir les trottoirs, il fallait rétrécir la chaussée, donc interdire le trafic poids lourds et dévier les bus, c’est de là qu’est né le plan global », note le maire. Le nouveau plan de circulation est voté en juillet 2009 après consultation des comités de quartier puis progressivement mis en œuvre jusqu’en août 2010, le budget 2010 prévoyant 600 000 euros. Côté mesures, « cinq carrefours dangereux sur dix identifiés sont réaménagés, de même que les traversées piétonnes qui se font souvent en deux temps avec un refuge, relate Agnès Ekwé, maire adjointe, chargée du développement durable. Les deux lignes de bus ont été restructurées, le stationnement transformé avec zone bleue et arrêt minute pour supprimer les voitures ventouses, 3 lignes de Pédibus créées ». Par ailleurs, 22 ralentisseurs ont été installés et le stationnement en chicane développé sur 270 places.

    Le plan est complété depuis janvier par des radars pédagogiques qui incitent à la modération : au-delà de 30, l’affichage passe à l’orange, au-delà de 45, la vitesse n’est pas indiquée (pour éviter les records idiots !) et le message « danger ralentir » s’inscrit en rouge. Un peu tôt pour des statistiques détaillées, mais « globalement, la vitesse est respectée dans les mêmes proportions qu’auparavant, révèle le maire. Un tiers roule à 30, un tiers dépasse de 10 km/h ». Les plus grands supporters ? A l’été, les derniers aménagements seront prêts, et Daniel Wappler espère « refermer le dossier ». Même si, dans l’idéal, il envisage d’interdire les poids lourds sur tout le territoire…

  • Les travaux du BHNS suspendus à Nîmes

    Le sénateur-maire UMP de Nîmes, Jean-Paul Fournier vient d’annoncer la suspension immédiate des travaux engagés depuis janvier dans le centre-ville pour le futur BHNS, baptisé Tango+, le tram’Bus de l’agglomération. Sa décision fait suite à la suspension, par le tribunal administratif de Nîmes, de l’exécution du permis d’aménager après le recours déposé par l’association pour la sécurité des périphériques et l’intercommunicabilité des quartiers (Aspiq). Cette association de quartier avait relevé divers manquements dans l’étude d’impact de la ville et le juge des référés lui a donné raison, estimant que cette étude n’avait pas analysé « les effets de ces travaux, et notamment la saturation supplémentaire du trafic urbain, sur la pollution atmosphérique, la commodité du voisinage et sa santé ». Le maire a donc été obligé de stopper le chantier du BHNS qui devrait traverser la ville du nord au sud (6 km et 13 stations) fin 2012, mais aussi de demander aux ouvriers de remettre la chaussée et les trottoirs en état. L’élu, qui envisage de se pouvoir en cassation auprès du Conseil d’Etat, a chiffré entre « 800 000 à un million d’euros le coût de cette réfection ».

  • Clear Channel remporte le mobilier urbain du tramway du Havre

    Clear Channel vient de remporter l’appel d’offres pour le mobilier urbain du futur tramway de l’agglomération havraise. Il s’agit d’un contrat de 8 ans à compter du 1er janvier 2013 pour 48 abris voyageurs ainsi que 10 garages à vélos sécurisés. L’afficheur disposera ainsi de 154 faces de 2 m2 le long des 13 km de la ligne de tram qui desservira les pôles d’activités stratégiques de la ville basse aux grands bassins de population et zones commerciales de la ville haute, en passant par les axes les plus importants du cœur de ville.

  • Feu vert du gouvernement pour la gare de Vandières

    Quelques semaines après le feu vert du Conseil d’Etat, les ministres Nathalie Kosciusko-Morizet et Thierry Mariani ont signé le décret paru le 29 mars portant sur la création de la gare d’interconnexion TGV-TER à Vandières (Lorraine). Serpent de mer depuis fin 2000, cette gare devrait donc finalement voir le jour dans quelques années. Il s’agissait d’une vieille revendication de la Lorraine. En 2000, la convention de financement de la LGV Est la prévoyait noir sur blanc en tant que gare d’interconnexion, mais dans un premier temps c’est à Louvigny qu’on installe la gare Lorraine-TGV. Que deviendrait cette dernière ? « Une gare fret express dotée d’une connexion directe à l’aéroport Metz-Nancy-Lorraine », précise le conseil régional dans un communiqué. Du côté du conseil général de Moselle, on parle de « gaspillage », car il faut 110 millions d’euros pour construire une gare à quelques kilomètres de l’existante.

  • Un téléphérique à Londres sur la Tamise

    Londres verra bientôt l’arrivée d’un téléphérique au-dessus de la Tamise. Le Greater London Authority, l’administration chargée de la gestion du Grand Londres, vient en effet de donner son accord final pour la création de cette liaison qui surplombera la rivière de 50 m. Ce téléphérique, dont le coût est estimé à 40 millions de livres (45,5 millions d’euros), devrait permettre de transporter 2 500 voyageurs par heure, soit « aussi bien qu’une ligne de bus avec 30 véhicules en service », précise Boris Johnson, le maire de Londres. Il reliera le centre ExCel dans l’est de Londres à la salle omnisport O2 Arena, installations où auront lieu des épreuves olympiques. Néanmoins, si sa mise en service est prévue pour les Jeux olympiques en juillet 2012, l’Agence de développement londonienne a précisé en décembre dernier que la construction ne pourrait pas commencer avant début 2012… Quoi qu’il en soit, le marché sera attribué ce printemps.

  • Gérard Saumon espère une redevance pour Tours – Bordeaux

    Gérard Saumon espère une redevance pour Tours – Bordeaux

    Le maire de Champagne-Vigny, commune de 230 âmes située sur le tracé de la LGV Tours – Bordeaux – 2,5 km de LGV traverseront son territoire –, s’est plus ou moins résolu à sacrifier une partie du territoire de la commune.
    Au départ opposé au projet, il s’est plié à l’intérêt général. « Avec ou sans nous, la ligne aurait été construite. On a plutôt essayé de mettre tous les pouvoirs publics derrière nous », explique-t-il dans les colonnes de Sud-Ouest. 44 ha de cultures et de vignes disparaîtront. Et en compensation des nuisances sonores et visuelles, Gérard Saumon estime que les 250 000 euros du fonds de solidarité territoriale pourraient être complétés. « On voudrait aussi une redevance pérenne que nous verserait le concessionnaire, comme pour les autoroutes. A quelle hauteur ? 10 000 euros par kilomètre et par an ? C’est un point en suspens. Mais il n’est pas question de lâcher là-dessus », insiste l’élu.

  • Jean-Marie Bockel souhaite une grande métropole Mulhouse-Strasbourg

    Jean-Marie Bockel souhaite une grande métropole Mulhouse-Strasbourg

    L’ancien maire de Mulhouse et actuel président de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A), qui, avec 270 000 habitants, se situe au 20e rang français, défend une alliance avec la métropole voisine de Strasbourg.
    « Mulhouse est présente dans cinq pôles de compétitivité et dans sept pôles de compétence, a souligné Jean-Marie Bockel, au quotidien économique Les Echos. Le temps est venu pour nous de conforter Strasbourg dans son rôle métropolitain. Nous avons des choses à faire ensemble dans de nombreux domaines : nous disposons notamment de l’aéroport international qui manque à Strasbourg. Ensemble, nous pesons davantage, surtout dans une logique de promotion internationale. »

  • En bateau sur toute la ligne à Calais

    En bateau sur toute la ligne à Calais

    Calais et sa région devraient se doter d’un transport fluvial dans un peu plus d’un an. Le conseil du Syndicat intercommunal des transports urbains de l’agglomération du Calaisis (Sitac) a dévoilé début février les conclusions d’une première étude de faisabilité d’un tel transport. Calais et sa région devraient se doter d’un transport fluvial dans un peu plus d’un an. Le conseil du Syndicat intercommunal des transports urbains de l’agglomération du Calaisis (Sitac) a dévoilé début février les conclusions d’une première étude de faisabilité d’un tel transport. L’idée de cette navette fluviale a été lancée en 2009, lors du renouvellement de la DSP. « Le canal qui traverse la ville de Calais est une colonne vertébrale d’eau. À nous de le valoriser et d’innover », assure Philippe Blet, président de la communauté d’agglomération Cap Calaisis.

    Jugé réalisable par la première étude, ce projet de navette fait actuellement l’objet d’une seconde étude, plus poussée, pour définir par exemple les horaires, le nombre de passagers, le type de bateau et son mode de propulsion. Ses conclusions pourraient être rendues mi-avril.
    Malgré tout, les grandes lignes du projet sont connues. La navette partira de la citadelle de Calais pour rejoindre le pont de Coulogne, une commune voisine de Calais. Le tout en 30 à 35 minutes. En plus de ces deux terminus, deux autres arrêts sont prévus, quai de la Batellerie et devant la Cité internationale de la dentelle et de la mode.

    Les incidences de la navette sur la circulation routière sont également à l’étude. Car pour tenir son temps de trajet, la navette pourrait déclencher l’ouverture les deux ponts mobiles sous lesquels elle passe. « Nous avons lancé une étude globale de circulation à Calais », dit Natacha Bouchart, maire de la ville et partenaire de Cap Calaisis dans ce projet. « Les ponts ne créeront pas de bouchons, c’est une chose à voir dans son ensemble, mais qui ne se réalise pas en un mois », assure la maire.

    Côté budget, l’investissement s’élève à 2 millions d’euros, dont 500 000 environ pour la construction du bateau-bus. Le coût de fonctionnement tournerait autour de 300 000 euros annuels, avec deux employés de Calais Opale bus à bord.
     

    Deux clientèles visées

    En imaginant la future navette fluviale, ses concepteurs ont poursuivi deux objectifs. D’abord, proposer un service aux habitants de l’agglomération, notamment ceux de Coulogne. Ils pourraient bénéficier de deux allers-retours quotidiens, un le matin et un autre le soir.

    Mais les élus visent aussi une clientèle touristique, via des tour-opérateurs. « L’idée est de faire venir les touristes en autocar à la citadelle puis de les emmener, en bateau, jusqu’à la Cité de la dentelle », explique Philippe Blet, président de la communauté d’agglomération Cap Calaisis.
     

    Les transports peu communs du Calaisis

    Le Syndicat intercommunal des transports urbains de l’agglomération du Calaisis (Sitac) est l’autorité organisatrice des transports de la communauté d’agglomération du Calaisis et de la commune voisine de Guînes. Les deux entités réunissent une population de 103 720 habitants répartis sur six communes, représentant un périmètre de transport urbain de 12 368 ha.

    La délégation de service public a été confiée à Calais Opale Bus, une filiale de Veolia, en 2009. La même année, le Sitac et l’opérateur avaient lancé un service de location de vélos en libre-service, le Vel’in, basé sur le concept Veloway développé par une filiale de Veolia spécialisée dans ce type de service.

    Mais le syndicat et l’opérateur ont aussi mis en place une navette gratuite en centre-ville, la Balad’in, et un bus à impérial, la Div’in, fonctionnant seulement l’été, pour conduire les touristes au cap Blanc-Nez.

  • Veolia-Transdev : voyage dans les réseaux à vendre

    Veolia-Transdev : voyage dans les réseaux à vendre

    … le groupe Veolia-Transdev ne se trouve dans une position trop dominante une fois unifié. La RATP, qui vise les villes moyennes en général et la région Centre en particulier, a déjà fait part de son appétence pour ces réseaux. Keolis n’aurait pas été contre, mais il se dit qu’étant « trop gros » il ne serait pas invité au banquet. Les discussions avec les repreneurs potentiels ont commencé en toute discrétion. Les cessions, qui doivent être conclues dans l’année 2011, requièrent l’aval de l’Autorité de la concurrence, mais aussi et surtout celui des AOT locales concernées. Des autorités organisatrices un peu désorientées par ces changements qu’elles acceptent bon gré mal gré. Notre enquête dans ces réseaux.

     

     

    PACA : DES QUESTIONS SANS RÉPONSE
     

    A Carpentras (Vaucluse), comme à Aubagne (Bouches-du-Rhône), Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), Fréjus-Saint-Raphaël (Var) ou au conseil général du Vaucluse, les élus et responsables des transports dont les réseaux urbains ou interurbains vont être cédés par Veolia Transport et Transdev sont confrontés à une situation inattendue et nouvelle : un changement d’opérateur annoncé alors qu’ils ne l’ont pas souhaité et que des contrats d’exploitation sont en cours d’exécution.

    La gestion de ces réseaux se fait via des DSP (à l’exception de Salon-de-Provence) qui pourraient être annulées avant de nouveaux appels d’offres. Si tous se plaignent du manque d’informations, du moins officielles, de la part des opérateurs, tous restent attentifs et prudents : en coulisses, les aspects juridiques qu’entraîneront ces cessions sont épluchés et analysés. Certains comme à Carpentras pourraient profiter de la cession pour remettre à plat le mode d’exploitation et peut-être le réseau lui-même. A Aubagne, qui a lancé la création d’une ligne de tramway, l’agglomération n’entend pas revenir sur la gratuité et, quel que soit le repreneur, celui-ci devra en tenir compte. A Fréjus, l’existence d’un syndicat mixte des transports qui n’est pas l’AOT du réseau urbain de l’agglomération mais qui a été créé en 2010 pour étendre les lignes à des communes voisines risque de compliquer la donne, et à Salon-de-Provence, personne ne peut ou ne veut dire si le groupement momentané d’entreprises exploitant le réseau pourra survivre.
     

    Aubagne : la gratuité maintenue

    La cession des Autobus aubagnais, filiale de Veolia Transport, ne remettra pas en cause la gratuité instaurée en mai 2009 sur le réseau de transport urbain d’Aubagne et de son agglomération (12 communes et 104 000 habitants). Daniel Fontaine, maire d’Aubagne et vice-président de l’agglomération en charge des transports, se montre catégorique : « La gratuité sera poursuivie et le choix du futur opérateur se fera à partir de notre volonté d’avoir un réseau de qualité et gratuit pour les usagers. Sans oublier que dans deux ans nous aurons un tramway. »

    C’est la seule certitude avancée. Pour le reste, l’élu se montre dubitatif. En particulier à propos de la DSP de douze ans accordée en 2007 à la société des Autobus aubagnais pour l’exploitation du réseau urbain « Les bus de l’agglo ». « Nous n’avons pas toutes les données en main, reconnaît Daniel Fontaine. Va-t-il falloir rompre la DSP ? La question juridique se pose, mais nous n’avons pas encore la réponse. » Ici comme ailleurs, l’AOT semble douter de son… autorité et paraît impuissante face à la cession de son opérateur. « J’ai eu l’impression que les représentants locaux de Veolia, avec lesquels nous avons du plaisir à travailler, ont été aussi surpris que nous », note l’élu.

    Le réseau aubagnais est le plus important des quatre réseaux urbains cédés en Provence. Il doit être doté d’une ligne de tramway de 7,2 km (prévue en 2014) subventionnée avec 13,7 millions d’euros par le deuxième appel à projets du Grenelle de l’environnement. Un projet de BHNS de 17 km sur l’emprise d’une ancienne voie ferrée est également à l’étude.
     

    Carpentras : interrogations et transformation


    Transdev exploite, via sa filiale Sud Est Mobilités, le réseau urbain Trans’Cove de la communauté d’agglomération Ventoux-Comtat venaissin (la Cove) qui réunit 25 communes dont Carpentras, et 70 000 habitants. Transdev s’est engagé à céder le contrat de DSP qui se termine le 31 août 2013. A la Cove, qui à ce jour assure n’avoir été contactée qu’officieusement par son opérateur, on attend des informations et on se pose encore bien des questions : faudra-t-il annuler l’actuelle DSP ? Transdev la terminera-t-il ? Y aura-t-il même une nouvelle DSP ou le type de gestion sera-t-il transformé ? Quels opérateurs se porteront candidats ? A Carpentras, « tout est envisageable », dit-on à l’agglomération. Mais une chose paraît d’ores et déjà se dessiner avec le changement d’opérateur : le réseau de transport urbain, qui pour le moment fonctionne normalement, pourrait être totalement transformé.
     

    Fréjus-Saint-Raphaël : accord du syndicat mixte


    A Fréjus et à Saint-Raphaël, le réseau de transports urbains de la communauté d’agglomération est exploité, via une DSP, par Estérel Cars, filiale de Veolia Transport, et par une société indépendante, Rafaël Bus. Le réseau couvre les deux villes de cette communauté d’agglomération de 88 000 habitants et s’étend, depuis la création du syndicat mixte des transports Argens Estérel, le 1er janvier 2010, aux communes voisines de Roquebrune-sur-Argens et Puget-sur-Argens.

    Si Veolia Transport s’est engagé à céder la totalité du capital qu’elle détient dans la société Estérel Cars, du côté de la communauté urbaine, on assure que cette cession doit aussi être acceptée par le syndicat mixte. A priori, celui-ci n’a aucune raison de la rejeter, mais ici aussi les points d’interrogations s’accumulent, puisque ni les élus ni les responsables en charge des transports n’auraient été sollicités ou informés, ni avant la décision de céder Estérel Cars, ni depuis l’accord de l’Autorité de la concurrence sur la fusion Veolia-Transdev. Face à la nouveauté de la situation, les responsables ne peuvent que guetter la suite des événements. En attendant, le réseau est exploité « normalement ».
     

    Salon-de-Provence : l’avenir du GME en question

     

    Libébus, le réseau de transport urbain de la communauté d’agglomération Agglopole Provence (25 communes et 137 000 habitants), dont la ville centre est Salon-de-Provence, est exploité via un marché public passé le 1er janvier 2009 avec un groupement momentané d’entreprises composé de la société Autobus Auréliens, détenue à 70 % par Veolia Transport, le reste appartenant aux fondateurs de la société, et par deux opérateurs indépendants : Trans Azur et la Société nouvelle des transports Suma.

    Ce montage va-t-il rebuter des opérateurs potentiellement candidats à la reprise des actifs cédés par Veolia Transport ?

    A Salon-de-Provence, les responsables des transports de la communauté d’agglomération ne sont pas en mesure de le dire. Car là aussi c’est le même refrain : absence d’informations de la part de l’opérateur. En attendant la suite des travaux, l’exploitation du réseau continue.
     

    Vaucluse : informés par la presse

    Les Rubans bleus assurent quatre des 34 lignes interurbaines du réseau départemental TransVaucluse (où Transdev Sud-Est en exploite 18) depuis Pertuis où est implantée cette société détenue à 50 % par Veolia Transport. La cession de cette participation est, avec celles de deux établissements d’une société varoise, l’engagement pris par Veolia dans le transport interurbain en région Paca.

    Au conseil général du Vaucluse, on reconnaît avoir été interrogé par l’Union européenne puis par l’Autorité de la concurrence en amont de l’autorisation de fusion. Mais la suite de l’opération, c’est par la presse qu’elle a été connue, assure-t-on, avant confirmation par les représentants locaux de Veolia et Transdev.

    Le département dit n’avoir eu aucune information quant aux cessions d’actifs, avant un courrier, en février, du directeur régional de Veolia mais qui ne précisait pas les modalités de ces cessions. « Nous regrettons toutefois que ni l’autorité de la concurrence, ni les entités intéressées n’aient jugé utile de nous informer officiellement et de nous donner notification de la décision de l’autorité de la concurrence qui, semble-t-il, prévoit les modalités d’exécution de sa décision », note-t-on au conseil général du Vaucluse où les contrats de transports seront remis en jeu en 2016.

    Pour l’heure, c’est le flou complet, et au sein de l’AOT on souhaite « connaître les dispositions envisagées quant à la pérennisation des équipes et l’organisation territoriale retenue pour les services mutualisables ».

     

     

     

     

    LE CENTRE COMPTE SUR L'ARRIVÉE DE LA RATP POUR « SAUVER» LA CONCURRENCE
     

    A première vue, la concentration dans la région Centre n’avait pas l’air bien méchante. Et pourtant l’Autorité de la concurrence a estimé qu’il y avait bien entrave à partir de l’indice de Herfindahl-Hirschmann (IHH), mesurant la concentration du marché. Au final, les engagements de cession concernent les activités des Rapides du Val de Loire (RVL, Transdev) en Eure-et-Loir et dans le Loir-et-Cher, deux départements dans lesquels RVL n’a qu’une activité mineure, correspondant à 5 à 10 % de parts de marché, si bien qu’après l’opération la nouvelle entité détient 40 à 50 % du marché départemental.

    « Nous n’intervenons qu’à titre de sous-traitants sur des lignes interurbaines et quelques lignes scolaires dans ces départements », relativise Jean-Michel Bloch, directeur des RVL, qui refuse par ailleurs de donner une indication de l’importance de ces lignes au regard d’une activité totale de production de 8 millions de km par an avec 240 véhicules et 280 salariés pour un chiffre d’affaires avoisinant les 17 millions d’euros. Effectivement, l’activité principale des RVL se situe dans le Loiret, avec 13 lignes régulières plus 4 lignes du réseau urbain d’Orléans. Et, d’ailleurs, les services transports des deux départements concernés s’avouent « étonnés qu’il y ait entrave à la concurrence ». En Eure-et-Loir comme dans le Loir-et-Cher, les conseils généraux ont fait un lot unique pour la DSP interurbaine, et c’est Veolia Transport qui détient le marché.

    Ainsi, « avec un ou deux services par semaine sur la ligne 1 Orléans – Chartres, et sur la ligne 2 qui propose la même liaison mais par un trajet différent, les Rapides du Val de Loire détiennent moins de 5 % de l’ensemble du réseau, cela se joue à la marge », estime Philippe Tardy, directeur déplacements et transports en Eure-et-Loir. Dans ce département, le lot d’interurbain (réseau Transbeauce) – comprenant aussi quelques services scolaires – est détenu par la société Transports d’Eure-et-Loir (appartenant en majorité à Veolia) depuis le 1er janvier 2004 et jusqu’au 31 décembre 2012. « Ils devront nous proposer un autre sous-traitant que nous devrons agréer, poursuit-il. Mais nous n’avons pas l’impression de manquer de concurrence. » De plus, à peu près 25 % du réseau sont aujourd’hui exploités par Keolis, si bien que ce qui gêne davantage l’autorité organisatrice « c’est l’interdiction qui est faite à Veolia-Transdev de candidater en groupement avec Keolis ou RATP Dev, ou d’intervenir en sous-traitance pendant cinq ans ».

    Dans le Loir-et-Cher, c’est la ligne 16 (Blois – Beaugency) du réseau Route 41 qui est concernée par la cession. Echéance du contrat délégué à Transport du Loir-et-Cher (TCL, Veolia), qui le sous-traite aux Rapides du Val de Loire : 30 juin 2012. « Il s’agit de l’une des cinq lignes les plus fréquentées du réseau. L’activité représente 8 véhicules et une offre annuelle de plus de 222 000 km », note Annick Barré, directrice des transports au conseil général du Loir-et-Cher. Comme la ligne dessert aussi le PTU de Blois, il faudra de plus s’entendre avec la communauté d’agglomération Agglopolys. « Il y a une étude à faire avec eux avant que TCL nous soumette un nouveau sous-traitant », poursuit-elle. Transdev a également un marché de transport scolaire avec 5 véhicules, arrivant à échéance au 30 juin, « le problème se réglera donc de lui-même… », considère-t-elle. Enfin, un autre secteur scolaire est touché, Transdev y est en groupement avec Veolia et Keolis jusqu’en 2013.

    En fait, « avec l’arrivée de RATP Dev dans le Centre, il y aura un vrai concurrent de plus lors des prochains appels d’offres », espère Annick Barré. Car la RATP est présente dans l’interurbain dans l’Indre et le Cher, et dans l’urbain à Bourges et à Vierzon. Elle a par ailleurs racheté les Cars Dunois, « ce qui dénote une volonté d’implantation dans le secteur », suppute-elle. Par ailleurs, l’Autorité de la concurrence rappelle que les AO gardent la possibilité de revenir à l’allotissement « pour stimuler les offres ». Au siège de Transdev, on assure être « dans une phase de collecte d’informations précédant la recherche d’acquéreurs ». Des acheteurs qui ne devraient pas se bousculer au portillon. « Qui voudrait acheter quelque chose qui ne vaudra plus rien dans trois mois ? », exagère un peu Jean-Michel Bloch, directeur des RVL.

    Une fois l’acquéreur trouvé, il ne faudra pas non plus répondre aux appels d’offres suivants en groupement. Cependant, « avec un délai aussi court, la mesure n’aura aucun impact sur le marché », note Agir. Transdev assure aussi qu’il ne s’agit pas de chiffres d’affaires colossaux… Mais qu’en est-il de la marge ? Selon un observateur, ces marchés étant peu, voire pas négociés, des marges à deux chiffres sont tout à fait possibles dans l’interurbain.