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A Ulm, Car2go cherche toujours son modèle économique
Daimler enclenche la vitesse supérieure : après Ulm et Austin (Texas), le constructeur va lancer son système d’auto partage à Hambourg. Une étape décisive : c’est la première fois que Car2go s’exporte dans une ville de plus d’un million d’habitants. Daimler enclenche la vitesse supérieure : après Ulm et Austin (Texas), le constructeur va lancer son système d’auto partage à Hambourg. Une étape décisive : c’est la première fois que Car2go s’exporte dans une ville de plus d’un million d’habitants. Un changement d’échelle, mais pas question pour autant de changer une formule qui a fait ses preuves. La « flexibilité » reste le seul mot d’ordre.
Comme dans la ville souabe ou aux Etats-Unis, les usagers ne seront soumis à aucune obligation de réservation préalable. Pas besoin non plus de se rendre à une adresse précise pour enlever ou restituer le véhicule. Les 300 Smart mises en service sur les bords de l’Elbe seront garées aux quatre coins de la ville, au gré des déplacements des clients. Pour trouver un véhicule, il suffit d’appeler le central téléphonique, de consulter la page Internet dédiée ou de lancer l’application pour smartphone qui a récemment vu le jour.
Ce concept a déjà séduit plus de 20 000 usagers à Ulm : quatre fois plus que prévu. Au total, les Smart bleu et blanc ont parcouru quatre millions de kilomètres en 350 000 voyages.
Mais si le système est plébiscité par les habitants, Daimler court toujours après la rentabilité. « Nous en sommes encore très loin », reconnaît la compagnie. En cause : la répartition pas toujours très harmonieuse des voitures dans la ville. « A Ulm, le service est disponible dans toute l’agglomération, y compris les quartiers résidentiels situés en périphérie », précise Andreas Leo, le porte-parole de Car2go. « Les véhicules y sont loués jusqu’à cinq fois par jour seulement, contre quinze ou seize rotations quotidiennes dans le centre-ville. »
Pour autant, l’opérateur n’envisage pas d’embaucher des chauffeurs pour redistribuer les Smart : trop cher, affirme-t-il. Du coup, à Hambourg, le service sera disponible sur un périmètre plus restreint : une zone de 65 km2 autour de l’hypercentre. L’objectif est d’encourager le turnover des véhicules, qui seront concentrés à l’endroit où la demande est forte. Car une voiture à l’arrêt peut coûter très cher à la compagnie : faute d’un accord avec la mairie hambourgeoise, Car2go ne bénéficie pas d’un tarif préférentiel pour le stationnement en zone payante.
Autre ajustement : le prix de location, revu à la hausse. Dans la ville hanséatique, il en coûtera 29 centimes par minute, 10 de plus qu’à Ulm. Le barème journalier subit, lui, une hausse de 50 % : 14,90 euros contre 9,90 sur les bords du Danube. Un tarif qui demeure néanmoins « tout compris » : assurance, carburant et stationnement.
Daimler va par ailleurs faire évoluer son modèle économique. A Hambourg, Car2go s’est associé à Europcar, qui détient 75 % d’une joint-venture créée pour l’occasion. Une façon de partager les risques. Et à l’avenir de bénéficier du réseau du loueur de véhicules, déjà présent dans 160 pays à travers le monde.Car l’opérateur, qui s’était joint au consortium emmené par la RATP pour l’appel d’offres parisien, reste convaincu de la viabilité de son offre : selon ses estimations, le marché mondial de l’auto en libre-service pourrait à moyen terme peser un milliard d’euros par an. Le constructeur allemand espère pour sa part générer 100 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel sur ce créneau.

Le Paris Autolib’
Simple, proche, moderne, abordable, avec un modèle économique robuste. Ce sont ces caractéristiques qui ont fait la différence et permis au groupe Bolloré de remporter mi-décembre le contrat Autolib’, le système de voitures électriques en libre-service à Paris et sa banlieue, face à Veolia et au groupement Vinci-RATP-SNCF-Avis, également en lice.
Ce contrat de délégation de service public pour douze ans prévoit, à partir d’octobre prochain, de mettre à la disposition du public des véhicules tout électrique pouvant se garer indifféremment dans l’une des quelque 1 000 stations (dont 700 à Paris) implantées en voirie ou en souterrain. En octobre 2011, seuls 250 véhicules seront mis en service, puis 1 740 en mars 2012. La montée en puissance se fera progressivement, pour aboutir d’ici à 2016 à plus de 3 000 véhicules proposés.
Durant toute la phase de l’appel d’offres, les deux candidats écartés ont plusieurs fois laissé entendre qu’il serait impossible, sinon très compliqué, de gagner de l’argent avec un tel dispositif. Ils mettaient aussi en avant d’autres difficultés, comme la lutte contre le vandalisme ou la régulation des véhicules entre les stations (pour éviter qu’une station ne soit vide ou au contraire qu’un automobiliste ne cherche sans fin une place où garer sa voiture).
Sur toutes ces questions, Bolloré n’a pas lésiné. Le groupe a accepté de s’impliquer financièrement de façon très conséquente en apportant 60 millions d’euros dans la société qui exploitera Autolib’. Il prendra en charge la location des voitures – en fait, il se louera à lui-même via cette société d’exploitation les voitures qu’il va fabriquer –, ainsi que les assurances, l’entretien, le service aux clients. Sur l’ensemble du contrat, le chiffre d’affaires est estimé à un milliard d’euros. Bolloré a même ajouté dans le contrat qu’il supporterait les pertes en cas d’échec commercial jusqu’à concurrence d’une perte cumulée de 60 millions d’euros.
Les prévisions tablent sur 200 000 abonnés pour atteindre le point d’équilibre. Une perspective attendue par Vincent Bolloré, le patron du groupe, « au mieux » dans sept ans.
« Pour remporter le marché Autolib’, il fallait non seulement proposer une voiture et surtout des batteries, qui sont le cœur du véhicule électrique, mais aussi présenter une borne de recharge et un système d’information », souligne l’homme d’affaires, qui rappelle que son groupe a derrière lui quinze ans de recherches pour mettre au point des batteries LMP (lithium-métal-polymère). Il vante aussi la diversité de compétences de son groupe : 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires (sans compter Havas) dont 5 milliards réalisés dans la logistique. « Nous ne sommes pas là par hasard. Nous avons la capacité d’investir et d’innover, sans que des actionnaires nous limitent. »
Autre argument de poids, le groupe Bolloré prévoit la création de 800 emplois affectés au nouveau service. « Il y aura au moins une station humanisée par arrondissement à Paris », précise Sylvain Marty, le directeur du syndicat mixte Autolib’. Les personnels pourront accueillir le public, l’assister et lui faciliter ses démarches administratives. « Ils pourront aider à la prise en main du véhicule, louer des sièges enfants, tandis que d’autres pourront participer à la régulation des stations », poursuit Sylvain Marty. « Nous savons que c’est un challenge difficile. Il faut que le 30 septembre 2011 nous soyons prêts. Et que nous puissions rapidement monter en régime », rappelle Vincent Bolloré.
S’il peut perdre gros, Bolloré a aussi beaucoup à gagner. Le groupe parie sur la formidable vitrine offerte par Autolib’, qui doit faciliter les déplacements de plus de 4 millions de citoyens. Après avoir dépensé près d’un milliard d’euros d’investissements ces dernières années, Bolloré veut vendre sa technologie basée sur le LMP, dont les applications sont prometteuses, notamment dans les bus et les trams. « Notre objectif, ce n’est pas d’être producteur automobile. C’est d’être le plus grand stockeur d’électricité dans le monde », explique Vincent Bolloré, qui espère prendre une longueur d’avance, dans cette compétition, sur ses concurrents.
QUI PAIE QUOI ?
Les collectivités locales vont financer les stations en apportant 50 000 euros par station. Il devrait y avoir au total plus de 1 000 stations en mars 2012. Bolloré reversera aux communes 750 euros annuels par place de redevance d’occupation des sols.
De son côté, Bolloré garantit la livraison des véhicules et des stations à temps, faute de quoi le groupe devrait débourser 20 millions d’euros de pénalités. Il louera chaque véhicule 250 euros par mois. En cas d’un très fort taux de vandalisme et d’une fréquentation du service plus faible que prévu, Bolloré supporterait alors seul une baisse de ses recettes jusqu’à concurrence d’une perte cumulée de 60 millions d’euros. Inversement, si le système gagne de l’argent, une clause de partage est inscrite dans le contrat : un tiers versé au syndicat mixte Autolib’, deux tiers pour Bolloré.
AUTOLIB’, C'EST AUSSI DU TRANSPORT PUBLIC
La « première mondiale » tant vantée par Bertrand Delanoë prend forme. C’est désormais aussi « un sacré défi », selon les mots du maire de Paris, qui présentait le 17 décembre le nouveau service Autolib’. « Ce service est complémentaire des autres. Nous pouvons dire aux citoyens : Vous avez le choix ! », explique Bertrand Delanoë. Et il ajoute : « Ce n’est pas une politique anti-voiture. C’est une politique antipollution. » Un slogan particulièrement adressé aux élus écologistes, qui critiquent de longue date ce projet, estimant que la place accordée aux voitures va augmenter dans Paris.
Pas du tout, répond Sylvain Marty, le directeur du syndicat mixte Autolib’, se basant sur des études concernant l’autopartage, qui démontrent qu’une voiture utilisée en autopartage supprime 5 véhicules du parc privé.
Quand elle a adhéré en octobre 2009, la région Ile-de-France avait défendu sa participation en expliquant que selon un sondage 73 % des Parisiens et 39 % des Franciliens de petite couronne se disaient intéressés par ce dispositif, même s’ils ont une voiture personnelle. Elle estimait aussi qu’à terme les émissions de CO2 pourraient être réduites de 22 000 t par mois. Pour évaluer plus exactement les diminutions des nuisances polluantes, une étude sera réalisée au bout d’un an de mise en service d’Autolib’.
Par ailleurs, l’aménagement des stations sur la voirie, qui comprendront de 4 à 6 places, se traduira par la suppression de quelque 2 000 places en surface à Paris pour les véhicules particuliers. Des parkings souterrains, également prévus, pourront accueillir plus de véhicules : entre 6 et 10. « On peut avoir besoin d’une voiture sans en être propriétaire. Ce n’est pas le même usage que le taxi ou que l’autopartage. Autolib’ trouvera sa justification avec l’usage qu’en feront ses utilisateurs », affirme Bertrand Delanoë, en évoquant un exemple : un aller effectué en transport en commun pour aller faire ses courses, mais un retour au volant d’une Autolib’ pour transporter ses paquets. La tarification a été fixée de manière à favoriser les déplacements courts : peu coûteux la première demi-heure, le prix augmente avec la durée d’utilisation. L’objectif est de faire « tourner » le plus possible les voitures.
BLUECAR, UNE BRETONNE A L'ACCENT ITALIEN
Certains disent que la Bluecar ne sera jamais prête à temps. Cet argument n’a pas fait reculer le syndicat mixte Autolib’. Pour lui, face aux autres offres concurrentes, la Bluecar « était la meilleure ».
Longue de 3,65 m, cette voiture est équipée des batteries Batscap LMP (lithium-métal-polymère). Ces batteries « tout solide », développées par Bolloré au terme de 15 ans de recherche, ont l’avantage d’être peu sensibles aux variations de température comparées aux batteries liquides. D’une capacité de 30 kWh, elles permettent de parcourir 250 km en milieu urbain et de se recharger en 8 heures (4 heures en moyenne).
La carrosserie de la Bluecar a été dessinée par Pininfarina dans le cadre de VEPB, la filiale commune de Bolloré et de Pininfarina. Le modèle retenu pour Autolib’ disposera de 4 places à bord (et deux portes) et sera équipé d’un écran assurant un guidage GPS. Un bouton d’appel permettra d’être mis en relation avec un opérateur.
Les véhicules vont être fabriqués dans deux usines à Turin, tandis que les batteries sont produites dans le Finistère et à Montréal. Le 7 janvier prochain, des travaux vont commencer pour augmenter les capacités de production en Bretagne. Capable actuellement de fournir l’équipement pour 2 500 voitures, l’usine bretonne de Pen-Carn/Ergué-Gabéric, qui va s’étendre sur une surface de 30 000 m2, devrait pouvoir, à terme, en équiper 15 000 chaque année. Une capacité équivalente à celle qu’aura l’usine de Montréal, qui va également monter en puissance. « Nous avons déjà la capacité de produire 7 500 voitures par an. Il n’y a donc pas de problèmes de production », assure Vincent Bolloré. Selon lui, le modèle est sûr : « Nos voitures roulent depuis 5 ans et ont circulé sur des centaines et des centaines de kilomètres. » Et le coût de production (200 000 euros pour une voiture) va diminuer grâce à des économies d’échelle dues à une production plus importante. « Produite à 40 000 ou 50 000 exemplaires, le coût sera comparable à celui d’une voiture à moteur thermique. » Le groupe Bolloré va commencer par produire les Autolib’, puis il honorera les précommandes de bus électriques. Fort de cette expérience, il espère répondre par la suite « à tous les appels d’offres ».
MODE D'EMPLOI
Une prise en mains en moins de 2 minutes
Pour utiliser Autolib’, il faudra forcément être titulaire d’un permis de conduire et s’inscrire pour recevoir une carte sans contact permettant d’utiliser les véhicules. Pour être certain d’avoir une voiture, mieux vaut réserver, ce qui n’est pas obligatoire. Il faut ensuite aller dans une station Autolib’, passer sa carte sans contact sur la borne interactive et taper son code confidentiel. Il est possible de réserver sa place dans la station de sa destination pour une durée de 90 minutes. Après avoir débranché le véhicule et vérifié son état extérieur, la carte sans contact doit être passée sur le lecteur situé sur le pare-brise, ce qui déverrouille la voiture. En cas d’anomalie constatée sur le véhicule, il faut le signaler sur l’écran tactile embarqué. « La prise en mains se fait en moins de 2 minutes », souligne le syndicat mixte Autolib’. Lors de la restitution du véhicule, il faut le rebrancher et passer sa carte sur le lecteur pour verrouiller les portes. La borne interactive de la station délivre un reçu récapitulant la location.Le coût d’utilisation du service
• Abonnement un an : 12 euros par mois.
5 euros pour la première demi-heure, 4 euros pour la deuxième demi-heure, puis 6 euros les suivantes.
• Abonnement à la semaine : 15 euros.
7 euros la première demi-heure, puis 6 euros, puis 8 euros.
• Abonnement à la journée : 10 euros.
7 euros la première demi-heure, puis 6 euros, puis 8 euros.
« Bolloré travaille auprès des hôtels pour implanter son système et permettre des réservations », explique un des promoteurs d’Autolib’.
Cautions et franchises
La franchise est de 500 euros. Elle peut être ramenée à 250 euros pour les abonnés au bout de six mois sans accident. Les occasionnels peuvent aussi la ramener à 250 euros s’ils la rachètent pour 2 euros par trajet.
Bain de jouvence pour les gares
Si seule une poignée de chantiers majeurs ont été menés en 2010 – Paris-Gare-de-Lyon, Saint-Lazare, Bellegarde-sur-Valserine et Belfort-Montbelliard –, pas moins de 85 gares ont actuellement des projets de restructuration en cours ou en émergence. Deux raisons à cela, selon la directrice de Gares & Connexions, Sophie Boissard : « D’abord, les collectivités s’approprient la problématique gare, cela touche maintenant les villes moyennes comme La Rochelle, Angoulême ou Lons-le-Saulnier. Ensuite, il y a l’effet booster de la grande vitesse : onze gares sont impactées par la LGV Rhin-Rhône ; les projets du grand Ouest entraîneront la création de dix pôles d’échanges en Bretagne… »
Par ailleurs, le projet du Grand Paris engendrera de nouveaux projets pour les « gares du quotidien, de la proximité », et, à plus court terme, la tangentielle Nord touchera sept gares de Seine-Saint-Denis.
En 2010, comme prévu, environ 350 millions d’euros tous financements confondus (fonds propres SNCF et contributions des collectivités) auront été investis dans les gares, sachant que pour les dix ans à venir la SNCF a évalué le besoin à au moins 4,5 milliards. « La dynamique est là et pour 2011, le rythme sera identique, entre 350 et 400 millions », estime Sophie Boissard.
Dans chaque transformation, la gare devient désormais pôle d’échanges multimodal, un PEM, le nouvel acronyme à la mode, afin de faciliter les liaisons avec les transports publics, taxis ou modes doux, sans oublier le traitement de la voiture particulière avec la création de parcs-relais. Un autre dada est la mise en place de nouveaux services… à foison, mais en test afin de vérifier qu’ils tiennent la route. Entre autres réussites de l’année : « des guichets intermodaux à Toulouse et Dijon, bientôt Bordeaux puis Toulon ; un point d’accueil office du tourisme à Marseille ». Il y a aussi les voituriers à Montparnasse et gare de l’Est, un service gratuit qui sera généralisé aux grandes gares de façon annuelle ou saisonnière. Quant aux rickshaws entre Austerlitz et les gares de Lyon et de Bercy, ils seront déployés à l’été sur la côte d’Azur ou l’Atlantique.
Les commerces éphémères liés à l’actualité culturelle ou touristique sont également prometteurs. De même que les relais-colis : à Paris-Est et Montparnasse, le seuil fixé de 40 retraits quotidiens est dépassé. Bientôt Marseille-Saint-Charles et la gare du Nord devraient accueillir les premiers laboratoires d’analyse médicale. De plus, « l’intérêt pour un grand centre de soins a été identifié à Paris, il reste à trouver 100 000 m2 », indique Sophie Boissard. Par ailleurs, six centres d’affaires devraient ouvrir prochainement (Melun, Nancy, Le Havre, Le Mans, Angers, Bordeaux, Lille, Rennes, Brest et gare du Nord). Enfin, quelques magasins pilotes de vente rapide de restauration et d’articles du quotidien à petits prix, suivant un concept suisse et néerlandais, seront testés en 2011, avec la possibilité de coupler ce service à la gestion d’un espace d’attente confortable et chauffé. Le premier test se fera à Chalon-sur-Saône fin 2011.
Des commerces qui ne sont pas forcément au goût de tout le monde. « Les projets sont bien ciblés quand ils s’adressent aux utilisateurs de la gare, comme les points multiservices, banques, cabinets paramédicaux, les Photomaton et photocopies, liste Jean Sivardière, président de la Fnaut. Mais attirer des gens qui ne prennent pas le train, c’est dangereux : la gare est d’abord un lieu ferroviaire, la gestion des flux de voyageurs doit rester la priorité. » Or ce n’est pas toujours le cas : salles d’attente dignes de ce nom, consignes, toilettes… « des tas de fonctions sont loin d’être satisfaites », déplore-t-il. Qu’il s’agisse de la Part-Dieu – « un foutoir indescriptible, des usagers du tram obligés de traverser la gare, des guichets impossibles à trouver », de Montparnasse, « où les seules choses visibles sont les commerces, les guichets planqués dans un coin sombre et l’unique salle d’attente minuscule…», ou de gare de Lyon, aucune ne trouve grâce aux yeux de la Fnaut. Pour cette dernière, prix citron ! « Que d’obstacles entre les sucettes publicitaires, les kiosques toujours vides, les bacs à palmiers transformés en cendrier ou poubelle. Et la petite salle d’attente au fond, sale, mal éclairée, malodorante. C’est paraît-il par manque d’espace, mais on en a trouvé pour Virgin dans la salle des Fresques…» Selon Jean Sivardière, les exemples à suivre viennent surtout de l’étranger : Cordoue (grande vitesse) ou Francfort : « On s’y repère et dirige immédiatement et sans entrave. » Pour Jean-Claude Favin-Lévêque, auteur de Concurrence ferroviaire : la France peut-elle gagner ?, la trentaine de grandes gares françaises doit muter vers le « ferroport », un concept de gestion qui recouvre tout le quartier gare. « Parce que l’approche réaménagement du bâtiment voyageurs et faire une ville dans la ville, c’est encore trop partiel. » A l’instar de ce qui se pratique dans l’aéroportuaire, avec Aéroport de Paris qui chapeaute les aérogares, cet ex-cheminot, mais qui a fait l’essentiel de sa carrière dans l’aérien, propose la création d’une entreprise « Gares de France » (SNCF, RFF et investisseurs) qui serait propriétaire des grandes gares. « Elle pourrait les gérer et exporter son savoir-faire… »
MONTPELLIER IMAGINE LE NOUVEAU SAINT-ROCH
Le vaste réaménagement des emprises ferroviaires encadrant la gare Saint-Roch à Montpellier est lancé. Déjà amorcé avec la construction en 2006 d’une section de la ligne 2 du tramway sur des terrains vendus à l’agglomération par la SNCF et RFF, il s’est poursuivi le 7 décembre par la signature d’une première vente d’emprises RFF à la municipalité et la publication d’une nouvelle mouture d’un projet global de zone d’aménagement concerté (ZAC) de dix hectares remontant à plusieurs années et piloté par la société publique SERM.Le premier îlot cédé, au sud des voies côté Sète, permettra de construire 3 000 m2 de bureaux, 4 500 m2 de résidence étudiante, 5 300 m2 de maison de retraite et 4 000 m2 de logements, d’ores et déjà commercialisés. Cette zone était autrefois occupée par une usine d’engrais.
Mais le principal du projet se situe sur l’autre rive du faisceau de voies, toujours côté Sète, avec l’urbanisation prévue dite du « Nouveau Saint-Roch », sous la direction des architectes Paul Chemetov et Emmanuel Nebout et du paysagiste Michel Desvigne.
La zone s’étire du bâtiment voyageurs jusqu’au boulevard Rabelais, sur les anciennes emprises de la « petite vitesse », puis Sernam, et d’un ancien faisceau de wagons devenu un temps chantier rail-route puis vaste parking automobiles. Elle inclut la direction régionale et la maison médicale de la SNCF, ainsi que le central sous-stations de l’axe languedocien, bâtiments qui ne sont pas concernés par la première phase du projet mais pourraient l’être à l’avenir.
Dans un premier temps, seront construits un hôtel et des commerces dans le triangle gare-Pont de Sète pour 9 000 m2, avec parking de 1 400 places. Puis sont prévus, à proximité des voies en aval vers Sète, toujours côté nord, des bâtiments de 8 étages appelés les « Tourettes » donnant sur un parc de 13 000 m2 dans une zone comportant, à l’ouest, un important dénivelé et au nord la ligne 2 du tramway. Une salle de spectacles est annoncée à l’arrière de la direction régionale de la SNCF.
Au total, 1 700 logements collectifs et 50 000 m2 dédiés aux activités tertiaires et commerciales sont prévus dans ce projet présenté le 2 décembre au salon de l’immobilier d’entreprise de Paris par Hélène Mandroux, maire (PS) de Montpellier.
Notons que par rapport à la première mouture, les « Tourettes » ont été éloignées des voies par des bâtiments de bureaux.
Les travaux des deux premiers bâtiments de l’îlot sud commenceront en même temps que la rénovation et l’extension du bâtiment voyageurs de la gare Saint-Roch, début 2011. Rappelons qu’il s’agira là d’ouvrir partiellement la dalle qui recouvre voies et quais, de la couvrir en partie d’un dôme axial ajouré doté de commerces et services, le reste étant orné d’éléments paysagers. Cette opération « pôle multimodal » – quatre lignes de tramway s’y croiseront début 2012 – est réalisée sous la direction de l’architecte de la SNCF Jean-Marie Duthilleul et sous la maîtrise d’ouvrage de Gares & Connexions de la SNCF.
Enfin, RFF s’apprête à vendre, hors Nouveau Saint-Roch, les vastes emprises de l’ancien chantier intermodal Novatrans dans le quartier des Prés d’Arènes, au sud-ouest de la commune de Montpellier.
Il ne demeurera donc plus des importantes emprises ferroviaires qui parsemaient jadis la capitale languedocienne que le faisceau de la gare voyageurs et le faisceau d’entretien et de remisage des Prés d’Arènes.
LA GARE DE PARIS-LYON SE MET À L'HEURE DE 2020
Sa dernière grosse restructuration date de 1981 et de l’arrivée du TGV Paris-Lyon. On avait alors créé de toutes pièces la salle Méditerranée. Mais la gare de Lyon, dont les premiers bâtiments datent de 1855 et de 1900, doit maintenant se préparer à absorber de nouveaux flux de voyageurs, notamment ceux du TGV Rhin-Rhône, dans un an. « Nous anticipons 30 % de trafic supplémentaire d’ici à 2020, explique Sophie Boissard, directrice de Gares & Connexions. Actuellement, 90 millions de voyageurs sont accueillis chaque année par les gares de Lyon et de Bercy, dont 35 millions sur la gare de surface de l’axe TGV Sud-Est. Dans dix ans, ils devraient être 45 à 50 millions. » Voilà pourquoi depuis un an la gare est en chantier, et ce jusqu’à la mi-2012, même si l’essentiel des installations devrait être prêt à Noël 2011 pour accueillir les quinze TGV quotidiens supplémentaires. Un chantier de 78 millions d’euros, financé sur fonds exclusivement SNCF, l’un des plus importants engagés avec celui de la gare Saint-Lazare et qui représente environ un tiers du budget annuel d’investissement dans les gares.Baptisé « Gare de Paris-Lyon 2012 », le projet vise à agrandir les espaces, puis à repenser entièrement les itinéraires des voyageurs et à fluidifier leurs déplacements. Autre but attendu : une meilleure connexion avec les autres modes de transports (métro, RER, bus, taxis) et une information-voyageurs plus moderne (avec des écran TFT actualisés en temps réel). Partie la plus spectaculaire : la multiplication par quatre des surfaces d’attente, qui passeront d’environ 1 000 m2 à 4 000 m2, avec l’adjonction de deux nouvelles halles, suite à la démolition d’un bâtiment de bureaux et à la couverture de la place Henri-Frenay. « En respectant la tradition des agrandissements de halles, les deux nouvelles constructions de 60 m par 30 et de 50 m par 15 m reprennent la volumétrie des halles de 1927 sur laquelle elles s’accolent, mais avec des matériaux contemporains », décrit Jean-Marie Duthilleul, l’architecte en chef de la SNCF et PDG d’Arep.
A l’intérieur, une grande mezzanine, un espace d’attente confortable et une cinquantaine de nouveaux commerces, services et restaurants occuperont 2 850 m2. « Nous lancerons un appel à intérêt, afin de trouver des opérateurs commerciaux prêts à s’implanter sur le site et à créer ainsi une façade urbaine », précise Sophie Boissard. Au passage, la SNCF en profite pour un grand toilettage de la salle des fresques et de son débouché sur le parvis, dit « triangle d’or », « qui est aujourd’hui dans un état de délaissement qui ne fait pas honneur à la gare », avoue-t-elle. Parallèlement, les accès entre la salle Méditerranée, souterraine, et la plateforme « jaune » en permanence saturée d’une part et vers les transports en commun d’autre part seront complètement revus. Une large rampe inclinée, dotée d’un « travelator » où poser ses valises, permettra de rejoindre directement le nouvel espace sous verrière.
Parmi les difficultés du chantier, la nécessité de faire fonctionner la gare quasi normalement. Depuis l’été dernier, les voyageurs sont déviés de la salle des fresques via des cheminements extérieurs, et du 12 décembre au 2 juillet 2011, il faudra déplacer une partie des trains Téoz vers la gare de Bercy, les 16 allers-retours quotidiens Paris – Clermont-Ferrand. Bercy devra donc absorber un trafic de l’ordre de 16 000 voyageurs par jour au lieu des 12 000 habituels, avec des pointes à 21 000 (contre 15 000) les vendredis. Et en 2012 les travaux ne seront pas totalement terminés, les études sont en cours pour enchaîner avec des « travaux d’humanisation de la dalle sur la rue de Bercy, le long de la gare ». De son côté, RFF poursuivra son énorme chantier de commande centralisée du réseau. Les appareils de voie datent en effet des années 30, ou 70 pour les plus « récents ». « De 2010 à 2015, tous les postes d’aiguillage seront changés pour un montant de 170 millions d’euros, c’est le plus gros chantier de signalisation de France, expose François-Régis Orizet, directeur Ile-de-France de RFF. Ils seront reliés au PCC de Vigneux en 2020. » Une modernisation qui permettra aussi d’allonger certaines voies et d’en créer trois nouvelles (les 25 à 27) pour éventuellement augmenter la capacité du RER D. Mais là, pour le coup, il n’y a pas d’échéance…
LA GARE HAUSSMANNIENNE NICE-THIERS SE REFAIT UNE JEUNESSE (voir photo)
C’est « une redéfinition complète du site » que souhaite la municipalité de Nice pour sa gare historique Nice-Thiers. Et pour les voyageurs, la principale métamorphose résidera sans doute dans la création d’un vaste parvis, plus de 10 000 m2 réservés aux piétons et aux deux-roues. De même que dans la réalisation, côté est, d’un cheminement vers la station de tramway située sur l’avenue Jean Médecin – qui sera piétonnisée depuis la place Masséna – à environ 200 mètres de la future esplanade. « En novembre 2007 déjà, la ville demandait à ce qu’on améliore la liaison entre la gare et le tramway, rappelle Dominique Lécluse, directeur du projet Nice-Thiers à Gares & Connexions. Le projet de réaménagement a été inscrit dans la quinzaine de projets nationaux de Gares & Connexions et la liaison avec le tram a été intégrée à l’ensemble. »L’ensemble, c’est un projet d’aménagement de la gare, mais aussi de son quartier, chiffré à plus de 80 millions d’euros, dont 46 pour sa première phase. La convention d’études validée en juin 2009, a permis d’aboutir le 3 décembre dernier à un comité de pilotage – réunissant les collectivités locales, SNCF et RFF – qui a validé à l’unanimité ce projet de pôle d’échanges multimodal qui verra le jour progressivement entre 2013 et 2015. « Il sera complémentaire au pôle de Saint-Augustin (voir encadré, ndlr), et permettra à Nice et à la Côte d’Azur de disposer de deux pôles nécessaires au développement de ses activités économiques et humaines », rappelle-t-on à la mairie.
Au bord du futur parvis, seront disposés les nouveaux arrêts de bus et de cars, la dépose-minute et les taxis, les places de parkings étant regroupées côté ouest (silo de 6 niveaux, parc de stationnement courte durée de 120 places créés dès l’an prochain). Ainsi les flux se croiseront le moins possible et les voitures ne passeront plus devant le bâtiment voyageurs. L’accès au parvis, pour ceux qui viendront en voiture, sera facilité par l’ouverture d’une travée dans l’aile ouest du bâtiment dont le hall sera totalement rénové. Une nouveauté : les kiosques. Afin de récupérer de l’espace à l’intérieur de la gare qui accueille 7 millions de voyageurs par an, et alors que 11 millions sont attendus d’ici à 2020, la SNCF reportera certains de ses services sur le parvis. Elle occupera au moins l’un des 4 kiosques, les autres seront réservés aux commerces (l’étude détaillée sera réalisée en 2011).
Construite par l’architecte Louis Bouchot en 1867, la gare du PLM est déjà saturée en heure de pointe. Second centre névralgique après l’Ile-de-France, Nice voit passer 105 TER par jour, contre 60 il y a seulement cinq ans. Et 180 TER quotidiens sont prévus à l’horizon 2020, qu’il y ait ou non construction de la LGV Paca. « Les scénarios des études de flux voyageurs ont montré la nécessité de redimensionner les escaliers qui mènent au souterrain et de créer un nouvel accès aux quais à partir de l’aile est, poursuit Dominique Lécluse. En 2015, une passerelle ira du bâtiment voyageurs aux différents quais, qui auront par ailleurs été réhaussés et équipés d’ascenseurs pour l’accessibilité PMR. » Cet important projet a en effet pour but trois améliorations : le confort de la gare et de ses abords, l’intermodalité et l’accessibilité.
De plus, la réalisation « ouvrira la perspective à l’angle des avenues Thiers et Jean Médecin où un bâtiment de deux étages coupe actuellement l’accès à la gare », poursuit le directeur de projet. Avec un trottoir de 10 mètres de large et sans obstacles, l’allée remontera jusqu’au parvis (il y a 5 m de dénivelé depuis le tram). En 2015, un bâtiment de liaison de 16 000 m2, évalué à environ 40 millions d’euros, ira jusqu’à l’avenue Jean Médecin. Une grande verrière de 20 mètres de haut, adossée au bâtiment voyageurs, abritera commerces et services (y compris SNCF), hôtel, bureaux et un parking de 150 places. La ville entend signer les conventions maîtrise d’ouvrage et financement début 2011. Ne restera plus alors qu’à prolonger la passerelle d’accès au nord afin de réaliser la liaison avec les quartiers nord. Une opération qui au final devrait grandement embellir le quartier de la gare.
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La tangentielle Nord sort de terre en Ile-de-France
Les travaux viennent de débuter pour la première phase de la tangentielle Nord qui doit relier Épinay-sur-Seine et Le Bourget en 2004, grâce à un tram-train. À terme, les 28 km de cette rocade offriront un gain de temps considérable pour des dizaines de milliers de voyageurs qui éviteront Paris. Aux abords de la Grande ceinture nord, sur la commune de Pierrefitte, le ballet des bulldozers a débuté le 13 décembre. Avec, pour frapper les trois coups sur un terrain en friche, tout ce qui compte ici dans le petit monde des transports et de la politique. Faute d’être déjà spectaculaire, le chantier est qualifié « d’historique » : il lance la première phase de la tangentielle Nord qui doit relier en 2004 Épinay-sur-Seine et Le Bourget, soit le Val-d’Oise et la Seine-Saint-Denis, sans passer par Paris.
« C’est la première réalisation de transport de banlieue à banlieue de nouvelle catégorie », s’enthousiasme le patron de la région et du Stif, Jean-Paul Huchon. « Un exemple de ce que l’on veut faire pour compléter les liaisons radiales. » En Seine-Saint-Denis où, souligne Claude Bartolone, président du conseil général, « on sait ce que c’est d’être les mal-aimés des transports, c’est enfin un signal montrant que les retards accumulés vont être pris en compte. »Comme le note Christian Cochet, responsable délégué Transilien à la SNCF, « c’est le premier projet d’envergure en Ile-de-France depuis Eole ». Les travaux commencent juste deux ans et demi après la signature de la déclaration d’utilité publique (DUP). François-Régis Orizet, directeur régional de RFF, qui pilote les travaux, l’affirme : « C’est la première fois que nous n’avons eu aucune observation de la commission d’experts pour la DUP et aucun recours. Cela témoigne d’une grande unanimité. »
En décembre 2014, un tram-train reliera donc Épinay au Bourget avec une rame toutes les 5 minutes en pointe, toutes les 10 minutes en heures creuses. Tram-train dont François-Régis Orizet loue la vitesse, 50 km/h, bien plus rapide que le tram, et la « légèreté » avec « une absence de bruit, moins de poids qu’un train classique et une réalisation moins coûteuse. » Christian Cochet estime la réalisation à 545 millions d’euros du kilomètre, matériel compris, grâce à la réutilisation pour partie de la Grande ceinture.Ce premier tronçon représente la création de 11 km de voies, avec deux nouvelles voies qui prendront place le long des deux voies fret, dont elles suivront le tracé. Trois gares seront créées, quatre réaménagées, six passages à niveau remplacés par des ponts-rails ou des souterrains. Et un atelier de maintenance des trains sera construit à Noisy.
Cette liaison a vocation à être prolongée à l’est vers Noisy et à l’ouest vers Sartrouville. Soit à terme, sur 28 km, la première ligne en rocade, connectée avec toutes les RER ainsi que les réseaux Paris-Nord, Paris-Est et Saint-Lazare. Pour le voyageur, le gain de temps sera appréciable : il faudra 35 minutes pour relier Sartrouville à Noisy, contre 1 h 30 aujourd’hui, 15 minutes entre Épinay et Le Bourget. Près de 10 000 voyageurs sont attendus en pointe le matin.
Mais si le top départ est donné et les études d’avant-projet lancées pour la seconde partie, son financement est encore en négociation, la région appelant l’État à préciser son engagement. Christian Cochet souhaite que la seconde phase se réalise dans la continuité de la première. Question d’économies en termes de chantier et d’efficacité en termes de clientèle.

Rouen veut « donner de l’air » au réseau Métrobus
Mis en service en 1994, le métro léger de l’agglomération rouennaise, tramway sur rail pour partie souterrain, est victime de son succès et frise de plus en plus la saturation aux heures de pointe. Mis en service en 1994, le métro léger de l’agglomération rouennaise, tramway sur rail pour partie souterrain, est victime de son succès et frise de plus en plus la saturation aux heures de pointe (67 000 voyageurs/jour). Tout devrait aller mieux en 2013. Dès sa naissance, il y a un an, la Crea (Communauté de l’agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe), regroupement de quatre collectivités comptant désormais 494 000 habitants, est devenue la nouvelle AOT.
Se fondant sur une étude confiée à Setec TPI en 2008, elle a passé commande auprès d’Alstom Transport de 27 nouvelles rames Citadis. Elles remplaceront les 28 rames actuelles, qui seront revendues. Montant du marché : 75 millions d’euros. La région Haute-Normandie vient de s’associer à cette acquisition à hauteur de 14,4 millions. Ces rames plus légères et moins gourmandes en énergie, pouvant transporter plus de 300 passagers, devraient apporter un surcroît de capacité de l’ordre de 60 %. Les premières sont espérées pour fin 2012. Par ailleurs, la Crea a lancé l’été dernier une vaste opération de rénovation de la plateforme et de la voie. Elle devrait durer trois ans et porter sur 8 km d’un réseau qui en compte 15,4. Coût du chantier : 14 millions d’euros. Parallèlement, la station Rouen-Saint-Sever, l’une des plus fréquentées (15 000 voyageurs/jour), va être complètement restructurée. Le chantier, d’une durée de dix-huit mois et d’un montant de 5,1 millions d’euros, commencera début 2011, date également de la mise en place d’une nouvelle gamme tarifaire unifiée sur tout le réseau de la Crea.La Bretagne lance son site de calcul d’itinéraire en transports publics
La région Bretagne a lancé le 20 décembre un site de calcul d’itinéraire en transports publics, qui permet aux utilisateurs de planifier des déplacements en utilisant trains, bus, cars, voire navettes maritimes ou vélo. Baptisé BreizhGo, le site combine les informations données par 17 autorités de transports de la région (conseils généraux, villes ou agglomérations) et de la SNCF. Selon ses promoteurs, la Bretagne est la douzième région à se doter d’un tel site, construit avec Canal TP, une filiale spécialisée du groupe Keolis, qui a déjà réalisé des sites semblables pour neuf régions françaises. En revanche, l’outil ne permet pas de calculer le coût du transport, ni d’acheter son billet. « Ce sera demain », selon le président de la région, Jean-Yves Le Drian (PS).
Un film 3D révèle le futur tramway du Havre
Depuis le 13 décembre, les Havrais peuvent découvrir un film dans les cinémas de l’agglomération leur présentant en 3D le look du tramway sur rail qu’ils ont choisi après avoir été consultés en octobre. Le constructeur retenu fin juin, Alstom Transport, proposait deux modèles de Citadis. C’est le gris, qui rappelle l’architecture d’Auguste Perret, classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2005, qui a séduit 68 % des 4 200 votants. Les 20 rames commandées pour un montant de 42 millions d’euros par la Codah (Communauté d’agglomération de la région du Havre), principal financeur de l’opération (395 millions d’euros), sont attendues symboliquement pour le 12/12/12, date prévue pour leur mise en service. Le chantier a commencé en mars dernier. Long d’un peu moins de 13 km, le futur tramway havrais desservira en Y les quartiers nord à partir de la ville basse (plage, hôtel de ville, gare SNCF).

Strasbourg inaugure sa sixième ligne
Le réseau du tramway de Strasbourg a été présenté dans sa nouvelle configuration le 27 novembre, à l’occasion de la mise en service d’1,5 kilomètre d’infrastructures nouvelles dédiées aux lignes C et F en centre-ville. Le chantier, réalisé en dix-huit mois, a mobilisé 36,5 millions d’euros d’investissements. Deux des cinq lignes existantes voient leur parcours modifié et la nouvelle ligne F, sur 5 kilomètres de voies anciennes et 500 mètres créés cette année, renforce la desserte des quartiers étudiants. « Avec six lignes et 67 stations, Strasbourg devient le premier réseau de tramway de France », affirme le maire (PS) Roland Ries. « Le réseau commercial passe de 53 à 55,8 kilomètres, avec trois lignes en direct au niveau de la Gare Centrale », explique Jean-Philippe Lally, directeur général de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). La ligne C, qui desservait précédemment le quartier de l’Elsau, au sud-ouest de l’agglomération, effectue désormais son terminus à la gare. L’offre cumulée de dessertes tramway à la gare augmente de 30 %.
La deuxième station Gare Centrale, en surface, préfigure le tronçon urbain du tram-train qui desservira la grande banlieue ouest et le piémont des Vosges, au plus tôt en 2016. Les études d’avant-projet sont en cours pour la réalisation d’une tranchée couverte, qui permettra aux rames du futur tram-train de passer sous les voies existantes de la SNCF en gare de Strasbourg pour venir se connecter au réseau RFF.

Dominique Lefebvre ne veut plus attendre pour le RER A
Suite à la recrudescence des problèmes de circulation sur le RER A, Dominique Lefebvre, maire de Cergy et président de l’agglomération de Cergy-Pontoise, a adressé un courrier à Guillaume Pepy.
Evoquant, ce qui ressemble plus à « une aventure parsemée d’embûches et de dysfonctionnements à répétition qu’à une prestation de transport public digne du XXIe siècle dans une région capitale du monde développé », il réclame des améliorations rapides. Il a en effet depuis le 29 novembre reçu en masse des mails d’usagers indignés, lui exprimant leur ras-le-bol. Dominique Lefebvre estime que les projections pour l’horizon 2020 étudiées lors des réunions sur Eole, Arc Express et le Grand Paris ne conviennent pas face à l’urgence de la situation.
Nicolas Dupont-Aignan et Manuel Valls créent les députés de la D
Les deux députés demandent que les pouvoirs publics engagent un programme de modernisation du RER D.
« Réclamant que des solutions décisives soient enfin apportées à cette situation qui dure depuis trop longtemps, nous avons décidé de créer le regroupement “Les députés de la D”, qui a vocation à accueillir l’ensemble des députés concernés et à réaliser un cahier d’acteurs dans le cadre des débats publics sur le futur métro automatique de rocade », annoncent dans un communiqué commun Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, maire de Yerres et président de la communauté d’agglomération du Val d’Yerres, et Manuel Valls, député de l’Essonne, maire d’Evry et président de la communauté d’agglomération Evry Centre Essonne. Alors que le débat sur les projets Grand Paris et Arc Express a démarré, les deux députés demandent que les pouvoirs publics engagent un programme de modernisation du RER D, qui transporte 550 000 voyageurs chaque jour et « pâtit d’une absence totale d’investissements depuis trente ans ». Leur idée forte : la réussite du futur métro automatique en rocade dépend impérativement de la modernisation du réseau existant.