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  • Ligne du Haut-Bugey : Paris – Genève en 3 heures 05

    Ligne du Haut-Bugey : Paris – Genève en 3 heures 05

    C’est rare : une ligne abandonnée il y a quelques années, faute de trafic, est rouverte depuis le 12?décembre à des TGV. Elle met Genève à 3 heures de Paris. Le 30 novembre, la ligne du Haut-Bugey, dans l’Ain, a été inaugurée par le nouveau secrétaire d’État chargé des Transports, Thierry Mariani, au côté d’Hubert du Mesnil, le président de Réseau ferré de France (RFF), gestionnaire de l’infrastructure. À partir de ce 12 décembre, cette liaison permet de relier Paris à Genève (500 km) en 3 heures 05 contre 3 heures 22 auparavant.

    Pour améliorer la desserte, les Français et les Suisses avaient le choix entre réaliser une section nouvelle au départ de Mâcon ou mieux, car moins cher, réutiliser une infrastructure existante délaissée. Cette infrastructure, depuis longtemps surnommée la ligne des Carpates en raison de son cheminement dans un relief escarpé qui évoque cette région d’Europe centrale, permet de raccourcir le trajet entre Paris et Genève de 47 kilomètres. En voie unique, elle a été modernisée et électrifiée. Le chantier a été complexe et plus long que prévu. Il a coûté 310 millions d’euros, dont 40,7 % apportés par l’État, 35,5 % par la Suisse et 23,8 % par RFF.

    Les Suisses, qui ont fortement participé au financement, sont un peu déçus : ils espéraient un temps de parcours inférieur descendant symboliquement en dessous des 3 heures (on annonçait 2 heures 59 quand le projet a été lancé). 3 heures 05 finalement, cela fait cher la minute gagnée ! Mais les arrêts programmés à Bellegarde et la nécessité de ralentir au passage de la gare de Bourg-en-Bresse laissent difficilement imaginer une meilleure performance. RFF s’est toutefois engagé à étudier de près le sujet.

    Neuf TGV allers-retours quotidiens sont désormais prévus entre Paris et Genève, contre sept actuellement. Ils desserviront la gare de Bellegarde-sur-Valserine avec, pour la plupart, une correspondance en TER vers Évian ou Saint-Gervais.

    Côté trafic, Lyria, qui commercialise les liaisons TGV entre la France et la Suisse, nourrit de grands espoirs. La filiale de la SNCF et des CFF, les chemins de fer suisses, attend 300 000 passagers supplémentaires en 2011 (elle en a transporté 800 787 sur un an à la fin octobre 2010). Sa part de marché atteint 53 % face à l’avion. Elle pense qu’elle gagnera 10 % annuels de parts sur les cinq prochaines années. Une prévision résolument optimiste qui s’appuie sur l’effet de seuil à trois heures. En se rapprochant des trois heures de temps de parcours, expliquent ses promoteurs, les TGV bénéficient d’un avantage certain car c’est le seuil à partir duquel on observe une bascule du trafic aérien vers le ferroviaire.

    Enfin, pour séduire la clientèle affaires qui pourrait hésiter entre l’avion et le train, Lyria propose de nouveaux services en première classe, qui ressemblent à ceux de l’aérien : restauration haut de gamme intégrée dans le prix du billet et distribution de la presse. En juillet 2011, la société Lyria prévoit un service encore plus personnalisé avec l’accompagnement de ses trains par du personnel suisse et français, bilingue. Le gain de temps se payant, le prix du billet, lui, devrait augmenter entre 8 et 11 % à partir du 12 décembre.

  • L’AVE Madrid – Valence sur les rails

    L’AVE Madrid – Valence sur les rails

    Première étape d’une étoile autour de Valence, le 320 km/h se met en route entre Madrid et les principales villes de la façade sud-méditerranéenne de l’Espagne. Et commence la bataille commerciale du Levant. A partir du 18 décembre, il ne faudra plus qu’une heure et demie pour rallier Valence à Madrid (391 km), grâce à une nouvelle ligne à grande vitesse directe. Déjà, le 15, était prévue la livraison de Madrid – Albacete, plus au sud, ce qui permet de raccourcir les trajets entre la capitale, Alicante ou Murcie.

    Après Séville en 1992, Valladolid et Málaga fin 2007, Barcelone en février 2008, c’est au tour de la région du Levant d’être desservie par la grande vitesse depuis Madrid. Et ce n’est qu’un début : d’ici 2013-2014, l’AVE devrait irriguer toute la côte méditerranéenne depuis Castellón jusqu’à Almeria, aux portes de l’Andalousie.

     

     

     

    Un réseau nouveau

    Inclus dans le plan stratégique, ou Peit, 2005-2020, l’ensemble du projet « Madrid-Castille-La Manche-Communauté valencienne-région de Murcie » prévoit la construction de 955 km de lignes entièrement nouvelles à grande vitesse (350 km/h). Partout, ce réseau sera à double voie, électrifié en monophasé 25 kV 50 Hz et à écartement UIC avec signalisation ERTMS niveaux 1 et 2. Coût global de l’investissement : 12,4 milliards d’euros, financé avec l’apport de l’Europe (Fonds de cohésion et Feder). Ainsi, toutes les capitales de province du sud-est de l’Espagne seront-elles reliées entre elles et avec Madrid.

     

     

     

    Les services

    Dès ce mois de décembre, Valence n’est plus qu’à 1 heure 35 de la capitale, contre 3 heures 25 par le meilleur des trains automoteurs « Alaris » circulant jusque-là via Albacete. Il en coûtera entre 31,95 et 79,80 euros le trajet simple en classe touriste selon le moyen choisi pour réserver son billet AVE, au lieu de 47,5 euros sur l’Alaris.

    Entre la troisième agglomération d’Espagne et Madrid, la trame prévue par l’opérateur Renfe est semi-cadencée avec 15 AVE par sens les jours de semaine (10 trains avec l’Alaris). L’offre de sièges quotidienne et par sens passe de 4 312 à 10 950. De plus, en attendant l’achèvement des 955 km prévus, la desserte fin 2010 bénéficie déjà aux autres cités, puisque des convois empruntant la ligne nouvelle pourront, moyennent un changement d’écartement, poursuivre via les voies ibériques : ainsi à Valence vers Castellón, à Albacete vers Alicante, Murcie et Carthagène.

     

     

     

    Le matériel roulant

    Pièce maîtresse du service, les rames Talgo 112 (avec motorisation Bombardier) sont des dérivées des Talgo 102 ou « Talgo 350 » déjà à l’œuvre sur Valladolid ou vers l’Andalousie. Mais, avec 365 sièges au total, elles ont une meilleure capacité en classe « touriste », puisque l’offre « business/preferente » a été fusionnée pour devenir la classe « club ». Avec le programme 2010-2011, emprunteront également la ligne nouvelle des Talgo 130 « Alvia » à écartement variable et bitension aptes à poursuivre au-delà de Valence et d’Albacete, des trains Talgo tractés vers Murcie, ainsi que des rames 120 construites par CAF. En effet, Renfe lance des navettes entre les capitales provinciales dont Albacete – Tolède.

     

     

     

    La ligne nouvelle

    En ce mois de décembre 2010, seuls 438 km à grande vitesse ont été livrés par Adif, c’est-à-dire de Madrid à Motilla (près de Cuenca), d’où une branche part vers Valence, l’autre vers Albacete. Le chantier a été lancé après l’accord passé le 8 janvier 2001 entre le ministre du Développement de l’époque, Francisco Álvarez Cascos, et les présidents des communautés autonomes concernées.

    L’objectif est de constituer un réseau, sinon de reconstruire les lignes existantes, puisque Murcie et demain Almeria seront à quelques heures de Valence, puis de Tarragone et de Barcelone. Ce qui va sérieusement moderniser le corridor méditerranéen. Et également esquisser le corridor fret prioritaire retenu par l’Union européenne.

    Si les prolongements vers la Méditerranée seront donc parcourables par des convois de fret, Madrid – Valence et Albacete a été préparé comme une ligne exclusivement voyageurs, apte au 350 km/h, quoique les Talgo 112 n’y dépasseront pas le 330.

    En attendant le creusement sous la ville d’une gare de passage, la gare actuelle de Valence-Nord, en cul-de-sac, s’est équipée d’une station AVE provisoire. De Valence, s’orientant à l’ouest vers l’intérieur du pays, le tracé inclut de nombreux ouvrages d’art dont le viaduc de Contreras (un arc en béton de 587 m) et le double tunnel de La Cabrera (deux souterrains de 7 250 m chacun). Après la jonction de Motilla puis Cuenca, la ligne rejoint à Torrejón la LGV venue de Séville. De Torrejón jusqu’à Madrid, il a fallu poser deux voies de plus, opération complexe à l’approche de la gare d’Atocha déjà encombrée avec les dessertes LGV vers Barcelone et les services Cercanías (banlieue).

     

     

     

    La bataille commerciale

    Renfe compte faire passer le trafic Valence – Madrid de 1,1 million de voyageurs à 3,6 millions (dont 81 % pour affaires) la première année d’exploitation de l’AVE, soit 800 000 nouveaux clients pour le train. En 2011, quatre déplacements sur dix entre les deux villes devraient se faire par fer : le rail capterait 55 % des trajets effectués actuellement par avion, 25 % de ceux en voiture et 5 % de ceux en autobus. Enfin, se plaît à souligner c, le ministre du Développement, l’AVE sur ce parcours évitera le rejet dans l’atmosphère de 842 000 t de CO2 d’ici 2016, autant que la consommation d’énergie d’une ville de la taille d’Alicante.

  • Lien Perpignan – Figueras : le combiné passera, le fret conventionnel attendra

    Lien Perpignan – Figueras : le combiné passera, le fret conventionnel attendra

    Le fret ferroviaire entre l’Espagne et le reste de l’Europe est très faible. Il devrait augmenter même si, dans un premier temps, la ligne nouvelle mixte ne devrait être utilisée que par du combiné car sa forte déclivité impose deux locomotives, ce qui génère des surcoûts. L’année dernière, seuls 5,2 % des marchandises transitant par le port de Barcelone ont été acheminés par le rail. Et la part ferroviaire entre l’Espagne et le reste de l’Europe est complètement marginale. Une donnée désespérante pour les responsables du port catalan qui nourrissent de grandes ambitions. Pour favoriser l’expansion du port, handicapé par un hinterland limité, un pari a donc été lancé sur le rail. Le développement de ports secs, notamment en France, fait partie de la stratégie. Il devient possible grâce à la mise en service de Perpignan – Figueras et à la nouvelle connexion ferroviaire des terminaux portuaires.

    « Cette nouvelle ligne représente une formidable opportunité. D’autant que le port de Barcelone s’agrandit et accorde ses concessions avec l’obligation d’évacuer les marchandises à hauteur de 40-45 % par le ferroviaire », souligne Sylvie Charles, la directrice de Fret SNCF.
    Les dirigeants du port sont persuadés que leur connexion au réseau ferré va faire bouger la géographie et les barrières techniques qui entravaient le trafic fret. Dans quelle mesure ? Sûrement limitée dans un premier temps.

    Le 21 décembre, un premier train de fret devrait passer dans le tunnel du Perthus reliant la France à l’Espagne, donnant un peu de sens à la vocation mixte (voyageurs et fret) du tunnel. Ce devrait être dans le cadre du service Barcelyon Express qui relie les deux terminaux de conteneurs du port de Barcelone (TCB et TerCat) au terminal ferroviaire de Naviland Cargo à Vénissieux, près de Lyon. Au-delà de Lyon, les trafics sont dispatchés selon leurs destinations sur le réseau mis en place par l’opérateur de combiné français, notamment vers le centre et le nord de l’Europe comme Anvers, Le Havre, Rotterdam et la Suisse.

    Lancé en février 2009 par Naviland Cargo, la Renfe (les chemins de fer espagnols) et le port, le service Barcelyon est assuré par deux trains hebdomadaires dans chaque sens.

    Jusqu’à présent, la desserte jusqu’au port imposait un transbordement à la frontière du fait de l’écartement différent des rails entre la France et l’Espagne, cette rupture de charge se traduisant par des surcoûts pour les opérateurs. Elle nécessitait aussi une bonne coordination entre les trains français et espagnols. La longueur des trains, différente d’un pays à l’autre (450 m autorisés en Espagne contre 750 m en France), ne permettait pas non plus un transport optimum. Le tunnel du Perthus et la connexion du port avec des voies aux normes UIC mettent fin à cette situation. « Nous allons passer très vite à des trains de 600 m, puis de 750 m. Jusqu’à présent, le taux de remplissage était de 70 % environ. Nous comptons arriver à un taux de 80, voire 90 % sur des trains de 750 m. Nous allons aussi lancer une troisième fréquence hebdomadaire », souligne Philippe Le Petit, directeur général de Naviland Cargo. De son côté, l’opérateur suisse de combiné Hupac assure deux allers-retours par semaine entre le port et Busto en Italie. Tous peuvent espérer une meilleure productivité du service.

    Pour tracter les wagons, la Renfe a décidé d’utiliser, après adaptation, quatre machines électriques Siemens S252 et deux diesels CC (E319). Les Espagnols seront obligés de faire appel à deux machines pour tracter 1 600 t, en raison de la forte déclivité dans le tunnel (la rampe atteint 18 ‰) et de la ligne côté espagnol. « C’est une performance honorable mais pas exceptionnelle puisqu’en France, une seule machine peut tracter 1 800 t. Mais la topographie n’est pas la même en France », souligne Fernand Victoria, directeur de la délégation “péninsule ibérique” à la direction des affaires internationales de Fret SNCF. Des essais doivent encore être menés d’ici au 21 décembre pour évaluer les performances réelles de ces machines.

    Si le combiné va profiter de la nouvelle infrastructure, le fret conventionnel devrait continuer à passer par la ligne classique. « Le trafic de combiné qui part du port de Barcelone pour être acheminé jusqu’aux plateformes des opérateurs de combiné (ou qui en revient) correspond exactement au réseau UIC, alors que le fret conventionnel est par définition diffus. Il doit être dispatché sur des zones où il n’y a pas de voies UIC », explique Fernand Victoria.
    Le fret conventionnel nécessitera donc encore longtemps des transbordements aux frontières. « Le jour où il basculera sur ligne nouvelle UIC, il faudra vérifier que les rampes ne limitent pas trop les capacités de nos trains », note encore Fernand Victoria.

    Attention aussi aux tarifs pratiqués par TP Ferro, concessionnaire de la ligne nouvelle : 650 euros en moyenne par train pour une quarantaine de kilomètres. « C’est cher rapporté au kilomètre. Mais si on le compare aux économies permises grâce à la suppression des transbordements et des opérations de manutention, le coût est finalement sensiblement équivalent, voire même un peu moins élevé. Surtout si on prend aussi en compte le gain de temps : entre cinq et six heures », poursuit le responsable Fret SNCF.

    Restent deux inconnues : les Espagnols devront équiper leurs trains du système de signalisation ERTMS, en plus des systèmes espagnol (ASFA) et français (KVB). Ils pourraient vouloir en répercuter le coût sur le prix de la traction. Par ailleurs, l’Adif, le gestionnaire espagnol des infrastructures, devrait également augmenter ses péages lorsque la ligne nouvelle sera entièrement réalisée jusqu’à Barcelone.

    Ces nouvelles charges pourraient peser lourd dans la compétition avec la route. Trop chères, elles entraveraient les nouvelles performances du rail, qui laissent passer des trains plus productifs de 750 m de long, gagnant cinq à six heures sur les trajets actuels.

    Pour donner le coup d’envoi, les opérateurs de fret lorgnent sur un trafic de masse pas trop lourd : l’exportation de voitures neuves de l’usine Seat du groupe Volkswagen au nord-ouest de Barcelone. L’usine n’est pas encore reliée à la voie UIC, mais ce pourrait n’être qu’une question de temps.

    Les responsables politiques catalans regardent ces projets avec bienveillance. Lors d’un séminaire début novembre à Barcelone, les acteurs économiques ont fait part de leur optimisme. « Le port veut faire passer la part de ses acheminements ferroviaires à 25 ou 30 %, c’est-à-dire au niveau de Hambourg », résume Olivier Sellnick, le directeur fret de l’Union internationale des chemins de fer (UIC). Les responsables du port souhaitent faire de l’Espagne une tête de pont entre l’Afrique et l’Europe, mais aussi entre l’Asie et l’Europe. Marseille, le grand concurrent de Barcelone, n’a qu’à bien se tenir.

  • L’Espagne leader européen de la grande vitesse

    L’Espagne leader européen de la grande vitesse

    C’est la grande nouveauté de l’année ferroviaire 2011, qui commence mi-décembre 2010?en Europe. Avec l’ouverture de Valence – Madrid, le réseau ibérique à grande vitesse compte maintenant presque  2 000 km, dépassant de peu la France et ses 1 890 km. Cet effort consacre à la fois le renouveau du rail, longtemps tenu pour dépassé outre-Pyrénées, et un modèle spécifique de grande vitesse.?Dans la foulée, le savoir-faire espagnol de la grande vitesse commence à rencontrer des succès à l’exportation. Madrid – Valence et Albacete, dans l’est de l’Espagne, ce n’est pas seulement 438 km de grande vitesse en plus. En décembre 2010, ce pays atteint le seuil symbolique des 2 000 km de lignes à grande vitesse (Alta Velocidad Española, AVE). Ou presque, puisqu’elles totalisent désormais 1 998,7 km.

    Depuis le 21 avril 1992 et l’inauguration de Madrid – Séville, il a fallu juste 18 ans pour que l’Adif (Administrador de Infraestructuras Ferroviarias, le gestionnaire d’infrastructures ferroviaires espagnol) dispose d’un tissu reliant les grandes agglomérations de la péninsule, à l’exception pour le moment de Bilbao et, au Portugal, de Lisbonne et de Porto. Il y avait urgence, puisque l’Espagne avait un réseau quasi obsolète, avec un écartement singulier qui l’éloignait du reste de l’Europe et donnait la part belle à la voiture et au camion.

    D’emblée, le modèle s’est justement voulu européen avec l’écartement UIC et une électrification en courant monophasé. Les fonds communautaires aidant, le modèle espagnol a pris son essor autour de quelques principes de base :
    • un réseau en étoile centré sur Madrid « que toute capitale de province doit pouvoir rejoindre en moins de quatre heures » ;
    • un réseau mixte qui accepte temporairement ou durablement sur certains axes des convois de fret (Barcelone – Figueras, Y basque) ;
    • un réseau extensible que rejoindront plus tard des tronçons provisoirement encore à la largeur espagnole, mais à traverses polyvalentes convertibles. Ils sont « à vitesse élevée » (hier) et « à hautes prestations » aujourd’hui (par exemple Vigo – La Corogne, Séville – Cadix, l’axe méditerranéen) ;
    • un réseau ouvert car infrastructure, matériel roulant et appareils de changement d’écartement (cambiador) permettent de desservir des lignes à écartement ibérique (« effet réseau »).

    Quels que soient les gouvernements qui se sont succédé depuis 1992, ces grandes lignes ont été conservées tant par les « populaires » (droite) que par les socialistes du PSOE. Au plan directeur des infrastructures des premiers, a succédé en 2004 le « plan stratégique des infrastructures et des transports » (Peit), qui vise 10 000 km de lignes AVE ou à hautes prestations (1 000 km environ) d’ici 2020, moyennant un effort de 120 milliards d’euros. Le projet de 2004 marque toutefois une légère inflexion, en retenant aussi des liaisons transversales AVE comme l’axe méditerranéen (Alméria – Barcelone) ou celui de l’Ebre (Barcelone – Bilbao).

    Si l’idée de transformer toutes les lignes en les mettant à l’écartement européen a été abandonnée, l’édification de la toile AVE prend parfois l’allure d’une véritable reconstruction du chemin de fer espagnol. Un objectif central est de le connecter au reste du continent, ce qui devrait être le cas en 2012-2013, via la Catalogne. Si bien qu’à l’horizon 2020 existeront chez nos voisins deux ensembles : les voies larges pour les services locaux et le fret, ainsi qu’un maillage aux caractéristiques européennes entre les grandes métropoles (voyageurs et fret rapide).

    Si l’Adif a des normes assez uniformes pour l’infrastructure, l’opérateur Renfe a préféré diversifier son matériel roulant avec une dizaine de modèles de rames, fournies par des constructeurs nationaux comme Talgo et CAF et les majors, tels Siemens, Bombardier et Alstom. Les Asiatiques ne sont pas encore là, mais comment pourraient-ils se désintéresser longtemps de ce marché ?

    « En 2010, l’Espagne sera le premier pays du monde pour la grande vitesse ferroviaire », assurait le 21 août 2007 José-Luis Rodriguez Zapatero. Les différentes façons de compter peuvent jeter un doute sur cette affirmation du président du Conseil. Par contre, l’Espagne est devenue sans conteste un acteur de poids sur la scène internationale de la grande vitesse puisque, fortes de l’expérience acquise, ses entreprises sont désormais sur ces marchés : les trains CAF équipent les LGV turques et se positionnent au Brésil, Talgo nourrit des espoirs en Arabie saoudite, en Russie et en Californie. Et les spécialistes espagnols de l’ingénierie (Sener ou Idom) sont sortis de leur pré carré, ce dernier ayant réussi notamment une percée en Pologne pour les études de la LGV Varsovie – Poznan.

  • A Bergen, les voitures paient pour le tram

    A Bergen, les voitures paient pour le tram

    Cap au nord pour découvrir le tramway d’Europe le plus récent (après Toulouse). Il circule dans les rues de Bergen depuis le 22 juin. Long de 9,8 km dont plus du quart en tunnels, il fait pour l’instant la navette entre l’hypercentre de la deuxième ville de Norvège, ses gares ferroviaire et routière, et la banlieue sud. C’est un tram sans fioritures, simple mais efficace, très design sans pour autant avoir exigé des aménagements excessifs, et dont les rames construites par Stadler à Berlin offrent tout de même le Wifi à bord… Financé aux deux tiers par les automobilistes via le péage urbain, il est exploité par un groupement associant Keolis et un exploitant de bateaux des environs.

    Bien que deuxième ville du pays, Bergen ne compte que 255 000 habitants (et environ 380 000 si l’on prend en compte une région métropolitaine très élargie). Mais si le centre historique se parcourt facilement à pied, l’agglomération est relativement étendue, et assez éclatée du fait de la présence de nombreux bouts de fjords, bras de mer et collines (parfois assez élevées). Les ingénieurs des ponts et chaussées norvégiens s’en sont donnés à cœur joie, multipliant les ponts et surtout les tunnels routiers un peu partout en ville. Jusqu’à une date récente, la voiture était en effet considérée comme l’instrument de choix pour se déplacer, aidée peut-être par quelques bus. Et le péage urbain, mis en place dès 1986, a d’abord servi à financer de nouvelles infrastructures routières.

    Les esprits ont évolué peu à peu, quand les habitants ont commencé à prendre conscience que leurs rues étaient littéralement envahies par les voitures, que leurs places étaient transformées en parkings et que leur air était souvent bien pollué, raconte Paul Nilsen, le directeur général de l’administration du comté du Hordaland (l’équivalent du département, responsable des transports dans la région), « Bergen est une vieille ville dont le centre est contraint, constate-t-il. Il n’y a pas beaucoup de place libre. La ville était en train d’être étouffée par la circulation automobile, malgré les tunnels ! » La qualité de l’air en a également pâti, les jours de smog se multipliant l’hiver dans cette agglomération coincée entre mer et montagne.

    « Un système ferroviaire rend la ville plus douce », lance M. Nilsen, un rien lyrique, en bon français. De fait, pendant que l’on construisait tunnels routiers et échangeurs plus ou moins souterrains en ville, les autorités locales ont assez tôt réfléchi à la réintroduction d’un tramway à Bergen. Les trams de première génération avaient disparu en 1965, remplacés par des trolleybus dont il subsiste encore, cahin-caha, une ligne menant à l’hôpital régional. Dès les années 1970, on a étudié un réseau inspiré des exemples de Stadtbahn allemands, avec un tram moderne souterrain dans le centre. Le dossier, moins ambitieux, est ressorti en 1995. Après quelques tergiversations, le conseil municipal a donné son feu vert à la construction d’une première ligne en 2000, lançant un processus d’approbation du financement qui a duré cinq ans (y compris un passage devant le Parlement du Royaume). La concrétisation du projet, ensuite, a duré cinq ans de plus. Non sans de fortes oppositions, venues notamment d’automobilistes qui ont protesté contre l’utilisation d’une partie des revenus du péage urbain pour le financer. Sans parler d’habitants de l’agglomération qui, sans être forcément contre le tram, regrettaient que leurs allées et venues en voiture puissent payer pour un équipement construit dans d’autres quartiers que le leur !

    La première ligne, inaugurée le 22 juin par la reine Sonja, fait 9,8 km de long et compte 15 stations. Depuis le jardin central du musée des Beaux-Arts (Byparken), à un pâté de maison de la grand-place de la ville, elle conduit d’abord à la gare ferroviaire un arrêt plus loin, puis à l’importante gare routière au suivant, avant de se diriger vers la périphérie sud. Elle finit sa course dans le quartier de Nesttun, après un parcours d’environ 25 minutes réalisé à une vitesse commerciale de 28 km/h. Le terme choisi est symptomatique de la volonté de rompre avec le passé : Bybane, traduction littérale en norvégien de l’allemand Stadtbahn, et non pas Sporvogn ou Trikk, appellations locales du bon vieux tram classique comme il y en a à Oslo. Pour le matériel roulant, Bergen a acheté douze rames à plancher bas de type Variotram au constructeur suisse Stadler, fabriquées à Berlin. Elles sont longues de 32,18 m et larges de 2,65 m.

    Presque partout en site propre, la ligne a coûté 2,2 milliards de couronnes norvégiennes (270 millions d’euros au cours actuel), ce qui donne un prix au kilomètre somme toute acceptable dans un pays aussi cher que la Norvège, d’autant qu’il a fallu percer 2,6 km de tunnels. L’Etat a apporté environ 35 % de la somme, les automobilistes finançant le reste, explique Paul Nilsen. Il en coûte en effet 15 couronnes (1,85 euro) pour entrer dans le centre de Bergen en voiture, ou même pour traverser la ville.

    La ligne suivante est déjà en construction : longue de 3,5 km entre Nesttun et le centre commercial Laguna dans le quartier de Rådal, elle devrait entrer en service en 2013. Les automobilistes continueront de payer, puisqu’ils devraient encore apporter les deux tiers du 1,4 milliard de couronnes (170 millions d’euros) nécessaire pour ce prolongement plus cher en raison de l’importance des travaux nécessaires, le comté apportant le tiers restant. Il restera ensuite près de 8 km à construire pour amener le tram jusqu’à l’aéroport, ce qui devrait coûter 2 milliards de couronnes (245 millions d’euros) au maximum. « J’espère que l’on pourra trouver un financement acceptable et lancer les travaux dans la foulée, ce qui permettrait d’achever la ligne vers 2016 », indique M. Nilsen. Cette ligne qui fera environ 21 km de long du centre-ville à l’aéroport ne devrait pas trop concurrencer l’actuelle navette routière qui y mène, celle-ci devant rester nettement plus rapide, juge le responsable. Mais elle permettra de structurer tout le secteur, desservant au passage d’importantes zones d’activités.

    Pour la suite, le comté a ébauché tout un réseau. Le principe d’une nouvelle ligne conduisant vers le nord dans le prolongement de la première semble acquis, selon Paul Nilsen. Elle conduirait à Åsane, une importante banlieue désormais rattachée à la commune de Bergen. Longue de 10 km environ, cette liaison est pour l’instant estimée à 2,5 milliards de couronnes (310 millions d’euros), un devis sans doute un peu osé puisqu’on ne sait pas très bien où elle passera et qu’il faudra sans doute creuser pas mal de tunnels, y compris sous le centre historique ! Ensuite, un troisième axe long de près de 8 km relierait d’ici 2040 le centre-ville au quartier de Fyllingsdalen, au sud-ouest. Le tout devrait être complété par des bus rapides. Mais l’unique ligne de trolleybus pourrait être sacrifiée dans l’aventure, pointe M. Nilsen. Car Bergen ne pourrait se permettre de juxtaposer trop de modes différents.
    En attendant, les autorités locales et l’exploitant se réjouissent car le tramway plaît, et il commence à trouver son public. Il transportait déjà quelque 22 500 personnes par jour en octobre, alors qu’il ne fonctionnait qu’à 60 % de sa capacité, avec un passage toutes les dix minutes. Des accidents ont en effet endommagé trois rames au printemps, ce qui n’a permis qu’une montée en charge progressive. Depuis le 1er novembre, dix rames (sur les douze du parc) sont en service comme prévu aux heures de pointe – avec un passage toutes les cinq à six minutes –, et des bus ont pu être rabattus. Les précédentes prévisions de fréquentation devraient en conséquence être revues à la hausse. On attend maintenant plus de 40 000 voyageurs par jour à l’ouverture de la deuxième phase, en 2013.

    Côté exploitation, le tramway de Bergen est un parfait exemple de l’usage intensif des délégations de service public par les autorités organisatrices norvégiennes. Car l’entreprise publique qui gère les bus de l’agglomération, Tide, n’a pas été retenue pour ajouter le tram à son réseau. C’est en effet le groupement Fjord1 Partner qui a été choisi, au terme d’un appel d’offres auquel ont également participé les chemins de fer norvégiens NSB et Veolia. Le vainqueur est un groupement associant Keolis (51 %) à Fjord1 (49 %), le partenaire de la filiale de la SNCF étant une entreprise des comtés voisins de Sogn og Fjordane et Møre og Romsdal exploitant un important réseau de bacs sur les fjords, bateaux, cars et bus.

    « Keolis allait sur un marché nouveau et voulait pour ce faire trouver un partenaire local », rappelle Svein Kleppe, le directeur d’exploitation du tram. Et si Fjord1 n’avait aucune expérience ferroviaire, l’entreprise est devenue, d’appels d’offres gagnés en acquisitions, un acteur de poids dans le paysage norvégien des transports publics, au-delà de ses deux comtés d’origine. « Aujourd’hui, il n’y a plus que des Norvégiens dans l’équipe », qui compte une soixantaine de personnes, souligne M. Kleppe. Les soutiens venus de Keolis Nordic – la branche scandinave, basée à Stockholm – ou du siège du groupe français à Paris sont rentrés chez eux mais sont susceptibles d’intervenir au cas où, raconte-t-il. Tout le personnel de Fjord1 Partner a fait ses classes au Mans.

     

     

     

    Keolis, un poids lourd en Scandinavie

    Dans les comptes de Keolis, le contrat du tramway de Bergen passe inaperçu. Il représente environ 3 millions d’euros par an, un chiffre à rapporter aux quelque 4 milliards de chiffre d’affaires du groupe (dont 1,8 milliard à l’international). Mais il est éminemment symbolique et permet à la filiale de la SNCF de mettre un pied dans son troisième pays scandinave. Keolis est déjà bien connu dans cette partie de l’Europe, qui lui apporte actuellement près de 10 % de ses revenus.

    Au Danemark, le groupe a peu à peu pris le contrôle total de City-Trafik, une fédération de petits opérateurs locaux qui s’étaient unis pour se positionner ensemble dans la perspective de l’ouverture à la concurrence des transports urbains de Copenhague. Avec un chiffre d’affaires de près de 70 millions d’euros, « c’est aujourd’hui une des plus belles sociétés de bus du Danemark, certes loin derrière Arriva », se réjouit Patrick Jeantet, directeur international de Keolis.

    En Suède, Keolis a exploité le Pendeltåg, le RER de Stockholm, de 2000 à 2006. « C’est un contrat qu’on n’a pas regagné et sur lequel on a perdu beaucoup d’argent », note pudiquement M. Jeantet. Le groupe n’en a pas pour autant quitté la capitale suédoise, puisqu’il y gère environ 55 % des bus via sa filiale Busslink, dont il possède la totalité du capital depuis l’été dernier. Depuis Stockholm, cette entreprise issue de la privatisation de la société publique locale a étendu ses activités dans d’autres villes, dont Göteborg, la deuxième ville du Royaume. Elle pèse aujourd’hui un peu moins de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires et doit être prochainement rebaptisée Keolis Sverige, annonce Patrick Jeantet.

    Quant au cas de Bergen, « on a créé un partenariat avec Fjord1 et l’idée derrière ça, c’est de se développer sur les bus en Norvège », indique le patron des opérations internationales de Keolis. Même si ce n’est pas toujours simple, reconnaît-il : « On a déjà répondu à deux appels d’offres pour des bus à Bergen et on a perdu. On est en train de répondre à un troisième… »

  • Les « boxes », nouvelle tendance de la politique vélo

    Les « boxes », nouvelle tendance de la politique vélo

    Nouvel épisode marquant dans l’aventure du vélo en ville, les stationnements sécurisés sous abris, ou « boxes », se multiplient. La bicyclette personnelle prend le relais des vélos en libre-service (VLS). « Branchée » aux transports collectifs, en particulier dans les gares, elle doit faire passer la part du vélo dans les déplacements à 15 % d’ici 2020. Tout un symbole. Le 30 septembre, à la gare de Lille, l’un des plus gros parkings pour vélos à avoir jamais été lancé en France s’est installé sur des places de loueurs de voitures. Dans beaucoup de villes, on estime que c’est la condition première au développement de la pratique cycliste. S’ensuit une vogue pour les stationnements fermés et sécurisés comme à Lille, après des villes pionnières comme Strasbourg et Grenoble. Parmi les plus petites agglomérations à s’y convertir, Saint-Nazaire vient d’installer cinq « garages à vélos », chacun de 25 places, près de la gare et de ses parkings-relais en entrée de ville. L’idée est de « proposer une alternative à l’utilisation de la voiture pour venir en ville maintenant que le stationnement est devenu payant ». Leur capacité pourra être doublée au besoin, en les dotant d’un second étage. Ils sont gérés comme le stationnement automobile par Vinci Park.
     
    Angers vient elle aussi de décider de déployer ce type de « boxes », dès la fin de l’année, aux abords des zones industrielles et artisanales trop peu denses pour être desservies par le bus.
    Bordeaux se place dans cette logique du « dernier kilomètre » de la desserte des transports publics effectué à vélo. 139 stations de bus et de tram sont en passe d’être équipées de parkings à vélos. Ils complètent le dispositif des stations de vélos en libre-service, uniquement en prolongement des lignes les plus structurelles du réseau de bus et de tramway, où les VLS peuvent être conservés jusqu’à vingt-quatre heures par leurs utilisateurs.

    Nantes ne se contente pas, non plus, de son VLS administré par JC Decaux. La ville vient de passer un marché d’une quarantaine de parkings sécurisés, représentant 900 places. Ils seront adjoints aux quarante parkings-relais de l’agglomération au rythme d’une dizaine par an. « Comme il s’agit de positionner le vélo dans le reste de la chaîne des transports publics, il serait logique que ces stationnements soient gérés par la TAN, notre société de transports publics », indique Jacques Barrot, le vice-président aux déplacements doux de Nantes Métropole. La consultation sur ce sujet vient de commencer. L’objectif est de faire prendre leur vélo aux habitants, comme un autre transport public, pour accéder au centre de la ville. Un parking central de 1 000 places (850 places à Strasbourg, 550 places à Lille) va voir le jour dans quelques mois près de la gare.

    Grenoble, familière avec ce genre d’équipements, complète bientôt son offre par une station originale. Sa « métrovélobox » comporte une part de consignes vides destinées à y déposer un vélo personnel et une part de mise à disposition automatisée de vélos en location de courte durée.

    Paris n’est plus en reste. La région Ile-de-France vient d’annoncer quatre expérimentations, d’ici la fin de l’année, dans les gares de Savigny-le-Temple, d’Ozoir-la-Ferrière, de Chelles-Coudray et de Choisy-le-Roi. Ces parkings varient de 30 à 88 emplacements vélos. La SNCF met en avant son concept de « Vel’gare », qu’elle propose de généraliser dans la région parisienne. Ce sont des lieux fermés, accessibles grâce au passe Navigo, dotés de caméras de surveillance.

    Partout, les gares sont ciblées. Depuis un an, la région Rhône-Alpes met en œuvre un programme imposant : un stationnement de 110 places à la nouvelle gare Lyon-Jean-Macé ; 300 consignes individuelles (1 164 places) dans les 185 gares les moins fréquentées ; 2 200 places en consigne collective dans les 45 gares « moyennement fréquentées ». La SNCF s’implique. Elle a payé 25 % des 1 075 euros par place qu’ont coûtés les équipements des petites gares en Rhône-Alpes. « Les gares doivent être équipées parce que ce sont de gros générateurs de trafic. Comme devront l’être à l’avenir tous les gros quartiers administratifs, les hôpitaux, etc. », estime Frédéric Baverez, directeur général adjoint France de Keolis.

    Pour organiser ce nouvel essor du vélo en ville, les transporteurs effacent les afficheurs, initiateurs des vélos en libre-service (VLS). Keolis a déjà détrôné Clear Channel pour la seconde place, derrière JC Decaux. Les deux derniers renouvellements de marché de VLS, à Rennes et à Nice, se sont soldés par un transfert vers Keolis et Veolia. « Cela ne m’ennuie pas, le vélo était un hasard de notre histoire et n’appartenait pas au cœur de notre métier. D’ailleurs, le VLS n’est plus le bon outil dès lors que l’on sort des hypercentres. En revanche, les abris sécurisés continuent de nous intéresser. C’est du mobilier urbain, support potentiel d’affichage. Nous en vendons et allons signer un partenariat avec un grand opérateur », annonce Alexandre de Palmas, directeur général adjoint de Clear Channel France.

    Le groupe Vinci est un autre candidat au développement du vélo, en tant que gestionnaire de stationnement. « La moitié des 600 parkings automobiles que nous gérons en France proposent des vélos gratuits à ses adhérents. Avec le parking sécurisé de Strasbourg, ouvert il y a trois ans, nous avons constaté le nouvel engouement et le flot de vélos personnels ressortis des caves et des greniers. La demande existe. Mais elle demande à être soutenue par les collectivités. Les gens ne sont guère prêts à payer plus de 10 euros par mois pour stationner leur vélo. Ce qui est peu », estime François Le Vert, directeur de la communication chez Vinci Park. « Ils ne le feront pas à l’acte, comme dans le VLS des afficheurs, mais dans le cadre d’un service de transport public tout compris », réplique Frédéric Baverez, directeur général adjoint France chez Keolis.

    Cette banalisation des stationnements sécurisés dans le système de transports publics des villes n’étonne pas beaucoup l’Association des villes cyclables. Après les VLS et l’effort en arceaux de stationnement, jusqu’à 4 pour 100 habitants dans des villes comme Grenoble et Bordeaux, c’est le moyen le plus sûr, avec les voiries dédiées, pour développer l’usage du vélo personnel. Et c’est moins cher. « Depuis des années, la sécurisation du stationnement est identifiée comme un bon levier pour encourager le particulier à prendre son vélo. Le nouveau défi sera de lui faire de la place chez lui, dans les habitats collectifs », signale Alexandre Laignel, chargé d’étude à l’Observatoire des modes actifs, créé par l’association. Strasbourg a beaucoup utilisé l’article 12 de ses documents d’urbanisme pour imposer des emplacements à vélos dans les nouvelles constructions. Le vélo y est utilisé pour 17 % des déplacements dans son centre-ville. Beaucoup de grandes villes se donnent pour objectif 10 % en 2020. Dans une étude gouvernementale sur l’économie du vélo (« Atout France », juillet 2009), Nicolas Mercat estimait qu’un « scénario de rattrapage » aboutissant à 15 % des déplacements à vélo en France en 2020 nécessiterait un triplement des investissements publics.

  • Valence innove pour booster son réseau

    Valence innove pour booster son réseau

    Grâce au GPS, l’application proposée par Valence permet entre autres au piéton de s’orienter vers son arrêt de bus. Le réseau de transports en commun de l’agglomération valentinoise lance le 2 décembre une application iPhone de guidage piéton. L’appli sur la plateforme d’Apple a été développée par Cityway pour CTAV, sociétés toutes deux filiales de Veolia. Valence est la première à mettre en service l’application iPhone parmi tous les réseaux de villes gérés par Veolia Transport en France.

    « On offre gratuitement les mêmes fonctionnalités que RATP Premium », précise Arthur Nicolet, directeur de CTAV. L’appli permet ainsi, via une connexion au site Internet de CTAV, de s’informer sur les horaires des passages des prochains bus, sur les perturbations et l’état du trafic en temps réel, sur les plans de ligne, etc. En outre, grâce à un guidage GPS en temps réel, l’application permet de s’orienter, comme piéton, vers son arrêt de bus ou, dans les transports en commun, de suivre la progression de son trajet. Enfin, toujours grâce à la géolocalisation, l’appli mobile propose un service de découverte de la ville et de destinations facilement accessibles en bus (commerces, administrations, lieux culturels, etc.). L’appli est appelée à être dupliquée sur les autres réseaux de Veolia Transport et à s’étendre aux autres plateformes de smartphones (Android, Windows Phone, Blackberry).

    L’application est la dernière innovation de CTAV après celles du “flycase” – un système mobile de création de cartes de transport avec photo n’importe où dans la ville – et de l’e-boutique, il y a un an, pour le téléchargement et le paiement en ligne des titres de transport. Ces dispositifs s’inscrivent dans le plan de restructuration du réseau engagé en septembre 2009, qui s’est traduit par une augmentation de 10 % de la fréquentation.

  • Les transports publics grenoblois progressent

    Les premiers résultats de l’enquête ménages-déplacements (EMD) 2010 à Grenoble rendus publics le 6 décembre traduisent une avancée importante de l’utilisation des transports en commun sur l’agglomération grenobloise, avec une part de marché passant de 14 % à 17 % entre 2002 et 2010. « Une évolution sans précédent sur un territoire observé depuis 1966, date de la première EMD sur l’agglomération grenobloise », commente le SMTC de Grenoble. Par ailleurs, la part modale de la voiture baisse fortement, passant de 53 % à 47 % en 8 ans, au bénéfice des transports en commun mais également de l’usage du vélo et de la marche à pied. L’agglomération grenobloise se place ainsi dans le peloton de tête des métropoles françaises, avec Strasbourg.

  • Le tunnel sous Malmö, raccourci vers l’Europe

    Le changement d’horaire du 12 décembre coïncidera avec la mise en service du tunnel sous Malmö (Citytunnel), dans le sud de la Suède. Outre la desserte de deux nouvelles gares dans la troisième agglomération du pays, cet ouvrage permettra aux trains régionaux et intercités de gagner 20 minutes entre Malmö et Copenhague via le lien fixe de l’Öresund. De plus, 15 minutes seront gagnées par les trains pendulaires X 2000 reliant la Suède à Copenhague et Odense à partir du 13 décembre. Un raccourci entre la Suède et le reste de l’Europe… moyennant correspondance au Danemark.

  • Le prix du TGV a augmenté deux fois plus vite que l’inflation

    Le prix du TGV a augmenté deux fois plus vite que l’inflation

    Avec une hausse de 26,4 %, le prix moyen au kilomètre du TGV a augmenté, entre 2002 et 2009, deux fois plus vite que l’inflation. Avec une hausse de 26,4 %, le prix moyen au kilomètre du TGV a augmenté, entre 2002 et 2009, deux fois plus vite que l’inflation. Le quotidien Les Echos a révélé ces chiffres, tirés d’un rapport sur le modèle économique du TGV remis au printemps dernier par le cabinet d’audit Boston Consulting Group au gouvernement et à la direction de la SNCF. Ils s’appuient sur le « PMvk » (produit moyen par voyageur et par kilomètre), indicateur de référence habituellement gardé très secret par la SNCF. Cet indice aurait augmenté, en moyenne, de 3,4 % chaque année alors que l’inflation se situait sur la même période à 1,7 %.

    Parallèlement, le prix moyen des billets — soit le chiffre d’affaires divisé par le nombre de voyageurs — suit une même tendance à la hausse, puisqu’il est passé en huit ans de 38,2 à 45,20 euros, soit une hausse de 18,4 %. Pour la SNCF, on compare toutefois ce qui ne l’est pas vraiment. Ainsi, ce ne serait pas le prix mais le « panier moyen » qui serait à la hausse, les billets étant achetés avec davantage de services. Interrogée par Les Echos, Barbara Dalibard, directrice générale chargée de SNCF Voyages, pointe trois explications majeures pour expliquer cette évolution des prix.

    Au cours de ces « années dorées » pour la grande vitesse à la française, le taux de croissance de la première classe est deux fois plus élevé que celui de la seconde. De 1999 à 2009, la hausse du nombre de voyages est de 80 % en première classe et 38 % en seconde. Et puis, de nouvelles liaisons à grande vitesse, mettant par exemple Marseille à trois heures de Paris, ont offert de nouvelles perspectives face à l’aérien avec une clientèle moins à la recherche du plus petit prix, avec des « produits professionnels » plus chers. Enfin, comme le souligne Barbara Dalibard, « l’augmentation de l’offre TGV est passée ces dernières années par des trajets de plus courte distance ou des trajets internationaux, ce qui a mécaniquement renchéri le revenu au kilomètre ».

    Si l’on ne prenait pas en compte ces trois effets majeurs, la hausse serait donc comparable, selon la SNCF, à celle de l’inflation. Avec environ 0,5 point de hausse des prix moyens au-dessus de l’inflation. Et la tendance serait même à une légère baisse si l’on incorpore l’offre iDTGV, filiale à bas prix de la SNCF. Barbara Dalibard s’engage d’ailleurs « à rester la grande vitesse la moins chère d’Europe ». Une allusion à l’étude réalisée par Ernst & Young pour le gouvernement et dont nous avions fait état début 2010, indiquant que les trains français étaient moins chers, notamment, que les trains allemands et espagnols.