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  • Stuttgart, le quartier de la gare entre projet et polémique

    Stuttgart, le quartier de la gare entre projet et polémique

    …  d’être nommé.?L’affaire est remontée au Bundestag, et elle a d’autant plus d’importance en Bade-Wurtemberg que des élections régionales auront lieu au début de l’année prochaine et que la majorité conservatrice est menacée par une forte poussée des Verts.?Transformer la gare terminus de Stuttgart en gare passante autour d’un gros nœud ferroviaire souterrain va demander dix ans et remodeler tout le centre-ville. Les voies de surface doivent être abandonnées et l’espace urbanisé. A ce chantier s’ajoute une liaison vers l’aéroport, connectée à une future LGV. Détails d’un chantier contesté.

     

     

     

    C’est une opération urbaine d’une ampleur inconnue depuis la reconstruction de l’après-guerre que devrait entraîner, d’ici 2020, le projet Stuttgart 21, dont les travaux ont été lancés le 2 février 2010. Au terme de dix années de chantier, le nœud ferroviaire de la capitale du land de Bade-Wurtemberg devrait avoir été réorganisé et dévié vers un réseau de tunnels traversant une gare passante qui remplacera l’actuelle gare principale (Hauptbahnhof, en abrégé Hbf), établie en cul-de-sac au nord du centre-ville historique.

    Par la même occasion, toutes les emprises ferroviaires doivent disparaître de la surface du centre-ville. À l’exception du bâtiment de cette gare, qui perdra ses ailes. C’est la destruction de ces ailes, entamée fin août malgré les protestations de grands noms de l’architecture, qui a été le catalyseur de toutes les oppositions à Stuttgart 21. Car plus qu’un projet ferroviaire, c’est une remise en cause fondamentale de l’urbanisme de ces cent cinquante dernières années qui est proposée ici. Sans faire l’unanimité.

     

    D’un terminus…


    La configuration en cul-de-sac de l’actuelle gare de Stuttgart n’a rien d’exceptionnel pour une grande ville européenne : ne serait-ce qu’en France, on la retrouve par exemple dans les gares parisiennes, ainsi qu’à Lille-Flandres, Orléans, Tours ou Marseille-Saint-Charles. Mais, à Stuttgart Hbf, s’ajoute un handicap de taille pour la desserte ferroviaire, lié à la situation géographique du centre-ville, en fond de cuvette à quelque 250 m d’altitude, contre 400 à 500 m pour les environs. Entre cette gare et la banlieue, la dénivelée atteint jusqu’à 150 m et entraîne des détours importants pour les trains grandes lignes ou régionaux, en particulier ceux en direction ou provenance du sud. L’accès à la gare se faisant par le nord du centre-ville, c’est dans ce secteur que convergent la ligne du sud et les lignes de l’ouest, cet ensemble se mêlant à son tour aux lignes de l’est à faible distance du bout des quais. Ces convergences posent problème sur un faisceau dont la capacité est réduite du fait des rebroussements ou des cisaillements. La capacité est d’autant plus limitée que l’avant-gare présente un goulot d’étranglement. Bref, la situation n’est pas idéale pour un trafic atteignant près de 600 trains par jour (164 trains grandes lignes, dont le TGV vers Paris et des ICE vers toute l’Allemagne et la Suisse, plus 426 trains régionaux fin 2009). Parmi ces trains, ceux pour lesquels Stuttgart n’est qu’un arrêt en cours de route continuent d’y perdre de longues minutes, en particulier sur l’axe européen « de Paris à Bratislava et Budapest », évoqué par ses promoteurs, où d’autres minutes sont gagnées sur des tronçons à grande vitesse.

    Une amélioration a toutefois été apportée à cette situation en 1978, lorsque les dessertes S-Bahn (RER) de Stuttgart ont été transférées dans une gare souterraine (déjà !) de deux voies, établie dans l’axe des voies de surface, désormais réservées aux trains grandes lignes et régionaux. Au sud de la gare, la traversée du centre-ville par les rames de S-Bahn se fait en tunnel, situation comparable aux gares parisiennes d’Austerlitz, de Lyon ou du Nord, où seuls les RER sont passants.

     

    … à une gare souterraine


    En premier lieu, Stuttgart 21 vise à remplacer l’actuelle gare principale en cul-de-sac par une gare de passage souterraine, desservie par un nouveau nœud ferroviaire, également souterrain. Une opération autrement plus ambitieuse que les récentes transformations des gares centrales d’Anvers (réinaugurée il y a un an) ou de Malmö (en cours d’achèvement), où l’on a construit, sous les voies en cul-de-sac, une gare passante souterraine, prolongée par un tunnel sous la ville. Car à Stuttgart, rien du nœud actuel ne doit être conservé.

    À commencer par l’orientation de la gare principale : les huit voies et quatre quais à établir sous terre seront parallèles au bâtiment voyageurs et à proximité immédiate de ce dernier, c’est-à-dire perpendiculaires aux voies actuelles (ces dernières seront raccourcies de 120 mètres pendant la durée des travaux avant de disparaître). Devant bénéficier largement de l’éclairage naturel à travers des ouvertures vitrées pratiquées sur une « place de Strasbourg » à créer à l’emplacement des voies actuelles, la gare souterraine « zéro énergie » présentera trois niveaux sous celui de cette place, qui est également le niveau de la salle des pas perdus. Situé cinq mètres au-dessous, le niveau de la rue sera le même que celui de la mezzanine d’accès aux quais souterrains. Ces derniers seront à 12 mètres sous la place de Strasbourg, de même que la station de métro. Enfin, au niveau inférieur, la gare de S-Bahn conservera son orientation actuelle, perpendiculaire aux futures voies souterraines.

     

    Un nœud ferroviaire entièrement repensé et relié à l’aéroport

     


    Entièrement souterrain en centre-ville, le nouveau nœud ferroviaire est axé autour de la nouvelle gare passante. Les voies venues du nord-ouest passeront en souterrain à Feuerbach, obliqueront vers le sud et entreront par l’ouest dans la gare souterraine. C’est également par l’ouest que les actuelles voies venues de l’est (!) via Bad Cannstatt gagneront la gare souterraine, après franchissement aérien du Neckar et un quasi-demi-tour sous le nord du centre-ville. Par l’est de la gare souterraine, une branche gagnera sans détour la ligne de la vallée de la Fils (un raccordement permettra également de gagner les autres lignes vers l’est et les nouvelles voies de garage) et surtout, vers le sud, le tunnel de Filder (9,5 km) gagnera l’aéroport, le sud de la région et la ligne nouvelle vers Ulm.

    Au terme de l’opération, la DB abandonnera 140 km de voies en surface. En remplacement, elle disposera d’un nœud de 57 km de lignes nouvelles (voie double sans ballast), dont 30 km à grande vitesse (250 km/h maximum). En comptant le tunnel de Filder, le nœud comptera 16 ouvrages souterrains totalisant 33 km, ainsi que 18 ponts.

    Outre la nouvelle gare principale, deux gares seront construites : l’une desservant l’aéroport et le parc des expositions (à noter qu’une relation entre le centre de Stuttgart et l’aéroport est déjà offerte en S-Bahn) et l’autre, appelée Mittnachtstrasse, sera créée au cœur des nouveaux quartiers à construire à l’emplacement des emprises ferroviaires au nord-est de la gare principale. Cette gare de Mittnachtstrasse, qui offrira une correspondance entre l’est et l’ouest de l’agglomération sans passer par la gare principale, sera réservée aux seules dessertes S-Bahn, dont les lignes garderont pour l’essentiel leur itinéraire mais seront enterrées.

     

    Une ligne nouvelle vers Ulm


    Plus largement, Stuttgart 21 s’inscrit dans le projet ferroviaire Stuttgart-Ulm, officiellement surnommé « le nouveau cœur de l’Europe » en raison de sa position centrale sur l’axe « de Paris à Bratislava et Budapest ».

    Mais l’objectif premier de cette ligne nouvelle autorisant une vitesse de 250 km/h est de « relier Stuttgart et Ulm en 28 minutes au lieu de 54 » (cette dernière ville ne serait plus qu’à 24 minutes de l’aéroport de Stuttgart au lieu de 1 heure 34 !). Ce qui implique la construction de 60 km de double voie sans ballast entre Wendlingen (raccordement avec le réseau classique à l’est de l’aéroport) et Ulm.

    Si le tracé de la ligne nouvelle est pour l’essentiel parallèle à celui de l’autoroute A8, il doit s’en éloigner à mi-parcours, au franchissement de la crête du Jura Souabe (qui marque ici la ligne de partage des eaux entre le bassin rhénan et le bassin danubien). Pas moins de dix tunnels – pour une longueur totale de 30 km – sont prévus, ainsi que 37 ponts. C’est le prix à payer pour un raccourci d’une trentaine de kilomètres par rapport à la ligne classique établie en 1850 dans la vallée de la Fils (affluent du Neckar). Un prix de quelque 2,89 milliards d’euros selon les chiffres officiels, revus à la hausse par la DB en juillet 2010, alors qu’un bureau indépendant avance 10 milliards (un montant « tellement élevé qu’il se disqualifie lui-même », commente la DB).

    Complétant Stuttgart 21 et la ligne nouvelle s’ajoute enfin le projet Neu-Ulm 21, qui consiste à aménager, pour 160 millions d’euros, la traversée ferroviaire d’Ulm en la dotant de quatre voies sur 4 km, dont 1,5 km en tranchée, autorisant 160 km/h et empruntant six ponts (traversée du Danube comprise).

    Si le trafic voyageurs de Paris à Bratislava ou Budapest a peu de chance d’être important, les améliorations apportées devraient être intéressantes pour les parcours de ville à ville le long de cet axe. Ainsi, le simple fait de passer par la nouvelle gare de Stuttgart devrait contribuer à réduire le trajet avec Paris de 29 minutes (3 heures 39 actuellement). Mieux : en ajoutant la contribution de la ligne nouvelle vers Ulm, la durée d’un Strasbourg – Munich (actuellement 3 heures 47) devrait être réduite de 54 minutes.

     

     

     

    CENT HECTARES RÉCUPÉRÉS POUR LES PROJETS URBAINS

     


    Pour ses promoteurs, Stuttgart 21 est « une chance unique pour le développement urbain ». Si de nombreuses villes ont récupéré des terrains avec la disparition progressive de gares marchandises ou de certains dépôts dans leur proche périphérie, alors que d’autres édifient de nouveaux quartiers sur des dalles couvrant les voies d’avant-gare (comme Paris-Rive Gauche), rares sont les exemples de disparition totale des emprises ferroviaires en surface mises à profit pour des opérations d’urbanisme (si ce n’est à Monaco). Un tel surcroît de terrain sera le bienvenu à Stuttgart où le centre-ville est limité dans sa croissance spatiale par sa situation en cuvette. D’autant plus que les coteaux environnants sont sacrés : pas touche au vignoble et aux forêts !

    En additionnant les 82 hectares des actuelles emprises des voies de la gare ou de l’avant-gare et la surface des emprises connexes, on obtient une zone de quelque 100 hectares, soit la taille d’un petit arrondissement parisien. Un emplacement de choix, en prolongement des principaux axes du centre-ville et ouvrant au nord de nouvelles perspectives vers le château et le parc de Rosenstein, ce dernier étant agrandi à l’occasion. Car si Stuttgart 21 se traduit par la construction de bureaux dans le futur « quartier de l’Europe » à proximité de la gare principale et de 11 000 logements, en particulier dans le futur « quartier de Rosenstein » au centre de l’ancienne emprise ferroviaire, quelque 30 hectares sont destinés à être transformés en espaces verts (4 200 arbres à planter), remplaçant l’actuel « mur infranchissable » des emprises ferroviaires séparant les quartiers nord et est.

    La prise de conscience des problèmes écologiques étant élevée outre-Rhin – d’où de nombreuses protestations contre les nuisances et destructions qu’entraînera immanquablement Stuttgart 21 pendant une décennie – un assainissement de grande envergure sera entrepris sur les emprises que la DB remettra à la ville. Pour les travaux qui s’ensuivront, la logistique du chantier sera organisée autour d’une desserte ferroviaire « dans la mesure du possible », alors que les camions n’emprunteront pas la voirie publique, un réseau indépendant de voies devant être établi entre la base travaux (elle-même directement reliée à l’autoroute) et les différents sites de construction. Enfin, la gestion des eaux fera l’objet des plus grands soins, le bassin de Stuttgart étant un grand producteur d’eau minérale.
     

     

     

     

    UNE GARE AUX AILES COUPÉES

     


    Imposante et reconnaissable par sa tour couronnée de l’étoile Mercedes (la région accueille de nombreuses industries liées à l’automobile), la gare de Stuttgart frappe par sa modernité pour un bâtiment dont la construction avait été lancée en 1914 (en comparaison, la gare « très allemande » de Metz, achevée six ans seulement auparavant, semble remonter au Moyen Âge !). Cette gare principale est aussi la dernière grande réalisation du temps où Stuttgart était la capitale du royaume du Wurtemberg, sur une proposition des architectes Bonatz et Scholer qui avaient remporté le concours lancé par les chemins de fer d’État wurtembergeois. Interrompus en 1917 par la guerre, les travaux de construction de ce bâtiment sont repris par la Deutsche Reichsbahn après sa création en 1920 et terminés en 1928. Mais dès octobre 1922, cette gare était en mesure d’accueillir les trains qui, jusque-là, arrivaient à l’ancienne gare centrale, dotée de quatre voies seulement ! Endommagée pendant le conflit, la « gare de Bonatz » a été pour l’essentiel restaurée à l’identique, ce qui lui a valu un classement en 1987. Entre-temps, cette gare en cul-de-sac comptant huit quais et dix-sept voies en surface (1-a et 1 à 16) a été complétée par une gare souterraine de deux voies pour les S-Bahn, qui traversent le centre-ville en tunnel depuis 1978. Un autre transport public qui dessert la gare principale de Stuttgart en souterrain est le métro (type « Stadtbahn » à voie normale et doté de quais hauts), dont six lignes passent par la station ouverte en 1976 sous le parvis (place Arnulf Klett). Cette station était également desservie par le réseau de tram à voie métrique de Stuttgart jusqu’au remplacement de sa dernière ligne par une ligne de métro, en 2007.

    Le bâtiment principal de la gare, qui voit passer plus de 200 000 personnes par jour et abrite une quarantaine de commerces, devrait être épargné par le projet Stuttgart 21, de même que la tour, actuellement aménagée (sur quatre des neuf étages) pour une exposition présentant le projet. En revanche, ce projet prévoit la démolition des ailes nord et sud de la gare. Fin août, cette démolition a commencé, sous les protestations de nombreux manifestants.

  • Avenir du TVR : Caen fait ses comptes

    Avenir du TVR : Caen fait ses comptes

    L’expérimental tramway sur pneus de Bombardier qui circule à Caen a besoin d’une remise à niveau. Mais quelle que soit la solution retenue, y compris la plus radicale qui consisterait à le remplacer par un autre TC, elle reste hors de portée des finances de l’agglomération caennaise. Qui mène malgré tout des études sur la construction d’une seconde ligne. Que faire du TVR ? Caen fait et refait ses comptes, et peine à trouver une solution… Son tramway sur pneus n’a pas huit ans que la question d’un remplacement anticipé se pose sérieusement. S’il a bien trouvé son public, il faut déjà envisager sa remise à niveau. Comme il est considéré comme un véhicule routier, il ne peut être allongé au-delà de ses 24,50 m de long actuels. Et, surtout, Bombardier n’en fabrique plus.

    Le syndicat mixte chargé des transports en commun de l’agglomération caennaise, Viacités, a lancé une nouvelle consultation, histoire de voir ce que la population en pense. Plusieurs scénarios ont été ébauchés, explique Eric Vève (PS), son président : bricoler l’existant, renforcer les deux lignes de TVR avec de nouvelles rames, ou les remplacer par autre chose.

    Pour redynamiser l’existant, une solution serait de racheter les rames de Nancy, note M. Vève. Mais la métropole lorraine, unique autre client du TVR qui se demande elle aussi ce qu’elle peut en faire, s’oriente plutôt vers une rénovation de sa ligne, et n’est pas forcément vendeuse. Bombardier s’est dit prêt à fournir de nouvelles rames, mais demande 26 millions d’euros rien que pour redémarrer la production, puis 3 millions pièce. Il y en aurait donc pour 82 millions d’euros si l’on veut acheter huit trams, rénover les 24 trams actuels et adapter le dépôt. « C’est un peu cher », estime le patron de Viacités. A ces conditions, il faudrait même dépenser 239 millions d’euros pour construire les quatre prolongements – 7,9 km en tout – qui sont depuis longtemps dans les cartons de Viacités (avec 17 nouvelles rames).

    Faut-il alors abandonner le TVR ? « On a étudié la “translohrisation” du système », indique Eric Vève : installer un Translohr en adaptant les infrastructures existantes coûterait a priori 102 millions d’euros en se limitant aux 15,7 km actuels, et 300 millions d’euros avec les quatre extensions. Pour un tramway classique, ce qui demanderait de reprendre sérieusement la plateforme, le devis irait de 262 millions d’euros pour les lignes existantes à 412 millions d’euros avec tous les prolongements. « Le hic, c’est qu’on a déjà dépensé 215 millions d’euros pour le TVR », soupire Eric Vève (une somme en euros de 2002, qui ne prend pas en compte des investissements annexes de Keolis Caen, les services de substitution lors de la mise au point du système ou le bitumage régulier des ornières). Quant à la note de la transformation du TVR en bus en site propre, elle va de 140 à 280 millions d’euros…

    Une autre possibilité serait encore de se contenter de remettre à niveau les 24 rames actuelles et de les faire tenir le plus longtemps possible. « Il y a de grosses marges de progrès à faire sur le capteur du rail », note notamment Eric Vève, qui relève qu’il y a encore « 100 pannes rouges par mois » (qui se traduisent par une interruption du trafic de plus de trois minutes ou exigent un retour au dépôt). Il faudrait alors renforcer… les bus de renfort déjà mis en place le long de la ligne de tram sur pneus. Le secrétaire d’Etat aux Transports Dominique Bussereau a récemment rappelé que le gouvernement aiderait Caen et Nancy, l’Etat les ayant encouragées à choisir le TVR à la fin des années 1990. Ce soutien se traduira-t-il par la prise en charge de la petite vingtaine de millions que devrait coûter la restauration du parc existant ? L’Etat pourrait-il même être plus généreux ?

    « A toutes ces réflexions sur la ligne 1, on mène en parallèle celles sur la ligne 2, que l’on souhaite réaliser », relève le patron de Viacités. A priori, 11,3 km de site propre pour bus exigeraient un investissement de 110 millions d’euros. Quant aux projets de lignes 3 et 4 hérités de l’ancienne majorité (avant les élections de 2008, qui ont vu Caen passer à gauche), ils devraient être abandonnés, le potentiel étant trop faible par rapport au coût de 60 à 80 millions d’euros avancé. Car les moyens de Viacités sont plutôt faibles : sa capacité de financement est estimée entre 150 et 170 millions d’euros à partir de 2018 (une fois que le TVR sera remboursé), selon M. Vève. Et quelles que soient les solutions retenues, « on ne construira a priori rien d’important avant 2018, sauf à trouver de nouvelles ressources financières », prévient le patron des transports de l’agglomération caennaise.

  • Transport routier : le principe du pollueur-payeur accepté par les 27

    Transport routier : le principe du pollueur-payeur accepté par les 27

    Lors du dernier Conseil de l’UE, les ministres des Transports ont trouvé in extremis un terrain d’entente permettant aux Etats d’imputer aux poids lourds une partie des coûts réels de leurs déplacements. Si l’obtention d’un accord est unanimement saluée, sa faiblesse est largement critiquée. « On a eu peur, ça s’est joué à pas grand-chose. Si un ou deux Etats de plus n’avaient pas accepté, le texte ne passait pas », reconnaît un diplomate français présent pendant les négociations. La directive eurovignette, qui vise à faire payer aux camions une partie des coûts qu’ils génèrent, a eu chaud.

    Alors, certes, l’accord n’est pas aussi ambitieux que la France, le Parlement européen ou les ONG environnementales l’auraient souhaité, mais globalement tous s’accordent à dire « ouf ». Même édulcoré, le compromis bouleverse les règles du jeu du transport routier en Europe, en rendant légal, mais non obligatoire, le principe du pollueur-payeur pour les camions. Ce ne sont plus uniquement les infrastructures que les utilisateurs doivent payer, mais aussi le coût de leurs nuisances.

    C’est un dossier qui a toujours eu du mal à passer : depuis la proposition de la Commission, il y a plus de deux ans, c’est la première fois que le Conseil accepte de voter. Tous saluent l’énergie, voire le courage dont la présidence belge a fait preuve. « La fenêtre de tir était très étroite, reconnaît un diplomate français, si on avait raté le coche de la présidence belge, il est très incertain que la Hongrie puis la Pologne auraient eu la volonté de relancer le dossier. »
    Et pour cause : la Hongrie et la Pologne sont des pays d’Europe de l’Est et, comme ceux du Sud et du Nord, ce sont des pays périphériques, avec peu d’intérêt à voir passer la directive. Le texte est soutenu par les pays de transit, principalement la France et l’Autriche.

    Reste que le compromis se situe bien en deçà des aspirations françaises. La plus grande des déceptions : la suppression de la congestion en tant qu’externalité. Dans le texte du Conseil, elle est prise en compte par le biais de la modulation des péages, soit la possibilité de faire varier le montant des péages selon les heures ou la saison en maintenant des recettes égales. Mais, hélas ! deuxième déception ! La France souhaitait une ampleur de 300 %, et l’accord a été trouvé à 175 %.

    Même combat pour le nombre d’heures de pointe dans la journée : la France prônait six heures, le compromis a été trouvé à cinq. Enfin, l’exemption pour les camions les moins polluants (EuroV et EuroVI) est plus longue que prévue ; alors que la France souhaitait deux ans d’exemption, les ministres ont statué sur 2017.

    Pour Dominique Riquet, eurodéputé UMP du Nord et vice-président de la commission des Transports et du Tourisme, le plus gros point noir du compromis, c’est l’affectation des ressources générées par l’eurovignette : « Ce n’est pas tout de prendre, il faut utiliser correctement les ressources ! On ne peut pas se contenter de pénaliser le transport routier, l’intérêt est d’aller vers une réelle réduction des émissions de CO2. Pour cela, il faudrait faire de cette taxe une ressource propre de l’Union européenne et réinvestir dans le système de transport pour le rendre plus durable. » C’est aussi le point de vue du Parlement européen, mais cette conception est loin d’être partagée par l’ensemble des Etats membres. Pour l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Irlande, la Suède et la Finlande, cela serait l’équivalent d’une atteinte constitutionnelle.

    Les 27 sont tombés d’accord, mais la directive eurovignette n’est pas encore adoptée. Elle doit encore passer en 2de lecture devant le Parlement européen. Et Saïd El Khadraoui, le rapporteur de la directive au Parlement, est clair : « Je ne pourrai pas m’aligner totalement sur le Conseil. » L’occasion peut-être de voir remonter les valeurs limites et de réduire la période d’exemption…

    Comme le résume la vice-présidente du Parlement, Isabelle Durant, « c’est un texte tout à fait à l’image de l’Europe, qui repose entièrement sur le compromis et où chacun peut voir soit le verre à moitié vide, soit à moitié plein ».

  • Bel avenir pour le TER en Auvergne

    77 % des actifs auvergnats prennent la voiture pour se rendre au travail quotidiennement. Une récente enquête Insee propose une estimation des flux potentiels sur les principales lignes TER, en tenant compte des lieux de domicile des actifs et étudiants, et de leur possibilité d’accéder facilement à une gare. Comme dans beaucoup de régions françaises, le principal mode de transport utilisé par les actifs auvergnats reste la voiture. 77 % la prennent pour se rendre au travail quotidiennement. C’est ce qui ressort de la récente enquête Insee intitulée « Déplacements quotidiens et modes de transport : un enjeu pour l’Auvergne » réalisée pour le compte du conseil régional. Les transports, « l’un des trois postes budgétaires les plus importants de la collectivité sont une préoccupation quotidienne pour le conseil régional », y assure-t-on. Les défis à relever en matière de politiques de transports sont nombreux et complexes pour la collectivité : il faut répondre à une forte demande en déplacements, souvent plus rapides, tout en tenant compte de l’aspect environnemental mais aussi de l’aspect social. » Au-delà d’un état des lieux des déplacements en Auvergne, établi sur la base des données du recensement de 2006, comparées à celles de 1999, cette étude propose une estimation des flux potentiels sur les principales lignes TER, en tenant compte des lieux de domicile des actifs et étudiants, et de leur possibilité d’accéder facilement à une gare.

    Premier constat : une hausse de 9 % du nombre d’Auvergnats travaillant ou étudiant hors de leur commune de résidence entre 1999 (396 700) et 2006 (434 000). 53 % des déplacements quotidiens se font à l’intérieur ou en direction des six principales agglomérations de la région, notamment Clermont-Ferrand (3 déplacements sur 10). Deuxième constat : des trajets quotidiens de plus en plus longs. Le trajet moyen passe de 10,4 à 11,6 km pour les salariés et l’allongement est aussi d’un km pour les scolaires. Quant à la durée, elle est de 26 minutes contre 30 minutes pour la moyenne nationale. L’augmentation du nombre de trajets cumulé à leur allongement engendre une hausse estimée de 27 % des distances parcourues depuis 1999. Soit l’émission de 487 000 tonnes de CO2 en 2006.

    Pourtant, à proximité des 6 lignes de TER desservant les principales villes, on estime à 92 400 personnes le potentiel d’utilisateurs du train pour aller au travail ou à l’école. Or, seuls 7 % d’entre eux utilisent déjà les transports en commun (90 % la voiture). « Si ces actifs abandonnaient leur voiture au profit du TER cela permettrait un gain de 59 500 tonnes de CO2, soit une réduction de plus de la moitié de leurs émissions actuelles », a calculé l’Insee.

  • Le réseau d’Antibes est repassé chez Veolia

    Le réseau d’Antibes est repassé chez Veolia

    Veolia Transport revient à Antibes après quatre ans d’absence. L’opérateur a signé un marché à prix forfaitaire et non une DSP, la Casa entendant continuer d’exploiter une partie de son réseau en régie. Le règne des Espagnols de la CFT (Corporation française des transports, filiale de Subus et Trap SA), n’aura duré que quatre ans à Antibes. Lors du dernier marché public, attribué en mai pour un démarrage au 1er juillet dernier, c’est l’opérateur historique Veolia Transport qui l’a de nouveau emporté. L’autorité organisatrice, la Communauté d’agglomération de Sophia-Antipolis (Casa), présidée par le maire d’Antibes, Jean Leonetti (UMP), a en effet souhaité reprendre en partie les rênes et favoriser le développement de la concurrence. Pour ce faire, elle a racheté les dépôts et les véhicules en 2008 et 2009. « Les candidats n’ayant pas d’investissements à faire, cela accroît la concurrence. Nous avons d’ailleurs eu cinq candidats à notre marché, Transdev, la RATP, Keolis, CFT et Veolia », relate Richard Canchon, directeur des transports de la Casa. Il ne s’agit pas d’une délégation de service public donc, mais d’un marché à prix forfaitaire – ou marché de tractionnaire – concernant 75 % de l’activité de transport sur le PTU. Une partie est en effet gérée en régie : une ligne express (crée en 2007 et transportant 2 500 personnes par jour) gratuite entre Antibes et Sophia-Antipolis, préfigurant le futur BHNS ; le TAD Icila ainsi que le transport scolaire (toutefois ensuite sous-traité à Veolia et Keolis).

    « Les offres ont été appréciées à partir des deux fondamentaux selon notre philosophie du contrat : la qualité du service et la maintenance des véhicules, poursuit Richard Canchon. Sur ses deux postes, Veolia et la RATP étaient les meilleurs. » Et sur le critère du prix, prédominant, Veolia était le plus avantageux. « proche de notre estimatif, continue le responsable. CFT était bien au-dessus… ». Au printemps, le (mauvais) perdant claironnait que l’offre de Veolia était « économiquement indécente ». Montant du marché : 54,8 millions d’euros sur cinq ans (le contrat peut aussi être reconduit un an, soit jusqu’en juillet 2016). Un système d’intéressement prévoit de plus un bonus pour qualité de service (vérifiée par un cabinet extérieur), croissant chaque année. Il sera de 73 000 euros maximum la première année et de 150 000 euros maximum en 2015. Côté offre, 3,5 millions de km seront produits chaque année. Avec des véhicules dont l’âge moyen ne devrait jamais dépasser les six ans. « Nous allons prochainement lancer un appel d’offres pour des véhicules au terme duquel, c’est-à-dire dans six ans, la totalité de la flotte aura été renouvelée », soit 150 véhicules dont 75 sont conduits par Veolia. L’agglo prévoit d’être très attentive aux normes antipollution et aimerait beaucoup s’équiper d’hybrides. Une bonne idée car dans six ans aussi, si tout va bien, les travaux du BHNS entre Antibes et Sophia (une dizaine de km) seront achevés. Les bus dernier cri seront donc les bienvenus.

  • La voiture reste en pôle position en Midi-Pyrénées

    La région vient de demander à l’institut de la statistique d’examiner les habitudes de déplacements de ses habitants. Résultat, à part chez les Toulousains, les adeptes des transports en commun et de la marche se font rares en Midi-Pyrénées. Les résultats ont été présentés le 15 septembre. Bilan : 77 % des trajets sont effectués en voiture ; et même 90 % si l’on regarde exclusivement le périurbain. Un périurbain où la mobilité a augmenté, passant de 3,4 à 4,1 déplacements quotidiens entre 1994 et 2008. « Cette augmentation accompagne l’arrivée en nombre de ménages d’actifs accompagnés d’enfants », analyse l’Insee. Les distances se sont par ailleurs allongées. Les périurbains parcourent quotidiennement les distances les plus longues. Ainsi, la moitié des habitants du périurbain effectuent plus de 40 km chaque jour, contre respectivement 16 km pour les habitants des pôles urbains et 20 km pour les ruraux.

    Peu surprenant, aller au travail en transports en commun est l’apanage des Toulousains. Entre 1999 et 2006, les efforts en leur faveur dans le pôle urbain de Toulouse se sont traduits par une hausse de leur utilisation : 11 % contre 8 %. La progression est meilleure si l’on se limite aux personnes qui résident et travaillent à Toulouse, puisque la proportion d’utilisateurs des TC passe en sept ans de 15 à 19 %. C’est ce type de déplacement, le trajet domicile-travail, qui représente à lui seul 30 % de la mobilité totale que se situe le principal enjeu pour la région. La marge de manœuvre est présente puisqu’en 2008, l’usage des TC, du vélo ou de la marche est moins répandu en Midi-Pyrénées que dans les autres régions françaises. Sur les 2,3 millions de déplacements locaux quotidiens, la part des modes de transport alternatifs est de 30 %, dont 20 % pour la marche.

    « L’agglomération toulousaine se distingue de celles de Bordeaux et Nantes : les modes de transport doux sont moins utilisés qu’en moyenne dans les deux agglomérations réunies, au profit de la voiture, note l’Insee. Il est vrai que les Toulousains sont plus nombreux à parcourir des distances plus grandes. » Petite consolation, les bons élèves – qui se trouvent justement parmi les élèves ! – sont les meilleurs de France : les populations scolaire et étudiante sont en effet 65 % à utiliser les TC, contre une moyenne nationale à 60 %. Dommage que ces déplacements ne représentent que 8 % de l’ensemble…

  • Les difficiles débuts de la RATP à La Roche-sur-Yon

    Les difficiles débuts de la RATP à La Roche-sur-Yon

    Première rentrée ratée pour RATP Dev à La Roche-sur-Yon, en Vendée. La réorganisation du réseau est chaotique. Des améliorations sont programmées pour la rentrée de la Toussaint. En poste depuis le 4 octobre, Alain Marhic, 56 ans, le nouveau directeur de la Compagnie des transports du Yonnais (CTY), jusqu’ici à Chelles, en Seine-et-Marne, permettra peut-être à La Roche-sur-Yon de tourner la page. Malgré un mois de bus en renfort et de doublement de certaines lignes, les habitants ne se sont toujours pas faits au réseau mis en place depuis la rentrée par la filiale de RATP Dev. Mauricette Ringuet, de la Fédération nationale des utilisateurs des transports (Fnaut), continue de parler de bévues et de cafouillages. On parle d’élèves conduits par leurs parents en voiture en dernier recours, faute de bus. « Mais il n’y a pas que les scolaires ! », clame Mauricette Ringuet. La ligne autrefois la plus fréquentée du réseau a vu son nombre d’allers-retours passer de 54 à 42, les arrêts sur le parcours diminuer de moitié. En fait, depuis qu’elle a remporté l’appel d’offres en octobre dernier, prenant la suite de Keolis, RATP Dev semble abonnée aux déboires.

    Alain Marhic est le troisième directeur en un an, après Syril Layani et Daniel Maison, arrivé le 1er juillet, en intérim, pour éteindre un incendie. « Le premier directeur ? Jamais on ne nous avait parlé comme cela », raconte Agnès Paty, déléguée syndicale CFDT. Le 21 juin, elle a déclenché une grève, suivie par 100 % des conducteurs. Du jamais vu dans les transports de La Roche-sur-Yon. Le trop autoritaire directeur évincé et le calme revenu, le nouveau schéma des transports, appliqué le 23 août, a mécontenté cette fois la population.

    Il figurait pourtant précisément dans le cahier des charges de l’appel d’offres. Le nouveau schéma de transport rationalise effectivement le réseau. Moins de boucles dans certains faubourgs mais des zones d’habitat plus vite reliées aux zones industrielles. Des quartiers délaissés mais d’autres quartiers desservis pour la première fois. Surtout, les transports débordent de la ville-centre de La Roche-sur-Yon sur quatre communes de l’agglomération. Une première étape. Dans les sept ans du contrat (2010-2016), les quatorze communes le seront. D’une certaine manière, elles le sont déjà, puisque le transport à la demande rabattu sur les lignes de bus y est généralisé. Les horaires sont étendus dans le matin et le soir, ils jouent mieux la complémentarité avec les trains en gare. Des vélos sont en location. « Le réseau d’aujourd’hui est conforme à ce qui était prévu dans le cahier des charges, indique-t-on à la CTY. Il répond mieux aux besoins des habitants, comme en témoigne l’utilisation massive du transport à la demande. » La compagnie de transport table sur les correctifs de novembre. « Les “points durs” sont identifiés. Nous allons renforcer des horaires pour les scolaires. La très grosse ligne 4, chamboulée, sera à nouveau musclée », annonce Tristan Campardon, directeur du service transports de la communauté d’agglomération de La Roche-sur-Yon.

  • Bayonne dévoile sa future offre Chronoplus

    Bayonne dévoile sa future offre Chronoplus

    Les plus grands changements interviendront à partir du 3 janvier 2011. Chronoplus méritera son nom puisque les douze lignes de bus seront cadencées et surtout, les trois lignes fortes proposeront des Chronobus, aux 10 minutes pour deux d’entre elles et aux 20 minutes pour la 3e. Les premiers résultats de Chronobus ont donné des ailes au SMTC de l’agglomération de Bayonne. En effet, les 3 km de site propre inaugurés à l’été 2009, grâce auxquels, les bus passent bel et bien à l’arrêt toutes les 10 minutes, ont permis au réseau de la Stab (société des transports de l’agglomération de Bayonne, une Sem avec Transdev) d’enregistrer 300 000 voyages supplémentaires en un an sur cet axe principal (et un total de 1,8 million par an). Hélas, l’exploit n’aura pas profité à l’exploitant qui s’est fait évincer lors du dernier appel d’offres. C’est Veolia Transport qui a pris sa place au 1er avril 2010. « Veolia était moins cher et le groupe a apporté un regard neuf, son dossier était dynamique et les études menées qu’il a présentées ont séduit les élus », raconte Guillaume Laval, ingénieur chargé de la DSP au SMTC de l’agglomération de Bayonne. Il est vrai aussi que le réseau, tenu depuis trente ans par une « structure familiale » n’avait évolué qu’à la marge ces dernières années, à l’exception notable du fameux Chronobus, un nom que le SMTC a déposé à l’Inpi. Et surtout que compte tenu de la fusion en cours, l’agglo n’a pas vraiment changé d’exploitant… Et pourtant le responsable souligne que « la concurrence a été forte et jusqu’au bout ».

    Reste que le résultat est probant pour la collectivité : « avec une contribution forfaitaire sensiblement équivalente, nous avons 40 % d’offre de transport supplémentaire », se réjouit Guillaume Laval. Un accroissement qui doit permettre à l’exploitant d’atteindre l’objectif de croissance de fréquentation fixé au cahier des charges : 10,2 millions de voyages annuels en fin de contrat, c’est-à-dire fin 2016, contre 6,2 millions actuellement sur tout le réseau. Pour autant, pas de révolution brutale, mais des changements en douceur. C’est d’abord la grille tarifaire qui a été revisitée et simplifiée au 1er septembre. Si bien que le réseau récemment rebaptisé Chronoplus, hormis les cas de gratuité, « devient l’un des moins chers de France. Le ticket unitaire à 1 euro a baissé de 20 centimes, l’abonnement tout public est passé de 33,5 à 30 euros etc. »

    C’est toutefois à partir du 3 janvier 2011 que les plus grands changements interviendront. Chronoplus méritera son nom puisque les douze lignes de bus seront cadencées et surtout, les trois lignes fortes proposeront des Chronobus, aux 10 minutes pour deux d’entre elles et aux 20 minutes pour la 3e. Il s’agit des trois axes préfigurant les futures lignes BHNS, projets pour lesquels l’agglo a d’ailleurs postulé au 2e appel à projets du Grenelle pour ses deux premiers tronçons. « Le plan de développement prévoit un réseau de 35 km en site propre dans 10 ans », explicite Guillaume Laval. Sur les lignes secondaires aussi, il y aura hausse de l’offre puisqu’il est prévu que circule un bus toutes les 20 minutes contre 30 voire 40 en ce moment.

    Et dans l’attente des aménagements routiers, le SMTC investit déjà dans le matériel. 20 véhicules ont été commandés allant du Microbus (Gruau) à l’articulé d’Evobus en passant par des midibus (le Vivacity C+ d’Alva Breda) et des GX 317 d’Heuliez, le même qu’à valence. Seul point commun : le look. C’est le design du BHNS d’Heuliez avec ses cache-roues, son toit panoramique et ses sièges aux dossiers translucides qui a donné le la. « Nous avons demandé aux autres constructeurs un design intérieur identique », poursuit-il. Les 20 véhicules doivent être livrés en décembre. Coût de l’investissement : 6 millions d’euros. L’an prochain, il est prévu d’en commander dix de plus. Objectif : faire passer l’âge moyen du parc de 8 à 6 ou 7 ans.

  • Agir enregistre avec La Roche-sur-Yon son 70e adhérent

    Agir franchit le cap des 70 adhérents avec l’adhésion de La Roche-sur-Yon agglomération. Agir, dont la vocation première est de rassembler les réseaux indépendants, poursuit son développement auprès des collectivités qui délèguent leur transport. « Les AO s’appuient sur Agir notamment dans le suivi du contrat de leur délégataire. Désormais Agir a comme adhérent des collectivités ayant délégué aux quatre principaux opérateurs : Veolia, Keolis, Car Postal et maintenant la RATP », indique-t-on chez Agir.

  • Y a-t-il un pilote à bord des  PDE ?

    Y a-t-il un pilote à bord des PDE ?

    Les plans de déplacements entreprise peuvent être une source d’économie importante pour les entreprises et leurs salariés. Ils ne sont malheureusement souvent qu’une mesure cosmétique insuffisamment pilotée. « L’outil ne suffit pas », a soutenu Christophe Hausberg, de l’Assemblée des chambres de commerce et d’industrie, dans le cadre d’une journée d’étude organisée par le Certu, l’Ademe, le Gart et le CNFPT sous le titre « Les nouveaux services à la mobilité ».

    « Il faut porter une vision globale : soigner les infrastructures (stations et points de départ), les parkings à vélos, le covoiturage, les autobus et autres, mais aussi les services qui limitent les besoins de déplacements tels que le déploiement de crèches d’entreprise ou zones de livraisons personnelles », a-t-il poursuivi. Une étude réalisée en 2009 pour l’Ademe par le cabinet Inddigo recensait 1 560 PDE en 2009, un chiffre en augmentation. D’abord réalisés plutôt dans le secteur public et dans les centres-villes, les PDE (plans de déplacements entreprise) atteignent désormais les zones périphériques (zones industrielles…) et le secteur privé. Il y a de la marge : seules une centaine de zones d’activité sur quelque 20 000 existantes ont engagé la démarche, et en Ile-de-France ou dans le Nord-Pas-de-Calais, les deux tiers des établissements importants n’ont pas encore de PDE. Une autre cible devrait être les zones commerciales, urbaines ou périurbaines, pour les salariés comme pour les clients. Quant aux collectivités territoriales et celles au service de l’Etat, elles peuvent encore progresser car leurs plans manquent souvent de réelle motivation.

    Les motivations des entreprises relèvent d’abord de l’image (plus verte !), puis de questions pratiques : comment permettre aux collaborateurs de se rendre sur un nouveau site, comment gérer les chevauchements d’équipes sans doubler la taille du parking… Les raisons d’ordre économique viennent après, bien à tort, selon Patrick Sucche. Le directeur d’Inddigo insiste au contraire sur l’intérêt économique d’un PDE, indiquant que les mesures à mettre en œuvre reviennent à moins de 5 centimes par kilomètre automobile évité et produisent une économie de 1 euro du même kilomètre sur divers postes, le plus gros étant celui de la santé.

    Il déplore aussi que le mobile « sécurité » ne soit pas davantage pris en considération (alors que les modes les plus dangereux, et de très loin, sont les véhicules motorisés individuels). Les résultats d’un PDE s’améliorent en général avec le temps, mais déjà pour un quart d’entre eux la baisse de l’usage de l’automobile est de 25 %. Les résultats sont meilleurs pour les grosses unités – établissements ou groupements – parce qu’elles rendent plus pertinentes des solutions comme le covoiturage ou le transport en commun.

    Les facteurs de réussite sont bien sûr l’engagement des dirigeants, la culture d’entreprise, qui doit être déjà tournée vers les questions sociales ou environnementales, les bonnes relations avec l’autorité organisatrice des transports et les autorités communales, afin que soient apportées les modifications nécessaires. Le meilleur résultat sera obtenu si l’on profite des occasions telles que les déménagements ou les travaux lourds.

    Patrick Sucche explique que les résultats ne sont tangibles que s’il y a un animateur du projet. Ce n’est pas l’outil qui est cher, mais seul il ne sert à rien. Pour que la mayonnaise prenne, il faut de la communication, du lobbying, de l’accompagnement. Si bien que d’un sujet sur les plans de déplacements entreprise on passerait volontiers à un sujet intitulé « conseiller en mobilité, un métier émergent ».  Au total, l’intérêt de la démarche apparaît nettement. Ce qui apparaît moins facilement, c’est le fait qu’il faille jouer sur de nombreux tableaux et que l’aspect humain soit central. La motivation, l’imagination, le sens du service… du chargé de mobilité ne doivent pas être économisés. Un plan de déplacements entreprise ne vit pas seul.