Résultats de recherche pour « LOM »

  • Transamo et la Semitan choisis pour l?audit du matériel roulant à Rouen

    La filiale de Transdev a remporté, en cotraitance avec la Semitan (Nantes), le marché public de « réalisation de la mission d’audit et d’assistance à maîtrise d’ouvrage dans le domaine des matériels roulants, les systèmes ferroviaires et les systèmes de transport en commun » de la communauté d’agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe (Crea). Un contrat de quatre ans qui s’inscrit dans le cadre du programme de réaménagement du territoire, dans lequel l’amélioration des transports en commun et le développement des modes doux sont inscrits en bonne place. Transamo interviendra entre autres en conseil dans le pilotage du projet d’accroissement de la capacité du métro et pour le renouvellement de son parc de bus, tout en anticipant les besoins futurs.

  • Saint-Brieuc mise sur des abris sécurisés

    L?agglomération de Saint-Brieuc vient d?inaugurer à Plédran la première station-vélos sur les 21 qu?elle comptera à terme De quoi s’agit-il ? D’un abri-vélos sécurisé et éclairé de 6h à 22h, accessible gratuitement aux vélos particuliers et placé à proximité de la ligne de bus 70 du réseau TUB (Transports urbains briochins). Dans un premier temps, le but est d’implanter les stations sur les pôles de correspondances principaux du réseau, puis d’étendre le dispositif. D’ici fin 2010, six à huit stations devraient être installées et leur fréquentation fera l’objet d’une évaluation afin d’adapter leur installation. Le coût total de ces stations, estimé à 120 000 euros, sera financé intégralement par Saint-Brieuc Agglomération.
    Ce dispositif s’intègre dans le schéma directeur cyclable voté par l’agglomération en décembre 2009, qui prévoit de faire passer la part modale du vélo de 1 % en 2004 à 3 % en 2015, puis à 5 % en 2020. 95 km d’itinéraires cyclables à aménager ou réaménager ont notamment été retenus, dont 60 km dans une perspective utilitaire – trajet entre le domicile et le travail ou les écoles –, que souhaite particulièrement développer Saint-Brieuc.
     

    Michel?BARBERON

  • 10 idées « neuves » pour financer les transports urbains

    10 idées « neuves » pour financer les transports urbains

    Comment cela, il n’est pas facile de boucler le financement des projets de transports urbains en site propre (TCSP) ? Hélas, c’est bien le cas ! Malgré le versement transport (VT), ressource regardée avec des yeux de Chimène par tous nos voisins européens, malgré le nouvel appel à projets, pour lequel les collectivités devront présenter avant le 6 octobre leurs projets candidats à une subvention d’Etat, les autorités organisatrices de transport (AOT) rament de plus en plus pour financer leurs lignes de métro, de tram ou de bus à haut niveau de service (BHNS). Alors que le gouvernement rebat les cartes du fonctionnement local, les collectivités sont en quête
    d’un peu plus de visibilité avant d’engager de nouveaux projets de TCSP. L’Etat a fait des efforts dans ce sens : il ne contribue désormais plus qu’à travers le Grenelle de l’environnement. Avec une première enveloppe de 800 millions d’euros (la seconde est espérée identique, mais rien n’est officiellement annoncé), la ressource est non négligeable pour les AOT.
    Bien que la participation de l’Etat soit « inférieure à ce qui se pratiquait autrefois dans le cadre du subventionnement des TCSP, on atteint quand même de 1 à 3 millions d’euros de financement du km de tramway et de 200 000 à 1,2 million d’euros du km pour le BHNS », a calculé le service économique du Gart. Gros défaut, évidemment, ce n’est pas une ressource pérenne, c’est du coup par coup. Il y a par ailleurs un point qui ne contribue pas à rassurer les collectivités locales : les fonds du Grenelle versés aux AO pour leurs TCSP vont transiter par l’Afitf, dont les recettes devaient être pérennes à partir de la mise en place de l’écotaxe poids lourds. Une taxe dont le report d’un an pour des raisons techniques n’augure rien de bon au regard des financements, l’Afitf étant privée de ressources durables avant 2013. Dans un contexte budgétaire difficile, le Gart s’inquiète du mode de financement des projets de transport actés par le Grenelle de l’environnement, puisque ces projets doivent, en grande partie, être financés par l’agence.
    Certaines agglos, à l’instar de Lyon qui a ressorti de ses tiroirs l’an passé un ancien projet d’extension, comptent toutefois profiter de l’effet d’aubaine de ces appels à projets. C’est peut-être également le cas de Strasbourg et de Grenoble, qui en ont profité pour compléter leurs réseaux. Plusieurs communautés urbaines vont de nouveau plaider pour la prise en compte des questions particulières de matériel roulant – non considérées par le premier appel à projets – et espèrent pouvoir être entendues. C’est le cas de Lille Métropole, dont le projet majeur de TCSP n’est autre que le doublement des rames de la première ligne de métro. L’inquiétude, quand on se lance dans un nouveau TCSP, ne se limite pas aux coûts d’investissement. Il faut également envisager les coûts de fonctionnement car, on le sait, qui sème des TCSP récolte de nouvelles charges d’entretien et de fonctionnement. Selon le Gart, d’ailleurs, au-delà du problème de l’investissement, c’est désormais au coût global du système qu’il faut réfléchir.
    Et c’est surtout pour ça qu’il faut trouver de nouvelles ressources. En particulier parce qu’un grand nombre de systèmes coûtent beaucoup plus cher  en exploitation qu’imaginé au moment du projet. Les AO sont sur le fil du rasoir et elles doivent trouver de nouvelles sources de financement. Depuis le rapport de Christian Philip de décembre 2003, ce sont les mêmes « idées neuves » qui reviennent. Mais, comme on le voit dans ce dossier, certaines ont fait leur chemin et quelques-unes semblent arrivées à maturité. La décentralisation du stationnement tout comme le péage urbain sont, dans l’esprit du Gart, des ressources destinées à financer le fonctionnement des transports plus que l’investissement. Ces recettes annuelles n’ont pas vocation à être orientées vers l’investissement mais, en revanche, elles permettraient de combler les énormes déficits d’exploitation. Il y a aussi la taxation des plus-values foncières ou le recours aux capitaux privés, qui présentent l’avantage de ne pas être vécus comme de nouveaux impôts. Car il est là, le nerf de la guerre en période de crise. « Moi qui cherche à en créer deux, je peux vous le dire : nos concitoyens n’accepteront une taxe que s’il y a une contrepartie visible et fléchée. Les gens n’ont pas oublié le coup de la vignette automobile », soutient le sénateur UMP Louis Nègre.

     


    1 Avec le VT, inviter plus d’entreprises à payer…


    Le versement transport (VT), taxe à laquelle sont soumises les entreprises de plus de neuf salariés, est la première source de financement en France des TCSP. C’est sans doute là que réside la plus forte possibilité de prélever une ressource durable pour les AOT qui ne l’ont pas encore fait. Il existe en particulier un potentiel de majoration pour les agglos de moins de 100 000 habitants qui ne peuvent actuellement pas aller au-delà de 0,55 %. Le Gart avait présenté cet amendement au Grenelle 2, demandant un taux de 0,90 %. Une proposition retoquée, mais Dominique Bussereau a promis d’y réfléchir… Autre perspective : augmenter les taux actuels du VT qui n’ont pas bougé depuis dix ans – en 1999, une majoration de 0,05 % avait été accordée sous condition d’intercommunalité, portant les maxima à 0,6 % pour les PTU de moins de 100 000 habitants ; 1,05 % au-delà et 1,8 % dans les grandes agglos ayant un projet de TCSP. Le Gart ne milite pas pour cette mesure, considérant que les entreprises sont déjà suffisamment mises à contribution. On pourrait également imaginer faire sauter le seuil des neuf salariés, auquel cas le rendement se trouverait accru de près de 20 %, mais la mesure, qui mettrait à contribution commerçants et artisans, n’est pas exactement politiquement correcte…


    2 … dans un rayon plus large

    Une autre possibilité, régulièrement évoquée par les élus, notamment des régions, serait d’élargir le prélèvement du VT à l’échelle du département ou de la région. Cependant, une étude chiffrée réalisée par le Gart en 2003 a démontré que le potentiel de gain était faible. En effet, 80 % des entreprises d’au moins neuf salariés sont déjà incluses dans les PTU. Si bien qu’en prenant une AOT ayant un VT de 1,8 % (le maximum) et décidant de prélever le VT à 50 %, soit 0,9 % dans les autres communes de l’aire urbaine, la hausse des recettes ne serait que de 5,8 %. Négligeable ! Etendue à l’ensemble du département, la contribution verrait son rendement accru de 15 %. Cependant, « les entreprises concernées seraient majoritairement des entreprises agricoles (qui n’auraient sans doute pas le bénéfice de l’équipement de transport, ndlr) et des collectivités locales dont le budget est déjà dur à équilibrer », souligne-t-on au Gart. « Attention, qui dit V comme versement dit aussi T comme transport. Si on étend le territoire, on va devoir aussi en contrepartie étendre les lignes de transports en commun. C’est à examiner au cas par cas », estime le sénateur Louis Nègre. Mais le VT n’est-il pas en train d’être augmenté de manière insidieuse ? « Récemment, pour boucler leurs financements, certains réseaux ont augmenté sérieusement le coût de leurs abonnements. Ce qu’on ne prend pas en VT, on le prélève en tarification. Comme 50 % de l’abonnement est pris en charge par l’employeur, c’est un VT déguisé », note ainsi Eric Quiquet, vice-président aux transports de Lille Métropole.

     


    3 Récupérer l’argent des PV de stationnement

    Le stationnement est un levier essentiel de la gestion des politiques de déplacements. Et pourtant il s’agit de l’un des seuls que les collectivités locales n’aient pas en mains. Une gestion locale du stationnement payant permettrait de rendre proportionnel le montant de l’amende à celui de l’heure de parcmètre. Le rapport d’inspection conjoint des administrations de l’Etat (le rapport Brassens) constatait en 2005 que « la chaîne de traitement des amendes [est] inefficace, obsolète et peu transparente, [et] reflète l’absence de politique de stationnement payant ». Il y a 12,5 millions d’amendes pour infractions aux règles de stationnement, soit 65 % des PV pour infraction au code de la route. Et la gestion de ces amendes coûte davantage à l’Etat que cela ne lui rapporte… Selon plusieurs calculs, un PV rapportant 11 € en coûte 26 de gestion ! Et encore, quand ils sont payés : le taux de paiement spontané n’étant que de 40 %. Sans parler des villes qui ne voient pas pourquoi verbaliser à leur charge quand l’argent à récupérer ne rentre pas dans leurs caisses… Si bien qu’une place de stationnement n’engendre en moyenne qu’un PV par mois. Enfin, dans les endroits les plus chers, notamment de la capitale, une amende correspond à moins de 3 heures de stationnement, ce qui n’encourage pas à nourrir le parcmètre. Selon les statistiques, en moyenne, une place de stationnement est payée 2 heures par jour ! Rapporteur du projet de loi Grenelle 2 au Sénat, Louis Nègre a déposé un amendement sur ce sujet, proposant la décentralisation et la dépénalisation du stationnement en fléchant la recette vers le budget transport des AOT. Amendement retiré à la demande du ministre, sous condition de la constitution d’un groupe de travail réunissant parlementaires, comités des finances locales et représentants des administrations centrales concernées. Ce groupe s’est déjà réuni à trois reprises. Détricoter ce système s’avère compliqué : le sujet est technique et l’argent des amendes fait l’objet d’une répartition séculaire. Pourtant, les politiques y croient : « C’est la vraie solution d’avenir, de plus, le sujet est très mature », estime le député UMP Hervé Mariton. « L’un des enjeux est de capter la part des amendes qui part dans la nature et de trouver un moyen de compensation pour le manque à gagner de l’Etat et des conseils généraux », poursuit-il. « On sent bien que la technostructure ministérielle est réticente. Bercy a peur de perdre de la matière fiscale, mais on essaye de faire des projections pour démontrer à l’Etat que la TVA sur les redevances d’utilisation du domaine public compensera cela », poursuit le président du Gart, Roland Ries. « L’objectif serait d’imaginer un système hybride permettant de continuer à bénéficier du système contraignant de l’Etat pour les impayés, en laissant le choix du tarif à la collectivité locale. Tout le monde y gagne et les petites communes rurales ne perdent pas de recettes fiscales », estime-t-on dans ses services. Après décentralisation, la collectivité, libre de décider du montant de l’amende, ne manquerait pas de l’augmenter dans les grandes villes afin de le rendre plus dissuasif ou, pourquoi pas, de le baisser dans les petites communes.

     


    4 Rendre l’accès à l’hypercentre payant


    Lors de l’examen de la loi Grenelle 2, le Sénat a dit oui à l’expérimentation du péage urbain, mais l’Assemblée nationale l’a refusé. « Je suis très surpris, il n’y avait rien d’obligatoire, pourquoi ne laisse-t-on pas à ceux qui le souhaitent la liberté d’expérimenter ? », s’interroge Louis Nègre, le père de l’amendement. Même son de cloche de l’autre côté de l’hémicycle : « Cela me choque que, y compris dans mon camp politique, l’on ne fasse pas confiance aux collectivités sur ce sujet. Cela va à l’encontre des lois de décentralisation, qui prévoient l’autonomie des collectivités locales », renchérit Roland Ries, qui fustige une position « psychologique ». L’amendement a toutefois une dernière petite chance d’avoir droit à une cession de rattrapage en commission mixte paritaire. « Dans tous les pays d’Europe, quand on l’a adopté, on le conserve, y compris quand il y a des alternances politiques, plaide Louis Nègre. Ce n’est pas la panacée, mais c’est un outil efficace et une source supplémentaire de financement qui avait été fléchée vers les transports collectifs », poursuit-il. L’amendement proposait une grande liberté d’expérimentation de tous les types de péage : notamment de zone ou de réseau. « Ce n’est pas l’octroi, ce qu’on propose. C’est un outil très souple : à Milan, par exemple, c’est calé sur le degré de pollution des moteurs », souligne Louis Nègre. Et puis, « d’une certaine manière, le péage urbain, il existe aujourd’hui dans toutes les villes françaises sous la forme de la tarification des parkings, mais on peut imaginer d’autres formes de péage de zones de territoire où le stationnement serait gratuit », note Roland Ries.

     


    5 Taxer les parkings


    Issue des propositions de Christian Philip en 2003, la taxe additionnelle sur les parkings de sociétés, centres commerciaux ou supermarchés est une idée qui est loin d’être saugrenue, car elle joue sur le levier du stationnement, considéré comme le levier le plus important pour le report modal. « Pourquoi pas, concède Louis Nègre, mais il est important, chaque fois que l’on met en place une nouvelle taxe, d’apporter une contrepartie. Quelle est-elle en l’occurrence ? », questionne-t-il.

     


    6 Ressusciter la vignette auto


    Fin 2003, Christian Philip, à l’époque député du Rhône, avait évoqué la possibilité de taxer les ventes de véhicules neufs ou d’occasion dans son rapport sur le financement remis à Jean-Pierre Raffarin, précisant que cette solution existait au Québec. Certaines recettes de ce type existent, mais ne sont pas liées au transport, relève-t-on au Gart. La carte grise par exemple, dont le produit va aux régions. Ressusciter la vignette auto ? Certains y songent. Elle avait une vertu : taxer la possession du véhicule en fonction de sa cylindrée, donc dans une logique de bonus-malus.

     


    7 Prélever sa dîme sur la TIPP


    Créer un fonds pour les investissements alimentés par des centimes additionnels de TIPP. Cette ancienne revendication du Gart n’a plus vraiment le vent en poupe. Cependant, les réflexions sur feue la taxe carbone ont permis d’arriver à la conclusion qu’une augmentation de la TIPP sur le gazole (où elle est plus faible) aurait pu financer les plans climats. Car « les externalités négatives de la circulation automobile urbaine sont très élevées et ne sont pas compensées par les recettes fiscales ». C’est notamment la conclusion de Jean-Jacques Becker, participant à la conférence des experts sur la contribution climat énergie, présidée par Michel Rocard. Les élus régionaux, particulièrement en recherche de financements, n’ont pas souhaité mettre l’accent sur la TIPP car elle est fonction des volumes de carburant importés, qui sont en baisse. Ce n’est donc pas considéré comme une solution dynamique. Autre inconvénient de la mesure, les lobbies (automobile, transporteurs routiers) auxquels on s’attaquerait sont puissants et organisés.

     


    8 Faire porter l’investissement par le privé


    « Les PPP, ce sont des avances d’investissements, c’est une manière d’étaler les amortissements dans le temps mais, en règle générale, c’est plus cher », considère Roland Ries. Un temps présenté comme solution miracle par les pouvoirs publics, en tout cas pour les projets de LGV, le PPP n’a fait qu’un seul émule en matière de TCSP, la communauté d’agglomération de Reims. Alain Lescouet, 1er vice-président chargé des transports à Reims Métropole, est sûr de son fait : « On était au taquet de nos possibilités financières. Sans le PPP, nous n’aurions jamais pu nous offrir le tram. » C’est à la fois la première expérience de projet avorté il y a une vingtaine d’années – qui a engendré le paiement d’un dédit à Alstom – et le « benchmarking dans toutes les agglos à tramway » qui ont convaincu l’AO de la nécessité de recourir à cette solution. « Partout, on a vu que dérapages dans les délais et les coûts. Le fait que la société concessionnaire Mars rassemble tous les intervenants évite qu’ils se renvoient la balle au moindre problème. Ils sont motivés par le retour sur investissement pour réussir le challenge », estime l’élu, qui affirme ne pas regretter ce choix. Il semble tout
    de même oublier que fin 2006 on annonçait le tramway pour octobre 2010.
    Le système clés en main qui sera livré en avril 2011, puis exploité pendant trente ans moyennant une rémunération mensuelle de quelque 4 millions d’euros (44,47 millions d’euros en 2013 contre 27,4 millions d’euros en 2008), aura pourtant coûté, en investissement pur, 305 millions d’euros (valeur 2006) pour 11,2 km de tramway et 22 stations. Mais l’AO n’a eu à verser « que » 174 millions d’euros de subvention d’équipement. Et tout additionné, avec la DSP du futur réseau, le contrat avoisine 1,4 milliard. Côté recettes, le passage du VT de 1 à 1,8 % – soit une rentrée annuelle passée de 21 millions à 37,8 millions d’euros selon les dernières estimations – a permis de compenser la différence de plus de 10 millions d’euros par an de subvention financière d’exploitation (SFE). « Ce que le budget principal mettait autrefois est resté stable, se félicite Alain Lescouet. Le surplus de VT engrangé est aujourd’hui réinjecté en subvention et, dans nos comptes, nos ratios ne sont pas plombés par des emprunts colossaux. » Une SFE qui avait d’ailleurs « doublé en dix ans, passant de 15 millions à 30 millions d’euros sans que la fréquentation du réseau n’augmente… »,  rappelle-t-il.
    Avec cette « vérité des prix », puisque le budget inclut absolument tout, des études aux trémies routières construites à la faveur du tram, l’élu réfute les accusations de tram trop cher. Mais il le reconnaît lui-même, une « véritable comparaison est impossible car nous sommes les seuls à avoir amalgamé des choses qui ne le sont jamais ». Comment s’étonner alors que l’opposition estime le montage opaque et soupçonne le projet d’être « ruineux ». Certes, l’effort est lissé dans le temps, mais on a tendance à penser qu’il est toujours bien là. D’ailleurs, côté Gart, qui souligne la difficulté à proposer des extensions de réseau une fois marié pour trente ans avec un concessionnaire, la cause est entendue : le PPP ne crée pas de financement. Il fait juste porter la gestion de la dette et du projet par le privé, mais « le loyer versé au concessionnaire équivaut à ce qui est payé quand la collectivité est maître d’ouvrage ». Le PPP est donc selon l’association d’élus à considérer comme un mode de gestion à long terme, et rien d’autre.

     


    9 Solliciter les entreprises locales


    Et si en contrepartie d’une desserte en TCSP, et des bénéfices que celle-ci leur apportera, les entreprises ou centres commerciaux concernés renonçaient à percevoir les indemnisations dues aux travaux, voire apportaient leur contribution à leur réalisation ? Cette idée a été proposée par le cabinet d’avocats Yves-René Guillou à une grande collectivité du Sud de la France, dont l’extension d’une ligne de tram devait offrir une excellente desserte à un centre commercial qui jusque-là n’était pas desservi. Cette idée, jugée risquée politiquement, n’a finalement pas été retenue par la collectivité, qui a préféré indemniser, comme c’est l’usage, le centre commercial pour les dérangements occasionnés par les travaux. « Dommage ! », regrette le cabinet d’avocats, pour qui « il eût été intéressant de mettre à jour cette nouvelle possibilité de financement ». « A Brest, le tram mènera à Ikea, mais le magasin n’a rien financé, note un observateur du secteur. Ce serait super si des entreprises privées réclamaient des dessertes, mais ça n’est pas dans nos mentalités. » Au Gart, le service économique juge que cette solution pourrait toutefois faire des émules, mais pas dans les agglos, plutôt dans les gares, pour financer leurs futures rénovations, en particulier si l’on considère qu’elles doivent s’ouvrir au commerce.

     


    10 Taxer les plus-values immobilières


    C’est la seule de ces nouvelles solutions de financement qui soit aujourd’hui validée politiquement. La taxation des plus-values du foncier, adoptée récemment dans la loi Grenelle 2, satisfait les collectivités locales. Cependant, il n’est pas garanti qu’elle devienne une source de financement majeure dans les prochaines années. Compte tenu du contexte économique, il n’est pas certain en effet que le marché de l’immobilier croisse tant que ça, qu’il y ait ou non TCSP. Bref, aux yeux des élus, c’est une « cerise sur le gâteau, pas un gâteau ! ». Un gâteau dont le montant potentiel n’a d’ailleurs même pas été évalué. L’Iaurif a d’ailleurs réalisé une étude en 2009 d’où il ressort que l’effondrement du marché immobilier à Copenhague et à Londres, qui avaient imaginé financer leurs infrastructures à partir de la vente des terrains desservis, n’ont pas eu de retour sur investissement. Pas de plus-values, la collectivité a dû s’endetter. Bref, hypothétique, la recette n’est de plus pas préalable à l’investissement ! Elle a toutefois le mérite d’exister et aussi de permettre d’exorciser un mythe. En revanche, elle aurait un intérêt certain dans le cas de constructions nouvelles sur des terrains auparavant nus. L’exemple de la ligne B du métro de Rennes et de la ZAC de la Courrouze créée concomitamment sera à surveiller de près !
     

    Cécile NANGERONI et Guillaume LEBORGNE

  • Les conseils régionaux réclament leur part du versement transport

    Les régions, en charge des Transports express régionaux, veulent bénéficier du versement transport qu’acquittent les entreprises, a souligné mercredi 2 juin l’Association des régions de France (ARF). « Les trains régionaux ont été transférés aux régions sans recette dédiée, alors que les agglomérations de plus de 10 000 habitants bénéficient du versement transport », a relevé au cours d’une conférence de presse le porte-parole de l’ARF, Martin Malvy (PS), président de Midi-Pyrénées. « Nous demandons à être traités comme les autres autorités organisatrices de transports, a-t-il ajouté. Il ne s’agit pas de la création d’une taxe supplémentaire, mais de la généralisation d’une taxe existante. »

  • Du tramway et du BHNS pour Annemasse

    Les transports collectifs annemassiens lancent deux programmes majeurs : un BHNS reliant les principaux pôles d?habitations et d?activités de l?agglomération, et le prolongement du tramway genevois depuis la frontière jusqu?au centre d?Annemasse Pour augmenter leur vitesse commerciale et améliorer leurs prestations, les transports collectifs annemassiens (TAC) lancent deux programmes majeurs. Le premier est un BHNS qui va relier les principaux pôles d’habitations et d’activités de l’agglomération. Cette ligne, en forme de V, partira du Technosite Altéa à Juvigny. Elle desservira Ville-la-Grand, la gare et le centre-ville d’Annemasse pour aboutir à Vétraz-Monthoux. La ligne BHNS sera aménagée en site propre sur 89 % de son parcours. Sur son tracé se trouvent deux lycées, plusieurs collèges, un hôpital et le quartier très dense du Perrier (7 000 habitants). Trois parkings-relais seront construits à proximité. L’aménagement de la chaussée devrait s’achever en 2013. Le système d’information voyageurs sera disponible dans les bus et les stations. Le BHNS bénéficie d’une subvention de 3,5 millions d’euros du Grenelle de l’environnement. Déjà, un bus MAN de 170 passagers circule en test sur le réseau.
    Le second projet est transfrontalier : Il s’agit de prolonger le tramway genevois depuis la frontière jusqu’au centre d’Annemasse. Le tracé final est encore à l’étude, mais il sera en connexion avec celui du BHNS. Pour les travailleurs frontaliers, cette connexion directe avec le réseau des trams genevois signifiera un gain de temps appréciable. Un financement franco-suisse est envisagé et sa mise en service prévue pour 2017. Enfin, en 2018, le CEVA reliera Annemasse à l’ensemble de la région transfrontalière.
     

    Thierry-Pierre GRAINDORGE

  • Trois villes recyclent leurs parkings

    Le parking mute : il devient le plus grand garage à vélos de France à Strasbourg, accueille des autos en libre service à Lyon, se fait prestataire multiservice à Besançon? Strasbourg : la petite reine en son parking
    Au parking de la gare de Strasbourg, les voitures n’ont plus la priorité. « L’ensemble du pôle a été complètement revu à l’occasion de l’arrivée du TGV en juin 2007 », explique Régis Auriol, chef du service stratégie et gestion du stationnement de la communauté urbaine de Strasbourg. Le parc quatre-roues de 340 places a ainsi été réduit à 188 pour libérer 850 places aux cycles. Ce qui en fait le plus grand parking de vélos de France. Au total, l’agglomération compte désormais sept parcs à vélos qui offrent aux cyclistes 1 620 places sécurisées. Le tout en plus des 10 000 arceaux que compte la communauté urbaine. Et l’opération est un succès : « En six mois, notre parc de 430 places était rempli à 70 % », se réjouit Régis Auriol. La transition avec le train se fait très facilement, puisque 80 % des utilisateurs du TER sont également des utilisateurs de vélos. « Avant, dans les parkings, la voiture dominait sur le piéton et le cycliste. Nous cherchons à renverser la situation. Désormais, au moment de tous les renouvellements de contrats d’exploitation des parkings, nous mettons au cahier des charges l’agrandissement des espaces dédiés à la marche et au vélo. »

    Lyon : l’Autolib’ avant Paris
    Alors qu’à Paris les candidats peaufinent leur dossier pour juin, à Lyon, l’Autolib’ a déjà pris la route depuis 2008. Certes, pas sous la forme d’une délégation de service par la mairie, mais à l’initiative de la société d’économie mixte Lyon Parc Auto (LPA). L’exploitant a repris le concept déployé en 2003 par l’association « La voiture autrement ». Laquelle avait déposé le nom d’Autolib’, que la mairie de Paris souhaitait elle aussi adopter. Paris et LPA se sont finalement entendus pour partager le même nom. Le service lyonnais dispose aujourd’hui d’une flotte de 72 véhicules dont 4 hybrides, répartis sur 22 parkings et une station en voirie. Le principe ? « L’usager s’abonne pour une durée minimale de trois mois. Il peut ensuite réserver son véhicule. Il sera facturé au kilomètre et en temps, ce qui permet de ne payer que ce que l’on a utilisé », indique Corinne Cottier, responsable du service à LPA. Disponible à toute heure, toute la semaine, le service inclut l’assurance, l’entretien, le parking attribué et le carburant. Après deux ans, le dispositif a fait ses preuves. Il compte aujourd’hui 1 200 abonnés et progresse de 50 % chaque année.

    Besançon : faire ses courses au parc-relais
    Imaginez : vous laissez, le matin, votre voiture dans un parc-relais aux portes de Besançon et empruntez les transports en commun pour vous rendre en centre-ville. Le soir, quand vous descendez du bus, toutes les corvées sont effectuées. Votre voiture, sale à votre arrivée, brille de nouveau. Les courses sont déjà dans le coffre, ainsi que votre linge, lavé et repassé. Ce service « Gain de temps » proposé par le réseau de transports en commun Ginko lui a valu la médaille d’or 2010 de l’Intermodalité. Un prix attribué à l’occasion des 2es Rencontres « Inter’acteurs » et organisé par le groupement d’intérêt économique Inter’actions, composé de la SNCF, de Keolis et d’Effia. Il récompense les meilleures initiatives intermodales françaises de l’année. La palette de services offerts – poste, boulangerie, pressing, réparation automobile, achats dans une grande surface, fleuriste – incite un peu plus les automobilistes à abandonner leur voiture à l’extérieur de l’agglomération et à emprunter les transports en commun.
     

    Louise ALLAVOINE

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  • Lyon lance les travaux de sa future station de métro à Oullins

    Le 3 juin, les élus du Sytral et du Grand Lyon ont posé la première pierre de la station du métro B à Oullins. Pour l?heure, c?est un immense trou de 20 m de profondeur, prélude à un chantier de trois ans et demi Le 3 juin, les élus du Sytral et du Grand Lyon ont posé la première pierre de la station du métro B, à Oullins, la seule qui sera construite dans le mandat 2008-2014. Pour l’heure, c’est un immense trou de 20 m de profondeur, prélude à un chantier de trois ans et demi. A sa mise en service, fin 2013, la future station terminus du prolongement de la ligne B (soit 1,7 km entre Gerland et Oullins) sera enterrée sur deux niveaux, avec une mezzanine surplombant les quais. Au final, la station comprendra un quai de 75 m de long sur 25 de large.
    Le parti pris est d’offrir le maximum de volume. « Apurés des servitudes et nécessités techniques, les espaces publics d’accueil et d’attente préservent “vastitude” et noblesse », indiquent les architectes d’Arche, l’agence qui a conçu la station. L’ambiance générale sera renforcée par les matériaux où dominent le marbre blanc de Carrare, le bois et l’acier. La station sera aussi remarquable par son aspect végétalisé en surface, avec un parvis de 1 800 m2 traité en « jardin précieux » planté de plusieurs espèces végétales, notamment d’Albizias, l’arbre à soie, aux couleurs vert et rouge. L’identité de la station sera aussi affirmée avec quatre édicules en forme de cubes de bois avec verrière signalant les accès au métro. La station s’imposera comme la grande nouveauté d’un pôle multimodal comprenant également la gare TER, une gare routière de bus de 4 500 m2 et deux parcs-relais de 450 places. La fréquentation attendue est  de 20 0000 voyageurs par jour.
     

    Claude FERERRO

  • Que reste-t-il du Grand Paris de Sarkozy ?

    Que reste-t-il du Grand Paris de Sarkozy ?

    A ma gauche, le projet Arc Express de rocade ferrée en petite couronne. A ma droite, le projet de double boucle de métro automatique. Les deux vont être soumis ensemble au débat public. Et que le meilleur gagne… et que tout s’accorde. Le 26 mai, l’Assemblée nationale a voté la loi sur le Grand Paris, et le Sénat a fait de même le lendemain. Le travail le plus délicat avait été accompli le 20 mai, lors de la commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat, qui est parvenue à un texte commun, alors que les textes votés par les deux assemblées divergeaient nettement. Les sénateurs ont dû accepter le retour du projet régional Arc Express qu’ils avaient d’abord évincé. Et, alors que l’Assemblée avait voté un périmètre d’aménagement des gares de 1 500 m de rayon, restreint par les sénateurs à 250 m, la CMP a finalement fixé un rayon de 400 m. Au-delà de ces péripéties, qui ne sont pas négligeables, la fin du processus législatif invite à revenir sur ce qui reste du grand dessein d’abord énoncé. Comme souvent, il faut en revenir à 1968, mais cette fois au 1er janvier, sous un pouvoir encore peu contesté. De Gaulle divise alors le département de la Seine en quatre : Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne. Ce qui pouvait s’imposer alors pour être une gestion plus fine des territoires – c’est du moins la version officielle, qui masque les enjeux de pouvoir – apparaît des décennies plus tard comme un obstacle. Ne s’est-on pas privé d’un outil correspondant à la réalité de la métropole ? Et le périphérique ceinturant depuis la ville n’a-t-il pas séparé, plus que les anciennes fortifs, le centre des banlieues ? Pas question pour autant de revenir en arrière, nous disait il y a quelque temps Pierre Mansat, l’adjoint de Bertrand Delanoë, qui a inventé la politique de coopération entre Paris et les communes de banlieue. Le premier qui dit « Grand Paris » est un homme mort, disait-il en substance. Mort, parce que les structures entre-temps mises en place, un département aussi puissant que les Hauts-de-Seine ou des grandes intercommunalités, sont devenues des centres de pouvoir convoités. De plus, un Grand Paris se limitant à la zone agglomérée de l’Ile-de-France viderait de son sens et de ses ressources l’Ile-de-France : Jean-Paul Huchon a toujours été très en retrait sur le Grand Paris. Alors, on n’en parle pas, on y pense très fort, on se débrouille pour faire naître quelque chose qui réponde réellement aux besoins : c’est à pas feutrés qu’ont avancé Pierre Mansat et Bertrand Delanoë, faisant en sorte d’associer des élus de droite et de gauche à leur démarche. C’est ainsi qu’est née la Conférence métropolitaine, associant à la Ville de Paris une centaine de communes avoisinantes désormais rassemblées dans un syndicat d’études appelé Paris Métropole. Mais, quand Nicolas Sarkozy arrive au pouvoir, l’idée est plutôt d’aller vite que de prendre son temps, de prendre tout le monde de court et pas de laisser le temps au temps, de trancher, pas de louvoyer. Vite, le thème est avancé : la capitale a besoin du Grand Paris. Ce n’est pas le lieu de s’attarder ici sur les questions institutionnelles (de « gouvernance », de pouvoir). Disons simplement qu’en un premier temps on s’attendait à voir la capitale dotée d’une structure forte. Mais cette partie de la réforme institutionnelle, confiée à Edouard Balladur, fait long feu. Les propositions radicales évoquées d’abord (retour au département de la Seine comme l’a proposé le sénateur UMP Philippe Dallier) ont été ratiboisées. Aussi, par la force des choses, le thème du Grand Paris est-il devenu centré sur un seul projet, qu’a porté Christian Blanc. Le métro automatique (130 km, 40 stations, vitesse commerciale élevée) est devenu le symbole et resté la seule réalité du dessein initial. Mis à part l’aménagement du plateau de Saclay, la loi adoptée porte sur la création de ce métro. Or, il heurte bon nombre d’élus d’Ile-de-France : on le sait, la région a déjà son projet, Arc Express, d’abord mieux connu sous le nom de Métrophérique, dont Jean-Paul Huchon n’était pour commencer pas le plus chaud partisan, s’amusant d’un « métro féerique », comme le rappelait Libération le samedi 21 mai. Le président du conseil régional – soucieux par sa fonction de son pouvoir sur l’ensemble de la région – s’intéressait de plus près à une rocade en grande couronne, tandis que les élus de proche banlieue, en zone dense, étaient réceptifs au puissant, constant et très ancien lobbying de la RATP en faveur d’un métro automatique en petite couronne. Au bout du compte, comme le schéma directeur de la région combine les deux rocades, Jean-Paul Huchon a pu sans trop se désavouer se faire le porte-parole d’une double rocade.
    Christian Blanc, lui, a repris le chantier par un autre bout. La région avançait lentement, sûrement peut-être, dans l’élaboration de son schéma directeur. Le secrétaire d’Etat, jugeant que ce « travail sérieux, faute de transcender les limites de l’exercice, n’a pas l’ampleur et l’ambition nécessaires pour embrasser pleinement des problèmes sur lesquels il porte pourtant un diagnostic assez juste », bloque le schéma directeur. Il va de l’avant en imaginant sa double boucle, débordant largement de l’espace urbanisé, desservant de nouveaux pôles, structurant un Grand Paris dont l’enjeu est « d’être un moteur pouvant tirer la croissance nationale ». Sur le papier, le projet de Christian Blanc fait merveille. La double boucle (que les adversaires préfèrent appeler le « grand huit ») associe à l’évidence d’un petit croquis simple comme bonjour une élégance complexe comme un ruban de Moebius. C’est, reconnaît-on mezza voce à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de l’Ile-de-France (du côté du conseil régional, donc), plus séduisant que le complexe tracé d’Arc Express, avouant de façon pataude des incertitudes, que manifestent de larges fuseaux et de vastes lacunes. D’ailleurs, Ville, Rail & Transports a été assez conquis pour proposer dans son dernier Palmarès des mobilités l’idée de Christian Blanc à ses lecteurs et internautes, qui l’ont primée… Mais il ne s’agit que d’une esquisse, dont les hypothèses économiques ne sont pas très assurées. La preuve vient d’en être administrée par une étude menée conjointement par l’Insee, la Direction régionale de l’équipement d’Ile-de-France (Dreif) et l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région. Cette étude, qu’ont mentionnée les élus socialistes le 19 mai et dont Le Monde a fait état dans son édition datée du 20 mai, rappelle que l’Ile-de-France crée chaque année 30 000 emplois depuis 2005, alors que Christian Blanc table sur la création de 53 000 à 67 000 emplois, ce qui supposerait entre 710 000 et 900 000 nouveaux emplois sur quinze ans. Or, selon l’étude des trois organismes, la région ne devrait gagner que « 300 000 nouveaux emplois d’ici 2030 ». Cette évolution serait « deux fois plus faible qu’entre 1982 et 2006 », du fait du vieillissement de la population. Même avec un scénario d’activité maximum, il apparaît peu réaliste d’aller au-delà de 480 000 nouveaux emplois. Parallèlement, selon une autre étude révélée par Le Canard enchaîné le même jour, alors que le métro devait accueillir environ 3 millions de voyageurs quotidiens, les experts de la RATP ne permettent de tabler que sur environ 2 millions.
    Que reste-t-il aujourd’hui ? François Fillon, selon la formule d’un de ses visiteurs, a « son sentiment sur le Grand Paris », autrement dit pas celui de Christian Blanc : ce n’est pas une surprise, et on observe Jean-Paul Huchon s’appuyer ostensiblement sur le Premier ministre tout en ignorant le secrétaire d’Etat. Preuve s’il en était besoin que le débat autour de la capitale est plus complexe qu’une coupure droite-gauche. Cependant, les bagarres entre desserte des territoires et réseau structurant, besoins des populations et relations entre les clusters donnent aujourd’hui le sentiment étrange d’être déjà lointaines. La faillite de Lehman Brothers a constitué, selon l’économiste Michel Aglietta, l’acte premier d’une crise dont le second acte vient de commencer avec la crise grecque. L’heure est à la rigueur. L’Espagne, un peu plus d’un mois après avoir adopté un plan de relance, annonce son plan de rigueur. Gilles Carrez, rapporteur du budget à l’Assemblée nationale, qui avait à la demande du président de la République planché sur le financement des réseaux de transport du Grand Paris (ceux qui étaient déjà actés et non le métro automatique), avait déjà eu bien du mal à boucler son budget, et avait préconisé le phasage. Les hypothèses optimistes sur lesquelles repose le plan de Christian Blanc ont été jugées irresponsables par le même Gilles Carrez : l’apport en capital de 4 milliards fondé sur les créances de l’industrie automobile est incertain, les revenus fonciers ne seront peut-être pas énormes (et moins énormes encore en cas de crise). Les études chiffrées citées plus haut nourrissent les réticences. Elles ont été faites avant l’amplification de la crise. Le débat public conjoint sur les deux projets, Arc Express et double boucle, apparaît sur le papier comme une porte de sortie honorable pour tout le monde. Mais, alors que Nicolas Sarkozy, en un premier temps, semblait d’accord pour tout faire (exception faite, bien sûr, des vrais doublons), on peut se demander si, des deux grands projets d’avenir, on va parvenir à réaliser l’un des deux.
     

    François DUMONT

  • Rhônexpress : une liaison privée gare – aéroport

    Lorsqu?elle ouvrira, le 9 août, Rhônexpress sera une première en France : première concession ferroviaire centre-ville – aéroport, première cohabitation entre deux exploitants de tramways et première mise en service du matériel Tango de Stadler Aussi surprenant que cela puisse paraître, alors que nombre de métropoles européennes sont désormais reliées à leurs aéroports respectifs par le rail, Rhônexpress sera la première liaison ferrée dédiée et sans changement entre un centre-ville français et son aéroport. Le 9 août prochain, des rames rouges, portant la marque du département du Rhône, relieront « en moins de 30 minutes garanti » la sortie Villette de la gare SNCF de Lyon-Part-Dieu et l’aéroport Saint-Exupéry, 22 km plus à l’est. Et ce ne sera pas la seule première de cette relation, longtemps connue sous son nom de projet « Leslys ». Le plus remarquable est sans doute que les rames rouges rouleront pendant 15 km sur les mêmes voies que les rames blanches du tram T3 des TCL, entre Lyon et Meyzieu, sur le tracé en site propre de l’ancien chemin de fer de l’Est lyonnais. Cette cohabitation ne sera pas que technique, puisque Rhônexpress sera exploité par CFTA Rhône (Veolia Transport), alors que le T3, comme les autres lignes TCL, est exploité par Keolis.

    Une liaison dédiée à haut niveau de service
    L’idée de relier Lyon à Saint-Exupéry (ex-Satolas), troisième aéroport français avec 8 millions de passagers en 2009, remonte à février 2001, quand le Sytral, autorité organisatrice des transports urbains de l’agglomération lyonnaise et le conseil général du Rhône, partenaire de l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry, décident de réemployer la plateforme du chemin de fer de l’Est lyonnais, propriété du conseil général, pour y faire circuler deux lignes de tramway sur les mêmes voies. Dénommée T3, la première de ces lignes ouvrira en décembre 2006 avec le Sytral comme autorité organisatrice, alors que le conseil général du Rhône est l’autorité organisatrice de la seconde ligne, vers l’aéroport.
    Suite à un appel d’offres, le concessionnaire Rhônexpress a été sélectionné en 2007 pour la conception, la construction et le financement du tronçon vers Saint-Exupéry, suivis de l’exploitation à ses risques et périls d’un service dédié à l’aéroport, qui ne devra pas être en concurrence avec le T3. En effet, au départ de la Part-Dieu, seule la montée sera autorisée aux deux arrêts intermédiaires, Vaulx-en-Velin La Soie (correspondance avec le T3 et le métro) et Meyzieu ZI (correspondance avec le T3), mais pas la descente. Et au départ de l’aéroport, la montée sera interdite aux arrêts intermédiaires.
    Contractuellement, Rhônexpress devra garantir à ses clients un temps de parcours de 30 minutes entre Lyon-Part-Dieu et l’aéroport, sachant que 27 à 28 minutes suffisent, techniquement parlant. « Sinon, on rembourse le billet, de 50 % du prix si le retard est compris entre 10 et 20 minutes, voire de 100 % au-dessus de 20 minutes », précise un responsable. Actuellement, le car met 50 minutes à une heure pour relier ces deux pôles, avec une circulation routière aléatoire. Plus fiable que le car, qui sera supprimé (l’autorité organisatrice étant la même), et offrant une capacité double, Rhônexpress sera aussi plus cher, tout en restant économique par rapport au taxi ou au parking (du moins jusqu’à trois ou quatre personnes voyageant ensemble).
    Relativement simple, la tarification de Rhônexpress n’est « pas encore validée », précise l’exploitant. À titre indicatif, l’aller simple devrait être à 13 euros, contre 8,90 en car et 50 à 70 euros en taxi. En principe, la gamme de billets proposée comprendra des allers simples, des allers-retours, des cartes six voyages, une petite réduction pour les moins de 26 ans, ainsi que la gratuité pour les moins de 12 ans (une nouveauté par rapport à l’autocar). Des tarifs combinés avec d’autres opérateurs seront également proposés : avec les TCL, mais aussi avec les TER (ventes à Saint-Étienne-Châteaucreux et Lyon-Part-Dieu) et la SNCF au niveau national (du fait que Rhônexpress relie deux gares TGV, permettant de nouvelles relations Paris – agglomération lyonnaise via Saint-Exupéry). Sans contact, les titres de transport seront proposés par quatre canaux de distribution : automates à chaque station, agents à bord des rames, Internet (matérialisé pour les particuliers, dématérialisé pour les professionnels) et partenaires (agences de voyage, tour-opérateurs). En effet, un agent de bord sera présent dans chaque rame pour vendre la gamme tarifaire en vigueur et traiter les incidents éventuels. Cet agent sera polyvalent, vu que les 50 salariés roulants de CFTA Rhône assurent cette fonction la moitié du temps, en alternance avec la conduite des rames.
    À l’exception de l’enregistrement des passagers aériens ou des bagages, qui se heurte à des problèmes techniques et de sécurité, Rhônexpress offrira un niveau de service comparable aux meilleures liaisons aéroportuaires. Ce service fonctionnera 365 jours par an, de 5h du matin à minuit, avec un départ toutes les 15 minutes de 6 à 21h, l’intervalle passant à 30 minutes le reste du temps. L’accent sera mis sur l’information, à quai comme dans les rames, dotées d’un affichage dynamique. Ainsi, les départs des avions et des TGV à Saint-Exupéry seront affichés en temps réel en direction de l’aéroport, alors que les horaires des TER et des TGV seront donnés en temps réel en direction de la Part-Dieu.
    Les recettes d’exploitation étant vitales, Rhônexpress a tout intérêt à attirer la clientèle la plus importante possible. Environ 1 million de voyageurs (et 10 millions d’euros de recettes) sont ainsi attendus pendant la première année, l’objectif étant de 1,5 million de voyageurs, à comparer aux 835 000 voyageurs annuels par autocar actuellement. Et par rapport aux passagers aériens, qui devraient représenter la majorité des futurs usagers, Rhônexpress vise 12 % de part de marché, contre les 9 % de l’autocar.
     

    Patrick LAVAL

  • Projet billettique à Toronto pour Parkeon

    Parkeon vient de remporter un contrat de 7 millions de dollars canadiens (5,4 millions d’euros) auprès de l’opérateur de transport canadien Go Transit, pour la réalisation et la mise en œuvre du nouveau système billettique des transports en commun de l’agglomération de Toronto. Go Transit, une division de Metrolinx qui dispose d’un réseau de trains et de bus dans la province de l’Ontario, transporte près de 55 millions de voyageurs par an. Depuis quelques années, le gouvernement de l’Ontario a mis en œuvre un plan d’intégration des transports publics dont la poursuite passe aujourd’hui par le renouvellement du système billettique. Parkeon est chargé des études, de la réalisation et de la maintenance du futur système.