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  • La voiture perd 7 points à Strasbourg

    Dans l?enquête ménages déplacements réalisée en 2009, la part modale de la voiture passe pour la première fois en dessous de 50 % dans la capitale alsacienne. Le vélo progresse et la marche représente toujours un tiers des déplacements Dans un contexte de baisse générale de la mobilité, avec 3,87 déplacements par jour en moyenne en 2009 contre 4,53 en 1997, les Strasbourgeois ont sensiblement modifié leurs habitudes de transport. En une décennie, la part modale de la voiture est passée de 53 % à 46 %, cédant des parts de marché – tout comme les deux-roues également en baisse – au vélo (8 %, en hausse de 2 points), aux transports en commun (12,5 %, en hausse de 3,5 points) et à la marche à pied (33 %, en progression de 2 points). « En vingt ans, les évolutions sont globalement favorables, observe Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg. Cette baisse globale de la mobilité est une bonne chose. La part de l’automobile se réduit par rapport à tout le reste. La part importante du vélo nous place devant toutes les autres villes françaises, mais nous restons loin de nos modèles européens, Fribourg et Copenhague. Il reste des efforts à réaliser dans les infrastructures et les mentalités. »
    L’Enquête Ménages Déplacements, réalisée entre janvier et juin 2009, porte sur 5 400 ménages, interrogés en face à face, représentant 12 000 personnes soit 1 % de la population du département. Réalisée par Test (Versailles) pour un budget d’1,2 million d’euros, elle a associé, pour la première fois, les trois autorités organisatrices des transports en commun sur le territoire de l’agglomération strasbourgeoise. Elle révèle une forte progression de l’organisation des journées de la population sondée, avec une part des journées continues en progression chez les actifs et les scolaires. « Ces nouvelles habitudes posent déjà des problèmes aux exploitants des réseaux de transport en commun, reconnaît Jacques Bigot, président (PS) de la communauté urbaine de Strasbourg. On ne se déplace plus à la pause de midi, les enfants fréquentent la restauration scolaire ou le périscolaire, l’e-administration se développe. Cette tendance va encore réduire la mobilité. » A l’échelle départementale, le tramway, les bus et les trains représentent 8 % des déplacements quotidiens des Bas-Rhinois, mais 12 % des kilomètres parcourus. « L’utilisation du train a triplé par rapport à 1998 », rappelle François Loos, vice-président du conseil régional d’Alsace. Un résultat conforme à ses objectifs environnementaux. « L’offre de TER a doublé, et l’effort va se poursuivre avec des investissements supplémentaires. Par rapport à la voiture, le train représente déjà 200 000 tonnes de CO2 économisées en un an. » L’agglomération strasbourgeoise sera desservie, en 2014, par le tram-train du piémont vosgien, dont la phase de préfiguration est opérationnelle depuis un an vers l’aéroport d’Entzheim, Molsheim et Barr. La part modale de la voiture particulière reste largement dominante, entre 69 % et 70 %, dans les zones rurales d’Alsace du Nord, dans le massif vosgien autour de Saverne et dans les cantons viticoles du piémont des Vosges, où le vélo chute à 2 %.
    « Les inégalités se creusent aussi dans l’agglomération », remarque Jacques Bigot. La part modale de la voiture reste dominante dans de grands quartiers résidentiels, mal desservis par le tramway, comme la Robertsau (30 000 habitants) et en couronne périphérique, avec une hausse de 8 points (72 %) vers le sud de l’agglomération. Le vélo, peu présent dans les quartiers populaires de Strasbourg ouest, avec 3 % de part modale, exprime les limites d’un réseau d’infrastructures discontinu. Pour Roland Ries, la faible diffusion du vélo dans ces quartiers révèle aussi un manque de sécurité et des risques de vols, « un problème à résoudre avec les bailleurs sociaux ». Sur l’ensemble de l’agglomération, l’usage des deux-roues motorisés s’inscrit également en baisse, à 0,6 % de part modale contre 1 % auparavant. Soit une attractivité comparable à Lyon, où les motos et scooters comptent pour 0,5 % des déplacements urbains, mais où le vélo plafonne à 1,7 %.
    A l’est de l’agglomération strasbourgeoise, la partie allemande du bassin de déplacement n’a pas été prise en compte dans l’étude des déplacements. Roland Ries, qui souhaite promouvoir une unité administrative franco-allemande dans son projet d’Eurodistrict, le déplore. « Le schéma classique des enquêtes ménages ne prévoit pas cette éventualité », rappelle-t-il. La ville de Kehl (35 000 habitants) sera pourtant desservie par le tramway strasbourgeois, après l’extension de 2,9 kilomètres de la ligne D annoncée en 2012. Le service déplacements de la communauté urbaine, qui a réalisé son propre comptage des piétons, cyclistes, automobilistes et clients des transports en commun, délivrera ses statistiques en milieu d’année. Dans un contexte de montée en puissance des déplacements transfrontaliers, avec une offre TER passée de 26 à 44 fréquences quotidiennes entre Strasbourg et Offenburg, ce manque de précision pourrait nuire à la poursuite des projets d’aménagement au-delà du Rhin, tel que le tram-train que Roland Ries souhaite prolonger sans rupture de charge entre Strasbourg et la partie allemande de son agglomération.
     

    Olivier MIRGUET

  • L?Inrets et Urba 2000 rendent interopérables les systèmes d?information de transports

    le projet Bateri a permis de tester les données d?un réseau selon un référentiel, diagnostiquant ainsi les erreurs rendant un système d?information non interopérable Dans certains pays européens, il est possible de proposer au niveau national un calcul d’itinéraires global par les transports publics. Mais pas en France, où tous les systèmes d’information de transports n’étant pas interopérables, un calcul de point à point n’est possible que si ces deux points appartiennent à des sources de données de même structure. Une solution, coûteuse pour les exploitants, est de réaliser de nouvelles interfaces entre systèmes d’information. Une autre a été mise au point par le laboratoire Gretia de l’Inrets avec la Predim (Plateforme de recherche et d’expérimentation pour le développement de l’information multimodale) : des tests d’interopérabilité vérifiant la conformité des données de réseaux de transport suivant le profil d’échange défini dans l’application « Chouette ». Cet acronyme signifie « création d’horaires avec un outil d’échange de données transports en commun au format Trident européen », ce format étant à son tour l’acronyme de « Transport Intermodality Data Sharing and Exchange Networks » (réseaux de partage et d’échange de données de transports intermodaux). Le projet a été conduit par Urba 2000 et a associé les experts et sociétés spécialistes du domaine de l’interopérabilité et de la normalisation dans le domaine des transports. Concrètement, le projet Bateri (banc de test pour réalisation de l’interopérabilité) a permis de tester les données d’un réseau (horaires théoriques, typologie, lignes, arrêts, itinéraires) selon un référentiel, diagnostiquant ainsi les erreurs rendant un système d’information non interopérable. A titre de démonstration, sur les bases des spécifications du référentiel, Bateri a permis à la Région Alsace de vérifier que les fichiers SNCF étaient bien au format « Chouette ». Une autre autorité organisatrice ayant testé Bateri est celle des transports de l’agglomération de Toulouse. La prochaine étape consiste à porter le référentiel de l’application à l’Afnor, avant une éventuelle évolution du périmètre fonctionnel des applications tant du côté modal (information routière, en temps réel ou événementielle, modes doux…) que du côté géographique. En effet, une interopérabilité transfrontalière devrait être rendue possible grâce à des « briques » communes entre les systèmes normatifs britanniques, allemands ou français (Transmodel pour les données des transports publics européens, TransXChange pour les calculs d’horaires et localisation de bus britanniques…) Enfin, précise l’Inrets, ce système sera coiffé par l’Afimb (Agence française de l’information multimodale et de la billettique).

  • Résultats 2009 : une année difficile pour les entreprises ferroviaires

    En 2009, les entreprises ferroviaires n’auront pas été épargnées par la crise économique internationale. Voici comment celle-ci a affecté quatre acteurs emblématiques du secteur : SNCF, Eurotunnel, Thalys et Eurostar SNCF : le chiffre d’affaires baisse de 1,2 %
    Pour l’année 2009, le chiffre d’affaires de la SNCF est en baisse de 1,2 % à 24,9 milliards d’euros. A périmètre constant, la baisse atteint 3,6 %. La principale explication avancée, c’est bien sûr la crise. Son impact est toutefois fort variable selon les diverses branches de l’entreprise. Le chiffre d’affaires de SNCF Infra est en hausse de 6,7 %, du fait de l’accroissement des travaux réalisés pour le compte de RFF, tout comme celui de SNCF Proximités, en hausse de 3,8 %. En revanche, outre SNCF Geodis, en recul de 8,2 %, SNCF Voyages est à la baisse de 1,2 %. Et c’est une véritable inversion de tendance. Globalement, le sec! ond semestre 2009 marque une progression de 1,5 % par rapport à la même période 2008, déjà affectée par la dégradation de l’environnement économique. Les résultats complets seront connus en mars.

    Eurotunnel : les navettes camions plombent le résultat
    Le 20 janvier, Eurotunnel a publié ses chiffres 2009 dans un contexte de crise économique et de reprise après l’incendie de septembre 2008. Avec 571,1 millions d’euros, le chiffre d’affaires est en baisse de 16 %. Malgré un 4e trimestre 2009 en progression (+10 %) pour tous les trafics par rapport à la même période en 2008. Petit bémol : la comparaison se fait avec un trimestre fortement impacté par l’incendie… Côté trafic, le fret ferroviaire transmanche a baissé de 5 % sur l’année en tonnage (1,18 million de tonnes) et de 12 % en trains (2 403 passages), avec une reprise de 8 % en tonnage au 4e trimestre. La fréquentation des Eurostar a progressé de 1 % (9,2 millions de voyages), en dépit des pannes et du service réduit en décembre. En fait, ce sont essentiellement les navettes Eurotunnel qui ont affecté le chiffre d’affaires du groupe en 2009, surtout au 1er semestre (non-renouvellement de contrats annuels fin 2008). Sur l’année, la chute a été de 39 % pour les camions transportés (769 261), alors que les voitures sont stationnaires (1,9  million de véhicules) et que les autocars sont en légère baisse de 2 % (54 547). Le 2e semestre a même marqué une reprise de 17 % pour le trafic camions par rapport au 1er. Quoique marquant un recul global, 2009 n’a donc pas été catastrophique pour Eurotunnel.

    Thalys : baisse de 3,1 % du chiffre d’affaires
    Malgré un très léger redressement au second semestre, Thalys enregistre pour 2009 un chiffre d’affaires en baisse de 3,1 %, à 382 millions d’euros. 2008 avait été une année record après cinq ans de progression continue du chiffre d’affaires. Malgré la baisse, les résultats 2009 sont supérieurs à ceux de 2007 (+ 5,8 % entre 2007 et 2009). Le trafic est en baisse, étant à peine supérieur à 6 millions de passagers (contre 6,3 millions en 2008, 6,2 en 2007). Selon un communiqué, « Thalys résiste à la crise grâce aux voyages longs, les routes Paris – Amsterdam et Paris – Cologne étant positives avec des chiffres d’affaires en hausse respective de 0,3 % et 1,4 %. ! » L’érosion se concentre essentiellement sur les voyages en Comfort 1 (trafic en baisse de 10,5 %, contre 1,8 % en Comfort 2).

    Eurostar : très légère croissance en 2009
    Le chiffre d’affaires 2009 d’Eurostar, à 675,5 millions de livres (772 millions d’euros), est en hausse de 1,7 % par rapport à 2008. Le trafic est en hausse de 1,2 %, à 9,2 millions de voyageurs. Le trafic loisirs a soutenu l’activité. Après un début d’année fortement impacté par la crise, le second semestre a été marqué, selon Eurostar, par « des signes positifs de reprise en ce qui concerne le voyage d’affaires ». Rappelons que 2007 avait été excellente (599 millions de livres, +15,5 % par rapport à 2006, et 8,3 millions de passagers), du fait de la Coupe du monde de rugby, en France et en Angleterre, en septembre, et de la mise en service le 14 novembre de High Speed One jusqu’à Saint Pancras, offrant un gain de temps de 20 minutes. 2008 avait commencé très fort, mais avait été assombrie, en septembre, par l’incendie du tunnel et par le début de la crise économique (664 millions, +10,9 %, 9,1 millions de passagers).
     

    Guillaume LEBORGNE

  • LGV Rhin-Rhône : une étoile à trois branches

    Premier projet « province-province » dans un réseau majoritairement composé d'axes reliés sur Paris, le Rhin-Rhône est conçu comme une étoile à trois branches. Maillon considéré comme essentiel de l’Europe à grande vitesse, le Rhin-Rhône est conçu comme une étoile à trois branches. Les trois sont inscrites au Grenelle 1 de l’environnement qui prévoit, à l’horizon 2020, le lancement de 2 000 km de lignes nouvelles. C’est aussi le premier projet « province-province » dans un réseau majoritairement composé de radiales, c’est-à-dire d’axes reliés sur Paris. Chez RFF, on souligne que, de toutes les LGV, c’est « la plus performante », permettant la meilleure amélioration des temps de parcours par rapport aux kilomètres de ligne réalisés. Toutefois, la programmation de ces trois branches dépend d’un calendrier en trois phases et pas encore toutes finalisées.

     

    La branche Est, en cours, doit sur 140 km relier Villers-les-Pots, à l’est de Dijon, à Petit-Croix, au sud-est de Belfort. Les travaux de génie civil ont commencé en juillet 2006, l’installation des équipements ferroviaires en janvier 2009. Les premiers essais sont prévus à l’été 2011 pour une ouverture confirmée pour le 11 décembre 2011. Sur cette branche, on estime à 2,4 millions le nombre de voyageurs par an, à 1,1 million le nombre de voyageurs par gare nouvelle, celles desservant les agglomérations de Besançon, Belfort et Montbéliard. Budget global : 2,312 milliards d’euros. Restera à réaliser la deuxième phase de cette branche Est, soit 35 km côté Moulins, 15 km côté Dijon. L’échéance : comme la déclaration d’utilité publique est valable jusqu’en janvier 2012, les acquisitions doivent être faites avant. Et avant la fin des travaux sur les 140 premiers kilomètres, afin de poursuivre dans la foulée. Budget supplémentaire : 850 millions. Et un nouveau gain de 15 minutes. La mise en service est envisagée en 2015.

     

    La branche Ouest qui traverse Dijon suppose d’importants travaux en agglomération, avec beaucoup de tunnels. Une nouvelle gare est prévue à Dijon, à côté du Parc des expositions. Cette branche contribue à connecter l’Est à Paris et offre un gain de temps appréciable pour tous ceux qui ne s’arrêtent pas à Dijon. Le tracé a été choisi en 2007 pour le passage dans Dijon, le projet déclaré d’intérêt général. Prochaine étape : l’étude d’avant-projet sommaire sur 45 km.

     

    La branche Sud, vers Lyon, constitue « le maillon manquant stratégique » du réseau à grande vitesse entre l’Europe du Nord et l’Arc méditerranéen. Elle mettra Strasbourg à 2 heures 15 de Lyon, soit un gain de temps de moitié. En juin 2008, trois fuseaux ont été définis, les études préliminaires sont juste achevées, tout comme les consultations. L’objectif : envoyer le dossier au ministre, au printemps, afin qu’il effectue son choix entre les fuseaux.

     

    Le budget est estimé entre 2,9 et 3,2 milliards d’euros pour 157 km.

  • La grande vitesse atteint Valence

    Fin 2010, Valence devrait à son tour être accessible par l?AVE. Puis ce sera le tour de toute la façade méditerranéenne, via un nouveau réseau de 955 km Après Séville en avril 1992, Valladolid en décembre 2007 et Barcelone en février 2008, Valence va être en 2010 desservie par la grande vitesse (AVE) depuis Madrid. Peut-être à l’automne. S’étendant sur 391 km, la ligne nouvelle parcourue à 350 km/h mettra la capitale à 1 heure 25 du « Levant » (la côte méditerranéenne), contre 3 heures 20 dans le meilleur des cas aujourd’hui.
    Cependant, cette desserte de la troisième agglomération d’Espagne n’est qu’une première étape. Elle s’insère dans le projet « Madrid – Castille-la Manche – Communauté valencienne – région de Murcie », qui prévoit la construction de 955 km de lignes nouvelles à grande vitesse, à écartement UIC, parcourues pour la plupart à 350 km/h, électrifiées en courant alternatif et équipées de la signalisation ETCS-ERTMS niveaux 1 et 2 pour la gestion des circulations. Autant dire que ce vaste programme, réservé au trafic voyageurs, prend les allures de quasi-reconstruction du réseau ferroviaire au sud-est de Madrid. Murcie, Alicante, Albacete, Valence, Castillón et Cuenca seront donc toutes accessibles à grande vitesse, au plus tard fin 2013 ou en 2014, selon les prévisions d’Adif (l’équivalent ibérique de RFF). Et selon les disponibilités financières également. L’ensemble du projet « Levant » a été chiffré à 12,4 milliards d’euros sans le matériel roulant et l’Union européenne y apporte sa part en deux temps : 750 millions d’euros ont été versés pour les opérations menées avant 2007, 726 millions le seront entre cette année et 2013. La Banque européenne d’investissement (BEI) est également de la partie.
    C’est le 8 janvier 2001, en plein boom de la grande vitesse outre-Pyrénées, que l’accord est scellé entre le ministre du Développement de l’époque, Francisco Alvarez Cascos, et les présidents des communautés autonomes (régions) concernées. Après moult tergiversations, on se met d’accord sur le tracé et les échéances, optimistes, puisqu’en 2007-2008 tout devait être achevé. Moyennant une carte un peu complexe, l’idée générale est de raccourcir le trajet entre Madrid et Valence (trop au sud par l’ancienne ligne du MZA vers Alicante) et de constituer par des raccordements un maillage de toutes les villes du Levant pour les voyageurs grandes lignes. L’ensemble du projet est inclus dans le « Peit » 2005-2020, c’est-à-dire le plan stratégique de restructuration ferroviaire de l’Espagne. Au passage, l’AVE du Levant ralliera Alméria, renouant avec une desserte directe vers l’Andalousie, et, surtout, améliorera le « corridor méditerranéen » qui depuis Murcie longe cette mer jusqu’à Barcelone. Dans cette direction, d’autres gros chantiers sont à finaliser.
    Partant de Madrid-Atocha, la nouvelle ligne vers Valence longe la LGV de Séville (ce qui engendre un quadruplement des voies), puis oblique à Torrejón vers Cuenca, suivant le tracé conventionnel le plus direct. Au sud de cette ville, deux branches se détachent à Motilla : l’une, souvent en parallèle avec l’autoroute A3 (actuellement congestionnée), file vers Valence à travers des massifs accidentés, l’autre rallie Albacete. Sur la première abondent les ouvrages d’art dont le tunnel de La Cabrera (deux souterrains de 7,250 km chacun) ou le viaduc de Contreras, de 587 m, avec un arc en béton parmi les plus audacieux d’Europe. La branche Valence arrive dans la ville par le sud-ouest, ce qui a nécessité un chantier complexe, avec un mélange d’écartements ferroviaires et une installation AVE provisoire. En effet, les autorités locales souhaitent depuis longtemps créer sous la ville une gare de passage, alors que « Valencia-Nord » (du nom de la compagnie Norte antérieure à la Renfe) est en cul-de-sac. Une très vaste opération technique et financière qu’Adif a voulu séparer de l’arrivée de la grande vitesse. A quelque 500 m du terminal actuel, sera donc ouverte en 2010 une gare provisoire AVE avec six voies à quai et des connexions multimodales. Discrète pour le moment sur ce chapitre, la Renfe prévoit une exploitation de ces lignes en plusieurs phases. En 2010, une desserte Madrid – Valence par AVE, sans doute cadencée, réduira à presque rien la part de l’avion sur cette relation. L’opérateur espère faire passer le trafic par fer de 1,1 million de clients à 3,5 millions par an. Cette année également, la branche Albacete accueillera en desserte provisoire des convois qui changeront d’écartement au sud de cette ville pour rejoindre Alicante ou Murcie en attendant la conclusion des travaux sur la tranche sud de ce réseau en 2012-2013. Côté offre, les services cadencés entre Madrid et Valence seront l’apanage de 18 trains série 112 (Talgo) et de 7 trains 120 (CAF). La Renfe mettra en ligne du matériel à bogies variables (séries 120 et 121 de CAF ou 130 de Talgo) pour les autres liaisons débouchant sur les voies ibériques.
     

    Michel GARICOÏX

  • Le double-sens cyclable s?impose à Paris

    Déjà mis en place dans certains quartiers de Paris, le double-sens cyclable sera bientôt la règle dans presque toutes les rues à sens unique situées dans les quartiers en « zone 30 ». Les premiers aménagements ont débuté dans les IIe et XIe arrondissements le 18 janvier, puis vont se poursuivre en février dans les XVIIIe et XXe arrondissements. Les gestionnaires de voirie doivent aménager ces zones avec une signalisation adaptée. Concrètement, les cyclistes peuvent rouler à contresens dans ces rues en toute légalité car, sur le plan réglementaire, elles sont considérées comme des voies à double sens de circulation, dont l’un des sens est exclusivement réservé à la circulation des vélos (mais non à celle des cyclomoteurs). Cette généralisation des doubles-sens cyclables a été introduite dans le code de la route par le décret du 30 juillet 2008, qui pose ce principe pour toute zone 30 existante ou à venir, avec une mise en conformité au plus tard le 1er juillet prochain. Sauf disposition contraire du maire. La Fubicy (Fédération française des usagers de la bicyclette) déplore déjà que plusieurs arrêtés municipaux aient été pris pour maintenir le sens unique pour les vélos.

  • Brive reprend son réseau en main

    Alors qu?elle prépare un PDU ambitieux, la communauté d?agglomération de Brive (la CAB) profite du renouvellement de la DSP pour bouleverser la donne dans ses transports en commun Si Veolia reste le délégataire, les termes du contrat conclu pour sept ans, du 1er février 2010 au 31 décembre 2016, sont très différents de ceux de la précédente DSP (délégation de service public), qui, selon Jean-Claude Farges, l’élu en charge du dossier, « n’était pas très intéressante pour la CAB ». Ainsi, à compter de septembre prochain – date d’entrée en vigueur de la plupart des modifications –, l’agglomération sera propriétaire de sa flotte. Des appels d’offres ont été lancés pour l’acquisition de 20 bus (10 standards, 6 de moyenne capacité, 4 minibus), tous équipés PMR et dotés de dispositifs d’annonce de l’arrêt, sonore et visuel à l’intérieur du bus, sonore à l’extérieur. Deux bus d’occasion vont par ailleurs être rachetés à Veolia comme véhicules de réserve. Soit un investissement total estimé à 4 millions d’euros. D’ici l’entrée en service de ces bus, en septembre, les véhicules qui assurent actuellement les transports en commun de Brive sont mis gracieusement à disposition par Veolia. « La location-bail était très élevée pour la CAB, explique Jean-Claude Farges. Avec l’achat, nous récupérons la TVA, nous avons une meilleure maîtrise du renouvellement des véhicules et une meilleure gestion de la flotte. Sans compter que le changement de livrée prévu en septembre aurait coûté de 50 000 à 60 000 euros par véhicule. » Pour loger sa flotte, la CAB va aménager un dépôt à proximité de la ville (coût : 1,3 million d’euros). « Le dépôt de Veolia est éloigné de Brive, ce qui génère 45 000 km parcourus à vide chaque année ! » Autre modification majeure : la CAB a exigé, d’une part, que Veolia crée une filiale spécifique aux transports en commun brivistes, avec des chauffeurs dédiés. Et, d’autre part, que ceux-ci intègrent la convention collective des réseaux de transports publics. « Leur salaire va augmenter d’environ 12 % et leur implication n’en sera que meilleure », estime Jean-Claude Farges, qui souhaite associer les chauffeurs au choix des véhicules. Concernant le réseau, certaines modifications effectives en septembre sont elles aussi ambitieuses. Les deux lignes structurantes seront cadencées toutes les 20 mn. Deux lignes régulières complémentaires desserviront le futur pôle intermodal et la halte ferroviaire prévue par le PDU dans la principale zone d’activité de périphérie. Une ligne de TAD qui dessert deux communes riveraines de Brive va devenir régulière et celle qui sillonne les Coteaux (quartiers périphériques) sera opérationnelle six jours par semaine contre deux actuellement. En revanche, le dimanche, les lignes régulières deviendront des TAD, et seule une desserte régulière sera maintenue en fin de journée depuis la gare pour les étudiants et les militaires. Enfin, le CAB (navette gratuite entre un parking-relais et le centre-ville) est maintenu mais ne sera pas dupliqué en raison de son coût (60 000 euros/an). Pour mettre en œuvre ces modifications, les élus de la CAB ont voté une mise à niveau du versement transport, qui passe de 0,50 à 0,60 %.
     

    Olivier JACQUINOT

  • Le Lightram essayé à Nantes

    Construit par Hess et Vossloh-Kiepe, le Lightram à propulsion hybride allie grande capacité et économies d?énergie. Mis en service commercial à titre expérimental sur le « busway » de Nantes, il paraît avoir conquis voyageurs et exploitants Dans la matinée du mardi 24 novembre, circulait sur le « busway » nantais un autobus assez extraordinaire. Et au demeurant si peu commun que les amateurs de transports urbains, visiblement nombreux dans la capitale des Pays de la Loire souvent citée pour son tramway, avaient investi le site propre, appareil photo en main, informés on ne sait comment… Quant aux voyageurs plus habituels qui eurent l’occasion de monter dans ce véhicule en exploitation commerciale gratuite, quelques heures durant, sur cette fameuse ligne 4 « à haut niveau de service » qui relie la place Foch à la Porte-de-Vertou, ils n’en manifestèrent pas moins d’intérêt et de curiosité, n’hésitant pas à questionner les responsables présents à bord… D’une longueur parfaitement inhabituelle de 24 m, cet engin mis en ligne « hors roulement » par la Semitan (Société d’économie mixte des transports en commun de l’agglomération nantaise) n’est autre que le Lightram, premier « double-articulé » à propulsion hybride du monde. Ce véhicule de présérie, construit par les industriels Hess et Vossloh-Kiepe, est sorti en juillet 2007, et il a déjà effectué des parcours de démonstration dans plusieurs villes de Suisse, d’Allemagne, du Luxembourg, des Pays-Bas et d’Italie, parcourant quelque 40 000 km sans problème majeur. A ce jour, existent deux véhicules de série, livrés au printemps dernier, et exploités par les Voyages Emile Weber, à Luxembourg. Les économies d’énergie (et les réductions d’émissions de CO2) enregistrées y atteignent d’ores et déjà 20 % par rapport à un diesel de 24 m, l’objectif étant d’atteindre très rapidement les 30 %… A Nantes, les exploitants paraissent conquis. « La prise en main a été rapide, ça se conduit finalement comme un articulé normal », note Didier Moinard, le conducteur bus et tram du dépôt de Trentemoult au volant, ce matin-là, pour cette expérimentation en vraie grandeur. Même sentiment de satisfaction de la part de Christian Delaunay, responsable exploitation chargé d’organiser l’essai : « Nous voulions regarder le comportement du véhicule sur des points singuliers comme le terminus Foch, les approches de quai, voir s’il n’allait pas “sortir” du site, si sa longueur n’était pas préjudiciable à la prise en compte aux feux, au dégagement suffisamment rapide des carrefours, ou au maintien des temps de parcours actuels, or tout va aussi bien qu’avec les articulés de 18 m mais… avec 30 % de capacité en plus ! » La technologie hybride ? Christian Delaunay y est naturellement moins sensible, lui dont le parc roule à 80 % au GNV. Et pourtant, ce n’est pas là l’aspect du véhicule le moins innovant…
     

    Philippe HÉRISSÉ

    Lightram : portrait d’un autobus qui sort de l’ordinaire

  • Pionnière en Espagne, la Catalogne pilote ses banlieues

    La Catalogne prend elle-même en mains le réseau de banlieue de Barcelone, alors que pèsent des nuages sur son statut. Ce transfert de compétences devrait avoir des suites dans d?autres exécutifs régionaux et sur les opérateurs Moins une ou presque : le 29 décembre dernier, l’accord a été trouvé in extremis pour le transfert du réseau ferroviaire banlieue de Barcelone de la tutelle du ministère espagnol des Transports (Fomento) à la Generalitat, l’exécutif de la Catalogne. Et ce changement ratifié par le Conseil des ministres du lendemain s’applique comme prévu depuis le 1er janvier 2010. José Luis Rodriguez Zapatero l’avait promis à la Catalogne, elle pourrait rapidement gérer elle-même les liaisons Renfe de banlieue qui irriguent l’agglomération de Barcelone. C’était d’ailleurs prévu dans son « Estatut » depuis bientôt trente ans. Et le président du Conseil espagnol avait annoncé dans le même esprit d’autres transferts comme celui de l’aéroport international d’El Prat, et même d’étendre à d’autres communautés autonomes la gestion directe des réseaux banlieue dont l’opérateur actuel est la Renfe. La Catalogne fait donc aujourd’hui figure de banc d’essai, étant entendu qu’elle dispose déjà de ses propres lignes locales de voyageurs exploitées par sa compagnie (les Ferrocarrils de la Generalitat de Catalunya, FGC). Et, à se fier à la lettre de son statut, elle a vocation à prendre en mains les liaisons régionales internes existantes sur le réseau ibérique comme « Catalunya Exprès » entre Girona, Barcelone, Tarragone ou Lleida. Et pourquoi pas demain à lancer sa marque et ses propres trains sur les voies à grande vitesse à écartement UIC et propriété de l’Adif (le RFF ibérique). Dans l’immédiat, la principale pierre d’achoppement au transfert des banlieues était financière. Le 29 décembre, la Commission mixte des transferts Etat-Catalogne a certes conclu sur un changement de gestionnaire pour les banlieues de Barcelone, mais c’est l’administration centrale (Madrid) qui assumera la totalité du déficit d’exploitation. Cette somme a été évaluée à 117 millions pour 2010, et l’Etat espagnol s’est engagé à couvrir les déficits ultérieurs dans les mêmes conditions qu’il le fait et le fera le cas échéant auprès d’autres communautés et pour d’autres réseaux de la péninsule. Et ce quel que soit l’opérateur ferroviaire. Actuellement, la Generalitat est dirigée par le parti socialiste catalan, une branche très autonomiste du PSOE au pouvoir à Madrid. Eventuellement frondeuse, elle craint, comme beaucoup sur le bord de la Méditerranée, une sentence néfaste du Tribunal constitutionnel espagnol après le recours du parti populaire (droite) contre le « Estatut » catalan. Dans ce contexte, le transfert des banlieues n’est pas seulement une vie quotidienne peut-être améliorée (beaucoup dans la région ont encore en tête la pagaïe qu’avaient suscitée les chantiers de l’AVE de 2005 à 2007), c’est aussi un peu de baume sur la susceptibilité en ce moment à vif de ce territoire. Pour autant, la somme fixée pour le déficit a un peu fait tiquer les négociateurs catalans car, pour eux, le réseau pâtit d’un retard historique et il ne peut que s’améliorer, donc coûter plus cher. L’opposition nationaliste y ajoute que ce transfert n’inclut ni la propriété du matériel ni celle des voies. En effet, les voies banlieue demeurent dans le domaine de l’Adif, et les rames dans le parc de la Renfe. Mais les ministres catalans ont lancé plusieurs avertissements : « La Renfe aujourd’hui dispose d’un an pour démontrer si elle est le meilleur opérateur ou pas. Car à partir de maintenant la Generalitat a la liberté d’en changer », explique Joan Saura, le titulaire de l’Intérieur, tandis que Joaquim Nadal, son collègue des Transports, glisse : « Nous étudions comment offrir des horaires et fréquences meilleurs aux voyageurs, mais aussi comment créer une marque liée aux pouvoirs publics catalans. » Dans le détail, depuis le 1er janvier, la Catalogne a en charge la régulation des services, les tarifs, la négociation des services de transport avec le (ou les) opérateur(s). Et, au fil de 2010, seront renégociés trois dossiers : le plan d’investissement prévu jusqu’en 2015 pour améliorer les infrastructures (au départ, 4 milliards d’euros), un nouveau contrat-programme 2011-2015, cette fois entre la Generalitat (et non l’Etat) et si possible la Renfe, enfin le passage progressif des liaisons régionales (actuellement offertes par la Renfe) dans le giron de l’exécutif catalan qui en deviendrait aussi gestionnaire. Autant de perspectives qui changent la donne autour de Barcelone et ne peuvent qu’intéresser d’autres opérateurs dans le transport de voyageurs ferroviaire. Par ailleurs, plusieurs communautés autonomes sont sur les rangs pour un transfert analogue, tels Madrid (dirigée par le Parti populaire), mais également Euskadi ou l’Andalousie, qui sont, elles, socialistes.
     

    Michel GARICOÏX

  • Huit idées reçues sur les transports publics

    1/ POUR L'UTILISATEUR, LES TRANSPORTS PUBLICS COÛTENT TROP CHER

    Synthèse du point de vue de l’UTP  
    Une telle affirmation oublie le coût d’utilisation de la voiture individuelle. « Malgré l’impression véhiculée par les médias, le carburant ne représente qu’une faible proportion du budget automobile », rappelle l’UTP. 15 %, selon l’Automobile-club. Un calcul simple est effectué sur la base d’un véhicule de 6 CV et d’un trajet quotidien de 6 km sur 225 jours par an. En appliquant le barème fiscal, cela se traduit par une dépense annuelle de 1 407 euros. Rapporté au taux d’occupation moyen des véhicules (1,38), le coût par personne est de 1 019 euros par an. Comparativement, « de plus en plus de réseaux proposent des abonnements annuels dont le prix moyen est inférieur à 400 euros », souligne l’UTP. Et en reprenant les mêmes conditions (12 km l’AR par jour), avec un tarif moyen 10 voyages à 11 euros, le coût annuel de l’utilisateur des transports collectifs est de 480 euros par an. Toujours moins cher que la voiture.

    La réaction de la CLCV
    Thierry Saniez, délégué général de l’association nationale de consommateurs et d’usagers.
    « Ce qui est certain, c’est que souvent le transport n’est pas forcément hors de prix. Mais il faut mettre ce prix en perspective, avec la volonté de rendre les transports collectifs (TC) plus attractifs que la voiture. Comme il s’agit généralement d’utiliser les TC pour les déplacements “contraints”, c’est-à-dire domicile – travail, il est normal qu’une grande partie du coût réel soit aidée soit par des subventions des collectivités locales, soit par les entreprises. Il faudrait d’ailleurs que toutes les entreprises de France remboursent une partie des abonnements de transport car le nombre de kilomètres parcourus a explosé ces vingt dernières années, à cause notamment du renchérissement de l’immobilier. Et malgré tout, sortir 50 ou 100 euros tous les mois, ça n’est pas neutre sur un budget, sachant que 17 % des salariés sont au Smic et qu’un abonnement à 80 euros, c’est 5 % du salaire médian (1 500 euros). Substituer le TC à la voiture, c’est impossible dans la grande couronne de l’Ile-de-France et dans tout le périurbain des grandes agglos, où vivent 30 % des Français ! Au mieux, ils doivent prendre leur voiture pour aller à la gare. De plus, il y a un subtil équilibre à trouver : puisqu’on est amené à développer les transports en commun au-delà de la zone de rentabilité économique pour aller chercher les gens de plus en plus loin, il faut, pour financer ce service, faire payer plus cher les habitants des zones denses. Une chose est sûre : à partir du moment où le transport public est perçu comme une contrainte, les gens le payent difficilement. Or, vu les conditions de confort – rames bondées, nombreux escaliers fatigants pour les personnes âgées –, quand on demande à l’usager de payer, il ne le vit pas bien. »

     

    2/ INVESTIR DANS LES TRANSPORTS URBAINS N'EST PAS RENTABLE

    Synthèse du point de vue de l’UTP  
    Il est faux de croire que chaque euro dépensé serait une source de charges supplémentaires. Les collectivités qui ont investi dans les TCSP ont la plupart du temps constaté une amélioration du solde d’exploitation. Comme les caractéristiques géographiques des zones desservies, au premier rang desquelles leur densité, constitue un facteur essentiel de la performance du service de transport, les lignes de TCSP « se caractérisent fréquemment par une situation proche de l’équilibre d’exploitation », affirme l’UTP, sur la base des chiffres de Satis Conseil : le ratio recettes sur dépenses s’établit à 94 % en moyenne pour les TCSP et à 15 % seulement pour les lignes de bus périphériques (et à 38 % pour une ligne de bus structurantes).

    L’analyse de l’économiste
    Yves Crozet, professeur d’économie à Lyon et membre du LET (Laboratoire d'économie des transports).
    « Tout dépend de ce que l’on entend par rentable. Si c’est au sens “est-ce que ça va rapporter de l’argent ?”, alors, c’est non, bien évidemment, à la différence de la construction d’un tronçon autoroutier à péage. Ça n’arrive jamais dans les transports urbains, sauf dans des zones extrêmement denses au Japon ou à Singapour où, effectivement, les métros sont rentables tant ils sont empruntés. Si c’est au sens de récupérer de la plus-value sur les terrains, oui, c’est possible. C’est ce qui est envisagé par la Société du Grand Paris, qui préempte les terrains autour des gares avec l’intention de les revendre ensuite à bon prix. Enfin, il y a une autre notion de rentabilité : la valorisation de l’espace urbain. Si, grâce à un métro, on développe l’attractivité du centre-ville, que la valeur du foncier augmente, que les commerces se développent, on a réussi à rentabiliser quelque chose. Pas le transport en lui-même, mais ce que j’appelle le “parc d’attraction urbain”. Le transport n’est donc rentable que s’il permet de valoriser une zone, généralement le centre-ville. Cela permet de préserver le miracle des villes européennes et notamment françaises, avec des centres-villes qui comprennent des emplois, de l’habitat et des commerces, par opposition aux centres des villes américaines, qui concentrent le business et sont vides le soir. Attention, toutefois, cette règle ne fonctionne pas à tous les coups. A Orléans, par exemple, le tram est un peu juste en termes de trafic. A Clermont-Ferrand, je ne suis pas certain que le tram booste beaucoup l’attractivité de la ville… C’est aussi le cas des TER, dont le taux moyen de remplissage est de 25 %. Il n’est pas sûr qu’ils aient un impact positif sur l’attractivité de la ville. La condition minimale est liée à la densité : il faut suffisamment de trafic pour justifier un investissement lourd. On a un peu le fétichisme du site propre alors que parfois un bus bien organisé et confortable ferait l’affaire. A l’inverse, Rennes a construit son Val alors que tous les experts affirmaient qu’un tram suffirait et cela a formidablement boosté la ville. »

     

     

    3/ UN TCSP GÉNÈRE DU TRAFIC MAIS PEU DE REPORT MODAL


    Synthèse du point de vue de l’UTP  
    « A Grenoble, qui s’est dotée de lignes de tramway dans les années 80, la part modale des transports urbains est passée de 13 % en 1978 à 17 % en 1992, celle de la voiture de 65 % à 74 %, alors que dans d’autres agglomérations de taille comparable la part modale de la voiture a augmenté dans des proportions beaucoup plus considérables. […] On peut donc affirmer que le développement de systèmes performants de transports urbains a permis de limiter la croissance de la part modale de la voiture dans les déplacements des ménages », écrit l’UTP. Qui remarque aussi que les enquêtes-ménages récentes de villes à réseaux de TCSP performants (Lille, Lyon, Rennes, Rouen) montrent un modeste mais indéniable report modal. Au plan national, le trafic automobile est en recul depuis 2005.

    La réflexion du sociologue
    Vincent Kaufmann, professeur de sociologie à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, spécialisé dans les transports.
    « C’est quelque chose de très compliqué à évaluer, mais on peut déjà noter que depuis deux ou trois ans, dans les enquêtes du Certu, la part de la voiture baisse.?C’est déjà bon signe. Bien sûr, la hausse du prix du pétrole et la crise y sont pour quelque chose, mais on sent une tendance de fond de report modal de l’automobile vers d’autres transports. De plus, il se trouve que je viens justement de réaliser une étude sur la question du report modal, à partir de 19 enquêtes-ménages déplacements récentes. Elle devrait être publiée dans quelques mois par le Certu. Bonne nouvelle : oui, le TSCP génère du report modal, il y a une morale à l’histoire ! Dans l’échantillon, nous avions quatre agglomérations à TCSP : Montpellier, Toulouse, Lille et Grenoble. Certes, à court terme, on obtient essentiellement une hausse du nombre de voyages et pas de diminution de la part de la voiture individuelle. Mais à moyen et long termes, le TCSP a pour effet de faire changer les modes de vie. Par exemple, les gens renoncent à l’achat de la deuxième voiture. De plus, cela change leur attitude à l’égard du transport public, dont ils ont une image plus positive. Cela modifie aussi les habitudes de fréquentation du centre-ville, qui est devenu plus attrayant grâce aux nouveaux aménagements urbains liés au TCSP. Un chiffre éclairant : à Grenoble, en moins de dix ans, il y a environ un quart d’automobilistes exclusifs de moins. C’est-à-dire que la proportion de ceux qui avouent ne jamais utiliser les transports publics est passée de 30 % en 1994 à 26 % en 2001. A Toulouse, ils étaient 36 % en 1994 et ne sont plus que 26 % en 2003. C’est à peu près la même chose à Montpellier. Alors, pourquoi on ne l’a pas vu avant ? Parce qu’il faut dix ans pour que cela commence à apparaître. C’est un délai redoutable pour les collectivités publiques ! Le maire sur lequel retombe les lauriers est rarement celui qui est à l’origine du projet de transport… »

     

    4/ LES SITES PROPRES BUS, CA NE SERT PAS À GRAND CHOSE

    Synthèse du point de vue de l’UTP  
    La vitesse commerciale étant un indicateur de performance fondamental, le site propre permet de donner au bus les mêmes avantages que les TCSP plus lourds. Sur une ligne de 12 km, un site propre permet d’accroître la vitesse commerciale de 20 % (elle passe de 15 à 18 km/h). A la clé, un « gisement de productivité encore fréquemment sous-utilisé ». Exemple chiffré : avec une fréquence de 15 min et une amplitude de 14 heures, le bus effectue un aller-retour en 40 mn au lieu de 48, soit une économie de temps de conduite de 15,7 heures par jour, et de 3 925 heures sur l’année, correspondant à « un montant financier de l’ordre de 100 000 euros ». S’y ajoute, l’économie sur le matériel roulant, en évitant la mise en œuvre d’un bus de plus en heure de pointe. Un bus qui consomme aussi moins de carburant grâce à la vitesse plus régulière et qui s’use moins vite. Sur les recettes aussi l’impact est là : 5 % de clientèle en plus pour un gain de temps de trajet de 10 %.

    Le constat du Gart
    Réginald Babin, responsable du pôle aménagement, environnement et systèmes de transport.
    « L’intérêt du site propre, c’est bien sûr de faciliter la progression des bus. Il faut que cela soit couplé à un système de priorité aux feux tricolores. Ainsi, la vitesse commerciale peut être considérablement améliorée, passant de 10 km/h au mieux pour un bus dans la circulation urbaine, à 20 km/h. Avec un simple couloir, la vitesse est de 14 ou 15 km/h, car malheureusement les simples bandes blanches ne sont pas assez dissuasives pour les véhicules classiques et les livreurs. Bref, le site propre rend le bus beaucoup plus attractif. Quant à savoir si cela engendre des économies d’exploitation, j’avoue que c’est très difficile à savoir. Il est certain qu’en fiabilisant le service on le rend plus attractif, donc on a théoriquement plus de clients, donc probablement une meilleure rentabilité. C’est bien pourquoi on aménage les sites propres prioritairement sur les lignes à fort trafic. Cependant, il ne faut pas en déduire qu’un site propre est la panacée comme le disent ses défenseurs à tous crins, parmi lesquels les opérateurs, qui apprécient que cela améliore leur image. Il y a bien une forme de consensus national – entre l’Etat, les autorités organisatrices (AO) et les exploitants – pour dire qu’il faut soutenir le site propre partout où on peut le faire quand il s’agit d’axes lourds à fort trafic. Cependant, on se pose quelques questions et l’on aimerait pouvoir davantage objectiver la question, avec des comparatifs entre le tram, le BHNS, le site propre… en termes de résultats et de coûts d’exploitation sur la durée de vie du système. Il faut plus de clarté, y compris sur le tram, car certaines AO ont des surprises de taille sur les coûts d’exploitation. »

     

    5/ MÊME SANS AMÉLIORER L'OFFRE DE SERVICES, LES COÛTS EXPLOSENT

    Synthèse du point de vue de l’UTP  
    Les coûts explosent ? Voici une conclusion hâtive ! Et ce bien que les contributions financières des collectivités aient augmenté depuis dix ans, alors que le volume de l’offre restait stable (sauf en 2008). Entre 1998 et 2007, le coût du km produit a évolué de 44 % en euros courants. Deux raisons principales : les charges de personnel (qui représentent plus de la moitié des charges d’exploitation), le salaire horaire de base ayant crû de 33,7 % entre 1998 et 2006, ainsi que la montée des prix des carburants (+ 69 % en 10 ans). « Ne pas isoler ces charges exogènes alimente l’idée largement répandue que le transport public ne parvient pas à maîtriser ses coûts », insiste l’UTP. Parallèlement, entre 1998 et 2007, la recette par voyage est en baisse de 15 % en euros constants (en raison de la tarification sociale) et la performance commerciale moyenne s’est améliorée dans les réseaux desservant plus de 300 000 habitants. Au final, c’est dans les réseaux qui ont fait le plus d’effort pour une offre de meilleure qualité que l’évolution des coûts a été la plus contenue. Conclusion : « C’est plutôt en l’absence d’amélioration de l’offre que les coûts risquent d’exploser. »

    Le point de vue d’Agir
    Arnaud Rabier, secrétaire général.
    « En l’espace de dix ans, selon les chiffres du Certu, la contribution des collectivités de plus de 300 000 habitants a augmenté de près de 50 % et celles de moins de 300 000 habitants, de 200 %… Sans même s’intéresser aux coûts d’exploitation, on peut affirmer sans détour que le coût du transport a explosé les budgets des collectivités ! A part pour les grandes villes, qui ont capté les subventions de l’Etat pour la mise en place de TCSP, l’offre de transport a certes été étendue pour couvrir l’extension des PTU mais n’a pas toujours connu une amélioration qualitative. D’ailleurs, on commence même à observer l’inverse, c’est-à-dire une réduction de l’offre par certaines collectivités afin de ne pas être le rouge. Quant aux coûts d’exploitation, de nombreux facteurs sont impliqués dans la hausse : passage aux 35 heures, hausse du prix du carburant, mise en accessibilité, normes environnementales, sécurité, erreurs d’urbanisme, etc. Mais ils n’expliquent pas tout. La régulation par le marché, avec désormais deux groupes qui se partagent 80 % du marché urbain, est impossible, notamment dans les villes moyennes, où les élus sont très inquiets. Les prix s’envolent, qu’il s’agisse de transport urbain ou de transport interurbain, pour lesquels la situation est encore plus critique car les autorités organisatrices ne peuvent plus passer de marchés négociés. C’est une des raisons pour lesquelles les élus s’intéressent de plus en plus à des outils alternatifs comme, par exemple, la mise en place de systèmes mixtes comprenant une part de gestion directe et une part de gestion déléguée. Cette formule facile à mettre en œuvre permet de conserver une partie des lots en cas de proposition jugée trop élevée par la collectivité et de réduire ainsi la facture. Avec une augmentation des coûts d’une telle ampleur, une fréquentation en deçà des espérances, un versement transport à bout de souffle, un manque de concurrence et des recettes qui baissent, il faut se rendre à l’évidence : à part dans les zones à forte densité, le système actuel ne fonctionne pas. »

     

    6/ LE DÉVELOPPEMENT DE L'OFFRE ATTIRE DE NOUVEAUX CLIENTS MAIS PAS DE RECETTES SUPPLÉMENTAIRES

    Synthèse du point de vue de l’UTP
    Pour l’ensemble des réseaux, l’évolution sur le moyen terme montre que l’augmentation du nombre de voyageurs « ne va pas totalement de pair avec un accroissement des recettes ». La tendance est à nuancer selon les réseaux. Ainsi, dans les agglos de plus de 250 000 habitants, les progressions moyennes entre 2006 et 2007 sont les suivantes : + 3,6 % d’offre kilométrique ; + 7,5 % de trafic et + 9,1 % de recettes. « Lille, Nancy, Orléans, Rennes, Rouen, Saint-Etienne, Strasbourg, Toulon et Toulouse ont connu une croissance de leurs recettes sensiblement supérieure à celle de leur clientèle », constate-t-on. Avant de conclure qu’une amélioration quantitative ou qualitative se traduit par des recettes supplémentaires.

    L’avis du Certu
    Sébastien Rabuel, chargé de projets transports urbains.
    « Il faut d’abord bien garder en tête qu’il est toujours difficile d’isoler l’impact d’une mesure en faveur des transports dans une politique globale des déplacements : est-ce que c’est la nouvelle offre ou la restriction de l’usage de la voiture, via le stationnement, qui agit ? C’est une des limites de la démarche d’évaluation. Pour autant, dans nos études macroscopiques sur le long terme, on observe systématiquement une corrélation assez nette entre l’offre kilométrique et l’usage. Bien sûr, 10 % d’offre en plus n’implique pas 10 % de clients supplémentaires. Cependant, plus que la quantité, c’est la qualité de l’offre qui importe. En jouant simplement sur les fréquences et amplitudes horaires, un réseau comme celui de Dijon a vu sa fréquentation augmenter. Quant à l’impact sur les recettes, il est bien là, c’est ce que nous constatons dans nos différents panoramas. On voit croître le ratio recettes sur dépenses (R/D) très vite après la mise en service d’un TCSP. Les recettes sont tout de même directement liées à l’usage, même si elles sont impactées par les tarifs sociaux. Sauf modification profonde de la tarification, comme l’a fait la communauté urbaine de Nice, par exemple, avec son ticket au prix unique de 1 euro. Une telle mesure peut conduire à creuser le déficit car une tarification très attractive engendre un besoin supplémentaire. Pour y répondre, il faut alors augmenter l’offre au risque de voir le ratio R/D devenir moins bon. Des recettes qui augmentent plus que la fréquentation, c’est possible aussi. Mais de manière générale, la tendance actuelle n’est pas à la hausse de l’offre kilométrique mais à un redéploiement de l’offre, comme cela s’est fait par exemple à Nantes avec un réseau intermédiaire entre le tram ou le busway et le bus, appelé “Chronobus”. On entre alors dans une logique vertueuse, puisqu’à offre constante, on obtient un accroissement de l’usage et une hausse des recettes. »

     

    7/ LE TRANSPORT À LA DEMANDE, C'EST LA SOLUTION INCONTOURNABLE POUR LES ZONES PEU DENSES

    Synthèse du point de vue de l’UTP
    Avec un transport à la demande au lieu d’un bus classique, les économies se font principalement sur le coût du roulage, c’est-à-dire le carburant, les pneus et l’usure, soit environ 20 % du coût kilométrique. Or les charges de personnel sont les mêmes et celles-ci correspondent aux deux tiers des coûts variables. Cependant, exemple chiffré à l’appui, la démonstration se solde par un bilan financier positif pour le TAD. Il s’agit d’une situation où un TAD est instauré dans une zone où la demande est faible en heures creuses. Le service est assuré dès qu’au moins une personne en fait la demande, avec 5 véhicules et 7 conducteurs. Bilan : avant le TAD, le bus parcourait 240 000 km ; le TAD en parcourt, lui, 90 000, soit une économie de 152 000 km (62 %). En termes financiers, la ligne régulière coûtait 600 000 euros, le TAD, seulement 350 000, l’économie est donc de 250 000 euros. « Selon les réseaux, un TAD est utilisé entre 30 et 70 % de sa capacité de service. A moins de 30 %, on peut s’interroger sur la pérennité du système », conclut l’UTP. De plus, en cas de fréquentation insuffisante, il peut y avoir difficulté à le supprimer. Il faudrait donc avant tout proposer un TAD dans des zones suffisamment denses, « un territoire à dominante urbaine ».

    Le commentaire d’Alenium Consultant
    Brice Démogé, associé.
    « Dans une logique économique et de complémentarité des modes de transports, le transport à la demande (TAD) s’impose comme une bonne solution dans les zones peu denses et les zones rurales. Il permet d’aller chercher les gens pratiquement devant chez eux et de les rabattre sur les lignes principales du réseau de bus. Mécaniquement, cela améliore les ratios quand le nombre de voyageurs est faible et que les bus circulent à vide. Le TAD est un service utile, et à ajuster au volume de la demande. Avec des lignes régulières, en revanche, on ne peut pas forcément calculer les fréquences et les horaires en fonction des différents usages. Alors que le TAD permet d’organiser et de mutualiser la demande puis de fournir l’offre correspondante. Il y a toutefois un effet pervers, c’est le que TAD génère des besoins supplémentaires, ce qui rend difficile le basculement vers un service de ligne régulière quand il devient justifié économiquement. Il y a aussi débat concernant les services en porte-à-porte que les gens ne considèrent plus tout à fait comme du transport public. Mais il est clair qu’en deçà d’un taux de remplissage de 10 %, un bus n’est absolument pas rentable et l’autorité organisatrice aura intérêt à passer au TAD. Tous les avantages du TAD en zones peu denses : la qualité de service, le maintien d’une logique de service public, des économies notoires car qui dit faible
    densité dit faible trafic. »

     

    8/ LE BUS EST POLLUANT

    Synthèse du point de vue de l’UTP
    La proportion de bus « propres » dans le parc français est passée de 15 % en 2000 à 62 % en 2008. Selon l’étude du cabinet Deloitte pour l’Ademe, un bus consomme les deux tiers de ce que consomme une voiture par voyageur.km, donc ne produit que les deux tiers des émissions de gaz à effet de serre. « Contrairement à une idée communément admise, la part des transports publics dans la production des émissions de CO2 au niveau d’une agglomération est quasi inexistante », précise l’UTP. L’Union reconnaît toutefois que les performances se dégradent en cas de faible taux d’occupation du véhicule de transports en commun. Un cas de figure imposé par les contraintes de service public qui obligent les bus à circuler à toute heure, donc parfois avec des taux d’occupation médiocres. On signale aussi que l’adaptation aux « goûts » de la clientèle en proposant des véhicules avec de grandes baies vitrées ou de la climatisation vient contrecarrer les efforts.

    L’opinion de l’Ademe
    Patrick Coroller, chef du département transports et mobilité.
    « Il est évident que dans l’absolu un bus pollue davantage qu’une voiture : il émet plus de particules fines, plus d’oxydes d’azote (NOx) et plus de CO2. Mais ce n’est bien évidemment pas comme cela qu’il faut raisonner. Il faut regarder les résultats en termes d’efficacité énergétique et environnementale, donc rapporter les émissions de CO2 au nombre de voyageurs dans le bus. En gros, pour les émissions de CO2 en ville, la contribution des différents modes de transport est la suivante : 64 % pour la voiture, 30 % pour les marchandises, 4 % pour le transport public et 2 % pour les deux-roues motorisés. Avec un taux de remplissage moyen des bus de 35 personnes, en zone urbaine, un bus pollue bien moins qu’une voiture par voyageur.km. En ville, l’efficacité environnementale globale (du puits à la roue) des autobus est comparable en moyenne à celle des deux-roues motorisés par passager transporté et inférieure à celle des voitures (130 grammes de CO2 par passager.kilomètre contre 210 grammes pour la voiture en moyenne). Evidemment, l’argument tombe si le bus est vide, le taux de remplissage étant un élément fondamental. Avec les véhicules répondant à la norme Euro 5 (obligatoire depuis le 1er octobre 2009), il y a une importante chute des émissions des oxydes d’azote (NOx) et des particules. Auparavant, au niveau oxydes d’azote, le bilan n’était pas favorable pour les bus de norme Euro 3. Même avec 35 personnes à bord, le bus Euro 3 émet plus de NOx par passager.km que la voiture particulière. Sachant qu’environ 60 % du parc actuel est sous la norme Euro 3, il serait souhaitable que le renouvellement du parc de bus s’accélère, qu’il passe de 9 ans actuellement à 5 ans, mais cela pose bien sûr un problème de financement. Les bus les plus propres aujourd’hui sont les bus électriques. Si le GNV a donné des espoirs il y a quelques années (il est d’ailleurs très bon sur les particules, les NOx, le bruit), il est aujourd’hui concurrencé par les bus diesel récents qui émettent moins de CO2 que le gaz. Quand on questionne le public à propos de ces bus au gaz, ce qui est cité en premier, c’est qu’ils ne sentent pas mauvais. L’image de la fumée noire et odorante du diesel est encore forte dans les esprits. Or l’image est importante car pour espérer un transfert modal : il faut certes des bus propres pour l’environnement, mais propres aussi à l’extérieur et à l’intérieur et donc attractifs, afin qu’on ait envie d’y monter. »
     

    Cécile NANGERONI