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Palmarès des mobilités 2009 : le prix de l’accessibilité pour Grenoble
Le tramway grenoblois 100 % accessible sort vainqueur LE LAURÉAT
Grenoble : la ville qui a inventé le tramway 100 % accessible
Avant-gardiste, la ville de Grenoble a commencé à mener une politique d’accessibilité de l’espace public dès 1975. Sous la houlette de son maire, Hubert Dudebout, le chef-lieu de l’Isère réintroduit le tramway en 1987, mais pas n’importe lequel ! Un tramway accessible bien sûr, concocté par un groupe de travail ad hoc autour du SMTC, d’Alstom et des associations. « Une innovation telle que la ville recevait chaque semaine trois ou quatre délégations étrangères… », relate Yannick Belle, conseiller délégué à l’accessibilité au SMTC de Grenoble (26 communes, près de 400 000 habitants). Sur la ligne B du tram, les dispositifs d’annonces sonores et visuelles sont améliorés ; sur la C, le véhicule devient accessible par chacune de ses portes et en toute autonomie. Dans la foulée, les trottoirs sont rehaussés et les premiers trams modifiés afin de s’affranchir de la palette rétractable grâce à une lacune entre le quai et le véhicule de seulement 2 cm. Les mêmes recettes sont appliquées au bus, dont 80 % des arrêts sont accessibles. Si bien que l’élaboration du schéma directeur d’accessibilité 2009-2012 n’a pas posé problème. Voté à l’unanimité en juin, il vise trois objectifs : étendre l’accessibilité à 95 % du réseau bus, perfectionner les dispositifs d’information, de signalisation sonore, visuelle et podotactile, enfin, confirmer le service de porte à porte PMR qui transporte quelque 125 personnes chaque jour. Soit une dépense de 17 millions d’euros sur 4 ans. Le prix à payer pour être l’agglomération la plus accessible de France.
Le détail qui change tout : en 2012, avec un réseau urbain presque 100 % accessible, l’agglomération aurait pu prévoir de supprimer le transport spécifique, elle a choisi de le conserver.LES NOMINÉS
Agglomération rennaise : le mobilier urbain pour tous
Le mobilier urbain de l’agglomération rennaise est en cours de renouvellement, quartier par quartier, jusqu’en 2010. Pour la ville de Rennes, le marché a été attribué à Clear Channel. Pour les autres communes, le marché est revenu à la société Abris Service, qui remplacera progressivement les abris des 36 communes d’ici 2013. Ces nouveaux abris voyageurs, installés en cohérence avec la loi sur l’accessibilité des transports publics, offrent une lisibilité adaptée aux personnes handicapées. La dénomination de l’arrêt de bus est inscrite en grosses lettres blanches et le numéro de ligne est grossi pour être repéré par les malvoyants, le panneau d’information est abaissé pour que les personnes en fauteuil roulant puissent y accéder, la largeur de trottoir permet aux fauteuils de tourner et de se croiser. Ce mobilier pourra également être équipé d’un boîtier électronique et d’une antenne qui permettront le temps venu de diffuser de l’information en temps réel aux voyageurs (temps d’attente jusqu’au prochain bus, encombrement imprévu ou autre information municipale…).
Le détail qui change tout : dans sa démarche de rendre son réseau entièrement accessible à l’horizon 2015, Rennes a mis en place un système de dépôt de plainte pour les usagers qui rencontreraient un obstacle dans leur chaîne des déplacements.Basse-Normandie : pionnière dans l’adaptation de ses TER
Une porte centrale assez large pour donner accès aux fauteuils roulants, un espace dédié avec trois places réservées, dont deux en vis-à-vis, et quatre pour les accompagnateurs, des toilettes aménagées et des installations de sécurité… La toute première voiture TER Corail Intercités conçue pour les personnes à mobilité réduite est entrée en service en Basse-Normandie le 16 mars dernier. Sur la ligne Paris – Caen – Cherbourg, l’accès au train se fait à partir d’une plateforme élévatrice déployée par un agent de gare. A l’intérieur, un couloir mieux éclairé, des barres de maintien rouges, deux boutons d’appel SOS, une signalétique renforcée par deux bandes jaunes sur les marches des portes d’accès. Autre innovation : des toilettes adaptées. Elles sont dotées d’une large ouverture électrique et tout y a été calculé pour être à bonne hauteur : lavabo, miroir, savon et sèche-mains. Seize voitures de ce type doivent circuler sur le réseau Basse-Normandie, la région ayant investi à 50 % avec la SNCF dans ces aménagements à 500 000 euros pièce. Une première qui devrait être déclinée dans d’autres régions.
Le détail qui change tout : le local du chef de bord est à proximité, pour une intervention plus rapide si nécessaire.
Cécile NANGERONI et Guillaume LEBORGNE
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Palmarès des mobilités 2009 : le prix de l’intermodalité pour Le Mans
Le Mans rafle la mise grâce à son pôle d’échanges LE LAURÉAT
Le Mans : un pôle d’échanges qui simplifie la vie des voyageurs
Au royaume du transport collectif, un nouvel acronyme est sur toutes les lèvres. Le « PEM », disent les initiés, pour pôle d’échanges multimodal. C’est aujourd’hui un must… même un must have. Et celui qui vient d’être réalisé au Mans est particulièrement réussi. Colonne vertébrale du site, une galerie des transports, en fait, un couloir de verre qui permet de cheminer à l’abri des intempéries et de passer d’un mode à l’autre rapidement. Dans un court rayon, convergent tous les moyens de transport : TGV (52 par jour) et TER (110 quotidiens) bien sûr. Mais aussi le tramway inauguré il y a deux ans, qui possède une station sur le parvis, les bus urbains de la Setram, les cars interurbains de la Sarthe (réseau TIS), les taxis et les vélos, qui disposent de 80 places en parcs couverts de part et d’autre du parvis. Transformé en esplanade piétonne de 3 500 m2, ledit parvis a totalement été débarrassé des voitures, désormais priées de stationner en souterrain (650 places côté nord et 410 côté sud). Ces aménagements, qui ont aussi permis de rendre la gare accessible aux PMR, ont coûté 60 millions d’euros. Ils font le bonheur des 15 500 voyageurs – dont 6 900 clients du TER – qui empruntent le PEM chaque jour. « Les enquêtes de satisfaction sur l’accessibilité de la gare montent en flèche », assure Xavier Breffeil, le chef de gare. Pour se repérer, en sous-sol comme en surface, les voyageurs ne trouvent plus un panneau central mais de multiples écrans affichant heures et trains au départ et à l’arrivée. En plus du point accueil multimodal.
Le détail qui change tout : depuis les parkings souterrains, l’automobiliste accède directement aux quais.LES NOMINÉS
Rennes Métropole : le vélo dans le pass Korrigo
Les déboires du vélo en libre-service (VLS) de Rennes, visé par les incivilités, ne retirent rien à l’intérêt de la politique vélo de l’agglo Rennaise. Rennes a lancé son premier vélo en libre-service en 1997. Le dispositif était géré à l’époque par Clear Channel. Il a depuis été transféré à l’opérateur de transport public Keolis (cotraitant Effia), qui a déjà en charge le réseau Star de bus et de métro, et lancé le 22 juin le VLS Vélo Star. Pour faciliter l’intermodalité, 85 % des stations de vélos ont été positionnées à proximité d’un point d’arrêt de bus, d’une station de métro ou d’une gare. Plus original, Rennes a ajouté ses vélos dans le panel de la carte Korrigo, déjà utilisée sur les réseaux de transport en commun, le TER et les cars départementaux Illenoo, faisant de ce pass un véritable sésame pour les transports en commun rennais. Et qui vise à étendre son rayon sur le territoire breton, des négociations étant en cours avec la communauté d’agglomération de Brest.
Le détail qui change tout : Rennes qui avait reçu des remontrances de la Cnil a lancé en novembre une carte Korrigo personnelle anonyme.Vitrolles-Aéroport Marseille-Provence : Le pôle d’échanges qui change la vie des Vitrollais
Depuis son ouverture, le 14 décembre 2008, 41 trains desservent le nouveau pôle d’échanges de Vitrolles-Aéroport Marseille-Provence au lieu des 7 qui desservaient auparavant la halte de Vitrolles. Outre la gare, on y trouve 425 places de parking-relais, une gare routière, des taxis et prochainement des garages à vélos. Les objectifs poursuivis étaient multiples : créer un point d’accès au réseau ferroviaire desservi également par les transports publics routiers ; inciter à l’utilisation des transports en commun ; densifier l’offre de TER sur l’axe Marseille – Miramas ; enfin, améliorer rapidement la desserte de l’aéroport et des sites industriels en forte croissance tels qu’Eurocopter (1 200 salariés). Bref, permettre aux habitants de Vitrolles et de l’est de l’étang de Berre et aux milliers d’employés des zones d’activité autour de l’aéroport de bénéficier d’une offre de transport répondant à la dynamique du site. L’opération a coûté 15 millions d’euros.
Le détail qui change tout : au départ du pôle, un service de navettes permet aux voyageurs et aux 5 000 salariés de la plateforme aéroportuaire de s’y rendre en moins de cinq minutes.
Cécile NANGERONI et Guillaume LEBORGNE
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Les transports publics envisagent l?avenir avec inquiétude
Les 22es Rencontres du transport public organisées par le GIE Gart/UTP se sont tenues entre le 25 et le 27 novembre, à Nice, dans un climat d?intenses mutations pour le secteur La période est électrique, et pas seulement pour les nouveaux modes de propulsion qui se dévoilaient sur le congrès (4 000 visiteurs, 140 exposants). Il y a l’ouverture à la concurrence, les regroupements industriels, le tassement des résultats du transport public, et les questions sur le futur financement entre les insuffisances du Grenelle et la suppression de la taxe professionnelle. « Ce n’est pas au moment où les mentalités évoluent qu’il faut réduire la voilure », a plaidé le maire de Strasbourg et président du Gart, Roland Ries. « Le Grenelle, le plan de relance et le pacte automobile ont plaidé pour la voiture, la mobilité individuelle, les chiffres en témoignent. La priorité n’a pas été suffisamment donnée à la filière des transports en commun, alors que cette dernière contribue à créer des emplois non délocalisables », a ajouté le directeur général de Veolia Transport et président de l’UTP, Cyrille du Peloux. Le son de cloche est évidemment différent du côté du ministre des Transports, Dominique Bussereau, qui a souligné dans un discours prononcé le deuxième jour l’ampleur des engagements de l’Etat, notamment dans le cadre du Grenelle. Si les AO et leurs transporteurs se rejoignent sur les questions de financement, on sent monter une tension sur la question de la concurrence. « Je suis très surpris des inquiétudes des élus sur ce sujet. Je trouve au contraire que l’on vit dans un monde très concurrentiel et que les agglomérations ont appris à tirer parti de cette concurrence. Quand on voit le nombre de réseaux qui ont changé de main ces dernières années », a répliqué Joël Lebreton, président de Transdev et du GIE entre le Gart et l’UTP. Tout le monde pensait aussi, il faut le dire, au rapprochement en cours entre Veolia et Transdev, dont les négociations semblent toujours compliquées si l’on en croit les confidences des cadres des deux groupes. Profitant des deniers rayons du soleil niçois, Cyrille du Peloux et Joël Lebreton se sont toutefois parlé assez longuement, attablés à une terrasse de café à la sortie du parc des expositions.
Guillaume LEBORGNE
Grande vitesse : la concurrence à pas comptés
Le rendez-vous est fixé depuis longtemps, mais il n’y a quasiment personne pour s’y rendre. Dans l’Union européenne, le 1er janvier 2010, qui ferroviairement commence le 13 décembre 2009, marque le début de la concurrence pour le transport international de voyageurs. En France, cela va se traduire, tout bonnement, par deux allers-retours Gênes – Paris et Turin – Paris, opérés par Trenitalia, pas avant juin. Sur la liaison phare, Paris – Londres, pas de concurrence en vue. L’ouverture des lignes nouvelles belges en direction d’Amsterdam et de Cologne ne va pas s’accompagner de nouveaux acteurs. Le marché allemand va rester germanique. On observera l’arrivée de Railjet entre la Suisse et l’Autriche, mais ce service va se faire sous la forme éprouvée d’une coopération entre deux opérateurs historiques, les CFF et les ÖBB. Forme qui a fait le succès de Thalys et d’Eurostar. Pourquoi ce rendez-vous fait-il pschitt ? D’abord, la crise ne se prête pas aux grandes aventures. Air France, tenté par la grande vitesse, a d’autres chats à fouetter. Veolia persévère, mais doit trouver un partenaire. Les entreprises historiques, elles aussi affaiblies, y regardent à deux fois. Il y a aussi des raisons structurelles à ce faible engouement. Le réseau européen n’est pas franchement interopérable, et les coûts de construction et d’homologation de matériels font réfléchir. La mise en place d’un cadre censé permettre la concurrence s’accompagne d’un émiettement des acteurs et de nouvelles bureaucraties. Qui plus est, il n’y a qu’un Paris – Londres en Europe. Ajoutons Bruxelles, Amsterdam pour former un quadrilatère bien tentant. Mais, pour le reste, les relations internationales ne se traduisent pas par de gros trafics ni d’énormes fréquences. Un nouvel entrant aura bien du mal à rentabiliser ses investissements sur ce type de relation. Autrement dit, le vrai rendez-vous de la concurrence, ce sera le jour où les marchés intérieurs seront ouverts. Et plus vastes : en 2020, on s’attend à voir le trafic voyageurs à grande vitesse européen passer de 45 à 68 millions de voyageurs (+ 50 %), tandis que le nombre de kilomètres de LGV (5 600 aujourd’hui) devrait doubler. Pour autant, ce ne sera pas simple. Il faut, estime un expert de RFF, environ 25 rames pour avoir un effet de seuil et proposer une vraie desserte. A raison de 20 millions d’euros la rame, 500 millions sont requis pour entrer sur le marché, compte non tenu des dépôts, de la maintenance, des personnels, des sillons, etc. Il faut avoir les reins solides pour se lancer dans l’aventure. Certes, on va voir apparaître des modèles inédits d’exploitation, rebattant de façon nouvelle les cartes du contrôle, de l’accueil, de la distribution. Mais feront-ils des miracles ? En Italie, pays qui a devancé l’appel pour l’ouverture du marché intérieur, il faudra surveiller de très près NTV : un exploitant appuyé par des acteurs économiques puissants, avec pour partenaire industriel la SNCF, le champion européen de la grande vitesse, face à Trenitalia qui n’a pas la réputation d’un opérateur de choc. Dans cette bataille, s’affronteront deux entreprises historiques. Car pour l’instant ce sont bien elles qui tiennent les marchés.
François DUMONT
Paris – Londres : qui veut affronter Eurostar ?
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Concurrence : La DB ne va pas tarder…
.Italo : un nouveau venu qui vient à point nommé
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Tout le monde d’accord pour High speed 2
Les Italiens de NTV préparent une gamme tarifaire entre grand luxe et low-costLes Italiens de NTV préparent une gamme tarifaire entre grand luxe et low-cost
Le PDG de NTV (Nuovo Trasporto Viaggiatori), Giuseppe Sciarrone, estime pouvoir affronter la concurrence avec l?AGV rouge d?Alstom Dans le domaine de la grande vitesse ferroviaire, la concurrence a décidément l’avenir devant elle. A celle entre constructeurs, qui s’exerce déjà depuis de nombreuses années, va désormais s’ajouter celle, toute nouvelle, entre opérateurs. A cet égard, l’Italien NTV fait figure, en Europe, de grand précurseur. Il est vrai que l’Italie, anticipant la décision communautaire, avait introduit dès 2001 la libéralisation de ses services ferroviaires voyageurs en régime intérieur. Venu à Londres tout exprès pour le sommet afin de livrer ses premières expériences de nouvel opérateur, Giuseppe Sciarrone appartient à la « bande des quatre » qui fonda NTV en décembre 2006. Il en est aujourd’hui le directeur et expert technique. Partant de la constatation que le corridor Turin – Milan – Rome – Naples est l’un des plus importants d’Europe, desservant quelque vingt millions d’habitants, et que la grande vitesse en Italie, à l’horizon 2015, devrait représenter près de 150 000 voyageurs par jour et jusqu’à 18 milliards de voyageurs-kilomètres par an, Giuseppe Sciarrone estime qu’un tel marché pourra sans difficulté faire vivre profitablement jusqu’à trois acteurs en compétition. Lui-même vise une offre de 13,5 millions de trains-kilomètres par an, espérant en 2015 récupérer 20 % du marché avec 30 000 voyageurs par jour et 3,3 milliards de voyageurs-kilomètres par an. Les 25 rames AGV achetées par NTV, composées chacune de 11 voitures « courtes » pour une longueur totale de 200 m, vont permettre à l’opérateur de diversifier au maximum les espaces voyageurs. C’était d’ailleurs l’une des raisons du choix de ce matériel. Particularité, il n’y aura pas de vente de billets en gare : trop cher pour NTV ! Autre chiffre important, 16,4 millions d’euros (sur les 618,6 millions d’investissements initiaux) devront être consacrés à la formation du personnel. « Nous ne voulons pas d’anciens cheminots des FS, pour ne pas être accusés de monter notre entreprise sur le dos de l’opérateur historique », explique Giuseppe Sciarrone. Le volume de formation à dispenser n’est pas, loin s’en faut, le seul écueil que le directeur de NTV va devoir affronter. Le niveau des péages, qu’il qualifie déjà de « critique pour le succès de l’entreprise », représentera environ 44 % de ses frais de fonctionnement. Et les risques qu’il va devoir manager sont multiples, depuis les effets de la crise économique actuelle (qui, selon lui, se traduiraient aujourd’hui par une baisse des trafics de 5 à 10 %) jusqu’à d’éventuels problèmes de fiabilité du matériel roulant, en passant par un retard dans sa livraison. Concernant les deux derniers points, NTV travaille très étroitement avec le constructeur Alstom, « qui fait l’heure jusqu’à maintenant ». Moins évident semble être le contexte ferroviaire local dans lequel évolue NTV : « […] le gestionnaire d’infrastructures (RFI) et l’opérateur historique (Trenitalia) appartiennent au même groupe (FS) », regrette Giuseppe Sciarrone. « Aussi la tactique choisie par RFI pour dresser des obstacles devant nous est évidente : ils jouent la montre sur toutes les décisions les concernant. Avec pour conséquence qu’il nous est très difficile d’obtenir à temps des scénarios clairs pour notre future exploitation… » Pourtant, une chose est sûre : Giuseppe Sciarrone entend, quoi qu’il arrive, lancer ses AGV à la mi-2011 avec, sur chaque train, une offre tarifaire particulièrement large, calquée sur la différenciation extrême des espaces voyageurs, depuis la classe « grand luxe » vendue à prix plus élevé que chez Trenitalia jusqu’au véritable « low-cost » du transport ferroviaire…
Philippe?HERISSE
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Le péage urbain bien installé à Stockholm
La circulation a diminué de 18 % par rapport à 2005 et les émissions de CO2 ont baissé d?environ 20 % dans la capitale suédoise Le référendum semble vraiment bien loin. C’était pourtant il y a tout juste trois ans. Le 17 septembre 2006, les électeurs de Stockholm ont en effet voté « oui » à 53 % au péage urbain, après l’avoir testé pendant sept mois. Oubliée la polémique car les banlieues n’avaient pas voté. Oublié le paradoxe électoral qui a vu le même jour la droite suédoise gagner la mairie (et aussi le département et le pays tout entier), alors qu’elle avait fait campagne contre le péage… Mais elle avait promis de respecter le choix des citoyens. Depuis le 1er août 2007, les automobilistes doivent payer pour entrer dans le centre de Stockholm, ou en sortir. Et tout le monde semble content. Même les banlieusards, s’il faut en croire les sondages. « Aujourd’hui, plus personne ne remet en cause le principe du péage urbain », nous disait l’an dernier Eva Söderberg, de la direction suédoise des transports. Depuis la rentrée, elle profite de la présidence suédoise de l’Union européenne pour vanter le modèle à des délégations venues du monde entier. Le fonctionnement est assez simple et a très peu varié depuis l’expérience de 2006. Le tarif est modulé selon l’heure : il faut payer de 10 à 20 couronnes (1 à 2 euros) par passage entre 6h30 et 18h29 en semaine, avec un maximum de 60 couronnes (6 euros) par jour. C’est gratuit le week-end, les jours fériés et veilles de jours fériés, et en août. Concrètement, les plaques d’immatriculation des véhicules – suédois uniquement – sont lues par des caméras placées sur des portiques aux dix-huit portes de la zone centrale de la capitale. Les automobilistes reçoivent chaque mois une facture pour leurs allers et retours du mois précédent, et ils doivent la régler par virement au Trésor public avant la fin du mois suivant. En cas de retard, l’amende est de 500 couronnes (50 euros). « Les gens voient les bénéfices tous les jours, décrit Gunnar Johansson, qui suit l’expérience pour IBM (le groupe américain gère le système, et de ce fait compte les voitures) : un meilleur environnement, une meilleure accessibilité au centre-ville car il y a moins de bouchons… Ils veulent garder le péage urbain ! » La circulation a diminué de 18 % par rapport à 2005, observe-t-il. Et ce chiffre s’est stabilisé. En revanche, elle a augmenté de 5 à 10 % sur les routes permettant de contourner la zone payante. Les émissions de CO2 ont baissé d’environ 20 % dans le centre-ville. Sur les 96 000 voyages de moins par jour payant en 2008, la moitié se sont reportés sur les transports publics (dont la part de marché était déjà très importante à Stockholm). Et les autres ? « Ils ont changé leur comportement, d’une façon plus efficace. La grande leçon, c’est que les Stockholmois utilisent mieux les systèmes de transport ! » En tout cas, ils n’ont pas délaissé les commerces du centre-ville, qui étaient très inquiets. Observation : 28 % des véhicules passant la barrière des péages en sont dispensés, ils font en moyenne 70 % de voyages en plus. Parmi eux, on trouve les services d’urgences, bus, voitures étrangères, diplomates, mais aussi les « voitures vertes », fonctionnant au moins en partie aux biocarburants. A cet égard, on peut dire que le péage a beaucoup fait pour la filière, puisque leur part dans le parc automobile stockholmois est passée de 3 % à 14 % ! Il faut dire aussi que la plupart d’entre elles ont bénéficié d’une prime à l’achat de 10 000 couronnes (1 000 euros). Mais la récréation est bientôt finie : cette exemption sera supprimée en 2012. Enfin, il reste à voir ce que va devenir l’argent : La droite suédoise a décidé que les revenus du péage urbain iraient à la construction du grand contournement autoroutier prévu à l’ouest de l’agglomération. L’essai de 2006 avait coûté au total 3,4 milliards de couronnes (340 millions d’euros) à l’Etat suédois, une somme passée par pertes et profits dans les comptes publics. La direction des routes a gagné 460 millions de couronnes (46 millions d’euros) l’an dernier et compte atteindre les 600 millions par an à partir de 2010 grâce surtout à une baisse des coûts d’exploitation du système. Mais, à ce rythme, l’Etat n’est pas près de payer le grand contournement, dont 17 km sur 21 seront souterrains. Il est estimé à au moins 27 milliards.
François ENVER
Les TER GV peinent à se faire une place dans le système ferroviaire français
La SNCF propose aux régions qui souhaiteraient racheter d?anciens TGV, de prendre pour base le prix de rames Duplex neuves Le TER GV, c’est bien connu, tout le monde est pour. RFF se dit en faveur de ces TER à grande vitesse, mais il leur fera payer le même prix de péage que les autres TGV. La SNCF est pour également, mais uniquement dans les interstices de capacité du réseau laissés vacants par les trains à longue distance, et à la condition que ces TER GV ne fassent pas d’ombre aux trains nationaux opérés en propre par la SNCF. « Il faut faire attention à la concurrence du service TER GV envisagé par les régions avec le TGV, qui n’est pas subventionné. Nous regardons l’impact sur nos grandes lignes. Entre Lyon et Marseille, il serait considérable ! Et sur Mulhouse – Besançon – Dijon, on risque de mettre par terre l’équilibre du TGV Rhin-Rhône ! », a expliqué lors du colloque sur les TER GV organisé par l’association Villes et régions européennes à grande vitesse (VREGV) Michel Lebœuf, chargé de la prospective à la SNCF, cité par l’AFP. Quant aux régions qui souhaiteraient racheter d’anciennes rames de TGV en service depuis 1993, leur propriétaire, la SNCF, leur propose – sans rire – de le faire en prenant pour base le prix des rames Duplex neuves qu’elle doit acheter pour renouveler son parc. Malgré son succès populaire dans le Nord-Pas-de-Calais, le TER GV, ce « chaînon manquant entre TER et TGV » – selon l’expression de Bernard Soulage, président de l’association VREGV – dont rêvent les régions traversées par des lignes à grande vitesse, n’est pas facile à mettre en place. Deux régions sont plus avancées que les autres dans cette démarche. La Franche-Comté aimerait profiter de la future LGV Rhin-Rhône pour relier à grande vitesse les agglomérations de Chalon-sur-Saône, Dijon, Besançon, Belfort-Montbéliard, Mulhouse et Bâle. La région Rhône-Alpes aimerait mettre en place pour décembre 2013 un TER GV sur la liaison sillon alpin – Midi depuis Annecy, Chambéry, Grenoble et Valence, jusqu’à Marseille et Montpellier. Et si les régions s’inspiraient de l’exemple britannique ? Dans le Kent, les territoires qui participaient au financement de la ligne High Speed One s’étaient assurés qu’en contrepartie un service à grande vitesse régional à grande échelle serait mis en place sur la LGV. Il débute ce 13 décembre.
Guillaume LEBORGNE
Marseille – Aubagne : c?est parti pour la troisième voie
Le vieux projet de 3e voie entre Marseille et Aubagne a fini par être lancé. Il va permettre de faire circuler 198 trains par jour en 2014 contre 83 aujourd?hui entre les deux villes et de doubler la capacité du TER Marseille – Toulon La construction de la troisième voie ferrée de 13 km entre la gare de Marseille-Blancarde et Aubagne a été lancée en grande pompe, le 19 novembre, par les financeurs du projet(*). Un projet ambitieux dans un secteur très urbanisé, destiné à faire circuler 198 TER quotidiens à partir de décembre 2014, contre 83 aujourd’hui, pour doubler la capacité de la ligne TER Marseille – Aubagne – Toulon, en la portant à 22 000 voyageurs par jour avec un train toutes les 10 minutes en heure de pointe (toutes les 20 minutes le reste de la journée). Projet ambitieux mais aussi coûteux (250 millions d’euros) et… ancien. Les premières réserves de terrains datent de 1982, le programme a été inscrit au contrat de plan Etat-région 2000-2006, puis au contrat de projets Etat-région 2007-2013. Les élus du secteur désespéraient d’ailleurs de le voir aboutir. Surtout après le choix du tracé dit « des métropoles » de la ligne à grande vitesse jusqu’à Nice, qui devrait quitter Marseille par ce couloir ferroviaire. Leur crainte était que la 3e voie, destinée aux TER, soit abandonnée pour laisser la place à la future LGV. Ils semblent rassurés. « Cela répondra à une urgence », a rappelé Pierre Mingaud, maire de La Penne-sur-Huveaune, où a eu lieu la pose symbolique de la première pierre. Urgence car, selon Michel Vauzelle, président de la région Paca, l’augmentation de la fréquentation sur cette ligne de TER est de 35 % depuis 2003. La 3e voie sera construite parallèlement aux deux autres, sur la même plateforme élargie. Elle nécessitera notamment la réalisation de 20 ponts-rails, d’un pont-route et la modernisation des systèmes d’exploitation, signalisation et banalisation des voies entre les gares Saint-Charles et La Blancarde. Quatre gares existantes seront aménagées, en particulier pour les PMR, et une nouvelle créée à La Barasse (Marseille XIe). La suppression de trois passages à niveau est au programme, ainsi que la construction de trois passerelles piétonnes. Les travaux, commencés en 2008, vont prendre de l’ampleur à partir de 2010. Ils seront effectués essentiellement de nuit (6h30) et durant les heures creuses le jour en raison de l’important trafic. Avec cette troisième voie, plus de 250 trains (TER, TGV, grandes lignes, fret) rouleront sur cet axe ferroviaire, « l’un des plus fréquentés de France », a souligné Hubert du Mesnil, président de RFF. « Un axe majeur » pour Jean-Noël Guérini, président du département des Bouches-du-Rhône. Cet axe Marseille – Aubagne, avec une autoroute A50 saturée, devrait ainsi bénéficier dans les prochaines années d’un développement de l’offre de transports en commun. Outre le TER et ses quelque 10 000 passagers quotidiens entre Marseille et Aubagne, les deux navettes rapides du réseau Cartreize du conseil général des Bouches-du-Rhône ont transporté 707 000 voyageurs en 2008 et la fréquentation devrait être plus importante en 2009 grâce à une augmentation des fréquences entre Marseille et Aubagne-les-Paluds. La ligne 40 de la Régie des transports de Marseille (RTM) complète ces offres. A cela, il faut ajouter la prolongation du métro, en 2010, qui arrivera aux portes de la cité phocéenne. Enfin, il y a les projets de l’agglomération d’Aubagne : un tramway de 7 km d’Aubagne à La Penne-sur-Huveaune voulu pour 2014, et un TCSP nord – sud de 17 km sur l’emprise d’une ancienne voie ferrée destiné à transporter 3 000 voyageurs par jour.
José SOTO
*Etat, région Paca, département des Bouches-du-Rhône (28,3 % chacun) et RFF (15 %). Le programme bénéficie aussi de 15 millions d’euros au titre du plan de relance de l’Etat.
Péage urbain : le Grenelle l’autorise, les villes n’en veulent pas
L’amendement adopté au Sénat dans le cadre de la loi Grenelle 2 est pourtant prudent. Il prévoit juste la possibilité pour les agglomérations de plus de 300 000 habitants d’expérimenter le péage urbain. Cela a pourtant suffi à relancer le débat sur les vertus et les travers des dispositifs qui visent à faire payer l’automobiliste pour accéder au cœur de la ville. Au printemps, un rapport du Centre d’analyse stratégique (CAS) passait en revue les obstacles à lever pour l’adoption d’une loi permettant aux collectivités de mettre en place ce type de mesure. L’amendement déposé par le sénateur UMP Louis Nègre, qui est aussi vice-président du Gart, est une première brèche dans le carcan juridique qui empêchait le développement de politiques de tarification de la route au niveau local. A condition bien sûr qu’il soit entériné par l’Assemblée. Jusqu’à présent, en effet, seuls les péages liés à la construction d’ouvrage d’art en milieu urbain ont une base légale en France. S’il prend effet, l’amendement Nègre permettra des expérimentations d’une durée de trois ans. Reste à trouver des volontaires. Les édiles, en fait, ne se bousculent pas pour mettre en place ce dispositif. Les positions, pour l’instant, varient de la franche opposition à l’attentisme bienveillant. Le maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, a par exemple déclaré qu’il était farouchement contre ce genre de procédé qui « signe l’échec d’une politique de déplacements ». Du côté de Bordeaux, la fin de non-recevoir a été moins violente mais tout aussi marquée. Alain Juppé a fait savoir que la ville préférait se concentrer sur une politique incitative. Dans le même esprit, le maire de Lyon, Gérard Collomb, a estimé que les conditions n’étaient pas remplies et que rien n’était envisageable avant que la portion du périphérique ouest qui permettra un contournement du centre soit terminée. Autant dire pas avant dix ou quinze ans. Même son de cloche à Marseille, mais aussi à Lille, où le péage urbain ne suscite guère l’enthousiasme.
Paris n’en veut pas
Quant à Paris, la question a déjà été largement débattue il y a quelques années. Et sur ce point la position de Bertrand Delanoë n’a guère varié. Le maire de Paris et son adjointe aux transports l’ont répété suite au vote de l’amendement. La ville est hostile à la mise en place d’un péage, qu’elle juge discriminant. Elle préfère s’en tenir à la politique menée depuis 2002, qui consiste à accorder moins d’espace à la voiture de manière à dissuader les automobilistes de s’aventurer intra-muros. Pour les opposants de cette vision malthusienne, la posture est contre-productive. Elle favoriserait la congestion et la pollution atmosphérique. C’est ce qu’a répété tout au long de la dernière campagne municipale la candidate Françoise de Panafieu. Et c’est ce que soutiennent les élus UMP au Conseil de Paris, qui demandent qu’une étude sur la mise en place d’un péage urbain soit réalisée. Pour eux, une barrière financière à l’entrée serait le meilleur moyen de réduire la congestion. Et ils prennent comme exemple les péages mis en place dans de grandes métropoles : à Singapour dès 1975, à Oslo, Bergen et Trondheim en Norvège à partir de 1986, et surtout à Londres et à Stockholm en 2003 et en 2007. Dans ces deux derniers cas, le péage urbain a permis une réduction du trafic de l’ordre de 15 à 20 %. De là à prôner une généralisation de ce type de dispositif, il n’y a qu’un pas que la plupart des politiques mais aussi certains économistes sont réticents à franchir.Calculs économiques
Les premiers craignent en fait une réaction épidermique de leurs électeurs et mettent en avant le caractère régressif du péage : les plus aisés peuvent continuer à circuler pendant que les autres usagers sont obligés de se rabattre sur les transports publics ou de limiter leurs déplacements. Côté économistes, certains s’interrogent sur l’efficience même du dispositif. « Il y a un consensus sur la nécessité de faire payer les externalités générées par l’usage de la voiture en ville, note Rémy Prud’homme, professeur émérite à l’université Paris XII. Le problème, c’est la mise en œuvre. » Sur le papier, pour que l’efficacité du péage soit optimale, il faut que le montant de la redevance soit modulé en fonction de l’heure et de la zone géographique. « Dans la réalité, il est difficile de mettre en œuvre un système trop complexe. Si on veut infléchir les comportements, la tarification doit rester lisible par les usagers », note Rémy Prud’homme, qui souligne que cette difficulté se combine à un autre frein, à savoir le coût de collecte et de contrôle. Ce dernier est très important à Londres. En bon économiste, Rémy Prud’Homme a pris sa calculette : si le coût de collecte est supérieur aux gains en matière de temps et d’émissions polluantes, ces derniers étant monétisés selon un référentiel précis établi par le rapport Boiteux sur le coût des nuisances remis au ministre des Transports en 2001, le péage est contre-productif. « Sauf dans les villes où il y a beaucoup de congestion et des personnes qui ont une valeur du temps très élevé, ce qui permet d’envisager un tarif élevé, note-t-il, en soulignant que les conditions sont rarement remplies. Le coût de la congestion pour une ville comme Londres n’est pas très élevé, aux alentours de 0,1 % du PIB. »Des objectifs à définir
Pour les défenseurs du péage urbain, le raisonnement se tient mais il omet de prendre en considération d’autres objectifs, parmi lesquels la lutte contre le réchauffement climatique et surtout la nécessité de trouver de nouvelles sources de financement pour développer les infrastructures de transport en commun. Pour lever des fonds, il est toujours possible d’activer des leviers plus simples comme la TIPP ou le stationnement, font remarquer les sceptiques. Cependant, le péage aurait l’avantage d’être à la fois équitable et pédagogique. « D’abord parce que contrairement à la TIPP il touche moins les ruraux, qui ont un usage contraint de la voiture. Ensuite parce qu’avec un tarif approprié et une zone d’application pertinente il permet d’agir fortement sur les comportements, note Charles Raux, directeur du Laboratoire d’économie des transports et auteur d’un livre sur le péage urbain à la Documentation française, qui ajoute que les coûts de collecte peuvent être réduits. » A Stockholm, ils ne représentent que 10 % des recettes. Dans cette perspective, la mise en place de péages urbains dans des villes de plus de 300 000 habitants comme le propose l’amendement Nègre se justifierait. « Le but n’est pas tant de lutter contre une congestion que de la prévenir, en développant des infrastructures de transports publics et en orientant les comportements comme ce qui a été fait en Norvège », poursuit Charles Raux, expliquant qu’il est impératif que l’argent récolté serve à financer les projets d’infrastructure en transports en commun si on veut réduire les inégalités liées au prix forcément élevé de la redevance. Difficile en effet de récupérer des fonds conséquents si le montant à payer reste symbolique.Quel péage urbain ?
« Le péage urbain n’est pas la solution miracle, fait remarquer Jean-Pierre Orfeuil, professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris. Il faut entrer dans les détails pour juger s’il est pertinent ou non d’avoir recours à ce type de solution sur un territoire donné. Selon l’objectif poursuivi, on optera pour des types de péage différents – péage de cordon ou de zone –, une tarification, un périmètre différent… Si la redevance est trop faible, par exemple, cela ne change pas grand-chose en matière de congestion ; si elle est trop élevée, cela permet de récolter plus d’argent mais cela peut aussi avoir des conséquences sur l’attractivité du centre-ville et peut être à long terme contribuer à l’étalement urbain. Ce sont des paramètres à régler finement et à surveiller dans le temps. » Dans cette optique, le débat ne peut pas être seulement national. Il doit aussi s’enraciner au niveau local. Les autorités organisatrices des transports sont certainement les mieux placées pour porter ce type de projet. L’amendement adopté par le Sénat leur attribue un rôle central dans la mise en œuvre des expérimentations. Certains élus cependant regrettent que le texte apporte des restrictions à leur champ d’action. « Si l’on se réfère au texte, tout projet d’expérimentation doit faire l’objet d’une étude d’impact au niveau local mais doit aussi obtenir le feu vert du gouvernement. Par ailleurs, le montant du péage est fixé par l’autorité organisatrice des transports urbains. Cependant, il ne peut dépasser un seuil défini par décret en Conseil d’Etat, note Roland Ries, président du Gart et maire de Strasbourg. Tout ça est contraire à l’esprit de la décentralisation et ne contribuera certainement pas au développement des expérimentations. »
Nicolas REYNAUD
Naissance d?une nouvelle gare à Lyon
Après un peu plus de deux ans de travaux, Lyon se dote d’une nouvelle gare en plein centre-ville, dans le VIIe arrondissement. Baptisée gare Jean-Macé, c’est la quatrième gare de l’agglomération après Part-Dieu, Perrache et Vaise. Le 8 décembre, elle sera inaugurée durant les fêtes des Lumières. Cinq jours plus tard, elle entrera en service. 4 000 voyageurs sont attendus chaque jour, ainsi que 102 trains. La gare Jean-Macé va permettre de mieux répartir les flux de voyageurs entre les différentes gares. Elle donnera aussi un meilleur accès aux quartiers lyonnais de la rive gauche, grâce à ses interconnexions aux autres modes de transports, les lignes B du métro, T2 du tramway, et de bus. Une vélo-station installée devant la gare pourra également accueillir 110 deux-roues.