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A Montpellier, Transdev devrait être renouvelé
L’agglomération de Montpellier nous délivre ce message laconique : « Nous ne sommes pas impactés. » Transdev, actionnaire historique de la société d’économie mixte TAM, a moins de 20 % des parts, et sa maison-mère, la Caisse des dépôts, y est aussi présente, à 11 %. Selon nos informations, les parts de Transdev dans la SEM devraient rester dans le nouveau groupe. A condition que Montpellier garde le même opérateur : le 22 décembre, le conseil d’agglomération devrait faire connaître sa décision pour le renouvellement de la DSP, de 2010 à 2017. La SEM TAM est candidate à sa succession, en groupement avec Transdev. Et l’on s’attend à la voir confirmée.
Success story pour la ligne A du métro de Rennes
Depuis octobre 2008, Lausanne, en Suisse, a son métro. Du coup, Rennes a perdu le titre de plus petite ville du monde dotée d’un tel moyen de transport, qu’elle détenait depuis l’ouverture de la ligne A en mars 2002. Evidemment, personne ne parle de concours ! Les élus des deux villes en sont convaincus : le métro était LA solution, compte tenu de la configuration des lieux. A Rennes, imposer la ligne A n’a pas été une partie de plaisir pour l’équipe d’Edmond Hervé, qui fut maire de 1977 à 2008. Etait-il bien raisonnable de se lancer dans une telle aventure dans une si petite agglomération ? Partis sur un tram en 1984, les Rennais se sont intéressés à un métro automatique à gabarit réduit à partir de 1987. Ils en ont adopté le principe en 1989, mais diverses oppositions, à commencer par celle de l’Etat, ont retardé le projet. Finalement, les élections municipales de 1995 ont servi de référendum : la victoire sans appel d’Edmond Hervé l’a relancé. La ligne A du métro rennais a été ouverte en mars 2002. Longue de 8,6 km, elle a coûté au final 550 millions d’euros (valeur 1995). Elle compte quinze stations, dont quatre dans le centre-ville (Gare, Charles-de-Gaulle, République et Sainte-Anne), et dessert deux quartiers populaires sur quatre (Villejean et Le Blosne), les trois gros pôles hospitaliers de l’agglomération et le campus de Villejean. Côté technique, Rennes a choisi le Val 208 de Matra Transport (entité maintenant absorbée par l’allemand Siemens), dont les 24 rames sont longues de 26 m. Il faut un quart d’heure pour traverser la ville d’un terminus à l’autre, avec un taux de ponctualité de 99,95 %. Le succès du petit métro rennais a été immédiat, dépassant les espérances. Au bout de six mois, il voyait passer quelque 95 000 passagers quotidiens, soit presque les 100 000 envisagés au bout de dix ans ! Aujourd’hui, la ligne a transporté environ 115 000 voyageurs par jour en semaine – avec des pointes dépassant les 130 000 –, 65 000 le samedi et 22 000 le dimanche. Soit en tout 43 % des déplacements sur le réseau Star. Le métro circule de 5h15 (7h20 le dimanche) à 0h35. Il passe toutes les 2 à 4 minutes quelle que soit l’heure (et plus souvent encore aux heures de pointe). La ligne sera entièrement remboursée en 2010. L’exploitation atteint maintenant le petit équilibre, avec des coûts suffisamment bas pour maintenir la contribution de la collectivité au fonctionnement des transports en commun à un niveau que bien des agglomérations envient… Reste que cet engouement extraordinaire pour le Val rennais a aussi un côté un peu inquiétant… Que faire si la fréquentation continue à augmenter ? D’ores et déjà, l’agglomération pense à acheter de nouveaux véhicules. Mais une chose est sûre : on ne pourra pas rallonger les rames, comme cela est envisagé à plus ou moins long terme à Lille et Toulouse : les stations n’ont pas été prévues pour, et les travaux seraient ruineux. Un bon moyen de gagner en capacité serait de construire une arrière-gare au terminus Kennedy (au nord-ouest), ce qui n’a pas été fait à l’origine par souci d’économie. Les rames s’y arrêtent sur un quai unique avant de repartir dans l’autre sens. Du coup, la fréquence minimale est limitée à 1 minute 30, contre un très théorique 1 minute 07 à Lille ou Toulouse. Il reste cependant encore un peu de marge, puisque la fréquence minimale est actuellement de 1 minute 40… Creuser derrière le terminus devrait coûter environ 75 millions d’euros, un investissement qui pourrait être envisagé dans une dizaine d’années, après l’ouverture de la ligne B. Rennes Métropole en est de toute façon convaincue : le meilleur moyen d’éviter la saturation de la ligne A est de construire la ligne B.
Réalisé en partenariat avec Rennes Métropole
A Rennes, le salut passe par le métro
La plupart des municipalités ne veulent pas de travaux dans leurs rues pendant les campagnes électorales. A Rennes au contraire, on espère que le chantier sera bien visible pour les prochaines municipales. Puisqu’il est matériellement impossible de construire la deuxième ligne du métro avant la fin du mandat, autant marquer les esprits avec les premiers coups de pioche ! L’objectif est de les donner en 2013. L’ouverture de la ligne, elle, n’est pas envisagée avant 2018 ou 2019. Officiellement, on réfléchit depuis 2001 à cette deuxième ligne du métro rennais. Avant l’ouverture de la première, donc. En fait, l’idée trottait déjà dans la tête des élus depuis beaucoup plus longtemps. Quand bien même leur ville allait être la plus petite du monde à se doter d’un tel moyen de transport (place que Lausanne lui a ravie depuis). Une ligne pourquoi pas, mais deux ? N’est-ce pas avoir les yeux plus gros que le ventre ? Pour étayer leur dossier, ils mettent en avant le formidable succès de la ligne A, qui permet depuis mars 2002 de traverser tout Rennes en un quart d’heure, du nord-ouest au sud-est. Or, si la première ligne est un succès, c’est parce que la configuration des lieux s’y prêtait : Rennes n’est pas une grande ville, certes, et l’agglomération n’est pas énorme, mais elle possède un noyau urbain très dense et compact, séparé de la plupart des localités de la périphérie par une « ceinture verte » que les autorités locales entendent bien préserver. En outre, les rues du centre historique, très fréquentées, sont particulièrement étroites. Alors que le cap des 100 000 voyageurs quotidiens était attendu vers 2012, il a été très rapidement franchi. Le Val rennais transporte actuellement quelque 115 000 personnes par jour en semaine, avec des pointes supérieures à 130 000. Et ce sans rabattement systématique des lignes de bus, contrairement à ce qui a été fait dans bien d’autres villes. Au contraire, souligne le chantre de l’intermodalité Daniel Delaveau, maire de Rennes et président de la communauté d’agglomération Rennes Métropole : « On a réussi le métro pour une raison fondamentale : on a un réseau. » L’agglomération s’est dès l’origine employée à soigner ses bus en complément de son nouveau métro, pour éviter d’avoir un réseau à deux vitesses. Elle a renforcé les liaisons vers la périphérie, avec des lignes express aux heures de pointe, et a mis en place dans le noyau urbain des « lignes majeures » offrant des fréquences élevées et la même amplitude que le métro. Le concept fait aujourd’hui école ailleurs en France sous le nom de bus à haut niveau de service (BHNS). La station République, la plus fréquentée, est devenue un pôle d’échanges stratégique. Le ballet des bus y est impressionnant à la pointe du matin ! Et les manifestants, comme les agriculteurs il y a quelques semaines, ne s’y trompent pas : en s’y installant régulièrement, ils grippent tout le système. A Rennes Métropole, on préfère y voir une certaine forme de reconnaissance… Du coup, les bus rennais, qui assurent 57 % des déplacements, sont aujourd’hui plus fréquentés qu’avant le métro. Le réseau Star est passé de 33,3 millions de voyages en 2001, juste avant son arrivée – et de 37 millions en 1994, car il y a eu un déclin en partie dû aux travaux à la fin des années 1990 –, à 67,4 millions en 2008. « Cette année, on en sera à peu près au même point, pronostique Frédéric Mazeaud, le directeur de Keolis Rennes, l’exploitant. Sans doute 67,7 millions. » La crise est en effet passée par là. Et les grèves des étudiants au printemps ont pesé « de manière significative » sur la fréquentation. Malgré ce net ralentissement conjoncturel, l’objectif du contrat de délégation de service public (DSP), atteindre 72,2 millions de voyages en 2012, devrait être rempli, estime-t-il. On notera à ce propos que ledit contrat impose à Keolis d’augmenter l’offre de 20 % sur la période 2006-2012, quand la subvention d’exploitation ne progressera que de 10 %. La barre des 100 millions de voyages devrait être dépassée vers 2020 avec le métro, estime-t-on à Rennes Métropole. Les études de faisabilité ont également imaginé ce à quoi pourrait ressembler le réseau de transports en commun sans nouvelle construction de métro, avec une simple augmentation de l’offre de bus. Cette hypothèse se heurte aux limites physiques du centre-ville, à la saturation des axes utilisés par les bus, avec en corollaire une augmentation des nuisances. Cette solution limiterait la fréquentation annuelle des transports en commun à un maximum de 84 millions de voyages. Elle présenterait également une limite financière, insiste Daniel Delaveau : les dépenses de fonctionnement exploseraient, « et cela coûterait plus cher que de construire la deuxième ligne de métro ! » Quant à la construction d’un tramway, elle a été écartée en raison justement de ces « limites physiques » d’un centre-ville envahi de piétons, où les rues sont étroites. Il faudrait soit le contourner, soit passer en souterrain sous une assez longue distance. Une étude du cabinet allemand TTK a montré que le métro, plus rapide et plus flexible pour définir un tracé, attirerait beaucoup plus de monde qu’un tramway (largement enterré), pour un coût identique à la personne transportée. Le jeu n’en vaudrait pas la chandelle. Le choix du métro automatique pour la ligne B a été validé par les élus de l’agglo en juillet 2003. Après une concertation qui a tourné au plébiscite, les mêmes élus en ont approuvé le tracé en décembre 2007. Quelques mois plus tard, Daniel Delaveau, le père du dossier, a été confortablement élu à la mairie de Rennes. Il restait toutefois un point à éclaircir : au nord-est, des riverains s’étaient élevés contre les projets de métro aérien de Rennes Métropole. Finalement, la ligne B sera bien aérienne dans le coin, mais contournera leur quartier, passant un peu plus au sud, plus près du campus universitaire. Cette péripétie l’a rallongée de 200 m. La nouvelle ligne devrait donc être longue de 12,9 km, dont 7 km de tunnel, 2,7 km de tranchées couvertes et 3,2 km en viaduc. Elle ne doit comporter que quinze stations, soit autant que la ligne A qui ne fait que 8,6 km. Un gage de rapidité, pour ses concepteurs. Pour tenir compte des générateurs de trafic qu’il reste à desservir et de la nécessaire complémentarité avec la ligne A, le tracé choisi pour la B est relativement sinueux, en forme de « S » dans sa partie centrale. Il passe en périphérie par les grands ensembles délaissés par la ligne A, Cleunay et Maurepas, ainsi que par le pôle universitaire de Beaulieu. Au cœur de l’agglomération, les deux lignes se rencontreront deux fois : à la gare et à Sainte-Anne. La station République a été écartée, pour éviter la thrombose. Mais la ligne B s’arrêtera au pied de l’église Saint-Germain, à deux pas de là. De même qu’elle s’arrêtera à Puits-Mauger tout près du forum culturel de l’esplanade Charles-de-Gaulle. Ces quasi-doublons sont volontaires : « Nous ne voulons pas surcharger le tronçon central de la ligne A avec l’ouverture de la B », explique Noël Philippe, directeur adjoint des services de Rennes Métropole chargé des transports, en citant l’exemple récent de Toulouse où l’ouverture de la deuxième ligne de Val a presque étouffé la première dans l’hypercentre. « C’est pourquoi les deux lignes desserviront les principaux pôles du centre-ville. Il s’agit d’éviter les correspondances pour une ou deux stations. » A l’horizon 2020, la ligne B devrait transporter 110 000 passagers par jour, et la A 130 000. Cette dernière sera alors fort chargée ! Avec la construction d’une arrière-gare au terminus de Kennedy et l’achat de rames supplémentaires, elle devrait pouvoir absorber 180 000 personnes par jour. Au-delà, il faudrait allonger les rames, actuellement longues de 26 m, ce qui imposerait de reconstruire toutes les stations… D’où la nécessité de mailler le réseau, et de faire venir la B à la rescousse là où c’est possible. « A terme, la ligne B sera plus fréquentée que la A », pronostique d’ailleurs Daniel Delaveau. De fait, elle partira au sud-ouest du nouvel écoquartier de la Courrouze – avant une éventuelle extension vers Saint-Jacques-de-la-Lande – et arrivera de l’autre côté en bordure d’une vaste zone de 500 ha, le « secteur intrarocade nord-est », qui a vocation à devenir une véritable ville nouvelle, et où elle doit être ultérieurement prolongée. Rennes Métropole veut donc pour sa future ligne B un métro plus capacitaire que pour la A. « Le choix du système aura lieu après l’été », prédit Noël Philippe. Quatre constructeurs ont retiré le dossier, et deux ont fait une offre, pour trois modèles, comme ils nous l’ont décrit : Siemens avec à la fois la dernière version du Val et le NeoVal (un système tiré du mode routier), et Bombardier avec un métro automatique à moteur linéaire comme à Vancouver. Alstom et AnsaldoBreda n’ont pas donné suite, tandis que les constructeurs asiatiques (Mitsubishi ou Rotem) ne se sont pas manifestés. Le marché reste ouvert, puisque les deux lignes A et B ne seront pas connectées (« cela aurait été cher et compliqué pour un intérêt limité », dit M. Philippe). Or, on attend de voir ce qui circulera dans le tunnel pour pouvoir en définir les dimensions… Ce qui aura une influence certaine sur le coût du génie civil. La ligne B est toujours estimée à 1,03 milliard d’euros (valeur 2005). Soit environ 1,2 milliard tout compris. Une somme que Rennes Métropole devrait pouvoir se permettre, selon son président. Quitte à augmenter la fiscalité locale, un choix assumé. Les services de l’agglo ont bien planché sur des plans de financement courant jusqu’en 2040, mais ils manquent singulièrement de visibilité. Sur quels revenus pourra compter l’agglomération ? Les élus rennais comptent sur la solidarité de leurs collègues du département et de la région, sur l’Europe et surtout sur l’Etat. A cet égard, ils s’étonnent de ce que les métros ne soient subventionnés qu’à hauteur de 15 % d’un coût plafonné à 20 millions du kilomètre (quand le métro rennais devrait en coûter 90 !), alors que les trams, jugés moins performants, ont droit à 20 %… « Il faudrait prendre en compte l’efficacité du système », juge Daniel Delaveau. Alors, Rennes Métropole compte jouer la carte du développement durable. L’agglo vient de publier un « bilan Loti » (bilan de grand projet d’infrastructure prévu par l’article 14 de la loi d’orientation sur le transport intérieur) détaillé de la restructuration du réseau Star engagée après la mise en service de la ligne A du métro. Flatteur. L’Etat sera-t-il convaincu des bienfaits du métro dans le cas rennais ? « L’objectif, c’est de construire la ligne B d’un seul tenant », clament en chœur Daniel Delaveau et Guy Jouhier, son vice-président chargé des transports. « En cas de difficultés dans le plan de financement, il faudra en phaser la réalisation », répond Guy Malbrancke, le directeur général de la Semtcar, la société d’économie mixte chargée de la réalisation de la ligne. Dans ce cas, la première tranche irait de Mermoz à Beaulieu, soit environ 11 km. Mais qui dit phasage dit surcoût. Il restera d’autres questions à trancher, comme le note M. Malbrancke : « Nous aurons un tunnel de 7 km à creuser. Engagera-t-on un ou deux tunneliers ? Un deuxième tunnelier, ça coûterait de 20 à 40 millions d’euros, mais ça permettrait de gagner presque un an. Cela dit, cette année de travaux supplémentaire avec un seul tunnelier, elle coûte aussi ! » Lorsque les élus de Rennes Métropole ont choisi le tracé de la ligne B fin 2007, ils devaient aussi se prononcer sur un autre projet : le prolongement de la ligne A au sud-est, vers Chantepie. Il aurait été long de 3,4 km avec trois stations nouvelles, pour plus de 200 millions d’euros. Finalement, il a été reporté, d’autant que le nouveau maire de Chantepie veut mettre la pédale douce sur le développement urbain, jugeant que sa commune a grandi trop vite. A la place, il devrait y avoir en 2013 un site propre bus conduisant directement au terminus du métro à La Poterie. Long de 3 km, il doit coûter 25 millions. Enfin, Rennes Métropole veut achever en 2011 son axe est – ouest, le site propre pour bus dont la première phase a ouvert en 2000, et où passent plusieurs lignes. Deux sections sont déjà en service dans le centre de Rennes – il y passe à République – et à Cesson-Sévigné, il reste à les relier sur 2,3 km. Il y en a aussi pour 25 millions. A moyen terme, l’espace dédié aux bus devrait encore être agrandi, notamment à République où le second quai de la Vilaine leur serait cédé. Et ce malgré le métro. Ou plutôt grâce à lui.
Réalisé en partenariat avec Rennes Métropole
La Bahn, un des poids lourds de l?autopartage en Allemagne
C’est en mars que la DB a lancé un projet pilote d’autopartage à Stuttgart et à Cologne. « Flinkster », c’est le nom du concept, évoque celui de Daimler. Comme à Ulm, la compagnie allemande a retenu le principe du modèle unique, des Alfa Romeo MiTo qui sont stationnées sur des emplacements réservés. « L’objectif est de trouver un véhicule dans un rayon d’un kilomètre », explique un porte-parole. Flinkster se présente ainsi comme une prolongation de DB Carsharing, le système d’autopartage classique que la compagnie allemande exploite depuis huit ans. Avec 100 000 clients enregistrés et une flotte de 1 500 véhicules répartis dans 120 villes, cette filiale de la Bahn joue les premiers rôles sur le marché allemand. Mais à l’image de ses concurrents, il faut se rendre à une adresse ad hoc (le plus souvent à proximité d’une gare) pour enlever et restituer la voiture. Pour autant la nouvelle formule développée par la DB n’offre pas la même souplesse que Daimler. Les utilisateurs de Flinkster doivent impérativement réserver leur Alfa Romeo par téléphone ou Internet. Le système de tarification est lui aussi différent : les voitures rouges de la Bahn sont louées 1,50 euro de l’heure, auquel s’ajoutent 25 centimes par kilomètre parcouru. La Bahn se donne jusqu’en mars prochain avant de décider de la suite à donner à cette expérience.
Autolib? : un syndicat mixte avec 26 communes
Le syndicat mixte Autolib’, chargé de la mise en œuvre du système de location de véhicules électriques en libre-service, a été lancé le 24 septembre. Il rassemble 26 communes de l’agglomération parisienne(*). A terme, selon Annick Lepetit qui le préside, il devrait y en avoir une soixantaine. La région Ile-de-France a rejoint le syndicat mixte le 9 octobre, malgré l’opposition des groupes UMP, Verts et Front national, et l’abstention du groupe centriste. Pour Jean-Pierre Girault (Verts), « le public visé est essentiellement un public sans voiture » et le système Autolib’ « va à l’encontre du Grenelle de l’environnement ». Selon lui, vu le tarif envisagé (« 5 euros la demi-heure, plus 15 euros par mois, soit en moyenne de 7 à 8 euros par course »), «il y a mieux comme service pour le même prix en courte distance : le taxi, qui va plus vite, ne reste pas dans les embouteillages car il prend les couloirs de bus et fait du porte à porte ».
(*) En plus de Paris, Bagneux, Clamart, Fontenay-aux-Roses, Malakoff, Créteil, Alfortville, Limeil-Brévannes, Boulogne-Billancourt, Sèvres, Arcueil, Bagnolet, Le Bourget, Cachan, Charenton-le-Pont, Saint-Maurice, Drancy, La Garenne-Colombes, Les Lilas, Montrouge, Nanterre, Neuilly-sur-Seine, Pantin, Saint-Mandé, Sceaux, Villeneuve-la-Garenne, les villes de Levallois-Perret, Maisons-Alfort, Rueil-Malmaison, Suresnes et Romainville ont annoncé leur prochaine adhésion.
Réouverture de la ligne Flambouin ? Montereau
Cette première phase a déjà permis de reporter près de 6 000 camions par an des routes vers le rail Hubert du Mesnil, patron de RFF, l’avoue tout net : « Pour nous, c’est le rêve. Un de nos plus gros clients, et une entreprise qui, sur ce site, remplit chaque jour deux trains. » Un rêve en forme de renaissance d’une ligne longtemps oubliée pour le gestionnaire d’un réseau où l’on recense 5 000 km de lignes « en veille ». Entre Flambouin et Montereau, en Seine-et-Marne, le trafic fret avait disparu en 1985. Depuis octobre 2008, huit premiers kilomètres sont rouverts et desservent l’installation terminale embranchée créée par Cemex, qui conjugue le rail et le fleuve. Pour les 22 autres kilomètres, le remplacement massif de la voie – 30 000 traverses, 30 000 tonnes de ballast – vient de s’achever. Reste la remise aux normes de toute la signalisation ferroviaire et de 17 passages à niveau, la rénovation de sept ouvrages d’art… Objectif : réactiver toute la ligne d’ici fin 2011. Pour Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports, c’est : « Le symbole de ces petits projets innovants qui permettent de combiner des chaînes modales alternatives à la route. Et le signe d’une véritable inversion de tendance. » Cette première phase a déjà permis de reporter près de 6 000 camions par an des routes vers le rail. Pour RFF, ce n’est « qu’une étape dans un processus de revitalisation économique de la zone irriguée par cette ligne ferroviaire. » Certains élus locaux pensent déjà à une réouverture pour les voyageurs, mais Hubert du Mesnil se veut prudent : « L’idée principale c’est de permettre d’acheminer des marchandises vers le marché parisien. Si on remet un trafic voyageurs, j’ai peur que l’ensemble ne soit pas dimensionné pour laisser toute sa place au fret. » La première priorité.
Pascal GRASSART
La Haute-Normandie fédère dix AO dans une billettique interopérable
Le conseil régional de Haute-Normandie a confié à ACS, début juillet 2009, la conception et le déploiement d?une solution billettique complète qui assurera l?interopérabilité des transports sur l?ensemble du territoire A la tête d’un groupement d’achats fédérant dix autorités organisatrices, le conseil régional de Haute-Normandie a confié à ACS, début juillet 2009, la conception et le déploiement d’une solution billettique complète qui assurera l’interopérabilité des transports sur l’ensemble du territoire. Le contrat prévoit la fourniture d’un système innovant, composé de deux entités. A savoir : un système billettique mutualisé, qui centralisera l’exploitation des équipements de distribution, de validation et de contrôle, et une structure d’exploitation commune qui pilotera les moyens de vente en ligne et à distance et assurera la compensation financière entre opérateurs. Cette dernière sera interfacée avec les systèmes billettiques du réseau urbain de Rouen et des trains régionaux de la SNCF. Ultérieurement, son architecture ouverte permettra d’intégrer d’autres partenaires.
Le système sera mutualisé entre les dix réseaux membres du groupement d’achats – parmi lesquels les cars TER, les bus interurbains départementaux de l’Eure et de la Seine-Maritime, ainsi que les réseaux urbains des agglomérations de Fécamp, Evreux, Elbeuf ou Dieppe. L’interopérabilité reposera sur la carte sans contact Atoumod, permettant de charger les abonnements régionaux ou combinés, les cartes à valeur et à tarification zonale et les titres locaux. Cette carte sera rechargeable par Internet. Le calendrier de déploiement prévoit la mise en service des deux systèmes centraux en mai 2011 et que l’ensemble soit opérationnel en septembre 2012.
Cécile NANGERONI
TGV Normandie : Paris – Rouen en 45 minutes
Faire du Havre le port maritime de la capitale. En proposant son projet pour le Grand Paris, l’architecte Antoine Grumbach a fait sienne cette idée, lancée au début du XIXe siècle par Napoléon, qui pensait que « Paris, Rouen et Le Havre sont une seule et même ville dont la Seine est la grand-rue ». Elle est en passe de trouver sa première concrétisation, depuis que Nicolas Sarkozy l’a reprise à son compte et décidé, fin avril, de lancer une ligne à grande vitesse reliant la capitale à la Normandie. Cette concrétisation a pris forme le 15 octobre avec l’installation du comité de pilotage de la ligne nouvelle Paris – Normandie. Présidé par le conseiller d’Etat, Jean-Pierre Duport, il réunit notamment les présidents des trois régions traversées (Haute-Normandie, Basse-Normandie et Ile-de-France), les présidents des conseils généraux concernés et le président de Réseau ferré de France (RFF). « Nous avons pour tâche de préparer le dossier qui sera présenté à la Commission nationale du débat public. Le débat public doit avoir lieu en 2011 », précise Jean-Pierre Duport. La commande est claire : la ligne nouvelle Paris – Nanterre – Mantes – Rouen – Le Havre doit mettre Rouen à moins de 45 minutes de la capitale, Le Havre à moins de 1 heure 15, Caen à moins de 1 heure 30 et Cherbourg à moins de 2 heures 30. Aujourd’hui, les meilleurs temps de parcours sur la ligne classique, très décriée pour sa vétusté, sa lenteur et ses retards, sont respectivement de 1 heure 05 pour relier Rouen et de 2 heures pour arriver au Havre. « Nous entrons dans la phase d’étude avec en ligne de mire cette obligation de résultat. Cela suppose la réalisation d’une ligne nouvelle à grande vitesse. Mais peut-être faudra-t-il, à certains moments, utiliser des bouts de ligne historiques, notamment à l’arrivée », explique Jean-Pierre Duport. « Nous prendrons en compte deux dimensions importantes : d’une part, nous voulons permettre une bonne desserte des régions concernées car les populations souhaitent une irrigation de l’ensemble du territoire. D’autre part, nous serons sensibles à la question de l’amélioration des liaisons fret. » En mettant en place le comité de pilotage, Dominique Bussereau, le secrétaire d’Etat aux Transports, a clairement indiqué que la ligne à grande vitesse devait avoir pour origine la gare de Saint-Lazare. Or, seul un petit nombre de quais de cette gare de l’Ouest parisien peuvent accueillir des rames de 400 mètres et il n’est pas envisageable d’allonger les quais. D’où l’idée émise d’accueillir d’autres rames que des TGV. Autre indication du ministre : il faut améliorer de toute urgence les liaisons entre Paris et Mantes. Traduction d’un proche du dossier : une ligne nouvelle à grande vitesse comportant deux voies devrait être réalisée entre Nanterre et Mantes. Nanterre, car c’est là que devrait arriver Eole quand la liaison sera prolongée de Saint-Lazare à La Défense. En se focalisant sur cette portion, notamment autour de Mantes, fameux goulet d’étranglement ferroviaire où se mélangent les relations interrégionales et franciliennes, les liaisons vers la Haute-Normandie pourraient être améliorées. C’est précisément la priorité pour la région, comme le souligne son président (PS) Alain Le Vern : « Nous sommes très attachés à la réalisation d’une ligne nouvelle Paris – Mantes – Rouen. Elle est essentielle pour fiabiliser la desserte et gagner de nombreuses minutes. Le reste peut se faire par phases. » A partir de Mantes, il faudra certainement une section à grande vitesse, peut-être pas de bout en bout, mais très significative pour tenir les objectifs de relier Paris à Rouen et Le Havre, respectivement en 45 minutes et 1 heure 15. Deux options sont possibles entre Mantes et le viaduc d’Oissel, qui se situe juste avant Rouen : soit une section longeant l’autoroute A13, soit un trajet suivant le tracé actuel jusqu’à Vernon, puis rectifié pour aller de façon plus directe jusqu’au viaduc d’Oissel. Arrivé à Rouen, il faudra aussi trouver une localisation à la future gare pour remplacer l’actuelle, en voie de saturation. La question est sensible et agite les élus rouennais. Une esquisse de tracé de la nouvelle LGV publiée dans la presse la représentait jusqu’alors au nord de Rouen, conforme aux souhaits du maire (UMP) du Havre, Antoine Rufenacht, soucieux de bénéficier de la liaison la plus directe. Les élus locaux rouennais, derrière le président (PS) de la communauté d’agglomération, Laurent Fabius, réclament une gare au cœur de la ville. Ils plaident pour la rive gauche, à Saint-Sever. Mais cette solution, qui nécessite un tunnel sous la Seine, reviendrait à un milliard d’euros. « C’est indispensable, sinon on ne pourra pas faire passer de trains supplémentaires », prévient Alain Le Vern. D’autres estiment que, dans un premier temps, on pourrait utiliser la ligne existante et positionner la gare vers le triage de Sotteville, solution nettement moins onéreuse. La question sera débattue, a promis Dominique Bussereau. Pour relier ensuite Le Havre, il faudra forcément améliorer le tronçon à partir de Rouen en réalisant une ligne nouvelle. « Dans le pays de Caux, on pourrait imaginer un tracé plus direct que la ligne actuelle », estime RFF. En juillet, Nicolas Sarkozy avait précisé que la LGV devrait profiter aux deux régions. Il est donc aussi prévu, dans la partie bas-normande, d’améliorer les lignes existantes vers Evreux et Lisieux. Là encore, plusieurs hypothèses. L’une prévoit deux shunts, entre Mantes et Evreux d’une part, et entre Mantes et Bernay d’autre part, pour quelque 900 millions. Une autre option, pas plus coûteuse, consisterait à suivre le tracé de l’A13. « Les améliorations prévues permettent de gagner plusieurs dizaines de minutes jusqu’à Caen. La desserte de Cherbourg soulève d’autres questions : à quel prix et pour combien de personnes ? » s’interroge Alain Le Vern. « Entre Caen et Cherbourg, les caractéristiques de la ligne actuelle permettraient de circuler à 220 km/h avec du matériel adapté », observe un expert. D’où une question : « Il faut savoir de quelle grande vitesse on parle. La grande vitesse commence à 250 km/h. Les liaisons Paris – Normandie concernent des distances courtes. Si on ajoute ne serait-ce qu’un arrêt entre Paris et Rouen, distantes de 110 km, une vitesse de 350 km/h est encore moins pertinente. En fonction de la vitesse retenue, les différences de coûts en infrastructures et en matériels sont considérables », relève le même expert. RFF dispose de peu de temps pour remettre son étude stratégique. Elle doit être examinée lors de la prochaine réunion du comité de pilotage, le 22 décembre, à Paris. Dominique Bussereau, qui a fixé le débat public en 2011, n’a pas donné plus d’indications sur le calendrier ou le financement. Il a en revanche évoqué une autre piste : la possibilité à plus long terme de réaliser sur cette nouvelle ligne des embranchements à grande vitesse qui desserviraient Caen, d’une part, le tunnel sous la Manche, d’autre part. Mais cette hypothèse, également prise en compte dans la loi Grenelle 1, ne fait pas partie de la mission du comité de pilotage.
Marie-Hélène POINGT
DB Schenker : nouveau service de conteneurs entre l?Espagne et le Royaume-Uni
La filiale française de fret ferroviaire de la Deutsche Bahn, Euro Cargo Rail (ECR) a présenté son nouveau service de transport international de conteneurs, qui a démarré fin octobre entre l’Espagne et la Grande-Bretagne. « C’est le train le plus long d’Europe sous le contrôle d’un seul opérateur ferroviaire dans trois pays, DB Schenker, avec la participation des filiales européennes : ECR France et ECR Espagne », explique Alain Thauvette, le directeur général d’ECR. Un train composé de 30 conteneurs réfrigérés est prévu chaque semaine. Dès l’année prochaine, le rythme devrait passer à trois trains hebdomadaires. Le logisticien britannique Stobart Rail, qui organise les flux, a convaincu les maraîchers espagnols d’utiliser le rail et non plus la route pour acheminer leurs fruits et légumes. Avec un argument de poids : un gain de temps important (le train met moins de 60 heures). « Ce service va permettre d’éliminer 13,7 millions de kilomètres routiers annuels », estime ECR.
Le vélo pèse 4,5 milliards d?euros en France
Selon l?étude confiée par Atout France à Inddigo Altermodal, les retombées économiques directes du vélo en France se chiffreraient à 4,5 milliards d?euros Selon l’étude confiée par Atout France à Inddigo Altermodal (et menée en partenariat avec les ministères de l’Ecologie, de la Santé et des Sports, le Conseil national des professions du cycle, l’Association des départements cyclables et le Club des villes cyclables), les retombées économiques directes du vélo en France se chiffreraient à 4,5 milliards d’euros. Toutes les pratiques du vélo ont été prises en compte, qu’elles soient urbaine, sportive, touristique ou de loisirs. Ces 4,5 milliards d’euros bénéficient principalement au tourisme, pour lequel les retombées économiques s’élèvent à 1,95 milliard d’euros, soit 44 % des recettes, et au commerce de cycles avec 32 %. Viennent ensuite l’industrie du cycle (8 %), le BTP (7 %), les événements (4 %), les fédérations (3 %) et les services (3 %). Côté dépenses, ce sont les ménages qui injectent le plus d’argent dans l’économie du vélo avec 3,5 milliards d’euros, très loin devant les partenariats, qui réunissent 352 millions d’euros, les agglomérations et communes avec 238 millions d’euros, les conseils généraux et régionaux avec 228 millions, puis l’export, qui totalise 85 millions. De plus, l’étude relève que ce secteur totalise 35 000 emplois salariés, dont 10 000 dans le secteur de l’industrie et du commerce de cycles.
L’enjeu de cette étude est également d’aider la France à rejoindre le peloton de tête des pays européens. Les auteurs ont ainsi formulé des propositions visant à développer le vélo comme outil de mobilité :
– un mètre linéaire d’aménagement cyclable par habitant d’ici 10 ans. Soit le triple d’aujourd’hui ;
– une meilleure connaissance des mécanismes des accidents impliquant des vélos dans la réalisation des aménagements cyclables ;
– un cofinancement de l’Etat à hauteur de 30 % ;
– cibler les déplacements en banlieue proche, car c’est là que le potentiel est le plus important. C’est là où la voiture domine et où la marche et les transports en commun peinent à se développer du fait d’une densité urbaine plus faible ;
– accompagner le développement du vélo en rabattement vers TER ;
– permettre aux utilisateurs de bénéficier de stationnements sécurisés, que ce soit auprès de leur domicile ou de leur lieu de travail.
Marion BONNET