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Portland étend ses tramways
Portland poursuit sa révolution verte. Cette agglomération américaine de 2 millions d’habitants s’est fait un nom pour sa croissance maîtrisée et planifiée, autour d’un centre-ville où il fait bon vivre. Elle va mettre en service le 12 septembre sa quatrième ligne de light rail, ou tramway rapide, une réalisation combinée à l’ouverture d’une nouvelle traversée du centre. Ce réseau de light rail, ouvert par étapes depuis 1986, va maintenant atteindre 85 km de long. Il est complété par un tramway classique (streetcar) dans le centre, où l’on teste actuellement le premier véhicule « made in USA » depuis très longtemps (construit par la compagnie locale Oregon Iron Works sous licence Škoda), et par des trains de banlieue cadencés. Pour la première fois, le nombre de voyageurs a dépassé le cap des 100 millions sur l’année 2008-2009, une performance assez remarquable pour les Etats-Unis. Mais la tendance est repartie à la baisse ces derniers temps, pour cause de crise économique et de décrue des prix du carburant.
Le covoiturage en entreprise dans une voie de garage ?
Les trajets domicile – travail sont les plus importants. Pour réduire l’utilisation de la voiture, le covoiturage en entreprise constitue un levier d’action considérable. Mais des freins importants subsistent « Si je fais du covoiturage, on va me sucrer mes indemnités kilométriques. » Cette réflexion, Arnaud Sarfati l’a régulièrement entendue de la bouche de salariés qu’il tentait de convertir à ce nouveau service de leur entreprise. Avec le site 123envoiture.com, le directeur général de Green Cove Ingénierie est un des leaders du covoiturage en France. Mais sa société ne s’adresse pas uniquement aux particuliers. Elle propose également aux entreprises et aux collectivités des solutions de covoiturage entre les lieux de travail et le domicile des salariés. Ce type de trajets étant « les plus fréquents, ce sont ceux qu’il faut cibler pour réduire l’utilisation de la voiture », affirme-t-il. Depuis sa création en 2003, Green Cove Ingénierie a déjà mis en route des sites Internet de covoiturage pour une soixantaine d’entreprises et de collectivités. Parmi elles, Renault et Aéroports de Paris (ADP). Leur exemple montre qu’il reste encore des freins à lever pour que le covoiturage en entreprise ne soit pas déporté sur une voie de garage. Celui des indemnités kilométriques, d’abord, « de loin l’enjeu le plus important pour la mise en place du covoiturage organisé en entreprise », soulignait déjà une note stratégique de l’Ecole des mines réalisée par Manon Martin-Ginolhac en 2005. Et non, le salarié ne se verra pas sucrer ces indemnités kilométriques. Car la plupart du temps les entreprises continuent à les verser, histoire de ne pas dissuader les employés de covoiturer. Mais alors, elles attribuent des indemnités pour des trajets non effectués. « Fiscalement, il faudrait avancer », engage Arnaud Sarfati. La question des frais n’est pas la seule méconnue des salariés. « Souvent, ils n’en comprennent pas l’intérêt, poursuit-il. Ils ne réalisent pas les économies que ça leur permettrait de réaliser, et l’aspect écologique n’intervient que très peu de toute façon. » D’où la nécessité de communiquer au sein de l’entreprise. Car en cas d’explosion du prix du baril, partager une voiture peut devenir très intéressant. Autre contrainte qui peut devenir une incitation forte au covoiturage : la mauvaise accessibilité du site en transports en commun. C’est le cas du technocentre de Renault, situé à Guyancourt, dans les Yvelines, à une trentaine de kilomètres de Paris. 70 % des 12 000 employés concernés se rendent en voiture à ce centre où sont construits les futurs modèles de la marque au losange. Mais « dans des structures comme Renault, où il n’y a pas souvent de déménagement d’entreprise, les employés choisissent souvent un lieu d’habitation proche. Et lorsqu’on demeure à 10 ou 15 km, l’intérêt de covoiturer paraît tout de suite moins évident », explique Arnaud Sarfati. En mars, l’unité de Guyancourt comptait un peu plus de 1 000 salariés membres du service intranet de covoiturage mis en place en 2007 par Green Cove pour Renault. Avec les autres sites franciliens de la marque, ce sont un peu plus de 2 000 salariés qui se sont inscrits. De fait, les aérogares d’ADP, elles, sont très bien desservies par les transports en commun. Mais beaucoup d’employés travaillent en horaires décalés, et donc en dehors de leurs heures de fonctionnement. Un facteur favorable au covoiturage. Pourtant, le site Internet dédié d’ADP ne compte, depuis son lancement en 2006, que 1 350 inscrits sur un potentiel de 8 200 employés. « Notre système de covoiturage n’est pas aujourd’hui exploité au maximum de ses possibilités », concède Jérôme Landras, de la communication du groupe aéroportuaire. « La présence de places de parking en nombre important, comme à ADP, n’aide pas à son développement », pointe Arnaud Sarfati. Pour faire passer à la vitesse supérieure leur système de covoiturage, Renault comme ADP explorent la voie de l’ouverture de leur service aux autres sociétés de leurs bassins. En cas d’extension aux entreprises des pôles aéroportuaires, le service d’ADP pourrait toucher 75 000 personnes à Paris-Charles-de-Gaulle et 35 000 personnes à Paris-Orly. Une dimension encore jamais atteinte par le covoiturage en entreprise.
Louise ALLAVOINE
ERTMS : l?Europe passe à la vitesse supérieure
Le plan de déploiement européen du standard ERTMS est entré en vigueur le 1er septembre. Il prévoit l’équipement prioritaire de corridors principalement dédiés au fret (dont Rotterdam – Gênes, Lyon – Valence, Anvers – Lyon ou Lyon – Budapest). D’ici 2020, les Etats membres devront avoir équipé 14 500 kilomètres de voie, auxquels s’ajouteront 10 000 pour relier ces itinéraires aux principaux hubs de frets (gare de triages, ports, terminaux de marchandises). Tous les nouveaux tracés financés par les fonds structurels européens devront recevoir l’ERTMS. Enfin, le plan prévoit également des échéances pour le matériel : toutes les nouvelles locomotives et tous les nouveaux wagons commandés après le 1er janvier 2012 devront être équipés, avec des exceptions néanmoins pour le transport régional et strictement national. « Nous sommes maintenant certains que d’ici à 2020 un vrai réseau connectera des villes comme Stockholm, Varsovie, Gênes, Valence et Rotterdam. Ce plan ouvre des opportunités pour tous les acteurs de concrétiser le potentiel d’ERTMS », s’est réjoui Karel Vinck le coordinateur européen chargé du dossier.
Montréal installe une station vélos en 20 minutes
Les vélos en libre-service ont le vent en poupe. Et pas seulement en France. Outre-Atlantique, c’est au tour de Montréal de se lancer dans l’aventure. Et l’innovation est au rendez-vous Bixi. Quatre lettres pour désigner la nouvelle offre de vélos en libre-service de Montréal. Après Shanghaï, Paris ou Barcelone, la métropole québécoise se lance dans l’aventure. On parle pourtant là-bas de concept original. Un brevet a été déposé, et des cités comme Londres ou New York se disent intéressées. A priori, pourtant, rien de nouveau. Des vélos en libre-service pour effectuer de courts déplacements. Les deux-roues montréalais auraient même quelques points faibles. A commencer par leur coût. L’abonnement annuel revient à 78 dollars, soit environ 55 euros. Une somme à rapprocher des 29 euros de l’abonné parisien. Pour les non-abonnés, il faut débourser 5 dollars, environ 3 euros, pour une utilisation ponctuelle de 24 heures. Le même service coûte 1 euro dans la capitale. Une somme qui correspond encore au double du prix d’un ticket de bus. La ville a pourtant vu grand. 3 000 vélos à terme sont prévus, répartis dans 300 stations à travers l’agglomération. Après Paris, Lyon, Barcelone et Shanghaï, Montréal se situe au 5e rang mondial par l’importance de son réseau. En juin 2009, le système enregistre déjà 3 000 déplacements quotidiens. De quoi faire taire ses détracteurs. Bixi a même été nommé parmi les meilleures inventions du Time et des Edison Awards. Quelle est donc la recette de Bixi, et pourquoi autant de métropoles sont sur les rangs pour l’adopter ? Une première piste est à chercher du côté du vélo lui-même. Doté d’un design original développé sur l’ensemble du système, bornes comprises, il se veut plus robuste que les modèles généralement utilisés en libre-service. Quand le Vélib’ est construit en acier, Bixi utilise l’aluminium. Les problèmes d’usure liés à la rouille sont écartés. L’entretien s’en retrouve simplifié. Un argument important quand on sait que Decaux, à Paris, a dû demander l’aide de la municipalité pour faire face aux dégradations des Vélib’. Autre atout, technique celui-là, le vélo de Montréal dispose de 3 vitesses et se positionne comme un véhicule plus performant que le cycle standard proposé ailleurs. Mais c’est au niveau des stations que se situe la plus grosse innovation. Alimentées par énergie solaire, elles ne nécessitent aucun raccordement au réseau électrique souterrain. Résultat, l’installation ne demande pas plus de 20 minutes. Le réseau peut ainsi s’adapter facilement au gré des besoins et des saisons. Le rude hiver Montréalais, généralement accompagné de fortes chutes de neige, impose en effet la dépose complète du système jusqu’au retour des beaux jours. C’est cette contrainte qui est à la base de la mise au point du Bixi. Le handicap climatique se transforme en atout. Le système permet la mise en place de stations ponctuelles lors d’événements sportifs ou de manifestations. De la même manière, un loueur de vélos de la vieille ville qui se disait lésé par l’installation d’une station à proximité de son commerce a obtenu son déplacement d’autant plus facilement qu’il ne nécessitait pas la mise en œuvre de gros travaux. Reste à présent une dernière étape, vendre le concept à d’autres villes. Bixi répond donc aux appels d’offres lancés par les métropoles souhaitant se doter de vélos en libre-service. A Lisbonne et Boston, il a passé l’étape de la présélection. A Londres, il fait partie des cinq projets retenus avant une décision finale. A Minneapolis, l’idée de déployer Bixi aurait été retenue et n’attendrait plus qu’un financement pour être concrétisée. L’achat du brevet serait une bonne chose pour les utilisateurs montréalais. Dans une telle hypothèse, les édiles l’ont promis, le réseau sera développé et les coûts diminués.
Philippe-Enrico ATTAL
Dole, un réseau urbain très rural
Ca bouge à Dole. L’agglomération a mis en place un nouveau réseau de bus, véritable projet urbain au service de la ruralité « Un projet urbain au service de la ruralité. » L’expression de Claude Chalon, président de la communauté de communes du Grand Dole, en dit long sur la philosophie du nouveau réseau de transports de la collectivité. Avec 41 communes pour environ 50 000 âmes dont la moitié résident à Dole, l’agglo a mis en place un nouveau réseau de bus exploité par le suisse CarPostal. Six lignes régulières, plus six lignes sur réservation et une navette (gratuite) pour le centre de Dole, cadencée au quart d’heure. Le réseau s’est doté de 16 bus neufs en plus de ceux de l’ancien réseau Dolebus. Ces nouveaux véhicules doivent desservir tous les villages de la communauté de communes. Car Dole est entourée de plusieurs dizaines de villages et bourgades satellites dont la plupart de leurs habitants travaillent, étudient ou profitent des animations sportives et culturelles que propose la ville. Département rural aussi, le Jura doit également composer avec une population vieillissante qui rencontre un vrai problème d’autonomie. Pour ces raisons, mais aussi pour celle concernant l’environnement, un réseau de bus s’étendant jusqu’à 25 km de Dole devenait une nécessité. Il est aujourd’hui devenu une réalité et fonctionne depuis le 31 août, sept jours sur sept, de 5h à 22h. Loin d’être un service « imposé » par la ville aux campagnes, le réseau TGD implique un référent transport par commune, chargé de prendre en compte les remarques et de régler les problèmes éventuels. Parallèlement, trois nouveaux salariés se voient affectés une mission de renseignements auprès de la population et de relais entre les communes et l’exploitant. Si la question de la gratuité totale de ce service a été étudiée, le choix s’est finalement porté sur un abonnement à très bas coût, de 30 euros par an, 20 euros pour les moins de 26 ans, 15 euros pour les bénéficiaires du CMU. La gratuité est en revanche assurée pour les scolaires, et il reste possible de choisir un abonnement mensuel à 10 euros, ou encore des cartes de 10 voyages à 8 euros. Un ticket reste valable une heure. Certains services sont personnalisables au moyen d’une réservation. Exemple : les personnes à mobilité réduite bénéficient d’un service porte-à-porte. La réservation sera nécessaire également pour certains bus le dimanche, ou dans le cas de liaison avec les TER de Besançon et de Dijon. Les modalités de réservations s’effectuent la veille pour le lendemain mais aussi le matin pour l’après-midi.
Philippe BOISSON
Nantes remet tout à plat
La ville de Nantes va proposer un nouveau PDU dans neuf mois « On essaie d’observer », glisse Jean-François Retière, en charge des transports à Nantes Métropole. A neuf mois de proposer un nouveau PDU (plan de déplacements urbains) pour la décennie 2010, il est engagé dans un effort pour comprendre comment les Nantais ont modifié leurs manières de se déplacer ces dernières années. Voiture, vélo, marche à pied, bus, tram et les petits nouveaux – bateaux, covoiturage, auto-partage –, il veut savoir comment ils les choisissent, les enchaînent. « Dans les dix ans à venir, nous n’agirons plus seulement sur les infrastructures. Nous actionnerons tous les leviers pour développer les bonnes pratiques. Il faut donc regarder d’où l’on part. » L’exercice a commencé à l’occasion de conférences d’élus, convoquées en début de mandat électoral pour « rationaliser le réseau de transport ». Un million de kilomètres à supprimer ! Ils ont dû examiner l’utilisation des tramways, des bus, quartier par quartier. « A présent, les collègues parlent d’usages variés des modes de transport selon les heures, les endroits. Ils les connaissent », observe Jean-François Retière. Pour en savoir plus, fin septembre, un réseau social exploratoire, type Facebook, sur le thème des déplacements et regroupant les salariés d’un quartier sera lancé. Il fournira des renseignements sur leurs habitudes. Une attention particulière sera portée aux témoignages de huit habitants tentant l’expérience Zénius, se privant d’automobile au profit d’autres modes de déplacement. En complément, des panels de citoyens « ordinaires » du cœur de la ville, des quartiers, d’au-delà le périphérique, vont être interrogés, méticuleusement. De façon plus classique, est commandée une enquête déplacements. Des avis « experts » et « militants » seront recueillis auprès du Conseil de développement et des associations. A chaque fois, dans l’œil du microscope, de plus en plus, des individus ou des groupes d’individus.
Hubert HEULOT
Jean Germain veut redonner du lustre à la gare de Tours
Jean Germain, maire de Tours et président de la communauté d’agglomération Tours Plus, veut faire de sa gare un pôle multimodal Aux yeux du maire de la ville et président de la communauté d’agglomération Tours Plus, Jean germain, la gare de Tours présente un immense avantage. Etre située en plein centre-ville. Revers de la médaille, elle est difficile d’accès. Mais demain, elle sera métamorphosée, car son intention est d’en faire « the place to be » : « la gare deviendra une zone familière et même “ chicos ” comme dans les années 20 ! », prédit l’édile socialiste. Et surtout un pôle multimodal : « avec 270 trains par jour, TGV, TER et Corail ; bientôt un tramway et sans doute un tram-train puisque nous étudions la réactivation de l’étoile ferroviaire en ce sens, la gare routière intégrée au pôle, de même que les vélos et les taxis… », énumère Jean Germain. La SNCF a signé le 1er septembre un protocole de partenariat avec la ville de Tours. L’opération est par ailleurs présentée par le président de la SNCF Guillaume Pepy comme « extrêmement emblématique du niveau d’ambition que nous souhaitons avoir sur les gares ». Deux conventions de financement pour les études ont été lancées : l’une touche à l’accueil du futur tram en gare, l’autre au pôle multimodal dans son entier pour lequel plusieurs scénarios seront élaborés. On attend les résultats mi-2010. Attendue pour le 1er septembre 2013, la première ligne de tram 15,5 km du nord au sud (jusqu’à Joué-lès-Tours, 2e pôle de l’agglo) décrochera en effet au niveau de la gare, la longera et « fera billetterie commune avec la SNCF », selon les termes de Jean Germain. L’élu y tient beaucoup. « Réfléchir sur le passage physique du tram au train a été l’occasion de repenser l’intermodalité de tous les modes de transports », poursuit-il. Le chantier du tram (320 millions d’euros) doit débuter dans un an. Les financements « sont bouclés » et les appels d’offres en cours de lancement. Même le parvis, cette « place un peu délaissée et coupée de la gare », fera peau neuve pour les piétons, bien entendu. La première phase du projet gare, liée au tram, devrait tenir dans une fourchette de 2 à 3 millions d’euros. On espère que la majorité des aménagements emblématiques – la rénovation de la halle par exemple – seront prêts en 2013, mais le maire reconnaît que l’achèvement complet du projet pourrait prendre « une vingtaine d’années ». Il compte aussi aménager « une zone économique de chaque côté de la voie ferrée entre Tours centre et Saint-Pierre-des-Corps », rénover les navettes entre les deux gares, desservir le centre historique de la ville par des bus électriques, ajouter à Vélociti, le service de location longue durée de 1 200 vélos, un service « Autociti » avec des voitures propres… De même, il envisage de faire venir un magasin de duty-free dans la gare de la ville qui compte parmi les plus touristiques de France – grâce à la proximité des châteaux de la Loire. Des ambitions qu’il imagine même voir accélérées par… la campagne électorale des régionales. Et par la pression de l’opinion publique qui a selon lui basculé. « Mais pourquoi ça ne va pas plus vite ? », lui disent les Tourangeaux.
Cécile NANGERONI
Comptes SNCF : toutes les activités souffrent
Si Fret SNCF plombe les comptes, c’est bien l’ensemble du groupe qui accuse le coup Des comptes du groupe SNCF au premier semestre, on retient sans doute avant tout la part attribuée à Fret SNCF dans cette première « plongée dans le rouge » depuis 2003. Avec 323 millions d’euros de perte pour cette seule activité sur 496 millions au total, soit 65 % de la perte globale alors que sa contribution au chiffre d’affaires total du groupe se limite à 6 %. Toutefois, outre ce mauvais résultat qui ne représente pas une véritable surprise, les motifs d’inquiétude sont réels pour l’ensemble des diverses activités de la SNCF. Etat des lieux.
SNCF Voyages
Portée par la vague des TGV, c’est traditionnellement l’activité qui permet depuis des années au groupe SNCF, et particulièrement à l’Epic, d’afficher des bénéfices. Mais la tendance régulière à la hausse de la branche marque un net coup d’arrêt sur les six premiers mois et le CA de la branche s’affiche en retrait, 1,7 %, par rapport à la même période de l’année précédente. Comme le dit David Azéma, directeur général délégué chargé de la Stratégie et des finances, « il y a une cassure dans la tendance à la croissance de SNCF Voyages qui continue toutefois à porter la SNCF. » Ainsi les produits du trafic voyageurs sont en baisse de 3,1 %, les taux d’occupation en baisse de 74 % à 70 %. En particulier sur la première classe, qui subit la faiblesse du marché professionnel. Car, dans ce contexte, les comportements des voyageurs évoluent. Avec la recherche systématique des plus petits prix pour la clientèle Loisirs, le report de la première à la seconde classe pour les voyageurs professionnels… Et puis, si la situation s’est stabilisée pour les TGV, avec « une bonne résistance du marché domestique », Corail est en recul de 7,6 %, Thalys de 4,1 % et Eurostar de 23,9 %. Et la crise touche particulièrement les filiales de distribution internationales. Du coup, la marge opérationnelle est en recul de près de 19 %, soit une baisse de 128 millions d’euros à 553 millions. Cela s’explique, en partie, par le recul de 86 millions des produits du trafic. Et également par la forte hausse des péages d’infrastructure, de 33 millions.SNCF Proximités
Certes, l’évolution du chiffre d’affaires est toujours au rendez-vous, de 2,3 %. Toutefois, elle s’explique avant tout par l’offre supplémentaire liée aux développements de services et aux nouvelles conventions TER. Cependant, cette hausse est inférieure aux objectifs contractuels fixés pour les activités conventionnées. Et la conflictualité est plus forte qu’en 2008. Conséquence directe : la marge pour la SNCF est réduite de 58 %, soit une baisse de 144 millions d’euros à 101 millions. Soit 22 millions pour les fréquentations Transilien et TER en dessous des objectifs fixés avec les autorités organisatrices, 16 millions liés à la hausse de la conflictualité et à l’augmentation des pénalités pour problèmes de qualité de production. Enfin, en période de faible inflation au niveau national, l’évolution des coûts de production n’est pas compensée par l’indexation des produits prévue dans le dispositif contractuel, ce qui coûterait près de 100 millions d’euros.SNCF Infra
Certes, pour cette branche, qui entretient le réseau pour le compte de RFF, le chiffre d’affaires est à la hausse, de 2,6 %. C’est avant tout lié au renforcement de la politique de régénération de la voie et des ouvrages d’art. Toutefois, les charges progressent plus vite que les recettes en raison, en particulier, de la baisse des indices qui servent à indexer la convention de gestion. « On parle beaucoup des péages, mais c’est aussi une forme de subvention à RFF, un moyen de faire circuler de l’argent entre la SNCF et RFF », estime David Azéma. Donc, plus il y a de travaux, plus il y a de pertes. « Avec une inflation proche du négatif, c’est l’effet ciseaux. » David Azéma résume : « Lorsqu’il y a la crise, les faiblesses stratégiques sont accentuées. » C’est vrai pour le fret, bien sûr, mais également pour l’Infra et Proximités.
Pascal GRASSART
Covoiturage : les collectivités prennent la main
Depuis un an ou deux, ce sont les collectivités, et plus particulièrement les départements, qui semblent vouloir prendre la main sur le covoiturage. La plupart du temps, la mise en place d’un service dédié s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d’un agenda 21 ou d’un PDU. Les élus misent sur le sentiment de proximité pour lever les freins au développement de cette pratique et inciter les administrés à franchir le pas. « C’est bien plus simple pour une collectivité de communiquer sur un site local qui porte leur nom plutôt que d’essayer de renvoyer les gens vers un site national », explique Arnaud Sarfati, président de Green Cove Ingénierie, l’éditeur de 123envoiture.com, qui propose comme ses concurrents une plateforme de base avec toute une série d’options : standard téléphonique pour ceux qui n’ont pas accès à Internet, garantie retour en cas de défection du chauffeur, kits de communication… Le prix varie de 4 000 à 30 000 euros selon la prestation retenue. A cela, il faut ajouter le coût de gestion du site, qui va varier de 400 euros à 4 000 ou 5 000 euros par an. Une paille dans le budget transports d’un département et même d’une agglomération. D’autant que la plupart du temps, la mise en place du site est subventionnée par l’Ademe et les fonds européens Feder. Cependant, il ne suffit pas de se doter d’un outil informatique pour que le covoiturage fonctionne. De fait, le succès ou non du service de rapprochement va largement dépendre de l’implication de la collectivité et des acteurs locaux.
Un travail de longue haleine
En effet, une politique de communication active est indispensable pour générer du trafic sur un site de covoiturage et atteindre une taille critique qui permettra une rencontre de l’offre et de la demande. « Cela suppose d’aller voir les entreprises et les administrations situées sur le territoire concerné, note Régis Lippinois, du cabinet Ecolutis, de sensibiliser des groupes ciblés comme les étudiants, d’associer au maximum les communes du territoire concerné… » Trop souvent, les collectivités font cet effort au lancement mais ne donnent pas suite. Il faut pourtant une action suivie dans le temps pour arriver à un nombre d’inscrits et de trajets satisfaisants. Les sites qui ne sont que de simples vitrines ne dépassent pas les quelques centaines d’inscrits. Pour susciter l’adhésion des automobilistes, en plus des campagnes de communication régulières, certaines collectivités financent l’aménagement d’aires de covoiturage. Le Morbihan a été précurseur dans ce domaine, suivi par le Finistère, lequel compte déjà 18 aires installées autour des grands axes et consacre 500 000 euros par an à ce chantier. « Il s’agit de sécuriser la pratique mais aussi de lui donner de la visibilité », explique Jean Baptiste Huet, directeur des déplacements au conseil général du Finistère. Les collectivités qui se lancent dans ce type d’investissement ont généralement une vision plus intégrée de la place du covoiturage. Il s’agit non seulement de réduire le nombre d’autosolistes mais aussi d’organiser une complémentarité avec le réseau de transports en commun. Le covoiturage aurait pour vocation de devenir le dernier maillon de la chaîne de déplacement, la solution pour les zones du territoire non ou mal desservis.Le dernier maillon de la chaîne ?
« Dans le Morbihan, nous allons vers le développement de lignes haute performance qui ne pourront pas passer dans tous les villages, explique Marc Letourneux, chargé de mission covoiturage. Une des voies d’avenir consiste à encourager l’utilisation mutualisée de la voiture pour faire du rabattement vers ces transports en commun. Nous essayons de développer des aires de covoiturage à proximité des nœuds multimodaux. » Le syndicat mixte des transports de l’Oise, qui a lancé son site au début de l’année, est sur la même ligne. « Nous voulons vraiment coordonner le covoiturage et l’offre de transports existante. Quand un voyageur fait une recherche sur le site, le système liste toutes les solutions pour se rendre là où il veut aller », note François Ferrieux, vice-président délégué aux transports du conseil général et président du syndicat mixte, qui devrait se lancer lui aussi dans l’aménagement d’équipements spécifiques. «Nous avons demandé aux communes d’identifier les besoins en matière d’aires de covoiturage. Nous prévoyons aussi de réserver des places aux covoitureurs dans les parcs d’échange comme celui qui va être construit près de la gare de Compiègne. » L’idée d’une utilisation mutualisée de la voiture à grande échelle pour les trajets où cette dernière est vraiment indispensable est séduisante. Reste à savoir si cela relève de l’utopie ou si, avec le soutien des pouvoirs publics, le covoiturage peut vraiment s’imposer comme un mode de transports semi-collectif. Pour l’instant, il est difficile de connaître l’impact réel des politiques volontaristes sur les flux de déplacements. Les collectivités qui se lancent dans une politique active ont plus d’inscrits et de trafic sur leur site que celles qui se contentent d’une simple vitrine. De plus, les aires de covoiturage mises en place sont en règle générale très fréquentées. De là à conclure à un impact signifiant sur les flux de déplacement, il y a une marge.Manque d’indicateurs fiables
« C’est difficile de savoir quelle est l’efficacité de ce que l’on déploie, reconnaît Jean-Baptiste Huet, directeur des déplacements du conseil général du Finistère. C’est encore trop tôt. Nous manquons de recul et d’indicateurs. » En effet, aujourd’hui, ni les collectivités ni les prestataires ne sont capables de compter les mises en relations effectives. C’est une des limites du système. « Nous ne savons compter que les mises en relation théoriques, reconnaît Régis Lippinois. Nous avons des modules de déclaration d’équipage pour les utilisateurs qui se mettent à covoiturer, mais beaucoup ne les remplissent pas. Le seul moyen pour nous de savoir l’impact réel du service, ce sont les enquêtes de satisfaction. » Sur La Rochelle, qui compte aujourd’hui plus de 6 000 inscrits, Ecolutis en a mené deux : la première, sept mois après la mise en service du site, la seconde, après un an et demi. « Sur l’échantillon de personnes inscrites, 26 % déclaraient covoiturer, note le gérant d’Ecolutis. Ce n’est pas énorme. Il faut cependant relativiser ces résultats : plusieurs années sont nécessaires pour qu’une plateforme décolle. » Cette incertitude peut faire hésiter certains élus à aller plus loin que la simple mise en place d’une vitrine soutenue par une communication minimaliste. Elle pose aussi la question de la gouvernance. A quel niveau le service est-il le plus pertinent ? Dans une agglomération, l’effet de proximité jouera à plein. Par contre, il n’est pas certain que le nombre de trajets proposés soit suffisant pour qu’il y ait un impact réel sur les flux.Une nécessaire rationalisation
A terme, la solution réside certainement dans la mutualisation des bases de données. D’abord, pour limiter les redondances. Trop souvent, les initiatives se font de manière non concertée, au détriment des utilisateurs. Pourtant, des solutions existent. L’an dernier, par exemple, de nombreuses collectivités sont venu solliciter des financements auprès du conseil régional de Poitou-Charentes pour mettre en place des services de rapprochement. Cet afflux de demandes a incité la collectivité à développer un site mutualisé, grâce à un groupement de commande publique. Cette mise en commun permet de centraliser les offres mais aussi de mieux prendre en compte les dynamiques interdépartementales en matière de déplacements. Des projets de mutualisation sont en cours dans certaines régions. En Bretagne, le Morbihan, le Finistère et les Côtes-d’Armor travaillent au rapprochement de leurs bases de données. La Seine-Maritime, de son côté, a développé une base de données commune avec l’Eure. Le lien, cependant, reste à faire avec le site de la communauté d’agglomération de Rouen. L’implication des collectivités sur ce sujet est encore récente. Il faudra sûrement encore attendre quelques années pour arriver à une rationalisation de l’offre et à l’émergence de bonnes pratiques.
Nicolas REYNAUD
Le covoiturage : gadget ou avenir des transports ?
Cela a été un des effets inattendus de la hausse du pétrole l’an dernier : jamais les médias n’ont autant parlé du covoiturage. Les collectivités qui ont été nombreuses à lancer des services de rapprochement ces dernières années suite à l’adoption d’« Agenda 21 » et de plans de déplacement urbains ont ajouté leur voix au concert de louanges. L’idée de partager sa voiture avec des personnes qui vont au même endroit n’était pourtant pas nouvelle. Une association, Allostop, propose un service de mise en relations pour les trajets longue distance depuis la fin des années 70. Dans les entreprises, il y a toujours eu des collègues qui s’arrangeaient pour faire les trajets ensemble. Cette pratique, cependant, restait marginale, surtout pour ce qui concerne les déplacements domicile – travail. La flambée des prix du pétrole a-t-elle changé la donne ? « Cela a certainement permis de faire tomber des réticences. Cependant, maintenant que la contrainte économique est moins forte, rien ne dit que les personnes sont nombreuses à continuer », observe Stéphanie Vincent, sociologue, post-doctorante au Laboratoire d’économie des transports (LET) et auteur d’une thèse sur les altermobilités et le covoiturage. « Les usages automobiles restent majoritairement des usages individuels, particulièrement pour certains motifs de trajets », note la chercheuse, en faisant référence à la récente « enquête ménages déplacements » (EMD) réalisée à Lyon. Cette dernière montre que le taux d’occupation tous motifs des voitures est de 1,37. Ce taux descend jusqu’à 1,03 pour le trajet domicile – travail.
Une flopée de nouveaux sites
Cette observation tranche donc avec le battage médiatique observé ces derniers temps et les discours angéliques tenus par des acteurs pas forcément désintéressés. Car à côté des collectivités, de nombreux acteurs économiques ont lancé des services de rapprochement : des assureurs comme la MAIF et la Macif, des distributeurs comme Casino ou Ikea, le loueur de voitures Budget, la compagnie low-cost Transavia qui appartient à Air France… Evidemment, à chaque fois, le bénéfice environnemental est mis en avant. L’opération de communication est d’autant plus rentable qu’elle est peu coûteuse. Ces sites ne sont que des passerelles vers les bases de données gérées par les principaux opérateurs de covoiturage qui exercent au niveau national : 123envoiture.com, covoiturage.fr, covoiturage.com, roulezmalin.fr, easycovoiturage.fr, envoituresimone.com… En fait, une fois passée l’impression de diversité, on s’aperçoit qu’une dizaine de PME, dont trois ou quatre commencent à émerger, se disputent le marché du covoiturage. Ces opérateurs « professionnels », qui viennent jouer sur le terrain des acteurs associatifs encore présents dans certaines régions, démarchent élus et entreprises en mettant en avant leur capacité à apporter tout de suite des trajets grâce au portefeuille d’inscrits alimenté par leur site national et les sites partenaires. Le modèle repose donc sur la mutualisation des trajets et la croissance du « réseau ». La course à la taille est lancée entre les différents acteurs. « Le prix des prestations est déjà en train de chuter, note Régis Lippinois, d’Ecolutis, cabinet spécialisé qui édite easycovoiturage.com, un site grand public, et propose des solutions clés en main. Ceux qui survivront sont ceux qui réussiront à nouer des partenariats pour se développer et alimenter leur base d’inscrits. »
La SNCF investit
Les premiers rapprochements ont eu lieu avec des acteurs du transport public. Ecolutis a noué un partenariat avec Transdev. De son côté, Green Cove, qui exploite le site de covoiturage 123envoiture.com, a lancé une augmentation de capital à laquelle ont souscrit la SNCF et Norauto. L’entreprise publique, à travers son fonds Eco-mobilité Partenaires, et le groupe de services automobiles ont payé à eux deux environ un million d’euros pour détenir chacun 20 % du capital. « Nous attendons beaucoup de rentabilité à terme », a déclaré Fabienne Herlaut, présidente d’Eco-mobilité Partenaires. Une façon de dire qu’il est temps qu’un modèle économique émerge. Pour l’instant, l’inscription et la mise en relation sont gratuites sur les sites nationaux, qui sont avant tout des vitrines pour démarcher les entreprises et les acteurs institutionnels. Cependant, rien ne dit qu’il ne faudra pas payer une fois le marché structuré. Reste à définir les modalités. « On peut par exemple imaginer un service de base gratuit avec des options payantes comme la validation des coordonnées du contact, la possibilité d’arriver en tête de liste des annonces », explique Arnaud Sarfati, qui mise sur le volume pour que ce modèle soit rentable. Aujourd’hui Green Cove revendique 350 000 utilisateurs. L’entreprise vise le million d’ici trois à cinq ans. Cette montée en puissance de quelques grands acteurs devrait permettre une meilleure efficacité, en limitant la dispersion de l’offre. Cela va-t-il entraîner pour autant une massification de la pratique, notamment au niveau des trajets domicile travail. Pas si sûr. Les plus optimistes font valoir la montée inéluctable des prix du carburant, les enjeux liés au réchauffement climatique. Les mauvais esprits, eux, soulignent qu’on ne change pas aussi facilement les habitudes de déplacement.La voiture : un espace privé
Même les professionnels le reconnaissent : il y a des freins au développement du covoiturage, au premier rang desquels le sentiment d’insécurité. Le fait de ne pas connaître son partenaire de voyage peut rebuter. Autre obstacle de taille : le sentiment de contrainte. Le covoiturage oblige l’automobiliste à rentrer directement chez lui après le travail. Or les personnes peuvent avoir des impératifs ou des activités en fin de journée. Sans compter que la voiture reste un espace privé, un prolongement du domicile dans lequel on veut pouvoir écouter sa radio préférée, fumer comme un pompier, s’emporter contre le conducteur de devant… Cette difficulté pose la question de la gouvernance. Qui doit piloter le covoiturage ? Si on raisonne en technicien, la base de données centralisée au niveau national ou régional est la meilleure réponse. Par contre, si on prend en considération la « dimension psychologique », les démarches locales prennent tout leur sens. « L’entreprise peut être un bon terrain pour mettre en place un service, explique Stéphanie Vincent. Cela permet de rassurer les gens, de jouer sur le sentiment d’appartenance à la même structure pour enraciner la pratique. Cependant, tant que les PDE ne seront pas obligatoires, il ne faut pas s’attendre à une massification du covoiturage. » Sans oublier que l’on retombe inévitablement sur le problème de la taille critique de la base de trajets. Les opérateurs estiment qu’environ 10 % des salariés s’inscrivent quand un système est mis en place. Pour contourner ce problème, des collectivités, parmi lesquelles beaucoup de départements, lancent des sites de rapprochement qui ont pour vocation de centraliser les offres, tout en jouant sur l’effet de proximité pour rassurer les utilisateurs. Pour l’instant, les résultats sont contrastés et difficiles à évaluer. Certains sites ont du mal à décoller, d’autres comme ceux des départements du Morbihan et du Finistère ou de l’agglomération de La Rochelle, qui se sont lancées parmi les premiers dans l’aventure, dépassent les 5 000 à 6 000 inscrits. Rien ne permet cependant de savoir quel est l’impact réel de ces services. La plupart des automobilistes ne remplissent pas les « formulaires d’équipage » facultatifs proposés par les opérateurs. Une meilleure connaissance des usages, des types de trajets effectués, de la typologie des utilisateurs permettraient pourtant de se faire une idée plus précise de l’efficacité réelle du covoiturage à une échelle locale, de son potentiel et de la place qu’il peut occuper dans la chaîne des transports.
Nicolas REYNAUD