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  • Nancy prépare déjà l’après TVR

    Le tramway sur pneus ne fait plus parler de lui à Nancy. Un bon signe ! Pourtant, la nette amélioration de son fonctionnement ne veut pas dire qu’il n’y a plus de problèmes… Justement, parce que le public est au rendez-vous. « On est déjà presque à saturation, constate Thierry Marchal, le directeur général adjoint des services de la communauté urbaine du Grand Nancy. On n’a pas plus de 25 véhicules, on ne peut pas les allonger, et Bombardier n’en fait plus. En plus, on en a toujours un certain nombre en rade, qu’ils soient en maintenance ou en réparation. »
    Pour faire face à la demande, il faudrait donc augmenter les cadences, et donc améliorer la vitesse commerciale, qui ne dépasse pas les 15 km/h. Or le tram perd pas mal de temps en station – et elles sont nombreuses, et très rapprochées –, et surtout lorsqu’il « droppe » et « dédroppe » pour entrer et sortir des sections où il est guidé. Quatre manœuvres par voyage, qui exigent autant d’arrêts… « Bombardier l’avait vendu comme un système très souple », et il ne l’est pas tant que ça, pointe Thierry Marchal. En revanche, note-t-il, « là où il n’est pas en site propre, on ne peut pas considérer qu’il perd du temps ». De toute façon, ajoute-t-il, « on est déjà à 4 minutes 30 aux heures de pointe, dans un site très urbain ; on s’aperçoit qu’on aura du mal à descendre plus bas si on ne veut pas détériorer tout le fonctionnement de la ville ».
    Que faire ? Le Grand Nancy n’est pas vraiment intéressé par l’achat de rames supplémentaires au cas où Bombardier relancerait ses chaînes pour satisfaire Caen (qui, elle, est demandeuse). Les démêlés de ces dernières années ont rendu exécrables les relations avec le constructeur. En outre, la publication en novembre du rapport d’un expert mandaté par le tribunal administratif n’incite guère à l’optimisme. Il relève en particulier que si les coûts de maintenance devaient pouvoir être abaissés au niveau promis à l’origine par Bombardier, le vieillissement du matériel entraînerait des dépenses supplémentaires à relativement court terme. Or la fréquentation de la ligne devrait encore augmenter car l’agglomération a de nouveaux projets sur le tracé…
    Pour faire face à la saturation qui menace, la communauté urbaine compte donc agir sur plusieurs fronts : négocier avec les institutions desservies un étalement de leurs horaires de façon à pouvoir déverser le trop-plein des heures de pointe vers les heures creuses, doubler la ligne par une ligne de bus « campus » – prévue pour la rentrée de septembre – qui irriguera les facultés et… envisager sérieusement le remplacement du TVR par autre chose.
    « On a eu des vicissitudes, pour employer un mot faible, avec la ligne 1, note Christian Parra, le vice-président du Grand Nancy, chargé de la politique des transports. Cela dit, nous avons quand même, et j’ose dire paradoxalement, le succès au rendez-vous. Car le tracé de la ligne était un bon choix ! » L’élu, qui était déjà responsable du dossier lors du choix du TVR à la fin des années 1990, n’a pas de mal à expliquer les décisions de l’époque. « On ne l’a pas acheté sur catalogue. Les rapports allaient tous dans un sens très positif, et il y a eu une validation du matériel signée par un ministre que la décence m’empêche de nommer ici (Jean-Claude Gayssot, ndlr). Dans le matériel existant et validé à l’époque, on a choisi ce qui semblait répondre le mieux à nos besoins. On voulait quelque chose qui puisse monter les pentes. Et on a fait les comptes : avec ce que proposait Bombardier, on pouvait réutiliser une partie des infrastructures aériennes du trolleybus, et on n’était pas obligés de construire une ligne pour le dépôt. Cela dit, si Alstom avait pu nous proposer un matériel sur deux rails qui montait les pentes, je pense qu’on l’aurait choisi – à condition qu’il ne coûte pas beaucoup plus cher. Au vu de ce qui se fait aujourd’hui, évidemment qu’on aurait pu faire un autre choix. Mais, à l’époque, on n’avait pas d’alternative. »
    Tirant les conséquences de ce choix – et peut-être parce qu’il faut limiter les dégâts –, le Grand Nancy a convenu de poser sérieusement en 2013 la question du remplacement du TVR sur la ligne 1. Pourquoi 2013 ? Les mauvaises langues diront que c’est pour proposer quelque chose avant les municipales de l’année suivante. En fait, l’agglomération devrait alors avoir une ligne 2 flambant neuve, et même une ligne de bus à haut niveau de services préfigurant une future ligne 3. Elle aura alors réalisé – avec deux ans de retard – l’armature préconisée par son PDU et pourra s’occuper de l’amélioration de l’existant.
    Ce système à trois lignes n’est pas une nouveauté : il reprend et prolonge le tracé des trois axes de TVR que la communauté urbaine prévoyait pour 2006 il y a une dizaine d’années. Axes qui eux-mêmes correspondent en grande partie aux lignes de trolleybus installées au début des années 1980 et dont l’essentiel des installations électriques est toujours en place.
    De trolleybus, il en est à nouveau question à Nancy. Pour la ligne 2 (nord-ouest – centre – sud-est), dont le potentiel est évalué à 25 000 passagers par jour, l’agglo s’intéresse à un modèle moderne à guidage optique. C’est-à-dire au Civis version trolley qu’Irisbus a vendu à Bologne, en Italie (et auquel s’intéresse aussi Valenciennes). Longue de 11 km et perpendiculaire à la ligne 1, la 2 sera comme son aînée, en site propre sur sa partie centrale et mêlée à la circulation générale aux extrémités (peu encombrées). Il y en a pour 168 millions d’euros, la mise en service étant prévue pour le début 2013.
    Quant à la ligne 3, une boucle sud – ouest – centre – est reprenant une branche de la ligne 1 abandonnée à cause des déboires du TVR, elle ne figure pour l’instant qu’en pointillés sur les plans du Grand Nancy. Mais son tracé devrait se préciser assez rapidement, puisque l’ouverture d’une ligne de bus à haut niveau de services (BHNS) est annoncée pour 2013, en même temps que la ligne 2. « Pour l’instant, on prévoit 15 000 voyageurs par jour. Mais il n’est pas impossible qu’elle passe ensuite du BHNS au vrai TCSP, indique Christian Parra. Car à l’est, on a une zone de 220 ha libres à urbaniser. C’est beaucoup, 220 ha ! On ne sait pas encore ce qu’on va y faire, mais on aura sans doute des entreprises, de l’habitat… Comme on ne sait pas bien ce qu’on mettra dessus, on ne sait pas bien combien on aura de clients. Mais la 3 devrait logiquement dépasser la 2, d’où une réflexion sur un passage à un mode plus lourd. »
    Cette réflexion est donc annoncée pour 2013. Avec la volonté de lier l’éventuelle promotion de la ligne 3 et l’éventuel changement de mode de la ligne 1 qu’elle complète. « La 1 et la 3 sont intimement liées, insiste Laurent Garcia, jeune vice-président du Grand Nancy, chargé des lignes de TCSP. Rien n’est arrêté, rien n’est figé, mais ce n’est pas déconnant d’imaginer qu’il puisse y avoir une harmonisation du matériel pour deux lignes sur trois. » Pour le choix du système, « on n’exclut rien a priori », insiste-t-il. « Gardons-nous des “y’a qu’à, faut qu’on” ! » Et d’annoncer une campagne d’« observation de ce qui se fait dans les pays européens, ou en France, sans exclusivité », et de rappeler que le futur délégataire des transports publics nancéiens sera en charge du matériel : « Ce sera à lui, aussi, de faire des propositions. Il est en droit d’avoir des idées ! »
    A ce propos, Guy Pierron, le directeur du réseau Stan qui entend bien se succéder à lui-même, reste prudent : « Il faudra voir quel sera le meilleur moment pour arrêter le TVR ? et à quel prix ? – et comment on va vivre pendant la période de transition. Et bien sûr par quoi on le remplacera ! » Tous citent le trolleybus tricaisse, le Translohr ou, pourquoi pas, du tram fer « si le tramway dit léger permet de monter des pentes de 11 à 12 % ».
    Si elles sont décidées, transformation de la ligne 1 et/ou construction d’un véritable TCSP pour la ligne 3 seraient réalisées « à l’horizon 2017, pas avant », estime Christian Parra. Ce n’est donc pas tout de suite que Nancy cédera ses TVR à Caen, qui en aurait bien besoin ! D’ici là, la communauté urbaine devrait aussi avoir beaucoup avancé sur sa « ligne 4 », aussi appelée tram-train. Il s’agit d’un train de banlieue qui utiliserait l’ancien chemin de fer de ceinture (qu’il faudra en partie reconstruire), passant à l’est du centre. Un groupe de travail a été mis en place avec la région, le département, le Syndicat mixte des transports suburbains de Nancy, les intercommunalités voisines, RFF et la SNCF, qui planchera plus généralement sur l’amélioration de la desserte ferroviaire du « bassin de vie ». Après avoir déjà réalisé une ligne de TCSP pendant ce mandat, le Grand Nancy aura-t-il les moyens de toutes ses ambitions sur le prochain avec ces lignes 1, 3 et 4 ? Réponse en chœur et sans appel de Laurent Garcia et Christian Parra : « Ca s’appelle un choix politique. »
     

    François ENVER

  • Le tram de Montpellier « do Brasil »

    Brasília a choisi Montpellier pour l’assister techniquement dans la mise en place de sa première ligne de tramway. Une convention de coopération a ainsi été signée entre Montpellier Agglomération, le district fédéral de Brasília et l’Agence française de développement (AFD). Cette dernière a en effet investi 350 000 euros pour l’appui technique permettant d’accroître l’efficacité du système, suite au prêt de 134 millions d’euros qu’elle a consenti pour financer cette ligne de 22 km, dont les 8,7 premiers kilomètres devraient entrer en service d’ici 2014. Pendant six ans, TAM (Transports de l’agglomération de Montpellier) travaillera conjointement avec la société Métro DF pour lui apporter son savoir-faire technique sur ce type de ligne. La création de cette ligne entre dans le cadre de « Brasília Integrada », programme de promotion des transports en commun de la capitale brésilienne.

  • Trois contrats pour une filiale de Keolis

    Fin juin, Västraffik, l’autorité organisatrice des transports publics dans la région ouest du Götaland (sud-ouest de la Suède), a annoncé l’attribution à Busslink, filiale du groupe Keolis, de trois nouveaux contrats dans l’agglomération de Göteborg. Ces contrats démarreront en juin 2010 pour une durée de 8 ans, avec une prorogation possible de 2 ans. Le chiffre d’affaires total devrait s’élever à 185 millions d’euros sur 8 ans selon Keolis. Les services remportés concernent les réseaux urbains des communes de Mölndal et Partille, ainsi que deux lignes d’autobus express reliant Göteborg à Kungsbacka et Saltholmen. Pour ce contrat, Keolis va investir dans un nouveau parc de 119 autobus au biodiesel (ester méthylique d’huile de colza) et recruter environ 400 conducteurs actuellement employés par Veolia et Göteborgs Spårvägar.

  • 8 mois gagnés sur le calendrier des livraisons de rames Francilien

    La livraison de rames Francilien est accélérée, avec 40 rames en 2011 et 2012 au lieu de 30. Cela doit permettre de gagner huit mois par rapport au calendrier initial. Cette accélération permet de voir arriver plus vite le Francilien sur les dessertes Paris-est Meaux et Paris-est Coulommiers. Sans pénaliser son arrivée sur les lignes des réseaux Paris nord-ouest et Paris Saint-Lazare. L’équipement du réseau Paris-est serait ainsi achevé en avril 2015 au lieu de décembre 2015.

  • Systra remporte le tram de Tours

    Cité Tram, mandataire du Syndicat intercommunal des transports en commun de l’agglomération de Tours (Sitcat), a choisi le groupement mené par Systra pour assurer la maîtrise d’œuvre de la première ligne de tramway de Tours. Systra, mandataire du groupement, est associé à Safege et Eccta pour l’infrastructure, à Xelis pour les équipements et systèmes, et aux cabinets d’architecture et d’urbanisme Richez_Associés et Ivars&Ballet. Le groupement a en charge la maîtrise d’œuvre complète de c ette première ligne de 15,5 km et 30 stations qui reliera le nord de Tours à Joué-lès-Tours. Les études de la ligne ont démarré fin juin. Les travaux débuteront à partir de juin 2010 pour une mise en service prévue le 1er septembre 2013.

  • Borloo retient le tracé des métropoles Marseille – Nice pour la LGV Paca

    Le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo a annoncé le 29 juin que le tracé sud dit « des métropoles », passant par Marseille, Toulon et Nice, avait été retenu pour la LGV Paca. Sur la base du rapport qui vient de leur être remis par le médiateur Yves Cousquer, Jean-Louis Borloo et Dominique Bussereau ont fait savoir aux élus locaux que « le scénario “Métropoles du Sud” desservant les agglomérations d’Aix-en-Provence, Marseille, Toulon et Nice est le mieux adapté », indiquent-ils dan s une lettre. « Il fait l’objet de l’accord des parties prenantes » et doit en conséquence « être retenu ». Parole tenue donc pour le ministère qui, en février, avait promis une décision sur le tracé au 30 juin. Deux tracés concurrents divisaient les élus du Sud-Est. Celui qui est abandonné traversait le Haut-Var en suivant l’A8. Le tracé choisi fait l’unanimité parmi les élus. Il représente 180 km de LGV à construire pour mettre Nice à environ 3 heures 50 de la capitale. Son coût réévalué est de 15 milliards d’euros. RFF a indiqué commencer les études préliminaires dès aujourd’hui et vise une mise en service vers 2022 ou 2023.

  • Faut-il investir dans les bus hybrides ?

    De retour de Vienne, quelques élus enthousiastes ont passé un coup de fil à leur exploitant : « Au fait, vous nous en proposez quand, des bus hybrides ? » Star du Salon UITP, avec son image écolo, le bus à double motorisation, diesel et électrique, fait craquer les élus. Mais est-il bien raisonnable de succomber ? Pas si évident, car si les hybrides s’étalent sur les salons, la plupart des constructeurs n’en sont rendus qu’à l’étape du « proto ». Et s’ils sont intarissables sur ce véhicule que nombre de spécialistes présentent comme LA technologie d’avenir proche, c’est qu’ils ont englouti des grosses sommes en R&D et espèrent un retour sur investissement.
    Opérateurs de transport et AO sont-ils prêts à se précipiter sur l’innovation comme certains l’ont fait autrefois pour les bus au GNV ? Pas gagné. Dans la majorité des grandes agglomérations, les AO sont propriétaires du matériel roulant, dont le choix s’effectue en concertation avec le délégataire. « Bien que sensibles aux perspectives de cette alternative, les AOT sont dubitatives », estime Réginald Babin, responsable du pôle aménagement, environnement et système de transport du Gart. Un peu échaudés par leur expérience peu glorieuse avec le gaz, les élus affichent une prudence de bon aloi. Vive les solutions fiabilisées ! Ils attendent que « les phases d’expérimentation des choix techniques soient achevées », poursuit Réginald Babin. La commission innovation du Gart s’apprête à effectuer un benchmarking pour aider les AO à s’y retrouver parmi les dizaines de possibilités d’hybridation existantes.
    Côté exploitants français, l’heure est encore à la découverte. La commission techniques, énergies et développement durable de l’UTP a inscrit le sujet au programme de travail du mandat prochain. Toutefois, avec son parc de 4 000 bus, qu’elle renouvelle à hauteur d’au moins 300 véhicules par an, la RATP est prête à sauter le pas. A tester en grandeur réelle la qualité des véhicules présents sur le marché (Man, Evobus, Solaris et Volvo), via « un appel d’offres d’une cinquantaine de véhicules sans doute, allant du midibus jusqu’à l’articulé. Il sera lancé à l’été et au plus tard en septembre », confie Laurent Méret, directeur du département du matériel roulant bus. Une tête de série serait livrable en 2010 afin d’en vérifier les performances avant de lancer la série.
    En attendant, les tests réalisés par la RATP en 2008 et 2009 avec des véhicules de prêt ont été plutôt convaincants. Dans les trois configurations classiques de trafic – circulation urbaine, ligne de banlieue, ligne parisienne avec un peu de site réservé et site propre intégral sur le TVM –, les bus se sont bien comportés. Les prototypes Irisbus Cityclass, Man Lion’s City et Solaris Urbino 18 m tiennent presque leurs promesses. « Nous nous sommes particulièrement penchés sur la consommation, explique Henri Bordenave, responsable de l’unité ingénierie autobus au département matériel roulant bus de la RATP. Globalement, elle est inférieure de 20 % à celle d’un bus diesel, et non 30 % comme l’annoncent les constructeurs. »
    Les avantages de l’hybride sont bien connus. En plus de sa consommation réduite en carburant grâce au système « stop & start » et à la récupération de l’énergie au freinage, qui lui permet d’afficher 20 % d’émissions de CO2 en moins, il serait aussi plus propre au regard des NOx et des particules. Même si « cela reste à vérifier », estime prudemment Henri Bordenave. De plus, sa conduite est souple et son redémarrage est de velours : aucun bruit, du fait de la motorisation électrique. Les inconvénients sautent moins aux yeux. Il y a le prix, d’abord : le joujou hybride coûte entre 30 % et 50 % de plus à l’achat suivant la gamme. « Le surcoût est fixe, que l’on implante une hybridation sur un bus articulé de 24 m ou un midibus de 10 m, explique Pierre Moïse, responsable accessibilité, produits et services de Transdev. Entre 100 000 et 150 000 euros. » D’où l’intérêt de promouvoir l’hybridation sur les bus articulés pour un meilleur retour sur investissement.
    Car pour bien évaluer la rentabilité du système hybride, il faut raisonner en coût complet. « Nous calculons à partir du “ life cycle cost ”, incluant l’achat, la consommation de carburant sur 15 ans et une partie du coût de maintenance », précise Henri Bordenave, enfilant sa casquette de président du comité bus de l’UITP. Ce calcul se fait pourtant rarement dans les agglomérations, qui placent une muraille de Chine entre les budgets d’investissement et de fonctionnement. De plus, deux inconnues auront un impact majeur sur la rentabilité de l’investissement. Il y a d’abord l’évolution du prix du pétrole, dont la visibilité sur 15 ans est faible. A la RATP, on prend une hypothèse neutre de +3 % par an. Et puis, il y a la maintenance : « Sur la durée de vie d’un bus, les batteries se changent une à deux fois et les constructeurs affirment que les supercapacités tiendront la distance », précise Henri Bordenave. A première vue, « on est en limite de rentabilité », conclut-il. Mais si la rentabilité n’est pas acquise, encore faut-il souligner « que l’hybride est le seul système alternatif pour lequel on parle de rentabilité économique. Le gaz et les biocarburants étant subventionnés… »
    Très clairement, l’hybride n’est pas encore arrivé aux prix du marché. « Puisqu’on n’est pas encore dans la grande série, les modèles intègrent les coûts de recherche et de développement », reconnaît Pierre Moïse, de Transdev. La filiale de la Caisse des dépôts a été précurseur en France, à Avignon, puis avec un bus Solaris à Strasbourg depuis le début de l’année. Enfin, depuis le 11 juin, le premier Urbino 12 Solaris roule à Coulommiers et, au second semestre, trois BHNS d’Evobus circuleront à Meaux.
    A l’étranger, Veolia a déjà mené des campagnes de tests sur l’hydride à Malmö et à Maastricht, et il poursuivra cette année en France à Argenteuil et à La Rochelle. « En termes d’usage, c’est une bonne solution. Mais on prévient les collectivités qu’on ne dispose que de peu de retour d’expérience sur la durée, notamment sur ce que coûtent les batteries », assure Vincent Rouet, du groupe recherche innovation de Veolia Transport. Alors faut-il y aller maintenant ? Pour Pierre Moïse, « l’hybride, c’est la solution pour aujourd’hui. On optimise l’utilisation des énergies actuelles ». « C’est une bonne marche intermédiaire entre les bus thermiques et les futurs bus tout électriques », complète Vincent Rouet. D’ailleurs, chez EDF Véhicules électriques, on le dit tout de go : « Les bus hybrides ne nous intéressent pas. » Forcément, puisqu’ils génèrent leur propre énergie, les hybrides ne se branchent pas sur le secteur. En Europe, l’hybride a le vent en poupe : Van Hool a placé 79 véhicules à la société VVM de Gand, des bus Man roulent à Nuremberg depuis 2007. Le marché pourrait être entraîné par le volontarisme de Transport for London (TfL), qui souhaite que la totalité des minivéhicules utilisés pour les JO soient des hybrides. Une expérimentation à grande échelle avec des bus s’y déroule actuellement, le premier bilan à trois mois est imminent. Et surtout Londres a annoncé son vœu d’acheter systématiquement de l’hybride en 2011 et 2012. Avec sa dizaine de transporteurs, c’est 500 à 600 bus hybrides à fournir chaque année !
    Evidemment, pour faire décoller la filière, un petit coup de pouce de l’Etat serait le bienvenu. En France, l’Ademe envisagerait une aide à l’achat. « L’avenir est dans la question des moteurs, et notamment hybrides », a d’ailleurs assuré le ministre de la Relance, Patrick Devedjian, en visite chez Irisbus Iveco, à Annonay, le 16 juin. Un porte-parole de Man précise pour sa part que subventionnée la technologie pourrait pénétrer 50 % du marché en dix ans. Sans aide, elle stagnerait à 20 %, se limitant aux villes voulant afficher une touche environnementale…
     

    Guillaume LEBORGNE et Cécile NANGERONI

  • Les hybrides à la parade : première mondiale pour Mercedes

    Economie d’énergie oblige, tous les constructeurs d’autobus (ou presque) présentaient un modèle hybride à transmission diesel-électrique. Avec décidément toujours un temps d’avance, Mercedes montrait, en première mondiale, son Citaro FuelCELL Hybrid avec pile à combustible. On pourrait disserter longuement sur le bien-fondé du vocable « hybride » retenu pour la désignation de ce produit, dans la mesure où il pourrait ici engendrer une sérieuse confusion. Jusqu’à une date récente, Mercedes lui-même, mais aussi d’autres industriels, ont construit des prototypes ou des préséries (voire de petites séries), qu’ils dénommaient alors hybrides en raison de leur mode de transmission de type diesel-électrique. Cette transmission est aussi celle des autobus hybrides d’aujourd’hui, sauf justement dans le cas du nouveau Citaro FuelCELL dit « Hybrid », mais qui ne fait nullement appel au diesel ! De surcroît, une pile à combustible produit naturellement de l’électricité, ce qui n’est pas le cas d’un moteur thermique, qui doit alors être couplé à un alternateur. En réalité, l’acception du terme a changé, l’hybridation faisant désormais plutôt référence à la notion énergétique de récupération… Quoi qu’il en soit, ce Citaro hybride de Mercedes constitue bien une vraie révolution. Il combine les avantages du tout nouvel autobus articulé Citaro G Blue Tec Hybrid, avec ceux de la pile à combustible sur laquelle le constructeur travaille déjà depuis de nombreuses années, avec un indéniable acharnement. Cette dernière technologie qui, à la différence des hybrides, garantit en toutes circonstances le « zéro émission polluante » (puisqu’elle ne rejette que de la vapeur d’eau !), utilise comme carburant l’hydrogène, et requiert bien sûr une transmission électrique. Après avoir réalisé en 1997, sur base O 405N, le prototype Nebus, le constructeur a mené, de 2003 à 2006, une expérimentation à grande échelle. Cette expérimentation mettait en œuvre 36 véhicules, cette fois sur base Citaro, et qui ont été confiés à une douzaine d’opérateurs pour une exploitation probatoire, dans le cadre notamment du projet européen baptisé Cute (Clean Urban Transport for Europe – Transport urbain propre pour l’Europe). Ces véhicules ont parcouru, au total, plus de deux millions de kilomètres, transportant sept millions de voyageurs. Le succès a été tel que certains auront finalement roulé pendant plus de six ans, alors qu’initialement l’expérience ne devait pas dépasser les deux ans ! Aujourd’hui, avec le FuelCELL Hybrid, Mercedes franchit donc une étape supplémentaire de développement, qui doit occuper le constructeur jusqu’en 2015. A nouveau, une trentaine de ces véhicules vont être confiés à différents opérateurs, dont Hambourg, qui s’est déclaré d’ores et déjà preneur. Il s’agit, comme dans le cadre du projet Cute, de « standards » de 12 m, à plancher bas et plat sur toute leur longueur. Mais à la différence des précédents, ils sont équipés, en toiture, d’un ensemble de batteries lithium-ion, de surcroît absolument uniques sur le marché, avec une puissance de 250 kW pour une masse de 330 kg. Cet ensemble est refroidi indépendamment par circulation de liquide. A partir de l’hydrogène, la pile à combustible fournit de l’électricité qui est alors emmagasinée dans les batteries, celle-ci alimentant en retour les deux moteurs de traction et les auxiliaires du véhicule. Durant les phases de freinage, ces moteurs de roue, refroidis par eau, fonctionnent en alternateur pour ralentir le véhicule et recharger ses batteries, selon le principe de la récupération d’énergie. La consommation s’en trouve réduite de 50 % ! Les sept réservoirs en toiture, d’une capacité totale de 1 435 l, permettent d’embarquer 35 kg d’hydrogène à la pression de 350 bars, ce qui offre, avec une consommation de 10 à 14 kg aux cent kilomètres, une autonomie de 250 km. Autre particularité, liée au souci d’efficacité et de facilité de maintenance, les auxiliaires sont désormais tous électrifiés. Du coup, on peut aussi les repositionner en des points qui, pour l’aménagement intérieur, ne risquent en rien de gêner. Quant aux imposants systèmes de refroidissement, ils se démarquent de ceux des autobus avec pile à combustible des générations précédentes par leur grand silence de fonctionnement. Enfin, Mercedes prévoit pour la nouvelle pile du FuelCELL Hybrid une espérance de vie égale à six ans. Par rapport à l’étape précédente, cette espérance se trouve donc multipliée par trois !    
     

    Philippe HÉRISSÉ

  • Brive se met gaillardement au vélo

    Alors que vient de débuter une vaste concertation pour le PDU, la communauté d’agglomération de Brive (CAB) a adopté son schéma directeur cyclable. Un schéma ambitieux qui prévoit d’ajouter aux 15 km de voies cyclables déjà existantes 85 autres km – dont 54 dans la ville de Brive – sous différentes formes : bandes, pistes mono ou bidirectionnelles, trottoirs partagés… Ce schéma doit se réaliser en trois phases, de 2009 à 2020, avec comme première réalisation de voirie la mise en continuité du réseau de la voie verte le long de la Corrèze qui servira d’épine dorsale. Ce schéma prévoit également la création de lieux de stationnement sur l’espace public – aux extrémités de la chaîne de déplacements cyclables et à proximité des pôles générateurs – et sur l’espace privé en intégrant cette obligation aux documents d’urbanisme pour les constructions nouvelles ou réhabilitées ; la mise en location de 200 vélos avec pour objectif à terme un dispositif type Vélib’ ; la création de cinq stations de gonflage… Des campagnes de communication incitant à la pratique du vélo – dont une vient de débuter – sont aussi au programme. Le tout pour un budget de 5,12 millions d’euros sur dix ans.

  • Champagne-Ardenne-TGV desservie par taxibus

    Reims lance son service de transport à la demande. Jusqu’à il y a peu, la gare Champagne-Ardenne-TGV était desservie par la ligne K des Transports urbains de Reims (TUR), elle l’est maintenant par taxibus. Ce nouveau service mis en place par Transdev permet de connecter trois secteurs du sud de l’agglomération (Bezannes, Croix-Rouge et Facultés-Droit-et-Lettres) à la gare Champagne-Ardenne-TGV. 23 arrêts de desserte sont possibles, le taxibus vient chercher le client à des arrêts de bus identifiés, correspondant aux principales lignes du réseau TUR. Il suffit de le commander au minimum 2 heures avant l’heure de départ souhaitée. La réservation peut se faire pour le retour et pour plusieurs jours. L’utilisation de ce service donne droit à des correspondances illimitées le jour même, et pour toute la journée, avec le réseau de bus.