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Châteauroux invente les itinéraires flexibles
La ville veut permettre aux personnes qui travaillent tard de rentrer chez elles en transports en commun Des itinéraires variables le soir, adaptés par les chauffeurs selon la demande des passagers… Neuf ans après avoir instauré la gratuité de ses bus, Châteauroux met en place Flexo, un dispositif très original destiné à accroître l’amplitude horaire des dessertes sans mobiliser de moyens très importants. Concrètement, le territoire de l’agglomération est divisé en trois zones, trois pétales qui rayonnent depuis un point central de la ville, la place Voltaire. De cette place, chaque soir à 20h10, partent trois bus, un par pétale. Au préalable, les passagers font part de leur arrêt de destination aux chauffeurs qui déterminent ainsi l’itinéraire le plus adapté. « L’objectif est essentiellement de permettre aux personnes qui travaillent tard, notamment les commerçants, de rentrer chez elles en transports en commun », explique Paul Pluviaud, le vice-président de la CAC (Communauté d’agglomération de Châteauroux) en charge des transports, qui souligne la volonté de privilégier les trajets domicile – travail, les entreprises étant, via le versement transport, les principaux financeurs du réseau castelroussin. « Nous avons également retardé à 19h45 le dernier départ depuis les trois principales zones commerciales de sorte à faire du rabattement sur la place Voltaire, qu’il s’agisse de la clientèle des magasins ou, surtout, de leurs personnels. » Jean-Luc Quintric, le responsable de Keolis Châteauroux qui exploite le réseau, se veut confiant malgré l’originalité du dispositif : « L’usager occasionnel sera sans doute peu fréquent et nous aurons probablement toujours les mêmes passagers. Et donc les mêmes itinéraires… »
Olivier JACQUINOT
Les hybrides à la parade : la Belgique, les Pays-Bas et la Pologne ne sont pas en reste
VLD : de Philéas à Citea
In future also hybrid (à l’avenir aussi en version hybride), apparaissait en grosses lettres sur le Citea CLF de 12 m qu’exposait VDL, le constructeur néerlandais qui détient, chez lui, 60 % du marché. Mais son produit phare reste d’abord le Phileas, dont la propulsion n’en est pas moins hybride au sens premier du terme, dans la mesure où elle fait appel à un moteur thermique associé à une transmission électrique, et qui sera aussi proposé en versions trolley et pile à combustible. Ce produit intermédiaire entre l’autobus et le tramway, roulera un jour prochain à Douai. La ville a commandé deux articulés de 24 m et dix autres de 18 m. Le retard dans leur mise en service n’est imputable, selon VDL, ni au constructeur ni au client, mais bien à la nouveauté que représente la nécessité de devoir solliciter des instances administratives deux autorisations différentes, relatives aux réglementations autobus et tramway. La mise en service commerciale sur le réseau de Douai pourrait intervenir, dans l’hypothèse la plus favorable, au 1er janvier 2010 ou, de manière plus probable, au 1er juillet, à la faveur du changement d’horaires. Avec Vossloh-Kiepe pour la partie électrique, et l’industriel néerlandais Nedstack pour la pile à combustible, VDL va également construire quatre véhicules articulés de 18,5 m fonctionnant à l’hydrogène, et capable de transporter 105 voyageurs. C’est une première mondiale, puisque tous les autobus fonctionnant avec ce carburant avaient été jusqu’ici des standards de 12 m. Deux prototypes sont destinés à Amsterdam, et les deux autres à Cologne, subventionnés par l’Etat néerlandais et le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie. Les premiers d’entre eux sont attendus pour la mi-2010…
VAN HOOL : le Benelux conquisLe constructeur belge Van Hool, qui construit annuellement 1 600 autobus et autocars, exposait un A 300 hybride diesel-électrique dans la livrée caractéristique de l’opérateur néerlandais Connexxion. C’est lui qui, très tôt, a proposé un plancher bas et entièrement plat, en adoptant une disposition tout à fait originale de la motorisation, rejetée latéralement entre les essieux, en saillie à l’intérieur de la caisse. Van Hool offre aujourd’hui une gamme complète d’hybrides « série » avec supercapacités, du « midibus » à l’articulé. Depuis 2004, il construit également des autobus à pile à combustible destinés au marché nord-américain.
SOLARIS : une expérience de 500 000 kmQuant au jeune constructeur polonais Solaris, qui a justement sorti le 5 000e véhicule de son usine de Bolechowo en mai dernier (à peine treize ans après le démarrage de la production !), il était venu à Vienne avec l’un de ses articulés Urbino 18 hybrides. Apparus dès 2006, ces véhicules ont été livrés à dix réseaux appartenant à quatre pays européens différents, et ont globalement parcouru quelque 500 000 kilomètres en service commercial. L’économie de carburant constatée par les opérateurs avoisine les 25 %. Comme mode de stockage de l’énergie dissipée au freinage, Solaris a choisi des batteries nickel-métal montées sur la toiture, d’une longévité de six ans. Le calcul du prix d’achat du véhicule comprend celui d’un pack de remplacement. Et Solaris annonce, pour l’an prochain, la sortie d’une version standard de 12 m…
Philippe HÉRISSÉ
L?australien Toll remporte la concession du réseau ferroviaire cambodgien
Le 12 juin dernier, après pas loin de 18 mois de négociations, le gouvernement cambodgien a concédé, pour 30 ans, au groupe australien Toll – allié au conglomérat local Royal – l’exploitation du réseau ferré du pays. Vainqueur de l’appel d’offres pour la réhabilitation des deux lignes composant celui-ci, Phnom Penh – Poipet, ville frontière avec la Thaïlande (386 km, dont 48 entièrement à reconstruire) et Phnom Penh – port de Sihanoukville (266 km), TSO est le premier à s’en réjouir : la mise en concession était la condition que la Banque asiatique de développement (BAD) posait au financement des travaux confiés à l’entreprise française. TSO va donc enfin pouvoir s’atteler à la tâche, dès que la BAD aura approuvé le budget final du projet, qui du fait d’importantes modifications, est passé de 73 à 148 millions de dollars.
Avignon présente Vélopop?
Avec l’arrivée de l’été, le Grand Avignon lance son vélo en libre service. Pour son démarrage qui aura lieu en juillet, Vélopop’ – c’est son nom – met 200 vélos à disposition répartis sur 17 stations « dont les sites ont été choisis pour la complémentarité qu’ils offrent avec les transports en commun, souligne Marie-Josée Roig, présidente de la communauté d’agglomération. Le Grand Avignon a d’ailleurs choisi de récompenser les abonnés de son réseau de bus en leur accordant des tarifs préférentiels sur les forfaits Vélopop’ ». L’abonnement est en effet gratuit pour les détenteurs d’une carte de bus TCRA annuelle. Côté travaux, le système ne nécessite aucune infrastructure de génie civil car les diapasons prévus pour stationner les vélos sont posés sur des plaques de métal fixées au sol et les totems sont alimentés par batteries ou panneaux solaires. Les stations peuvent ainsi être déplacées s’il s’avère qu’un autre emplacement est plus judicieux.
Rechargement de titres de transport par Internet à Strasbourg
Le réseau de transports urbains de Strasbourg, géré par la CTS, va lancer en septembre prochain le rechargement par Internet de son passe sans contact Badgeo (200 000 porteurs). A l’aide d’un lecteur, vendu 15 euros mais offert aux premiers testeurs correspondant aux critères de la CTS qui s’inscriront sur le site, les utilisateurs pourront recharger leur carte en abonnement ou en carnet de 10 ou 30 tickets, les seules formules disponibles pour le lancement de l’opération. Ils éviteront ainsi les queues aux guichets ou chez les commerçants. L’agglomération de Rennes a lancé un service identique en décembre dernier, incluant les trajets TER, mais réservé à des titres multimodaux. Près de 300 utilisateurs sont concernés.
Dernière ligne droite pour la deuxième phase de la LGV Est
Une réunion devrait se tenir le 25 juin au mistère de l’Ecologie, où l’on est très motivé pour trouver un accord sur le financement de cette ligne à grande vitesse de 106 km qui doit relier Baudrecourt (Moselle) à Vendenheim (Bas-Rhin), aux portes de Strasbourg. L’investissement, de 2,1 milliards d’euros, devrait être pris en charge par l’Etat, RFF, l’Union européenne et les collectivités locales traversées par la ligne. Claude Liebermann, ingénieur général des Ponts et chaussées, est chargé de coordonner des discussions d’autant plus difficiles que l’Alsace, la Champagne-Ardenne, la Lorraine et l’Ile-de-France ont déjà chèrement payé l’arrivée du TGV sur leurs terres. Autre difficulté, l’Alsace, aussi sollicitée pour le financement du TGV Rhin-Rhône. Le temps presse pour ce projet qui fait partie du plan de relance gouvernemental. Si un accord n’est pas trouvé à la fin du premier semestre, il sera très difficile de lancer les travaux en 2010 pour inaugurer les 100 derniers kilomètres de la LGV Est en 2014.
Du Peloux s’apprête à succéder à Cornil à la tête de l’UTP
C’est dans un climat tendu que les adhérents de l’Union des transports publics s’apprêtent à donner pour successeur à Michel Cornil (groupe SNCF) le patron de Veolia Transport Le 25 juin, Michel Cornil (65 ans) devrait passer la main en tant que président de l’UTP. Au bout d’un bon nombre de mandats de 2 ans. Combien ? L’intéressé lui-même ne le sait plus. Six ? Sept ? « Il faudrait que je fasse des recherches », confie-t-il, et Bruno Gazeau, le délégué général, a recours aux mêmes mots… Cet article fera au moins œuvre utile sur un point : précisons que Michel Cornil a été élu pour la première fois en 1993, et qu’il arrive donc au terme de son huitième mandat de 2 ans. Cyrille du Peloux, DG de Veolia Transport (55 ans) devrait lui succéder. Il faudra pour en être sûr attendre le suffrage des 170 adhérents de l’UTP, appelés ce même 25 juin à renouveler les 20 membres du conseil d’administration, ces grands électeurs choisissant ensuite en leur sein leur président. Mais l’élection d’un président se prépare, comme celle aujourd’hui d’un pape ou jadis d’un empereur à la Diète, et Michel Cornil nous assurait dernièrement que sa tâche désormais consistait à assurer sa succession, et à faire en sorte que le nouveau président soit en mesure, comme lui-même l’avait été à chaque fois, malgré une ou deux abstentions de ci de là, d’être élu à l’unanimité. Il se disait sûr, à 95 %, de parvenir à une telle solution. Et la solution s’appelait du Peloux. Cela n’allait pas de soi. Une assez récente et virulente interview de Cyrille du Peloux aux Echos, la création d’un lobby ferroviaire en dehors de l’UTP, le différent opposant Keolis à Veolia à propos de Bordeaux, la bagarre autour du capital de Transdev, tout a rendu ces derniers temps l’atmosphère des plus électrique. Michel Cornil le reconnaît : cette fois-ci, c’est compliqué.
Tour de rôle contre-pouvoirs.
On pourrait penser que c’est chacun son tour d’assurer la présidence. Après Keolis, ce serait à Veolia. Avant l’ère Cornil, on se souvient que Philippe Segretain (Transdev) avait assuré un mandat de deux ans, suivi de François Peter (Veolia, alors CGEA). Mais, souligne Michel Cornil, ses nombreuses années de présidence rendent ce tour de rôle sans grand sens. Surtout, le président tire son autorité de son unanimité. Tout l’art sera de marier une alternance quasi obligée avec un minimum de légitimité démocratique…. En clair, l’élection de Cyrille du Peloux ne peut passer auprès des autres adhérents que si les postes de vice-président et de président de commission permettent de rééquilibrer la présidence. Il serait presque acquis que Keolis succède à Transdev pour la Commission des affaires sociales, la Commission ferroviaire étant convoitée à la fois par la SNCF et par Veolia, dont un représentant, Antoine Hurel, la dirige aujourd’hui. Au-delà de l’Union patronale elle-même, Transdev obtiendrait la présidence du GIE Gart/UTP, puisqu’il est de coutume qu’à un élu succède un exploitant. Enfin la présidence de l’Apam, l’Association pour la promotion des acteurs de la mobilité, créée le 18 mai dernier par l’UTP et la FNTV, pourrait revenir au groupe SNCF. Et précisément à Michel Cornil, prêt à la présider, mais « sur un programme » : celui d’une régionalisation, qui n’a pas de sens à l’échelle de chaque fédération, mais qui lui semble l’échelon pertinent pour la mise en commun de certains moyens d’actions prévue par cette association.La RATP a d’autres chats à fouetter.
A la RATP, on dit ne pas trop s’intéresser à la présidence de l’UTP. De toute façon, l’entreprise est face à une échéance interne importante : le renouvellement (ou pas) de son président début juillet. Pierre Mongin est candidat, et la stratégie de communication con-siste à présenter ce renouvellement comme allant de soi, ce qui est peut-être la bonne carte à jouer mais est paradoxal : Pierre Mongin a été directeur de cabinet de Dominique de Villepin et a été nommé en juillet 2006 par celui-ci à la tête de la RATP.Transdev est à prendre.
Tous les groupes s’affairent autour d’un dossier qui ne concourt pas à la stabilité de l’ensemble. L’association Transdev RATP ne marche pas. On le savait, la décision d’arrêter est prise. Faute d’avoir pu prendre le contrôle de son partenaire, la RATP céderait ses parts (25,6 %) de Transdev. A la RATP, on ne compte pas sur du cash, on espère récupérer des actifs. Et précisément pour mieux s’implanter dans des pays cibles, comme l’Italie.
La question, c’est donc de savoir qui reprendrait les parts de la RATP dans Transdev. Veolia comme Keolis sont les rangs. Les Echos ont évoqué une lettre d’intention de chacun des groupes. Keolis n’a pas démenti, Veolia a confirmé. Dans un communiqué, Veolia Environnement a indiqué qu’il comptait « créer un nouveau groupe, leader mondial du transport collectif de voyageurs dont il resterait l’opérateur industriel aux côtés de la Caisse des Dépôts et Consignations. Le nouveau groupe ainsi créé, qui résulterait de la fusion des deux entités, serait introduit en bourse dès que les conditions de marché le permettraient ». Un proche du dossier (côté SNCF) évalue ainsi la bataille en cours : au début, Veolia était bien parti. Et Veolia voulait aller vite en besogne. Keolis aurait de son côté montré qu’il représentait une autre solution crédible. Et la SNCF de rêver de la constitution d’un champion mondial de la mobilité. Mais la solution pourrait bien être un dépeçage de Trandev entre les deux rivaux. Ce meccano industriel serait préparé à un niveau dépassant Transdev et Keolis. Au moins dans le bureau d’Augustin de Romanet, DG de la Caisse des Dépôts, qui est le premier actionnaire de Transdev, avec 70 %, mais aussi de Veolia Environnement avec seulement 10 %. Et, comme il s’agirait ainsi de mettre au point deux champions nationaux mondiaux, l’un public, l’autre privé, l’affaire se réglerait en fait à l’Elysée. C’est alors dans une atmosphère pacifiée que, le 25 novembre à Nice, les Rencontres du transport public devraient avoir pour hôte Cyrille du Peloux, à deux titres : président de l’UTP et DG du groupe exploitant les transports de l’agglomération.
François DUMONT et Guillaume LEBORGNE
Saint-Brieuc lance un réseau simplifié et cadencé
Le 17 août, le réseau TUB desservira 80 000 des 115 000 habitants de l’agglomération En attendant l’arrivée du BHNS, le transport est – ouest à l’horizon 2015, Saint-Brieuc agglomération restructure entièrement le réseau urbain TUB (Transports urbains briochains, Transdev). Le réseau qui sera lancé le 17 août vient d’être présenté. Il s’adapte aux nouvelles réalités économiques et géographiques du territoire, avec un élargissement des amplitudes horaires, les principales lignes permettant d’attraper le TGV de 6h10, et une simplification générale. Constat : « Sur l’agglomération, la démographie est plutôt défavorable aux transports en commun : une population relativement stable et peu dense (437 habitants/km2), l’âge moyen augmente, le taux de motorisation est élevé. Petit à petit, l’agglomération est devenue multipolaire et l’ossature du réseau est devenue vieillissante », explique l’AO dans un communiqué.
Afin de renforcer son attractivité, le réseau proposera 600 000 km d’offre supplémentaire et sera plus lisible : toutes les lignes seront en effet cadencées. Principe : le réseau TUB (71 véhicules, 5,7 millions de voyages annuels, 3 millions de km parcourus et près de 7 500 abonnés) sera structuré autour de 4 lignes d’un réseau armature desservant les 54 000 riverains des principaux pôles générateurs de déplacements. Dans sa globalité, le réseau desservira 80 000 des 115 000 habitants de l’agglo, puisque 11 lignes complémentaires en correspondance avec le réseau armature assureront le maillage du territoire. Enfin, les zones plus excentrées continuent de bénéficier de Taxitub, l’un des tout premiers services de transport à la demande lancés en France. En 2009, le budget transport de Saint-Brieuc agglomération est de 14,3 millions d’euros. Parmi ses objectifs dans un avenir proche, profiter à fond de l’effet de la future LGV Bretagne…
Cécile NANGERONI
Un métro d’avance pour le Skytrain de Vancouver
Ce matin du lundi 9 mars, il neige à gros flocons sur Vancouver. Un événement météorologique exceptionnel pour la côte ouest du Canada, même si la ville avait pourtant vécu en pire, au mois de décembre dernier, de telles intempéries avec, pour la première fois, un blocage total de la circulation en ville… Au miniterminal des hydravions qui assure la liaison avec Victoria, siège du gouvernement de la Colombie Britannique, sur l’île de Vancouver, on nous annonce d’emblée que tous les vols de la matinée sont supprimés : pas de chance pour notre rendez-vous pris de longue date avec le ministre des Transports ! Ce matin, les hydravions ne sont d’ailleurs pas les seuls à être immobilisés par la tempête de neige. Dans les rues, trolleybus et autres véhicules routiers ont les pires difficultés à évoluer. Seul circule sans aucun problème le Skytrain, métro automatique léger de Bombardier dont le terminus le plus à l’ouest, Waterfront, est justement implanté à deux pas du bassin des hydravions, et assure (bel exemple d’intermodalité !) une correspondance immédiate avec l’héliport, les trains de banlieue composés de voitures à deux niveaux, ainsi que le ferry chargé d’assurer une liaison directe pour le quartier nord de Vancouver !
Construit au bord de l’eau comme son nom le laisse supposer, Waterfront est aussi le terminus « historique » du Skytrain, à partir duquel ouvrit, dès janvier 1986, la première ligne vers New Westminster. On accède aux quais de la station, construite en contrebas, en empruntant d’abord le magnifique hall de cette gare monumentale du Canadian Pacific (CP), construite en 1880, impeccablement restaurée, mais qui a visiblement perdu sa vocation ferroviaire d’antan…
Ce hall de la gare CP est aussi l’agréable passage obligé pour rejoindre le ferry. Deux catamarans de 400 places assurent actuellement, toutes les quinze minutes, la courte traversée, tandis qu’un troisième est un cours d’achèvement. Plutôt que de multiplier les ponts déjà saturés par le trafic routier et risquer ainsi d’augmenter encore le nombre d’automobiles en circulation, on privilégie donc aussi la voie maritime. Il n’est pas rare, le matin, de voir quantité de jeunes et de moins jeunes, skis sur l’épaule, descendre des rames du Skytrain, à Waterfront, pour remonter, dans la foulée, à bord du ferry à destination du nord de la ville, apparemment le seul… « skiferry » de la planète. Site sans équivalent au monde, Vancouver, port de mer, jouxte incroyablement la montagne. L’an prochain, la ville accueille les Jeux Olympiques d’hiver. Et le Skytrain doit constituer la pièce maîtresse dans le puzzle des transports collectifs appelés à servir l’événement…
Que le Skytrain puisse se jouer de la neige avec autant de facilité, qu’il ait pu continuer à rouler à Noël dernier alors que le mètre de neige tombé bloquait toute la région, n’a pourtant finalement rien de très étonnant ! C’est l’une des heureuses retombées du mode de propulsion unique qui le caractérise, à savoir le LIM (Linear Induction Motor), encore appelé « moteur linéaire ». Ce mode de propulsion révolutionnaire remplace complètement les moteurs électriques classiques, avec leurs réducteurs et leurs organes de transmission vers les roues. Pour visualiser très simplement ce qu’est un LIM, il suffit d’imaginer un instant qu’on a « déroulé » rotor et stator d’un moteur asynchrone habituel, l’un de ces organes se retrouvant dans la voie, et l’autre sous le véhicule. Ainsi, la voie ferrée du Skytrain, à écartement normal, se distingue simplement par la présence, dans son axe, d’une plaque métallique étroite, qui constitue le « rail réactif ». Les champs magnétiques qui s’exerçaient entre rotor et stator (le rotor communiquant le mouvement aux roues par l’intermédiaire de la transmission), s’exercent désormais directement entre l’organe fixé sous le véhicule et le rail inductif posé dans la voie. Du coup, le LIM s’affranchit totalement de l’adhérence roue-rail, à la différence des moteurs électriques et transmissions des matériels ferroviaires et autres métros classiques, qui doivent tout au contraire la mobiliser presque en permanence pour pouvoir faire passer le couple nécessaire à leur mise en vitesse ou à leur freinage. Les conditions d’adhérence perdent ainsi toute importance, un rail gras et humide, voire gelé, ou bien la présence de feuilles mortes sur la voie ne risquant plus d’engendrer patinages ou enrayages. A cet égard, le Skytrain, avec son LIM, devient plus performant encore qu’un métro sur pneumatiques, sans en avoir pour autant les inconvénients bien connus, tels la surconsommation énergétique (de 50 à 80 %) liée à l’augmentation substantielle des frottements (en raison du meilleur coefficient d’adhérence « pneu-piste ») ou encore les dégagements de chaleur toujours difficiles à évacuer en souterrain… Plus encore qu’un métro sur pneumatiques, le Skytrain autorise aussi un profil en long nettement plus sévère que celui d’une solution « roue-rail » classique. Avec la latitude de recourir à des déclivités élevées lors de la construction, le concepteur peut alors s’accommoder beaucoup plus facilement des accidents de terrain, des particularités géologiques, et établir aussi les stations à faible profondeur, comme c’est le cas à Waterfront, ce qui limite le nombre et la volée d’escaliers mécaniques au demeurant toujours très onéreux. Mais comme chaque médaille a son revers, d’aucuns pourraient valablement objecter que le moteur linéaire n’a jamais brillé par son rendement intrinsèque. Sauf qu’en réalité le bon rendement de son homologue classique de type asynchrone est obéré par celui du réducteur et de la transmission qui doivent nécessairement lui être accolés. Si bien qu’en considérant, cette fois, le rendement global de la motorisation, l’avantage revient indubitablement au LIM qui, de surcroît, a le bonheur de supprimer toutes les pièces tournantes, ce qui minore considérablement la maintenance et conduit à un bogie plus léger, affichant en conséquence un meilleur comportement dynamique. L’allégement du matériel, par rapport à une solution traditionnelle, avoisine les 10 %, d’où un facteur supplémentaire allant dans le sens d’une plus grande économie d’énergie…
Pour l’heure, nous embarquons donc, sous la neige, à Waterfront, dans l’une des 150 rames Mark One (MK I) du Skytrain. Disons-le d’emblée, le « design » de cette toute première génération de matériel, dont la présérie apparut dès juillet 1982, ne brille pas par l’esthétique de ses lignes extérieures. A l’évidence, le « fonctionnel » très nord-américain a dû primer dans le dessin des caisses. Les 60 rames Mark Two (MK II) à faces galbées, dont la première fut livrée en octobre 2000, ont assurément plus belle allure… Les unes comme les autres se présentent sous la forme d’éléments indéformables à deux caisses reposant chacune sur deux bogies, bien sûr dépourvus de cabine de conduite mais équipés de pupitres auxiliaires, et couplables en unité multiple. Ces éléments sont alimentés en courant continu 650 V par deux rails de traction à surface de contact horizontale, superposés d’un même côté de la voie. De la sorte, il n’y a aucun retour de courant dans les rails de roulement qui, pour annihiler toute discontinuité dans le comportement des bogies, sont posés avec une technologie voisine de nos LRS (Longs Rails Soudés). Au centre de la voie, le rail réactif, lui, est simplement constitué d’une âme en acier recouverte d’aluminium. Il est totalement « passif » en ce sens qu’il n’a nullement à être alimenté. En revanche, les moteurs linéaires embarqués, au nombre de deux par caisses, bien évidemment le sont. Sous chaque caisse, un onduleur statique alimente donc les deux moteurs correspondants.
Pour un fonctionnement optimal du LIM, l’« entrefer », autrement dit la distance qui sépare le moteur linéaire embarqué du rail réactif dans la voie a été calculée à 11 mm, avec une tolérance de plus ou moins deux millimètres. Le bogie, qui porte le moteur linéaire, sert de référence pour garantir la valeur de l’entrefer. C’est pourquoi la souplesse de suspension des véhicules doit se concentrer impérativement à l’étage secondaire, entre bogie et caisse, et non à l’étage primaire, entre châssis de bogie et essieux, où l’on induirait alors une trop grande variabilité de cet entrefer. Aux extrémités des rames, un chasse-corps avec bavette en caoutchouc est réglé pour affleurer le rail réactif. Si, en certains endroits de la voie, ce dernier venait par inadvertance à être trop haut, le caoutchouc marquerait alors sa surface, indiquant de la sorte aux agents de maintenance où le réglage doit être repris…
Au départ de Waterfront, l’« Expo Line », première ligne ouverte à l’occasion de la manifestation mondiale « Expo 86 », s’enfonce paradoxalement en souterrain, la dénomination même de « Skytrain » (« Train du ciel ») faisant au contraire référence à sa circulation en viaduc, qui est l’une des caractéristiques originelles du système. Il s’agit, en réalité, d’un ancien tunnel du Canadian Pacific à voie unique, jadis dédié au fret ferroviaire et aujourd’hui centenaire, dont le gabarit généreux a permis de couler une dalle à mi-hauteur. La partie supérieure, voûtée, est désormais utilisée pour l’un des sens de circulation du Skytrain, et la partie inférieure, de section parallélépipédique, pour l’autre ! Deuxième station rencontrée dans le tunnel, Granville, au demeurant peu fréquentée à cette heure de la matinée, nous offre l’opportunité d’un petit test impromptu sur le terrain : une pièce de monnaie posée au sol, en bordure de quai, au droit du bord de vantail de la porte du véhicule duquel nous venons de descendre, va nous servir de repère pour juger de la précision des arrêts en observant les rames qui vont suivre. On le sait, le roulement « fer » n’est généralement pas le plus approprié pour un métro automatique, car il génère facilement quelques glissements dus aux faibles frottements de la roue sur le rail. Avec des stations équipées de portes palières, cet inconvénient devient prépondérant, puisqu’alors les ouvertures des véhicules pourraient se retrouver en décalage par rapport à celles des quais. C’est pourquoi la solution du roulement sur pneu est souvent préférée. A Vancouver, le choix a été fait d’un système ouvert, avec détection d’obstacles, sans porte palière. Mais on aurait, semble-t-il, pu opter pour le contraire. La précision répétitive sur les arrêts de plusieurs rames successives, constatée ce matin-là à la station Granville, permet en tout cas de le penser. Le LIM en est, bien sûr, à l’origine, dans la mesure où il offre un mode de freinage électrique complètement indépendant de l’adhérence. Ce mode fait appel à la récupération, ou bien au rhéostatique si le réseau, à cet instant, n’est pas suffisamment « récupérant », les résistances étant positionnées dans les sous-stations d’alimentation. Des recherches sont d’ailleurs en cours pour utiliser la chaleur dissipée, voire remplacer les résistances par des super-capacités en vue de stocker l’énergie et la renvoyer ensuite sur le réseau…
Une fois franchi l’ancien tunnel du Canadian Pacific, la ligne revient bien vite à l’air libre dès la station Stadium, offrant des échappées de vue superbes sur la ville et les montagnes environnantes grâce à sa situation dominante en viaduc. Lors d’un premier voyage à bord du Skytrain, le plus surprenant est sans nul doute la perception visuelle du tracé en plan et du profil en long, tels qu’ils apparaissent à travers la vitre frontale du véhicule de tête, surtout lorsqu’on la corrobore avec le ressenti, certes toujours un peu subjectif, du comportement dynamique. L’un des fondamentaux adoptés lors de la conception du matériel roulant semble bien avoir été le choix d’un bogie très léger, en aluminium, avec essieux radiants. Les essieux admettraient un degré de liberté en rotation légèrement supérieur à 3 degrés, ce qui est assez considérable. Quant à la masse propre du bogie, elle représente seulement le tiers de celle d’un bogie de type « métro lourd ». Peut-être peut-on voir dans cet allégement drastique, en principe favorable au comportement dynamique, la nécessité de devoir réduire les masses non suspendues, l’étage secondaire étant, comme précisé plus haut, le seul exploitable. De toute manière, la légèreté relative du moteur linéaire, par opposition au moteur rotatif accompagné de son réducteur et de sa transmission, joue également dans le bon sens…
Il est clair que les essieux radiants facilitent grandement l’inscription en courbes de faible rayon. Les boudins de roues ne viennent plus en contact avec les faces intérieures des champignons de rails, ce qui diminue les usures et supprime aussi totalement les crissements. Intéressant pour les riverains de la ligne ! Le Skytrain négocie des courbes de 70 m de rayon, voire de 35 m en atelier. Avec de tels paramètres dans l’établissement du tracé en plan, la ligne peut aisément serpenter au travers du tissu urbain, contournant aisément les obstacles…
A la station de correspondance Broadway, nous quittons l’Expo Line pour emprunter la « Millenium Line », qui est la deuxième ligne du réseau. Cette ligne plus récente, à la différence de la première, dispose de stations qui, toutes, ont fait l’objet d’un traitement architectural individualisé. Par contre, les deux séries de matériel sont indifféremment utilisées sur l’une ou l’autre des deux lignes en exploitation… Le passage sur le fameux pont suspendu, icône emblématique du Skytrain de Vancouver, pourrait à lui seul résumer l’étonnante déclinaison « infrastructure » du concept. Le tablier du pont paraît extrêmement léger, mais il est vrai que la charge à l’essieu du matériel roulant n’excède pas les 5,5 tonnes ! Son accès met en œuvre une courbe de 70 m de rayon (sans laquelle, compte tenu de la topographie locale, un tracé plus long, en courbes et contre-courbes, aurait été nécessaire), ainsi qu’une rampe de 62,5 ‰, la plus importante du réseau. Avec des déclivités de 60 ‰, le profil en long du Skytrain peut souvent être assimilé à un vrai profil « en montagnes russes ». Combiné à un tracé en plan aux rayons de courbure descendant parfois à 70 m, il confère au Skytrain une « flexibilité d’insertion » difficilement égalable, qu’il soit établi en souterrain, au sol, ou bien en viaduc…
Philippe HÉRISSÉ
Basse-Normandie et Pays de la Loire rénovent la gare du Theil
La région de Basse-Normandie rénovera, avec l’aide des Pays de la Loire, la gare du Theil-sur-Huisne, située en Basse-Normandie, au sud-ouest de Nogent-le-Rotrou, mais à quelques kilomètres des Pays de la Loire et que ses TER desservent. « On n’a même plus de guichet automatique, ni de composteur ! », s’est emporté Claude-Marie Barbier, président de la communauté de communes du Val-d’Huisne lors de la visite des deux présidents de régions Basse-Normandie et Pays de la Loire. « C’est d’autant plus urgent qu’en fin d’année Thyssen Krupp transférera ici son siège social France. » Actuellement implanté à Saint-Quentin-en-Yvelines, il compte 250 personnes aujourd’hui, qui s’ajouteront peu ou prou aux 900 personnes déjà employées dans la commune ornaise par cet équipementier automobile. Les deux présidents ont demandé « des plans d’ici la fin de l’année » aux représentants de la SNCF, « et les travaux début 2010 », le tout pour 150 000 euros, payés par les régions.