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  • Vélib’ passe le périph

    D’ici fin juin, toutes les communes limitrophes de Paris auront des stations Vélib’ installées sur leur territoire. En tout, ce sont 300 nouvelles bornes qui seront implantées dans 30 villes, soit 3 300 nouveaux vélos en circulation. L’extension du dispositif au-delà du périphérique apparaît tout à fait logique compte tenu du succès rencontré à Paris. L’an dernier, Vélib’ a enregistré plus de 1,8 million de locations. Elle reste cependant limitée. Pour des raisons juridiques, aucune station n’a pu être installée au-delà d’un rayon de 1,5 km au-delà du périphérique. Ainsi en a décidé le Conseil d’Etat, qui a mis fin à la querelle juridique qui opposait la capitale à Clearchannel, candidat malheureux à l’appel d’offres initial.
    En décembre 2007, le Conseil de Paris vote en faveur d’une extension de Vélib’ à la proche banlieue. L’entreprise américaine saisit immédiatement la justice et obtient l’arrêt du projet. Le tribunal administratif de Paris estime alors que l’extension correspond à un nouveau marché qui ne peut être passé sans publicité ni mise en concurrence. Il faudra l’appel devant le Conseil d’Etat pour qu’une solution de compromis soit trouvée : Vélib’ peut franchir le périphérique à condition que les stations soient un « complément du réseau parisien ». Le raisonnement des juges est simple. Il est tout droit sorti d’un argumentaire élaboré par les services de la ville de Paris : le trajet moyen en vélo faisant environ 3 km, le rayon de 1,5 km retenu permet de couvrir la plupart des déplacements débutant dans Paris.
    Rien d’illogique si on se place du point de vue juridique. Par contre, si on raisonne du point de vue de l’utilisateur, ce n’est pas toujours convaincant. Même si la couverture est satisfaisante dans la plupart des cas, il suffit que la ville soit un peu étendue pour que certains quartiers ne soient pas desservis. A Pantin, par exemple, un quart de la ville n’a pas de stations. « Nous n’avons pas pu installer de bornes dans le quartier des Courtillières, qui est coupé du centre-ville par le cimetière parisien, ou dans le haut Pantin où une base de loisirs régionale qui sera reliée à Paris par une piste cyclable est en cours d’aménagement », regrette Philippe Lebeau, adjoint au maire chargé des déplacements et de la voirie. Même constat à Montreuil. Toute la partie haute de la ville n’est pas desservie. L’idée d’un système de vélos en libre-service (VLS) distinct qui viendrait en continuité a été envisagée mais rapidement écartée. Le coût est trop important. De plus, pour garantir le respect du droit à la concurrence, le système d’attache ne pourrait pas être le même qu’à Paris, même si Decaux remportait le marché. L’entreprise, en effet, a breveté les technologies utilisées pour Vélib’. Demander à avoir le même système reviendrait à contourner le droit de la concurrence. Un vrai casse-tête. D’ailleurs, la Ville de Paris a retenu la leçon. Ce n’est pas un hasard si elle a constitué un syndicat mixte regroupant les villes intéressées par la mise en place d’Autolib’, son système de voitures en libre-service.
    Face à cette situation, les collectivités adoptent des stratégies différentes. Les villes de la petite couronne se contentent pour la plupart de l’extension en cours. Seule Montreuil travaille à la mise en place d’un système de location longue durée en complément de Vélib’. Au-delà, les élus s’interrogent sur la nécessité ou non de mettre en place un service de VLS distinct. Ce type de service n’est pas forcément pertinent dans les zones urbaines moins denses. De plus, il convient de trouver la structure juridique pertinente pour éviter la multiplication des systèmes et assurer une continuité à l’utilisateur. Les villes, de ce point de vue, ne sont pas les mieux placées. Reste les communautés d’agglomération et les départements. Plaine-Commune, qui regroupe huit villes de Seine-Saint-Denis, a ouvert le bal en lançant Velcom’, un système de VLS opéré par Decaux. Du côté des départements, on reste prudent. Le conseil général du Val-de-Marne attend les résultats d’une étude sur les leviers à actionner pour favoriser la pratique du vélo. De son côté, le conseil général des Hauts-de-Seine, après avoir réfléchi à la mise en place d’un service sur son territoire, a préféré s’engager dans une autre voie et privilégier le développement de son réseau cyclable et des solutions de stationnement.
    Comme il s’agit d’une extension du contrat initial, les villes qui accueillent Vélib’ ne payent que les aménagements de voirie nécessaires pour accéder aux stations. La Ville de Paris finance la mise en place des bornes (7,5 millions d’euros). En contrepartie, elle perçoit le montant des abonnements. Le prestataire JCDecaux, de son côté, réalise les travaux et assure la gestion du réseau. En échange, l’entreprise a obtenu une aide de Paris sur la question du vandalisme. Un avenant au contrat prévoit que JCDecaux prenne en charge les réparations et le renouvellement des vélos jusqu’à 4 % du parc détruit ou volé. Pour la part située entre 4 % et 20 %, Paris, qui perçoit les abonnements (environ 15 millions d’euros par an), versera 400 euros par vélo endommagé, un Vélib’ coûtant dans les 1 000 euros. Une bonne opération pour Decaux qui doit faire face à un nombre de dégradations bien plus élevé que prévu : depuis la mise en service de Vélib’ en juillet 2007, 11 600 deux-roues ont été vandalisés et 7 800 ont disparu de la circulation.
    La communauté d’agglomération Plaine-Commune inaugure son propre système de vélo en libre-service le 24 juin prochain. C’est un choix par dépit, faute de pouvoir accueillir Vélib’ sur son territoire. Fin juin, 50 stations et 450 vélos seront mis en service. Comme Paris, Plaine-Commune a profité d’un appel d’offres sur le mobilier urbain pour intégrer dans le cahier des charges la mise en place d’un service de VLS. JCDecaux a remporté le marché mais a dû développer un système d’attache différent de celui utilisé pour Vélib’ afin de ne pas encourir les foudres de ses concurrents et de la justice. Impossible donc de remiser son Vélib’ dans une station Velcom’ et vice-versa. Bien sûr, il faut payer deux fois. Pour créer un semblant de continuité et faciliter le changement de monture, des stations doubles ont été mises en place dans les communes qui accueillent les deux systèmes, à savoir Saint-Denis et Aubervilliers. Et ce n’est pas la seule concession qu’a dû faire Plaine-Commune. Pour arriver à une rotation satisfaisante des vélos, les spécialistes estiment qu’il faut au minimum une borne tous les 400 m. Decaux n’en proposait que 450. Pas de quoi couvrir l’ensemble du territoire de la communauté d’agglomération. Les élus ont donc fait le choix de n’équiper que quatre des huit villes qui font partie de Plaine-Commune, à savoir Saint-Denis, Aubervilliers, La Courneuve et L’Ile-Saint-Denis.
    « Compte tenu du modèle socio-économique du VLS, nous avons choisi de concentrer le service dans les parties les plus denses de l’agglomération, explique Dominique Carré, conseiller communautaire en charge des transports et des déplacements. Il aurait fallu 2 000 vélos au minimum pour avoir des stations partout. » Plaine-Commune qui aurait dû financer le surcoût a préféré jouer la prudence. D’autant que le VLS n’est pas forcément la solution la plus pertinente pour les quartiers résidentiels. « En fonction du succès du dispositif, une expansion pourra être envisagée », note Dominique Carré, tout en soulignant que le projet avait aussi pour objectif de susciter un déclic en faveur de la pratique du vélo dans l’agglomération. Les élus espèrent un effet Velcom’ similaire à l’effet Vélib’ observé à Paris. Aujourd’hui, le vélo ne représente que 2 % des déplacements dans l’agglomération. « Il y a trente ans, c’était plus de 50 % », poursuit le conseiller communautaire, qui ne cache pas que la politique cyclable est une priorité récente. Le territoire ne compte que 12 km de pistes dédiées et 18 km de voirie en zone 30. « Beaucoup d’itinéraires sont discontinus, note Dominique Carré. L’avantage, c’est que nous sommes un territoire en chantier, avec beaucoup de projets d’aménagement. Dans tous les travaux entrepris aujourd’hui, il y a une place prévue pour le vélo. » La question de la mise en cohérence du réseau fait aussi l’objet d’une réflexion. Un schéma directeur cyclable doit être élaboré d’ici la fin de l’année, et des crédits spécifiques ont été votés pour relier les bouts de piste isolés.
    Finalement, Montreuil a bien voulu de Vélib’. L’ancienne équipe municipale dirigée par le député Jean-Pierre Brard avait décidé que ce serait tout le territoire ou rien. Entre-temps, la mairie a changé de main et le discours a évolué. Montreuil accueillera donc 14 stations. La mise en service ne se fera que fin juin. Dernier arrivé, dernier servi. Et, comme ailleurs, il y aura des laissés-pour-compte. La dernière borne se trouvera un peu avant la mairie. Une petite partie du centre-ville et tous les quartiers du haut Montreuil ne seront pas desservis. Pour compenser cette « injustice », la ville a décidé de plancher sur un projet de location de vélos longue durée. « Quand on sort des zones centrales très denses, le VLS n’est pas forcément la solution la plus adaptée, note Fabienne Vansteenkiste, la maire adjointe en charge des déplacements. En effet, dans les quartiers résidentiels, les mouvements sont principalement pendulaires. On risquerait d’avoir une ruée sur les vélos le matin pour descendre vers le métro et une pénurie dans la journée. » Le fait que Montreuil soit une ville vallonnée ne ferait qu’accentuer le problème. D’où le choix de mettre en place un système de location de vélos classiques, mais aussi électriques, qui irait de trois mois à un an et qui serait basé sur le quotient familial. La mise en place des 100 premiers vélos est prévue pour le printemps prochain. Le parc pourra être élargi si la demande est au rendez-vous. « L’objectif, c’est que tout Montreuillois qui le souhaite puisse louer un vélo pour 30 à 100 euros par an », explique Fabienne Vansteenkiste, qui espère même pouvoir proposer la location d’un vélo électrique pour moins de 10 euros par mois aux familles défavorisées. Pour encourager la pratique du vélo, la ville prévoit aussi de développer les aires de stationnement dédiées. Des arceaux vont être installés sur la voie publique. La ville travaille aussi à la mise en place de parcs sécurisés dans les quartiers d’habitation et à proximité des équipements publics et des stations de métro. Il n’y a pas que Vélib’ pour encourager à la pratique du vélo.
     

    Nicolas REYNAUD

  • La convention Champagne-Ardenne signée

    La région Champagne-Ardenne et la SNCF ont signé une nouvelle convention d’exploitation TER le 7 mai à Châlons. Le texte a demandé six mois de négociations mais il a été voté à l’unanimité aussi bien au conseil régional Champagne-Ardenne qu’au conseil d’administration de la SNCF. Il prévoit que la région verse 90 millions d’euros l’an à la SNCF de 2009 à 2016. En échange, elle veut un service garanti notamment par la préservation des moyens humains en contact avec les usagers et par un nouveau dispositif de bonus-malus. Les pénalités, qui débutent à partir de 3 % de l’offre conventionnée non réalisée, se traduisent par 5 euros du kilomètre/train non effectué, 1,50 euro du km/train non réalisé mais remplacé par un autre moyen de transport, et 500 euros pour chaque non-respect de composition de train. Guillaume Pepy a également annoncé la venue du directeur des Ressources humaines à Reims ; celui-ci doit rencontrer les syndicats pour discuter de la localisation des emplois dans la région. M. Pepy a toutefois assuré que la direction régionale serait maintenue à Reims pourtant proche de Paris. Malgré tout, une centaine d’emplois est appelée à disparaître aux ateliers SNCF d’Épernay à l’horizon 2014.

  • Midi-Pyrénées crée une nouvelle halte à Toulouse

    Une nouvelle halte ferroviaire ouvrira à Toulouse en décembre 2009 sur une section urbaine de la ligne TER C Toulouse – Colomiers. Cette halte desservira le lycée Galliéni et ses 1 400 élèves et apprentis, la nouvelle zone d’activités de Bordelongue, le quartier du Mirail et ultérieurement le Cancéropole, situé à un kilomètre de distance de l’autre côté du périphérique, en correspondance avec les transports urbains. Cette halte, d’un coût de 900 000 euros, est entièrement financée par la région. Le ballast et la signalisation avaient déjà été rénovés fin 2008 dans le cadre du plan rail, en prévision de cet aménagement.

  • Skytrain de Vancouver, un réseau qui prospère

    Le réseau Skytrain transporte 245 000 voyageurs par jour ouvrable et son trafic double quasiment tous les dix ans Le Skytrain de Vancouver, conçu et construit par Bombardier, est géré par Translink, à la fois opérateur et autorité organisatrice pour l’ensemble des transports collectifs déployés sur un territoire de 2 000 km2, le plus grand du Canada.
    Dans sa configuration actuelle, le réseau Skytrain est exploité selon deux lignes, qui représentent au total 49 km et 33 stations. Il transporte 245 000 voyageurs par jour ouvrable, avec un parc de 210 voitures.
    Le trafic du Skytrain double quasiment tous les dix ans : 21 millions de voyageurs en 1988, 43 en 1998 et 71 en 2006 ! Entre 1987 et 2007, le nombre de voyageurs a augmenté de 255 % mais, dans le même temps, celui des agents en charge de son exploitation et de sa maintenance ne s’est accru que de 80 %. Le système transporte aujourd’hui plus de 70 millions de voyageurs par an, tout en ne mobilisant que 550 agents ! Parce qu’il est de type « manless » et non seulement « driverless » (bien sûr sans conducteur, mais surtout sans aucun personnel à bord), parce que ses véhicules, dépourvus de pièces tournantes, ne requièrent qu’un minimum d’entretien, et que leur grande légèreté ne fatigue jamais l’infrastructure, le Skytrain de Vancouver se révèle d’un coût d’utilisation exceptionnellement bas. Ainsi, en 2007, les recettes issues de la seule vente des titres de transport ont couvert 106 % des dépenses d’exploitation ! La fraude reste marginale (environ 2 à 4 %). Il est vrai que les contrevenants doivent immédiatement régler une amende de 135 dollars canadiens…
    Dès le début de l’année prochaine, commencent les travaux d’une troisième ligne de 11 km, baptisée « Evergreen ». Elle sera construite dans le cadre d’un PPP (partenariat public-privé), qui permettra le partage des risques, et devrait surtout donner à ses commanditaires une sérieuse garantie que le « timing » du projet se verra en définitive bien respecté. La mise en service d’Evergreen a été fixée pour 2014. Deux autres extensions du Skytrain sont d’ores et déjà en préparation, l’une de 6 km vers Surrey, avec une ouverture prévue en 2020, et l’autre de 12 km pour la desserte de l’Université de Colombie Britannique (UBC), également envisagée pour la même échéance, mais dont on pense qu’elle ouvrira très probablement avant… Il existe enfin un dernier projet « fer » sur la région de Vancouver dont la concrétisation devrait intervenir dès cette année : c’est une ligne nouvelle d’une vingtaine de kilomètres, en partie souterraine, pour relier au centre-ville l’aéroport et Richmond. Mais cette fois, elle fera appel au mode ferroviaire le plus traditionnel…
     

    Philippe HÉRISSÉ

  • Locomotives : Siemens va concurrencer Alstom en Russie

    L’industriel allemand va s’associer à un constructeur local et produire des locomotives fret pour les chemins de fer russes La concurrence se durcit sur le marché ferroviaire russe. Deux mois après la signature d’un vaste accord de partenariat entre Alstom et Transmashholding, Siemens se positionne à son tour. Comme les français avant eux, les allemands se sont alliés à un constructeur local, OJSC Sinara, avec lequel ils vont fonder une coentreprise. L’objectif est de produire conjointement 100 locomotives fret par an pour les chemins de fer russes RZD, selon un protocole signé fin mai entre les trois parties.
    Le contrat pourrait s’avérer très juteux : aucune durée limite n’a pour l’instant été fixée. « Cela dépendra des besoins des RZD », précise Peter Gottal, porte-parole de Siemens Mobility. Or, en la matière, la demande de la compagnie semble presque intarissable : au cours des dix prochaines années, elle projette d’acquérir un total de 23 000 nouvelles locomotives. « Nous ne serons pas les seuls fournisseurs », souligne Peter Gottal. Mais les allemands espèrent s’octroyer une bonne part du gâteau, même s’ils n’avancent officiellement aucun objectif de chiffre d’affaires.
    Bien qu’aucun constructeur russe ne semble en mesure de répondre aux exigences d’efficacité énergétique voulues par le patron des RZD Vladimir Iakounine, Siemens a préféré ne pas se lancer seul à l’assaut de ce marché gigantesque. L’opérateur exige en effet que le matériel soit assemblé en Russie. L’alliance avec un partenaire local est donc apparue comme la solution la plus rapide, d’autant que Sinara possède déjà une autorisation de circulation dans le pays, « ce qui a joué un rôle dans le choix », affirme Peter Gottal.
    La firme de Munich n’a en effet pas l’intention de perdre de temps : les détails de la joint-venture avec Sinara doivent être fixés avant l’été. Selon toute vraisemblance, les allemands devraient détenir 49 % de la nouvelle entité. Ensuite, tout devrait aller très vite : les premières locomotives sortiront des usines de Sinara, à proximité de Iekaterinbourg (Oural), dès 2010.
    Avec cet accord, le conglomérat bavarois, qui a tissé des liens très étroits avec la Russie, en particulier dans le domaine du nucléaire, renforce un peu plus sa présence dans le pays. La division transport du groupe n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai : Siemens a déjà vendu aux RZD huit trains à grande vitesse qui seront livrés d’ici la fin de l’année.
     

    Antoine HEULARD

  • Saint-Etienne, du tram au trolley

    La majorité de gauche veut revenir sur la restructuration de 2006 du réseau de bus, accélérer les trams et créer une nouvelle ligne de (trolley)bus à haut niveau de service nord – sud On avait beaucoup parlé de transports en commun à Saint-Etienne lors de la campagne des municipales de l’an dernier. La ville venait bien d’ouvrir une nouvelle branche de son vénérable tramway vers la gare principale de Châteaucreux. Mais la restructuration du réseau qui avait accompagné son inauguration et la volonté de la municipalité sortante de bouter le plus de bus possible hors du centre-ville ont été contestées. Un peu plus d’un an après que la ville et la communauté d’agglomération sont passées à gauche, la nouvelle majorité abat enfin ses cartes. Elle se veut pragmatique.
    Première constatation du socialiste Maurice Vincent, maire de Saint-Etienne et président de l’agglo Saint-Etienne Métropole : il faut revoir l’organisation du réseau de bus et trolleybus. « Le réseau tel qu’il a été organisé à l’ouverture de la deuxième ligne de tram ne fonctionne pas de manière optimale. Il dessert mal le centre-ville et il y a trop de ruptures de charge, note-t-il. Cela dit, il y a un temps pour l’étude et un temps pour la réalisation. Un nouveau réseau de bus passant par le centre-ville sera réalisé entre la fin 2009 et 2010, en liaison avec les aménagements urbains que nous prévoyons, qui comprennent notamment un agrandissement du domaine piétonnier. » Quant à la place Dorian, la grand-place de la ville qui servait jusqu’en 2006 de plateforme de correspondances centrale, « une partie des bus va y revenir ».
    Le tramway va bien évidemment rester la pierre angulaire des transports en commun stéphanois. Il comporte deux lignes, la 4, qui fut une des trois lignes de tram françaises à avoir survécu à la vague de suppressions de l’après-guerre – prolongée en 1983 et 1991, elle fait maintenant 9,3 km de long –, et la 5, dont les deux branches reprennent la partie centrale de la 4 et la relient à la gare de Châteaucreux grâce à un court tronçon de 2 km ouvert en 2006. Ces deux lignes transportent actuellement 80 000 personnes par jour, soit 55 % du total réseau, contre 65 000 à 70 000 il y a trois ans. « L’équipe précédente avait pensé que la fréquentation du tram dépasserait les 100 000 passagers, rappelle Maurice Vincent. On est donc bien en dessous. Il faut augmenter ce nombre, notamment en faisant progresser la vitesse commerciale. Or les objectifs de mes prédécesseurs n’ont pas été atteints dans ce domaine. » Elle est actuellement de 15,5 km/h, quand le PDU de l’agglomération a fixé un objectif de 17,5 km. En l’espèce, la nouvelle équipe attend beaucoup de son nouveau plan de circulation, qui devrait éloigner les voitures des rails, et elle entend agir « pour que le site propre du tram soit beaucoup plus respecté ». Enfin, Maurice Vincent « espère aussi qu’on pourra dans ce mandat acquérir deux ou trois rames supplémentaires pour augmenter les cadences ». Ce qui ne sera pas forcément bon marché, car les trams stéphanois, à voie métrique et à gabarit réduit, exigent du sur-mesure.
    S’il veut améliorer l’existant, Maurice Vincent ne compte plus étendre le réseau de tramway. Il avait bien promis, pendant la campagne, d’étudier un éventuel prolongement à l’est de Châteaucreux, mais le potentiel ne serait pas au rendez-vous. « Le tram ne se justifie pas, ni techniquement ni financièrement », juge aujourd’hui l’élu. Car l’extension envisagée vers le technopôle et le quartier populaire de Montreynaud, au nord-est, aurait coûté plus de 100 millions d’euros pour une fréquentation somme toute modeste. Du coup, conclut-il, « la meilleure solution pour répondre à l’attente des habitants, compte tenu de nos possibilités financières, c’est le bus à haut niveau de service ». D’où le projet Beste : il met bout à bout ce vieux projet de tram au nord, revu à la baisse, et un autre projet d’optimisation de l’actuelle ligne 6, vers l’université et le quartier de La Métare, au sud, le tout formant un itinéraire continu de 12 km de long qui passerait dans l’hypercentre.
    Si Saint-Etienne Métropole a bien reçu 5 millions de l’Etat sur les 40 millions que coûterait Beste, l’agglo doit encore faire ses comptes. Il reste notamment à voir si cette ligne forte pourra être exploitée par des trolleybus (s’il reste des bifilaires sur une bonne partie de la section sud, il faudra en (ré)installer au nord). « Je suis personnellement très favorable aux trolleybus, déclare Maurice Vincent. C’est l’option que je défendrai. Mais il faut voir si c’est faisable ! » La décision aura une certaine importance, car les trolleys risquent d’être menacés assez rapidement à Saint-Etienne s’ils se limitent aux seules lignes 3 et 10 subsistantes de nos jours. Faute de « masse critique » justifiant ce mode supplémentaire, d’autant qu’il faudra bien rafraîchir un jour les infrastructures existantes.
    La ville (qui compte 175 000 habitants) comme l’agglo (390 000) sont plutôt sinistrées et ont des moyens limités, rappelle volontiers Maurice Vincent. Une situation financière qui n’empêche certes pas d’avoir des projets, mais incite à la prudence… Parmi les réalisations de sa majorité, il en est une qui ne se voit pas sur les cartes, mais devrait selon lui changer pas mal de choses : le ticket unitaire a vu en avril sa durée de validité passer de 60 à 90 minutes, ce qui permet des allers et retours avec le même billet. L’agglo veut également encourager le covoiturage (avec l’aménagement d’espaces de stationnement adéquats) et envisage d’ici la fin de la mandature la construction d’au moins trois parkings-relais dignes de ce nom aux portes de la ville.
    Il reste enfin le vieux projet de tram-train. Le PDU (dans sa version révisée de 2004) annonce, toujours « à l’horizon de 2010, la mise en œuvre d’un matériel d’interconnexion permettant, à partir des communes de l’Ondaine [depuis la localité voisine de Firminy, ndlr], de relier directement le centre-ville de Saint-Etienne en empruntant successivement les voies ferroviaires puis celles du réseau urbain, […] sans rupture de charge pour l’usager ». Mais ce beau rêve ne devrait jamais se réaliser. Trop compliqué, trop cher ! « Cette variante et abandonnée. Les surcoûts engendrés sont déraisonnables, tranche Maurice Vincent. On est maintenant très clairement sur du tram périurbain qui ne quittera pas les voies SNCF. » Lesdites voies ferrées passant très près du centre, Saint-Etienne aurait donc un petit réseau régional qui serait exploité par des trains légers de type tram-train. Vers 2020. Et tant pis si les travaux entrepris ces dernières années sur le bon vieux tramway métrique avaient prévu la possibilité de rajouter une troisième rangée de rails pour accueillir le tram-train !
     

    François ENVER

  • Les vélos jaunes passent au libre-service à La Rochelle

    Inventés en 1976, les célébrissimes vélos jaunes de La Rochelle franchissent un cap et se modernisent Le 5 juin, la ville a inauguré 150 vélos en libre-service (VLS) dans 26 stations du centre-ville et près du campus, portant ainsi à 650 le nombre de biclous en location. Le démarrage s’est fait en douceur pour cette offre intégrée au service Yélo : « En trois jours, une quinzaine d’abonnés et une moyenne de 30 utilisations par jour. Nous visons quelques centaines d’abonnés », relate Mathieu Aubineau, responsable recherche et innovations à la communauté d’agglomération. Distantes de quelque 500 m, les stations ont judicieusement été positionnées aux pôles d’échanges et à proximité des arrêts de bus futurs (le service sera restructuré à la rentrée).
    Accessibles 24 heures sur 24 pour les abonnés des transports publics, les vélos le seront prochainement aux occasionnels, via une réservation par Internet. Ce service complète la gamme des solutions deux-roues (350 vélos historiques en location estivale et 50 vélos Yélo en location longue durée de 2 mois à 1 an).
    Première originalité du système : la Régie des transports communautaires rochelais (RTCR) n’ayant pas cédé aux sirènes de Decaux et consorts, il est entièrement géré par la collectivité, qui en garde la maîtrise totale. Elle a investi 216 000 euros, dont 66 000 dans l’achat des vélos à Intercycles et 150 000 dans le système d’exploitation Flexbike. Elle prévoit de dépenser 600 000 euros sur trois ans. A terme, le VLS Yélo devrait en effet compter 55 stations et 350 bicyclettes. Gratuite la première demi-heure, la location coûte ensuite 50 cents jusqu’à 1 heure, 1,50 euro jusqu’à 2 heures, les heures suivantes sont facturées 1,50 euro avant midi et 3 euros de 13 à 24 heures. Autres originalités du produit : un système de verrouillage des vélos, peu gourmand en énergie, alimenté par panneaux solaires, et des vélos à transmission par cardan (exit la chaîne salissante). Ils sont par ailleurs dotés d’un antivol codé, bien utile pour les arrêts hors station. Seul bémol : dès le premier soir, les premières tentatives de vol avaient déjà lieu.
     

    Cécile NANGERONI

  • Chalon-sur-Saône, deuxième pôle d’échanges multimodal en Bourgogne

    La gare de Chalon est fréquentée par plus de 3 000 voyageurs par jour et desservie par plus de 120 trains Après deux années de travaux, le pôle d’échanges de Chalon-sur-Saône a été inauguré le 4 juin par le président de la région Bourgogne, François Patriat, et le député-maire de la ville, Christophe Sirugue. « Cette gare routière intermodale est un nœud essentiel à l’échelle de l’agglomération, du département et de la région, pour permettre le rayonnement des transports publics. Le développement de l’intermodalité nécessite un travail partenarial fort », a précisé ce dernier. Il a dû rassurer les commerçants qui protestaient contre le manque de places de stationnement : la création de parkings se fera d’ici à quelques mois – 100 places pour les salariés SNCF, autant pour les abonnés TER et environ 150 pour les riverains et un parking souterrain sous les immeubles Icade. L’aménagement du pôle d’échanges de la gare par le cabinet d’architectes Amiot et Lombard a en effet remplacé l’aire de stationnement sur le parvis par une vaste place avec espace réservé aux bus et cycles.
    Après Dijon, c’est le 2e pôle d’échanges de Bourgogne. La gare de Chalon est fréquentée par plus de 3 000 voyageurs par jour et desservie par plus de 120 trains. Avec ses dix quais pour les transports urbains et interurbains, la nouvelle gare routière verra transiter chaque jour près de 300 bus et cars dont 200 du grand Chalon. L’équipe municipale a la volonté d’impulser une nouvelle politique des transports collectifs et réfléchit à la création d’un Busway.
     

    Cécile NANGERONI

  • Concertation sur le projet tram-train Massy ? Evry

    La concertation sur le projet de tram-train entre Massy et Evry (Essonne), qui a débuté le lundi 25 mai 2009, se déroulera jusqu’au 3 juillet 2009 sous l’égide d’une personnalité indépendante, Catherine Vourc’h, garante nommée par la Commission nationale du débat public (CNDP). La concertation va permettre de recueillir les avis sur le projet qui doit relier, en 32 minutes et une vingtaine de kilomètres, deux secteurs stratégiques franciliens : Massy-Palaiseau et Evry-Courcouronnes. Environ 30 000 voyageurs sont attendus quotidiennement sur le tram-train qui comportera 14 stations et traversera 13 communes. Le début des travaux est prévu en 2012, pour une mise en service à l’horizon 2017.

  • Systra retenu pour le tramway de Besançon

    L’agglomération de Besançon a choisi Systra pour la mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage technique, en vue de la réalisation de sa première ligne de tramway. Ce contrat de 2,7 millions d’euros prévoit que la société d’ingénierie assistera la collectivité, des études préliminaires jusqu’aux essais du matériel roulant. La ligne de 14 km traversera la ville d’est en ouest, en passant par le centre-ville et en desservant la gare Viotte (29 stations).