Résultats de recherche pour « LOM »

  • Une coopération d’un an et demi à Reims

    Le contrat de concession jusqu’en 2041 à peine signé le 13 juillet 2006, confiant tout à la fois les travaux d’infrastructure, l’achat du matériel roulant et l’exploitation du réseau à Mars (Mobilité agglomération rémoise, comprenant Bouygues, Alstom, Transdev), les nouvelles équipes débarquaient le 16. La reprise en mains du réseau n’a pourtant été effective qu’au premier janvier 2008, deux ans avant la fin théorique de la DSP précédente – ce qui a obligé Reims Métropole à indemniser Keolis. Cette durée de transition avait en effet été jugée indispensable par Transdev et figurait dans son offre. « Les équipes ont finalisé le dossier projet du tram, préparé l’offre bus de la phase travaux, en ajoutant même 3 km de voies réservées au bus, et bien sûr la reprise opérationnelle du réseau dans son ensemble », explique Christian Messelyn, président de Mars. Un travail quotidien entre les deux équipes, avec clôture de l’activité de Keolis en juin 2007. Des équipes qui, de l’avis d’Eric Omnès, directeur marketing de Transdev Reims « ont très bien coopéré, en ayant pour objectif que tout se passe bien pour le client ».
    L’organisation de la transmission de tous les biens nécessaires à l’exploitation – bus, bâtiments, logiciels, etc. – a nécessité un inventaire très précis. « En trois mois, nous avions un consensus et la valorisation contradictoire des biens était finalisée, se rappelle Alain Bourion, président de Transdev Reims. Tout a été consigné dans une convention signée le 31 décembre 2007 au soir. » La nouvelle équipe s’est lancée dans la révision de toutes les bases de données (abonnés, gestion des stocks, maintenance, site Web du réseau…) afin de revoir les logiciels d’exploitation. Le tout, sans bug.
    Concernant la reprise des 577 salariés des Transports urbains de Reims (TUR), pas d’accroc non plus. Par l’application de l’article 122-12 du code du travail, « ils ont conservé l’ensemble de leurs avantages contractuels acquis », explique le directeur. Côté accords collectifs d’entreprise, en revanche, un grand ménage a été fait. « Jusqu’en février 2008, nous avons revu un par un plus de 150 accords, certains datant de 50 ans, au cours de journées non-stop avec les représentants du personnel, un travail de moine ! » Certains, notamment les plus récents, ont été repris tels quels, d’autres, obsolètes de l’avis général, supprimés, d’autres encore réécrits au goût du jour, en tenant compte de la nouvelle législation. A ce jour, il ne reste que quelque 25 accords d’entreprise, et la direction ne déplore pas de grève, « à part durant les mouvements collectifs nationaux et pour des hausses de salaire ». Du « classique », en somme. Désormais, un groupe de travail planche sur un nouveau nom commercial pour les TUR – pourquoi pas Mars ? – l’inauguration du tramway étant prévue le 16 avril 2011, sa mise en service le 18. Au crédit de sa réussite, la direction met en avant sa pratique du management participatif : « 170 salariés sont inscrits dans des groupes de travail, soit un sur trois, assure Eric Omnès. C’est la marque de fabrique de Transdev… ».
     

    Cécile NANGERONI

     

  • Le gouvernement donne aussi en Province

    Le jeudi 30 avril, Jean-Louis Borloo devait présenter la liste des projets de transport en commun en site propre (TCSP) dont l’Etat contribuera au financement pour la période 2009/2011, à hauteur de 800 millions d’euros. 50 projets ont été retenus dans 36 agglomérations françaises. On notera le financement des projets d’extension des lignes de métro de Marseille et de Lyon, de 215 km de lignes de tramway et de 150 km de bus à haut niveau de service (BHNS). Sans surprise, la part de subvention de l’Etat tourne autour de 10 % du montant total des projets avec un coup de pouce plus ou moins appuyé au titre de « la dynamique espoir Banlieues » qui soutient les projets desservant les quartiers sensibles. Dans son communiqué, le ministère mettait en avant la transparence du processus de sélection. Un deuxième appel à projets doit être lancé en 2010.

  • Deux tracés pour la ligne G, aux Toulousains de choisir !

    La nouvelle équipe en place au Capitole souhaite imprimer sa marque. Le projet de la première ligne de tramway intra-muros à Toulouse en est le signe tangible. La ligne G (comme Garonne) doit relier la ligne B du métro avec les Arènes, pôle multimodal regroupant le métro ligne A, le futur tram Toulouse – Blagnac et le TER. Une première étape vers une traversée est-ouest de l’agglomération. La concertation publique se tiendra du 29 avril au 15 mai. Elle devra départager deux itinéraires : l’un de 3,8 km longeant la Garonne avant de rejoindre la station de métro Palais de Justice, et un autre de 3 km, plus direct, mais n’aboutissant qu’à 250 mètres de la station Saint-Michel. L’investissement prévu est de 115 millions d’euros HT pour une mise en service en 2013.

  • ETF, Vossloh Cogifer et Railtech Stedef connaissent le terrain Thaïlandais

    Depuis plusieurs années maintenant, ces entreprises se sont fait une place en Thaïlande ETF – Eurovia Travaux Ferroviaires, Vossloh Cogifer et Stedef… Ces entreprises se sont fait, depuis plusieurs années, une place en Thaïlande. ETF est ainsi devenu un partenaire privilégié d’Italian-Thaï, grosse entreprises de BTP du pays, et l’a assistée dans la plupart de ses gros contrats rail. Dernier exemple en date : l’extension du Skytrain, de 5 km, où ETF supervise la pose de la voie. « Depuis près de 20 ans, nous leur avons apporté notre connaissance ferroviaire et gagné une confiance mutuelle. Aujourd’hui, Italian-Thaï pourrait prendre une certaine autonomie, estime Pascal de Laurens, directeur de la division Grands chantiers de la filiale de Vinci. Mais l’expertise française donne une garantie de qualité, permet de rester techniquement innovant et apporte un surcroît de crédibilité. »
    C’est avec cette même Italian-Thaï que Vossloh Cogifer a monté, en 2000, Asian Turn Out (ATO) une usine de fabrication de systèmes d’aiguillage, à Wihan Daeng, à une centaine de kilomètres de Bangkok. « Avec une capacité de 400 à 500 unités par an, nous équipons la plupart des chantiers ferroviaires du pays, et exportons également en Chine, Océanie, et dans la plupart des pays d’Asie du sud-est », précise Gérard Thorez, directeur Asie-Pacifique de Vossloh Cogifer.
    Railtech Stedef enfin, en Thaïlande depuis 1998, fournit la SRT en systèmes de fixations de rails, et a obtenu les contrats de troisième rail pour les lignes de la MRTA et du BTS. « Pour les fixations, nous importons l’attache élastique de France, et confions la réalisation des autres composants à des sous-traitants locaux », explique Stéphane Edenwald, directeur de Railtech Stedef Thaïlande. La Malaisie, Taïwan et Singapour sont également clients de cette base asiatique.
     

    François BOUCHER

  • La France présente son savoir-faire ferroviaire en Thaïlande

    Les groupes français sont allés donner un aperçu de leur savoir-faire lors d’un symposium organisé par la mission économique de Bangkok et Ubifrance La Mission économique française de Bangkok et Ubifrance ont organisé, le 30 mars dernier, un symposium sur le savoir-faire français en matière ferroviaire.
    SNCF International, Alstom, Thales, Systra, Dextra, Alcatel-Lucent et le Meeddat avaient, côté français, fait le déplacement, pour parler organisation, financement, maintenance, systèmes clés en main, intégration de réseaux, signalisation, communication, PPP et autre intermodalité… devant un parterre thaïlandais de choix, dont le vice-ministre des transports, Prajak Glawgraharn.
    Le réseau ferré de Bangkok se compose de deux systèmes principaux. Le premier est celui de la MRTA (Mass Rapid Transit Authority). Il s’agit d’une ligne de métro souterraine, dite bleue, longue de 21 km, dont l’exploitation est assurée par la société Bangkok Metro Company Ltd (BMCL). Le second est le Skytrain. Ce métro aérien se déploie sur deux lignes, vert clair et vert foncé (Sukhumvit et Silom), soit 23 km en tout, auxquels il conviendra de rajouter prochainement les quelque 7,5 km de deux extensions en voie d’achèvement. Il dépend de la Bangkok Metropolitan Administration (BMA) qui en a confié l’opération à la Bangkok Transit System Company (BTSC). Ajoutons à ces deux systèmes l’Airport link, propriété de la State Railway of Thailand (SRT), reliant sur 28,6 km, l’aéroport de Suvarnabhumi au centre-ville, qui devrait ouvrir d’ici la fin de l’année et, accessoirement, les trains de banlieue de ladite SRT.
    Le vice-ministre Prajak Glawgraharn a assuré, lors du symposium, qu’une phase initiale, dotée d’un budget de 313 milliards de baht (6,7 milliards d’euros), avait d’ores et déjà été approuvée, pour construire 137 km de voies. Une seconde phase, portant sur 285 km supplémentaires, doterait Bangkok, pour près de 10 milliards d’euros de plus, d’un formidable réseau totalisant 8 lignes et pas loin de 500 km. Elle en est au stade des études de faisabilité.
    La phase initiale prévoit tout d’abord des extensions majeures. La ligne bleue s’allongerait de 23 km, et les deux lignes vertes du Skytrain de 26. Deux nouvelles lignes sont également planifiées : la rouge, sorte de RER long de 41 km, divisée en deux tronçons (un troisième n’a pas encore été approuvé) qui desservira, exploitée par une filiale dédiée de la SRT, les banlieues nord et ouest de Bangkok, ainsi que la ligne violette, longue de 23 km, courant vers le nord-ouest de la capitale, qui sera bâtie sous la houlette de la MRTA. Le calendrier prévisionnel de ces projets est extrêmement ambitieux, avec des travaux débutant en 2009 ou 2010 (plusieurs lots de génie civil ont déjà été attribués), et se terminant à l’horizon 2012/2016. L’expérience récente de l’Airport link, plusieurs fois retardé, incite cependant à la prudence.
    Car des obstacles se dressent, politiques, financiers et techniques qui, d’ailleurs en partie liés entre eux, risquent d’entraver le bon déroulement des chantiers. L’instabilité politique règne dans le pays depuis le coup d’Etat. « Quel gouvernement aura-t-on dans six mois ? Aura-t-il la même inclinaison pour le ferroviaire qu’aujourd’hui ? Et la rivalité traditionnelle entre les autorités nationales et la municipalité de Bangkok, comme l’important lobby routier, ne sont-ils pas susceptibles de gripper les processus ? » s’interroge un observateur sur place.
    Le financement de ces projets reste de surcroît aléatoire. Ni le budget de l’Etat ni les emprunts levés sur le marché financier local n’y suffiront. L’aide internationale est appelée à la rescousse. La Jica, l’agence japonaise de développement, a accordé en 2008 un premier prêt pour la ligne violette, et vient d’en octroyer un autre pour la ligne rouge. Un troisième, au bénéfice des extensions de la ligne bleue, n’est pas exclu. La Banque asiatique de développement et la Banque mondiale sont également sollicitées et la Chine a présenté une offre, plutôt destinée cependant à la modernisation du réseau national. Côté français, on se déclare prêt, indique la Mission économique de Bangkok, « à évaluer l’intérêt de la Thaïlande pour une coopération financière sur ses projets de transports en commun. » Le recours à des partenariats public privé (PPP) constitue une autre source de financement sérieusement envisagée, notamment pour les lots électromécaniques des lignes de la MRTA. Mais l’on en revient à l’instabilité politique du pays, et au relatif manque de transparence, qui a jusqu’à présent caractérisé sa gouvernance : « quel opérateur étranger osera ici se lancer dans une aventure de PPP ? » se demande notre observateur.
    Les difficultés d’ordre technique, enfin, sont parfaitement résumées par Daniel Dunoyé, directeur du développement d’Alstom pour l’Asie-Pacifique : « L’hétérogénéité du réseau actuel et l’absence de spécifications génériques suffisantes pour envisager de façon satisfaisante l’interopérabilité rendent son expansion problématique. »
    La concurrence, en outre, est rude. Alstom a réalisé le design des voies et la ventilation des tunnels sur la ligne bleue, mais Siemens, associé à des partenaires locaux, s’est jusqu’à présent taillé la part du lion, avec des contrats clés en main sur les lignes vertes et bleue et sur l’Airport link. Le Français espère se rattraper sur les futurs projets. Thales fait également montre d’ambition, marquant un très fort intérêt pour la signalisation de la ligne violette, et semblant bien placé pour poursuivre une série à succès en billettique : fournisseur des systèmes de la ligne bleue et de l’Airport link, il a aussi procédé à la modernisation de celui du Skytrain. Or, BMCL et BTS ont récemment créé une joint-venture, que devrait rejoindre la SRT, pour l’intégration de leurs billetteries, aujourd’hui incompatibles. « Vu notre expérience au service de chacun, nous sommes assurément les mieux à même de monter la plate-forme commune », estime Patrick De Cock, vice-président en charge du développement en Asie Pacifique.
    « L’image des groupes français est excellente, conclut Yemchai Chatkeo, vice-gouverneur de la MRTA. Reste à connaître leurs prix et conditions. » Dont acte.
     

    François BOUCHER

  • Keolis exploitera le tramway de Bergen

    Via leur joint-venture Fjord1 Partner, Keolis et Fjord1 viennent d’être retenus par l’autorité organisatrice norvégienne Skyss pour exploiter le tramway « Bybanen » de Bergen, dont le lancement est prévu en juin 2010. Ces lignes de tram actuellement en construction (12 km) desserviront l’agglomération de 380 000 habitants de la deuxième ville du pays. Ce contrat de 45 millions d’euros est conclu pour sept ans, plus deux ans de prorogation éventuelle. Fjord1 Partner a été créé en 2008 par Keolis Nordic (filiale en Scandinavie), qui en déteint 51 %, et Fjord1 (49 %) dans le but de devenir un opérateur majeur dans la région. Elle participera prochainement aux appels d’offres pour les réseaux de bus de Bergen.

  • Evry-Courcouronnes, un modèle d’intermodalité

    En grande couronne, les deux tiers des utilisateurs des bus franciliens se rabattent vers une gare et poursuivent leur trajet vers Paris en train. Parallèlement durant la pointe du matin, soit de 6 à 10 h, plus d’un client sur cinq des lignes Transilien vient en bus à la gare. C’est dire si l’amélioration des facilités de correspondance est une nécessité. Pour ces voyageurs multimodaux, un pôle d’échanges digne de ce nom doit tout miser sur l’intermodalité. En la matière, le pôle gare d’Evry-Courcouronnes (Essonne) sur la ligne D du RER, inauguré le 23 mars, est un modèle du genre. En Ile-de-France, il devient même le site pilote, la référence pour les 142 autres gares dont le réaménagement est prévu dans le Plan des déplacements d’Ile-de-France (PDUIF).
    La première amélioration concrète porte sur l’une des attentes les plus importantes des clients : l’information. Ici, une borne Internet et un affichage en temps réel sur de larges écrans donnent désormais les horaires des RER ainsi que ceux des bus urbains, qu’utilisent 15 000 à 20 000 voyageurs quotidiennement. De leur côté, tous ces bus transitant par le pôle sont aussi dotés d’écrans à bord.
    Quant à la signalétique fixe, elle a été unifiée par l’Arep. Elle utilise désormais une charte graphique commune pour tous les modes de transports… ce qui la rend infiniment plus claire.
    Inaugurée en 1973, la gare était « à l’image de la lente dégradation de la ville nouvelle », a reconnu Manuel Valls, député et maire d’Evry. Elle était également surdimensionnée, car conçue pour 500 000 habitants quand l’agglomération n’en compte aujourd’hui que 110 000.
    La ville possède trois gares et celle-ci, qui voit passer 80 trains par jour, devrait prochainement être rebaptisée « Evry-Centre ». Sa récente métamorphose, fruit de deux ans de travaux mais de sept années de préparation en amont avec le comité de pôle installé en octobre 2001, a coûté 14 millions d’euros. « La principale difficulté était de la rendre accessible de plain-pied depuis la grande place côté sud, où la ville s’est développée et où se trouve notamment sa cathédrale », explique Thierry Lafont, l’architecte de l’Atelier des gares d’Ile-de-France. Citant le grand historien médiéviste Georges Duby, qui affirmait que les gares ferroviaires sont les cathédrales du XXe siècle, l’homme de l’art poursuit : « nous avons désormais ici un exemple magistral de gare agora dans la ville […], de gare qui devient un centre-ville. Les commerces ne sont pas encore là, mais ils viendront… ».
    En entrant par la grande verrière de la façade, coiffée d’une casquette de verre faisant office de pare-soleil, on se retrouve maintenant dans un espace lumineux et accueillant pour les 34 000 voyageurs du RER. La gare routière, au-dessus (1 700 passages de bus par jour, 23 lignes) est elle aussi transformée : surmontée d’une toile tendue, elle est devenue plus visible, et paradoxalement indépendante de la gare SNCF tout en y étant intimement liée.
    Et si, comme le constate Thierry Lafont, les commerces y sont encore peu développés – un Relay, une croissanterie, l’agence SNCF Grandes Lignes et le bureau Transilien –, ils sont prévus. L’intermodalité a déjà, elle, pignon sur gare avec une agence locale de mobilité, en mezzanine. Malencontreusement dénommée « Agence bus », elle a bel et bien la capacité de délivrer des informations commerciales et de répondre aux questions concernant tous les modes de déplacements sur le bassin du Smitec, le syndicat mixte des transports couvrant 300 000 habitants, d’Orly au Coudray-Montceaux.
    Intermodal, le pôle d’échanges est aussi très accessible. « Sans parler des personnes en fauteuil roulant, on sait que 30 % des voyageurs ont des handicaps légers ou passagers. Ce pôle est un modèle à développer pour l’ensemble des gares d’Ile-de-France », a précisé Serge Méry, le vice-président chargé des Transports au conseil régional. Tout en reconnaissant que « Le problème de l’accessibilité est encore devant nous ».
    Enfin, la transformation d’Evry-Courcouronnes contribue au projet de redynamisation du centre urbain mené par la ville. Elle a d’ailleurs été accompagnée d’une refonte des abords de la gare facilitant les cheminements piétons, de la création d’un parking de 440 places (près de 600 à terme), d’une nouvelle station de taxis et d’une dépose minute. Et ce n’est pas tout. La gare routière interurbaine (autocars), qui y est accolée, doit elle aussi bénéficier d’un profond coup de jeune. Le départ des travaux est prévu début 2010. Il n’y aura alors pas plus multimodal que le pôle d’Evry… Sauf à y ajouter des vélos en libre-service.
     

    Cécile NANGERONI

  • Bordeaux se prépare au grand lifting

    Pour Bordeaux, le compte à rebours a commencé. La ville attend en 2016 la mise en service de la ligne à grande vitesse la reliant à Tours (elle sera alors à deux heures de Paris), puis à l’horizon 2020 son prolongement en direction de Toulouse et de Bilbao. Ce qui fera passer la fréquentation de la gare Saint-Jean, appelée à devenir un carrefour ferroviaire ouest-européen de 9 millions de voyageurs annuels actuellement à une vingtaine de millions.
    Pour profiter de ce nouvel effet TGV, la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) veut lancer dans le secteur un « pôle d’affaires international », baptisé Euratlantique, à l’image d’Euralille et d’Euroméditerranée (à Marseille). Plusieurs milliers d’emplois pourraient être créés.
    « Les TGV vont donner un coup d’accélérateur à l’économie de la ville », estime la CUB, qui compte s’inspirer des conclusions d’un rapport remis en septembre dernier sur le sujet par Francis Rol-Tanguy. L’ancien directeur régional de l’équipement de l’Ile-de-France proposait de donner au projet le label d’opération d’intérêt national (OIN). C’est quasiment chose faite. Un décret devrait bientôt officialiser le feu vert gouvernemental.
    Depuis le 1er février, l’opération a un pilote. C’est Philippe Courtois qui a pris la tête d’une mission de préfiguration. « Nous allons lancer un projet autour de la gare et au-delà, qui porte sur 750 hectares. Nous sommes très proches des recommandations du rapport Keller : c’est un montage urbain et ferroviaire qui se fait dans le cadre d’un travail partenarial, souligne Philippe Courtois. Nous sommes convenus de travailler ensemble avec les collectivités locales, le monde ferroviaire et l’établissement public d’aménagement [EPA, qui devrait voir le jour en 2010, ndlr] sur un projet urbain autour de la gare. Avec les futurs TGV, la gare va changer de dimension. Il faudra notamment élaborer une programmation sur les accès à la gare, sur le dimensionnement du parking, sur le dimensionnement des commerces et au-delà. »
    Les premières réflexions ont été menées par l’Arep, l’agence d’urbanisme et d’architecture de la SNCF, qui a esquissé un remodelage de la « grande gare », selon l’appellation de Fabienne Keller. Les chiffrages seraient en cours.
    A l’est de la gare, les voies au-delà de la grande halle devraient être recouvertes. Il est aussi prévu qu’un nouveau pont fasse le lien entre les deux rives. Le projet englobe les quartiers alentours, notamment Belcier, Armagnac et Saint-Germain, où les friches industrielles sont nombreuses, ainsi que les communes de Bègles et de Floirac. Il est envisagé de construire des bureaux, des logements, des hôtels, des centres commerciaux, des cinémas, des espaces verts et bien sûr de développer les transports publics.
    Déjà, la SNCF et RFF ont élaboré un schéma directeur du patrimoine ferroviaire. Ce document est une sorte d’inventaire des surfaces qui pourraient être transférées au projet et des installations ferroviaires qu’il faudrait relocaliser (magasins, ateliers, maintenance…). « Trente hectares de friches ferroviaires pourraient être cédés à Euratlantique. Notre but consiste à les valoriser au mieux », précise RFF. D’où des négociations à venir qui pourraient se révéler ardues, même si RFF affirme vouloir travailler main dans la main avec les collectivités locales. Le gestionnaire des infrastructures est aussi en train de mener une « étude d’analyse de valeur » pour voir comment les installations ferroviaires pourront accueillir un nombre de train grandissant, TGV, TER et autres Corail.
    De son côté, la SNCF réalise une étude « cordon » pour évaluer les flux à accueillir en gare et les besoins en parkings. Toutes les études devraient être achevées à la fin de l’année. Elles permettront à l’Arep de réaliser de nouvelles esquisses. Philippe Courtois espère lancer un concours d’urbanisme début 2010 pour disposer six mois plus tard d’un urbaniste qui pourra discuter avec l’Arep.
    S’il reste beaucoup à faire pour affiner cette opération de grande ampleur, ses promoteurs ont déjà une certitude : il faut ouvrir la gare sur la ville, et en particulier vers les quais de la Garonne. « L’objectif porté par les élus locaux est de réussir le remodelage urbain de l’entrée sud de l’agglomération, de Bordeaux à Bègles ou Floirac, sur la rive droite de la Garonne », explique la CUB. Ils veulent aussi renforcer l’intermodalité, seule solution pour accueillir un nombre croissant de voyageurs. La CUB étudie notamment la possibilité de desservir la gare avec une seconde ligne de tramway.
    Pour Fabienne Keller, « la question de la gouvernance du projet est fondamentale ». Dans son rapport sur les gares, la sénatrice UMP du Bas-Rhin estime que « le développement d’un grand projet intermodal qui met en œuvre des aménagements publics importants implique nécessairement une gouvernance de l’opération par les collectivités locales ». Francis Rol-Tanguy estime aussi que le conseil régional, le conseil général et la CUB devraient réfléchir à la mise en place d’une autorité organisatrice unique en matière de déplacements, permettant l’extension du versement-transport à tout le département de la Gironde.
    Son rapport d’expertise souligne l’urgence à agir pour être prêt en 2016, c’est-à-dire demain. D’autant que la gare souffre d’un manque de place et n’est déjà plus adaptée aux flux d’aujourd’hui.
    C’est pourquoi, sans attendre la grande métamorphose, un chantier a été lancé depuis plusieurs mois par la SNCF et la CUB pour améliorer l’accueil du public. Le parvis est en cours de réaménagement avec l’installation d’une halle intermodale de 400 m2, face au bâtiment central, et des accès renforcés aux modes alternatifs à la voiture. La SNCF a aussi décidé de regrouper ses services en gare côté sud dans ses bâtiments, pour faciliter les démarches de ses clients. En plus de l’amélioration de la signalétique, de l’éclairage, de la sonorisation ou du téléaffichage, 700 m2 de surfaces commerciales doivent être créées. Comme un avant-goût de la grande gare de demain.
     

    Marie-Hélène POINGT

  • Eurorennes dans les pas d’Euralille

    Si les projections sont exactes, la gare de Rennes s’apprête à voir son trafic exploser. Que l’on compte les utilisateurs du train ou que l’on élargisse à tous les modes de transport, le résultat est le même : les flux devraient purement et simplement doubler à l’horizon 2020. Et ce sous la conjonction de trois facteurs : la construction des 180 km de LGV entre Connerré, à l’est du Mans, et Rennes, qui devrait faire passer le nombre de voyageurs de 4,4 millions à 5,7 millions par an ; le plan de développement des TER prévu par la région, qui aboutit à un triplement de la fréquentation ; enfin, la création d’une deuxième ligne de métro, passant par la gare, fin 2018. « En semaine, avec 55 000 entrants-sortants, la gare voit passer de 27 000 à 28 000 personnes chaque jour, soit 10 millions de voyages annuels, et nous tablons sur 20 millions en 2020 », assure Gérard Belœil, chef de l’antenne de conduite d’opération gare de Rennes à la direction des gares de la SNCF. Et quand on s’intéresse au pôle d’échange multimodal, qu’on additionne tous les moyens d’accès, y compris la marche, le vélo et la voiture (voir histogramme), même constat : « en 2007, le total des flux de voyageurs quotidiens transitant par la gare est de 63 000 personnes. Il devrait passer à 128 000 en 2020, soit une hausse de 104 %, complète Christian Le Petit, directeur général des services techniques à Rennes Métropole. Par ailleurs, globalement, les échanges entre les modes de transport collectif doublent ». La gare assure de plus une fonction de « traversée urbaine », via sa dalle surplombant les voies, représentant 15 % des flux dans les comptages. Un rôle qu’elle sera de plus en plus amenée à tenir, le projet de refonte ayant aussi pour objectif d’améliorer la liaison entre le centre-ville et le sud de la gare.
    Inutile de dire que bien que relativement récente la gare de Rennes, construite en 1991 après l’arrivée du TGV Atlantique, se trouvera alors sous-dimensionnée.
    En 2007, une réflexion prospective est donc lancée sous l’égide de huit partenaires (Etat, région, département, ville, communauté d’agglomération, SNCF, RFF et syndicat mixte gérant la gare routière) avec Rennes Métropole comme coordinateur du groupement de commande, et « la signature à l’été dernier du protocole d’intention de la LGV avec un calendrier prévisionnel a boosté tous les partenaires », assure Christian Le Petit. Première action : en mars 2007, une étude de programmation sous l’angle de l’urbanisme et des échanges entre moyens de transport est confiée à une équipe pluridisciplinaire constituée de Studio 09 et des Italiens Bernardo Secchi et Paola Vigano, ainsi qu’au bureau d’étude PTV et à Effia. Ses résultats sont présentés fin 2008.
    Diagnostic : compte tenu de l’augmentation considérable des flux, notamment piétons, l’accessibilité de la gare doit être totalement repensée. Avec un mot d’ordre : améliorer l’intermodalité. « En particulier au nord, où l’espace sur la place est insuffisant pour ménager de la place à tous les utilisateurs, explique Christian Le Petit. Il faut faire des choix plus clairs pour les deux accès. Le projet prévoit les parkings des automobilistes au sud, l’accès par les transports en commun (métro, bus et cars, côté nord) et les taxis au nord, celui des piétons et deux-roues se faisant par les deux côtés avec notamment 800 places de stationnement de vélos. » Quant aux scénarios, le premier prévoit une immense gare souterraine logée sous les voies ferrées, le second, une gare au-dessus des voies avec agrandissement du bâtiment actuel en forme de triangle. « Les contraintes géographiques – un dénivelé de 14 m entre les côtés nord et le sud –  et financières ont conduit à trancher en faveur de la seconde option », poursuit-il.
    Mais la refonte sera profonde : « un doublement de la surface de la dalle existante est envisagé, ainsi que la multiplication des liaisons verticales entre les quais et la gare, qui dysfonctionnent, décrit Sylvie Joly, directrice de l’unité décentralisée Ouest à la direction des gares SNCF. De plus, il faudra développer l’information multimodale en temps réel et revoir toute la signalétique ». On sait aussi qu’au moins un quai supplémentaire sera construit, puisqu’il est déjà inscrit au contrat de projets 2008-2013.
    Quant au projet de ZAC Eurorenne, il est à ce jour peu avancé. Mais Rennes Métropole comme la SNCF travaillent en ce moment à la définition des besoins en commerces. La cause est entendue, « il faut des commerces en gare, estime le DGST. Mais de quelle importance, de quelle nature, liés au voyage ou plus larges ? Le développement commercial ne doit pas se faire au détriment des autres polarités commerciales de la ville ». La gare, qui abrite aujourd’hui deux Relay, des cafés et sandwicheries en vente à emporter, et une pharmacie, « n’a pas vocation à devenir un centre commercial bis, assure pour sa part Sylvie Joly, de la SNCF. Le commerce en gare n’est pas le commerce de quartier ». Un point de vue partagé par Gérard Lahellec, le vice-président aux transports du conseil régional, qui entend veiller à « ce que le schéma d’urbanisme commercial privilégie la fonctionnalité des déplacements. Il y a un risque de conflit d’usage ».
    Une série de huit études ont récemment été lancées (voir encadré). Avec un double objectif pour la fin 2009 : avoir entériné le dossier de création de ZAC (étude d’impact faite, périmètre défini, urbaniste choisi) d’une part, et signé le contrat de pôle d’autre part. Un contrat qui formalisera les maîtrises d’ouvrage, le planning et les financements, sachant que l’enveloppe globale est « de 200 millions d’euros ». Les deux rendez-vous suivants, grande vitesse et métro, guideront le phasage des opérations : en 2014, l’extension de la dalle et du bâtiment voyageurs, la refonte de l’accès sud devront être prêts. En 2018, le réaménagement côté nord, l’interface avec les transports collectifs, l’évolution de la gare routière achevés. « Environ six ans de travaux avec phasage, sans gêne importante pour les voyageurs, du moins en première phase », prévoit la responsable de la SNCF.
    Une question reste ouverte : le tour de table financier ira-t-il au-delà des partenaires actuels ? Les collectivités locales viendront juste de débourser plus d’un milliard pour la LGV. « La région mettra 843 millions d’euros dans le ferroviaire d’ici à 2013, et elle finance 80 % du plan de rénovation des gares, on n’aura pas les ressources pour tout financer », prévient Gérard Lahellec, qui refuse d’avoir « une ZAC bénéficiaire et une gare déficitaire ». Il suggère d’« envisager l’économie du projet de manière globale. Il serait normal que le marché qui émerge grâce aux investissements publics colossaux participe au financement selon une formule de mixité ». Une formule qui reste à trouver.
     

    Cécile NANGERONI

  • Prolongement en 2013 de la ligne T4 à Lyon

    La ligne T4 inaugurée le 20 avril sera prolongée de 2,3 kilomètres entre Jet d’eau et la Part-Dieu. Les travaux de cette deuxième phase, incluant la création de trois stations, une piste cyclable et un cheminement piéton, commenceront en juin 2009 pour une ouverture programmée de la future ligne à l’automne 2013. T4 empruntera ensuite la voie de T1 jusqu’à la station IUT Feyssine et permettra de relier les deux pôles universitaires de la Manufacture des Tabacs (Lyon 3) et du Campus de la Doua (Villeurbanne).