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Une carte orange à la nantaise
Avec Métrocéane, la métropole nantaise donne un coup de pouce à son « vieux » ticket tous transports publics « Tout le monde, dans tous les réseaux de transport, cherche à attirer le client par des billets conjoints avec d’autres, le maximum d’autres. Mais il y a des limites au nombre des titres « bi » ou « multi » ! » Le 23 avril, la métropole nantaise met en place une innovation qui va, en partie, répondre à l’inquiétude de ce bon observateur des transports publics locaux. Métrocéane, le « vieux » titre de la SNCF combiné avec les transports urbains de Nantes et de Saint-Nazaire, plusieurs fois amélioré depuis son lancement en 1999, bénéficie d’un nouveau lifting. Il prend du poids. Son application est étendue à une branche supplémentaire de l’étoile ferroviaire de Nantes et au début de deux autres. Ses tarifs sont fixés, tous transports confondus (cars, bus, tram, train) par zone de déplacements, et non plus seulement en fonction des kilomètres de chemin de fer parcourus. Ils sont accessibles à tout le monde. Ils ne sont plus liés à des abonnements de travail de la SNCF. Ce sont là quelques pas de plus en direction du « passe mobilité », une carte unique de tous les réseaux de la métropole nantaise promise dans son mandat par Jean-Marc Ayrault, le maire de Nantes.
Le billet Métrocéane permet désormais d’atteindre les villes des deux bords de l’estuaire de la Loire. Saint-Nazaire, La Baule, Le Croisic au nord, Pornic au sud, avec même un crochet par Machecoul, première gare en direction des plages vendéennes de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Le nombre de gares passe de 25 à 35. A partir de 2010, s’en ajouteront une dizaine, là où s’arrêteront les deux trams-trains programmés, l’un vers Clisson, l’autre vers Châteaubriant. « Aussitôt, les cars départementaux seront dirigés vers elles », précise-t-on au conseil général de la Loire-Atlantique. S’il continue de s’appuyer sur le train, le billet Métrocéane intègre bien dans le même tarif l’usage des cars, des bus, du tramway nantais.
Le prix des billets est calculé par zone. Il y en a quatorze. Les deux grandes villes, Nantes et Saint-Nazaire, comptent pour deux zones. Les autres zones correspondent le plus souvent à une gare (voir carte). En fonction du nombre de zones parcourues, le ticket de journée, par exemple, varie de 3,80 euros pour un parcours dans la même zone jusqu’à 17,30 euros pour huit (au-delà, le prix reste le même). L’abonnement hebdomadaire se situe entre 13,10 et 47 euros, l’abonnement mensuel entre 43,80 et 168,30 euros. Dans tous les cas, Métrocéane est le titre le plus économique.
Pour élaborer des tarifs communs et répartir les recettes, les quatre autorités organisatrices de transport (AOT) concernées ont constitué l’Acel (Association communautaire de l’estuaire de la Loire), un organisme indépendant qui établit le bilan des ventes de billets Métrocéane et redistribue l’argent.
L’une des difficultés de l’exercice est que les AOT ne se mettent pas des bâtons dans les roues. Les différents modes de transport se livrent une concurrence naturelle. Le car départemental, par exemple, au tarif unique de 2 euros le voyage d’un bout à l’autre du département depuis 2005, fait de l’ombre aux trains sur le même parcours. Au point d’être victime de son succès et de ne plus être en mesure de répondre à la demande croissante de ses clients, sauf à requérir l’aide des autres modes de transport en correspondance. Déjà, certains élus réclament « un syndicat mixte, coordinateur des transports ». «Nous saurons coopérer, nous coordonner sans cela », répondent les AOT. « Pour y parvenir, je poserai les questions de gouvernance qui devront être posées », avait assuré Jean-Marc Ayrault pendant sa campagne électorale.
De leur côté, les voyageurs réclament une meilleure coordination des horaires. « Entre Nantes et Pornic, le car et le train sont en correspondance, pas dans l’autre sens », rapporte Jacques Michaux, de la Fnaut. La transformation du billet Métrocéane en « carte Orange » réussira-t-elle à les satisfaire ?
Hubert HEULOT
La DB fait le point sur l’ouverture à la concurrence
Qu’est-ce que l’ouverture du trafic ferroviaire international de passagers à la concurrence va changer pour la Deutsche Bahn ? L’ouverture du trafic ferroviaire international de passagers à la concurrence c’est imminent : plus que quelques mois avant le 1er janvier 2010. Concrètement, qu’est-ce que cela va changer pour les compagnies comme la Deutsche Bahn ou la SNCF ? Faut-il s’attendre à une révolution, à une compétition tous azimuts sur les liaisons transfrontières, ou au statu quo ? Toutes ces questions, la DB les a soumises à un institut berlinois de recherche (European school of management and technology) dont les spécialistes viennent de rendre un rapport de 140 pages. Ils ont étudié de près l’exemple allemand et étendent leur conclusion aux pays européens.
Premier constat : le 1er janvier 2010, pas de grands changements en perspective. Pour une raison toute simple, « seule une minorité de trajets longue distance sont rentables », expliquent les auteurs du rapport. Ils ont étudié nombre de parcours longue distance, aucun de ceux qui ont un caractère international ne gagne de l’argent, seules les routes domestiques rapportent. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la grande vitesse n’est pas le segment prometteur, le coût d’entrée sur le marché étant trop élevé. Un constat qui sonne comme un avertissement à ceux qui comme Air France et Veolia veulent lancer des TGV privés pour concurrencer Eurostar et Thalys. « Des entrées réussies et rentables sur le marché international ne se verront sans doute que sur les lignes intercités, les lignes traditionnelles avec de nombreux arrêts », peut-on lire dans le texte. Les passagers qui se contenteront d’effectuer un tronçon national permettront de rentabiliser la ligne. Globalement, l’étude estime néanmoins que dans les prochaines années, on peut tabler sur une augmentation de passagers de 5 % sur les trajets internationaux, une diminution des coûts variables de 10 % et des coûts fixes de 20 % grâce à l’augmentation de la concurrence.
Mais en réalité, celle-ci se situe et se situera davantage dans l’intermodal. Le principal adversaire des compagnies ferroviaires dans les trajets internationaux, ce sont les compagnies à bas coût. Lorsque sur une route donnée, l’avion vient jouer les concurrents, le train perd en moyenne 7 % de ses passagers et 8 % de ses passagers kilomètres, la seconde classe étant davantage affectée que la première. Seconde conséquence, une pression sur le prix des billets de trains. Sans surprise, selon une autre étude réalisée pour la DB par le cabinet McKinsey, la durée du trajet est un facteur important. Pour les voyages courts, comme Paris – Bruxelles, la part de marché du rail dépasse les 75 %. Dès que le temps de trajet dépasse trois heures, cette part de marché diminue rapidement, pour passer sous les 50 % pour un Paris – Amsterdam (quatre heures actuellement).
Dans ces circonstances, les compagnies ferroviaires n’ont-elles pas plutôt intérêt à s’allier plutôt qu’à se battre pour contrecarrer l’aérien ? C’est la piste étudiée à la demande de la DB, une piste non dénuée d’arrière-pensée, parce qu’elle vise avant tout à évaluer l’intérêt de Railteam, l’alliance créée en juillet 2007 par sept compagnies européennes dans le domaine de la grande vitesse. L’alliance pourrait faire tiquer la Commission de Bruxelles, car elle réunit des acteurs qui devraient théoriquement être en compétition pour les faveurs de la clientèle. En montrant que la concurrence n’est pas vraiment entre les opérateurs ferroviaires mais plutôt entre le train et l’avion, l’étude semble justifier l’existence de Railteam, d’autant que les auteurs notent que dans l’aérien ce type d’alliance a permis de réduire les coûts et d’améliorer les services aux passagers.
Isabelle ORY
Lyon inaugure sa ligne verte
La ligne T4 de dix kilomètres relie Lyon-VIIIe à Vénisseux et Feyzin. En attendant Villeurbanne en 2013 Le tramway est incontournable dans le paysage des transports lyonnais. La ligne T4, mise en service à partir du 20 avril, en offre un bon exemple à la fois par sa longueur (10 kilomètres) et par son extension de la ville-centre vers la couronne de l’Est lyonnais. « Le tramway T4, comme d’autres lignes réalisées auparavant, permet de faire de la couture sociale entre les quartiers », rappelle Bernard Rivalta, président du Syndicat Mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération lyonnaise (Sytral), maître d’ouvrage de la ligne.
La ligne T4 assure la liaison entre la station-terminus de Feyzin (Hôpital Feyzin-Vénissieux) – où est implanté le nouveau pôle mutualiste de 232 lits –, Vénissieux et le VIIIe arrondissement de Lyon à la station Jet d’Eau-Mendès France. Entre les deux terminus, le nouveau tramway traverse Vénissieux où il effectue deux coudes afin de desservir plusieurs sites importants. Il est d’ailleurs une composante à part entière du projet de restructuration du quartier inscrit en Grand Projet de Ville (GPV). Il relie ainsi l’hôtel de ville, les Minguettes et le pôle multimodal de Vénissieux qui regroupe déjà une gare SNCF, le métro, la gare routière et un parc-relais. Lors des premiers essais du tramway en janvier 2009, André Gerin, le député-maire de Vénissieux, soulignait « l’événement considérable » que représente T4 pour sa ville : « Grâce au tramway, on a vendu des appartements en copropriété aux Minguettes, ce qui n’était pas arrivé depuis des années. »
Enfin, la nouvelle ligne modifie très sensiblement les très larges et rectilignes perspectives des boulevards des Etats-Unis et Joliot-Curie, qui représentent à eux seuls la moitié du nouveau tracé. Avec la mise en service du T4, le boulevard a été réduit à 2×2 voies automobiles pour laisser la place, en son centre, à la plate-forme du tramway engazonnée et végétalisée. L’ensemble est complété par une piste cyclable de 1,7 mètre de large et par des travaux d’aménagement aux carrefours. Les responsables du Sytral et des TCL n’hésitent pas à parler de « la ligne verte » pour évoquer l’abondance des massifs et des plantations avec 1 300 arbres, dont la moitié a été replantée pour remplacer des arbres coupés, notamment lors des travaux de réseaux.
Au total, le T4 concerne un périmètre potentiel de 33 000 habitants et 6 200 emplois avec une fréquentation estimée au démarrage à 22 000 voyageurs par jour. La durée du trajet est de 28 minutes sur la totalité du parcours ponctué de dix-huit stations, dont douze sur Vénissieux, cinq sur Lyon et une station-terminus sur Feyzin. Par ailleurs, les 13 rames de T4 inaugurent une nouvelle livrée « plus moderne », selon le Sytral. Le tramway arbore ainsi un bas de caisse recouvert d’une trame de points argentés et un haut avec une frise de ronds gris et rouges. Le coût du T4 (185,3 millions d’euros HT) est financé majoritairement par le Sytral (161,5 millions d’euros), par le Grand Lyon (20 millions d’euros pour les aménagements de voirie et végétalisés), et par Lyon et Vénissieux (2 millions chacune pour l’éclairage et le fleurissement).
Claude FERRERO
Nouveaux tracés de la LGV Rhin-Rhône dans l’Ain
De nouvelles propositions pour le tracé de la LGV Rhin-Rhône dans la Bresse ont été faites par RFF aux élus De nouvelles propositions pour le tracé de la LGV Rhin-Rhône dans la Bresse ont été faites par RFF aux élus, représentants de l’État et associations, le 26 mars, à Bourg-en-Bresse. Il s’agissait de présenter les résultats d’une série d’études engagées sur le terrain en vue de retenir « les fuseaux les plus consensuels possibles », selon l’expression de Philippe de Mester, directeur régional de RFF. Parmi les sept options proposées, celle la plus à l’est, passant en bordure de Revermont, est abandonnée. La LGV serait jumelée à l’autoroute jusqu’à la limite des régions Franche-Comté et Rhône-Alpes, puis suivrait le tracé de la ligne classique de Chazelles jusqu’à Viriat. La plateforme, de 150 mètres de largeur, pourrait être commune avec la voie classique, dédiée au fret, et la nouvelle, aux voyageurs. Toutefois, la voie serait mixte pour contourner Bourg-en-Bresse, entre Viriat et Leyment, en suivant l’autoroute. Là, la voie serait raccordée au contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (Cefal).
Le dossier de cette branche devrait être présenté au secrétaire d’État à l’automne. Suivront quatre années d’avant-projet sommaire. La déclaration d’utilité publique devrait être promulguée en 2014, ce qui permettrait le début des travaux en 2015 et la mise en service en 2022, 2023.Le multiservice entre en gare dans le Rhône-Alpes
La région Rhône-Alpes a pris de l’avance. Fin janvier, elle a lancé avec la SNCF un appel à projet groupé pour l’implantation en gare d’activités commerciales, associatives ou libérales. « L’objectif de l’appel à projet est de revitaliser les gares, d’améliorer le sentiment de sécurité et l’ambiance, et surtout de répondre à la demande croissante des clients, nombreux à souhaiter trouver des services en gare », explique Bruno Mercader, le directeur adjoint TER Rhône-Alpes à la SNCF. Il vient de recevoir, deux mois après, les dossiers de candidatures. Reste à les dépouiller.
On sait déjà que sur les 14 gares retenues pour accueillir ces nouvelles activités sous le label « Point TER » (Die, Luc-en-Diois, Saint-Chamond, Villefranche-sur-Saône, Saint-Etienne-Carnot, Belleville-sur-Saône, La Tour-du-Pin, Chasse-sur-Rhône, Estressin, Thonon-les-Bains, Saint-Gervais-les-Bains-Le Fayet, Voiron, Roanne, Lyon-Saint-Paul, représentant un total de 2 300 m2 de surface), une dizaine de sites ont fait l’objet de propositions. « Un site a un peu moins accroché l’attention des entrepreneurs : celui d’Estressin. Sans doute car il est un peu isolé », précise Bruno Mercader.
Les propositions des candidats potentiels sont essentiellement axées sur les boutiques multiservices, qui proposent à la fois restauration rapide, épicerie, presse ou point-relais colis ou pressing. « C’est la dominante », résume Bruno Mercader. Des suggestions plus originales ont été formulées. Dans le secteur de la Drôme, des associations proposent d’installer des activités basées sur la vente de produits locaux, comme l’installation d’une « Maison de la lavande » ou d’une « Maison de l’apiculture ». A Thonon-les-Bains, une représentation de la chambre de commerce voudrait avoir une vitrine de valorisation du tissu commercial local. A Lyon-Saint-Paul, l’installation d’une boutique de location de vélos est proposée. A Roanne et à Chasse-sur-Rhône, en plus des vélos, un entrepreneur souhaiterait aussi louer des voitures électriques. Et une association propose de monter des « microcrèches » dans plusieurs gares de la région. Ce dossier nécessite un examen plus poussé, en raison des conditions de sécurité et d’aménagement très strictes qui entourent toute création de crèches.
« Nous avons atteint notre objectif. Nous avons beaucoup de créateurs d’emplois. Mais nous pensions que d’autres partenaires plus expérimentés se présenteraient, comme par exemple des franchisés de grandes chaînes. Nous avons pourtant communiqué sur cette opération par des insertions dans la presse, des informations en gare ou via des articles dans les journaux. Nous sommes étonnés par le manque de réactivité des grandes enseignes », regrettent les responsables du projet, qui se donnent maintenant deux mois pour analyser les propositions, site par site. Fin juin, les premiers jurys se réuniront pour choisir les projets qui répondent le mieux aux besoins. Un jury est composé d’un représentant du conseil régional, autorité organisatrice des TER, d’un représentant de la ville, de l’agglomération et de la SNCF.
Si tout se passe bien, les projets les plus faciles à lancer pourraient voir le jour début 2010. La SNCF estime que le coût moyen d’un projet pourra aller de 50 000 à 100 000 euros. Au total, l’investissement devrait représenter plus d’un million d’euros sur deux à trois ans. Il sera soit totalement pris en charge par la SNCF si c’est une activité commerciale traditionnelle, soit cofinancé par la région s’il s’agit d’un projet associatif.
La SNCF devrait rentrer dans ses frais grâce aux loyers, fixés sur la base du prix de marché. « Si un projet apporte un service important aux voyageurs, nous pourrons diminuer le prix du loyer », précise Bruno Mercader. « Notre but n’est pas de gagner de l’argent. Mais avant tout de rendre des services aux clients. Nous voulons aussi mieux intégrer les gares aux villes. C’est pour cela que les collectivités locales sont associées. Et plus tard, peut-être, les recettes générées par les loyers pourront être utilisées pour améliorer l’entretien des gares ».
Marie-Hélène POINGT
Saint-Malo a aussi son Vélo taxi
Dans la série vélo-taxi, un petit nouveau est arrivé à Saint-Malo. Benoît Bégou, 32 ans, joue sur les trois tableaux à la fois : transport, publicité, tourisme. Contrairement à la ville voisine, Rennes, la commune de Saint-Malo ne semble pas avoir eu de problèmes pour accueillir ce nouveau mode de transport. Le Cyclomouv’ n’est pas franchisé, il est indépendant des grandes structures telles que Cycloville ou Cyclopolitain. Mais les tarifs sont similaires : la prise en charge est de 1 euro, plus 1 euro du kilomètre par personne. Le plus, c’est la balade touristique de 30 minutes pour 15 euros. « Notre credo, c’est le service », souligne Benoît Bégou. « Dans ce sens, pour la saison estivale, nous travaillons jusqu’à 22h pour permettre à nos passagers d’aller au restaurant sans prendre leur véhicule. »
Pas de débat public à Orléans pour le tramway
La Commission nationale du débat public a décidé, le 1er avril dernier, que le projet de création d’une seconde ligne de tramway à Orléans ne nécessitait pas de débat public. La réalisation de cette ligne, qui devrait coûter 315 millions d’euros, s’inscrit dans le cadre du plan de déplacement urbain approuvé par la Communauté d’agglomération Orléans-Val de Loire en juillet 2008.
Bordeaux trace sa route
Finalement, il ne devrait y avoir que six mois de retard… La communauté urbaine de Bordeaux venait d’inaugurer le dernier tronçon d’une deuxième phase du développement de son réseau de trams achevée dans les délais et sans surcoût. Elle s’était lancée dans une troisième phase qui devrait voir le réseau croître de 24 km d’ici les prochaines élections. Et elle avait osé congédier son opérateur historique. Et puis, le 10 décembre, patatras ! Le tribunal administratif a annulé l’attribution de la délégation de service public (DSP) des transports publics de l’agglomération à Keolis. Finalement, le Conseil d’Etat a cassé cette décision le 1er avril. Et ce n’est pas un poisson ! Sauf succès du nouveau recours que vient de former Veolia, l’opérateur déchu, la filiale de la SNCF va donc bien prendre les commandes de la société locale Tram et bus de la Cub (Tbc). Les élus bordelais, dont les relations avec Veolia étaient devenues exécrables, espèrent maintenant que cette péripétie judiciaire ne leur fera pas perdre trop de temps dans leur stratégie de renaissance du réseau de bus. En attendant, ils poursuivent la construction du tramway.
Les longs mois de négociations qui ont précédé l’attribution contrariée de la DSP à Keolis auront au moins permis aux élus de la Cub de se faire une idée très précise de la situation. « On a choisi le cheval tramway, mais le cheval bus est resté à la traîne, résume Gérard Chausset, le vice président (Vert) chargé des Transports de demain. Le bilan des 44 premiers kilomètres de tramway est positif, on ne va pas dire le contraire ! Maintenant, tout le monde veut le tramway. La communauté urbaine a réussi son pari, et les habitants de l’agglomération sont satisfaits. Mais on a un réseau très déséquilibré. Et 70 % de nos moyens vont vers le bus pour 30 % de la clientèle. » Comme d’autres villes qui ont beaucoup investi dans un mode lourd, Bordeaux a négligé ses bus – si bien que les déplacements en transports publics sont parfois aventureux hors des axes du tram. « Nous n’avons que 20 km de couloirs de bus aujourd’hui, deux fois moins qu’à Nantes ! » La comparaison a du sens, puisque Nantes, qui s’était lancée plus tôt dans le tramway, a réalisé il y a quelques années qu’il fallait d’urgence muscler un réseau de bus un peu trop laissé pour compte.
Sur le papier, la réflexion a pourtant commencé depuis déjà un certain temps à Bordeaux. La Cub a même identifié seize axes lourds ayant vocation à voir rouler ce que l’on appelle généralement des bus à haut niveau de service, avec leurs exigences minimales en termes de régularité, fréquence, vitesse commerciale, confort, accessibilité, etc. « Le problème, c’est qu’on en est toujours au même point, constate Gérard Chausset. Les études sont faites, il faut lancer les travaux. Avec la DSP, nous exigeons beaucoup de notre futur exploitant. Mais le délégataire n’exonérera pas la Cub de ses obligations ! Il va falloir accompagner le nouveau réseau. » Et de citer un exemple : « La ligne 16, une ligne majeure qui conduit à Mérignac, on sait que pour qu’elle soit efficace, il faut faire sauter une centaine de places de stationnement ! » Ce cas n’est pas isolé : la plupart des lignes fortes envisagées – qui correspondent grosso modo aux « lianes » que propose Keolis – empruntent des axes notoirement encombrés… L’élu Vert promet donc de faire tout son possible pour ouvrir la voie aux bus. « L’enjeu, c’est de se mettre à niveau. Les gens veulent du tramway, bien sûr. Mais pas que du tramway. Ils veulent du transport en commun efficace. »
Quant au fameux tramway, le vice-président chargé des Transports de demain voit en lui un « formidable instrument de conversion aux transports en commun ». A condition bien sûr que le reste du réseau soit fiable, et que… le tram lui-même soit digne de confiance. Or, si les Bordelais sont fiers de leur tramway, ceux qui le prennent régulièrement râlent souvent. Certes, les grandes pannes de la mise au point du système d’alimentation par le sol (APS) ne sont plus qu’un souvenir, mais le service est notoirement irrégulier. Il arrive souvent qu’on attende plus que de raison un tram qui finalement arrive bondé et est de plus en plus retardé par la bousculade aux portes à chaque arrêt, de même que le suivant, etc. ça craque souvent aux heures de pointe, notamment vers la rive droite ou vers le campus. Déjà saturé, le tram bordelais ? Le constat pouvait sembler étrange, car les chiffres de fréquentation fournis par Veolia n’étaient pas énormes. « On a beaucoup plus de passagers qu’on ne le pensait », note Etienne Lhommet, chef de la mission tram à la Cub. Ses services ont récemment fait leurs propres comptages : la ligne A transporte actuellement près de 120 000 passagers par jour, la B pas loin de 110 000 et la C plus de 60 000. Cela dit, certaines villes françaises ne s’en sortent pas trop mal avec des lignes plus chargées ! « Il y a un sentiment assez partagé de dysfonctionnement, alors qu’on est encore assez au-dessous de la capacité théorique, admet-il. Sur le tronçon le plus chargé de la ligne A, par exemple, au Pont de pierre, on doit avoir environ 3 000 passagers par sens et par heure, quand la capacité est de 4 500. Or, le système est saturé même si on est aux deux tiers, à cause des irrégularités. Un tram sur trois a au moins deux minutes de retard. Et si le tram arrive avec deux minutes de retard à Stalingrad, au bout du pont, on a déjà beaucoup de gens qui attendent, vu le nombre de lignes de bus qui y sont rabattues. Il faut au moins deux trams pour éponger ça. » Et le phénomène se répète tout au long de la journée. La raison ? Des carences dans l’exploitation surtout. Et peut-être aussi, s’interrogent certains, des micropannes de l’APS qui n’arrangeraient pas les choses.
Comment désengorger le tram bordelais ? En reportant du trafic sur les bus, en améliorant la régularité, en augmentant les fréquences – et il y a de la marge –… ou en encourageant la pratique du vélo. Pour ce qui est des bus, il s’agit d’abord de réparer une erreur historique, selon Gérard Chausset : « On avait tellement peur que le tram ne marche pas qu’on a dit qu’il fallait rabattre les bus partout ! » Le réseau proposé par Keolis a de fait séduit les élus car il rompait avec le principe du rabattement systématique ; compte tenu des circonstances, il faudra encore attendre un peu, et/ou trouver quelque chose d’approchant. Pour la régularité aussi, la Cub espère beaucoup du nouvel opérateur. En revanche, pour la fréquence, il va falloir investir : « on a un problème de capacité du réseau électrique. Il n’y a pas assez de sous-stations », pointe le vice-président de la Cub, qui plaide aussi pour l’achat de six rames supplémentaires. Il veut en outre rallonger les véhicules de la ligne C, plus courts que les autres.
La Cub a intérêt à améliorer le fonctionnement de son tramway, car il va devoir absorber la croissance du réseau. D’ici le début 2014 – la date correspond au début de la DSP suivante –, ce dernier devrait atteindre les 68 km de long, quand aura été achevée la « troisième phase » qui commence à se concrétiser : 15,2 km de prolongements des lignes A, B et C du tram, le lancement de la ligne D (avec 1,8 km programmé pour l’instant jusqu’aux boulevards, même si le sort de cette liaison vers la partie nord-ouest de l’agglomération n’est pas totalement clair) et la construction du « tramway périurbain du Médoc », une branche à voie unique de 7 km vers Blanquefort. En tout, il y en a pour 402 millions d’euros. Soit une nette baisse du prix moyen du prix au kilomètre, qui devrait passer – si l’on exclut cette ligne périurbaine, moins chère – à une vingtaine de millions d’euros, contre une trentaine pour la deuxième phase. « On ne va pas faire du tram au rabais, mais quelque chose de plus sobre », précise le directeur général des services de la Cub Pierre Langrand. Sur cette somme, l’agglo bordelaise espère obtenir 85 millions de l’Etat.
La Communauté urbaine ne pourra cependant pas en rester là. « On est en train d’affiner nos prévisions de trafic, note aujourd’hui Etienne Lhommet à la mission tram. On a transporté 69 millions de personnes en 2005, 92 millions en 2008, l’objectif est de 146 millions en 2013, on devrait atteindre 215 millions en 2020… La question est : comment on fait pour répondre à ça ? » Réponse de Gérard Chausset : « On ne va plus arrêter de faire du TCSP, on est dans l’obligation d’investir ! » Du tram bien sûr, et sans doute aussi du Busway à la nantaise. Avec une conséquence logique, selon le patron de la mission tram : « Pour 2013, on voit déjà que prolonger les lignes va un peu surcharger les tronçons centraux. » Et cette situation ne devrait pas s’arranger. D’où l’idée, qui commence à faire son chemin au bord de la Garonne, de compléter le maillage du réseau, avec cette ligne de rocade et ces extensions rive droite qui figurent en pointillés depuis un certain temps sur les plans à long terme, mais aussi en complétant le dispositif dans le centre de Bordeaux. En construisant un tram sur les cours, par exemple, pour relier directement le quartier de l’hôtel de ville à la gare Saint-Jean ? « On pense qu’il faut sacrément muscler la gare », souligne à ce propos Etienne Lhommet. Effectivement, l’importance de celle-ci a été sous-estimée dans les schémas initiaux : historiquement excentrée, elle n’a droit qu’à une station de la ligne C, la ligne la plus modeste du réseau qui ne va pas directement dans l’hypercentre (ou à peine) et dont les rames sont plus courtes que les autres. Or, le secteur de Saint-Jean est promis à un grand avenir, dans la perspective de l’achèvement du TGV Atlantique et de la construction du quartier des affaires d’Euratlantique, prévu derrière la gare.
Plus généralement, Etienne Lhommet rêve d’un véritable maillage du réseau bordelais, qui profiterait des possibilités présentes et à venir. Pour appuyer ses dires, il montre volontiers ses plans de réseaux de chevet, Zurich et Strasbourg… précisant aussitôt qu’aucune décision n’a encore été prise en ce sens. Tout juste la Communauté urbaine a-t-elle commandé – à Systra – une étude sur les stratégies d’exploitation du réseau à l’horizon 2020. Ce serait une révolution ! Car les trois lignes actuelles ne font que se croiser. Il n’y a par exemple pas eu d’aiguillage installé à Porte de Bourgogne, qui permettrait d’aller directement de la gare à l’hôtel de ville… Les élus, à commencer par Alain Juppé, seront-ils convaincus ? En tous cas, le vice-président de la Cub chargé des Transports de demain, Gérard Chausset, l’est déjà : « Il reste à réfléchir à l’avenir du réseau. ça serait dommage de se priver de toutes les possibilités qu’il offre. Il faut qu’on soit imaginatif ! En tous cas, pour les prochaines extensions, je n’oublierai pas de faire les aiguilles ! »
François ENVER
Faut-il supprimer les trams de Cottbus ?
Les élus de Cottbus doivent jongler avec les difficultés. Doit-on maintenir les tramways dans une ville en déclin ? Doit-on maintenir les tramways coûte que coûte dans un monde en déclin ? L’émotion est grande à Cottbus, ville moyenne de l’est de l’Allemagne située à une centaine de kilomètres de Berlin. Comme dans de nombreuses localités d’ex-RDA, les élus doivent jongler avec les difficultés : dépopulation, désindustrialisation, chômage, et maintenant baisse des subventions… Et les chiffres sont terribles : Cottbus n’est plus une grande ville ! De près de 130 000 habitants à la chute du Mur en 1989, elle vient de passer sous les 100 000, qui en Allemagne définit une Großstadt (grande ville), malgré l’annexion de communes voisines. On prévoit 87 000 habitants en 2020…
C’est désormais de la survie des tramways dont on parle à l’hôtel de ville. S’ils ont été modernisés depuis la réunification, ils ne correspondent plus forcément aux flux actuels – ou à ce qu’il en reste –, puisqu’ils desservent notamment des cités de Plattenbau toujours plus vides dans la périphérie. Et leur fréquentation a fortement baissé, sous le double effet de la diminution de la population et de la motorisation des habitants. Endettée, et soucieuse de faire des économies, la mairie a commandé une étude sur l’avenir des transports publics. Celle-ci passe en revue douze variantes, du statu quo à la suppression pure et simple des trams, avec une préférence appuyée pour cette dernière solution, jugée bien moins coûteuse.
La publication de l’étude a fait l’effet d’une bombe dans cette cité déjà bien éprouvée. On lui a notamment reproché d’être partiale, de supposer que tous les usagers du tram actuels se reporteraient sur le bus (ce qui n’a pas du tout été le cas dans d’autres villes Est allemandes où des lignes ont été supprimées) et de n’avoir pas exploré toutes les solutions possibles (comme le prolongement du tram vers de nouveaux pôles d’activités, quitte à abandonner certaines branches). Le maire s’est senti obligé de préciser qu’il aimait ses tramways, rappelant qu’il ne s’agissait que d’une étude. La décision sera prise à l’été, après concertation avec les habitants. Un sondage Internet rapidement réalisé par la radio publique locale a donné un impressionnant 94 % pour le maintien du tram ; il n’est pas représentatif, mais plus de 1 600 personnes ont voté en quelques heures, ce qui est assez rare dans ce genre d’exercice. Nombreux sont en effet ceux qui pensent que ce serait vraiment le début de la fin si Cottbus perdait ses trams. Même s’ils ne les prennent plus trop.
François ENVER
Saint-Etienne adopte Oùra !
La communauté d’agglomération Saint-Etienne Métropole vient de décider d’adopter la carte sans contact Oùra ! La billettique magnétique stéphanoise lancée fin 1993 est obsolète. La communauté d’agglomération Saint-Etienne Métropole (43 communes) vient de décider de la remplacer et d’adopter la carte sans contact Oùra ! qui a été déployée en Rhône-Alpes à partir de 2005. Un investissement de 5,5 millions d’euros. 70 000 exemplaires d’Oùra ! circulent déjà, utilisables dans les TER, les réseaux TAG de Grenoble et TCL de Lyon, ainsi que ceux du Rhône et de Transisère.
L’autorité organisatrice (AO) ligérienne précise toutefois qu’elle sera la première à respecter la totalité des normes d’interopérabilité formalisées dans une charte régionale il y a quatre ans et signée par une vingtaine d’AO. Ce qui donnera toutes les fonctionnalités au titre stéphanois, qui sera déployé progressivement entre septembre et décembre 2009. En particulier, la possibilité de l’utiliser sur n’importe quel réseau de transport partenaire ou encore de payer des services comme la location de vélos ou l’accès aux parkings.
Le système étant complexe, sa mise en œuvre, tant dans les véhicules de la Stas qu’au niveau des équipements fixes (81 distributeurs automatiques), ne peut se faire que par étapes. L’ancien et le nouveau système devront cohabiter quelques mois. Ainsi, à la rentrée, bus et trams seront progressivement équipés des nouveaux valideurs, qui continueront de fonctionner avec les tickets magnétiques actuels. Quant aux distributeurs dessinés par le cabinet Avant-Première, ils ne délivreront d’abord que des passes magnétiques, mais de nouvelle technologie, puis, en décembre, des cartes sans contact destinées aux quelque 40 000 abonnés. Ces titres multimodaux supporteront toutes les tarifications, qu’elles soient combinées (TER + Stas par exemple) ou intégrées (fonctionnant sur tous les réseaux à l’intérieur d’un territoire donné). Malheureusement, les voyageurs occasionnels resteront encore au magnétique, l’électronique jetable étant encore trop coûteuse.
Cécile NANGERONI